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Full text of "La Campagne de 1805 en Allemagne"

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.VTYqj. 


LA 


CAMPAGNE    DE   1808 

EN  ALLEMAGNE 


PARIJI.     —     IM1*R1MBKIB     K.     CBAPBLOT     BT.  C*,     t,     RUK     CHRISTINK. 


PUBLIA    SOUS     LA    DIRECTION 


SECTION  HISTORIQUE  DE  L'ÉTAT^MAJOR  DE  L*ARHÉE 


LA 


CAMPAGNE  DE  1805 

EN  ALLEMAGNE 


PAR 


p'.-cV'alombert^^?^* 

contrAlbur    de   l'administration 

DB   l'aRmAb 


J.  COUN 

CAPITAINE  d'aRTILLHRIB  A  LA  8B0TION  BISTORIQUB 
DB   L*BTAT-lCAJOR  DB  L*ARlfiB 


TOME   TROISIÈME 
1"  Volume 


PARIS 
LIBRAIRIE  MILITAIRE  R.  CHAPELOT  et  C» 

IMPRIMEURS- ÉDITEURS 

3O9  Rue  et  Passage  Danphine,  30 


1904 

Toas  droits  réservés 


DC 
2  27 

pt.l 


PRÉFACE 


Ce  Woisième  volume  contient  lés  opérations 
autour  d'Ulm  et  en  Bavîèrej  c'ést^k-dire  la  cam- 
J)agne  contre  Farmée  autrichienne;  Nous  nous 
§Ôtnmë8  arrêtés  au  îîA  octobre,  date  où  TEmpereut 
réunit  et  reforme  la  Grande  Ai*méë  pour  la  marche 
sUr  Vienne: 

NbUfe  exprimons  ibi  la  plus  Vive  feconnaissance 
à  Mi  le  prince  de  Wâgfàtn,  qui  a  bien  voulu 
hous  bUvrir  les  pt^éciëuseë  archives  où  se  trou- 
Vàletit;  entre  autres,  les  lettt^es  de  Mack  à  Berthier, 
sans  lesquelles  nous  n'aurions  pu  écrire  rhistéire 
de  la   capitulation   d'Ulm. 

Le  premier  rôle  dans  les  opérations  autour  de 
cette  place  appartient  au  6**  corps,  dont  les  divi- 
sions se  battent  le  9  k  Gûnzburg,  le  11  à  Haslach, 
le  i4  a  Elchingen,  le  i5  devant  Ulm  et  près 
d'Albeck.  Les  papiers  du  maréchal  Ney,  ses  registres 
de  correspondance  étaient  donc  pour  nous  d'une 
importance  capitale,  et  nous  sommes  profondément 


VI  PREFACE. 


reconnaissants  à  M.  le  prince  de  la  Moskowa  d'avoir 
consenti  à  nous  les  communiquer  et  à  en  autoriser 
la  publication. 

Nous  témoignons  aussi  notre  gratitude  à  M.  le 
comte  Gudin  pour  la  libéralité  avec  laquelle  il  a 
bien  voulu  mettre  à  notre  disposition  les  papiers 
laissés  par  le  général  Gudin,  qui  nous  révèlent 
ce  que  fut  la  vie  du  soldat  pendant  cette  cam- 
pagne. 

La  correspondance  du  major  général  et  celle 
du  général  Andréossy  nous  ont  permis  d'étudier 
l'organisation  et  lé  fonctionnement  des  services  de 
l'arrière  à  la  Grande  Armée;  celle  du  général  Éblé 
fait  connaître  en  particulier  le  service  de  l'artillerie 
dans  un  corps  d'armée. 

Nous  n'avons  pas  cru  devoir  placer  ici  le  réper- 
toire des  pièces  citées.  Il  nous  a  semblé  qu'il  se 
prêterait  mieux  aux  divers  genres  de  recherches 
s'il  se  trouvait  h  la  fin  du  dernier  volume  de 
l'ouvrage  et  embrassait  la  totalité  des  documents 
publiés. 


k 
Les  documents  qui  ne  proviennent  pas  des  Archives  de  la 

Guerre  sont  indiqués  par  les  initiales  suivantes  : 


A .  iV.  A  rchivei  natiuiutUs. 

A.  A.  Archives  de  la  section  technique  de  V artillerie, 

A.  W.  Archives  de  M,  le  prince  de  Wagram, 

A.  M.  Archives  de  M,  le  prince  de  la  Moskowa. 

A,  G.  A rchives  de  M.  le  comte  Gudin. 


QUATRIÈME   PARTIE 

ULM 


III. 


INTRODUCTION 


I 


Le  6  octobre,  la  Grande  Armée  arrive  en  vue  du  Da- 
nube ;  elle  le  passera  à  partir  du  7,  et,  en  dix  jours,  la 
manœuvre  d'Ulm  sera  terminée.  Avant  d'entreprendre  le 
récit  des  marches  précipitées  par  lesquelles  Napoléon 
réalisa  Tenveloppement  du  corps  autrichien,  il  faut  faire 
connaître  la  situation  des  troupes  qui  les  ont  exécutées  : 
«  A  aucune  autre  époque,  dit  Fézensac  (1),  excepté  la 
campagne  de  Russie,  je  n*ai  autant  souffert,  ni  vu  Tar- 
mée  dans  un  pareil  désordre.  )> 

Les  pièces  officielles  viennent  confirmer,  autant  qu41 
est  en  elles,  cette  appréciation  sommaire  si  frappante 
d*un  témoin  oculaire. 

«  Il  pleut  beaucoup,  dit  le  Bulletin  du  40  qui  raconte 
le  combat  de  Wertingen  ;  mais  cela  ne  ralentit  pas  les 
marches  forcées  de  la  Grande  Armée.  » 

«  Ce  jour  et  les  précédents,  dit  le  Journal  de  la  divi- 
sion Priant,  nous  eûmes  beaucoup  de  neige  fondue  et 
de  pluie.  » 

«  La  grande  pluie  qui  tombe  depuis  ce  matin,  écrit 


(i)  Page7i. 


4  INTRODUCTION. 

Bernadotte,  m'empêche  d'aller  aussi   loin  que  j'aurais 
voulu.  » 

Le  général  Thiébault  écrit  dans  ses  Mémoires  :  «  Le  9, 
une  pluie  aussi  abondante  que  glaciale  commença  à 
tomber  à  la  pointe  du  jour,  et  tomba  sans  discontinua - 
tîon  ;  les  chemins  se  trouvaient  horribles,  et  nous  n'arri- 
vâmes à  Landsberg  qu'à  la  nuit,  trempés  jusqu'aux  os, 
morfondus.  »  «  Le  lendemain,  dit-il  un  peu  plus  loin, 
(c  c'est  avec  des  vêtements  encore  mouillés  et  par  une 
neige  abondante  que  je  me  jetai  à  cheval  »,  etc. 

«  La  route  qui  conduit  de  Landsberg  à  Memmingen 
traverse  de  larges  forêts  de  sapins,  et  nous  pûmes,  tout 
à  notre  aise,  en  admirer  les  effets  pittoresques  sous  la 
neige,  qui  tomba  sans  discontinuer  pendant  toute  la 
journée  du  iO  (1).  » 

Le  i  1  octobre,  le  général  Baraguey  d'Hilliers  invoque, 
pour  justifier  son  retard,  les  difficultés  de  la  marche 
dans  des  chemins  boueux,  remplis  de  neige,  et  par  un 
temps  pluvieux. 

Le  Bulletin  du  même  jour  dit,  en  effet,  que  «  le  temps 
continue  à  être  très  mauvais  ;  qu'il  pleut  encore  beau- 
coup »,  et  le  Journal  de  la  division  Priant  affirme  que  le 
temps  fut  si  mauvais  qu'on  ne  put  arriver  et  qu'il  fallut 
bivouaquer  au  bord  de  la  route.  Bernadotte  donne  aussi 
comme  explication  de  son  retard  à  atteindre  Munich 
<  les  pluies  continuelles  et  abondantes  ». 

Ces  averses  durent  encore  pendant  les  jours  sui- 
vants, et  le  Bulletin  du  15  répète  que  la  journée  a  été 
affreuse  ;  la  1'®  division  de  dragons  trouve,  le  12  oc- 
tobre, la  Gîinz  gonflée  au  point  que  les  gués  de  ce  ruis- 
seau deviennent  à  peu  près  impraticables,  et  le  Danube 
emporte  le  pont  d'Elchingen,  séparant  ainsi  les  deux 
parties  de  l'armée  au  moment  où  l'on  donne  l'assaut  aux 
ouvrages  d'Ulm. 

(1)  Tome  III,  page  420  et  suivantes. 


INTRODUCTION.  5 

Le  résultat  de  ce  temps  effroyable  est,  non  seulement 
de  causer  de  vives  souffrances  au  soldat,  mais  aussi  de 
pendre  la  marche  extrêmement  difficile,  et  d'accroître  la 
fatigue  dans  d'énormes  proportions.  Il  est  très  excep- 
tionnel de  rencontrer  et  de  pouvoir  utiliser  des  chaus- 
sées pavées  ou  ferrées  ;  la  plupart  du  temps,  les  colonnes 
suivent  des  chemins  de  terre,  ou  même  prennent  à  tra- 
vers champs  (1).  Aussi  les  voit- on  partir  le  matin  pour 
n'arriver  à  destination  qu'à  la  nuit  tombante. 

Ainsi  le  3«  corps,  parti  de  Neubourg  à  S  h.  i/2  du 
matin,  et  n'ayant  qu'une  durée  d'écoulement  de  1  h.  i/2 
ou  2  heures  en  temps  ordinaire,  n  est  rendu  à  Aichach 
qu'à  5  heures  du  soir,  et  il  a  laissé  toutes  ses  voitures 
et  son  parc  en  arrière. 

Le  H,  nous  voyons  le  4®  corps  partir  d'Augsbourg 
au  point  du  jour  et  n'arriver  à  ses  positions  autour  de 
Landsberg  qu'à  la  nuit  close.  La  3®  division  n'est  au 
bivouac  qu'à  9  heures  du  soir.  Il  est  vrai  que  les  marches 
sont  de  9  à  10  lieues,  mais  encore  ne  mettrait-on  pas, 
en  temps  ordinaire,  13  heures  pour  les  accomplir. 

Les  troupes,  épuisées  par  ces  marches  ininterrom- 
pues, trouvent  rarement  une  nourriture  suffisante,  et  ne 
la  reçoivent  régulièrement  que  d'une  manière  tout  à  fait 
exceptionnelle.  L'Empereur  rappelle  bien,  par  un  ordre 
du  7  octobre,  que  Ton  doit  avoir  constamment  quatre 
jours  de  pain;  mais  où  les  prendre? 

«  C'est  avec  bien  de  la  difficulté  que  je  suis  parvenu 
jusqu'à  présent  à  procurer  les  subsistances  à  ma  divi- 
sion, écrit  le  général  Bourcier  le  9  octobre;  depuis 
quelques  jours,  elle  n'a  reçu  ni  pain,  ni  viande,  et  des 


(i)  Le  13  octobre,  le  chemin  qui  borde  le  Danube,  entre  Ulm  et 
ËlcbiDgeo,  s'écroule  dans  le  fleuve  au  passage  des  caissons.  Des  hommes 
sont  noyés.  Ailleurs,  des  pièces  restent  embourbées  pendant  viugt- 
quatre  heures.  (SchOnhals.  Der  Krieg  1805.  Vienne,  1873,  page  79  et 
suivantes.) 


6  INTRODUCTION. 

fourrages  qu'en  petite  quantité,  surtout  en  avoine.  Les 
villages  que  j'ai  occupés  jusqu'à  présent  ont  eu  à  ali- 
menter les  troupes  qui  m'ont  précédé,  et,  par  cette 
raison,  se  trouvent  presque  sans  ressources.  » 

Ce  jour-là,  le  général  Suchet  peut  encore  fournir  du 
pain  à  sa  division,  grâce,  sans  doute,  aux  dispositions 
prises  par  le  maréchal  Soult  depuis  le  passage  du  Rhin  ; 
cependant,  les  autres  divisions  du  4®  corps,  d'après  le 
rapport  du  maréchal,  manquent  de  pain,  et  la  troupe 
étant  fatiguée  par  la  pluie  qu'elle  a  reçue,  s'arrête  à 
Augsbourg  pour  y  recevoir  deux  jours  de  vivres.  «  Les 
troupes  sont  exténuées  de  fatigue,  écrit  Vandamme  ; 
elles  souffrent  surtout  beaucoup  du  manque  de  vivres, 
et  il  est  bien  à  désirer  que  nous  ayons  enfin  quelques 
distributions.  »  On  a  pris  heureusement  un  convoi  de 
4,000  rations  qui  se  dirigeait  sur  Ulm,  ainsi  qu'un  ma- 
gasin de  blé  et  d'avoine. 

Marmont  écrit  aussi  le  9  octobre  :  «  Les  troupes  au- 
raient marché  immédiatement  et  auraient  couché  ce  soir 
à  Pôrnbach,  si  la  cruelle  disette  qu'elles  éprouvent 
n'avait  pas  rendu  indispensable  de  les  arrêter  pour  leur 
distribuer  quelques  subsistances.  Elles  vont  recevoir 
un  tiers  de  ration  de  pain  et  quelque  peu  de  pommes 
de  terre  ;  après  quoi  elles  marcheront  et  iront,  j'espère, 
à  3  lieues  sur  la  route  de  Pfaffenhofen,  »  Le  lendemain, 
il  récrit  à  Berthier  :  «  J'ai  l'honneur  de  rappeler  à  votre 
souvenir  nos  besoins  de  subsistance.  Ils  sont  extrêmes.  » 

Le  3^  corps  s'est  trouvé  pendant  quelque  temps  dans 
la  même  situation  ;  mais  son  séjour  à  Aichach  et  sur  la 
Glon  lui  permet  d'être  ravitaillé  :  «  Ce  dernier  séjour, 
écrit  Davout  le  10  octobre,  a  fait  beaucoup  de  bien  en 
permettant  aux  divers  parcs  et  convois  de  rejoindre  le 
corps  d'armée.  »  Le  maréchal  peut  alors  reprendre  le 
système  de  réquisitions  régulières  et  de  distributions 
qu'il  avait  suivi  jusqu'au  5  ou  6  octobre.  Il  fait  requérir 
des  sacs  de  farine  et  de  blé  dans  les  villages,  fait  orga- 


INTRODUCTION.  1 

niser  la  mouture  et  la  boulangerie  daus  les  moulins  et 
fours  des  environs.  Des  postes  sont  placés  dans  ces 
divers  établissements  pour  les  mettre  à  Tabri  de  la  ma- 
raude. Le  bétail  arrive  aussi  dans  la  journée  du  10. 

La  pénurie  dans  laquelle  se  trouvaient  la  plupart  des 
corps  d'armée  ne  parait  pas  étonner  TEmpereur,  Aux 
plaintes  de  Marmont,  Berthier  répond,  le  11  octobre  : 

((  Dans  toutes  les  lettres  que  m*éorît  M.  le  général 
Marmont,  il  me  parle  de  subsistances;  je  lui  répète  que, 
dans  la  guerre  d'invasion  et  d'expédition  que  fait 
l'Empereur,  il  n'y  a  point  de  magasins;  que  c'est  aux 
généraux  commandant  en  chef  les  corps  d'armée  à  se 
pourvoir  de  leurs  moyens  de  subsistance  dans  les  pays 
qu'ils  parcourent.  Le  général  Marmont  a  eu  ordre  de  se 
pourvoir  de  quatre  jours  de  pain  d'avance  et  de  faire 
confectionner  pour  quatre  jours  de  biscuit;  il  ne  peut 
donc  compter  que  sur  les  ressources  qu'il  se  procurera 
par  lui-même  ;  c'est  ainsi  que  font  tous  les  corps  de  la 
Grande  Armée,  et  le  général  Marmont  connaît  plus  que 
personne  la  manière  dont  l'Empereur  fait  la  guerre.  » 

Il  serait  bien  téméraire  de  rechercher  s'il  était  pos- 
sible de  concilier  les  procédés  offensifs  et  l'extrême 
mobilité  de  la  Grande  Armée  avec  un  système  de  ravi- 
taillement satisfaisant  ;  quoi  qu'il  en  soit,  le  dénùment 
dans  lequel  les  troupes  se  trouvaient  plongées  en  1805 
entraînait  infailliblement  la  maraude,  le  pillage  et  l'in- 
discipline.  Davout  écrit  le  11  octobre  à  Berthier  : 

«  J'ai  l'honneur  de  représenter  à  Votre  Excellence 
qu'il  devient  d'une  nécessité  impérieuse  de  prendre 
promptement  des  mesures  extraordinaires  pour  mettre 
un  frein  au  maraudage  et  au  pillage,  qui  sont  portés 
au  dernier  excès  ;  les  habitants  de  ce  pays  observent 
avec  la  plus  vive  douleur  qu'à  l'époque  où  leur  prince 
était  en  guerre  avec  la  France,  ils  ne  furent  jamais  aussi 
maltraités  qu'au  moment  où  leurs  enfants  et  leurs  pa- 
rents font  cause  commune  avec  nous  contre  les  Autri- 


8  INTRODUCTION. 

chiens.  J'ai  Thonneur  de  prier  Votre  Excellence  de 
solliciter  de  Sa  Majesté  Tautorisation  de  faire  fusiller 
quelques  pillards;  ces  exemples  terribles  sont  néces- 
saires pour  arrêter  le  mal,  qui  va  toujours  croissant.  » 
II  n'y  a  pas  de  réponse. 

Telle  était  la  situation  dans  le  corps  d'armée  le  plus 
discipliné;  une  lettre  de  Bugeaud  à  sa  sœur  nous  révèle 
comment  se  conduisaient  les  soldats  de  la  Garde  impé- 
riale : 

«  Juge  si  10,000  hommes  arrivant  dans  un  village 
peuvent  trouver  facilement  chacun  de  quoi  manger.  Ce 
qui  me  cause  encore  de  la  peine,  ce  sont  les  vexations  et 
les  vols  que  Ton  fait  aux  paysans  ;  leur  volaille,  leur 
bois,  leur  lard  leur  sont  enlevés  de  gré  ou  par  rapine.  Je 
ne  fais  pas  ces  choses-là,  mais  quand  je  suis  bien  afiamé, 
je  tolère  en  secret  et  je  goûte  bien  ma  part  du  vol  »  (1). 

Après  ces  témoignages  contemporains,  nous  ne  pou- 
vons faire  aucune  difficulté  d'accepter  les  rapports  ana- 
logues des  auteurs  de  Mémoires,  Thiébault  ou  Fézensac. 

«  La  nuit  qui  suivit  notre  départ  de  Memmingen,  dit 
le  général  Thiébault,  porta  un  coup  sérieux  à  la  disci- 
pline, et  nous  ne  tardâmes  pas  à  en  avoir  la  preuve.  Les 
troupes  du  corps  d'armée,  qui  par  leur  sagesse  s'étaient 
montrées  jusqu'alors  dignes  d'avoir  fait  partie  du  camp 
de  Boulogne,  devinrent  pillardes,  et  même,  d'après  leur 
adage  :  «  L'ennemi  est  comme  la  gerbe  de  blé  :  plus  on 
le  bat,  plus  il  rend  »,  elles  prirent  l'habitude  de  frapper 
le  paysan  pour  se  faire  livrer  son  argent.  On  ne  sau- 
rait croire  à  quel  degré  ils  poussèrent  la  tactique  du 
pillage,  etc.  (2).  » 

Fézensac  résume  toutes  les  soufifrances  et  tous  les  dé- 
sordres dans  le  passage  dont  nous  avons  déjà  cité  quel- 
ques lignes  : 


(1)  D'ideville  :  Le  maréchal  Bugeaud,  tome  I,  page  71. 

(2)  Tome  IIÏ,  page  427. 


INTRODUCTION.  \) 

a  Cette  courte  campagne  fut  pour  moi  comme  l'abrégé 
de  celles  qui  suivirent.  L'excès  de  la  fatigue,  le  manque 
de  vivres,  la  rigueur  de  la  saison,  les  désordres  commis 
par  les  maraudeurs,  rien  n'y  manqua,  et  je  fis  en  un 
mois  l'essai  de  ce  que  j'étais  destiné  à  éprouver  dans 
tout  le  cours  de  ma  carrière.  Les  brigades  et  même  les 
régiments  étant  quelquefois  dispersés,  l'ordre  de  les  réu- 
nir sur  UQ  point  arrivait  tard,  parce  qu'il  fallait  passer 
par  bien  des  filières.  11  en  résultait  que  le  régiment  mar- 
chait jour  et  nuit,  et  j'ai  vu  pour  la  première  fois,  dans 
cette  campagne,  dormir  en  marchant,  ce  que  je  n'aurais 
pas  cru  possible  ;  on  arrivait  ainsi  à  la  position  que  l'on 
devait  occuper,  sans  avoir  rien  mangé  et  sans  y  trouver 
de  vivres.  Le  maréchal  Berthier,  major  général,  écri- 
vait: «  Dans  la  guerre  d'invasion  que  fait  l'Empereur,  il 
n'y  a  pas  de  magasins  ;  c'est  aux  généraux  à  se  pourvoir 
des  moyens  de  subsistance  dans  les  pays  qu'ils  parcou- 
rent ».  Mais  les  généraux  n'avaient  ni  le  temps  ni  les 
moyens  de  se  procurer  régulièrement  de  quoi  nourrir 
une  si  nombreuse  armée.  C'était  donc  autoriser  le  pil- 
lage, et  les  pays  que  nous  parcourions  l'éprouvèrent 
cruellement.  Nous  n'en  avons  pas  moins  bien  souffert 

de  la  faim  pendant  la  durée  de  cette  campagne Le 

mauvais  temps  rendit  nos  souffrances  plus  cruelles  en- 
core. Il  tombait  une  pluie  froide  ou  plutôt  de  la  neige  à 
demi  fondue,  dans  laquelle  nous  enfoncions  jusqu'à  mi- 
jambes,  et  le  vent  empêchait  d'allumer  du  feu.  Le  16  oc- 
tobre, en  particulier,  le  temps  fut  si  affreux  que  personne 
ne  resta  à  son  poste.  On  ne  trouvait  plus  ni  grand'garde 
ni  factionnaire  ;  l'artillerie  même  n'était  pas  gardée  ; 
chacun  cherchait  à  s'abriter  comme  il  le  pouvait,  et  à 
aucune  autre  époque,  excepté  la  campagne  de  Russie, 
je  n'ai  autant  souffert  ni  vu  l'armée  dans  un  pareil  dé- 
sordre  Toutes  ces  causes  développèrent  l'insubordi- 
nation, l'indiscipline  et  le  maraudage.  Lorsque,  par  un 
temps  pareil,   des  soldats  allaient  dans  un  village,  ils 


10  INTRODUCTION. 

trouvaient  tentant  d'y  rester.  Aussi  le  nombre  d'hommes 
isolés  qui  parcouraient  le  pays  devint-il  considérable.  Les 
habitants  en  éprouvaient  des  vexations  de  tous  genres,  et 
des  officiers  blessés  qui  voulaient  rétablir  Tordre  furent 
en  butte  aux  menaces  des  maraudeurs.  Tous  ces  détails 
étant  inconnus  de  ceux  qui  lisent  l'histoire  de  nos  cam- 
pagnes, on  ne  voit  qu'une  armée  valeureuse,  des  soldats 
dévoués,  rivalisant  de  gloire  avec  leurs  officiers.  On 
ignore  au  prix  de  quelles  souffrances  s'achètent  sou- 
vent les  plus  éclatants  succès.  On  ignore  combien, 
dans  une  armée,  les  exemples  d'égoïsme  ou  de  lâcheté 
s'unissent  aux  traits  de  générosité  et  de  courage.  » 

Tel  était  l'état  physique  et  moral  de  la  Grande  Armée 
pendant  le  mois  d'octobre  1805  ;  c'est  ainsi  qu'on  devra 
se  la  figurer  en  suivant  désormais,  jour  par  jour,  ses 
marches  forcées  et  ses  victoires. 


Il 


Soult  et  Murât  se  sont  arrêtés  le  6  octobre  à  peu  de 
distance  de  Donauwœrth,  mais  l'avant-garde  de  Soult, 
ou  plutôt  de  la  division  Yandamme,  est  repartie  presque 
aussitôt  et  arrive  vers  8  heures  du  soir  à  Donauwœrth. 
Les  1,000  hommes  du  régiment  J.  CoUoredo  qui  occu- 
pent la  ville  ne  peuvent  en  interdire  l'accès  aux  deux 
régiments  français  (24<*  léger,  11®  chasseurs),  mais  ils  se 
retirent  sur  la  rive  droite  du  Danube  en  coupant  le  pont, 
et,  prenant  position,  ils  empêchent  par  leur  feu  le  pas- 
sage des  Français.  Vandamme  dirige  alors  sur  le  pont 
de  Mtinsier,  à  deux  lieues  en  amont,  un  bataillon  du  24<^ 
avec  2  pièces  de  4,  et  2  escadrons  du  11®  chasseurs. 

Murât,  de  son  côté,  a  expédié  à  minuit  Tordre  de  re- 
mettre en  mouvement  les  trois  divisions  de  dragons.  La 
1'®,  qui  est  au  bivouac  près  de  Deggingen,  devra  se 
trouver  à  5  heures  du  matin  à  Mauren,  pour  marcher  de 


INTRODUCTION.  il 

là  sur  Donauwœrth  par  Ebermagen  et  Wornitzstein  :  la 
3*,  qui  est  à  Amerdingen,  s'arrêtera  à  5  heures  à  Bug- 
genhofen,  et  poussera  des  reconnaissances  sur  Schwar- 
zenberg  et  Wornitzstein  ;  «nfin  la  2«  prend  plus  à  TOuest 
sur  Oppertshofen,  d'où  elle  fera  reconnaître  le  pont  de 
Munster.  Murât  se  rend  à  Bissingen. 

Chemin  faisant,  il  apprend  Toccupation  de  Donau- 
wœrth par  les  Français,  ainsi  que  la  position  prise  par 
Tennerai  devant  le  pont  rompu.  Il  forme  aussitôt  le  pro- 
jet de  passer  par  Mttnster  et  d'arriver  sur  les  derrières 
des  Autrichiens  avant  qu'ils  n'aient  lâché  pied  ;  la  2®  di- 
vision de  dragons  continue  donc  en  toute  hâte  par  Auxes- 
heim  et  Nordheim.  Les  1'®  et  3*  divisions  restent  près 
de  Donauwœrth  avec  Vandamme.  Des  reconnaissances 
sont  envoyées  sur  Hôchstaedt  et  sur  Pfaffenhofen. 

Pendant  que  la  division  Walther  exécute  son  mouve- 
ment, le  jour  est  venu  ;  la  compagnie  d'artillerie  légère 
de  Vandamme  a  rejoint  l 'avant-garde,  a  mis  en  batterie 
près  du  pont,  et  sa  première  décharge  a  décidé  l'en- 
nemi à  se  retirer  sur  Rain.  A  10  heures,  la  2«  division 
de  dragons  voit  sa  proie  lui  échapper. 

Soult  s'occupe  de  faire  rétablir  le  pont  de  Donau- 
wœrth ;  il  fait  passer  le  Danube  à  un  bataillon  du  24« lé- 
ger et,  sur  la  demande  de  Murât,  il  rappelle  celui  qui 
occupait  le  pont  de  Munster,  le  bataillon  de  dragons  à 
pied  amené  de  Amerdingen  l'ayant  relevé. 

La  division  Vandamme  arrive  dans  l'après-midi  et 
prend  position  à  l'Est  de  la  ville.  L'Empereur  vient 
diriger  lui-même  les  mouvements  des  troupes. 

Murât  forme  un  escadron  d'élite  de  150  dragons  de  la 
division  Klein,  en  donne  le  commandement  au  colonel 
Watier,  du  4®dragons,  et  lui  fait  traverser  le  Danube  en 
bateau.  Lui-même  passe  avec  son  escorte.  Il  s'élance  avec 
Watier  sur  la  route  de  Rain,  et  ordonne  à  la  division 
Walther,  qu'il  a  rejointe  près  de  Nordheim,  d'aller  pas- 
ser le  Lech  à  Oberndorf,  pour  tourner  l'ennemi  s'il  veut 


12  INTRODUCTION. 

tenir  à  Rain.  Les  Autrichiens  ont  en  effet  coupé  le  pont 
de  Rain,  et  ils  occupent  la  ville,  située  sur  la  rive  droite 
du  Lech,  avec  des  uhlans  et  des  fantassins.  Watier  dut 
remonter  aussi  jusqu'à  Oberndorf,  et  y  fit  chercher  un 
gué. 

«  Quelques  tirailleurs  traversaient  la  rivière,  non  sans 
danger,  à  une  demi-lieue  au-dessus  du  village,  et  furent 
suivis  immédiatement  après  par  tout  le  détachement.  Ce 
ne  fut  qu'en  arrivant  sur  la  rive  gauche  du  Lech  qu'on 
aperçut  Tennemi  posté  près  d'Oberpeuchingen.  Quel- 
ques dragons  mirent  pied  à  terre  et  commencèrent  à  ti- 
railler ;  en  même  temps,  d'autres  traversèrent  la  rivière 
et  fondirent  sur  les  vedettes,  qui  se  replièrent  aussitôt  ; 
le  peloton  des  tirailleurs  les  ayant  suivis,  le  colonel  Wa- 
tier fit  mettre  pied  à  terre  à  une  division  pour  protéger 
le  gué  en  cas  de  retraite  ;  mais  comme  l'ennemi  conti- 
nuait à  se  retirer,  il  fit  passer  tout  son  détachement, 
dont  il  cacha  la  faiblesse  en  se  couvrant  à  propos  par  des 
bois  et  des  ravins. 

On  apercevait  dans  la  plaine  deux  colonnes  de  cava- 
lerie que  l'on  estimait  être  de  600  à  700  hommes,  et  plus 
loin,  sur  le  revers  de  la  montagne,  une  troupe  d'infan- 
terie dont  on  n'a  pas  connu  la  force. 

Le  jour  commençant  à  baisser,  et  la  retraite  de  l'en- 
nemi paraissant  décidée,  le  colonel  Watiçr  plaça  sa 
troupe  sur  un  rang  et  forma  deux  échelons,  qui  mar- 
chaient à  une  assez  grande  distance,  pour  en  imposer 
sur  leur  force.  On  continua  dans  cet  ordre  et  en  s'ar- 
rêtant  souvent,  jusqu'à  ce  que  les  tirailleurs  eussent 
balayé  la  plaine. 

Il  était  nuit  close  quand  le  détachement  arriva  à  une 
demi-lieue  de  Pesenpurken,  sur  la  route  qui  conduit  de 
Rain  à  Aichach  ;  le  colonel  Watier  fit  former  ses  divi- 
sions; il  dirigea  ensuite  sa  troupe  en  colonne  sur  Pesen- 
purken; l'ennemi  ayant  été  aperçu,  l'officier  qui  com- 
mandait le  premier  peloton  reçut  ordre  de  le  charger  en 


INTRODUCTION.  13 

queue  ;  il  n'avait  pu  encore  l'atteindre,  lorsqu'il  distin- 
gua en  bataille,  très  près  de  lui,  toute  la  cavalerie  que 
l'on  avait  remarquée  pendant  le  jour;  dans  le  même 
moment  l'ennemi  sonna  la  charge  et  fondit  sur  lui  avec 
impétuosité. 

Quelques  pelotons  de  uhlans  cherchèrent  à  couper  la 
retraite  au  détachement,  en  se  prolongeant  à  droite  et  à 
gauche  de  la  route  qu4ls  occupaient;  dans  cette  circons- 
tance embarrassante,  les  officiers  et  les  dragons,  ne  pre- 
nant conseil  que  de  leur  propre  courage,  passèrent  le 
fossé  qui  les  séparait  de  l'ennemi,  et  tombèrent  avec 
une  telle  ardeur  sur  les  pelotons  qui  avaient  presque 
gagné  la  queue  de  la  colonne,  qu'ils  les  poussèrent  dans 
le  plus  grand  désordre;  onsonnale  ralliement,  mais  l'en- 
nemi survint  en  si  grande  force  que  ce  ne  fut  que  400 
pas  plus  loin  que  Ton  put  se  former  ;  le  détachement  se 
porta  de  nouveau  en  avant,  mais  l'ennemi  avait  disparu. 
On  se  retira  en  bon  ordre  sur  Rain. 

Dans  cette  affaire,  qui  futextrêmement  vive,  les  uhlans 
eurent  trois  hommes  de  tués  et  considérablement  de 
blessés,  à  en  juger  par  les  armes  des  dragons,  dont 
grand  nombre  se  trouvèrent  ensanglantées.  On  leur  prit 
6  hommes  et  8  chevaux.  Les  dragons  eurent  1  homme 
tué,  2  blessés  et  8  prisonniers  (1)  ». 

Sur  l'ordre  de  l'Empereur,  qui  venait  d'arriver  à 
Donauwœrth,  Murât  avait  passé  le  Lech  avec  la  2®  divi- 
sion de  dragons,  quelque  temps  après  le  détachement  de 
Watier  ;  il  tenta  de  poursuivre  l'ennemi,  et  ne  l'ayant 
pas  joint,  revint  bivouaquer  en  avant  de  Rain.  Les  1" 
et  3®  divisions  de  dragons  étaient  restées  au  Nord  de 
Donauwœrth. 

Trois  régiments  de  la  division  Vandamme  s'étaient 
mis  en  marche  sur  Oberndorf  derrière  les  dragons,  sous 
le  commandement  immédiat  de  Soult  :  le  soir,  le  57<^  bi- 

(i)  Journal  des  marches  de  la  i'*  division  de  dragons. 


14  INTRODUCTION. 

vouaque  au  Sud-Ouest  de  Nordheim  ;  un  bataillon  du 
24®  léger  occupe  Rain  ;  les  trois  autres  régiments  de  la 
division  bivouaquent  au  Sud  de  Genderkingen. 

La  division  Legrand  (3«)  a  pris  position  au  Nord  de 
Donauwœrth,  entre  cette  ville  et  le  village  de  Berg,  et  a 
détaché  un  bataillon  au  pont  de  Donauwœrth  ;  la  division 
Saint-Hilaire  (l'*^)  est  au  bord  du  Danube,  à  l'Est  de 
Donauwœrth. 

Suchet  (4®  division)  arrive  seulement  à  Nœrdlingen. 

Les  deux  divisions  de  cuirassiers,  la  1^«  ayant  été  re- 
tirée à  Davout  le  malin  même,  sont  au  Nord-Ouest  de 
Donauwœrth  près  de  Feldsheim. 

Une  reconnaissance  de  cavalerie  a  poussé  le  jour 
même  à  Mertingen,  à  mi-chemin  d'Augsbourg,  sur  la 
rive  gauche  du  Lcch  ;  Murât  fait  savoir  à  TEmpereur 
qu'il  dirige  des  reconnaissances  sur  Neubourg  et  Frid- 
berg  (village  en  face  d'Augsbourg  sur  la  rive  droite  du 
Lech). 

Quelques  prisonniers  faits  à  Donauwœrth  ont  appris 
à  Soult  qu'il  y  avait  là  les  régiments  d'Erbach  et  de 
CoUoredo,  avec  les  hussards  de  Liechtenstein  ;  d'après 
eux,  et  au  dire  du  maître  de  poste  de  Donauwœrth,  il  se 
trouvait,  sur  la  rive  gauche  du  Lech,  un  corps  d'armée 
assez  nombreux,  mais  le  gros  des  forces  autrichiennes 
était  encore  sur  l'Iller,  et  Ulm  était  fortement  occupé. 

Maître  de  Donauwœrth,  et  jugeant  que  les  Autrichiens 
doivent  encore  se  trouver  à  l'Ouest  du  Lcch,  l'Empereur 
veut  «  couper  tout  ce  que  rennemi  aurait  encore  sur 
riller,  »  A  cet  effet,  il  va  diriger  Ney  sur  Ulm  par  les 
deux  rives  du  Danube,  pendant  que  d'autres  colonnes  se 
porteront  sur  Augsbourg  et  Landsberg.  Ney  doit  d'abord 
s'emparer  de  Gundelfingen  et  de  Lavingen,  et  tenir  un 
ou  deux  ponts  sur  le  Danube,  car  si  l'ennemi  s'était 
retiré  vers  l'Est,  par  Augsbourg  et  Landsberg,  le  6®  corps 
devrait  s'y  porter  vivement  «  par  une  marche  de  flanc  » . 


INTRODUCTION.  15 

L'ordre  au  maréchal  Ney  lui  prescrit  de  garder  sa 
position  de  Giengen  ;  mais  cet  ordre  lui  parvient  peut- 
être  pendant  la  marche  sur  Donauwœrth  qu'on  lui 
avait  prescrite  la  veille  ;  quoi  qu'il  en  soit,  il  porte  tout 
son  corps  d'armée  sur  le  Danube  le  jour  même,  et  il 
bivouaque  autour  d'Hôchsttcdt  ;  la  i'®  division  (Dupont) 
est  à  Deissenhofen,  tenant  Morschlingen  et  Luzingen 
avec  deux  bataillons  d'infanterie  légère,  qui  fournissent 
des  postes  à  Lavingen  et  Steinheim.  La  2®  division  reste 
près  d'Hochstœdt,  dont  elle  fait  occuper  le  pont  par 
quatre  compagnies  de  grenadiers.  Elle  détache  deux 
compagnies  de  grenadiers  au  pont  de  Gremheim,  où  se 
trouvent  aussi  deux  compagnies  de  la  3®  division,  qui 
bivouaque  à  Blindheim.  Le  l*''"  bataillon  du  25®  léger 
garde  le  pont  de  Blindheim.  La  cavalerie  légère  bivoua- 
que à  Steinheim,  et  envoie  des  patrouilles  sur  la  rive 
droite  du  Danube  vers  Zusamaltheim,  Wertingen,  etc. 

Au  4«  corps,  la  division  Vandamme  bivouaque  avec 
Soult  près  de  Rain  ;  Legrand  et  Saint-Hilaire,  qui  sont 
encore  sur  la  rive  gauche  du  Danube,  doivent  passer  le 
lendemain  à  la  première  heure,  d'après  les  ordres  directs 
de  l'Empereur.  Legrand  rejoindra  Soult  près  de  Rain  ; 
Saint-Hilaire  attendra  de  nouvelles  instructions.  La 
Garde  et  la  division  Suchet,  qui  cantonnent  à  Nœrdlin- 
gen  le  7,  doivent  arriver  à  Donauwœrth  dans  la  matinée 
du  8  ;  les  deux  divisions  de  cuirassiers  doivent  y  passer 
aussi.  Le  5*^  corps  se  dirigera  sur  le  pont  de  Munster, 
que  sa  cavalerie  légère  atteint  presque  dans  la  soirée 
du  7,  les  grenadiers  étant  â  Amerdingen  et  Bissingen, 
Gazan  à  Neresheim. 

Les  divisions  Bourcier  et  Baraguey  d'flilliers  doivent 
se  diriger  sur  Neresheim,  et  l'Empereur  a  l'intention  de 
les  faire  continuer  sur  Donauwœrth. 

Dans  la  nuit  du  6  au  7,  l'Empereur,  ignorant  encore 
les  événements  de  Donauwœrth,  avait  pensé  à  diriger 
Davout  sur  Rennertshofen,  entre  le  Lech  et  Neubourg  ; 


16  INTRODUCTION. 

mais  dans  la  journée  du  7,  il  lui  assigne  Neubourg  comme 
point  de  passage,  avec  mission  de  prendre  à  revers  les 
troupes  chassées  de  Rain  par  Soult  et  Murât,  puis  de  se 
rapprocher  dlngolstadt  pour  faciliter  le  passage  de 
Bernadotte,  qui  aura  lieu  le  9.  L'Empereur  blâme  sévè- 
rement le  maréchal  Davout  de  l'abandon  de  ses  pièces 
de  12,  importantes  pour  forcer  le  passage  d'un  grand 
fleuve. 

Le  7  au  soir,  Davout  bivouaque  à  Mooheim,  ayant  son 
avant-garde  près  de  Neubourg.  Marmont  est  à  Pappen- 
heim  ;  Bernadotte  et  les  Bavarois  sont  à  Weissenburg, 
et  leurs  avant-gardes  aux  portes  dlngolstadt. 


HI 


La  journée  du  7  n'a  procuré  à  l'Empereur  aucun  ren- 
seignement nouveau.  Il  savait  que  l'ennemi  se  portait  de 
Memmingen  et  d'Ehingen  vers  Ulm  le  5,  et  devait  attein- 
dre cette  ville  le  6  ;  mais  le  6  au  soir  ou  le  7,  en  apprenant 
l'arrivée  des  Français  sur  le  Danube,  Mack  aura  pro- 
bablement continué  son  mouvement  vers  l'Est  sans  inter- 
ruption, et  dans  ce  cas,  il  peut  approcher  du  Lech  le 
8  octobre,  et  passer  à  Augsbourg  ou  Landsberg  le  9. 
Du  reste,  quelle  est  exactement  la  partie  de  l'armée 
autrichienae  qui  avait  poussé  jusqu'à  l'IUer  ?  Qu'y  a-t-il 
encore  en  Bavière,  soit  autour  de  Munich  et  d'Augsbourg, 
soit  aux  débouchés  de  la  Bohème  ?  Autant  de  questions 
auxquelles  on  ne  peut  répondre. 

Tout  fait  supposer,  cependant,  que  le  détachement 
autrichien  signalé  précédemment  au  Nord  de  Ratis- 
bonne  est  très  peu  nombreux  ;  qu'il  y  a  une  douzaine 
de  mille  hommes  en  retraite  de  Douauwœrth  sur  Augs- 
bourg ou  Munich  avec  Kienmayer  ;  et  enfin  l'Empereur 
pense  que  Mack   ne  reste  pas  à   Ulm,    qu'il    s'efforce 


INTRODUCTION.  17 

d'échapper  à  renveloppement  par  la  route  de  Landsberg 
ou  d'Augsbourg. 

(c  II  est  probable,  fait-il  écrire  à  Ney,  que  le  passage 
du  Lecb  et  roccupation  d'Augsbourg,  qui  auront  lieu 
dans  la  journée,  vont  enfin  dégriser  Tennemi.  »  «  Il  est 
impossible  que  Tennemi,  instruit  du  passage  du  Danube 
et  du  Lech,  ainsi  que  de  l'épouvante  qui  a  dû  s'emparer 
du  corps  de  troupes  qu'il  avait  au  delà  du  Lech,  ne 
songe  sérieusement  à  prendre  le  parti  de  la  retraite.  Il 
esta  croire  qu'il  essayera  d'abord  de  la  faire  sur  Augs- 
bourg,  mais  bientôt  il  apprendra  qu'il  n'est  plus  temps, 
et  il  tentera  de  la  faire  sur  Landsberg,  où,  si  nos  troupes 
arrivent  à  temps,  il  se  décidera  à  livrer  bataille,  ou  enfin 
à  se  retirer  dans  le  Tyrol  ;  mais  il  est  probable  qu'il 
prendra  le  parti  de  combattre. 

«  Sa  Majesté  ne  pense  pas  que  l'ennemi  soit  assez 
insensé  pour  passer  sur  la  rive  gauche  du  Danube,  puis- 
que tous  ses  magasins  sont  à  Memmingen  et  qu'il  a  le 
plus  grand  intérêt  à  ne  pas  se  séparer  du  Tyrol  que,  dans 
cette  manœuvre,  il  découvrirait  entièrement.  » 

Il  écrit  lui-même  à  Ney  :  «  Je  ne  puis  plus  penser  que 
l'ennemi  puisse  avoir  d'autre  projet  que  de  se  retirer  sur 
Augsbourg  ou  sur  Landsberg,  ou  même  sur  Fûssen. 
Toutefois,  il  pourrait  hésiter,  et  dans  ce  cas,  c'est  à  nous 
à  faire  en  sorte  que  pas  un  n'échappe  ;  je  ne  doute  pas 
qu'il  ne  puisse  revenir  quelques-unes  de  ses  forces  du 
Tyrol.  » 

Si  Mack  est  parti  d'Ulm  et  de  Memmingen  pour  Augs- 
bourg et  Landsberg  le  7  (le  6  on  le  signalait  encore  à 
Ulm),  c'est  le  9  qu'on  peut  avoir  à  livrer  bataille  sur  le 
Lech.  Aussi  l'Empereur  presse-t-il  la  marche  des  2^,  3®, 
4«  et  5*  corps  pour  avoir  des  forces  suffisantes  autour 
d'Augsbourg  le  9  au  matin.  Il  envoie  Mathieu  Dumas 
en  mission  auprès  de  Marmont  pour  hâter  son  mouve- 
ment : 

«  Si  le  général  Marmont  était  arrivé  à  Ingolstadt,  vous 
lu.  2 


18  INTRODUCTION. 

VOUS  y  rendrez  pour  lui  dire  qu'il  est  nécessaire  qu'il 
passe  le  Danube  sur-le-champ  ;  que  l'enneini  est  coupé  ; 
que  dans  peu  de  jours,  il  n'aura  plus  d'autre  parti  à 
prendre  que  d'essayer  de  nous  passer  sur  le  corps,  et, 
comme  il  pourra  réunir  jusqu'à  80,000  hommes,  il  n'y 
a  pas  un  moment  à  perdre  pour  rassembler  nos  forces  ». 

Bernadotte,  qui  a  le  commandement  supérieur  du 
2®  corps,  reçoit  l'ordre  suivant  :  «  Ordonnez  au  général 
Marmont  de  passer  le  fleuve,  et  de  se  mettre  sur-le- 
champ  en  marche  pour  se  rendre  à  mi-chemin  de  Neu- 
bourg  ou  d'Ingolstadt  à  Augsbourg  ». 

Davout  a  des  instructions  analogues,  et  l'Empereur 
espère  que  son  avant-garde  sera  le  soir  même  à  Aichach. 
Il  fait  écrire  par  Berthier  : 

«  L'intention  de  l'Empereur  est  que  vous  vous  dirigiez 
sur  Aichach,  où  l'intention  de  Sa  Majesté  est  de  réunir 
dans  la  journée  de  demain  (9  octobre),  tout  votre  corps 
d'armée  »  ;  et  il  ajoute  dans  une  lettre  personnelle  : 

«  Il  me  tarde  de  savoir,  enfin,  que  votre  armée  arrive  ; 
j'ai  besoin  qu'elle  soit  réunie  demain  dans  la  jour- 
née à  Aichach.  Il  parait  que  le  général  Kienmayer, 
qui  commande  le  seul  corps  qui  est  entre  ceci  et  Ratis- 
bonne,  s'est  retiré  sur  Augsbourg.  Il  est  poursuivi  de 
telle  sorte  qu'il  ne  peut  échapper.  Ne  perdez  pas  une 
heure,  et  que  j'apprenne  sans  retard  que  vous  occupez 
Aichach  ;  votre  cavalerie  et  votre  avant-garde  peuvent  y 
être  ce  soir  » . 

C'est  le  corps  d'armée  de  Soult  qui  forme  le  noyau,  la 
partie  essentielle  du  dispositif.  Il  est  dirigé  de  Donau- 
wœrth  sur  Augsbourg  et  doit  y  arriver  le  8  pour  devan- 
cer le  corps  de  Kienmayer,  puis  toute  l'armée  de  Mack  ; 
mais  l'ordre  envoyé  dans  la  matinée  par  Berthier  con- 
tient une  restriction  qui  vaudra,  le  soir,  des  reproches 
au  maréchal  Soult  : 

«  L'intention  de  l'Empereur  est  que  vous  dirigiez  la 
division  du  général  Saint-Hilaire,  celle  du  général  Le- 


INTRODUCTION.  19 

grand,  celle  du  général  Vandamme  et  tout  votre  quar- 
tier général  sur  Augsbourg  ;  toutefois,  cependant,  après 
vous  être  assuré  que  r ennemi  n'est  pas  en  force  à  Aichach 
et  que  M.  le  maréchal  Davout  est  maître  de  Neubourg 
et  du  pont  de  cette  ville  » . 

La  mission  de  Murât  et  Lannes  est  d'intercepter  la 
route  d'Ulm  à  Augsbourg,  et  en  même  temps  de  pour- 
suivre les  ennemis  battus  à  Donauwœrth  : 

«  L'intention  de  l'Empereur,  écrit  Berthier  à  Murât, 
est  qu'avec  les  trois  divisions  de  dragons  et  les  deux 
divisions  de  grosse  cavalerie  et  toute  l'artillerie  atta- 
chée à  ces  deux  divisions,  vous  vous  dirigiez  sur  Zus- 
marshausen  et  Burgau.  La  division  de  cavalerie  de  M.  le 
maréchal  Lannes  marchant  dans  la  même  direction, 
vous  êtes  autorisé  à  en  prendre  deux  régiments  pour 
éclairer  la  marche  de  votre  grosse  cavalerie.  Vous  rece- 
vrez des  ordres  pour  éclairer  la  route  que  vous  devez 
tenir  demain.  S'il  n'y  a  rien  de  nouveau,  il  se  pourrait 
que  Votre  Altesse  reçût  l'ordre  de  couper  la  route  de 
Landsberg  à  Ulm,  c'est-à-dire  de  se  porter  sur  Min- 
delheim  ». 

Quant  à  Lannes,  il  doit  se  rendre  de  MUnster,  où  il  a 
passé  le  Danube,  jusqu'à  Wertingen,  et  pousser  une 
avant-garde  sur  la  route  d'Ulm  à  Burgau.  Il  se  tiendra 
en  liaison  avec  Murât  et  Ney. 

Ce  dernier  est  chargé  de  surveiller  les  débouchés 
d'Ulm  vers  le  Nord-Est;  car,  malgré  toutes  les  vraisem* 
blances,  l'Empereur  tient  compte  encore  d'une  tentative 
possible  des  Autrichiens  pour  s'échapper  de  ce  côté  ; 
mais,  à  vrai  dire,  il  y  croit  peu.  Ney  doit  surtout  s'assurer 
des  ponts  sur  le  Danube  et  se  tenir  prêt  à  soutenir 
Lannes  et  Murât  si  l'ennemi  se  porte  vers  Augsbourg. 
Plus  tard,  l'Empereur,  se  confirmant  de  plus  en  plus 
dans  l'idée  que  Mack  va  se  retirer  vers  le  Sud-Est,  or- 
donnera à  Ney  d'occuper  Gûnzbourg,  de  manière  à  se 
trouver  sur  la  route  même  d'Ulm  à  Augsbourg. 


20  INTRODUCTION. 

Le  premier  ordre,  expédié  à  6  heures  du  matin, 
prescrit  seulement  au  maréchal  de  «  prendre  une  posi- 
tion, soit  celle  de  Giengen,  soit  toute  autre,  qui  ait  le 
double  avantage  de  garder  la  route  d'Ulm — EUwangen 
par  Heidenheim  et  la  route  d'Ulm  à  Donauwœrth  par 
Gundelfingen  ».  Cependant,  comme  il  est  plus  probable 
que  Tennemi  est  en  retraite  vers  le  Sud-Est,  le  maréchal 
Ney  doit  se  conserver  des  ponts  sur  le  Danube  pour 
marcher  sur  Augsbourg  au  premier  signal. 

Si  l'ennemi  débouchait  d'Uim  en  forces  au  Nord  du 
Danube,  le  maréchal  Ney,  tout  en  faisant  sa  retraite, 
tiendrait  une  division  sur  la  route  d'EUwangen  pour 
couvrir  la  route  d'Heilbronn  à  Nœrdlingen.  Si  Tennemi 
lui  offre  une  occasion  favorable,  il  faut  l'attaquer. 

Afin  de  mettre  le  6®  corps  en  état  de  remplir  cette 
mission,  l'Empereur  le  renforce  de  la  division  Gazan, 
des  dragons  à  pied  et  de  la  division  Bourcier.  Cet  ordre 
a  dû  parvenir  à  9  heures  au  plus  tard  à  Hochstaedt  (1), 
mais  le  maréchal  Ney  ne  croit  pas  devoir  mettre  ses 
troupes  en  mouvement. 

Un  second  ordre,  expédié  à  midi  et  qui  a  dû  arriver 
à  2  ou  3  heures,  confirme  le  premier  en  prescrivant  de 
faire  garder  la  route  d'Heidenheim  par  les  dragons  à 
pied  (2).  Quant  au  reste  des  troupes  du  maréchal  Ney, 
elles  doivent  demeurer  à  proximité  du  Danube,  et  il  faut 
occuper  Gttnzbourg,  où  passe  la  route  d'Ulm  à  Augs- 
bourg, et  où  le  6®  corps  arrêterait  l'ennemi,  le  cas 
échéant. 

Le  maréchal  Ney  donne  à  midi  l'ordre  du  départ  et 
met  ses  troupes  en  mouvement  à  2  heures  de  l'après- 


(1)  De  Donauwœrth  à  Hôchstœdt,  17  kilomètres  par  une  grande  route. 

(2)  Une  lettre  de  TEmpereur  pressant  le  maréchal  Ney  d'occuper  Gûnz- 
bourg,  a  été  adressée  par  erreur  au  maréchal  Lannes.  C'est  celle  qui 
porte  le  n^  9334  de  la  Correspondance.  Le  nom  du  destinataire  n'est  ins- 
crit nulle  part  sur  l'original  conser?é  aux  archives  du  duc  de  Montebello. 


INTRODUCTION.  21 

midi,  de  manière  qu'elles  n'arrivent  à  destination  que 
dans  la  nuit  du  8  au  9.  Bien  qu'il  ait  certainement  reçu 
à  ce  moment  le  second  ordre  de  Berthier,  il  choisit 
une  position  qui  répond  aux  premières  instructions  re- 
çues :  tenir  les  routes  d'Ulm  à  Heidenheim  et  à  Do- 
nauwœrth  ;  il  place  les  dragons  à  pied  et  à  cheval  près 
d'HerbrechtÎDgen,  la  division  Dupont  à  Hausen  et  à  Bis- 
singen  (elle  n'arrive  qu'à  3  heures  du  matin),  la  divi- 
sion Loison  à  Burgberg,  les  divisions  Malher  et  Gazan 
en  arrière  de  Brenz  et  de  Modliugen. 

Le  59*  de  ligne  (division  Malher)  occupe  Gundelfin- 
gen,  avec  trois  compagnies  à  Lauingen  et  trois  à  Dil- 
lingen;  un  bataillon  du  22®  léger  (division  Malher) 
occupe  StOtzingen  et  Sontheim  et  s'éclaire  sur  la  route 
d'Ulm;  un  bataillon  du  6®  léger  (division  Loison)  occupe 
Stetten;  quatre  compagnies  du  9®  léger  (division  Dupont) 
occupent  Nerenstetten.  La  cavalerie  légère  est  en  avant 
du  front,  et  un  régiment  de  dragons  à  Dillingen  pour 
communiquer  avecLannes. 

La  marche  de  la  division  Dupont  s'était  faite  dans  les 
plus  mauvaises  conditions  ;  une  foule  de  traînards  s'éga- 
raient dans  la  nuit  ;  ils  eurent  une  escarmouche  près  de 
Stôtzingen  avec  des  cuirassiers  et  des  uhlans  autrichiens, 
et  furent  recueillis,  au  petit  jour,  par  quatre  compagnies 
du  96*  et  50  hussards.  A  ce  moment,  le  corps  d'armée 
se  remettait  en  marche  pour  remplir  les  intentions  expri- 
mées par  l'Empereur  dans  son  dernier  ordre. 

Tandis  que  le  maréchal  Ney  ne  se  conformait  que 
tardivement  aux  instructions  de  Napoléon,  les  trois 
corps  de  l'aile  gauche  se  trouvaient  loin  d'atteindre  les 
positions  que  l'Empereur  espérait  leur  voir  occuper 
le  8. 

Marmont,  devant  se  porter  de  Pappenheim  sur  Neu- 
bourg,  crut  avoir  le  temps  de  devancer  le  1^^  corps  sur 
la  grand'route  d'Eichstaedt  à  Neubourg,  afin  d'éviter  les 
chemins  de  traverse  qu'on  lui  avait  assignés.  Il  arrêta 


22  INTRODUCTION. 

ainsi  le  mouvement  de  Bernadotte,  qui  dut  stationner 
à  Eichstaedt,  et  lui-même  ne  put  dépasser  Nassenfels. 

Quant  à  Davout,  son  avant-garde,  qui  se  trouvait  à 
Rennertshofen,  a  passé  le  Danube  à  Steppberg  dans  la 
matinée;  détachant  le  iV  pour  assurer  la  liaison  avec  le 
maréchal  Soult,  elle  a  fait  surprendre  le  pont  de  Neu- 
bourg  par  le  colonel  du  génie  Tousard  et  25  hommes. 
Les  150  Autrichiens  qui  occupaient  la  ville  s'étant  enfuis, 
on  répare  le  pont.  Il  est  difficile  de  savoir  à  quelle  heure 
le  3^  corps  a  traversé  le  Danube.  D'une  part,  le  tableau 
des  emplacements  du  corps  d'armée  donne  10  heures 
du  matin  pour  le  commencement  du  passage;  mais 
ce  tableau,  qui  signale  dans  l'après-midi  l'arrivée 
de  Marmont  à  Neubourg,  est  assez  suspect  ;  d'autre  part, 
le  Journal  des  marches  de  la  division  Priant,  document 
sans  caractère  officiel  et  sujet  aussi  à  caution,  déclare 
que  la  division  a  quitté  son  bivouac  de  Monheim  à  midi. 
Toujours  est-il  qu'à  8  heures  du  matin,  personne  n'avait 
encore  paru  à  Neubourg,  et  qu'à  6  heures  du  soir,  tout 
le  3®  corps  était  au  bivouac  au  Sud  du  Danube,  l'avant- 
garde  à  2  lieues  en  avant,  sur  la  route  d'Âichach. 

Davout  a  fait  quelques  prisonniers,  d'après  lesquels 
le  général  Kienmayer  aurait  l'intention  de  tenir  à  Ai- 
chach  avec  15,000  hommes  environ. 

Le  4®  corps,  moins  la  division  Suchet  qui  va  arriver 
à  Donauwœrth  dans  la  journée,  mais  accompagné  de  la 
2®  division  de  dragons,  se  porte  sur  Augsbourg.  La  1'®  di- 
vision (Saint-Hilaire)  prend  la  route  directe  par  Mertin- 
gen,  les  deux  autres  divisions  d'infanterie  (Vandamme 
et  Legrand)  avec  la  cavalerie  légère  et  les  dragons,  doi- 
vent passer  par  Rain,Holzheim  et  Lechhausen;  mais  en 
arrivant  près  de  l'embranchement  des  routes  d'Aichach 
et  d'Augsbourg,  à  4  h.  1/2  du  soir,  nos  cavaliers  char- 
gent un  parti  de  300  hulans,  et  Soult  apprend  la  présence 
de  5,000  à  6,000  hommes  à  Aichach,  Se  conformant  à 
l'ordre  de  Berthier,  il  continue  son  chemin  vers  cette  loca- 


INTRODUCTION.  23 

lité.  Parvenu  à  hauteur  de  Sainbach,  il  aperçoit  environ 
2,800  chevaux.  Le  8^  hussards,  le  26®  chasseurs,  2  esca- 
cadrons  du  11<^  chasseurs  et  1  escadron  du  13®  dragons 
chargent  sous  la  conduite  de  Margaron  et  de  Sébastiani. 
L'artillerie  tire  quelques  coups  de  canon,  mais  la  mêlée 
se  produit  aussitôt  et  s'éloigne  jusque  dans  Tintervalle 
entre  Aichach  et  Walchshofen.  Nos  cavaliers  se  trou- 
vent alors  en  présence  de  postes  d'infanterie,  et  s'arrê- 
tent. La  nuit  est  venue,  et  les  troupes  bivouaquent  à 
hauteur  de  Mainbach.  Soult  rend  comptée  10  heures  du 
soir  de  cette  échauffourée,  et  à  minuit  Berthier,  oubliant 
ses  instructions  du  matin,  lui  répond  :  «  L'Empereur 
voit  avec  peine  que  vous  vous  soyez  éloigné  encore  du 
centre  de  la  guerre,  car  vous  deviez  être  à  Augsbourg 
par  l'extrémité  de  votre  gauche,  c'est-à-dire  que  vous 
deviez  le  dépasser  sur-le-champ  et  faire  une  marche  sur 
Ulm  ;  au  lieu  de  cela,  vous  êtes  à  une  demi-marche 
derrière,  n 

La  2«  division  de  dragons  (Walther)  devait  passer  en 
tète  du  4®  corps  d'armée  ;  mais  elle  le  trouva  déjà  en 
mouvement  à  la  sortie  de  Rain  et  dut  en  prendre  la 
queue,  à  l'exception  de  l'escadron  du  3®  dragons  que 
commandait  Sébastiani.  Arrivé  à  l'embranchement  des 
routes  d' Aichach  et  d'Augsbourg,  et  voyant  Soult  engagé 
sur  la  première,  le  général  Walther  déboite  et  marche 
sur  Augsbourg.  A  hauteur  d'Affing,  un  détachement 
ennemi  est  signalé  et  chargé.  On  lui  prend  5  hommes 
et  3  chevaux  ;  mais  la  nuit  est  venue,  et  la  division  de 
dragons  bivouaque  surplace,  à  Affing,  Gebenhofen  et  en 
arrière.  Le  10*  régiment, fatigué  par  suite  d'une  longue 
marche  exécutée  la  veille  et  le  jour  même  pour  rejoindre, 
a  été  laissé  à  la  bifurcation  des  deux  routes. 

Murât  s'est  dirigé  de  Donauwœrth  surZusmarshausen, 
non  par  la  route  directe,  mais  par  celle  de  Mertingen  et 
Ehingen,  avec  les  divisions  Klein,  Beaumont,  Nansouty  ; 


24  INTRODUCTION. 

la  division  d'Hautpoul  était  fort  en  arrière.  Il  appelle  à 
lui  le  bataillon  de  dragons  à  pied  qui  gardait  le  pont  de 
Munster,  et  qui  devra  se  diriger  sur  Zusmarshausen. 

La  division  Klein  devait  former  l'avant-garde  ;  elle 
monte  à  cheval  à  5  heures,  va  attendre  les  ordres  jus- 
qu'à 9  heures  près  du  Lech,  et  se  trouve  ainsi  en  queue 
de  colonne.  L'avant-garde  est  formée,  à  partir  de  Mer- 
tingen,  parla  brigade  de  hussards  du  S^  corps  (général 
Treilhard,  9®  et  10®  hussards,)  qui  est  mise  sous  les  or- 
dres de  Murât  par  l'Empereur.  Au  moment  où  le  maré- 
chal arrive  à  Klosterholzheim,  l'ennemi  est  signalé  du 
côté  de  Wertingen.  La  cavalerie  légère  va  le  reconnaître 
et  les  quatre  divisions  sont  rassemblées  dans  la  plaine 
d'Hirschbach.  Murât  demande  le  concours  de  la  division 
Saint-Hilaire,  qui  suivait  la  route  d'Augsbourg  ;  mais,  à 
force  d'hésitations,  ne  sachant  s'il  doit  poursuivre  dans 
la  direction  indiquée  par  l'Empereur,  ou  répondre  à 
l'appel  de  Murât,  le  général  Saint-Hilaire  piétine  sur 
place,  et  finit  par  n'arriver,  ni  au  combat  de  Wertingen, 
ni  à  Augsbourg  (i). 

Il  était  2  h.  1/2  environ  quand  la  cavalerie  légère  fit 
savoir  que  des  troupes  de  toutes  armes  occupaient  Wer- 
tingen et  les  hauteurs  de  la  rive  gauche  de  la  Zusam, 
avec  des  postes  à  Gottmanshofen. 

((  La  position  de  l'ennemi  ayant  été  bien  reconnue, 
S.  A.  S.  ordonna  aux  troupes  de  se  mettre  en  mouve- 
ment. On  fut  obligé  de  passer  un  défilé  pour  arriver  sur 
les  hauteurs  de  Gottmanshofen,  où  les  divisions  se  mi- 
rent en  bataille.  »  La  position  d'attente  se  trouvait  en 
avant  de  Hohenreichen,  et  en  arrière  de  la  ligne  Reals- 
hofen,  Bliensbach. 

Le  combat  débuta  par  une  fusillade  :  quelques  hus- 
sards et  60  dragons  pris  dans  la  l'«  brigade  de  Klein, 


(1)  Voir  les  Mémoires  de  Thiébault,  tome  IIÏ,  page  417,  où  il  y  a 
confusion  entre  les  événements  du  8  et  du  9. 


INTRODUCTION.  25 

attaquèrent  Gottmanshofen,  où  se  trouvait  un  petit  déta- 
chement chargé  de  couvrir  la  retraite  des  Autrichiens. 

L'artillerie  ennemie  ayant  ouvert  le  feu,  la  nôtre  lui 
répondit.  Bientôt  le  poste  de  Gottmanshofen  se  retira 
sur  Wertingen,  et  une  fusillade  plus  vive  s'engagea  à  la 
lisière  du  bourg. 

Les  premiers  coups  de  canon  furent  entendus  par  le 
maréchal  Lannes  qui,  ayant  passé  le  Danube  à  Munster 
vers  1  heure,  et  ayant  marché  pendant  deux  heures,  de- 
vait se  trouver  près  de  Thûrheim  au  moment  où  Murât 
commençait  l'attaque.  Pressant  la  marche  de  sa  colonne, 
et  se  portant  lui-même  en  avant,  il  parvint  en  quelques 
instants  en  vue  de  Wertingen. 

Des  dragons  avaient  mis  pied  à  terre  et  s'emparaient 
du  pont  de  Wertingen  pendant  que  les  tirailleurs  du 
5®  corps  ouvraient  le  feu  dans  la  plaine  au  Nord  du  vil- 
lage, le  long  de  laZusam. 

Les  dragons  continuèrent  à  s'avancer  pied  à  pied  dans 
Wertingen;  l'ennemi  semblait  vouloir  tenir  sur  les  hau- 
teurs en  arrière,  dans  les  vergers  et  les  dernières  mai- 
sons éparpillées  sur  les  pentes.  La  division  Klein  se  diri- 
gea sur  Roggten  pour  tourner  les  Autrichiens  par  le 
Sud;  en  même  temps,  Lannes  s'efforçait  de  se  glisser 
derrière  eux,  le  long  des  bois,  avec  sa  brigade  de  chas- 
seurs à  cheval  (Fauconnet)  et  la  division  Oudinot.  Cette 
double  manœuvre  devait  aboutir  à  l'enveloppement 
presque  complet  du  détachement  ennemi,  que  Ton  jugeait 
inférieur  en  nombre,  et  qui  semblait  se  mettre  en  re- 
traite. 

Pendant  que  les  colonnes  des  ailes  commençaient  ce 
mouvement,  nos  tirailleurs  arrivaient  à  occuper  tout  le 
village  de  Wertingen,  mais  ne  pouvaient  prendre  pied 
dans  les  groupes  de  maisons  et  de  vergers  qui  le  pro- 
longeaient à  rOuest.  Murât  ordonne  au  9®  dragons,  de 
la  division  de  Beaumont,  de  traverser  le  village  au 
galop  pour  charger  ce  qu'il  trouverait  au  débouché.  Ce 


26  INTRODUCTION. 

régiment,  conduit  par  le  général  Scalfort,  est  arrêté  par 
le  feu  de  Tennemî  ;  il  se  divise  en  deux  parties  :  celle  de 
droite,  sur  la  grand'route,  met  pied  à  terre,  et  s'engage 
en  tirailleurs;  celle  de  gauche,  dans  la  rue  qui  conduit  à 
Weinberg,  parvient  à  déboucher,  et  la  division  Beau- 
mont  tout  entière  la  suit,  puis  se  déploie  au  sortir  de 
Weinberg. 

  ce  moment,  la  division  Klein  et  le  10^  hussards 
s'étaient  engagés  à  TOuest  de  Roggten;  marchant  de 
Gottmanshofen  à  Hœttlingen,  sous  le  feu  d'une  batterie 
ennemie  postée  à  la  Chapelle  de  Weiler  (?)  près  de 
Wertingen,  ils  avaient  franchi  la  Zusam  en  file  indienne 
sur  un  mauvais  pont  de  bois,  avaient  traversé  Roggten 
et  s'étaient  trouvés  alors  en  face  d'une  troupe  ennemie 
établie  à  la  lisière  des  bois  de  Binswang.  Le  1®'  dragons, 
qui  tenait  la  tète  de  la  colonne,  fut  déployé  le  premier, 
et  chargea  deux  escadrons  de  cuirassiers  autrichiens, 
derrière  lesquels  on  pouvait  apercevoir  de  l'infanterie  et 
4  pièces  de  canon  (1). 


(1)  Extrait  du  rapport  de  Murât,  sur  la  journée  du  8  octobre  : 
/«'  régiment  de  dragons, 

Arrighi,  colonel.  —  A  la  bataille  de  Wertingen,  ayant  reçu  Tordre 
de  charger  8Ùr  les  cuirassiers  autrichiens  soutenus  par  un  bataillon  de 
grenadiers  hongrois  et  deux  pièces  d'artillerie  qui  se  trouvaient  adossés 
h  un  bois,  sur  une  éminence  et  devant  un  marais,  il  exécuta,  avec  le 
plus  grand  sang-froid,  Tordre  qui  lui  avait  été  donné  par  te  général 
de  division  Klein  ;  il  porta  son  régiment  au  pas  sur  Tennemi,  com- 
manda la  charge  et  le  culbuta.  Le  régiment,  voyant  le  sang-froid  de 
son  chef  et  la  manière  audacieuse  avec  laquelle  il  se  précipitait  sur  lui, 
le  suivit  avec  intrépidité.  La  mêlée  dura  environ  6  à  7  minutes  ;  cher- 
chant toujours  les  endroits  les  plus  périlleux,  il  se  précipita  sur  Tin- 
fanterie  ennemie  ;  il  fut  suivi  par  les  cuirassiers  autrichiens  qui  Tas- 
saillirent  et  lui  portèrent  trois  coups  de  sabre.  Quoiqu^il  fût  démonté, 
il  ne  cessa  de  combattre  qu'au  moment  où,  son  sang  Taveuglant,  il 
fut  retiré  de  la  mêlée  par  un  brigadier  du  régiment. 

Leblanc,  brigadier.  — Au  combat  de  Wertingen,  quoique  démonté 
et  mêlé  avec  l'infanterie  et  la  cavalerie  ennemie,  il  8*est  retiré  après 


INTRODUCTION.  27 

Lorsque  la  mêlée  des  deux  cavaleries  se  débrouilla,  la 
situation  de  dos  dragons  se  trouva  très  critique,  les 
cuirassiers  autrichiens  s'étant  retirés  derrière  leur  in- 
fanterie :  le  1*'  dragons  n  hésita  pas  à  poursuivre  sa 
charge  jusque  dans  le  bois,  où  il  fit  encore  quelques 
prisonniers  et  enleva  deux  caissons,  avec  Taide  du 
40*  hussards. 

Le  2«  et  le  20®  dragons  suivirent  le  1*';  la  2®  brigade 
de  la  division  alla  se  former  en  réserve  au  Nord  de 
Zusamaltheim. 

Le  2*  dragons,  suivant  le  vallon  de  Roggten,  déboucha 
à  rimproviste  sur  la  droite  de  Tinfanterie  ennemie,  et 
la  poursuivit  sous  bois  en  lui  prenant  un  canon  et  un 


avoir  reçu  trois  coups  de  sabre  sur  la  tête  et  a  tué  trois  cavaliers  qui 
Toulaient  le  faire  prisonnier. 

Geugnot,  brigadier.  —  Pendant  la  charge,  il  se  porta  sur  deux  pièces 
de  canon  qui  tiraient  sur  le  régiment,  blessa  d'un  coup  de  sabre  au 
bras  un  canonnier  h  l'instant  où  il  allait  mettre  le  feu  à  la  pièce.  Cette 
action  hardie  attira  sur  lui  plusieurs  cavaliers  ennemis  qui  le  blessèrent 
et  des  mains  desquels  il  parvint  à  s'échapper. 

Viset,  brigadier.  —  Le  colonel  se  trouvant  blessé,  démonté,  et  au 
milieu  de  Tennemi,  Viset  s'empare  d'un  cheval,  met  pied  à  terre  pour 
assister  son  colonel  (Arrighi)  A  monter  à  cheval  et  le  retirer  de  la 
mêlée.  Entendant  sonner  le  ralliement,  il  confia  le  colonel  à  un  dragon 
nommé  Martincourt,  et  retourna  à  l'action. 

Martincourt,  dragon  d'élite.  —  Étant  chargé  de  conduire  le  colonel 
vers  l'ambulance,  il  rencontra  un  escadron  ennemi  qui  se  trouvait  sur 
les  derrières.  Trois  cuirassiers  de  cet  escadron  s'étant  détachés  à  leur 
poursuite,  Martincourt  les  combattit,  en  blessa  deux,  et  donna,  par  ce 
moyen,  le  temps  à  son  colonel  de  se  sauver. 

Lanoix  dit  Thenot,  dragon.  —  Etant  à  tirailler  h  pied,  il  reçut  un 
coup  de  feu  h  la  cuisse  ;  il  remonta  à  cheval,  se  trouva  à  la  charge  que 
fit  le  régiment,  y  trouva  un  officier  qui  était  entouré  par  l'ennemi, 
reçut  deux  autres  blessures  et,  malgré  cela,  ne  quitta  pas  le  régiment 
pendant  toute  l'action. 

Guion,  maréchal  des  logis.  —  Se  dirigea  pendant  la  charge  sur  un 
bataillon  ennemi,  arracha  le  drapeau  et  l'emportait,  lorsqu'il  reçut  un 
coup  de  feu  qui  lui  cassa  le  bras  droit  et  l'obligea  à  abandonner  le 
gage  de  sa  bravoure. 


ZO  INTRODUCTION. 

caisson.  Renonçant  à  atteindre  les  fantassins  dans  le 
bois  même,  ils  en  longèrent  la  lisière  Sud  par  un  chemin 
assez  difficile,  et  vinrent  couper  la  retraite  à  Tennemi 
entre  Binswang  et  Eppisburg,  sur  la  route  de  Gûnzbourg. 
Le  20®  demeura  sur  la  lisière,  entre  Binswang  et  Zusa- 
maltheim,  pour  recueillir  les  ennemis  qui  cherchaient 
à  s'échapper  isolément.  Le  capitaine  Favre,  de  ce  régi- 
ment, prit  une  pièce  de  canon. 

Pendant  ce  temps,  la  division  Beaumont  parvenait  à 
déboucher  de  Wertingen.  Le  9®  dragons,  remontant  à 
cheval,  se  lança  rapidement  sur  un  carré  de  grenadiers 
ennemis  qui  se  formait  sur  la  hauteur,  à  TOuest  de 
Weinberg;  les  5®  et  8®  se  déployèrent  sur  ses  deux 
ailes,  et  le  carré  ennemi,  entièrement  enveloppé,  dut 
mettre  bas  les  armes.  Le  chef  d'escadrons  Coulmier 
conduisait  le  8®  ;  le  sous-lieutenant  Morin,  du  même 
régiment,  prend  une  pièce  de  canon  qu'il  remet  aussitôt 
à  Murât.  Le  sous-lieutenant  Labouré,  du  9®,  en  prend 
une  au  même  moment.  Le  16®  dragons,  traversant 
Weinberg,  resta  sur  la  gauche  avec  le  21®  ;  le  12®,  dé- 
passant les  trois  premiers  régiments,  vint  charger  l'en- 
nemi le  long  de  la  grand'route,  jusqu'aux  bois,  sous  la 
direction  personnelle  de  Murât. 

De  ce  côté,  l'ennemi  se  trouvait  pris  à  revers  par  les 
grenadiers  d'Oudjnot,  sur  le  déploiement  desquels  nous 
ne  possédons  aucun  renseignement.  La  tète  de  colonne 
put  seule  être  engagée,  le  combat  n'ayant  pas  duré  plus 
d'une  heure,  et  son  rôle  se  borna  à  déloger  l'ennemi  des 
bois  au  Nord  de  la  route.  Deux  escadrons  de  cuirassiers 
autrichiens  avaient  été  chargés  par  le  21®  chasseurs,  qui 
marchait  en  tète  du  5®  corps.  Le  combat  terminé,  Murât 
et  Lannes  se  trouvèrent  avoir  fait  environ  2,200  prison- 
niers (1),  pris  6  drapeaux  et  6  canons.  Les  débris  de  la 


(1)  Murât  en  dirige,  pour  sa  part,  1091  sur  Donauvoerth,  avec  quatre 
drapeaux.  Lannes  en  envoie  le  lendemain  iiOO. 


INTRODUCTION.  29 

division  autrichienne,  qui  comprenait  7  bataillons  de 
grenadiers,  2  de  fusiliers  et  4  escadrons  de  cuirassiers, 
se  retirèrent  dans  la  direction  de  Giinzbourg. 

La  brigade  de  hussards  (Treilhard)  poursuivit  sa 
marche  le  soir  même  vers  Zusmarshausen,  et  alla  bi- 
vouaquer à  Hausen.  Les  deux  divisions  de  dragons 
s'établirent  (sans  doute  en  cantonnements)  dans  les  vil- 
lages en  arrière,  jusqu'à  Roggten  ;  Murât  se  tint  à  Wer- 
tingen  avec  la  division  Nansouty.  La  division  d'Hautpoul 
n'avait  pas  rejoint  ;  celle  de  Saint-Hilaire  se  mit  au 
bivouac  le  long  de  la  route  de  Wertingen  à  Augsbourg, 
près  de  Brettelshofen  ;  Lannes  établit  ses  grenadiers  et 
ses  chasseurs  à  cheval  sur  la  crête  entre  Wertingen  et 
Binswang. 

Il  y  a,  à  la  réserve  de  cavalerie,  19  tués  et  89  blessés; 
Murât  dirige  ces  derniers  sur  Donauwœrth,  n'ayant 
qu'une  ambulance  très  mal  organisée.  La  division 
Oudinot  a  une  trentaine  d'hommes  tués  ou  blessés. 


Le  8  au  soir,  l'armée  forme  un  demi-cercle  autour  de 
Donauwœrth,  où  l'Empereur  se  tient  avec  la  Garde  : 

Bernadotte  à  Eichstœdt ,  Marmont  à  Nassenfels , 
Davout  en  avant  de  Neubourg ,  Soult  à  Mainbach , 
Walther  entre  Mainbach  et  Mûhlhausen,  Saînt-Hilaire, 
Lannes  et  Murât  entre  Wertingen  et  Hausen,  Ney, 
Gazan,  Baraguey-d'Hilliers  et  Bourcier  entre  Gundel- 
fingen  et  Heidenheim,  sont  à  plus  de  30  kilomètres  et 
moins  de  40  de  Donauwœrth. 

Grâce  aux  différents  combats  livrés  par  les  3®,  4®  et 
5®  corps  et  la  cavalerie,  on  a  pu  recueillir  quelques 
renseignements,  qui  ont  été  transmis  à  l'Empereur  dans 
la  nuit,  mais  auxquels  il  ne  parait  pas  avoir  attaché 
d'importance. 

Un  officier  pris  à  Wertingen  affirme  que  le  gros  des 
forces  autrichiennes  est  toujours  entre  Ulm   et  Mem- 


30  INTRODUCTION. 

mingen  ;  le  corps  d'Auffemberg,  qui  a  combattu  à  Wer- 
tingen,  s'est  replié  surUlm. 

Kienmayer  s'est  retiré  de  Rain  vers  Aichach  ;  quelques 
régiments  sont  dirigés  de  Munich  sur  Ratisbonne  ;  on 
n'a  presque  rien  rencontré  près  de  Neubourg  et  d'In- 
golstadt,  et  des  prisonniers  affirment  que  les  détache- 
ments qui  occupaient  cette  région  sont  en  retraite  sur 
rinn  pour  attendre  les  Russes.  Ces  derniers  doivent 
arriver  du  i  6  au  24  octobre. 

On  prétend,  en  Bavière,  que  l'armée  autrichienne  va 
se  retirer  sur  Munich. 


IV 

Les  renseignements  du  8  octobre  contenaient  quelques 
contradictions  :  tandis  que  les  prisonniers  de  Wertingen 
affirmaient  la  présence  de  60,000  à  70,000  Autrichiens  sur 
riUer,  les  bruits  répandus  à  l'Est  du  Lech  indiquaient 
au  contraire  comme  imminente  la  retraite  de  Mack  vers 
risar.  Ces  derniers  avis,  cependant,  ne  paraissaient  pas 
capables  d'infirmer  les  premiers,  d'autant  plus  qu'on 
n'avait  pu  relever  aucun  vestige  de  la  marche  d'une 
armée  ennemie  entre  l'IUer  et  le  Lech  ;  mais  l'Empereur 
n'en  persistait  pas  moins  à  considérer  comme  plus  raison- 
nable l'hypothèse  d'une  retraite  de  Mack  vers  Augsbourg 
et  Landsberg,  et  il  donnait  des  ordres  pour  resserrer 
l'armée  autour  d'Augsbourg.  Non  seulement  Soult  et 
Davout,  mais  Lannes  par  l'Ouest  et  Marmont  par  l'Est, 
devaient  se  diriger  sur  cette  ville.  Seul,  Bernadotte 
serait  tenu  tout  à  fait  en  dehors  de  ce  rassemblement, 
et  il  marcherait  sur  Munich  pour  rétablir  le  gouverne- 
ment bavarois  et  mettre  la  main  sur  les  détachements 
autrichiens  égarés  de  ce  côté.  Ney  devait  encore  observer 
Ulm,  mais  on  lui  faisait  savoir  qu'il  ne  se  trouvait  guère 
plus  de  3,000  ou  4,000  hommes  dans  cette  place,  qu'il 
pourrait  l'emporter  d'assaut,  et  que  sa  mission  la  plus 


INTRODUCTION.  31 

essentielle  serait  sans  doute  de  coopérer  aux  opérations 
de  Tarmée  vers  Augsbourg. 

Dans  la  nuit  du  8  au  9  octobre,  Berthier  écrit  au 
maréchal  Ney  :  «  Le  maréchal  Soult  s'est  porté  sur 
Augsbourg;  il  est  donc  essentiel  que  vous  arriviez 
promptement  à  Gûnzbourg,  afin  d'intercepter  tous  les 
mouvements  de  l'ennemi  d'Ulm  sur  Augsbourg  etd'Ulm 
sur  Donauwœrth  ;  soyez  très  attentif,  si  l'ennemi  ma- 
nœuvre sur  la  rive  droite,  à  vous  porter  rapidement  et 
parallèlement  à  lui.  Jetez  la  division  Gazan  sur  la  rive 

droite En  un  mot,  vous  êtes  chargé  d'observer  le 

corps  d'Ulm  ;  s'il  marche  sur  Donauwœrth,  vous  devez 
le  suivre  ;  s'il  marche  sur  Augsbourg,  vous  devez  éga- 
lement le  suivre,  en  vous  tenant  toujours  sur  sa  gauche, 
c'est-à-dire  entre  lui  et  Donauwœrth,  et  vous  devez 
toujours  avoir  une  de  vos  divisions  à  une  demi-marche 
en  arrière  (1)  pour  faire  votre  avant-garde  et  pour  vous 
trouver  toujours  entre  l'ennemi  et  Donauwœrth,  si 
jamais  il  se  dirige  sur  cette  ville  » . 

D'après  cet  ordre  et  les  précédents,  le  maréchal  Ney, 
qui  disposait  de  cinq  divisions  d'infanterie,  devait  en 
porter  une  (Gazan)  sur  la  rive  droite  du  Danube,  quelque 
part  entre  Gûnzbourg  et  Wertingen,  en  avoir  une  à  Gûnz- 
boorg  même,  une  autre  sur  la  rive  gauche,  près  de 
Gûnzbourg,  en  réserve  générale,  une  sur  le  plateau  de 
Bissingen  et  Albeck,  et  une  vers  Gundelfingen. 

Le  9  au  matin,  la  division  Dupont  est  portée  sur 
Àlbeck  ;  celle  de  Loison  sur  Langenau,  celle  de  Malher 
à  Gûnzbourg;  la  division  Gazan,  malgré  l'ordre  de  Ber- 
thier, ne  passe  pas  sur  la  rive  droite  du  Danube,  et  reste 
à  Gundelfingen,  et  les  dragons  à  pied  sont  toujours  à 


(1)  Berthier  veut  dire  en  arrière  des  fjosiiions  de  Bissingen  et  de 
Gtaiibourg^  pour  passer  sur  la  rive  droite  à  Gundelûngen  et  couper 
la  route  de  Donauwœrth,  si  l'ennemi  s'y  porte  par  Gûnzbourg  et 
Burgau. 


32  INTRODUCTION. 

Herbrechtingen.  Le  maréchal  Ney  semble  donc  plus  pré- 
occupé de  la  rive  gauche  du  Danube  que  l'Empereur. 

Dans  Taprès-midî,  Berthier  adresse  à  Ney  un  nouvel 
ordre  ;  il  suppose  que  les  dragons  à  pied  ont  été  rappro- 
chés du  Danube,  et  il  ordonne  de  les  diriger  sur  Augs- 
bourg  avec  la  division  Gazan.  L'Empereur,  en  effet,  se 
confirme  de  plus  en  plus  dans  l'idée  que  la  bataille 
aura  lieu  près  d'Augsbourg,  et  que  Mack  a  quitté  Ulm, 
et  il  ne  voit  pas  d'inconvénient  à  se  dégarnir  de  ce  côté  : 

«  Quant  à  Ulm,  écrit  Berthier,  il  est  impossible  que 
l'ennemi  l'occupe  en  force  ;  s'il  l'occupe  avec  3,000  ou 
4,000  hommes,  envoyez  une  division  pour  l'en  chasser; 
s'il  l'occupe  avec  des  forces  beaucoup  plus  considé- 
rables, portez-vous-y  avec  toute  votre  armée,  enlevez  le 
poste  et  faites  un  bon  nombre  de  prisonniers.  Immédia- 
tement après,  dirigez-vous,  suivant  les  mouvements  de 
l'ennemi,  soit  sur  Augsbourg,  soit  sur  Landsberg,  soit 
sur  Memmingen  » . 

Au  moment  où  il  recevra  cet  ordre,  Ney  aura  livré 
un  combat  sanglant  à  Gûnzbourg  ;  il  apprendra  qu'Ulm 
est  très  fortement  occupé,  et  sert  encore  de  point  d'appui 
à  l'armée  autrichienne. 

Dès  la  pointe  du  jour,  l'aide  de  camp  Crabbé  a  été 
dirigé  sur  Albeck  avec  trente  hussards  du  l®*",  un  ba- 
taillon du  9®  léger,  et  une  pièce  de  4.  Il  rencontre  un 
détachement  ennemi  près  d'Hausen,  et  le  repousse  au 
delà  d'Albeck  ;  mais,  attaqué  sans  doute  à  son  tour  par 
des  forces  supérieures,  et  son  canon  démonté,  il  se 
replie  sur  les  bois  en  arrière  d'Albeck,  ayant  eu  trois 
hommes  tués  et  trois  blessés. 

La  division  Dupont  le  rejoignit  vers  6  heures  du  soir. 
Le  général  fit  former  le  9*  en  colonne  sur  la  route,  et 
détacha  sur  ses  flancs  deux  compagnies  de  voltigeurs  et 
deux  escadrons  de  hussards.  Les  postes  autrichiens  se 
retirèrent  devant  ce  déploiement  de  force,  et  la  division 
se  mit  au  bivouac  en  avant  d'Albeck. 


INTRODUCTION.  33 

La  division  Loison  se  rendit  de  Burgberg  à  Langenau 
par  un  chemin  étroit  et  encaissé,  et  prit  position  der- 
rière le  ruisseau  de  Langenau. 

Dans  la  nuit  du  9  au  10,  la  1"  brigade  (Villate)  de 
cette  division  fut  dirigée  sur  Ober — Ëlchingen,  avec 
deux  pièces  de  8  et  un  escadron  du  3^  hussards. 

En  arrivant  à  Unter — Ëlchingen,  le  général  Loison 
ordonna  au  39®  de  rester  en  réserve  sur  les  hauteurs 
de  Saint- Wolfgang. 

Le  6®  léger  a  marché  en  colonne  sur  Ober — Ëlchingen, 
flanqué  sur  sa  gauche  par  les  quatre  compagnies  de  ca- 
rabiniers et  de  voltigeurs,  qui  côtoyaient  les  bois  et  les 
marais  du  Danube.  D'Ober — Ëlchingen,  la  colonne  se 
dirigea  sur  le  pont.  L'escadron  de  hussards  enleva  un 
poste  avancé  et  quelques  hommes  aventurés  sur  la  rive 
gauche  ;  le  bataillon  autrichien  (de  Sporck),  qui  devait 
défendre  le  pont  avec  une  pièce  de  canon,  avait  retiré 
quelques  madriers,  de  sorte  que  les  hussards  ne  purent 
passer;  mais  les  compagnies  d'élite  du  6® léger  coururent 
rapidement  sur  les  poutrelles,  et  l'ennemi  se  retira,  nous 
abandonnant  57  prisonniers  et  son  canon.  Nous  eûmes, 
de  notre  côté,  une  douzaine  d'hommes  tués  ou  blessés. 

Dans  la  journée  du  10,  la  division  Loison  occupera  donc 
Ëlchingen  et  Langenau.  Le  général  Loison  insiste  pour 
que  Dupont  se  rende  maître  de  Thalfingen,  mais  ce  géné- 
ral juge  que  cette  opération  excéderait  les  ordres  reçus 
du  maréchal  Ney,  et  Sonnois  est  soutenu  par  Crabbé. 

La  division  Malher  fut  dirigée  sur  les  ponts  de 
Leipheim  et  de  Gûnzbourg,  dont  elle  devait  s'emparer; 
mais,  comme  toujours,  elle  ne  fut  pas  mise  en  marche 
dès  le  matin,  bien  que  l'Empereur  eût  réitéré  plusieurs 
fois,  la  veille  et  dans  la  nuit,  Tordre  de  presser  la  prise 
de  Gûnzbourg.  On  n'avait  fait  aucune  reconnaissance 
des  lieux. 

La  division  forma  trois  colonnes  :  celle  de  droite 
(adjudant-commandant  Lefol,  six  compagnies  de  gre- 
III.  3 


34  INTRODUCTION. 

hadiers,  trois  de  carabiniers,  trois  dé  voltigeurs  et  vingt 
chasseurs  à  cheval  du  10®)  prît  le  chemin  de  Leip- 
heim  à  travers  les  marais,  s'y  égara,  et,  au  milieu  de 
la  nuit,  se  retrouva  à  Rîedhauseû. 

La  coloiitie  du  centte  (général  Malher,  général  Mar- 
cognet,  trois  bataillons  du  25®  léger,  un  bataillon  du 
27®  de  ligne,  deux  bataillons  du  50®  et  quatre  bouches  à 
feu),  laissant  un  bataillon  du  27®  à  StOtziAgen,  prit  par 
Brenz,  Sontheim  et  Riedhausen;  arrivé  aUx  bois  qui 
bordent  le  Danube,  Marcognet  rencontm  l'ennemi  et  le 
repoussa  dans  l'Ile.  Une  compagnie  de  voltigeurs  et  deux 
de  grenadiers,  qui  l'accompagnaient,  y  firent  200  pri- 
sonhiierâ.  Le  2S®  léger  suivit  le  mouvement,  puis  le  27® 
passa  dans  l'Ile  à  son  tour,  et  le  50®  resta  seul  sur  la 
rive  gauche.  Lfe  27®  amenait  avec  lui  une  pièce  de  8  et 
utie  pièce  de  4  pour  battre  la  rive  droite*  Le  pont  du 
grand  bras  avait  été  rompu,  de  sorte  qu'il  fallut  se 
retirer  dans  les  bois  de  la  rive  gauche  après  avoir  subi 
des  pertes  considérables.  Les  26®  et  27®  eurent  6  offi- 
ciers tués  et  26  blessés  (1). 

La  colonne  de  gauche  (général  Labassée^  69®  de 
ligne)  ftvait  été  plus  heureuse  :  partie  de  Gundelfingen, 
elle  trouva  en  aval  de  GUnzbourg  Un  pont  dont  on  igho- 
rait  l'exislehce,  et  dont  les  madriers  avaient  été  retirés; 
elle  le  passa  sur  les  poutrelles,  malgré  le  feu  d'artillerie 
et  de  mousqueterie  de  l'ennemi,  enleva  trois  canons,  fit 
500  prisonniers  et  pénétra  jusqu'à  GUnzbourg;  mais  elle 
fut  repoussée  de  la  ville  et  dut  prendre  position  en 
arrière  sur  la  hauteur.  Une  pièce  de  8  et  un  obusier 
avaient  préparé  son  passage.  Trois  régiments  de  cava- 
lerie autrichienne  vinrent  charger  le  69®  dans  cette  posi- 
tion sans  pouvoir  Tentamer.  Il  a  12  officiers  hors  de 
combat  (1). 


(1)  Martinien.  Tableau  des  o/ficiers  tués  et  blessés  pendant  les  guerres 
de  r Empire,  Paris,  1901. 


INTRODUCTION.  35 

Averti  de  ce  succès,  le  général  Malher  arriva  dans  la 
nuit  avec  la  colonne  du  centre.  Le  50®  vint  prendre 
position  près  du  39«;  le  23®  léger  et  le  27®  de  ligne 
restèrent  dur  la  rive  gauche. 

Le  maréchal  Ney  se  trouvait  donc  avoir  réalisé  en 
partie  les  intentions  de  l'Empereur  ;  il  tenait  l'un  des 
ponts  de  Gûnzbourg  ;  mais  Gazan  était  encore  sur  la  rive 
gauche  du  Danube,  à  Gundelfingen,  et  Baraguey-d'Hil- 
liers  en  arrière  d'Herbrechtingen,  hors  d'état  de  passer 
le  lendemain  sur  la  rive  droite.  Les  événements  du  11 
montreront  que  les  trois  divisions  laissées  sur  la  rive 
gauche  pouvaient,  en  effet,  y  être  indispensables. 

Le  maréchal  rendit  compte,  le  soir,  du  combat  de 
Gûmsbourg,  où  nous  avions  fait  800  à  900  prisonniers  et 
pris  cinq  bouches  à  feu.  Nous  avions  eu  300  hommes  tués 
ou  blessés;  le  colonel  Lacuée,  chef  du  69®,  avait  été  tué. 

Le  rapport  du  maréchal  contenait  des  renseignements 
importants  : 

«  L'etmemi  est  plus  fort  à  Ulm  qu'on  ne  V avait  cru; 

il  a  reçu  à  Gûnzbourg  un  renfort  de  iSOO  hommes 

Les  renforts  arrivés  à  l'ennemi  viennent  de  Schaffhouse  ; 
il  parait  qu'Ulm  formera  le  flanc  gauche  de  sa  ligne  de 
bataille.  » 

L'Empereur  avait  ordonné  au  maréchal  Lannes,  dans 
la  mâtinée,  de  se  porter  jusqu'à  Zusmarshausen  et  de 
là  sur  Augsbourg.  Le  maréchal  ne  put,  heureusement, 
dépasser  Zusmarshausen,  et  se  trouva  ainsi  moins  éloi- 
gné d'Ulm  que  l'Empereur  ne  l'avait  ordonné.  Lannes 
avait,  d'ailleurs,  des  nouvelles  récentes  de  Ney,  le  9  au 
soir,  car  ses  patrouilles  avaient  rencontré  celles  de  la 
division  Malher  sur  les  avenues  de  Gûnzbourg;  il  était 
persuadé  que  Mack  finirait  par  prendre  la  route  d'Augs- 
bourg,  mais  qu'en  attendant,  il  était  toujours  à  Ulm, 
avec  l'intention  «  de  faire  quelques  mouvements  contre 
le  maréchal  Ney  ».  Cette  opinion  devait  engager  le  ma- 
réchal Lannes  à  ne  pas  hâter  son  mouvement  vers  l'Est 


30  INTRODUCTION. 

et  à  se  tenir  plutôt  à  portée  de  soutenir  le  6^  corps. 
Aussi  place-t-il  une  brigade  de  ses  grenadiers  sur  la 
route  de  Zusmarshausen  à  Gunzbourg,  en  échelons, 
de  manière  à  se  porter  facilement  d'un  côté  ou  de 
Tautre.  Les  deux  autres  brigades  sont,  non  pas  dans 
la  direction  d'Augsbourg,  mais  au  Sud  de  Zusmars- 
hausen. 

Berthier  avait  fait  à  Murât  diverses  recommandations 
à  2  heures  du  matin;  il  ne  lui  donnait  pas  de  nouvelle 
destination,  mais  il  se  montrait  uniquement  préoccupé 
de  la  liaison  de  Lannes  avec  Soult,  non  avec  Ney  :  «  Cer- 
tainement Tennemi  devrait  être  en  marche  d*Ulm  sur 
Augsbourg,  et  dans  ce  cas-là,  il  faut  que  M.  le  maréchal 
Soult  soit  prévenu,  et  que  ce  maréchal  et  le  maréchal 
Lannes  soient  réunis  ensemble.  Si  Tennemi  est  en  force, 
il  ne  faut  pas  que  M.  le  maréchal  Lannes  engage  une 
affaire  sérieuse,  qu'il  ne  soit  réuni  avec  le  maréchal 
Soult.  » 

«  Placez  le  maréchal  Lannes,  écrit  l'Empereur  à 
Murât,  de  manière  que  si  demain,  à  la  pointe  du  jour, 
Augsbourg  était  attaquée,  les  trois  divisions  de  ce  maré- 
chal puissent  s'y  porter.  » 

Conformément  aux  ordres  de  l'Empereur,  Murât  plaça 
ses  divisions  entre  Zusmarshausen  et  Augsbourg,  les 
hussards  seuls  restant  à  l'Ouest  et  au  Sud  (le  9®  à  Glolt- 
weng,  le  lO**  à  Steinkirch). 

A  3  heures  de  l'après-midi,  on  entendit  la  canonnade 
de  Gtinzbourg.  Murât  fit  porter  de  ce  côté  une  brigade 
de  grenadiers  et  le  9®  hussards,  et  s'y  rendit  lui-même 
avec  le  26®  dragons.  Il  trouva  un  détachement  ennemi 
sur  la  route  de  Burgau,  en  avant  de  Rosshaupten,  et  à  la 
nuit  close,  les  grenadiers  s'emparèrent  de  ce  village. 

Sur  l'autre  rive  du  Lech,  le  maréchal  Soult  reprend 
la  route  d'Augsbourg  après  son  combat  d'Aichach,  mais 
il  ne  croit  pas  que  l'ennemi  puisse  encore  essayer  de 
battre  en  retraite  sur  Augsbourg,  et  il  demande  à  se 


INTRODUCTION.  37 

porter  jusqu'à  Landsberg,  où  il  est  plus  vraisemblable 
que  Mack  cherche  une  issue.  La  prochaine  arrivée  de 
Davout  à  Augsbourg  assurerait  l'occupation  de  cette 
ville  à  tout  événement.  Recevant  les  reproches  de 
Berthier  pour  sa  marche  sur  Aichach,  il  lui  rappelle 
que  ce  détour  était  conforme  aux  ordres  que  le  Major 
général  lui  avait  expédiés. 

Le  4*  corps  arrive  à  Augsbourg  vers  midi,  et  y  reprend 
la  division  Saint-Hilaire.  Les  Irois  divisions  d'infanterie 
et  la  division  de  dragons  Walther  bivouaquent  en  demi- 
cercle  autour  de  la  ville,  au  Sud,  tenant  les  routes  de 
Memmingen,  Mindelheim,  Landsberg  et  Munich.  Les 
reconnaissances  du  général  Vandamme  ont  su,  par  des 
voyageurs,  que  l'armée  autrichienne  était  encore  sur 
riller,  entre  Ulm  et  Memmingen. 

La  Garde  impériale  est  à  Augsbourg.  L'avant-garde 
de  Davout  atteint  Aichach.  De  ce  côté,  on  n'a  pas  de 
nouvelles  de  la  principale  armée  autrichienne;  on  sait 
que  le  général  Kienmayer  réunit  15,000  à  20,000 
hommes  derrière  l'Isar. 

Marmont  a  reçu  l'ordre  de  se  diriger  aussi  sur  Augs- 
bourg, mais  il  est  obligé  de  s'arrêter  pour  nourrir  ses 
troupes,  et  il  ne  dépasse  guère  Neubourg.  Bernadotte, 
qui,  seul,  ne  participe  pas  à  la  concentration  projetée 
vers  Augsbourg,  doit  se  diriger  vers  Munich  ;  mais  il  n'a 
pas  encore  traversé  Ingolstadt. 


Ainsi,  le  10  au  matin,  nous  trouvons  Bernadotte  à 
Ingolstadt,  Marmont  à  Neubourg,  Davout  à  Aichach; 
Soult,  la  Garde,  Nansouty  et  Walther  à  Augsbourg;  le 
grand  quartier  général  à  Donauwœrth;  l'Empereur  à 
Zusmarshausen  avec  Murât  et  Lannes;  enfln  le  corps  de 
Ney  disséminé  depuis  Albeck  jusqu'à  Gundelfingen. 


38  INTRODUCTION. 

La  division  Malher  est  passée  sur  la  rive  droite  du 
Danube  à  Gtinzbourg,  et  s'échelonne  depuis  cette  ville 
jusqu'à  Leipheim  ;  Loison,  qui  a  combattu  pendant  la 
nuit  à  Elchingen,  a  rassemblé  de  nouveau  sa  division  à 
Langenau.  Dupont  est  à  Albeck,  Gazan  à  Gundelfingen. 
La  cavalerie  légère  est  à  la  droite  de  Dupont. 

Les  dragons  à  pied  ont  passé  la  nuit  à  leur  bivouac 
d'Herbrechtingen  et  ils  reçoivent  Tordre  de  se  porter  à 
Stôtzingen,  détachant  treize  compagnies  à  Bren^,  Lon- 
thal,  Sontheim  et  Môdlingen  (1).  Bourcier  ne  laisse  que 
deux  régiments  au  général  Dupont,  et  porte  les  quatre 
autres  à  Langenau. 

Certain  d'avoir  devant  lui  beaucoup  plus  de  3,000  & 
4,000  hommes,  le  maréchal  Ney  veut  procéder  à  Tin» 
vestissement  d'Ulm  avec  tout  le  6®  corps.  Il  rend  compte 
à  Berthier,  dans  la  journée,  des  ordres  qu'il  donne  pour 
le  lendemain  ; 

((  Je  viens  de  donner  ordre  : 

((  Au  générai  Dupont  de  s'approcher  d'Ulm  et  den 
faire  le  blocus  par  la  rive  gauche  du  Danube  ;  je  lui 
laisse  deux  escadrons  du  l^''  hussards  et  deux  régi- 
ments de  dragons  de  la  division  du  général  Bourcier  ; 

a  Au  gépéral  Loisop,  de  partir  sur-le-champ  de  sa 
position  de  Langepau,  pour  venir  s'établir  au-dessus  de 
Gûnzbourg  dans  la  direction  de  Leipheim  (2)  ;  quatre 


(1)  La  force  et  la  dissémi Dation  de  cette  division  seront  bientôt  mises 
en  cause,  à  propos  du  combat  d'Haslach.  Nous  rappelons  qu'elle  com> 
prenait  4  régiments  à  2  bataillons  de  6  compagnies;  mais  les  hommes 
non  montés  des  22®,  25®,  26«  et  27«  dragons  n'avaient  pas  encore 
rejoint,  ce  qui  réduisait  la  division  k  40  compagnies.  D'autre  part,  un 
bataillon  était  détaché  avec  Murât,  ce  qui  réduisait  la  division  à  34  com* 
pagnies,  dont  21  seulement  aux  bivouacs  de  Stôtzîngen.  L'effectif  de 
la  division  était  de  5JO0  hommes,  dont  5,500  présents,  4^,900  en 
déduisant  le  bataillon  laissé  à  Murât,  et  3,000  seulement  aux  bivouacs 
de  Stôtzingen,  1900  étant  détachés. 

(2)  Après  avoir  envoyé  ce  premier  ordre,  Ney  prépara  une  lettre  par 


INTRODUCTION.  39 

régiments  de  dragons  commandés  par  le  général  Bour^ 
eier  ont  ordre  de  le  suivre,  ainsi  que  le  3^  bussardsi  ^t  I0 
iO^  régiment  de  chasseurs  à  cheval. 

«  Je  laisse  à  StOtaingen  la  division  de  dragons  A  pied, 
ainsi  que  la.  division  Gavan  à  Gundelfingen,  pour  pou-* 
voir  se  porter  sur  la  rive  droite  du  Danube,  soit  par 
Gtinabourg,  soit  par  Lauiugen  ou  DillingeA,  » 

Mais  déjà  ces  dispositions  ne  répondent  plus  à  Tidée 
que  r^mpereur  se  fait  de  la  situation  :  les  rapport^  de 
Ney  et  de  VaQdammQ,  et  d'autres  p^ut-ôtre,  Tout  enfin 
convaincu  de  la  présence  d'un  corps  enuemi  sur  TlUer, 
mais  quant  au  gros  de  Tarmée  autrichienne,  il  parait  re- 
noncer à  l'envelopper  ;  sa  manœuvre  se  trouve  peut-être 
déjouée  par  x\m  retraite  précipitée  de  Mack  vers  le; 
Tyrol?  Il  jie  sopge  plus  qu'à  se  rapprocher  de  MuAÎçb 
pour  recueillir  des  repseignements  sur  la  marche  dei^ 
troupes  russes  et  bousculer  Kienmayer,  le  seul  général 
aqtrichieu  dont  on  tienne  la  piste. 

Napoléon  va  diviser  la  Grande  Armée  en  trois  groupes  : 
la  gauche,  composée  du  1®'  corps  et  des  Bavarois,  se 
porte  sur  Munich  ;  le  centre,  formé  par  les  2®,  3®  et 
4®  corps  et  deui^  divisions  de  cavalerie,  restera  sur  le 
Leçh  ;  enfin,  la  droite,  qui  comprendra  les  5®  et  6®  corps 
et  le  reste  de  la  cavalerie,  va  en  finir  avec  les  forces 
enneinies  demeurées  sur  TlUer.  Comme  cette  partie  de 
l'armée  sera  très  éloignée  de  Napoléon,  s'il  va  jusqu'à 
Munich,  il  en  douQe  le  commandement  à  Murât. 

l4'15ippereur  11'^  plus  de  la  situation  une  idée  au^si 
fausse  que  la  veille,  mais  il  est  eQcore  loin  de  la  vérité  : 


laquelle  il  laissait  le  choix  à  Loison  de  ▼enir  passer  à  Gûosbourg  ou  de 
passer  à  Ober-ElchiDgeu.  Si  Loison  s^en  était  tenu  à  cette  seconde  déci- 
sion et  avait  choisi  le  passage  par  Elchingeni  la  situation  de  Dupont 
et  celle  de  toute  Varmée  s'en  serait  trouvée  singulièrement  plus  favo- 
rable le  H.  D'ailleurs,  la  lettre  faite,  Ney  décida  de  ne  pas  l'expédier 
et  rédigea  un  second  ordre,  laissant  également  le  choix  entre  Gûnz- 
bourg  et  Blchingen. 


40  INTRODUCTION. 

il  n'admet  pas  que  le  gros  des  forces  ennemies  soit  resté 
sur  riUer,  puisqu'il  pense  à  se  diriger  sur  Munich,  et 
ce  n'est  pas  à  Ulm  qu'il  cherche  le  corps  autrichien 
dont  Ney  et  Yandamme  lui  ont  démontré  l'existence. 
C'est  vers  Memmingen,  ou  plutôt  entre  cette  ville  et  le 
Danube,  qu'il  croit  trouver  l'ennemi  ;  aussi  ordonne-t-il 
d'abord  à  Murât  de  se  porter  à  Mindelheim  avec  la  cava- 
lerie et  le  5®  corps. 

Ney  se  trouvera  sous  les  ordres  de  Murât,  mais  il 
commencera  par  enlever  Ulm,  et  l'Empereur  lui  donne 
directement  des  ordres  pour  cette  opération  : 

«  Il  reste  actuellement  à  prendre  possession  d'Ulm, 
ce  qui  est  important  sous  tous  les  points  de  vue.  Sa 
Majesté  vous  laisse  le  maître  de  marcher  comme  vous 
l'entendrez  pour  arriver  à  ce  but  :  cernez,  dans  la  journée 
de  demain,  Ulm.  Les  dragons  à  pied  continueront  à 
rester  sous  vos  ordres  ;  vous  les  placerez  à  Gtinzbourg 
sur  l'une  et  l'autre  rive,  et  ils  seront  en  position  de  se 
porter  oCi  ils  pourraient  être  nécessaires. 

«  Immédiatement  après  qu'Ulm  sera  pris,  vous  n'at- 
tendrez pas  de  nouveaux  ordres  pour  agir  ;  vous  y  lais- 
serez un  officier  du  génie  pour  achever  les  travaux  que 
les  Autrichiens  ont  commencé  ;  vous  vous  dirigerez  sur 
Memmingen  ou  sur  tout  autre  point  où  se  serait  porté 
l'ennemi  et  le  suivrez  le  plus  possible 

«  L'Empereur  vous  recommande  de  faire  marcher  et 
de  faire  donner  vos  divisions  en  masse.  Vous  pourrez 
laisser  la  division  de  dragons  à  pied  à  Ulm,  et,  selon 
les  circonstances,  vous  êtes  autorisé  à  ne  laisser  à  Ulm 
qu'une  partie  de  cette  division  et  à  faire  marcher  le  reste 
avec  vous  pour  servir  de  réserve. 

«  Comme  l'Empereur  va  se  porter  à  Munich,  où  nos 
troupes  arrivent  ce  soir,  afin  d'y  attendre  les  Russes  qui 
viennent  de  déboucher,  il  laisse  le  commandement  de 
toute  la  droite,  consistant  dans  le  corps  du  maréchal 


INTRODUCTION.  41 

Lannes,  du  vôtre  et  de  la  réserve  de  cavalerie,  au  prince 
Murât.  » 

La  division  Gazan  est  replacée  sous  les  ordres  du 
maréchal  Lannes,  qui  doit  se  porter  sur  Mindelheim 
le  11,  ainsi  que  la  réserve  de  cavalerie,  à  l'exception 
des  cuirassiers  et  de  la  division  Walther,  qui  opèrent 
avec  le  maréchal  Soult. 

VI 

Le  maréchal  Ney  envoie  ses  ordres  pour  le  11  à  une 
heure  avancée  de  la  soirée  du  10.  Us  sont  ainsi  conçus, 
en  ce  qui  concerne  la  1'®  division  du  6®  corps  : 

«  La  1"  division,  aux  ordres  du  général  Dupont,  blo- 
quera Ulm  sur  la  rive  gauche  du  Danube  ;  on  lui  trans- 
mettra une  instruction  particulière » 

Cette  instruction  est  la  suivante  : 

«  Vous  voudrez  bien,  mon  cher  Général,  resserrer  la 
place  d'Ulm  autant  que  vous  le  pourrez,  et  faire  une 
sommation  au  commandant  au  nom  de  Sa  Majesté 
l'Empereur  des  Français  et  Roi  d'Italie.  Il  est  très  impor- 
tant que  vous  poussiez  demain  votre  droite  jusque  sur 
la  Blau,  où  elle  sera  appuyée.  Vous  occuperez  les  hau- 
teurs boisées  en  arrière  d'flaslacherhof,  et  vous  vous 
concerterez  avec  le  général  Baraguey-d'Hilliers,  colonel 
général  des  dragons,  sur  le  placement  le  plus  avanta- 
geux de  ses  dragons  k  pied,  qui  doivent  soutenir  votre 
division  et  en  former  la  réserve. 

Vous  devez  éviter,  mon  cher  Général,  de  compromettre 
votre  division  contre  des  forces  supérieures  et  de  la  trop 
morceler.  Toutes  les  communications  qui  conduisent 
d'Ulm  à  vos  postes  devront  être  fortement  gardées,  vos 
postes  bien  retranchés  et  couverts  d'abatis. 

Il  en  sera  de  même  de  la  réserve  des  dragons  à  pied. 

Vous  vous  établirez  à  Haslach  et  ferez  occuper  Thal- 
fingen,  si  vous  le  jugez  nécessaire. 


42  INTRODUCTION. 

Vous  établirez  un  rassemblement  général  des  deux 
divisions  de  concert  avec  le  général  Baraguey-d'Hilliers, 
et  me  ferez  connaître  le  lieu  que  voua  aurez  fixé  ;  après 
que  vous  vous  serez  concerté  avec  ce  général,  vous 
pourrez  me  proposer  une  position  plus  concentrée  sous 
Ulm,  afin  qu'en  cas  d*événement  vous  puissiez  vous  sou- 
tenir mutuellement.  » 

Le  11  au  matin,  une  troisième  instruction  était  encore 
envoyée  au  général  Dupont  ;  le  Maréchal  lui  recomman- 
dait de  se  munir  d'échelles  et  de  tous  les  agrès  néces- 
saires pour  escalader  les  muraillan  d'Ulm.  «  L'ennemi» 
ajoutait-il ,  est  frappé  d'une  terreur  dont  il  y  a  peu 
d'exemples;  il  se  retire  sous  Bibera,ob  pour  pouvoir  se 
sauver  parle  hfiut  Tyrol,  toutes  retraites  lui  étaut  cou- 
pées sur  Kempten  et  Fûssen  ;  il  est  donc  probable  que 
Tarchiduc  Ferdinand  n'aura  laissé  qu'une  faible  garnison 
à  Ulm,  avec  ordre  de  tenir  jusqu'à  la  derpière  extré- 
mité ;  mais  nos  préparatifs  et  nos  menaces  décideront 
sans  doute  le  commandant  à  se  rendre  sans  courir  les 
risques  d'un  combat.  » 

Le  maréchal  Ney  était  dope  entré  complètement  dans 
les  vues  de  l'Empereur,  et  c'est  avec  raison  que  le 
général  Dupont  a  pu  écrire  plus  tard  (Lettre  à  M.  le 
comte  D et  Spectateur  militaire  de  mars  1840)  : 

M La  circonstance  la  plus  remarquable  se  pré- 
sente en  ce  moment.  Napoléon,  en  pénétrant  dans  la 
Bavière,  croit  que  Farchiduc  Ferdinand  se  retire  sur  les 
frontières  de  l'Autriche,  et  ce  prince,  placé  sur  la  gauche 
du  Danube,  pense  que  son  ennemi  est  sur  la  même  rive 
avec  9es  principales  forces.  Cette  méprise  mutuelle  va 
rendre  les  chances  des  opérations  plus  grandes,  et  pré- 
cipiter les  évéqements  de  la  campagne.  J  occupais  le 
camp  d'Albeck  depuis  deux  jours,  lorsque  je  reçois 
l'ordre  de  me  porter  sur  Ulm,  de  bloquer  cette  place,  et 
de  préparer  les  moyens  de  l'attaquer  de  vive  force.  Les 
autres  divisions  du  6*  corps  devaient  exécuter  la  même 


INTRODUCTION.  43 

opérfttioa  sur  la  rive  droite  du  Danube.  Cet  ordre  était 
l'effet  de  Terreur  qui  régnait  sur  la  position  de  Tennemi.)) 

(l'ordre  de  n^ouvement  du  6^  corps  comprenait,  en  ce 
qui  concerne  les  dragons  à  pied,  les  prescriptions  sui^ 
vantes  : 

c(  Les  dragons  à  pied  partiront  sur^le-obamp  de 
Stôtxingen  et  se  dirigeront  par  Langenau  en  arrière 
d'Albeck,  où  ils  soutiendront  la  division  Dupont.  Les 
détachements  des  dragons  à  pied  rejoindront  leurs  corps 
à  Albecli.  » 

Cet  ordre,  écrit  dans  la  nuit,  devait,  selon  toute  vrai- 
semblance, arriver  à  Stôtidngen  au  point  du  jour,  car  il 
n'y  a  que  10  kilomètres  de  Gûnzbourg  à  Stôfzingen;  le 
maréûbal  Ney  était  en  droit  de  supposer  que  le  général 
Baraguey-d'HilUers  se  mettrait  en  mouvement  dans  la 
matinée  et  serait  rendu  à  Albeck  vers  midi  pour  se 
porter  sur  Ulm  avec  le  général  Dupont.  De  Stoteingen  à 
Albeck,  il  y  a  environ  quatre  lieues. 

Les  2«  et  3®  divisions  du  corps  d'armée,  ainsi  que  le 
gros  de  la  division  Bourcier  et  de  la  cavalerie  légère, 
devaient  se  porter  sur  Ulm  par  la  rive  droite  du  Danube. 
La  3«  devait  se  porter  de  Gttnzbourg  sur  Ulm  par  Leip^- 
heim,  et  commencer  son  mouvement  à  8  heures  du 
matin.  La  2«  division  devait  passer  à  Elchîngen  ou  à 
Gûnzbourg,  prendre  position  à  Falheim  ou  à  Leipheim, 
puis  suivre  le  mouvement  de  la  3®. 

C'est  à  3  heures  du  matin  que  le  chef  d'escadrons 
Rippert,  de  l'état-major  du  6®  corps,  partit  de  Gûnzbourg 
porteur  des  ordres  destinés  à  Baraguey-d'Hilliers  et  à 
Dupont;  il  lui  était  prescrit  de  se  rendre  d'abord  à 
Stôtzingen,  puis  à  Albeck;  mais  aucune  précaution 
n'ayant  été  prise  pendant  les  journées  précédentes  pour 
jalonner  Titinérâire  de  Gûnzbourg  à  StOlzingen  à  travers 
le  Donau  Moos,  cet  officier  s'égara,  prit  à  gauche  et,  après 
avoir  erré  dans  les  marais,  finit  par  se  trouver  près  de 
Langenau  et  d 'Albeck,  quand  le  jour  parut.  Il  jugea  dès 


44  INTRODUCTION. 

lors  qu'il  valait  mieux  remettre  d'abord  au  général 
Dupont  Tordre  qui  le  concernait,  ce  qui  fut  fait  vers 
8  heures  du  matin;  puis  il  se  rendit  à  Stôtzingen.  Il 
arriva  sans  doute  dans  ce  village  un  peu  avant  11  heures, 
ayant  fait  en  deux  heures  les  16  kilomètres  qui  séparent 
Albeck  de  Stôtzingen  (1).  L'ordre  fut  remis  alors  au 
général  Baraguey-d'Hilliers  qui,  ne  croyant  pas  devoir 
apporter  une  hâte  toute  spéciale  à  son  exécution,  n'expé- 
dia son  ordre  de  départ  qu'après  midi.  Si  Ton  se  rappelle 
les  marches  du  6®  corps  depuis  le  passage  du  Rhin, 
l'heure  tardive  adoptée  habituellement  pour  les  départs, 
le  long  temps  écoulé  avant  l'exécution  des  ordres  de 
l'Empereur  le  8,  le  9  et  le  10  (2),  le  peu  de  rigueur 
apporté  dans  cette  exécution,  en  un  mot,  le  laisser-aller 
qui  régnait  presque  toujours  dans  la  conduite  des  opé- 
rations, le  procédé  du  général  Baraguey-d'Hilliers  n'a 
rien  qui  étonne.  Le  maréchal  Ney  lui-même,  sans  les 


(1)  Les  détails  de  cette  affaire  ne  furent  pas  relevés  sur  le  moment; 
mais  petit  h  petit,  on  se  mit  à  reprocher  au  général  Baraguey-d^Hilliers 
son  inaction  lors  du  combat  d*Haslach,  et  il  sollicita  une  enquête. 
C'est  alors  que  Taide  de  camp  Grabbé,  plusieurs  mois  après  les  événe- 
ments, certiûa  avoir  rencontré  Rippert  à  peu  de  distance  de  StÔtzingen 
vers  10  heures.  Baraguey-d'Hilliers,  au  contraire,  certifiait  n'avoir  reçu 
Tordre  qu'aux  environs  de  midi.  Ils  ne  donnent  ni  l'un  ni  Tautre  une 
heure  précise,  mais  aucun  des  deux  ne  peut  s'éloigner  infiniment  de  la 
vérité.  Crabbé  aura  donc  rencontré  Rippert  .\  3  ou  4  kilomètres  de 
StÔtzingen,   et  un   peu   après   10  heures,    soit  iO  h.  15  ou  même 

10  h.  30,  car  ses  souvenirs,  recueillis  au  bout  de  plusieurs  mois, 
pouvaient-ils  avoir  une  plus  grande  précision  ?  Rippert  se  sera  trouvé  à 
StÔtzingen   une   demi-heure  plus  tard,   et  aura  remis  Tordre  après 

11  heures  à  Baraguey-d'Hilliers. 

(2)  On  se  rappellera  notamment  que  les  ordres  expédiés  le  8  à  6  heures 
du  matin  n'ont  pas  été  exécutés  le  jour  même  et  pourtant,  à  cette  date, 
le  maréchal  Ney  se  trouvait  à  Hôchstaedt,  T£mpereur  à  Donauwœrth, 
et  il  n'y  av.iit  que  17  kilomètres,  par  une  grande  route,  de  Donauwœrth 
à  Hôchstœdt.  Il  faut  donc  admettre,  soit  une  très  mauvaise  organisation 
du  service  d'état-major  et  des  communications,  soit  un  grand  laisser- 
aller  dans  le  commandement. 


INTRODUCTION.  45 

événements  qui  sont  survenus,  l'aurait  sans  doute  trouvé 
très  naturel. 

L'ordre  du  Maréchal  contenait  la  prescription  de  laisser 
rejoindre  les  détachements  à  Albeck  :  le  texte  était 
formel,  il  n'avait  pas  à  y  désobéir.  Cependant  le  général 
Baraguey-d'Hilliers,  n'ayant  au  gros  de  sa  division  que 
2,500  hommes,  crut  préférable  d'attendre  les  1500  à 
2,000  hommes  qu'il  avait  détachés  à  Brenz,  Lonthal,  etc., 
sur  Tordre  du  Maréchal.  Pour  comble  de  malheur,  il 
fit  un  ordre  très  compliqué,  prévoyant  la  réunion  préa- 
lable des  détachements  avec  leurs  brigades,  et  un  itiné- 
raire spécial  pour  chacune  de  celles-ci. 

Il  avait  eu  le  tort,  n'ayant  que  2,500  hommes  au  gros 
de  sa  division,  de  les  partager  en  trois  bivouacs  assez 
éloignés  :  un  bataillon  en  avant  de  Stôtzingen  ;  le  gros 
de  la  1'®  brigade  adossé  au  bois  derrière  Stôtzingen,  près 
de  la  route  de  Brenz  ;  le  gros  de  la  2®  brigade  à  la  lisière 
du  même  bois,  mais  à  une  lieue  de  là,  près  de  Stetten. 

Pour  éviter  F  encombrement  des  routes^  dit  le  gé- 
néral Baraguey-d'Hilliers  dans  son  mémoire  justificatif, 
la  division  (4,500  hommes!)  fut  mise  en  mouvement  par 
deux  itinéraires  ;  la  brigade  de  droite  prit  directement  de 
Stetten  sur  Albeck  par  un  mauvais  chemin,  tandis  que 
celle  de  gauche  prenait  la  route. 

La  seule  rédaction  de  cet  ordre  dut  faire  perdre  un 
temps  sérieux.  Son  expédition  en  fit  perdre  plus  encore. 
On  partit  à  3  heures  de  l'après-midi. 

Enfin,  au  point  de  vue  militaire,  les  chemins  les  plus 
courts  ne  sont  pas  souvent  les  plus  rapides.  Les  averses 
de  pluie  et  de  neige  fondue  qui  étaient  tombées  depuis 
plusieurs  jours  avaient  rendu  les  chemins  très  mauvais  ; 
il  n'était  pas  d'usage,  d'ailleurs,  de  marcher  très  vite  : 
les  colonnes  n'arrivèrent  à  Albeck  et  Langenau  qu'à  la 
nuit  close  (1). 

(1)  Il  est  d'usage  de  tirer  de  cette  malencontreuse  aventure  quelque 


ib  INTRODUCTION. 

Pendant  ce  temps,  la  division  Dupont  était  aux  prises 
avec  Tennemi.  Ayant  reçu  l'ordre  de  Ney  à  8  heures, 
Dupont  s'était  mis  en  marche  à  i  1  heures,  et  au  bout 
d'une  heure  environ,  la  présence  de  l'ennemi  lui  était 
signalée  de  toutes  parts  :  à  Thalfingen,  un  détachement 
parti  d'Elchingen  trouvait  des  forces  supérieures;  à 
Dornstadt,  assez  loin  sur  notre  droite,  nos  patrouilles  se 
heurtaient  à  des  patrouilles  ennemies.  Enfin,  avant 
d'entrer  à  Haslach,   Dupont  apprenait  qu'une  troupe 


conclusion  relative  au  Bervice  des  étatfl-tnajors;  nous  croyons  d'autant 
moins  pouvoir  nous  en  dispenser  que  Tenquête  dont  nous  publions  les 
pièces  ne  place  pas  au  premier  plan  les  fautes  que  Ton  signale  le  plus 
souvent  comme  causes  du  retard  des  dragons  à  Albeck.  On  a  reproché 
à  Ney,  ou  plutôt  à  son  chef  d'état- major,  qui  est  seul  en  cause,  de 
b*avoir  pas  envoyé  chacun  de  ses  ordres  en  duplicata  :  cela  parait  un  luxe 
supekilu  quand  il  n*y  a  qu*un  chemin  possible,  et  ne  peut  être  donné 
comme  règle  pour  de  courts  trajets  hors  de  portée  de  l'ennemi  et  dans 
rintérieur  d'un  corps  d'armée.  En  revanche,  il  ressort  très  clairement 
de  l'exemple  qui  nous  occupe  qu'il  ne  faut  pas  conûer  à  un  même  indi- 
vidu, fût-il  officier  supérieur,  deux  lettres  à  porter  dans  des  directions 
différentes  :  g!  l'on  avait  chargé  un  cavalier  quelconque  de  l'ordre  des- 
tiné à  Baraguey-d'Hillîers,  et  qu'il  fût  parti  au  jour  de  manière  à 
apercevoir  le  clocher  de  Stôtzingen,  l'ordre  aurait  été  exécuté  & 
temps,  car  il  n'y  a  que  iO  kilomètres  de  Gùnzbourg  à  Stôtzingen,  et 
une  estafette  envoyée  après  le  lever  du  jour  (le  soleil  parait  à  6  h.  15 
le  iO  octobre)  aurait  été  rendue  à  Stôtzingen  vers  8  heures  au  plus 
tard,  soit  trois  heures  avant  l'îirriTée  de  Rippert,  bien  avant  le 
déjeuner  de  Baraguey-d'Hilliers,  et  eb  temps  utile  pour  Dupont. 

L<;8  marais  qui  bordent  le  Danube  depuis  Elchingen  jusqu'à  GundeU 
fîngen  formaient  un  obstacle  très  sérieux,  qu'aucune  route  entretenue 
ne  traversait,  et  où  les  chemins,  d'ailleurs  mauvais,  ne  reliaient  pas 
directement  GQttzbourg  à  Stôtzingen,  Langenau  et  Elchingen.  C'était 
un  dédale  où  il  fallait  se  diriger  avec  précautioh.  La  colonne  Lefol  s*y 
était  égarée  le  9,  la  cavalerie  y  avait  perdu  des  chevaux;  tout  devait 
donc  décider  le  chef  d'état-major  du  6*  corps  à  prendre  des  mesures, 
le  9  et  le  10,  pour  faire  repérer  les  chemins  entre  les  quartiers  géné- 
raux, soit  par  des  jalons,  soit  par  des  hommes,  et  c'était  une  bien  cou- 
pable légèreté  que  d'envoyer  un  officier  seul  remplir  une  double  mission 
au  milieu  de  la  nuit,  sans  guide,  à  travers  ces  marais. 


INTRODUCTION.  47 

autrichiekme  très  nombreuse  se  montrait  sur  les  hau- 
teurs au  nord  d'Ulm.  Pour  lui,  il  disposait  du  9®  léger 
(1,763  présents),  du  Sfl^  de  ligne  (1,662  présents)  et  du 
96®  de  ligne  (1,721  présents),  soit  six  bataillons  ou 
3,146  hommes  d'infanterie;  les  15®  et  17®  dragons 
(673  chevaux)  et  le  1®' hussards  (373  chevaux),  dont  la 
moitié  se  trouvait  dispersée  en  reconnaissances,  for- 
maient sa  cavalerie  ;  il  pouvait  y  avoir  230  artilleurs  et 
soldats  du  train  pour  servir  les  onze  pièces  dô  la 
division  Dupont  (deux  pièces  de  12,  six  pièces  de  8, 
deux  pièces  de  4  et  un  obusier)  et  les  trois  obusiers  atta- 
chés à  la  cavalerie  légère  (1),  Au  total,  patrouilles  et 
détachements  compris,  il  y  avait  là  6,400  hommes 
et  quatorze  bouches  à  feu.  L'ennemi  montrait  des 
forces  très  supérieures,  et  le  Maréchal  avait  prescrit 
de  ne  point  risquer  d'engagement  dans  ces  conditions  ; 
mais  peut-être  le  général  Dupont  comptait-il  sur  le  ren- 
fort dé  4,300  dragons  à  pied  avec  10  bouches  à  feu,  et 
espérait41  que  Tennemi  n'avait  pas  plus  de  10,000  à 
12,000  hommeSi  Se  retirer,  c'eût  été  encourager 
l'ennemi  à  prendre  Tofifensive,  lui  révéler  que  la  route 
de  Nœrdlingen  était  ouverte.  Dupont  accepta  le  combat. 
La  divisioti  était  établie  à  Haslach  depuis  peu  de 
temps,  ses  postes  venaient  d'être  placés,  quand  l'ennemi 
attaqua.  La  fusillade  s'engage  entre  les  tirailleurs  des 
deux  partis,  et  presque  aussitôt  le  canon  entre  en  jeu. 
Nos  treize  bouches  à  feu  tiennent  tête  à  une  artillerie 
supérieure^  pendant  que  le  9®  léger  se  déploie  en  avant 


(1)  L*artillerie  de  la  division  Dupont  avait  été  fixée  à  huit  pièces 
lors  du  pa^sag^ë  du  Rhin,  comme  celle  des  divisions  Loison  et  Malher 
(uûe  pièces  de  12,  quatre  pièces  de  8,  deux  pièces  de  4,  un  obusier) 
la  réserve  du  corps  d*armée  étant  de  douze  pièces.  Un  ordre  du 
5  octobre  affecte  à  chaque  division  deux  pièces  de  8,  et  un  ordre  du 
7  octobre  une  pièce  de  i2  de  la  réserve.  Les  trois  obusiers  restant  au 
corps  d'armée  accompagnent  la  cavalerie  légère  ;  une  pièce  de  4  se  trouve 
en  réparation  le  1 1  octobre.  {Historique de  l'Artillerie  du  6^  corps*  A.  A.) 


48  INTRODUCTION. 

d'Haslach,  sous  la  direction  du  général  Rouyer.  L'en- 
nemi dirigeait  vers  notre  droite  des  colonnes  de  cavalerie 
et  d'infanterie,  et  en  même  temps  menaçait  notre  gauche  : 
il  cherchait  à  nous  déborder  des  deux  côtés.  A  ce 
moment,  plusieurs  de  nos  pièces  sont  démontées  et  ren- 
voyées au  parc.  Des  uhlans  qui  veulent  charger  sur  nos 
batteries  sont  repoussés  par  un  escadron  du  17®  dragons. 

Le  général  Marchand  avait  déployé  le  32®  à  la  gauche 
du  9®  léger,  et  placé  le  96®  en  réserve,  près  d'Haslach; 
le  1®'  hussards  couvrait  sa  gauche. 

Se  voyant  près  d'être  tourné  sur  sa  droite,  le  général 
Dupont  porte  le  96*  de  ce  côté,  non  loin  du  9®,  et  le 
fait  soutenir  par  une  partie  de  Tartillerie  ;  puis  il 
ordonne  au  9®  léger  de  charger  la  colonne  autrichienne. 
((  Ce  régiment  s'avance  dans  la  plaine,  marchant  en 
bataille,  et  sans  tirer,  va  droit  au  corps  le  plus  avancé. 
Cette  intrépidité  ébranle  l'ennemi,  qui  fait  un  mouvement 
pour  s'appuyer  au  village  de  Jungingen  (1).  »  Le  96® 
vient  charger  à  la  droite  du  9®  léger,  et  ils  font  2,000  pri- 
sonniers. Pendant  ce  temps,  les  15®  et  17®  dragons  char- 
geaient la  cavalerie  ennemie,  malgré  le  feu  meurtrier 
d'une  batterie  placée  entre  Jungingen  et  le  petit  bois  au 
nord-est  de  ce  village  :  «  Le  général  Dupont  donna 
Tordre  au  général  Sahuc  de  charger  la  cavalerie  enne- 
mie, qui  dépassait  de  beaucoup  sa  droite.  Le  général 
Sahuc  forma  la  sienne  sur  deux  lignes,  le  15®  en  première 
et  le  17®  en  seconde.  Dans  ce  moment,  les  chevau-légers 
de  Rosenberg  s'ébranlèrent  pour  charger  un  bataillon 
du  96®  régiment  d'infanterie  qui  venait  de  passer  un 
chemin  creux  ;  le  15®  régiment  les  chargea  avec  vigueur 
et  les  repoussa  loin  de  notre  infanterie,  qu'ils  voulaient 
entamer,  et  qui,  dès  ce  moment,  ne  fut  plus  inquiétée; 
mais  le  15®  régiment,  chargea  son  tour  par  une  cavalerie 


(i)  Journal  de  la  division  Dupont. 


INTRODUCTION.  49 

extrêmement  supérieure  en  nombre,  fut  obligé  de  se 
replier  et  vint  se  rallier  derrière  le  17®,  qui  chargea  et 
repoussa  Tennemi.  La  supériorité  du  nombre  et  une 
seconde  ligne  qui  s'avançait  l'ayant  forcé  de  se  replier 
sur  le  bois,  les  deux  régiments  se  reformèrent  et  four- 
nirent une  seconde  charge  qui  devint  une  mêlée  géné- 
rale, parce  que  l'ennemi,  ayant  dépassé  leur  droite 
depuis  longtemps,  avait  fait  filer  par  le  bois  un  corps  de 
cavalerie  qui  acheva  de  les  envelopper.  Français  et 
Autrichiens  entrèrent  pêle-mêle  dans  le  bois,  et  ce  ne  fut 
qu'avec  beaucoup  de  peine  que  le  général  Sahuc  parvint 
à  rallier  quelques-uns  de  ses  escadrons  à  la  sortie  de 
ce  bois.  Les  autres  revinrent  ensuite  prendre  leur  rang 
dans  la  ligne,  et  le  gardèrent  jusqu'à  neuf  heures  du 
soir,  que  ce  général  reçut  ordre  de  venir  bivouaquer  a 
Albeck(l).  » 

«  Cependant  l'ennemi,  revenu  de  la  première  terreur 
que  lui  avait  inspirée  notre  charge  brillante,  s'avance  de 
nouveau  avec  de  plus  grandes  forces.  Alors  il  faut  que 
les  9*  et  96®  régiments  redoublent  d'efiforts  et  d'activité. 
C'est  avec  ces  deux  régiments  seuls  que  nous  avons  eu 
pendant  trois  heures  à  disputer  le  terrain  qui  sépare 
Haslach  de  Jungingen.  Ce  dernier  village  a  été  pris  et 
repris  cinq  fois  ;  chaque  fois  nos  bataillons  y  enfermaient 
l'ennemi  qui  s'y  réfugiait,  et  y  faisaient  de  nombreux 
prisonniers. 

«  A  peine  avions-nous  mis  en  déroute  un  corps  autri- 
chien sur  la  droite  du  village,  que  sur  la  gauche  il  s'en 
présentait  un  autre  pour  nous  tourner.  C'est  en  prenant 
sans  cesse  un  nouveau  front  dans  toutes  les  directions 


(4)  Rapport  du  général  Sahuc.  La  brigade  de  dragons  a,  dans  celte 
journée,  25  hommes  tués  ou  disparus,  dont  3  ofBciers;  54  blessés,  dont 
15  officiers;  et  73  hommes  Aiits  prisonniers,  soit  152  hommes  hors  de 
combat  sur  G73. 

III.  4 


BO  INTRODUCTION. 

que  nos  bataillons  faisaient  faoe  partout  avec  une  rapidité 
et  une  bravoure  admirables  (\).  » 

D'après  cette  relation,  qui  devient  malheureusement 
trop  vague  vers  la  fin,  l'infanterie  aurait  résisté  victo- 
rieusement sur  notre  droite,  les  dragons  seuls  étant 
rejetés  en  arrière  des  bois. 

Entre  Jungingen  et  Haslach,  dit  le  général  Di:y[>ont 
dans  une  lettre  au  général  Sanson,  «  quelques  compa* 
gnies  jetées  dans  les  petits  bois  qui  se  trouvaient  sur 
mon  front  ont  empêché  l'ennemi  de  s'apercevoir  que 
mon  centre  était  dégarni,  et  d'en  profiter.  » 

«  Le  succès  a  été  complet,  dit-il  encore,  la  nuit  est 
arrivée  et  nous  sommes  restés  maîtres  du  champ  de 
bataille».  C'était  d'un  optimisme  excessif.  A  vrai  dire, 
nous  n'avions  point  été  repoussés  en  arrière  de  i^otre 
point  de  départ,  mais  Jungingen  demeurait  à  l'ennemi. 

Il  n'y  avait  pas  d'illusion  possible  a  notre  gauche. 
Là,  nos  pièces  démontées  restaient  sur  le  terrain,  à 
l'exception  de  quatre  obusiers  et  d'une  pièce  de  4; 
le  bataillon  du  32*  et  les  deux  escadrons  du  1®' hussards, 
qui  formaient  toute  notre  aile  gauche,  étaient  accablés  par 
le  nombre  (2),  et  la  cavalerie  ennemie  se  précipitait  sur 
la  route  d'Albeck. 

<(  L'armée  faisant  des  progrès  sur  la  droite,  écrivait  le 

(1)  Journal  de  la  division  Dupont.  D'après  la  meilleure  relation  autri- 
chienne que  nous  ayons  (Schônha^s,  Der  Krieg  1805,  Vienne  1873),  le 
général  Loudon,  attaqué  i\  Jungingen,  aurait  repris  ce  village  une  pre- 
mière fois  avec  quelques  bataillons,  puis  une  seconde  fois  avec  le  régi- 
ment de  Froon  comme  renfort,  et  il  en  serait  resté  définitivement 
maître. 

Les  premiers  bataillons  autrichiens  engagés  (A.  Louis,  A.  Reynier 
et  Kaunitz)  auraient  combattu  assez  mollement,  au  dire  d'un  témoin 
oculaire  (de  Launay,  capitnine  d'état-major  au  service  d'Autriche. 
A.  G.). 

("2)  Les  Autrichiens  font  69  prisonniers  au  1«»  hussards,  qui  n*aTait 
pas  plus  de  d50  à  200  hommes  engagés,  le  reste  étant  en  reconnais- 
sance, rtc. 


INTRODUCTION.  51 

commandant  de  rariillerîe  (4)  dans  son  rapport,  j'ai  reçu 
l'ordre  d'augmenter  le  nombre  des  bouches  à  feu  de  ce 
côté  pour  pousser  les  progrès  vivement,  et  c'est  alors 
que  nous  avons  fait  4,000  prisonniers  et  pris  trois 
pièces  de  canon;  mais  tandis  que  l'on  triomphait  de  ce 
côté-là,  la  gauche  de  l'armée  a  été  débordée  par  dos 
troupes  plus  considérables  que  les  nôtres,  surtout  en 
cavalerie,  qui,  s'étant  avancées  jusqu'au  village  d'Al- 
becky  ont  coupé  et  emmené  avec  eux  (sic)  tout  ce  qui  était 
en  arrière,  et  par  conséquent  le  parc  de  réserve  de  la  divi- 
sion. Le  lieutenant  Kermorvan  (2),  qui  se  trouvait  sur  la 
gauche  avec  deux  pièces  de  8,  s'est  porté  de  ce  tôté,  et 
après  plusieurs  décharges  de  mitraille,  sa  batterie  a  été 
enlevée,  et  lui  tué  sur  ces  lieux,  à  ce  qu'on  assure. 

«  L'armée  ayant  été  obligée  de  rétrograder,  et  les  pièces 
obligées  de  suivre  le  mouvement  des  troupes  dans  un 
terrain  coupé  et  rendu  extrêmement  difficile  par  le  mau- 
vais temps,  il  est  arrivé  qu'une  pièce  de  12  a  été  renversée 
dans  un  fossé  qu'elle  devait  franchir  et  dont  on  n'a  pu  la 
retirer.  La  pièce  de  8  a  eu  le  même  sort.  Enfin,  la  nuit 
étant  venue  et  entièrement  close,  le  général  a  ordonné 
de  se  retirer  sur  Âlbeck,  et  c'est  dans  ce  dernier  mouve- 
ment que  la  seconde  pièce  de  42  a  été  renversée  comme 
la  première,  sans  qu'on  ait  pu  la  relever  davantage,  en 
sorte  qu'il  ne  nous  reste  plus  que  quatre  obusiers  de 
6  pouces  et  une  pièce  de  4  démontée.  Outre  les  pertes  en 
matériel,  nous  en  avons  fait  de  grandes  en  personnel,  et 

surtout  dans  le  train Le  capitaine  No^l  a  été  fait 

prisonnier  (3).  Le  chariot  à  munitions  qui  portait  la 
caisse  de  Marotte  (4)  contenant  environ  7,000  francs,  qui 
portait  mes  effets  et  ceux  des  officiers,  a  tombé  au  pou- 


(I)  Villeneuve,  chef  de  bataillon  au  1*'  régiment  à  pied. 
(i)  Lieutenant  en  2*  au  1*'  régiment  à  pied. 

(3)  Capitaine  en  4«'  au  1*'  régiment  à  pied. 

(4)  Adjudant  du  bataillon  commandé  par  Villeneuve. 


5i  INTRODUCTION. 

voir  de  reoDcmî.  Nous  sommes  tous  dans  U  déiresse  et 
le  déDuement.  • 

Les  pertes  cd  matériel  s*éle%'i^rent  à  deux  pièces  de  12 
(les  alTûts  sau%'és),  six  piiVes  de  8,  une  pièce  de  4,  trois 
caissons  de  12,  dix  caissons  de  S,  huit  caissons  d*obu- 
siers,  six  caissons  d*infanterie,  un  afftU  de  rechange* 
quatre  chariots  de  paysans  chargés  de  cartouches  d'in- 
fanterie (I). 

Le  général  Dupont,  dans  son  rapport  envoyé  le  soir 
même  au  maréchal  Ney,  ne  |Mirle  |>as  du  désastre  de  sa 
gauche  :  «  La  grande  supériorité  de  l'ennemi,  dit-il,  lui 
a  permis  de  se  ré|Mindre  au  loin  pendant  Taction  ;  des 
corps  Â  cheval  se  ^ont  |M>rtés  jus<|u\\  All>eck,  et  sur  la 
Mute  ils  ont  enlevé  quelques  voitures  du  parc  et  des 
hagaces  ap|Mirtenant  A  I  etat-major  et  aux  ofliciers  des 
corps.   • 

Ia'  témoignage  du  général  Karaguey-d'ililliers  vient 
continuer  le  pnVédent  ;  ce  général,  de%'ancant  sa  divi- 
sion, arri\a  A  Alheck  ver:*  4  heures  avec  une  faible 
escorte  :  •  Il  trou\a  la  route  couverte  de  voitures  de 
hagage».  de  soldats  et  de  fc*inmes  é|>ouvantées,  et  son  aide 
de  camp,  le  salirc  à  la  main,  \enantd*étre  chargé  dans 
la  rue  d'Allicck  par  un  parti  tle  chevau-légers  ennemis. 
Sur-l«*-chaiiip,  il  ramassa  les  fujards,  les  mit  en  ordre  et 
ItMir  donna  un  chef;  la  cnrtie  de  Mm  quartier  générml 
arri\ant.  ell«*  fut  peu  apré«  suivit*  de  tOO  hussards  do 
1''  reiriiucut.  et  il  lit  reiiiMntcr  sur  le  plateau  qui  domine 
AIIm  «  k.  l.'eiiiHMiii  fuit  et  r«»n  prit  position. 

A  |M'inf  If  L'tiirril  K.irAkMjf)  d'Ililliers  était-il  établi. 


1    I    *   \   T    *ii  II*   r  »«-fif  11  {«*<-'«  rt  17  ri:»«<*i)ft.  lu  «IfrUresl,  ta 

1  ■%;•[*<«    !•    .ii.'Ai.Nf'     r-     «.'lit   (  I*  I .  t.ftu*  •     Nuiift  «lâtoat  ttttle- 
u."  !   ;    r   ,       «  i.       '     M     N     Ht%  'I    ti    ;.  -     «   ««•  l.^.r  a  S  olBn«r« 
•  '-  s    •   >•     '•;.».     4     ':    .   r-  :   •  •••  t.  *t  .«■  Ai*  *\r  Ugur  |  »of1  H 
<..•••'•    ,  /  .  .'.fc-^  in  ^''.  iffi  l^êé  ti  if^tifs,  ,/. 


INTRODUCTION.  33 

qu'une  colonne  d'iofanterie  et  de  cavalerie  pèle-mèle, 
composée  de  tous  les  débris  de  tous  les  régiments  de  la 
division  Dupont,  arriva  sur  lui  et  l'informa  que  les  15®  et 
17®  régiments  de  dragons  ayant  été  écrasés,  leurs  batail- 
lons avaient  été  coupés  en  plusieurs  parties  par  une 
cavalerie  très  nombreuse  qui  avait  enveloppé  le  général 
Dupont  lui-même  et  avait  pris  toute  son  artillerie;  qu'ils 
s'étaient  ralliés  dans  les  bois  comme  ils  avaient  pu  et 
marchaient  sans  but  comme  sans  ordre,  bien  plus  ébran- 
lés de  leurs  revers  que  présumant  un  succès.  Le  général 
Baraguey-d'Hilliers  les  remit  en  ordre  et  en  position,  et 
aussitôt  après,  il  poussa  une  reconnaissance  de  cavalerie 
vers  le  général  Dupont  pour  avoir  de  ses  nouvelles 

Sur  ces  entrefaites,  Taide  de  camp  du  général  Dupont 
arriva  à  Âlbeck,  et  apprit  au  général  Baraguey-d'Hilliers 
la  position  de  son  général,  qui  était  à  Haslach  dans 
Tintention  de  tenir  jusqu'à  ce  qu'on  eût  enlevé  ses 
blessés.  Cet  aide  de  camp  annonçait  aussi  la  retraite 
de  l'ennemi  )>. 

L'arrivée  des  prisonniers  à  Âlbeck  avec  une  faible 
escorte,  la  rapidité  avec  laquelle  Baraguey-d'Hilliers  a 
rétabli  l'ordre  parmi  les  fuyards  et  repoussé  la  cavalerie 
ennemie,  tout  démontre  que  cette  foule  en  désordre  qui 
encombrait  Âlbeck  se  réduisait  bien,  comme  le  dit  le 
journal  de  Dupont,  au  personnel  des  parcs  et  convois  de 
la  division,  chargés  par  un  parti  de  cavalerie  qui  avait 
pénétré  sur  les  derrières  du  champ  de  bataille  (1). 

Au  total,  bien  que  les  cavaliers  ennemis  fussent  en 
train  de  piller  ses  fourgons,  et  que  l'ennemi  pût  se  consi- 
dérer comme  victorieux,  Dupont  tenait  toujours  en  face 
de  Jungingen  et  repoussait  les  Autrichiens  par  ses 
formidables  coups  de  boutoir.  Sa  gauche,  à  en  juger  par 


(1)  C'étaient  deux  régiments  de  cuirassiers  (Mack  et  archiduc  Albert) 
et  les  cheTAu-légers  de  La  Tour. 


84  INTRODUCTION. 

le  rapport  de  rartillerie,  a  été  rejetée  en  arrière 
d'Haslach,  laissant  sur  le  terrain  dix  pièces  démontées  ; 
il  ne  parait  pas  que  rennemi  se  soit  avancé  au  delà 
de  ce  village  sur  la  route  d'Albeck*  Il  nous  fit  800  à  900 
prisonniers  et  nous  prit  deux  aigles  et  neuf  canons,  mais 
il  ne  sut  pas  profiter  des  forces  dont  il  disposait  pour 
rendre  son  succès  décisif;  la  résistance  de  Dupont  lui  fit 
perdre  une  journée,  et  le  décida  à  ne  pas  continuel^  son 
mouvement  vers  Nœrdlingen. 

Fier  d'un  pareil  résultat,  de  4,000  prisonniers,  trois 
canons  et  un  drapeau  enlevés  à  Tennemi,  Dupont  s'attri- 
buait la  victoire.  Le  soir  même,  voyant  son  adversaire 
se  retirer  sur  Ulm,  il  écrivait  à  Ney  :  «  Je  ne  puis  vous 
exprimer  toute  l'admiration  que  m'a  inspirée  la  bravoure 
de  nos  troupes  ;  le  résultat  de  la  bataille  atteste  qu'il  n'y 
en  a  pas  de  plus  audacieuses  et  de  plus  décisives  :  5,100 
hommes  ont  combattu  pendant  cinq  heures  une  armée 
de  25,000  hommes  et  l'ont  battue  complètement  (1)  ». 

On  ne  peut  guère  souscrire  à  cette  dernière  conclu* 
sion;  la  panique  du  lendemain  et  le  repos  forcé  des 
jours  suivants  allaient  montrer  combien  le  moral  de  la 
troupe  était  éprouvé.  L'ennemi,  au  contraire,  avait 
repris  courage. 

Vil 

L'Empereur,  lisant  dans  la  nuit  du  10  au  11  octobre 
les  rapports  de  Ney  et  de  Soult,  commence  à  se  persua^ 


(i)  Il  n'est  peut-être  pas  inutile  de  remarquer  ici  une  certaine 
analogie  avec  la  bataille  d'Auerstœdt,  6Ù  notre  3^  corps  lutta  aussi 
contre  un  ennemi  supérieur.  Le  succès  y  fut  tout  autre,  mais  la  dispio- 
portion  étnit  moins  énorme.  Dans  les  deux  cas,  Tennemi  n'a  pas  fait 
donner  toutes  ses  forces  ensemble.  Ses  bataillons  sont  venus  se  briser 
successivement  contre  nos  troupes  qui,  ayant  affaire  chaque  fois  à  un 
ennemi  inférieur,  ont  remporté  plusieurs  succès  partiels  et  lutté  bril- 
lamment contre  un  adver^^aire  capable  de  les  anéantir.  C'est  encQre, 
dans  une  certaine  mesure,  l'histoire  du  ootnbat  de  Dûrreslêin. 


INTRODUCTION.  85 

der  que  le  gros  des  forces  autrichiennes  est  sur  TlUer  : 
«  Tous  les  renseignements  le  portent  à  croire  que  Teii- 
nemi  veut  livrer  bataille  à  Ulm  ou  un  peu  plus  haut  », 
écrit  Berthier  à  Lannes  vers  minuit,  et  Napoléon  lui^ 
même  donne  à  Murât  les  explications  suivantes  : 

«  Je  ne  tiens  pas  encore  les  affaires  finies  de  votre 
côté.  L'ennemi,  cerné  comme  il  est,  se  battra.  Il  reçoit 
des  renforts  du  Tyrol  et  de  Tltalie  ;  il  pourra  donc  vous 
opposer  40,000  hommes.  Il  faut  donc  que  votre  réserve 
et  les  corps  de  Ney  et  de  Lannes,  qui  font  de  50,000  à 
60,000  hommes,  marchent  le  plus  prés  possible,  de  ma^ 
niére  à  pouvoir  être  réunis  en  six  heures  de  temps  ». 

Pour  permettre  cette  concentration  rapide.  Murât  et 
Lannes  ne  se  dirigeront  plus  de  Zusmarshausen  vers 
Mindelheim,  mais  sur  la  route  d'Ulm,  par  Burgau,  où 
ils  seront  côte  à  côte  avec  le  maréchal  Ney  ;  Murât  tient 
ainsi  son  armée  dans  la  main,  capable  de  s'engager  d'un 
moment  à  l'autre  devant  soi,  sans  combinaison  préa*^ 
lable.  L'Empereur  n'a  pas  confié  à  son  lieutenant  uHe 
mission  complexe  :  il  ne  lui  laisse  pas  le  soin  de  combiner 
une  manœuvre  pour  ses  corps  d'armée,  et  de  les  concentrer 
où  et  quand  il  voudra.  Murât  n'a  pas  à  tendre  de  rideau^ 
à  se  préoccuper  des  mouvements  que  les  Autrichiens 
pourront  faire  en  dehors  de  son  rayon  d'action  :  c(  Si 
l'ennemi  vous  échappe,  lui  dit  Napoléon,  il  sera  arrêté 
sur  le  Lech  m.  Là,  en  effet,  se  tiennent  Soult  et  Marmont, 
et  c*est  l'Empereur  lui-même  qui  se  réserve  de  faire 
varier  le  dispositif  général  de  Tarmée.  Il  ne  confie  à 
Murât  qu'une  tâche  élémentaire  :  «  Marches  sur  l'ennemi 
partout  où  il  se  trouve,  mais  avec  précaution  et  en-- 
semble  ».  On  ne  doit  rien  risquer,  et  la  première  de 
toutes  les  règles  est  d'avoir  la  supériorité  numérique  ; 
a  II  ne  faut  pas  se  précipiter,  et  si  l'ennemi  était  en 
grande  force  et  résolu  à  livrer  bataille  devant  Ulm, 
vous  devet  marcher  lentement  et  ne  vous  battre  que 
dans  le  cas  où  vous  seriez  parfaitement  en  mesure  » . 


56  INTRODUCTION. 

,  Murât  et  Lannes  partent  pour  Gûnzbourg  dans  la  ma- 
tinée du  14  •  Murât  y  porte  son  quartier  général,  et  là, 
sans  doute,  il  a  un  premier  entretien  avec  le  maréchal 
Ney.  11  serait  d'un  intérêt  essentiel  pour  l'histoire  de 
cette  campagne  de  savoir  exactement  quelles  paroles  ont 
été  prononcées  alors  par  Murât,  et  par  quelles  indica- 
tions le  maréchal  Ney  aura  été  induit  à  se  méprendre 
sur  la  volonté  de  Napoléon.  Toujours  est-il  qu'en  raison 
du  mauvais  temps,  et  sans  savoir  où  en  était  Dupont, 
Ney  acontremandé  le  mouvement  de  Malher  et  de  Loison, 
et  que,  persuadé  de  la  nécessité  de  conceptrer  toutes  ses 
troupes  autour  de  Gûnzbourg  pour  se  conformer  aux 
intentions  de  l'Empereur,  il  écrit  à  Dupont,  vers  midi, 
de  quitter  la  position  d'Albeck  et  de  rejoindre  Loison  à 
Gûnzbourg. 

Cet  ordre  malencontreux  ne  parvientau  général  Dupont 
que  dans  la  soirée,  au  moment  où  le  combat  d'Haslach 
touche  à  sa  fin.  Il  ne  sera  donc  pas  exécuté  dans  la  jour- 
née du  1  i ,  mais  le  contre-ordre  de  Murât  sera  transmis 
trop  tard,  lui  aussi,  pour  empêcher  Dupont  d'abandonner 
Albeck  le  12,  et  nous  n'y  reprendrons  pied  que  le  15  oc- 
tobre. Entre  temps,  le  corps  de  Werneck  se  sera  échappé, 
et  toute  l'armée  autrichienne  aurait  eu  le  temps  de 
prendre  la  route  de  Bohême. 

Le  11  au  soir,  les  troupes  du  prince  Murât  occupent 
les  emplacements  suivants  : 

Dupont  à  Albeck,  Baraguey-d'Hilliers  à  Langenau,  la 
cavalerie  légère  du  6®  corps  à  Ober  et  Unter-Falheim, 
les  dragons  de  Bourcier  à  Bubisheim  avec  des  postes  à 
Schneckenhofen,  la  division  Malher  cantonnée  à  Nersin- 
gen,  Strass  et  Leipheim,  celle  de  Loison  à  Gûnzbourg 
ainsi  que  la  division  Gazan. 

Les  dragons  de  Klein  sont  à  Ichenhausen  et  Wetten- 
hausen,  les  grenadiers  Oudinot  et  la  division  Suchet 
bivouaquent  de  part  et  d'autre  de  la  route  de  Burgau  à 


INTRODUCTION.  67 

GûDzbourg;  la  cavalerie  légère  du  S®  corps  cantonne 
devant  Burgau,  et  les  dragons  de  Beaumont  bivouaquent 
en  arrière  de  cette  ville. 
Murât  est  à  Gonzbourg,  au  centre  de  son  armée. 

L'Empereur  est  plus  disposé  que  la  veille  à  croire 
Tarmée  autrichienne  demeurée  sur  l'IUer,  mais  il  pense 
toujours  le  11,  et  il  admettra  encore  le  12,  tout  en  diri- 
geant lui-même  le  mbuvemeot  enveloppant  sur  Ulm,  que 
Tennemi  s'est  peut-être  dérobé  par  Fûssen.  Il  ne  se 
décide  donc  pas  à  porter  tout  son  quartier  général 
vers  Tune  ou  l'autre  aile  de  la  Grande  Armée.  Il  se  tient 
à  Augsbourg  avec  la  Garde  ;  la  division  Nansouty  est 
cantonnée  largement  à  l'Ouest  de  cette  ville,  et  Marmoot 
est  venu  bivouaquer  à  l'Est.  Il  y  a  là  une  réserve  de 
25,000  à  30,000  hommes  au  moyen  de  laquelle  l'Empe- 
reur parera  à  ses  propres  erreurs  sur  la  situation  géné- 
rale. 

Le  4*  corps,  en  marche  sur  Landsberg,  peut  former  une 
barrière  ou  une  sorte  d'avaot-garde  contre  une  colonne 
ennemie  suivant  la  route  de  Mindelheim  à  Munich,  à 
Salzbourg  ou  à  Innsbruck  ;  il  peut  encore  être  réuni,  le 
cas  échéant,  à  la  réserve  générale  d'Augsbourg,  pour 
marcher  vers  l'IUer  ou  sur  Munich. 

Le  maréchal  Soult,  en  approchant  de  Landsberg,  a 
appris  qu'un  régiment  de  cuirassiers  autrichiens  avait 
logé  la  nuit  précédente  dans  cette  ville,  et  venait  d'en 
partir  pour  Memmingen.  Il  a  dirigé  aussitôt  le  8^  hussards 
sur  Holzhausen  pour  lui  couper  la  route,  et  lancé  le 
général  Margaron  à  sa  poursuite  avec  le  26®  chasseurs, 
soutenu  par  un  régiment  de  dragons,  tandis  que  le 
11®  chasseurs  allait  rejoindre  le  8®  hussards  vers  Holz- 
hausen. 

Le  régiment  autrichien  (cuirassiers  de  Tarchiduc  Fer- 
dinand) escortait  sept  pièces  de  6;  nos  chasseurs  en 
prirent  deux  et  firent  soixante  prisonniers.  En  même 


58  nmioDucTioN. 

temps,  lé  général  Sébastian!,  avec  une  brigade  de  dra^ 
gons,  faisait  quarante  prisonniers  du  même  régiment  au 
Sud-Est  de  Landsberg,  et  le  8«  hussards  prenait  une 
partie  du  campement  sur  la  route  de  Mindelheim  et 
Memmingen. 

Sébastiani  se  précipita  sur  la  route  de  Weilheim,  où 
était  signalé  un  convoi  d'artillerie  composé  de  vingt 
bouches  à  feu.  Le  reste  de  la  division  Walther  le  suivit 
dans  cette  direction.  La  division  Vandamme  devait  bi- 
vouaquer de  ce  côté,  à  la  bifurcation  des  chemins  de 
Munich  et  de  Weilheim  ;  mais  elle  demeura  au  Nord- 
Ouest  de  Landsberg.  La  division  Saiht-Hilaire  bi- 
vouaqua à  rOuest  de  la  ville,  face  au  Sud,  son  avant- 
garde  à  une  lieue  et  demie  sur  la  route  de  Sohongau  ;  la 
division  Legrand  se  porta  sur  celle  de  Memmingen ,  son 
avant-garde  à  Buchloe  précédée  par  la  cavalerie  légère. 

L'Empereur  espérait  que  le  !•' corps  occuperait  Munich 
dans  la  journée  du  11 ,  mais  Tavant-garde  de  Bemadotte 
ne  dépasse  pas  Kalteherberg  et  pousse  ses  reconnais- 
sances jusqu'aux  portes  de  la  capitale  bavaroise  sans  y 
entrer.  Le  corps  de  bataille  bivouaque  un  peu  au  delà 
de  TÀmper,  entre  Maisteig  et  Heimhausen.  Tous  les 
rapports  que  reçoit  Bemadotte  lui  font  croire  qu'il  y  a 
près  de  20,000  Autrichiens  devant  lui,  et  que  les  Russes 
arriveront  dans  un  ou  deux  jours.  Notre  ministre  à 
Ratisbonne,  Bâcher,  annonce  l'évacuation  complète  du 
Uaut-Palatinat  par  l'ennemi,  qui  ne  se  montre  pas  dans 
un  rayon  de  dix  lieues  autour  de  Ratisbonne. 

Les  lettres  de  Bemadotte  reçues  le  10  et  le  H  témoi* 
gnaient  de  ses  appréhensions  et  du  peu  de  confiance 
qu'il  avait  dans  ses  forces  pour  arrêter  les  Russes. 
Napoléon  lui  envoie  au  plus  vite  le  3®  corps,  et  donne  des 
ordres  détaillés  à  Davout  pour  lui  faire  prendre  position 
à  Ober-Roth,  à  l'Ouest  de  Dachau.  Ce  maréchal  sera  ainsi 
en  arrière  de  l'aile  droite  de  Bemadotte,  en  état  de  le 


INTRODUCTION.  89 

soutenir  et  de  couvrir  sa  commuDication,  du  côté  menacé 
par  les  troupes  autrichiennes  du  Tyrol.  Il  demeurera 
en  même  temps  à  portée  de  Soult  et  de  Marmont. 

La  division  d'HautpouI  est  venue,  ainsi  que  Davout, 
sur  la  route  d'Augsbourg  à  Munich.  Dans  la  nuit  du  11 
au  12,  l'Empereur  lui  ordonnera  de  se  rendre  dans  cette 
dernière  ville  à  la  disposition  de  Bernadette. 


Vin 


A  la  première  nouvelle  du  combat  d'Haslach,  dont  la 
canonnade  devait  retentir  jusqu'à  Gûnzbourg,  Murât 
avait  blâmé  Tordre  de  retraite  envoyé  tout  récemment  à 
Dupont,  et  avait  décidé  que  ce  général  continuerait  de 
tenir  Ulm  investi  sur  la  rive  gauche  avec  la  l'«  division 
du  6®  corps  et  les  dragons  à  pied.  Si  le  maréchal  Ney 
avait  fait  expédier  cet  ordre  dès  le  11,  Dupont  Taurait 
reçu  dans  la  nuit  du  11  au  12,  ou  le  12  de  très  bonne 
heure,  à  temps  pour  suspendre  son  mouvement  de 
retraite.  Mais,  comme  on  Ta  déjà  vu,  c'est  seulement  le 
12  au  matin  que  le  contre-ordre  partit  de  Gûnzbourg, 
et  il  trouva  Dupont  à  Brenz,  faisant  reposer  ses  troupes. 
Une  panique  venait  de  manifester  Tébranlement  produit 
parles  terribles  épreuves  de  la  veillé,  et  le  général,  vu 
la  fatigue  et  Ténervement  de  sa  division,  ne  crut  pas 
pouvoir  la  remettre  en  marche.  Elle  restera  deux  jours 
à  Brenz.  Ainsi,  contrairement  aux  intentions  de  Murât, 
l'ordre  donné  par  lui  le  11  n'eut  pour  effet,  ni  d'éviter  à 
la  division  Dupont  des  marches  et  contre-marches  inu-* 
tiles,  ni  d'assurer  l'occupation  d'Albeck. 

Le  reste  des  forces  mises  à  la  disposition  du  lieutenant 
de  l'Empereur  devaient  se  déployer  sur  la  Roth,  de 
Falheim  à  Bubenhausen  :  la  3*»  division  du  6»  corps  à 
Falheim,  la  2^  à  Reinpolzhofen,  puis  Gazan  à  Pfaffen- 
hofen,  Sachet  à  Attenhofen^  Oudinot  A  Weissenhorn  et 


60  INTRODUCTION. 

BubeDhausen.  Les  divisions  de  dragons  s'intercaleraient, 
la  4«  à  Holzheim  et  KûssendorflF,  les  l'«  et  3*  à  Attenhofen 
et  Hegelhofen.  Toute  cette  ligne  était  couverte  par  la 
cavalerie  légère  des  5®  et  6®  corps,  qui  poussait  des 
reconnaissances  jusqu'à  llUer,  entre  Ulm  et  lUertissen. 

Murât  se  proposait  d'attaquer  le  13  sur  la  ligne  de 
riller,  et  il  allait  la  reconnaître  le  12  octobre;  mais 
TEmpereur,  à  peu  près  fixé  désormais  sur  la  situation, 
se  décide  à  exécuter  une  manœuvre  générale  avec  toutes 
ses  forces,  au  lieu  du  coup  droit  prescrit  à  son  lieutenant. 
Il  recommande  maintenant  de  ne  pas  attaquer  avant 
le  14,  car  il  fait  marcher  concentriquement  son  armée 
vers  Ulm,  et  veut  attendre  l'entrée  en  ligne  de  Soult  : 

((  Aujourd'hui  même  le  maréchal  Soult  marche  sur 
Memmingen,  où  il  ne  pourra  arriver  que  demain  au  soir 
fort  tard.  Mon  intention  est  que,  si  l'ennemi  continue  à 
rester  dans  ses  positions  et  se  prépare  à  recevoir  la 
bataille,  elle  n'ait  pas  lieu  demain,  mais  après-demain, 
afin  que  le  maréchal  Soult  et  ses  30,000  hommes  en 
soient  ;  qu'il  déborde  la  droite  de  l'ennemi,  l'attaque  en 
le  tournant,  manœuvre  qui  nous  assure  un  succès  certain 

et  décisif Ceci  n'est  pas  une  échauflFourée,  ce  n'est 

même  pas  l'attaque  d'une  colonne  pendant  qu'elle 
marche  :  c'est  celle  d'une  armée  qui  peut  être  plus  nom- 
breuse que  vous  ne  croyez,  et  du  succès  de  laquelle 
dépendent  les  plus  grands  résultats.  J'y  serai  de  ma 
personne  ». 

Cette  fois,  l'Empereur  pense  que  toute  l'armée  autri- 
chienne, ou  peu  s'en  faut,  se  trouve  sur  l'IUer.  Il  en 
exagère  même  la  force,  lorsqu'il  fait  écrire  à  Davout  par 
Berthier  :  «  L'Empereur  ne  pense  pas  que  l'ennemi  ait 
plus  de  80,000  à  90,000  hommes,  mais  il  l'attaque  avec 
plus  de  100,000  ». 

Napoléon  n'est  pourtant  pas  assuré  de  l'exactitude  de 
la  nouvelle  conception  qu'il  s'est  faite.  Bien  qu'il  lui 
attribue  assez  de  vraisemblance  pour  se  rendre  d'Augs- 


INTRODUCTION.  61 

bourg  à  Burgau,  il  écrit  encore  à  Bernadotte  :  «  La  pré- 
sence du  prince  Ferdinand  à  Munich  fait  craindre  à  Sa 
Majesté  que  l'ennemi  qui  était  sur   Tlller   ne  se   soit 

échappé  et  ne  se  soit  retiré  sur  le  Tyrol En  cas  que 

t armée  qui  était  sur  Piller  soit  échappée,  elle  aura  pu 
passer  par  le  chemin,  soit  de  Fûssen,  soit  de  Schongûu, 
seuls  points  où  elle  puisse  traverser  le  Lech,  et  de  là, 
venir  passer  Tlsar  à  Tôlz,  pour  de  là  se  rendre  àHolzkir- 
chen,  longeant  la  Mangfall,  et  passer  Tlnn  à  Rosenheim  » . 

Telle  est  la  dernière  expression  de  la  pensée  qui  avait 
été  prédominante  dans  l'esprit  de  Napoléon  depuis  le 
passage  du  Danube,  et  qui  commence  seulement  à  tom- 
ber au  second  plan,  pour  ne  s'effacer  tout  à  fait  que  le  13. 
Or,  c'est  le  14  que  le  combat  d'Elchingen  inaugurera 
l'investissement  d'Ulm,  lequel  sera  achevé  le  15. 

Il  n'y  a  peut-être  pas  d'exemple  plus  frappant  de  la 
difficulté  qu'éprouve  un  général  à  concevoir  exactement 
la  situation,  et  par  suite,  pas  de  preuve  plus  péremptoire 
qu'on  ne  saurait  attendre  des  renseignements  complets 
pour  agir. 

Et,  d'ailleurs,  si  Napoléon  se  rapproche  de  la  vérité 
en  pensant  que  les  Autrichiens  sont  encore  à  la  hauteur 
d'Ulm  et  de  Memmîngen,  il  commet  toujours  l'erreur  de 
supposer  qu'ils  sont  déployés  le  long  de  TlUer,  et  n'ont 
à  peu  près  personne  au  Nord  du  Danube.  Il  ne  dirige 
pas  le  4«  corps  obliquement  de  Landsberg  sur  Ulm» 
mais  droit  sur  Memmingen,  pour  déborder  à  coup  sûr 
la  droite  de  Mack,  et  il  fait  écrire  par  Berthier  au  ma- 
réchal Soult  : 

«  L'ennemi  est  sur  l'IUer,  la  gauche  appuyée  à  Ulm 
et  la  droite  à  Memmingen.  Le  prince  Murât,  avec  les 
maréchaux  Lannes  et  Ney,  est  placé  vis-à-vis,  la  gauche 

à  Weissenhorn  et  la  droite  à  Albeck L'intention  de 

TEmpereur  est  que  vous  vous  rendiez  à  marches  forcées, 
avec  votre  corps  d'armée,  à  Memmingen.  Il  faut  qu'avant 
2  heures  après-midi  votre  avant-garde  ait  pris  position 


62  INTRODUCTION. 

vis-à-vis  cette  ville.  Il  est  probable  que  vous  pourrez 
occuper  demain  Memmingen  saus  grands  obstacles,  et 
que  vous  n^y  aurez  qu'une  simple  affaire  d'avant- 
garde  

Si  l'ennemi  veut  absolument  tenir  dans  sa  position 
derrière  Tlller,  l'intention  de  l'Empereur  est  de  lui  livrer 
bataille  le  22  (14  octobre).  Le  rôle  que  vous  devez  y 
jouer  dépend  absolument  de  l'ennemi;  mais  vous  devez 
chercher  à  déborder  sa  droite  et  à  l'attaquer  aussitôt  que 
vous  le  pourrez 

Envoyez  des  espions  à  Kempten  et  FOssen  pour  savoir 
ce  qui  s'y  passe,  et  veillez  bien  à  ce  que  l'ennemi  ne 
vous  dépasse  ni  par  votre  droite,  ni  par  votre  gauche  ». 

Entre  l'armée  de  Murât  et  le  corps  de  Soult,  l'Empe- 
reur fait  intercaler  deux  divisions  de  Marmont,  que  Ber* 
thier  ordonne  d'établir  le  13  à  Krumbach. 

Telle  est,  dans  ses  grandes  lignes,  l'opération  entre- 
prise le  12  par  Napoléon,  mais  la  retraite  des  Autrichiens 
vers  le  Nord,  qui  semblait  naguère  improbable,  peut 
devenir  un  coup  de  désespoir  admissible.  Aussi,  tout  en 
se  disposant  à  attaquer  la  ligne  de  Tlller,  l'Empereur 
tient  à  multiplier  les  moyens  de  passage  sur  le  Danube, 
pour  se  porter  vers  Albeck  le  cas  échéant  ;  il  ordonne  à 
Murât  de  faire  jeter  ou  rétablir  un  pont  «  devant 
Albeck  ».  C'est  à  cette  condition  qu'il  peut  informer 
Soult  que  «  la  droite  de  Tarmée  est  à  Albeck  ».  Murât 
fait  rétablir  le  pont  de  Leipheim,  et  annonce  l'inten- 
tioo  de  reprendre  le  lendemain  ceux  d'Elchingen  et 
de  Thalfingen,  sans  toutefois  engager  là  une  affaire 
générale. 

L'Empereur  a  soin,  par  conséquent,  de  se  mettre  en 
garde  contre  son  propre  jugement  :  il  croit  l'ennemi  sur 
riller,  et  manœuvre  de  manière  à  l'y  attaquer  en  l'en- 
veloppant ;  mais  il  prévoit  en  même  temps  tous  les 
autres  cas  possibles  :  ses  mesures  sont  prises  aussi  bien 
en  prévision  d'un  mouvement  de  Mack  vers  NOrdlingen 


INTRODUCTION.  63 

que  d'une  retraite  par  le  Tyrol  ou  par  lea  Alpes  bava«- 
roises.  Aussi  Napoléon  peut-il  impunément,  sur  la  foi  de 
renseignements  incomplets  ou  inexacts,  se  faire  parfois 
une  idée  fausse  de  la  gituation  :  la  réalité,  en  se  révélant 
subitement  à  lui,  ne  le  prendra  jamais  au  dépourvu. 

L'ordre  envoyé  par  Berthier  &  Davout  expose  sous  toutes 
leurs  faces  les  conceptions  et  les  projets  de  l'Empereur  à 
cette  date  du  12  octobre  (20  vendémiaire)  : 

«  Le  22,  il  y  aura  une  grande  bataille  sur  Tlller,  près 
d'Ulm,  Le  maréchal  Soult,  avec  son  corps  d'armée,  est 
en  marche  sur  Memmingen.  Le  général  Marmont,  avec 
les  deux  divisions  françaises  de  son  corps  d'armée,  est 
en  marche  pour  aller  se  placer  sur  les  hauteurs  d'Iller- 
tissen,  sur  l'IUer.  Le  maréchal  Lannes  est  à  Weissem 
hom.  Le  maréchal  Ney  à  cheval  sur  le  Danube,  près 
d'Ulm.  Enfin  la  Garde  impériale  en  marche  sur  Weis- 
senhorn. 

«  Le  21,  toutes  les  dispositions  seront  finies  ;  le  22,  jour 
de  la  bataille,  Tennemi  sera  détruit,  car  il  est  cerné  de 
toutes  parts.  L'Empereur  ne  pense  pas  qu'il  y  ait  plus 
de  80,000  à  90,000  hommes,  mais  il  l'attaque  avec  plus 
de  100,000. 

«  Cette  affaire  finie.  Sa  Majesté  reviendra  pour  passer 
sur-le-champ  l'inn;  alors  le  maréchal  Bernadotte  et 
vous.  Monsieur  le  Maréchal,  sereas  deux  grands  corps 
agissants,  et  les  autres  seront  vos  auxiliaires  ». 

Tandis  que  l'Empereur  prépare  cette  bataille  de 
Weissenhorn  ou  d'Illertissen ,  à  la  place  de  laquelle  se 
produiront  sur  l'autre  rive  les  combats  d'Ëlchingen  et  du 
Michelsberg,  il  a  détaché  Bernadotte  à  Munich  pour 
éloigner  Kienmayer  et  observer  les  Russes.  Davout, 
qui  est  près  de  Munich,  à  portée  de  soutenir  Bernadotte, 
doit  pouvoir  aussi,  au  besoin,  appuyer  ou  recueillir 
Soult  et  Marmont.  Si  probable  que  lui  paraisse  la  victoire 
sur  l'armée  de  Mack,  Napoléon  n'oublie  pas  de  prévoir  le 
cas  où  toutes  les  forces  autrichiennes,  accablant  Marmont 


64  INTRODUCTION. 

OU  Soult,  feraient  leur  trouée  au  Sud  d'Ulm  et  se  porte- 
raient vers  l'Est. 

«  La  division  que  vous  avez  à  Brtick,  à  une  marche 
d'Augsbourg,  écrit  Berthier  à  Davout,  continuerait  à  y 
rester,  afin  que  si  Fennemi  parvenait  à  marcher  sur  le 
corps  du  général  Marmont  ou  sur  celui  de  tel  autre  corps 
d'armée,  vous  puissiez  vous  porter  sur  Augsbourg,  sou- 
tenir la  division  batave  qui  y  est,  défendre  le  passage  de 
la  Wertach,  réunir  votre  armée,  et  attaquer  l'ennemi. 

((  Si  une  des  ailes  de  l'armée  qui  marche  sur  Tlller 
était  battue,  répète  Berthier,  vous  devez  encore  marcher 
sur  le  Lech  pour  le  défendre  de  l'autre  côté,  et  donner 
à  l'Empereur  le  temps  de  faire  ses  dispositions;  mais 
enfin,  je  dois  vous  dire  que  le  gros  de  l'armée  qui  sera 
sur  l'Iller  ne  pourrait  être  battu  que  dans  la  journée  du 
22  ;  ce  ne  serait  donc  que  dans  les  journées  du  23  et  du 
24  que  vous  pourriez  être  utile  sur  le  Lech  ;  aussi,  dans 
le  cas  où,  demain,  le  maréchal  Bernadotte  aurait  besoin 
de  vous  pour  attaquer  l'ennemi  qui  est  derrière  l'Isar, 
vous  pouvez  marcher  avec  la  plus  grande  partie  de  vos 
forces  et  les  employer  pendant  les  journées  du  21  et  du 
22,  et  revenir  le  23  pour  être  à  même  d'exécuter  les  dis- 
positions dont  je  vous  ai  parlé  ci-dessus  ». 

En  résumé  :  l'Empereur  attaquera  les  Autrichiens  sur 
riller  le  14  octobre;  si  Mack  réussit  à  percer  en  écra- 
sant Soult  ou  Marmont,  il  sera  sur  le  Lech  le  15  ou  le 
16  ;  Davout  peut  donc  employer  les  journées  du  13  et 
du  14  à  combattre  Kienmayer,  de  concert  avec  Berna- 
dotte; le  15,  il  devra  se  retrouver  prêt  à  atteindre  le 
Lech  en  une  demi-journée. 

Il  faut,  d'ici  là,  que  les  environs  de  Munich  et  les 
abords  de  l'Isar  soient  dégagés,  tant  pour  empêcher 
Kienmayer  de  tendre  la  main  à  Mack,  que  pour  faciliter 
le  débouché  ultérieur  de  la  Grande  Armée  : 

«  Vous  sentez,  écrit  Berthier,  qu'il  est  nécessaire  que 
Tennemi  soit  chassé  à  plus  d'une  journée  de  Munich,  et 


INTRODUCTION.  65 

qu'il  le  serait  dans  les  journées  du  21  et  du  22  vendé- 
miaire ;  vous  aurez,  après  cela,  les  23  et  24  de  repos,  car 
il  est  probable  que  le  25  vous  marcherez  sur  Tlnn  ». 

En  conséquence,  Davout  reçoit  les  ordres  suivants 
pour  son  stationnement  : 

«  Si  le  maréchal  Bemadotte  avait  besoin  de  vous, 
TEmpereur  vous  autorise  à  lui  prêter  tous  les  secours 
possibles  ;  cependant  Sa  Majesté  désire  que  vous  restiez 
dans  votre  position  actuelle  ;  mais  quand  vous  vous  serez 
assuré,  dans  la  journée  dedemain21,  dans  celle  d'après- 
demain  22,  et  enfin  dans  la  journée  du  23  que  M.  le 
maréchal  Bemadotte  ne  peut  avoir  un  besoin  urgent  de 
tout  votre  corps,  vous  placerez  une  division  sur  la  route 
de  Munich  à  Landsberg,  de  manière  à  pouvoir  vous 
porter  dans  une  marche  à  Landsberg,  défendre  le  pas- 
sage du  Lech  et  vous  donner  le  temps  de  rassembler 
toute  votre  armée,  si  Tennemi  parvenait  à  passer  sur  le 
corps  d'armée  du  maréchal  Soult  ». 

Les  deux  autres  divisions  devaient  se  trouver,  comme 
on  l'a  déjà  vu,  à  Brûck  et  à  Dachau. 

Les  instructions  données  à  Bei*nadotte  dans  la  soirée 
du  12  montrent,  comme  les  précédentes,  que  Napoléon 
craint  surtout  de  voir  les  Autrichiens  se  glisser  le  long 
des  Alpes  pour  gagner  l'Inn  : 

«  La  présence  du  prince  Ferdinand  à  Munich  fait 
craindre  à  Sa  Majesté  que  l'ennemi  qui  était  sur  l'IUerne 

se  soit  échappé  et  ne  se  soit  retiré  sur  le  Tyrol En  cas 

que  l'armée  qui  était  sur  l'Illersoit  échappée,  elle  aura  pu 
passer  par  le  chemin,  soit  de  Fûssen,  soit  de  Schongau, 
seuls  points  où  elle  puisse  traverser  le  Lech,  et  de  là, 
venir  passer  l'Isar  à  Tolz,  pour  de  là  se  rendre  à  Holzkir- 
chen,  longeant  la  Mangfall,  et  passer  l'Inn  à  Rosenheim. 
L'Empereur  ordonne  que  vous  envoyiez  sur-le-champ 
un  régiment  de  cavalerie  bavaroise,  deux  régiments 
d'infanterie  et  six  pièces  de  canon,  le  tout  commandé 
par  un  bon  général,  pour  s'emparer  du  pont  de  ïôlz  ». 
III.  5 


66  INTRODtJÔtiON. 

En  ce  qui  concerne  les  opérations  contre  Kienmayët 
et  les  Russes,  Bernadotte  reçoit  les  mêmes  ihstrûctiotifi 
que  DaVout  ;  il  s'agit  encore  de  sUrvëlUef  la  route  qui 
longe  les  montagnes  : 

((  L'intention  de  Sa  Majesté  est  que  vous  éloigniez  Tèh- 
nèmi  à  une  grande  journée  de  Munich  ;  a{>l^ès  cela,  vous 
vouls  tejioserez  el  vous  vous  occuperez  de  t^aissemblei* 
toute  votre  artilleJrie,  vos  munitions,  etc.  Vous  pouvez, 
dans  le  cas  où  vous  attaqueriez  Tenhetili  pour  le  i'epouS- 
ser  à  une  journée  de  Munich,  disposer  du  tnarêchal 
Davout,  sans  vous  éloigtier  dtl  plan  de  l*Eitipereul*.  Je 
ne  saurais  Irop  vous  recommander  de  bîeii  Surveillé?  le 
corps  ennemi  qui  est  devant  vous,  car  il  pourrait  être 
dans  Tintention  de  suivre  la  même  direction  qii'oiit  t)rise 
le  régiment  de  Ferdinand-cuirassiers  et  celui  de  Nassâu- 
hussàrds,  pour  se  porter  sur  Ulm  pàt  les  routes  qui  sont 
encore  ouvertes  ». 

Jusqu'au  18  octobre,  Bernëdotte  et  t)avout  île  rece- 
vront pas  d'autres  instructions. 

En  se  portant  dlngolstadt  ^ur  Munich,  Bei*nÂdoite 
avait  placé  à  Tavant-gardfe  le  corps  bavarois,  qui  bivoua- 
qua le  H  au  soir  eu  avant  de  Schleissheitn,  au  contact 
de  Tétinemi.  Dans  la  nUit,  on  vit  les  feux  des  bivouacs 
autrichiens  s'éteindre  peu  à  peu;  les  [Patrouilles  àil- 
honcèrent  la  retraité  de  Kienmayei*.  D'aérés  lébrà[)ports 
reçus,  le  général  de  Wrède  pouvait  bi*usquer  ratta(|Ué, 
mais  pour  épargner  à  la  ville  de  Munich  les  hot'réurs 
d'un  combat,  il  préféra,  dit-il  lui-même,  faire  Uil  pdUt 
d'or  à  l'ennemi. 

Il  se  présenta  devant  la  ville,  vers  6  heures  dU  tnàttn, 
et  apprit  qu'elle  venait  d'être  évacuée.  Il  prit  alors  le 
trot  avec  sa  cavalerie,  et  se  lança  à  la  poursuite  àéi 
Autrichiens  ;  mais  en  arrivant  sur  la  grande  placé,  il  y 
trouva  le  bourgmestre  et  un  peuple  innombrable  réunis 
pour  délébrer  la  fête  de  l'Electeur  et  le  retour*  de  SeS 
trouves.  Il  dut  arrêter  sa  course  pour  porter  la  Sdhté  dû 


INTRODOÔtiON.  67 

sôUVêiHIin  et  pit>iiotieei*  uhe  hàrAilgue  u  analogue  à  cette 
hetil^euse  cbcohstànce  iii  II  eut  le  bonheur  de  rejoindre 
etieoré  TaMHêre-^àt'de  ennemie  uh  peu  en  deçà  de  Pai^s- 
dorf,  et  de  lui  faire  bon  nombl^e  de  prisonniers,  entre 
anti^s  tbut  un  bataillon  de  Deutschmei&ter  qui  se  rendit 
sàliH  cout>  férir,  ses  bffieiers  l'ayant  abandonné. 

Pendant  que  de  Wrêde  s'arrêtait  devant  Munich,  le 
chef  d'escadrons  Ameil  et  le  lieutenant  Botinemain,  dVed 
citiqliâiite-einQ  cavaliers  français,  avaient  tourné  la  ville 
et  doublé  le  tet^ite  à  réxtrême  ârrière-garde  ennemie. 
Ils  y  fifeàt  450  ptisoniiiéi^s.  Au  totale  on  en  prit  1100 
datlii  éêtte  journée. 

Dé  Wtêde  bivoua(}ue  le  12  jJrès  de  Parsdorf  ;  les  deux 
divisions  françaises  de  Bernadotte  cantonnent  à  Munich; 
Dewy  ërt  eti  àtriêi»è  à  BchVrabing.  L'avant-garde  fran- 
çaise, qui  devait  aller  seule  à  Saini-Veit,  est  Vende  à 
Sftlmdôi'f.  Uii  bàtailioil  bavarois  occupe  Freising.  Le 
général  lUvaud  à  été  laissé  ft  Ingolstadt  avec  un  régi- 
ment flteuçaië  et  Une  brigade  bavaroise. 

Davout  a  établi  ëon  quartier  général  àDachau,  avec 
sa  1'®  division;  son  avant-garde  est  à  Mosach,  aux  portes 
de  Munich,  bù  elle  a  boitiscUlé  quelques  escadrons  autri- 
chiens et  fait  qUlUÉé  prisonnierii. 

La  2*  diViiuon  a  été  laissée  plusî  au  Nord,  sur  TAmmer, 
à  deux  lieUé»  dé  la  (""^  La  3«  eist  l'estée  à  Ober-^Roth  oU 
SchwabhaUëén,  a  pôi*téé  d'Augsbout^g. 

Le  14,  DavôUt  porte  tel"  division  vers  le  Sud,  bar- 
rant la  toute  de  Landsbei^g  â  Munich,  près  de  Gréifén- 
berg  ;  la  2«  divislbtt  telêVe  la  1"  à  Dâchau  et  à  Bftick,  et 
Tavant-garte  est  à  Oéi*toéring,  enlise  Bi^uck  et  Munich. 
La  â*  ne  bongfë  pas.  Ce  dispositif  n'est  pas  abslolument 
celui  que  Berthier  avait  indiqué,  mais  répondra  mieux, 
selon  DavôUt,  aux  vues  de  TEUipercut*. 

Le  13,  Bernadotte,  suivant  l'ordre  de  l'Empereur, 
détacbe  à  Tôls  la  brigade  bavaroise  du  comte  Mutius 
Minucci.  Sa  cavalerie  poursuit  les  Autrichiens  jusqu'à 


68  INTRODUCTION. 

rinn,  par  Hohenliaden  et  Haag,  et  leur  enlève  plusieurs 
centaines  de  prisonniers.  Le  total  des  prises  faites  par  le 
\^'  corps  et  les  Bavarois  s'élève  à  19  bouches  à  feu, 
150  chevaux,  des  voitures  et  1300  prisonniers. 

Un  officier  du  génie  bavarois,  avec  un  petit  détache- 
ment d'éclaireurs,  et  secondé  par  les  paysans,  s'empare 
le  15,  à  Rosenheim,  de  4  bouches  à  feu,  19  tonneaux  de 
poudre  et  munitions,  273  boulets,  etc. 

Des  partis  sont  envoyés  sans  cesse  par  les  1®'  et  2®  corps 
dans  toutes  les  directions  :  ils  battent  le  pays  jusqu'à 
Ratisbonne,  Landshut,  Mûhldorf,  Kufstein  et  Fûssen. 
Passau  est  entouré  par  les  Autrichiens,  mais  sa  garnison 
bavaroise  a  refusé  de  se  rendre  et  n'est  pas  attaquée 
sérieusement. 

Davout  se  tient  en  liaison  avec  les  trois  corps  de  Soult, 
Marmont  et  Bernadette. 

Cette  situation  ne  variera  plus  jusqu'au  19  octobre, 
jour  où  Napoléon,  informant  les  deux  maréchaux  de  la 
capitulation  d'Ulm,  leur  ordonnera  les  premiers  mouve- 
ments préparatoires  de  la  marche  sur  Vienne. 

Dès  que  l'armée  s'est  portée  au  delà  du  Danube, 
l'Empereur  a  pris  de  nouvelles  mesures  pour  la  dé- 
fense des  communications.  Il  faut  remarquer  ici  que 
les  localités  ne  lui  ont  pas  permis  de  jalonner  la  route 
de  l'armée  par  des  dépôts  fortifiés  à  intervalles  de  quatre 
à  six  marches,  comme  il  le  recommande  en  principe  (1). 
Depuis  le  Rhin  jusqu'au  Danube,  il  ne  se  trouve  pas  de 
place  facile  à  mettre  à  l'abri  d'un  coup  de  main.  Aussi 
les  dépôts,  le  trésor,  etc. ,  seront-ils  très  exposés  le  jour  où 
Werneck  et  l'archiduc  Ferdinand  s'échapperont  d'Ulm 
vers  le  Nord-Est. 

Pour  parer  le  mieux  possible  à  un  danger  de  cette 


(1)  Noies   sur  les   Considérations  de  Rogniat  :   Correspondance  de 
Napoléon,  tome  XXXf,  pages  356  et  suivantes. 


INTRODUCTION.  69 

nature,  TEmpereur  a  fait  organiser  et  occuper  les  loca- 
lités les  plus  intéressantes.  Deux  dépôts  sont  établis, 
l'un  à  Nordlingen,  sous  le  général  Milet,  pour  les  dra- 
gons ;  l'autre  à  Harburg,  sous  le  général  Verdière,  pour 
la  cavalerie  légère  et  les  cuirassiers.  Dès  le  8,  il  y  a  assez 
de  chevaux  complètement  guéris  pour  qu'on  puisse 
envoyer  des  renforts  aux  régiments.  Ces  deux  dépôts 
sont  donc  en  état,  le  cas  échéant,  de  fournir  une  défense 
sérieuse  contre  les  partis  ennemis. 

A  Donauwœrth,  le  commandement  a  été  donné  au 
général  Godinot,  qui  dispose  du  21®  dragons  et  du  3®  ba- 
taillon du  34®  de  ligne.  On  y  a  envoyé  en  outre  deux 
bataillons  wûrtembergeois  pour  garder  le  pont  de  Rain 
surleLech.  Ces  troupes  sont  chargées  de  mettre  en  route 
les  convois  de  prisonniers,  pour  lesquels  deux  autres 
bataillons  wûrtembergeois  sont  placés  à  EUwangen  et 
Heilbronn,  et  deux  bataillons  badois  entre  Heilbronn  et 
Spire. 

Le  10  octobre,  la  route  de  l'armée  est  prolongée  jus- 
qu'à Augsbourg,  qui  est  occupé  par  la  Garde.  Bernadotte 
a  reçu  l'ordre  de  laisser  une  division  de  6,000  à  8,000 
hommes  à  Ingolstadt  ;  il  y  met  le  général  Rivaud  avec  le 
54*  de  ligne  et  5,000  Bavarois.  Rivaud  détache  un  régi- 
ment bavarois  sur  rilm,  entre  Pfaffenhofen  et  Vohbourg  ; 
un  bataillon  de  chasseurs  bavarois  entre  Vohbourg  et 
rAltmûhl,  et  un  autre  à  Rain,  qui  y  relève  les  deux  ba- 
taillons wûrtembergeois  de  Godinot  ;  ceux-ci  sont  envoyés 
à  Augsbourg  avec  un  demi-escadron  du  21®  dragons  et 
une  compagnie  du  34®. 

Le  J2,  Marmont  laisse  comme  garnison  à  Augsbourg 
la  division  batave  Dumonceau,  qui  remplace  la  Garde 
impériale.  Cette  division  tient  deux  bataillons  dans  la 
ville,  et  partage  le  reste  entre  les  ponts  du  Lech  et  de  la 
Wertach. 

Le  12  octobre,  l'Empereur  croit  la  présence  de  l'en- 


70  iHTReDuofieî^r 

nemi  sur  l'Iller  asse^  probabla  pour  ^^  porter  d^  ce 
côté  ;  mais  il  laisse  le  quartier  géuéral  jt  Augsbo||rg.  Qe 
sa  personne,  il  va  eouoher  à  Burgi^u,  et,  la  i3,  i\  spp^  4 
(Jiinzbourg  dès  l^  prepiière  bevipe, 

IX 

Dans  la  nuit  du  12  au  13  octobre^  le  muréphal  La^^^9 
adresse  à  Murai  une  lettre  des  plus  importantes,  qui 
témoigne  de  sa  clairvoyance  et  de  sa  résolution;  il  reqpn- 
Hait  que  l'Empereur  s'est  fait  une  idée  tout  4  fait 
inexacte  de  la  situation,  et  il  demande  à  se  porter  sims 
retard  dans  la  direction  d'Albeck  i  u  L'armée  ennemie 
est  sur  la  rive  gauche  du  Danube,  écrit-il;  il  n'ei^iste  en 
ce  moment  dans  Ulm  qu'une  réserve  d^  4,000  eu  S,OOQ 
hommes,  et  les  forces  qui  sont  sur  la  vive  lipoite  sont  p^U 
considérables.  Tout  parait  donc  confirmer  que  Tennemi 
a  le  projet  de  se  retirer  par  la  Franconie,  et  il  n'e^t  pa^ 
douteux  pour  moi  qu'il  ne  commence  son  mouveo^ent 
cette  nuit.  Vous  jugerez  sans  doute  coilYÇHable,  Moqseir 
gneur,  d'aller  au  secours  de  la  division  Dupont  et  de 
porter  une  grande  partie  de  vos  forces  sur  ]a  fîve  g^upbp 
du  Danube  ;  en  mon  particulier,  je  pense  que  pe  mouve- 
ment est  on  ne  peut  plus  urgent,  et  je  vpua  prie  pQJ^n)^ 
en  grâce  de  Tordonner.  Votre  Altesse  jugera  aus^i 
convenable,  j'en  suis  convaincu,  d^informef  de  Éiuite  Sa 
Majesté  Impériale  de  l'état  des  choses  ». 

Malheureusement  Murât,  moins  clairvoyant  que 
Lannes,  se  borne  à  rendre  compte  de  rppîuipft  émisp 
par  celui-ci  :  «  Quoique  le  combat  livré  avantrjiier  pap  le 
général  Dupont  ait  démasqué  notre  faiblesse  sur  la  riy^ 
gauche  et  nos  desseins  sur  la  rive  droite,  jo  ne  crois  pas 
à  ce  qu'a  dit  l'espion  et  je  ne  partage  pas  l'opinion  de 

M.  le  maréchal  Lannes Ce  matin,  aussitôt  que  Jp 

jour  paraîtra,  j'irai  reconnaître  la  position  de  l'ennemi  ; 
en  attendant,  je  me  hâte  d'engager  M.  le  maréchal  Ney 


IlfTBOpupTION.  71 

à  prévenir  le  général  Dupont  ^^s  projets  qqp  le  maré- 
chal (idiines  ^pppqse  aux  A^tHcbi^n£;,  en  lui  ordonnant 

d'établir  U  plus   grande  surveillance,  etc Votre 

Majesté  vi0nt  :  ^Ue  ordonnera  e}le-mè[ne  )e  q^piyv^ment, 
si  elle  le  jiige  convenabip  ;  poup  moi,  J0  np  ^ai^r^is  m'y 
décider  ^i  légërepient,  sui^toiit  lorsque  je  connais  la 
marche  du  général  Marmont  et  du  p)aréchal  Sonlt  sur 
ma  gaucb^•  ^^  s^rait-pe  païf  désorganise^  vQtre  plan 
géqéral?  Je  me  borpe  donc,  ^ire,  à  presser  Tocpupatipp 
du  pont  4'Ëlphiug^Q  et  à  donner  qpfnmqpicatioi)  à  Votra 
Majesté  des  avis  que  je  reçois.  ^) 

Murât  expose  d'ailleurs  les  motifs  pour  lasqifals  il  c^pit 
n'avoir  rian  ^  craipflre  dvi  P^t^é  d'AIj^eck  :  Â  |out  évépe- 
ment,  dît-il,  la  divis|pi^  Qi^pont  est  là,  et  pn  peut  compter 
sur  elle,  comma  p\\e  yient  encore  de  le  prouvar.  le)  Murât 
semble  trop  ppésumar  4es  forces  de  celte  troupe  épqisép 
de  fatigpe,  privée  de  canons  et  4ç  mui^ftions,  et  qui 
d'ailleurs,  comme  il  la  saiira  bientôt,  n'est  pas  à  Albeck. 
D'autra  part,  il  émet  quelques  consiflératip^P  mal  fon- 
dées sur  l'état  mqral  de  l'ennemi,  le  disapt  pau  enclin  à 
risquer  un  mouvement  qui  le  séparerait  du  Tyrol  et 
l'exposerait  é  une  attaque  de  f)anc. 

11  donpe  4es  raisons  plus  admissibles  qqa^d  i} 
déclare  qua  les  troupa^,  parvenues  sur  leurs  positio^s  ^ 
10  heures  du  soir  par  un  tamps  épouvantable,  ne  peuvent 
guère  sa  remettra  an  routa  au  point  du  jour. 

Cependant  l'Empereur  arriye  sur  le  tarrain,  Il  passe 
d  abord  par  Gûnzbourg,  croyapt  y  trouver  Murât  et  Ney, 
et  il  s'étonne  de  l'incertitude  pu  Ton  est  resté  au  sujet 
de  la  division  Dupont.  Jl  epvoie  à  sa  recherche  un  officier 
d'état-u^AJor  pour  en  avoir  des  nouvelles  précises,  puis 
se  rend  à  Pfaffenhofen  auprès  de  Murât.  Là,  il  prend  con- 
naissance des  derniers  renseignements  et  se  forme  une 
idée  de  la  sitqation. 

Pas  p}i|s  à  PfaffenhofeQ  qu'à  Gtinzbourg,  il  na  peut, 
acquérir  da  notion  préciçje  sur  les  positions  du  6^  corps 


7i  INTRODUCTION. 

On  sait  que  les  divisions  Loison  et  Mâlber  sont,  âu 
moinH  en  partie,  dans  les  villages  de  Leipheim,  Falheim 
et  Nersingcn;  on  croit  qu^elles  occupent  Dcbiniren, 
et  comme  Murât  a  ordonné  dès  le  1 1  que  Dupont  demen- 
rAt  A  Albeck,  il  suppose  qu*il  s*y  trouve.  L*Empereur  se 
contente  donc,  tout  d*ahord,  d'ordonner  A  Lannet  de 
pousser  la  division  (iazan  h  Pfnhl,  sous  les  murt  d'rim  : 
le  reste  du  «V  corps  devra  s*emparer  coûte  que  cuiMe 
du  pont  d*Ober-Kirchherir  et  prendre  pied  sur  la  rive 
gauche  de  riller,  établissant  la  liaison  directe  avec 
Soult.  Marniont,  qui  a  dépassé  Kruinl>ach,  doit  venir 
A  Weissenhorn. 

IticntAt  on  apprend  que  Dupont  est  A  Breni.  que  le 
6*  corps  n*a  envoyé  sur  Oher-Klchingen  qu*un  batailloo 
du  2y  léger  et  10  chasseurs  h  cheval  du  10',  commandés 
par  le  général  Marco&:net;  t|ue  celui-ci,  A  peine  sur  le 
plateau.  s*est  trouvé  nvt  A  nez  avec  W  bataillons  et  4  enca- 
drons autrichiens,  et  s'est  empressé  de  revenir.  ••  ayant 
rempli  sa  mission  ».  Il  n*y  a.  devant  le  pont  d'KIchin- 
gen.4|ue3  compacnies  de  grenadiers  de  ladivbionLoisoo. 

.Napoléon  entre  alors  dans  une  violente  colère  contre 
le  iiKirrchal  Nt*}  :  il  lui  repr«»che  d*a\4»ir  laissé  Ilupoot 
attaqiKT  s<'ul  !<•  Il,  d^ooir  fait  évacuer  Albeck  et 
KIrhinct'n  ountrairemeiit  aux  onlri»s  n'çu»,  de  n'avoir 
pas  a.H^uri*  1rs  i  oin mu iiica lions  entre  ses  divisions,  et  de 
laisser  IKinpi-reur  dans  l'ignorance  des  mouvements  et 
posilioiiN  du  ij'  ('i.riis.  Il  lui  tmlonne  d*4H:cuper  le  leode* 
main  h*  passaire  «rKIchintren. 

IN'udant  et*  Imips.  iMipont  ann«>nce  qu'il  est  entouré 
de  l'His  i'mI»-h  par  b-s  partis  rnii<*mis. 

I.t*  M>ir.  îhipiiut  rsi  rui'ore  à  Ilnnu.  Malher  et  Itour* 
oitT  A  Fallirini.  I^iisnn  «n  n»utf*  pour  Nersingen.  les 
dr.i.'>ns  À  pi«*d  a  Ltiplifiin  ;  (la/an.  Suchet.  DeaumoDt 
k'ar>i«  lit  l«  iirs  p<isiti<>iis  di*  l.i  \«illf»  sur  la  Rotli,  et  t^udi* 
not  ar:-i\'  a  <  )|im  KirfhlifTj.  La  (tard*' et  1rs  cuirmsaîers 
.Naiis..ut\   sont  a  iiiniibi»ur«.  Marmont  A  Weisseobom, 


INTRODUCTION.  73 

Soult  devant  Memmingen,  qu*il  a  investi  dans  Taprès- 
midi  avec  sa  3®  division,  et  qui  parait  vouloir  se  défendre. 
Ce  dernier  annonce  que  Tarchiduc  Ferdinand  et  le  gé- 
néral Mack  sont  à  Ulm,  où  Ton  a  envoyé  récemment  des 
équipages  et  du  canon  par  Memmingen. 

Dans  la  soirée,  l'Empereur,  en  réitérant  à  Ney  Tordre 
de  s'emparer  d'Elchingen,  prescrit  à  Lannes  de  s'éta- 
blir à  Pfûhl  ;  il  sera  soutenu  par  les  dragons  à  pied  et, 
éventuellement,  par  toutes  les  autres  troupes  échelon- 
nées depuis  Gûnzbourg.  La  Garde  et  Nansouty  doivent 
se  porter  sur  la  Biber,  non  loin  de  Falheim,  pour  se 
tenir  prêts  à  intervenir.  Marmont  doit  passer  TlUer  devant 
WuUenstetten  et  achever  l'investissement  d'Ulm  au  Sud- 
Ouest.  Quant  à  Soult,  Berthier  lui  écrit  :  «  Je  vous  pré- 
viens que  toute  l'armée  ennemie  est  dans  Ulm  ;  il  est 
indispensable  que  vous  veniez  pour  former  la  gauche  de 
l'Empereur  et  intercepter  à  l'ennemi  la  route  de  Bibe- 
rach.  L'Empereur  s'attend  que  votre  corps  d'armée  sera 
le  plus  tôt  possible  dans  les  environs  d'Ùlm.  » 

Dans  la  nuit  du  13  au  14,  lattention  de  l'Empereur 
se  porte  de  plus  en  plus  sur  les  événements  de  la  rive 
gauche  :  il  sent  que  les  grands  coups  se  frapperont  là, 
et  il  invite  Lannes  à  soutenir  Ney  le  plus  rapidement 
possible,  tandis  que  Marmont  relèvera  Oudinot  dans  ses 
positions  : 

«  Je  vous  préviens,  écrit  Berthier  à  Lannes,  qu'au- 
jourd'hui à  la  pointe  du  jour,  le  maréchal  Ney  se  porte  à 
la  rive  gauche  du  Danube  pour  reprendre  la  position 
d'Albeck.  Il  est  possible  que  cela  donne  lieu  à  un  enga- 
gement très  sérieux  ;  il  est  donc  convenable  qu'au  pre- 
mier coup  de  canon  vous  vous  trouviez  vous-même  sur 
la  rive  droite,  du  côté  du  pont  d'Elchingen,  pour  pou- 
voir soutenir  le  maréchal  Ney  ;  suivant  les  circonstances, 
que  vos  troupes  soient  prêtes  à  le  soutenir  ou  à  se  rap- 
procher du  champ  de  bataille.  Si  l'ennemi  sort  d'Ulm  de 
ce  côté,  nous  pourrons  marcher  à  lui  et  le  culbuter;  si 


74  iTTBODucnosî. 

au  contraire  il  ne  sort  pas,  et  que  l'affaire  de  M.  lu  marf - 
cbal  Ney  engage  beaucoup  de  tniupcs  ennemies,  nous 
pourrons  le  suivre  de  poste  en  poste,  fiasser  sur  la  rive 
gauche  en  laisssaut  le  général  Marmunt  de  ee  cAlê-ci, 
et  enlever  toutes  les  hauteurs  d'ilni. 

«  Si  Tennemi  attaque  le  maréchal  Ney  et  qu'en  même 
temps  il  attaque  le  général  (iaian,  cela  donnera 
lieu  à  des  événements  qui  arrangeront  heauooMp  nos 
affaires  ». 

A  4  heures  du  matin,  Iterthier  écrit  A  Ney,  |K)ur  plus 
de  sûrt'té  : 

«  I/intention  de  rKuiftereur  est  touji »urs  que  vous  vous 
emitariez  des  hauteurs  d'Alheck;  si  cela  \uus  engage  é 
une  Krando  liat«iillCf  V4ius  serei  soutenu  fortement  :  toi|l 
ce  qui  [Hirtera  renncini  A  a\oir  une  affaire  au  delA  des 
retranchements  d  l  Im  ne  peut  que  nous  «"^tre  très  a%'an- 
tagt!U\  ». 

C'est  en  vertu  de  ces  (»rdres  réitérés  que  le  maréchal 
Ney  livrera,  le  14  octobre,  le  comliat  d'KIchiogan. 


X 

I.f  li4M*tobn\  fl.'in>  la  matinée,  Ihi[>4»nt  se  remet  en 
maivlie  vers  .Vlt»erk.  mais  il  apenoit  des  forces  su|>é- 
rieures  tlf\.int  Laiik'*'nau.  et  n*ooiinalt  une  c«i|oune  aulri- 
ehienne  filant  sur  la  droite,  par  la  rt»ute  de  Nen^nstelteo. 
If  Api*'*»  un  <oinliat  d'axant-L'anle  engaçé  |>«>ur  forcer 
renntiiii  a  nh-ntr«r  ti.iitr^  s,'^  fon^e».  le  général  Ilupont 
prt'n«l  If  |>artul«-  «»•'  rtporter  sur  la  Itrenz  afin  de  oaivrîr 
\vs  rMiiiiiiunitath'ti*»  >lf  l'.irnM*^  par  (iiindeltingen  et 
llnn/lxturi:.  it  <li  |irt\(nir  les  intentions  qm*  IVnnemi 
piiiiriiit  i\««ir  »r«»|Mrtr  un*-  iii\«THion  tt  de  dék'ager 
1  lin    1     0 


Oui  *»  tom?  4^  h  dîvipipR  liQison  4e  s'illustrer  ;  Ua]her 
a  0U  GQozbourg,  ^^  Dqpoqma^sl^ob.  Le  U  octobre,  ^Q\i^ 
la  âireattoQ  per^ofmelle  4u  niAPécb^l  Ney,  qui  ser«  toq? 
jours  ai|]|  premiers  rpingi,  ]a.  division  LfOisoQ  reo^pppterj^ 
la  vietoird  4'filphipg§fl,  et  c^îft  P^esq^e  f^a^  ^rtiUgriç, 

D^m  pbomin»  vpnimt  ^p  Nppsingp p  ^t  4e  Byplpfipgeo 

§§  Féqçi^Éf^pt  i^uF  )q  bopd  4u  P^oybe,  4wa  PHP  clwrière 
dp  qpi^  b§i§  paapéçiigeux  qui  pqvpjQppejjt  le»  pié^Qdrei? 
et  les  dérivations  du  fleuve.  C'est  là  que  le  mar^isli^i 
Ney  arriTe  4  8  hmi^^  4u  i^^tin,  spîvi  par  ravMtrgsrde 
de  Ip  divisio»  tiflisop  «),  Dpv^Rt  liii,  le  pont  d'ïîlcbipgpft 
cm  de  ]L(pibe«,  4Qnt  1^  efe^rpppte  çst  FPsféP  iptepte,  e( 
4cfRt  ie  teblier  4p  plftRcbes  »  été  epley^  par  Veppeipi, 
traverse  \p  pftnube,  large  4e  80  h  iQQ  piètresit  Au  àeli 
du  pont,  la  chaussée  franchit  deux  bras  4  PPP  pi*è§ 
çppiblés,  qui  pg  §ûpt  plu§  gpère  quo  4p^  fQ?sép,  ppis 
depx  riiips^ap^  pftFftHèlesi  (k  Ift  lïprg^:  W  se  troHvept 
4eqx  maisqps  4e  pépl^eqrs  ^vpç  pp  bpre^p  de  péaj^p,  Il  y 
^  500  w^trp^  du  P&PPbP  4  cpsdepj^  m«spps  pt  500  mètreg 
enoore  jpsqpVu  pied  4pp  cptpftuif,  qui  ^'élèvppt  ft  30 
piètres  au-4esi^p§do  la  plaiae.  P'abord  esparpés  et  plon- 
geant dftps  le  Dftpphe  4epms  Ulrp  jusqp'ii.  Tbftlfipgep,  ils 
8>p  écartept  ppp  ^  p^p  pt  vppt  s'ftdpucisswt  PPtre  c§ 
yillagp  Pt  celui  4'Upter'Elcbîngpp,  ap  ^prd  4uqqel  ils 
fpiept  vers  t^ngpnaij,  faisjinl  pl^cp  apii  Yi»§tp8  ffiftpai§ 
du  Rio4  et  du  Popau-Moos, 


(i)  Brigade  Villate  :  6**  léger  (colonel  Laplane),  1740  hommes;  39*  de 
ligné  (colonel  Maucune),  1640  hommes. 

Brigade  Roguet  :  69*  (colonel  Qrun),  1726  hommes;  76?  (aolonel 
Lajonquière),  1800  hommes. 

Ont  pris  part  en  outre  au  combat  :  3*  hussards  (Lebrun),  340  cava- 
lien;  ^0*  cbasseuFi  (Colbert),  350  cavaliers;  ISp  dragons  ((.pfipbvrp), 
335  hommes;  19*  dragons  (Caulaincourt),  440  bonimes;  W  dragpns 
(Rigaud),  490  hommes. 

Total  :  8,800  hommes  environ. 


76  INTRODUCTION. 

L'abbaye,  cloître  ou  couvent  d'Ëlchingen,  qui  domine 
tout  le  plateau,  s'aperçoit  vers  la  droite,  lorsqu'on  dé- 
bouche du  pont,  avec  son  clocher  et  ses  vastes  bâti- 
ments entourés  d'une  enceinte  ovale  qui  déborde  sur 
les  pentes.  Le  village  d'Ober-Elchingen  descend  oblique- 
ment, de  droite  à  gauche,  de  l'abbaye  vers  la  plaine,  sur 
une  longueur  de  1000  mètres.  Plus  à  droite,  derrière  une 
croupe  qui  s'allonge  à  l'Est  du  couvent,  on  entrevoit  la 
chapelle  de  Saint- Wolfgang  et,  dans  le  fond,  Unter- 
Elchingen. 

Le  ruisseau  qui  descend  à  Thalfingen  ravine  profon- 
dément le  plateau  entre  les  abords  d'Elchingen  et  ceux 
d'Haslach,  où  Dupont  a  combattu  le  11.  Un  grand  bois, 
flanqué  au  Nord  et  au  Sud  de  deux  autres  plus  petits, 
s'étend  de  l'Est  à  l'Ouest  depuis  l'abbaye  j  usqu'aux  pentes 
de  ce  ravin. 

Le  14  octobre  1805,  le  pont  d'Elchingen  était  gardé, 
sur  la  rive  gauche,  par  300  Autrichiens  avec  deux  pièces 
de  canon  (i).  Onze  bouches  à  feu  (sept  canons  de  8,  sept 
de  4,  deux  obusiers)  leur  furent  opposées  tout  d'abord  par 
le  maréchal  Ney  et  en  eurent  facilement  raison  ;  mais  il 
n'y  avait  pas  de  temps  à  perdre  :  sans  attendre  le  succès 
de  la  canonnade,  le  maréchal  ordonne  au  capitaine  Coisel, 
aide  de  camp  du  général  Loison,  de  donner  l'exemple  et  de 
replacer  le  premier  madrier  avec  l'aide  d*un  sapeur  du 
6®  léger.  Celui-ci  a  aussitôt  la  jambe  emportée  par  un 
boulet  ;  mais  les  compagnies  d'élite  de  son  régiment  et 
du  39®  se  précipitent  :  pendant  que  les  uns  ramassent 
des  planches,  que  le  Danube  a  amenées  à  la  dérive  des 
ponts  rompus  en  amont,  les  autres  passent  en  courant 
sur  les  poutres  et  vont  se  déployer  en  tirailleurs  au  delà 


(1)  D'après  la  relation  française.  Au  dire  de  Schônhals,  il  y  ayait 
deux  bataillons  et  deux  pièces,  qui  furent  renforcés  peu  après  par  deux 
autres  bataillons  et  quatre  pièces  ;  mais  il  semble  que  ce  renfort  soit 
arrivé  trop  tard  pour  coopérer  à  la  défense  du  pont. 


INTRODUCTION.  77 

du  fleuve.  Il  y  a  Jà,  bientôt,  les  grenadiers  du  39®,  les 
carabiniers  et  voltigeurs  du  6«  léger  et  quatre  compa- 
gnies de  ce  régiment.  Ils  chassent  devant  eux  les  300 
tirailleurs  ennemis,  qui  essaient  en  vain  de  tenir  dans  les 
deux  maisons  du  péage. 

Sur  ces  entrefaites,  quelques  compagnies  autrichiennes 
se  montrent  sur  notre  gauche  et  nous  prennent  en  flanc 
avec  un  canon.  Le  général  Villate  détache  de  ce  côté 
une  poignée  de  tirailleurs  et  quatre  compagnies  qui 
refoulent  peu  à  peu  Tennemi  dans  la  direction  de  Thal- 
fingen. 

Le  débouché  du  pont  est  entièrement  dégagé,  sans 
qu'il  ait  été  fait  d'effort  sérieux  pour  en  empêcher  le 
passage.  Le  1®'  bataillon  du  39®,  suivant  ses  grenadiers, 
file  vers  la  droite  en  longeant  la  lisière  du  bois,  tandis 
que  les  deux  bataillons  du  6®  léger  se  portent  en  avant 
vers  le  village  et  l'abbaye. 

Le  tablier  du  pont  est  réparé,  et  la  cavalerie  légère 
(3®  hussards  et  10®  chasseurs)  s'y  précipite  pour  aller  se 
déployer  dans  la  plaine  entre  les  bois  et  le  village. 

Le  maréchal  Ney  ignore  encore  quelles  forces  l'en- 
nemi va  lui  opposer,  et  les  positions  qu'elles  occuperont. 
Les  trois  bataillons  s'écartent  en  éventail,  prenant  pour 
points  de  direction  :  celui  du  39®,  la  chapelle  de  Saint- 
Wolfgang  ;  le  1®'  du  6®  léger,  l'abbaye  ;  le  2®  du  6®,  la 
lisière  Sud  d'Ober-Elchingen. 

Les  deux  bataillons  du  6®  léger,  en  colonnes  précédées 
de  tirailleurs,  progressent  assez  facilement,  et  il  ne 
semble  pas  que  l'ennemi  leur  ait  disputé  sérieusement 
l'immense  lisière  du  village.  Le  2®  bataillon  y  pénètre 
et,  luttant  pied  à  pied,  finit  par  gagner  la  lisière  opposée; 
puis  il  chasse  les  Autrichiens  d'une  briqueterie  située 
sur  le  plateau.  Le  1®'  bataillon  entre  dans  l'abbaye, 
leç  quatre  compagnies  de  gauche  par  la  grande  porte 
(au  bout  de  la  principale  rue  du  village)  et  celles  de 
droite,  avec  les  grenadiers,  par  une  petite  porte  située  à 


78  INl»fe6Dt)dTI0N. 

l'angle  Sud  de  Tenceinte.  Le  bataillon  de  Sporckj  qui 
défendfldt  Tabbaye,  est  fait  prisoUùiei*. 

Le  1"  bataillon  du  39«,  en  apt)rochdht  dé  Sâiii^Wolf^ 
gang,  au  lieu  de  tt^ouvei^  pAt  le  Vallbti  tin  pltiil  fiÈrôilë 
accès  vers  le  plateau,  se  heurte  à  dèis  foi*cês  supfiHèUPëHt 
Accueilli  par  le  feu  dé  tiédis  bàtdiilotis  &utt46hîe!is, 
chargé  par  plusieurs  esdàdi^ons,  et  il  Èè  hâte  de  se 
repliei'lsùr  lô  bois;  mëîs  poursuivi  et  chargé  ëncot^e^  il 
est  mis  en  pleine  déroute  et  se  reformé  à  ^raud'peiôè 
sur  là  lisièi*è. 

Il  n'y  a  pas  encore  d'artillerie  pour  appuyer  TattàqUè 
de  notre  Infanterie  ;  deux  pièbès  seUletnent  (un  caiioh  de 
4  et  un  obusier)  ont  passé  avée  le  6^  léger,  et  elles  soUt 
oppbséës  à  UUe  batteHe  ennemie  qui,  pofiitéé  aU  BUd 
d'Elchingéti,  ptend  Uos  lignés  eU  échàrpe. 

Le  2«  bataillon  dU  39^  puis  la  brigade  Roguet  (8&*  êl 
76«)  traversent  le  pont  à  leur  toUt»  et  se  pobtfeUt  éh  ftVàilt. 
Les  ^8^  19"  et  25«  dragotis  pasSei*olit  isuccéSsîVënieht. 
Une  UoUvellè  phase  du  éoinbàt  Va  ôotaimencet. 

Quelîî  renseignements  èi  le  maréchal  Ney  SUî*  lëS  posi- 
tions de  l'ennemi  ?  Quelles  instructions  a4-il  l^eçUés  de 
l'Empereur  ?  OU  l'ignorfe  ;  itiaid  il  maUt^uVrë  d'abord, 
scmble-t-il,  de  tnanière  à  attdquer  la  gauche  de  l'éii- 
nemi  et  à  le  rejeter  Sur  UltU.  Laissant  lé  6®  léger  occu- 
per seul  le  village  et  l'abbàyê  d'Ober-EléhlUgeU,  et  eh 
déboucher  vers  l'OUest,  il  porté  tdUl  lé  reste  dé  ses 
troupes  daiiS  l'espace  découvert,  large  de  HOO  ttiêtrés, 
qui  séparé  les  deUi  ËlchiUgéU. 

Lé  2^  bataillon  du  39^  S'est  glissé  le  IdUg  dU  bôiii^  a 
rallié  lëS  débris  du  l^'  batàîllott  et  s'est  porté  èii  àtàiil 
avec  lui  sur  Saint-Wolfgangétrauglé  SUd-OUèst  d'tJntër« 
Elchitigfen.  Cette  fois,  ils  Uë  rencontrent  plUS  de  forëëë 
supérieures,  et  prennétil  plêd  Sur  le  plâteâU,  lâéàVAlerle 
légère  à  leur  gâuëhë,  âU  cétitre  de  la  division. 

Lé  è9«  et  le  76"  ont  débouché  du  poût,  chàcUn  d'eUt 


INTRODUCTION.  79 

toi*màiit  éIoté  utie  Seule  coloniie  de  règitnent,  et  ils  se 
dirigent  sur  Tintervàlle  entré  l'abbaye  et  Saint- Wolf- 
gàng.  Arrivéis  là,  ils  se  dêj^lôletit  en  éVentail  à  portée 
de  fusil  de  Tennemi. 

Lé  maréchal  Ney,  d'après  le  rédacteur  de  sesl  Mémoi- 
res, «  feignit  de  VOUloii*  opéi*er  par  i^a  droite,  àttit^ 
par  ses  déploiements  les  réserves  de  rennemi  sur  ce 
point,  et  ne  lé  vit  paS  plUtAt  dégârtiir  son  ceiitrê  tjilë,  se 
jetant  à  la  tète  d'Utie  partie  de  ses  foi*ces,  il  manœuvrià 
pour  le  couper  par  la  gàtiche,  lui  enlevet  ses  communica- 
tions (!)  ».  Le  rapport  du  général  Loison  àù  Mai*échèil 
dit  en  effet  :  «  Arrivés  sur  le  plateau,  vous  ot*donnâtes 
de  s'empàrei^  du  bois  qui  est  à  gauche,  et  de  diriger 
cbhstammeiit  les  mouvements  sur  la  di^oite  de  l'étiûemi  >). 
Les  Mémoii^és  du  maréchal  Néy  coUtiilueiit  àiiiisi  : 
u  Roguet  l^ompt  pai*  pélotonS  à  gauche  avec  le  09^,  longe 
intrépideméht  lé  frdUt  de  là  ligue  eUnemie,  et  reçoit  soti 
feu  à  bout  portant  (2)  ». 

Le  76«  seul  poussé  droit  dévatlt  lui,  soutëiiu  successi- 
vement par  la  cavalerie  légère  et  le  18*  dragons.  Le  59*  et 
là  cavalerie  iégèi*e,  qui  ont  repoussé  quelques  compa- 
gnies ennemies  sut  Uhtér-Ëlchingen,  eu  abandonnent  la 
poursuite  aU  19*  dragons  (S),  qui  arrive  à  ce  moment,  et 
vont  réjoindre  le  6*  léger  à  là  gauche  de  la  division. 

«  Les  mouvements  furent  exécutés  avec  intrépidité, 
dit  le  général  Lôison  au  marécbal  Ney,  et  personne  ne 


(i)  Tome  II,  page  311. 

(2)  Voir  le  croquis  n°  4. 

(.i)  Le  i^  dragons  fait  250  prisonniers  au  débouclié  d'Unter-Elchin- 
gen,  attaque  et  poursuit  quatre  escadrons  de  cuirassiers  autricliiehs 
jasqu^à  ïlferenstetten.  Là,  il  se  heurte  à  un  détachemetit  deâ  trois  arihes, 
que  la  division  Dupont  a  reconnu  dans  la  matinée,  et  il  est  forcé  à  son 
tour  de  reculer.  Il  échappe  à  grand'peine  à  la  cavalerie  ennemie  et 
revient  bivouaquer  le  ^oir  près  de  Gôttingeo,  à  trois  kilomètres  à  l'Oiiest 
d'Elchingen. 


80  INTRODUCTION. 

peut  mieux  que  vous,  Monsieur  le  Maréchal,  rendre  jus- 
tice aux  différents  chefs  qui  commandaient  ces  colonnes, 
puisque  vous  fûtes  constamment  au  milieu  du  feu  le  plus 
vif  ». 

Les  Autrichiens  saisissent  le  sens  de  la  manœuvre 
ordonnée  par  le  Maréchal.  Ils  voient  qu'il  cherche  à 
leur  couper  la  retraite  sur  Haslach.  Ils  serrent,  eux 
aussi,  de  ce  côté,  groupent  leurs  colonnes,  les  forment 
en  carrés  pour  les  faire  appuyer  à  droite. 

a  L'ennemi  qui,  à  notre  arrivée  sur  le  plateau,  était 
en  bataille  sur  deux  lignes,  voyant  les  mouvements  qui 
s'exécutaient  sur  sa  droite  par  notre  infanterie,  et  ceux 
que  M.  le  Maréchal  avait  ordonnés  à  la  cavalerie  d'exé- 
cuter sur  la  gauche,  forma  plusieurs  carrés,  dont  trois 
forts  de  4,000  hommes  chacun  (1),  et  chercha  constam- 
ment à  gauche  la  route  d'Albeck  à  Ulm  en  s'appuyant 
aux  bois,  soutenu  par  sa  cavalerie  et  son  artillerie.  Ces 
différents  carrés  furent  atlaqués  par  les  69®  et  76®  régi- 
ments, et  forcés  d'abandonner  à  ce  dernier  4  officiers 
supérieurs,  7  officiers  et  Hl  sous-officiers,  canonniers  et 
soldats,  4  pièces  de  canon  et  plusieurs  caissons.  Une 
colonne  de  700  hommes  (de  1600  à  1800  avec  drapeau, 
selon  le  colonel  Colbert)  mise  en  fuite  par  le  1®'  bataillon 
du  76®,  fut  entièrement  ramassée  par  le  10®  de  chasseurs 
achevai  (2) » 

Un  carré  autrichien,  formé  entre  l'abbaye  et  le  bois, 
essuie  le  feu  du  76®,  résiste  à  deux  charges  du  3®  hus- 
sards, puis  du  10®  chasseurs,  et  cède  enfin  au  18®  dra- 
gons, au  moment  où  ce  régiment  débouche  sur  le  pla- 
teau. 

Le  Maréchal  ordonne  de  poursuivre  l'attaque  vers 
rOuest. 

«  Le  général  Villatc,   dit  le  rapport  de  la  division 


(1)  Chiffre  exagéré  et  très  éloigné  de  la  Téritt'. 

(2)  Uapport  du  général  Loison. 


INTRODUCTION.  81 

Loison,  reçut  alors  Tordre  d'obliquer  fortement  à  gauche 
avec  les  troupes  des  6®  et  39®  régiments  qu'il  avait  pu 
réunir,  de  s'emparer  des  deux  bois  qui  sont  en  face  de 
Kesselbronn,  entre  lesquels  passe  le  chemin  de  traverse 
qui,  d*Elchingen,  rejoint  la  route  d'Albeck  à  Ulm,  d'y 
prendre  position,  et  de  jeter  des  tirailleurs  sur  sa  gauche 
afin  d'observer  les  mouvements  que  l'ennemi  aurait  pu 
faire  par  la  route  de  Thalfingen  ». 

Tandis  que  la  brigade  Yillate  se  porte  directement 
vers  Kesselbronn,  la  cavalerie  et  la  brigade  Roguet  pour- 
suivent l'ennemi  dans  la  plaine,  au  Nord  du  bois  d'Ëlchin- 
gen  (1).  Le  69®  et  le  76®  se  portent  vers  la  grand'route 
de  part  et  d'autre  du  petit  bois  (2)  qui  borde  le  chemin 
de  Gôttingen  à  Haslach.  (Le  69®  et  le  2®  bataillon  du  76® 
au  Sud,  le  2®  bataillon  du  76®  au  Nord). 

Les  rapports  ne  mentionnent  aucun  incident  pendant 
cette  marche  de  trois  kilomètres,  qui  nous  conduit  au 
bord  du  ravin  de  Thalfingen,  nos  troupes  formant  une 
L'gne  un  peu  concave,  et  l'ennemi  se  déployant  en  arc 
convexe  sur  la  crête  opposée,  de  Kesselbronn  vers  Thal- 
fingen. Si  tant  est  que  le  maréchal  Ney  eût  projeté  de 
couper  aux  Autrichiens  la  retraite  sur  Ulm,  cette 
manœuvre  avait  échoué,  et  il  ne  s'agissait  plus  que  de  les 
repousser  le  plus  près  possible  de  la  place.  La  division 
Malher,  tenue  d'abord  sur  la  rive  droite  en  face  de  Thal- 
fingen, avait  débouché  à  son  tour  du  pont  d'Elchingen  ; 
placée  en  réserve  dans  la  plaine  au  Sud  d'Ober-Elchin- 
gen,  elle  avait  traversé  ensuite  ce  village  et  s'était 
déployée  sur  le  plateau  au  Nord  de  Thalfingen,  couvrant 
la  communication  de  la  division  Loison  (3).  Le  25®  léger 


(i)  Grosser-Foist  sur  la  carte  de  Tétat-major  allemand. 

(2)  Entre  le  Grosser-Forst  et  le  Kâfer-Loch. 

(3)  Contrairement  à  ce  qu'ont  écrit  certains  historiens,  elle  ne  fut 
donc  pas  engagée  et  surtout  ne  combattit  pas  du  côté  d'Unter-Elchin- 
gen.  Le  25*  léger  put  seul  tirer  quelques  coups  de  fusil. 

III.  6 


82  INTRODUCTION. 

laisse  son  1^'  bataillon  sur  la  route  qui  borde  le  Danube, 
dans  la  direction  de  Thalfingen,  et  les  deux  autres  vont 
couvrir  le  déploiement  de  leur  division. 

A  ce  moment,  les  généraux  Yillate  et  Rognet  reçurent 
Tordre,  le  premier  de  passer  le  ravin  de  Kesselbronn, 
de  s'emparer  des  hauteurs  et  du  bois  qui  sont  en  face 
de  Unler-Haslach,  et  le  second  de  se  saisir  de  la  route 
d'Albeck  à  Uim  et  des  bois  situés  vis-à-vis  d'Ober- 
Haslach  (1),  en  délogeant  Tennemî,  qui  y  avait  réuni 
plusieurs  colonnes  soutenues  par  un  corps  de  cava- 
lerie (2). 

La  brigade  Villate  enlève  Kesselbronn  et  rejette  ses 
adversaires  en  terrain  découvert  au  Sud  d'Haslach.  La 
brigade  Roguet  soutient  un  combat  des  plus  acharnés,  et 
à  peine  a-t-elle  débouché  en  plaine,  que  la  cavalerie 
tente  un  dernier  effort  pour  faire  gagner  du  temps  &  son 
infanterie.  Cuirassiers  et  uhlans  chargent  ensemble  les 
69*  et  76',  qui  se  forment  en  carrés  pour  les  repousser. 

Sur  ces  entrefaites,  les  dragons  reparaissent,  et  notre 
artillerie  arrive  :  deux  pièces  de  8,  une  de  4  et  un  obu- 
sier  ouvrent  le  feu.  Le  général  Loison  profite  de  ce 
renfort  pour  poursuivre  l'ennemi  jusqu'en  face  de  Jun- 
gingen,  et  la  nuit  approchant,  le  maréchal  Ney  ordonne 
de  cesser  le  combat. 

Les  troupes  de  la  division  Loison,  harassées  par  cette 
lutte  de  dix  heures  contre  un  ennemi  supérieur,  vont 
bivouaquer  près  d'Albeck  ;  la  division  Malher  vient  se 
déployer  en  première  ligne,  et  fournir  les  avant-postes 
derrière  le  ravin  de  Thalfingen. 

Il  est  peu  de  combats  offensifis  plus  brillants  que  celui 
d'Elchingen,  où  le  succès,  comme  on  Ta  vu,  a  été  décidé 
sans  artillerie,  et  où  le  maréchal  Ney,  toujours  au  pre- 
mier rang,  sut  entraîner  les  troupes  avec  une  ardeur 

(1)  Grosser-Gâhr  sur  la  carie  de  Tétat-major. 

(2)  Rapport  de  la  division  Loison. 


INTRODUCTION.  83 

admirable,  tout  en  conservant  le  sang-froid  nécessaire 
pour  dominer  la  lutte  et  ordonner  &  chaque  instant  de 
nouvelles  dispositions.  Non  seulement  il  s* était  rendu 
maître  d'Elcbiugen,  mais  il  avait  rejeté  les  AutrichieDs 
sur  Ulm  et  fort  avancé  l'investissement  de  la  place. 

La  division  Loison  avait  combattu  seule  pendant  toute  la 
journée  du  14,  depuis  le  pont  d'Elchingen  jusqu'à  Has- 
lach.  La  division  Malher,  tenue  en  réserve  à  une  demi- 
lieue  du  champ  de  bataille,  n'avait  pas  eu  à  donner.  En 
arrière  de  cette  division,  la  Garde  impériale  se  tenait 
prête  à  intervenir. 

Les  dragons  à  pied,  d'abord  mis  à  la  disposition  du 
maréchal  Ney,  et  chargés  de  garder  le  pont  de 
Leipheim,  avaient  été  dirigés,  le  13  au  soir,  sur  Strass 
et  Falheim,  mais  ils  tenaient  encore  le  pont  de  Leipheim, 
le  14  à  4  heures  du  matin,  quand  les  Autrichiens  y  por- 
tèrent une  forte  reconnaissance.  La  Garde  vint  aussitôt 
relever  les  drag<ms,  plaçant  400  chevaux  et  des  avant- 
postes  au  delà  du  Danube,  et  deux  bataillons  en  deçà 
avec  quatre  pièces.  Ces  dispositions  donnèrent  &  l'ennemi 
l'illusion  d'un  mouvement  important  vers  Langenau, 
qu'il  négligea  d'observer  davantage. 

Le  reste  de  la  Garde  demeura  au  bivouac  entre 
Leipheim  et  Nersingen  avec  la  cavalerie  de  Nansouty, 
ayant  ordre  de  soutenir  le  maréchal  Ney  à  Ëlchingen  ou 
d'interdire  à  l'ennemi  le  passage  de  Leipheim^  suivant 
les  circonstances. 

On  sut,  par  les  prisonniers,  que  l'on  avait  eu  affaire 
aux  trois  régiments  d'infanterie  de  Froon,  Archiduc- 
Charles  et  Erbach,  aux  deux  bataillons  de  grenadiers 
Archiduc-Charies  et  Auersperg,  aux  deux  régiments  de 
cuirassiers  HohenzoUern  et  Archiduc-François,  et  à 
quelques  pelotons  de  hussards  et  uhlans,  en  tout  8,000  à 
9,000  hommes,  sous  les  ordres  du  lieutenant  général 
comte  de  Riesch,  avec  14  pièces  de  petit  calibre.  Le 
général  Riesch  n'avait  pas  demandé  de  pièces  de  parc. 


84  INTRODUCTION. 

étant  persuadé,  ainsi  que  tous  les  chefs  de  l'armée  autri- 
chienne, que  nos  forces  se  porteraient  ensemble  sur  Ulm 
par  la  rive  droite. 

Une  heure  et  demie  avant  Tattaque  de  la  division 
Loison,  le  prince  de  Hesse-Hombourg,  qui  était  réuni 
au  comte  de  Riesch  avec  25,000  hommes,  les  avait 
ramenés  à  Ulm. 

Ces  explications  ne  faisaient  pas  comprendre,  cepen- 
dant, comment  le  39®  et  la  cavalerie  légère,  dans  leur 
attaque  entre  Saint-Wolfgang  et  Unter-Elchingen,  avaient 
fait  de  nombreux  prisonniers  du  régiment  Archiduc- 
Maximilien,  Ce  corps  appartenait  à  un  détachement  qui 
se  trouvait  du  côté  de  Langenau.  Lorsque  le  maréchal 
Ney  eut  reçu,  dans  la  nuit  du  44  au  15,  le  rapport  de  la 
division  Dupont,  il  put  se  convaincre  de  la  présence  de 
plusieurs  milliers  d'ennemis  de  ce  côté. 

Pendant  que  le  6®  corps  attaquait  sur  la  gauche,  le 
5®  corps  et  la  réserve  de  cavalerie  s'étaient  portés  par  la 
rive  droite  devant  la  tète  de  pont  d'Ulm.  La  division 
Gazan,  écartant  quelques  cavaliers  ennemis,  s'établit 
sur  le  mamelon  isolé  de  Pfûhl,  puis  le  4®  léger  repoussa 
un  ou  deux  bataillons  jusque  dans  les  retranchements, 
en  face  desquels  il  prit  position.  Le  10®  hussards,  cou- 
vrant la  gauche  du  4®  léger,  chargea  deux  escadrons  de 
uhlans  qui  tentaient  d'enlever  notre  artillerie.  Nous 
eûmes,  dans  ces  divers  engagements,  8  hommes  tués  et 
50  blessés;  le  4®  fit  50  prisonniers  et  les  hussards  15. 
L'Empereur  dirigea  lui-même  le  5®  corps  et  les  dra- 
gons. 

Gazan  bivouaqua  à  Pfûhl  avec  ses  trois  régiments  de 
ligne.  Le  4®  léger,  les  9®  et  10®  hussards  bivouaquèrent 
près  d'Offenhausen.  La  division  Suchet,  qui  avait  suivi 
de  près  celle  de  Gazan,  revint  bivouaquer  en  arrière, 
entre  Burlefingen  et  le  pont  de  Thalfingen. 

Les  grenadiers  Oudinot,  rappelés  d'Ober-Kirchberg, 


INTRODUCTION.  85 

s*établirent  dans  le  bois  en  avant  d'Holzschwang  ;  le 
13*  chasseurs  à  Finningen,  et  le  21®  à  Steinheim. 

Les  l'*  et  3*  divisions  de  dragons  furent  portées  par 
Oberkirchberg  sur  la  route  d'Ulm  à  Memmingen,  pour 
intercepter  cette  communication  et  rejeter  dans  la  place 
les  partis  de  cavalerie  ennemie  qu'elles  rencontreraient. 
Elles  vinrent  le  soir,  la  l'^  près  de  Pfûhl  et  la  3®  près  de 
Finningen. 

Marmont  s'est  rendu  dans  la  matinée  à  Ober-Kirchberg 
avec  une  avant-garde  ;  il  y  a  rétabli  le  pont,  fait  passer 
riUer  à  600  chevaux,  dont  100  ont  suivi  la  route  de 
Memmingen,  300  ont  été  à  Gôgglingen  et  sur  la  route 
de  Biberach,  200  sont  restés  à  Ober-Kirchberg  en  sou- 
tien. Les  châteaux  d'Ober  et  Unter-Kirchberg  sont  occu- 
pés chacun  par  quatre  compagnies.  Dans  la  soirée,  un 
poste  est  établi  à  Wiblingen,  près  du  confluent  de  llUer 
et  du  Danube.  Le  2®  corps  est  prêt  à  attaquer  l'ennemi 
s'il  se  portait  sur  la  route  de  Biberach. 

Les  rapports  recueillis  par  Marmont  établissent  qu'il 
n'est  pas  passé  d'Autrichiens  sur  la  route  de  Memmingen  à 
Ulm  (rive  gauche  de  riller).  On  dit  que  10,000  hommes, 
commandés  par  le  général  Gyulay,  se  sont  dirigés  récem- 
ment sur  Biberach,  et  qu'on  a  transporté  beaucoup 
d'artillerie  dans  cette  ville. 

Le  maréchal  Soult,  qui  est  arrivé  la  veille  devant 
Memmingen,  a  dirigé  les  divisions  Legrand  et  Saint- 
Hilaire  sur  Ochsenhausen  (route  de  Biberach),  avec 
l'intention  de  leur  faire  prendre  le  chemin  de  Laupheim, 
et  d'achever  l'investissement  d'Ulm  de  ce  côté  ;  mais  à 
deux  lieues  de  Memmingen,  l'avant-garde  de  la  division 
Legrand  a  rencontré  un  détachement  ennemi  et  Ta 
chargé.  Des  prisonniers  ont  annoncé  que  l'armée  autri- 
chienne avait  commencé  à  battre  en  retraite,  partie  sur 
Memmingen  et  partie  sur  Biberach. 

Le  maréchal  Soult  fait  poursuivre  sans  interruption 
la  marche  de  sa  3®  division  sur  Ochsenhausen  ;  il  retient 


86  INTRODUOnON. 

quelque  temps  Saint-Hilaire  à  Berckheim,  puis  le  fait 
rejoindre.  Vandamme  passe  la  journée  devant  Memmin- 
gen,  dont  le  commandant  capitule  à  3  h.  1/2.  L'éra- 
cuation  de  la  place  a  lieu  entre  11  heures  et  minuit  ;  le 
2®  bataillon  du  24®  de  ligne  en  prend  possession  immé- 
diatement. Il  n'y  avait  pas  de  temps  à  perdre^  car  le 
commandant  avait  cédé,  par  une  inconcevable  faiblesse, 
devant  la  menace  de  quelques  canons  de  campagne,  et 
la  garnison  menaçait  de  se  révolter  et  de  rompre  la  con- 
vention. 

Il  y  avait  dans  Memmingen  neuf  bataillons  comptant 
4,H00  hommes,  divers  détachements  de  cavalerie,  neuf 
pièces  et  de  nombreux  équipages* 

Dans  la  nuit  même,  la  2*  division  se  remit  en  marche 
vers  Ochsenhausen. 


XI 


Dans  la  nuit  du  14  au  15,  TEmpereur  donne  ses  ordres 
pour  l'attaque  des  positions  autrichiennes  devant  Ulm. 
Ney  appuiera  un  peu  à  droite,  et  donnera  l'assaut  sur  le 
Michelsberg  et  le  Geisberg.  Lannesfera  passer  le  Danube 
aux  trois  divisions  Oudinot,  Suchet  et  Gazan,  sur  les 
ponts  d'Ëlchingen  et  de  Thalfingen,  pour  soutenir  le 
maréchal  Ney;  la  1'®  division  de  dragons  suivra  le  8* 
corps.  La  garde  et  la  cavalerie  de  Nansouty  se  rendront 
à  l'abbaye  d'Ëlchingen.  Tous  ces  mouvements  doivent 
être  exécutés  à  8  heures  du  matin. 

La  3®  division  de  dragons  restera  chargée  de  l'inves- 
tissement d'Ulm  devant  la  tète  de  pont  ;  elle  y  sera 
rejointe  à  8  heures  par  le  2®  corps,  qui  prendra  position 
sur  la  hauteur  de  Pfûhl  ;  les  dragons  à  pied  restent  en 
réserve  à  Burlefingen. 

Soult  reçoit  l'ordre  de  se  porter  sur  Biberach  pour  y 
défaire  le  corps  ennemi  signalé  de  ce  côté. 


INTRODUCTION.  87 

Dans  la  matinée  du  IS,  TEmpereur  prescrit  la  dispo- 
sition suivante  à  Lannes  et  à  Ney  : 

«  Les  deux  corps  d^armée  vont  se  former  en  bataille  : 
le  corps  de  M.  le  maréchal  Ney  tiendra  la  droite  appuyé 
au  bois  de  Mahrîngen,  son  centre  vis-à-vis  Lehr,  la 
gauche  en  avant  de  Jungingen.  Le  corps  de  M.  le  maré- 
chal Lannes : 

La  division  Suchet,  la  droite  ; 

La  division  Gazan,  le  centre  ; 

Les  grenadiers  d'Oudinot,  la  gauche. 

La  droite  touchera  à  la  gauche  du  maréchal  Ney  et  la 
gauche  coupera  la  route  d'Âlbeck . 

La  cavalerie  légère  des  deux  corps  d'armée  éclairera 
devant  et  sur  toutes  les  routes  à  deux  lieues  aux  envi* 
rons,  même  en  arrière. 

La  division  de  la  Garde  impériale  se  mettra  en  bataille 
à  Hasiach,  la  gauche  appuyée  à  Thalfingen. 

La  division  Nansouty  en  seconde  ligne. 

La  division  Bourcier  à  Lehr  et  Mahringen  ». 

La  bonne  exécution  du  mouvement  exigeait  que  le 
pont  de  Thalfingen,  rompu  par  les  Autrichiens,  fût  préa- 
lablement rétabli,  et  que  Ton  disposât  de  deux  passages 
sur  le  Danube  ;  mais  il  semble  que  Ton  n'ait  pu  utiliser 
que  le  pont  d'Elchingen,  et  que  la  durée  d'écoulement 
ait  été  appréciée  trop  faible.  Les  troupes  défilèrent  sur 
le  pont  depuis  4  heures  du  matin  jusqu'au  milieu  de 
l'après-midi.  Ce  fut  d'abord  la  division  Suchet,  avec  la 
brigade  de  hussards  du  5®  corps.  Partie  à  2  heures  du 
matin  de  son  bivouac,  elle  arriva  au  point  du  jour  à 
Ober-Elchingen,  se  porta  sur  Jungingen  et  se  mit  en 
bataille  un  peu  en  avant  de  ce  dernier  village.  La  bri- 
gade de  hussards  fut  mise  à  la  disposition  du  maréchal 
Ney  par  ordre  de  l'Empereur. 

Les  divisions  Gazan  et  Oudinot,  avec  la  brigade  de 
chasseurs  à  cheval  du  5®  corps,  partirent  de  leurs  bi- 
vouacs à  4  heures  et  passèrent  derrière  les  troupes  de 


88  INTRODUCTION. 

Suchet.  La  C®  division  de  dragons  les  suivit  et  n'attei- 
gnit Ëlchingen  qu'à  2  heures  de  l'après-midi,  devançant 
encore  Finfanterie  de  la  Garde  impériale. 

Pendant  que  ce  défilé  avait  lieu  à  Ëlchingen,  les  divi- 
sions du  6®  corps  et  la  cavalerie  de  la  Garde  se  rendaient 
aux  positions  assignées. 

La  division  Malher  replia  ses  postes  et  quitta  sa  posi- 
tion (entre  les  bois  d'Ëlchingen  et  d'Haslach)  à  7  heures 
du  matin.  Dirigée  par  TËmpereur  en  personne,  elle  prit 
le  chemin  de  Jungingen.  En  passant  près  d'Haslach, 
elle  aperçut  un  corps  autrichien  sur  les  hauteurs  au  Sud, 
et,  se  déployant  à  cheval  sur  la  route  d'Âlbeck,  elle 
détacha  contre  Tennemi  des  tirailleurs  qui  le  délogèrent 
de  sa  position  et  le  firent  rentrer  dans  les  retranchements 
du  Spitzberg.  Reprenant  ensuite  le  mouvement,  la  divi- 
sion se  rangea  en  bataille,  la  droite  au  Sud  de  Jun- 
gingen et  la  gauche  près  de  la  route  d'Âlbeck.  Cette 
position  n'ayant  pas  encore  été  jugée  satisfaisante,  la 
division  Malher  se  porta  un  peu  plus  en  avant  et  à 
droite,  appuyant  jusqu'à  la  grande  route  de  Stuttgart,  à 
hauteur  de  Lehr.  Dans  ce  dernier  mouvement,  elle  passa 
devant  la  division  Suchet,  déjà  établie  au  Sud  de 
Jungingen. 

A  peine  arrivé  à  cette  dernière  position,  Malher  reçoit 
l'ordre  d'attaquer. 

La  division  Loison  a  quitté  aussi  son  bivouac  à 
7  heures.  Elle  a  suivi  la  route  d'Albeck  à  Ulm  jusqu'à 
la  hauteur  de  Jungingen,  puis  a  tourné  à  droite  vers  la 
route  de  Stuttgart  pour  former  la  réserve  de  la  3®  divi- 
sion. La  4®  division  de  dragons  s'est  portée  en  avant  par 
la  même  route,  et  s'est  formée  sur  deux  lignes  à  l'Est. 

La  cavalerie  légère  suit  la  division  Loison. 

La  cavalerie  de  la  Garde  se  déploie  à  la  gauche  de 
la  ligne,  en  face  du  Geisberg  ;  elle  est  soutenue  par  la 
division  Nansouty. 

L'attaque  ne  commence  que  vers  3  heures  de  l'après- 


INTRODUCTION.  89 

midi.  Les  Autrichiens  occupent  des  ouvrages  de  fortifi- 
cation improvisés  sur  les  hauteurs  du  Michelsberg  et  du 
Geisberg. 

La  division  Malher  se  porte  sur  le  Michelsberg.  Le 
25*  léger  commence  Fattaque  au  pas  de  charge.  Ses  trois 
bataillons,  en  une  seule  colonne,  filent  à  gauche  des 
redoutes  ;  le  3*  bataillon,  ayant  dépassé  la  première 
redoute,  Tattaque  par  la  gorge,  tandis  que  les  deux 
autres  abordent  l'ouvrage  principal  de  front  et  à  revers. 

Le  27®  de  ligne  fait  un  mouvement  analogue  à  droite 
des  redoutes,  et  la  2«  brigade  (S0«  et  59®)  reste  en  réserve, 
mais  dès  que  Ton  aperçoit  Tennemi  en  déroute  se  retirer 
précipitamment  dans  la  place,  le  SO®  se  lance  à  sa  pour- 
suite ;  après  un  moment  d'hésitation,  il  parvient  devant 
les  remparts  au  moment  où  Tennemi  ferme  la  Porte  des 
Dames  ;  écrasé  par  la  mitraille  et  la  mousqueterie  sous  les 
murs  d'Ulm,  puis  assailli  par  des  forces  très  supérieures, 
il  est  battu  à  son  tour,  rejeté  sur  le  cimetière,  puis  obligé 
de  se  réfugier  près  du  59®,  sur  le  Michelsberg. 

La  division  Loison  avait  été  placée  d'abord  en  réserve 
de  la  3®,  mais  la  brigade  Villatte  fut  portée  en  avant  en 
même  temps  que  la  division  Malher.  Elle  attaqua  le 
Geisberg  et  s'en  empara  :  le  6®  léger  poursuivit  les 
Autrichiens  jusqu'aux  portes  d'Ulm,  mais,  repoussé 
comme  le  50®,  il  fut  obligé  de  se  replier  précipitamment 
sur  le  39*,  posté  dans  une  fabrique  de  papier. 

La  division  Suchet,  le  17®  léger  en  tête,  prend  part  à 
l'attaque  entre  les  deux  divisions  du  6®  corps. 

Le  17®  léger  poursuit  l'ennemi  jusque  sous  les  murs 
de  la  place  ;  il  a  33  hommes  tués,  128  blessés  et  169  pri- 
sonniers. 

La  division  Bourcier  chargea  avec  succès  la  cavalerie 
et  l'infanterie  ennemies  en  avant  du  Geisberg  ;  le 
18®  dragons  fit  même  un  bataillon  prisonnier,  mais, 
entraîné  sous  le  feu  des  batteries,  il  reçut  une  volée  de 
mitraille   qui  lui   tua   quelques   hommes   et   quelques 


90  INTRODUCTION. 

chevaux  et  lui  fit  tourner  bride  au  galop,  en  abandon- 
nant ses  prisonniers.  La  cavalerie  légère  des  8®  et  6* 
corps  fut  engagée  entre  les  colonnes  d'infanterie. 

Dès  que  nous  fûmes  en  possession  du  Hichelsberg  et 
du  Geisberg,  TEmpereur  fit  réunir  les  dragons  et  chas- 
seurs à  cheval,  y  compris  ceux  de  la  Garde,  et  les  hus- 
sards du  6®  corps,  sous  le  commandement  de  Murât, 
pour  aller  couper  la  route  de  Stokach  entre  le  Danube 
et  la  Blau.  Le  10®  chasseurs  prit  les  devants  pour  se 
poster  à  GOgglingen,  où  il  établit  la  liaison  avec  le 
2*  corps. 

Les  divisions  Gazan  et  Oudinot,  ainsi  que  la  Garde  à 
pied,  arrivèrent  trop  tard  pour  être  employées.  Elles 
bivouaquèrent  entre  Gôttingen  et  Elchingen.  Le  quar- 
tier général  de  l'Empereur  était  au  cloître  d'Ëlcbingen. 

La  division  Dupont  avait  reçu  Tordre  de  reprendre  la 
position  d'Albeck.  Elle  était  partie  de  Brens  à  6  heures 
du  matin  par  la  route  de  Langenau.  L'ennemi,  qui 
Fentourait  de  tous  côtés  depuis  le  13,  était  en  forces  à 
Herbrechtingen  et  Giengen.  II  fit  suivre  le  mouvement 
de  Dupont  par  deux  escadrons  dans  la  matinée  du  IB,  et 
tomba  sur  le  flanc  droit  de  sa  colonne  au  moment  où  elle 
dépassait  la  bifurcation  des  chemins  d'Âlbeck  à  Lan- 
genau et  à  Nerenstetten.  Dupont,  qui  n'avait  pris  aucune 
précaution  pour  se  couvrir  ou  se  renseigner  de  ce  côté, 
fut  entièrement  surpris  :  n'ayant  que  4,000  hommes 
environ,  dont  bon  nombre  de  traînards,  il  se  hAta  de 
tirer  de  ses  bataillons  des  essaims  de  tirailleurs  qu'il 
poussa  vers  Tennemi.  Les  32®  et  96®  se  formèrent  en 
carrés  pour  recevoir  le  choc  de  la  cavalerie  autrichienne  ; 
le  9®  léger,  qui  approchait  d'Albeck,  fit  face  en  arrière 
et  forma  crochet  offensif  contre  le  flanc  droit  de  l'en- 
nemi; son  feu  obligea  les  canons  autrichiens  à  reculer; 
et  sur  ces  entrefaites,  l'intervention  de  la  1'®  division  de 
dragons,  à  l'approche  de  la  nuit,  acheva  de  dégager 


INTRODUCTION.  94 

notre  infanterie.  Cette  division  avait  passé  à  Ëlchingen 
après  la  Garde;  arrivée  près  du  champ  de  bataille  du 
Michelsberg,  elle  avait  appris  qu'il  ne  restait  rien  à  faire 
de  ce  côté,  et  elle  avait  couru  au  canon  de  la  division 
Dupont. 

Le  IS  an  soir,  les  divisions  Loison  et  Malber  restent 
au  contact,  bivouaquant  sur  le  Michelsberg  et  le  Geîs- 
berg,  et  tenant  les  remparts  d'Ulm  sous  le  feu  de 
13  pièces  de  campagne.  Suchet  et  Bourcier,  avec  la  plus 
grande  partie  de  la  cavalerie  légère  des  5®  et  6®  corps,  se 
sont  avancés  jusqu'au  Sud-Ouest  d*Ulm,  vers  Sôfflingen 
et  Erbach.  Gazan  et  Oudinot  sont  restés  en  arrière,  près 
de  Gôttîngen.  Nansouty  est  à  Thalfingen,  la  Garde  à 
Elchingen,  Dupont  et  Klein  à  Âlbeck. 

Les  dragons  à  pied  sont  répartis  entre  Pfuhl,  Thal- 
fingen, Burlefingen  et  Gûuzbourg. 

Le  16,  ces  positions  sont  peu  modifiées.  Gazan  et 
Oudinot  se  mettent  en  marche  pour  rejoindre  Lannes  à 
Sôfflingen,  mais  le  mauvais  temps,  Tétat  du  so),  et,  en 
ce  qui  concerne  Oudinot,  des  ordres  et  contre-ordres, 
les  réduisent  à  bivouaquer  le  16  au  soir  dans  les  terres 
labourées  entre  Gôttingen  et  Jungingen. 

Marmont  avait  reçu  dans  la  matinée  du  IK  des  instruc- 
tions détaillées  :  son  principal  but  devait  être  d'em- 
pAcher  Tennemi  de  s'échapper  d'Ulm  vers  le  Sud-Est, 
ou  de  le  retarder  suffisamment  pour  que  l'armée  pût 
revenir  des  hauteurs  d' Albeck  et  l'atteindre.  En  tout 
cas,  s'il  forçait  le  passage,  couvrir  la  route  de  Gûnz- 
bourg  et  n'abandonner  que  celle  de  Memmingen« 

Si  l'ennemi  se  dégarnissait  sur  la  rive  droite,  le 
2«  corps  pouvait  attaquer  et  s'efforcer  de  produire  une 
diversion. 

Enfin  Marmont  devait  examiner  s'il  était  possible,  une 
fois  que  Ney  serait  maître  du  Geisberg,  de  se  glisser  le 
long  du  Danube,  sur  la  rive  gauche,  en  amont  de  Thaï- 


M  IXTRODlXnOX. 

fingen,  pour  attaquer  la  place  de  ce  côté.  Ce  projet  ne 
fut  pas  réalisé,  le  pont  de  Tbalfiogen  étant  rompu.  Celui 
d^Elchiogen  fut  emporté  à  son  tour  par  une  crue  dans  la 
matinée  du  16. 

Le  4*  corps  était  revenu  près  du  Danube,  ayant  fait  le 
tour  de  Tarmée  autrichienne  è  une  ou  deux  marches  de 
distance.  L*avant-garde  de  la  division  Legrand  arrivait 
à  Dellmeosingen,  à  portée  de  caoon  de  la  cavalerie 
légère  de  Murât.  Le  gros  de  cette  division  était  à  Ach- 
stetteo,  celle  de  Yandamme  à  Laupheim,  et  Saint-ililaire 
en  avant  de  Mietingen. 

Le  maréchal  Soult  a  appris  par  des  habitants  ou  des 
prisonniers  qu*une  bonne  |)artie  de  l'armée  autrichienne 
sVst  retirée  par  Biberach  vers  Lindau,  Rregeni  et 
Fussen  avec  le  général  Jellachich.  Ce  dernier  a  passé, 
le  13  octobre,  avec  8,000  hommes  et  un  équipage  de 
pont.  C'était  la  cavalerie  chargée  de  couvrir  cette  colonne, 
que  le  4"  corps  avait  renctmtrée  au  sortir  de  Memmingen. 

On  di!»ait  auiiNi  que  le  général  Klenau  s*était  retiré  sur 
Bregenx  |Mir  la  rive  irauohe  du  Danul>e.  Tous  les  ponts 
en  auiont  drim  étaient  coupés  jus(|u'à  Munderkingen. 

Le  maréchal  S^>ult  conclut  en  demandant  si  son  corps 
d  armée  esii  eno(»r%*  nécei^saire  devant  Tlm;  il  lui  semble 
que  renneiiii  est  suffisamment  investi,  et  que  le  4*  corps 
poiirmit  M*  |K>rter  sur  Kempten  pour  y  couper  la  colonne 
de  klenau.  Dans  l'attente  de  nouvelles  instructions,  le 
Maréchal  ne  continue  pas  à  se  rapprocher  d'i'lm. 

1/Kmi»ereur  ne  juu-e  |mis  à  propos  de  faire  venir  Soult 
jus(]ue  sous  1rs  murs  inim.  ni  d'accéder  à  son  désir  en 
le  lançant  à  la  |H>ursuite  de  JelUchich.  Il  le  fait 
séjonrut-r  à  I^upheiin. 

Il  s'inquiéir  au  c«»ntraire  des  forces  ennemies  signa- 
lées au  Nor\l  liu  Danube  plus  que  de  celles  qui  se*  retirent 
\«Ts  !•  Ivr**]  ll.in^  la  nuit  du  ITi  au  Iti.  il  fait  appeler 
Mur.tt.  **t.   lui  «lonnant  If  c<>nunandenient  des  divisioiit 


INTRODUCTION.  93 

Klein  et  Dupont,  des  carabiniers,  du  l^^^  hussards,  des 
chasseurs  à  cheval  de  la  Garde,  il  le  lance  sur  les  déta- 
chements ennemis  signalés  vers  Âlbeck.  Il  lui  promet 
de  le  faire  soutenir  par  Lannes  le  plus  tôt  possible. 


XII 


Dans  la  soirée  du  15  octobre,  l'attention  de  FEmpe- 
reur  s'est  portée  spécialement  sur  les  faits  signalés  du 
côté  d'Albeck.  Les  deux  affaires  dans  lesquelles  la  divi- 
sion Dupont  s'est  trouvée  engagée,  le  14  et  le  15,  les 
pertes  essuyées  par  le  39®  de  ligne  et  par  le  19®  dragons 
pendant  le  combat  d'Ëlchingen,  les  rapports  signalant 
le  séjour  prolongé  d'un  corps  d'armée  ennemi  entre 
Albeck,  Langenau  et  Nerenstetten,  tous  ces  symptômes 
réunis  donnent  à  Napoléon  des  craintes  sérieuses  pour 
les  convois,  les  dépôts,  les  parcs,  le  trésor,  qui  se 
trouvent  sur  la  route  de  l'armée,  entre  EUwangen  et 
Nœrdlingen.  Il  envoie  son  aide  de  camp,  le  général 
Mouton,  à  la  division  Dupont,  afin  d'obtenir  des  rensei- 
gnements de  toute  confiance,  et  il  appelle  Murât  au 
grand  quartier  général,  dans  la  nuit  du  15  au  16,  pour 
lui  donner  des  instructions  verbales.  Il  fait  diriger  en 
hâte  sur  Donauwœrth  les  divisions  Rivaud  et  Dumon- 
ceau,  et  leur  ordonne  de  surveiller  activement,  de  con- 
cert avec  les  commandants  d'armes  de  Donauwœrth, 
Harburg  et  Nôrdlingen,  les  chemins  au  Nord  du  Danube. 
Il  envoie  à  l'électeur  de  Bavière  un  officier  bavarois, 
M.  d'Aubert,  pour  le  mettre  au  courant  des  événements 
et  prévenir  les  inquiétudes  que  les  partis  autrichiens 
pourraient  lui  causer. 

Berthier  expédie  à  Dupont  l'ordre  d'attaquer  de  bonne 
heure  le  16  (1).  Il  sera  soutenu  par  les  dragons  de  Klein, 

(1)  Cet  ordre  ne  nous  est  pas  parvenu,  mais  il  en  est  fait  mention 


94  IimODUCTION. 

qui  ne  Tont  pas  quitté  depuis  trois  joiin^  par  les  grena- 
diers d'Oudinot  et  par  quelques  régiments  de  cayalerie. 
En  attendant,  Dupont  envoie  un  parlementaire  an  eom- 
mandant  de  la  troupe  ennemie  pour  Tavertir  qu'UIm  a 
capitulé  et  Tinviter  à  en  faire  autant.  L'officier  français 
(aide  de  camp  Morin)  échoue  dans  cette  mission,  mais  il 
rapporte  le  renseignement  que  Tennemi  est  commandé 
par  le  général  Werneck,  sous  les  ordres  de  Tarchiduc 
Ferdinand.  Profitant  de  cette  négociation,  les  Autri- 
chiens commencent  à  battre  en  retraite.  Murât,  qui  vient 
de  rejoindre  Dupont,  reconnaît  les  positions  ennemies  : 
elles  s'étendent  depuis  Langenau  jusqu'aux  bois  situés  à 
mi-chemin  d'Albeck  à  Nerenstetten. 

De  notre  côté,  l'infanterie  de  Dupont  a  pris  position 
en  avant  d'Albeck;  les  96®  et  32®  à  gauche  de  la  route, 
le  9®  léger  sur  la  hauteur  près  d'Osterstetten,  couvert  à 
sa  gauche  par  deux  escadrons  de  dragons. 

Les  chasseurs  à  cheval  de  la  Garde,  amenés  par 
Murât,  se  déploient  immédiatement  à  droite  de  la  route, 
couvrant  la  division  Dupont  de  ce  côté.  Plus  à  droite 
encore,  la  cavalerie  se  forme  sur  deux  lignes  :  en  avant, 
le  l^^  hussards,  qui  fait  partie  de  la  division  Dupont,  et 
les  13®  et  21®  chasseurs,  venus  avec  les  grenadiers 
d'Oudinot;  en  seconde  ligne,  la  1"*  division  de  dra- 
gons. 

La  division  Oudinot  était  venue  prendre  position  en 
échelon  en  arrière  de  l'aile  droite,  entre  Gœtlingen  et 
Langenau;  mais  elle  fut  rappelée  devant  Ulm.  La  divi- 
sion Gazan,  dont  il  avait  été  question  aussi,  ne  vint  pas, 
étant  employée  à  l'investissement. 

Pour  marcher  plus  vite  à  la  poursuite  des  Autrichiens, 
l'infanterie  de  Dupont  se  forme  en  colonnes  par  bataillon 
et  la  cavalerie  prend  les  devants.  Vers  midi,  la  division 

daas  le  Journal  de  la  dWision  et  dans  le  rapport  du  général  Mouton,  de 
manière  à  écarter  toute  espèce  de  d^ute. 


INTRODUCTION.  95 

Dupont  chasse  rapidement  l'ennemi  du  bois  qui  borde 
la  route  ;  la  cavalerie  autrichienne  fait  alors  un  mouye- 
ment  rétrograde  sur  Nerenstetten,  et  Murât  en  profite 
pour  la  faire  charger.  La  déroute  de  cette  cavalerie 
entraîne  celle  de  l'infanterie,  et  des  bataillons  entiers 
déposent  les  armes.  En  arrivant  à  Hausen,  nous  avions 
fait  2,000  prisonniers.  Notre  cavalerie  légère,  qui  avait 
mené  la  poursuite  jusque-là,  est  à  bout  de  forces  et  cède 
la  place  aux  dragons,  qui  mènent  la  chasse  jusque  sur 
les  rives  de  la  Brenz,  devançant  Tinfanterie  de  deux 
lieues  environ. 

Parvenus  sur  le  bord  de  la  Brenz,  près  d'Eselsburg, 
les  dragons  s'arrêtent,  exténués,  devant  une  position 
fortement  garnie  de  canons  et  d'infanterie.  Mais  bientôt 
l'artillerie  ennemie  évacue  les  hauteurs  d'Herbrech- 
tingen,  et  le  9*  léger  arrive.  Ce  régiment,  avec  les  chas- 
seurs de  la  Garde  et  le  20^  dragons,  enlève  le  village 
d'Herbrechtingen  et  s'y  établit.  Le  reste  de  la  cavalerie 
légère  et  des  dragons  cantonne  à  Hûrben  et  Hausen  ; 
rinfanterie  de  ligne  et  les  carabiniers,  à  Bissingen. 
Murât,  qui  a  conduit  en  personne  la  charge  des  dragons, 
revient  coucher  à  Hausen.  Il  a  fait  dans  la  journée 
3,000  prisonniers,  et  a  radiasse  des  armes,  des  cais- 
sons, etc.,  en  abondance. 

D'après  les  renseignements  transmis  le  soir  même  & 
l'Empereur  par  un  aide  de  camp  du  général  Dupont,  le 
chef  de  bataillon  de  Conchy,  les  troupes  battues  par 
Murât  formaient  une  arrière-garde  de  8,000  hommes 
environ,  sous  les  ordres  du  général  Werneck,  et  appar- 
tenant à  un  corps  de  13,000  à  20,000  hommes,  com- 
mandé par  Hohenlohe. 

Le  i7,  Murât  dirige  dès  le  matin  la  brigade  de  chas- 
seurs à  cheval  sur  Sohnstctten.  Ses  reconnaissances  sont 
entrées  à  6  heures  du  matin  dans  Heidenheim,  qu'elles 
trouvent  évacué;  elles  ont  fait  300  prisonniers  à  Ânhau- 
sen  et  apprennent  que  l'ennemi  doit  se  retirer  sur  Aalen. 


96  INTRODUCTION. 

Murât  croit  savoir  que  l'infanterie  ennemie  a  passé  en 
grande  partie  par  Geislingen,  et  va  peut-être  redescendre 
en  Souabc. 

  9  heures,  la  division  Klein  se  rassemble  en  avant 
d'Herbrechtingen,  et  à  midi  elle  recommence  la  pour- 
suite. Murât  lui  a  ordonné  de  prendre  des  renseigne- 
ments sur  la  direction  de  retraite  de  l'ennemi  et  de  con- 
tinuer sa  marche,  soit  sur  Aalen,  soit  sur  Neresheim,  en 
envoyant  une  reconnaissance  à  Sôhnstetten  pour  se 
relier  avec  la  brigade  Fauconnet.  Le  l^^  hussards  pré- 
cède les  dragons,  qui  sont  suivis  par  la  division  Dupont 
et  les  carabiniers.  Un  régiment  de  dragons  est  porté  sur 
Giengen  pour  éclairer  les  chemins  de  Gundelfingen  et 
Dillingen. 

Parvenu  à  Heidenheim,  Murât  apprend  que  l'ennemi 
s'est  dirigé  sur  Âalen  et  EUwangen  ;  pour  regagner 
ensuite  la  Bohême,  l'archiduc  Ferdinand  aura  fait  un 
détour  assez  considérable,  et  on  peut  le  devancer  en 
marchant  directement  sur  Nuremberg  par  Nôrdlingen 
et  Gunzenhausen,  route  qu'ont  prise  les  convois  autri- 
chiens. Murât  laisse  donc  à  la  brigade  de  chasseurs  le 
soin  de  suivre  la  piste  de  Tennemi  sur  la  route  d' Aalen 
et  EUwangen;  il  la  fait  rejoindre  à  Âalen  par  le  1®'  hus- 
sards. Pour  lui,  il  dirige  en  toute  hâte  les  divisions 
Klein  et  Dupont  sur  Neresheim  et  Nœrdlingen.  Il 
appelle  à  lui,  de  ce  côté,  les  troupes  que  l'Empereur  a 
envoyées  à  Donauwœrth  (Rivaud  et  Dumonceau)  et  il 
invite  le  commandant  de  Nœrdlingen  (général  Milet)  à 
prendre  ses  mesures  pour  n'être  pas  surpris  et  pour 
favoriser  la  poursuite. 

La  division  Beaumont,  qui  est  mise  à  sa  disposition, 
sera  dirigée  par  Giengen  sur  Heidenheim.  L'intention 
de  Murât  est  de  porter  ensuite  cette  division  sur  Aalen, 
afln  de  soutenir  la  cavalerie  légère. 

Dans  l'après-midi,  l'Empereur  répond  aux  rapports 
de  Murât,  le  félicite  de  son  succès  du  1 G  et  lui  ordonne 


INTRODUCTION.  97 

de  ne  prendre  aucun  repos.  Il  lui  renvoie  le  général  Mou- 
ton pour  savoir  au  juste  où  est  l'ennemi  et  ce  qu'il  a  pu 
enlever  sur  nos  communications,  et  il  lui  annonce 
l'arrivée  à  EUwangen  des  16®  et  22®  chasseurs,  venant 
de  France. 

Nos  dragons  paraissent  à  5  heures  devant  Neresheim  ; 
ils  bousculent  Tennemi,  qui  venait  d'y  prendre  position 
et  qui  fait  peu  de  résistance.  Un  régiment  de  cavalerie 
formait  son  arrière-garde  ;  tout  le  reste  avait  passé  sur 
la  rive  gauche  du  ruisseau  de  l'Ëgau.  La  division  de 
dragons  était  à  peine  formée  sur  deux  lignes,  à  droite  de 
la  route,  que  l'arrière-garde  ennemie  se  replia  en 
grande  hâte  sur  Neresheim,  et  reprit  place  dans  la  ligne. 
Celle-ci  appuyait  sa  gauche  au  bois  de  l'abbaye  de 
Neresheim  et  prolongeait  sa  droite  jusqu'à  un  ravin  qui 
aboutit  à  TEgau  au-dessus  du  pont.  Cinq  bataillons 
d'infanterie  occupaient  la  gauche  et  s'étendaient  jusqu'à 
la  ville;  la  cavalerie  était  à  droite,  en  échelon,  à  hauteur 
de  la  ville,  sur  une  pente  douce  ;  uae  batterie  de  canons, 
placée  sur  la  hauteur  de  l'abbaye,  battait  au  loin  la  rive 
opposée  de  l'Egau. 

L'éloignement  de  notre  infanterie  et  l'approche  de  la 
nuit,  à  la  faveur  de  laquelle  Werneck  aurait  pu  se  dérober, 
déterminèrent  le  général  Klein  à  l'attaquer  avec  sa  seule 
division,  forte  de  1800  chevaux  et  cinq  pièces  de  canon. 
Il  opposa  une  batterie  de  trois  pièces  à  celle  des  enne- 
mis ;  les  deux  autres  furent  placées  un  peu  à  droite  de 
la  route,  sur  une  pente  bien  défilée  d'où  elles  pouvaient 
inquiéter  la  cavalerie  autrichienne. 

Les  4®  et  14"  régiments  se  portèrent  à  la  droite  de  la 
batterie  de  trois  pièces  pour  la  soutenir,  et  le  général, 
s'apercevant  que  le  feu  de  l'autre  batterie  forçait  la 
cavalerie  ennemie  à  s'éloigner  du  bord  de  l'Egau, 
ordonna  aux  tirailleurs  et  à  un  peloton  du  26®  régiment 
de  passer  le  pont.  Le  1®'  escadron  du  même  régiment  le 
passa  immédiatement  après  et  fut  suivi  du  reste  de  ce 

III.  7 


98  INTRODUCTION. 

régiment,  qui  se  forma  en  échelon  au  revers  de  la  mon- 
tagne. 

Au  même  moment,  un  passage  ayant  été  reconnu  en 
amont  du  pont,  le  général  Klein  opère  à  peu  près  comme 
à  Wertingen  :  il  passe  avec  les  trois  autres  régiments  de 
la  division  (SOS  2®  et  1®')  file  dans  un  pli  de  terrain 
autour  de  Dossingen,  et  se  dirige  sur  Umenheim. 

L^ennemi,  s'apercevant  de  ce  mouvement,  qui  menace 
sa  retraite,  laisse  quelques  escadrons  en  face  du  26^,  et 
porte  le  reste  de  sa  cavalerie  sur  Umenheim  ;  en  même 
temps,  il  retire  ses  cinq  bataillons  des  abords  du  cou- 
vent et  les  place  le  long  de  la  route,  face  à  TOuest,  trois 
d'entre  eux  à  la  lisière  d'un  bois,  les  deux  autres  for- 
mant le  carré. 

Klein,  dès  qu'il  voit  la  cavalerie  ennemie  en  colonne 
sur  la  route,  fait  sonner  la  charge,  avec  le  clocher 
d'Umenheim  pour  point  de  direction  ;  mais  les  cavaliers 
autrichiens  se  dérobant  en  désordre  sur  la  droite  de  la 
route,  le  20®  dragons  tourne  aussi  à  droite  pour  les 
atteindre,  et  défile  sous  le  feu  des  fantassins  embusqués 
dans  le  bois.  Le  2^  dragons  continue  sur  Umenheim  et, 
chargeant  aux  deux  issues  du  village  à  la  fois,  y  prend 
un  escadron  de  hussards  palatins. 

Le  26%  le  4®  et  le  14®,  voyant  charger  la  1'®  brigade, 
avaient  bousculé  les  escadrons  laissés  en  face  d'eux, 
et  étaient  venus  attendre  de  nouveaux  ordres  près  du 
bois  situé  à  gauche  de  la  route.  Un  escadron  des  chas* 
seurs  de  la  Garde  les  y  avait  rejoints. 

L'infanterie  ennemie,  ne  sachant  où  aller,  se  rendit  à 
leur  première  sommation  ;  mais  le  général  Klein,  voulant 
profiter  de  la  démoralisation  manifeste  de  son  adversaire, 
envoya  au  général  Werneck,  sur  la  route  de  Nordlingen, 
un  parlementaire  chargé  de  le  sommer  également.  Ce 
dernier,  ainsi  que  l'officier  autrichien  qui  le  conduisait, 
au  lieu  de  rencontrer  le  général  Werneck,  trouvèrent 
d'abord  les  patrouilles  françaises  que  le  général  Milet 


INTRODUCTION.  99 

avait  mises  en  mouvement  autour  de  Nôrdlingen.  Us 
atteignirent  enfin  Werneck  à  Trochtelfingen,  et  ce  gé- 
néral, impressionné  par  le  rapport  de  son  subordonné, 
ayant  aussi  rencontré  des  détachements  français  sur  le 
chemin  d'Œttingen,  se  crut  cerné  et  consentit  à  entrer 
en  pourparlers. 

Le  général  Milet,  qui  commandait  à  Nôrdiingen  le 
groupe  des  petits  dépôts  des  régiments  de  dragons,  les 
avait  fait  montera  cheval  à  9  heures  du  matin,  en  appre- 
nant que  250  dragons  autrichiens  avaient  attaqué  à 
Kirchheim  les  dépôts  des  1®'  et  40®  cuirassiers.  Soutenu 
par  un  détachement  du  54®  de  ligne,  avec  deux  pièces 
de  canon,  il  s'était  porté  sur  Kirchheim,  et  c'était  lui 
que  Werneck  avait  rencontré  à  la  nuit  tombante.  Quel- 
ques instants  plus  tard,  Milet  rentrait  à  Nôrdlingen,  au 
moment  où  le  général  Rivaud  y  arrivait  de  Donauwœrth 
avec  le  2®  bataillon  du  54"^. 

A  minuit.  Murât  rendait  compte  à  TEmpereur  du 
succès  remporté  à  Neresheim,  mais  il  ignorait  encore  le 
résultat  de  la  démarche  tentée  auprès  du  général  Wer- 
neck. Il  ignorait  aussi  que  la  cavalerie  légère,  en  se 
portant  sur  Âalen,  avait  fait  plusieurs  centaines  de 
prisonniers,  mais  il  pouvait  annoncer  à  Napoléon  que 
les  voitures  et  le  Trésor  étaient  sains  et  saufs  à  Nôrd- 
lingen. 

De  son  côté,  TËmpereur,  ne  voulant  pas  abandonner 
aux  détachements  autrichiens,  dont  la  force  lui  était  mal 
connue,  les  environs  de  Stuttgart,  ordonnait  à  Lannes,  à 
Beaumont  et  à  Nansouty  de  se  porter  sur  Heidenheim, 
et  dirigeait  Bourcier  sur  Geislingen  et  Stuttgart. 

Murât  quitte  Neresheim  le  18,  à  5  heures  du  matin, 
et  rencontre  trois  bataillons  autrichiens  qui,  ayant  erré 
toute  la  nuit,  demandent  à  se  rendre.  A  8  heures,  il 
entend  le  canon  sur  la  gauche,  et  il  se  dirigeait  de  ce 
côté  quand  il  reçoit  la  capitulation  de  Werneck. 

Le  combat,  dont  le  bruit  parvenait  jusqu'à  Neresheim, 


100  INTRODUCTION. 

se  livrait  alors  entre  Tescorte  du  convoi  autrichien,  qui 
marchait  d'Ellwangen  sur  Œttingen,  et  les  troupes  des 
généraux  Fauconnet  et  Rivaud,  qui  attaquaient  à  la  fois 
en  tète  et  en  queue. 

La  cavalerie  légère,  sous  les  ordres  du  général  Fau- 
connet, avait  suivi  Fennemi  à  la  piste  depuis  Ellwangen, 
tandis  que  Rivaud  se  portait  sur  la  route  de  Dinkelsbûhl 
avec  des  troupes  détachées  de  la  garnison  de  Nôrdlingen. 
Ces  dernières,  comprenant  une  partie  des  dépôts  de 
dragons,  un  détachement  du  6®  dragons  et  un  bataillon 
du  54^  avec  deux  pièces,  rencontrèrent  la  colonne  enne- 
mie qui  défilait  entre  Zipplingen  et  Rannsteîner  Hof.  Le 
général  Milet,  débouchant  entre  Bezenzimmer  et  Mttn- 
zingen,  chargea  avec  les  dragons.  Les  dragons  autri- 
chiens de  Rosenberg,  qui  escortaient  le  convoi,  faisaient 
une  vigoureuse  résistance,  lorsque  les  nôtres,  tournant 
contre  Tennemi  deux  pièces  prises  dans  le  convoi,  en 
eurent  enfin  raison.  On  prit  là  44  bouches  à  feu,  250  cais- 
sons et  900  prisonniers;  de  son  côté,  le  général  Rivaud, 
avec  le  54®,  faisait  1500  prisonniers. 

Le  général  Fauconnet  chargeait  en  même  temps  la 
queue  du  convoi  avec  ses  deux  régiments  de  chasseurs, 
mais  la  capitulation  du  général  Werneck  mit  fin  au 
combat. 

Pendant  qu'on  négociait  avec  ce  général,  Pavant-garde 
de  la  colonne  autrichienne  continuait  sa  marche.  Vers 
une  heure  du  matin,  Murât  ordonne  au  1"  hussards  de 
se  mettre  en  route  vers  Gunzenhausen  par  Œttingen,  et 
à  la  brigade  de  chasseurs  de  se  porter  sur  Wassertrû- 
dingen  par  un  chemin  passant  à  une  lieue  et  demie  à 
rOuest  d'Œttingen.  Klein  et  Dupont  partiront  à  5  heures 
par  la  grandVoute,  avec  les  carabiniers  et  les  chasseurs 
de  la  Garde.  L'intention  de  Murât  est  de  se  diriger  ensuite 
sur  Pappenheim. 

Diimonceau  et  Rivaud  reçoivent  d'abord  Tordre  de 
retourner  à  Donauv^œrth  et  Ingolstadt,   mais  ils  sont 


INTRODUCTION,  101 

dirigés  définitivement  sur  Pappenheim,  parle  chemin  le 
plus  court,  pour  y  devancer  le  gros  de  Tarraée.  Bour- 
cier,  Beaumont,  Nansouty  et  Lannes  sont  invités  à  ne 
pas  rejoindre  Murât.  Ils  arrivaient  le  19  à  Neresheim, 
Aalen  et  Heidenheim. 

Le  19  au  matin,  le  l"'^  hussards  se  lance  sur  la  route 
d'Œttingen,  et  atteint  Tarrière-garde  ennemie  aux  portes 
de  cette  ville;  il  la  pourchasse  jusqu'au  pont,  au  delà 
duquel  Tinfanterie  autrichienne,  formée  en  bataille,  l'ar- 
rête par  un  feu  très  vif.  Ce  régiment  fournit  là  plusieurs 
charges  très  brillantes. 

A  l'arrivée  de  la  division  Klein,  l'ennemi  précipite  sa 
retraite  et  parvient  jusqu'aux  portes  de  Gunzenhausen 
sans  avoir  subi  dé  nouvelle  attaque.  Là,  le  l^'^  hussards 
enlève  un  détachement  de  300  hommes  avec  quatre  ca- 
nons.  Les  Autrichiens  veulent  couper  le  pont  de  Gun- 
zenhausen, mais  la  garnison  prussienne  s'y  oppose.  Sur 
ces  entrefaites.  Murât  invite  le  général  Klein  à  faire 
connaître  aux  ennemis  la  capitulation  du  général  Wer- 
neck,  dans  laquelle  il  prétend  qu'ils  sont  compris.  Le 
prince  de  Schwarzenberg  profite  de  cette  communication 
pour  gagner  du  temps  :  il  accepte  de  maintenir  ses 
troupes  en  position  et  de  leur  donner  connaissance  du 
traité  passé  par  Werneck  ;  mais  en  réalité,  il  commence 
à  les  faire  filer,  et  au  bout  d'une  heure  d'attente,  Klein 
remet  ses  dragons  en  mouvement.  Il  se  trouve  alors  en 
présence  d'un  prétendu  conseiller  prussien  qui,  flanqué 
de  deux  officiers  autrichiens,  le  somme  de  ne  pas  com- 
battre sur  le  territoire  prussien.  Cet  individu  suspect  est 
arrêté,  et  Klein  continue  sa  marche,  déclarant  que  si 
Schwarzenberg  voulait  sortir  des  États  prussiens  par  le 
plus  court  chemin,  les  Français  en  feraient  autant,  mais 
qu'en  attendant  ils  Tattaqueraient  et  le  combattraient 
partout  où  ils  le  rencontreraient.  La  poursuite  ne  cessa 
qu'à  la  nuit  tombante.  On  était  alors  à  moitié  chemin  de 
Schwabach,  à  Erlbach  et  Brand. 


102 


INTRODUCTION. 


La  division  Dupont,  qui  courait  derrière  les  dragons 
avec  trop  d'ardeur  pour  s'apercevoir  qu'elle  manquait 
de  vivres,  bivouaqua  au  débouché  de  Gunzenbausen,  où 
son  passage  procura  aux  habitants  d*honnètes  bénéfices. 

Le  20  octobre,  Murât  laisse  Tennemi  prendre  les  de- 
vants, et  ne  met  son  armée  en  mouvement  qu'à  R  heures. 
Il  intercale  le  i^'  bataillon  du  9^^  léger  entre  le  l^'^  hus- 
sards et  le  reste  de  la  cavalerie  (chasseurs  de  la  Garde, 
carabiniers  et  dragons),  mais  bientôt  le  général  Klein, 
impatient  de  rencontrer  Tennemi,  fait  doubler  Tallure 
aux  cavaliers  et  laisse  toute  Tinfanterie  en  arrière.  Il 
parvient  jusqu'à  Nuremberg  sans  rejoindre  la  colonne 
autrichienne,  mais  à  la  sortie  de  cette  ville,  il  aperçoit 
la  queue  des  convois  qui  entre  dans  les  bois.  Cette 
marche  de  douze  lieues  avait  sensiblement  allongé  la 
colonne  française.  Une  halte  de  trois  quarts  d'heure, 
puis  un  temps  d'arrêt  à  la  sortie  de  Nuremberg,  permi-* 
rent  de  la  faire  serrer.  Le  1®'  hussards,  les  chasseurs  de 
la  Garde  et  les  carabiniers  repartirent  alors  au  galop  ;  on 
prit  1500  fantassins  ennemis  dans  les  bois;  par  malheur, 
renvoyés  à  Nuremberg,  ils  ne  purent  y  être  gardés,  et 
beaucoup  s'échappèrent.  Un  assez  grand  nombre  furent 
incorporés  dans  l'armée  prussienne. 

Le  combat  le  plus  sérieux  s'engagea  près  d'Herolds- 
berg,  où  la  cavalerie  légère  fournit  trois  charges  très 
brillantes  et  mena  la  poursuite  jusqu'à  Eschenau  malgré 
quelques  pièces  mises  en  batterie  par  l'ennemi  sur  la 
hauteur  de  Geschaid.  Gomme  les  chasseurs  de  la  Garde 
descendaient  la  pente  de  Geschaid  sur  Eschenau,  ils 
furent  assaillis  par  toute  la  cavalerie  ennemie  et  durent 
J>atlîe  *.rii  nHivuUj  nu  tuNtant;  larrivéi-  du  1*' hussards 
et  du  1*^  earabitiicrs  nouB  rendit  la  supériorité  et  ranima 
la  charge  jusi}u'i  E«oheiiiiQ.  Lé,  renne  mi  put  encore 
oppoi!ier  dêx  foroet  supérieures  an  t"^  régimeat  de  cara- 
biniers» qui  al(43iuJ  te  feu  do  rartillerie  et  des 
tiroiUeiiTB  cmnomi  dti  2^  Les  deux  régiments 


INTRODUCTION.  108 

poursuivirent  jusqu'à  Forth,  où  la  nuit  et  la  lassitude 
firent  cesser  le  combat. 

Le  reste  du  matériel  et  de  rinfanterie  de  l'ennemi 
tomba  entre  nos  mains  ce  jour- là.  L'archiduc  Ferdinand 
parvint  encore  à  s'échapper  avec  3,000  ou  4,000  cavaliers. 

La  division  Dupont  n'avait  pas  pu  gagner  de  vitesse  la 
cavalerie,  mais  elle  avait  fait  un  effort  extraordinaire. 
Après  une  marche  de  douze  lieues,  le  soldat  tombait  de 
lassitude  et  de  besoin  en  traversant  Schwabach.  Le 
général  fit  distribuer  à  la  hâte  un  morceau  de  pain  et  un 
▼erre  de  vin,  et  la  colonne  reprit  sa  course  en  chantant 
jusqu'au  delà  de  Nuremberg. 

Le  1*'  hussards  et  le  14*  dragons  se  mirent,  le  21,  à  la 
poursuite  de  l'archiduc,  mais  désespérant  de  le  rejoindre, 
8*arrètèrent  à  une  lieue  au  delà  d'Hilpolstein.  Il  y  avait 
plus  de  profit  à  battre  les  taillis  dans  toutes  les  directions 
pour  y  recueillir  les  Autrichiens  débandés.  C'est  ce  que 
fit  faire  Murât  par  le  reste  des  troupes  à  cheval. 

Le  général  Milhaud  arrivait  ce  jour-là  près  de  Nurem-^ 
berg,  par  la  route  d'Anspach,  avec  les  16*  et  22*  chas- 
seurs; Fauconnet  s'était  dirigé  sur  Weissenburg  ;  Rivaud 
et  Dumonoeau,  de  Pappenheim  sur  Neumarkt  et  Dietfurt. 
Lannes  arrivait  à  Nordiingen. 

Le  22  octobre.  Murât  fait  revenir  sous  Nuremberg  la 
cavalerie  portée  en  avant,  et  le  23  il  ira  rejoindre 
Rivaud  et  Dumonceau  à  Neumarkt.  11  se  dirige  sur 
Ligolstadt  pour  entrer  en  Autriche  avec  le  reste  des 
troupes  françaises;  mais  le 25,  sur  de  nouvelles  instruc- 
tions de  l'Empereur,  il  passe  le  Danube  à  Neustadt 
avec  tout  son  corps  (Dupont,  Nansouty  et  chasseurs  do 
la  Garde),  formant  la  gauche  de  la  Grande  Armée,  qui 
est  réunie  en  arrière  du  front  Munich-Freising. 


104  INTRODUCTION. 


XIII 


Nous  ne  nous  sommes  occupés  jusqu'ici  que  des 
opérations  de  la  Grande  Armée  française;  nous  ne 
pouvions  songer  à  donner  parallèlement,  avec  un  détail 
comparable  et  une  égale  abondance  de  documents, 
riiistoire  de  l'armée  autrichienne.  D'ailleurs,  sans  nous 
imposer  comme  but  unique  de  suivre  la  pensée  de 
TEmpereur,  elle  devait  être  un  des  objets  les  plus 
importants  de  notre  étude.  Or,  on  a  pu  voir,  d'après  les 
renseignements  reçus  et  les  ordres  donnés  par  Napoléon, 
dans  quelle  incertitude  il  est  demeuré  depuis  le  7  jus* 
qu'au  12  octobre  ;  si  nous  avions  fait  connaître  au  jour 
le  jour  la  véritable  situation  de  l'armée  autrichienne, 
le  lecteur  en  aurait  été  forcément  influencé,  et  ne 
serait  pas  demeuré  dans  l'état  d'esprit  nécessaire  pour 
suivre  le  développement  naturel  des  idées  et  des  opéra- 
tions de  l'Empereur.  Mais,  parvenus  à  l'investissement 
d'Ulm,  nous  ne  voyons  plus  que  des  avantages  à 
retracer  les  événements  au  point  de  vue  autrichien, 
dans  la  mesure  où  nous  le  pouvons  (1).  La  confrontation 


(1)  Il  n'existe  pas  do  recueil  documentaire  ni  de  relation  absolument 
complète  rédigée  d'après  les  archives  autrichiennes  ;  mais  on  a  publié 
un  ouvrage  posthume  du  F.Z.M.  Schônhals  :  Der  Krieg  i805  in 
Deutschland,  Vienne^  1873,  écrit  d'après  les  documents  originaux,  et 
le  colonel  Angeli  a  ajouté  d'intéressants  développements  à  ce  premier 
travail  dans  son  Ulm  und  Austerlitz  (OEsterr.  Mil.  Zeitschrift,  1877)  et 
dans  les  tomes  III  et  V  de  son  Erzherzog  Karl  (Vienne,  BraumûUer, 
1897).  Ces  derniers  ouvrages  ont  été  écrits  aux  Archives  de  Vienne,  et 
citent  in  extenso  ou  en  partie  un  certain  nombre  de  pièces  importantes. 
Le  mémoire  justificatif  de  Mack,  publié  en  1873  par  le  Historisches 
Taschenbuch  de  Brockhaus,  fournit  aussi  d'utiles  éclaircissements. 
Eafm  les  Archives  de  la  Guerre  de  Paris  contiennent  plusieurs  états 
de  situation  ou  d'emplacement  et  plans  de  campagne,  dont  les  uns  ont 


INTRODUCTION.  405 

de  cette  seconde  relation  avec  la  première  nous  pro- 
curera des  conclusions  importantes,  non  seulement  pour 
l'histoire  elle-même,  mais  encore  pour  la  manière 
d'interpréter  les  renseignements  reçus  en  campagne. 

La  Russie  entreprit  des  négociations  avec  l'Autriche 
dès  le  mois  d'octobre  1803,  en  vue  de  former  une  nou- 
velle coalition.  Au  mois  de  décembre,  afin  d'engager 
plus  vivement  son  alliée  à  la  guerre,  elle  se  déclara 
prête  à  mettre  sur  pied  en  huit  jours  170,000  hommes, 
dont  moitié  iraient  renforcer  l'armée  autrichienne,  et 
moitié  tiendraient  la  Prusse  en  échec  ou  la  décideraient 
à  se  joindre  aux  coalisés.  L'Autriche,  cependant,  tout  en 
adoptant  le  principe  d'une  coalition  et  d'une  guerre 
contre  Napoléon,  ne  se  jugeait  pas  assez  forte  pour 
songer  à  une  prochaine  entrée  en  campagne.  La  longue 
période  de  revers  qu'elle  venait  de  traverser  avait 
épuisé  ses  finances  et  ruiné  son  armée.  Un  mémoire  de 
l'archiduc  Charles,  remis  à  l'empereur  d'Allemagne  le 
3  mars  1804,  développe  ces  considérations,  mais  pose 
en  même  temps  les  principes  généraux  sur  lesquels  il 
conviendrait  d'établir  un  plan  de  campagne  si  l'on  était 
forcé,  malgré  soi,  dé  combattre  la  France  : 

ce  La  situation  financière  de  l'Autriche,  dit-il,  est  dé- 
testable. On  ne  peut  rétablir  l'équilibre,  en  pleine  paix, 
entre  les  recettes  et  les  dépenses.  Il  faudrait  20  millions 
de  florins  au  moins  pour  porter  Tarmée  au  pied  de 
guerre,  33  millions  par  an  pour  l'entretenir,  et  plus  de 
ISO  millions  par  an  pour  faire  la  guerre.  Ce  serait  la 
banqueroute  à  brève  échéance,  car  la  monnaie  de  billon 
et  le  papier-monnaie  ont  été  multipliés  dans  des  propor- 
tions telles  qu'on    ne  peut  les  augmenter  encore;  le 


été  pris  à  Vienne  en  J805  ou  en  1809,  et  les  autres  ont  été  communi- 
qués plus  tard  à  la  demande  du  général  Pelet,  pour  les  travaux  histo- 
riques qu'il  ayait  entrepris. 


406  INTRODUCTION. 

crédit  est  si  bas  qu'on  ne  peut  pas  faire  d'emprunt.  On 
aurait  sans  doute  des  subsides  de  TAngleterre  ;  mais  il 
ne  faut  pas  s'en  exagérer  Timportance  :  ils  diminuent^ 
ils  n'annulent  pas  les  dépenses  supplémentaires  résultant 
de  l'état  de  guerre;  en  réalité,  ils  n'en  représentent 
qu'une  faible  partie  (37  millions  de  florins),  et  l'Angle- 
terre a  soin  d'en  défalquer  les  dettes  contractées  anté- 
rieurement par  l'Autriche,  puis  de  faire  de  véritable 
usure  au  moment  du  règlement  de  comptes. 

((  Les  ressources  en  hommes  ne  sont  pas  plus  bril- 
lantes :  les  Etats  autrichiens  n'ont  que  25  millions 
d'habitants  à  opposer  aux  40  millions  de  la  France 
(ancienne  France,  25  millions;  conquêtes  de  la  Révo- 
lution, 4  millions  1/2;  Piémont,  2  millions;  Cisalpine, 
3  millioDS  1/2;  Étrurie,  1  million;  Parme  et  Ligurie, 
1  million  ;  Helvétie,  1,700,000  et  Batavie  1,900,000.) 

«  Les  populations  des  pays  annexés  à  la  France  ont 
été  peu  atteintes  par  la  conscription  et  fourniront  des 
recrues  en  grand  nombre.  Dans  les  Etats  héréditaires 
de  l'Autriche,  au  contraire,  les  cas  d'exemption  sont 
nombreux,  et  les  levées  antérieures  ont  fortement 
entamé  les  ressources  en  hommes  valides.  Au  total,  on 
aurait  besoin  de  108,598  hommes  pour  porter  l'armée 
au  pied  de  guerre  (1),  et  le  dernier  recensement  n'en  a 
fait  trouver  que  83,159.  On  ne  peut  donc  littéralement 
pas  compléter  Tarmée,  ni  surtout  la  recruter  après  la 


(i)  En  1801,  le  premier  besoin  de  TAutriche  étant  de  rétablir  ses 
finances,  son  armée  avait  été  considérablement  réduite.  On  avait  fixé  le 
pied  de  paix  à  333,000  hommes,  le  pied  de  guerre  étant  de  433,000.  Do 
plus,  on  avait  envoyé  en  congé  le  plus  grand  nombre  des  hommes  et  on 
n'avait  pas  fait  de  remonte.  Au  commencement  de  1805,  il  y  a  plus  de 
97,000  hommes  en  congé,  37,000  cavaliers  démontés;  pas  une  batterie 
n'est  attelée,  et  il  manque  13,000  hommes  au  pied  de  paix.  Il  n*y  a 
que  234,000  hommes  sous  les  drapeaux,  dont  beaucoup  sont  détachés. 
Il  faudrait,  non  plus  108,000  hommes,  mais  156,000  pour  atteindre  le 
pied  de  guerre.  (Angeli.  Erzheriog  Karl,  tome  III,  pages  9  à  12.) 


INTRODUCTION.  107 

guerre  commencée.  Encore,  en  prenant  ces  83,000  hom- 
mes, anéanti rait*on  totalement  Tindustrie  et  l'agricul- 
ture^  qui  sont  déjà  en  fâcheux  état. 

«  La  France  a  432  bataillons,  dont  on  peut  supposer 
que  11  resteront  en  Hollande  et  22  aux  colonies. 
ÛÂutriche  n'en  a  que  240.  Différence  :  159. 

«  Il  faut  donc  éviter  la  guerre  à  tout  prix.  Elle  ne  peut, 
du  moins,  être  subie  que  si  l'Autriche  a  des  alliés.  Et 
que  seront  ces  alliés?  On  ne  peut  songer  qu'aux  Russes. 
Ils  ont  poussé  TAutriche  A  la  guerre  de  toutes  leurs 
forces  jusqu'en  1798,  sans  intervenir*  Ils  ne  se  sont 
ébranlés  que  quand  ils  ont  su  Bonaparte  en  Egypte. 
Lors  des  négociations,  ils  ont  accepté  avec  une  parfaite 
complaisance  tous  les  plaûs  d'indemnisation  proposés  par 
la  France.  Le  contingent  qu'ils  offrent  n'est  pas  suffisant 
pour  permettre  à  l'Autriche  de  lutter  à  armes  égales. 
Et  puis,  sait-on  jamais  s'ils  ne  refuseront  pas  demain, 
sous  le  moindre  prétexte,  différends  entre  des  géné- 
raux, etc.,  le  concours  qu'ils  ont  offert?  Enfin,  quelque 
zèle  qu'ils  missent  réellement  à  soutenir  l'Autriche,  elle 
n'en  aurait  pas  moins  subi  le  premier  choc  des  Fran- 
çais, peut-être  même  reçu  l'envahisseur  dans  sa  capitale, 
avant  l'arrivée  des  Russes  sur  le  Daoube. 

0  On  ne  peut  pas,  dit-on,  éviter  la  guerre  avec  la 
France.  C'est  incontestable,  répond  aussi  l'archiduc; 
mais  au  moins  peut-on  la  retarder  le  plus  possible,  et 
chaque  année  de  paix  rend  des  hommes  et  des  florins 
au  gouvernement  autrichien.  Il  y  a  donc  intérêt  à 
attendre  (1). 


(1)  Dans  un  autre  rapport,  Tarchiduc  ayait  émis  Tavis,  contraire  à 
«lai  de  Gobenzl,  qu'il  ne  fallait  s'opposer  en  rien  au  projet  de  débar- 
quement en  Angleterre  annoncé  par  Napoléon.  Il  ne  croyait  ni  à  la 
•îoeérité,  ni  au  succès  de  ce  projet.  C'était,  à  ses  yeux,  une  difersion 
utile  pour  TEurope  continentale,  et  capable,  si  elle  était  poussée  jus- 
qu'à Texéeution,  d'aibiblir  énormément  la  puissance  française.  Il  fallait 


108  IJITRODITTÎOX. 

«  Si  par  malheur  cetU^  guerre  veuait  à  éclater,  quelles 
en  seraient  les  conséquences?  Pour  bien  en  juger«  il 
faut  passer  en  revue  les  divers  événements  qui  pour- 
raient se  produire,  ce  qui  entraîne  à  examiner  le  plan  de 
campagne  à  suivre  t. 

Ici  nous  traduisons  à  peu  près  littéralement  : 
«  l^  front  sur  lequel  $'e9iyageraii  la  luite  $éiend  de 
la  frontière  austro- italienne  Jusf/uau  lac  de  Constance, 
C*est  de  là  qu  on  délioucherait,  si  Ton  prenait  loflensive, 
et  c>st  \k  qu  on  résisterait  si  Ion  restait  sur  la  défensive. 
//  parait  indiscutable  que  la  plus  grande  partie  des  fortes 
employées  serait  attril/uêe  au  théâtre  d opérations  dlta* 
lie  :  du  cAté  autrichien,  parce  que  c*est  là  seulement 
qu'on  peut  songer  à  une  acquisition  de  quelque  valeur, 
si  Ton  a  les  forces  nécessaires  en  temps  voulu  ;  parce 
que  c  est  là  (|ue  le  danger,  pour  la  monarchie  aatri- 
chif»nne,  est  le  pins  proche  et  le  plus  grand;  enfin  parce 
que  c*est  stuilement  en  prenant  Totrensive  ou  en  se  main- 
tenant en  Italie  (|u  on  [leut  sauver  les  États  héréditaires 
de  rinvA»ion.  Du  c(^té  français,  parce  que  le  gouverne* 
ment  français  a  le  plus  grand  intrrét  personnel  à  sauve* 
garder  la  République  italienne  ;  |)arce  que  cVsl  par  là 
qu*il  peut  porter  Ifs  coups  les  plus  dangereui  à  TAu* 
trirlit*,  dès  les  premiers  pas,  apn'^s  une  seule  victoire, 
atteignant,  à  travers  une  frontièrt*  ouverte,  le  cœur  et  la 
capitale  même  de  Tempirt*  :  enfin  |Mirce  que  Tannée 
frant  aise  envahissante  aurait  ses  ressources  immédiate- 
ment derrière  elle,  sur  les  frontières  de  l'Italie  et  de 
rilelvètie.  4|uVlle  se  tnunerait  plus  voisine  de  ses 
points  d'appui  et  de  vs  renftirts,  tandis  qu'en  marchant 
sur  Vienne  par  la  Souabe  et  la  llavière,  elle  n'arriverait 


•«^  wr«irr.  tit«4it  .t,«lr  fuurnir  a  N«{>m1«'oo  un  |*r/letti*  potirj 


INTRODUCTION.  109 

que  beaucoup  plus  tard  à  frapper  l'Autriche.  Cette  con- 
sidération serait  importante,  puisqu'il  s'agirait  d'obtenir 
un  résultat  avant  l'intervention  des  Russes. 

«  C'est  donc  sur  fAdige  que  se  trouve  le  théâtre  des 
premières  et  des  principales  opérations,  C/est  là  que  les 
armées  autrichiennes  devraient  prendre  t offensive^  si  elles 
avaient  un  but.  » 

Mais  Tarchiduc  voit  en  Italie  toute  une  série  de  diffi- 
cultés topographiques  et  militaires  :  les  berges  de 
l'Âdige,  les  rives  du  Mincio,  les  marais  et  les  dérivations 
du  Pô,  et  le  fort  de  la  Rocca  d'Anfo,  et  la  ligne  de 
TAdda,  et  Peschiera,  et  Mantoue,  etc. 

«  Pour  seconder  l'offensive  ou  la  défensive  de  l'armée 
autrichienne  d'Italie,  et  pour  écarter  l'ennemi  du  Tyrol, 
il  faudrait  opposer  une  seconde  armée ^  bien  moins  considé- 
rable^ à  celle  que  les  Français  dirigeraient  probablement 
de  Strasbourg  sur  Vienne  par  le  chemin  le  plus  courte  à 
travers  la  Souabe;  elle  essayerait  de  prévenir  P ennemi  sur 
riller.  Cependant  une  ou  plusieurs  victoires  gagnées  de 
ce  côté  n'auraient  pour  résultat  que  de  rejeter  l'ennemi 
au  delà  du  Rhin,  où  il  possède  des  lignes  de  forteresses 
dans  lesquelles  il  serait  déraisonnable  de  le  pour- 
suivre  

«  Entrer  en  Alsace  serait  funeste.  Attaquer,  à  60  ou 
80  milles  des  États  héréditaires,  un  pays  aux  contours 
massifs,  supérieurement  pourvu  de  toute  espèce  de  res- 
sources, entouré  de  forteresses  comme  d'une  chaîne  de 
fer,  où  l'on  perdrait  son  temps  et  ses  forces,  si,  par 
impossible,  un  succès  y  avait  conduit  ;  où,  en  cas  de 
revers,  on  n'aurait  plus  ni  Ehrenbreitstein,  ni  Mayence, 
ni  Mannheim,  ni  une  simple  tète  de  pont  pour  se  réfu- 
gier; d'où  Ton  ne  pourrait  plus  gagner,  en  se  retirant, 
cette  position  d'Ulm  qui  existait  en  1800  :  d'où  l'on  serait 
rejeté  dans  les  gorges  du  Tyrol  ou  jusque  derrière 
rinn  ;  une  entreprise  aussi  peu  raisonnable  ne  peut 
venir  à  l'esprit  d'aucun  tacticien. 


110  INTRODUCTION. 

c(  Ainsi  l'on  ne  peut  rien  faire  en  Allemagne,  dans 
Tétat  actuel  des  choses,  tant  que  l'arinée  d'Italie  n^aurait 
pas  franchi  TAdda  à  la  suite  d'une  victoire  ;  il  n'y  a  donc 
qu'à  se  choisir  une  position  défensive  bien  calculée,  qui 
couvre  le  Tyrol  contre  les  incursions  ennemies  et  em- 
pêche Tarmée  française  de  descendre  en  Autriche  par 
la  vallée  du  Danube. 

«  A  supposer  que  cette  armée  de  l'Iller  eût  battu 
l'ennemi  à  plusieurs  reprises,  elle  ne  réussirait  qu'à  le 
rejeter  au  delà  du  Rhin  et  à  empêcher  peut-être  l'armée 
française  d'Italie,  si  elle  était  victorieuse,  de  pousser 
jusqu'au  cœur  de  l'Autriche. 

«  Si  l'armée  autrichienne  d'Italie,  complètement 
défaite,  était  renforcée  aux  dépens  de  formée  de  r  Hier  y 
et  si  cette  dernière,  c'est-à-dire  maintenant  f  armée  de 
riller  affaiblie,  était  battue  à  son  tour,  la  monarchie 
serait  sous  le  coup  d'un  double  danger,  etc.  » 

Conclusion  :  La  victoire  ne  mènerait  à  rien  de  consi- 
dérable ;  la  défaite  aboutirait  aux  pires  désastres,  et  c'est 
elle  qui  est  probable,  pour  ne  pas  dire  certaine  (1). 

Malgré  ces  sinistres  prophéties,  l'Autriche  signa,  le 
4  novembre  1804,  un  traité  préliminaire  avec  la  Russie, 
et  les  deux  états-majors  se  mirent  à  discuter  le  plan  de 
campagne. 

Le  iS  mars  1805  est  remis  à  Pétersbourg  un  «  Plan 
de  guerre  »  qui  semble  rédigé,  au  moins  pour  la  partie 
militaire,  par  rarohiduc  Charles  (2)  ;  il  insiste,  comme 


(i)  Angeli,  Erzherxog  Karl,  tome  111,  annexe  n*  1. 

(2)  Il  existe  deux  exemplaires  manuscrits  de  oe  plan  aux  ArchÎTes  de 
la  Guerre  de  Paris,  dont  Tun,  d'une  écriture  allemande  et  lié  d'un 
cordon  blanc  et  noir,  porte  la  mention  :  '<  trouvé  à  Vienne  ».  Ce  plan 
a  été  publié,  d'après  une  autre  copie,  dans  VHistoire  abrégée  des  traités 
de  paix,  de  Koch  etSchœll,  tome  VIU,  page  90),  arec  quelques  variantes, 
et  dans  le  Mémorial  du  Dépôt  de  la  Guerre,  tome  VllI.  (Tirage  à  part 
intitulé  :  Pièces  officielles  relatives  aux  premières  guerres  de  l'Empire, 


INTRODUCTION.  111 

le  mémoire  du  3  mars  1804,  et  presque  dans  les  mêmes 
termes,  sur  les  éléments  d*mfériorité  de  T Autriche,  au 
point  de  vue  des  effectifs,  des  finances  et  du  terrain, 
mais  il  tourne  court  en  concluant  : 

u  Sa  Majesté  ne  se  laissera  pas  arrêter  par  ces  grandes 
difficultés.  Dans  le  cas  supposé  d'une  guerre  inévitable, 
elle  emploiera  les  efforts  les  plus  puissants  pour  les 
vaincre  et  pour  remplir  ses  engagements.  » 

L*auteur  passe  aussitôt  à  la  discussion  du  plan  de 
campagne  : 

«  Quand  on  considère  la  position  géographique  de  la 
France  et  de  ses  frontières  du  côté  de  TÂllemagne,  la 
Suisse  qui  lui  est  asservie  et  la  République  italienne,  et 
qu'on  observe  la  situation  des  États  héréditaires  autri- 
chiens, il  saute  aux  yeux  combien  une  opération  de 
rAllemagne  contre  TÂlsace  ou  le  Rhin  serait  fautive.  » 

(Suit  le  développement  de  cette  idée,  d'après  les 
mêmes  principes  que  dans  le  mémoire  de  1804). 

«  Une  opération  contre  la  Suisse,  et  de  là  contre  la 
France  parla  Franche-Comté,  serait  sans  contredit  celle 
que  Tennemi  aurait  le  plus  à  redouter  (1).  Ici  ses  fron- 
tières sont  ouvertes  ;  mais  comme  une  telle  opération  ne 
peut  s'effectuer  que  par  la  Souabe  ou  par  le  Vorarlberg, 


page  50.)  Le  rédacteur  du  Mémorial  juge,  d*aprèa  la  date,  que  ce  plan 
ne  doit  pas  être  de  Tarchiduc,  et  il  contient  en  effet  quelques  idées 
opposées  aux  siennes  en  matière  politique  ;  mais  le  plan  de  campagne 
est  établi  exactement  sur  les  principes  exposés  dans  le  Mémoire  du 
3  mars  1804,  et  il  est  atéré,  par  le  compte  rendu  des  conférences  tenues 
à  la  6a  du  mois  d*août  1805  à  Hetaendorf,  que  le  plan  de  campagne 
définitif  était  bien  de  Tarchiduc  Charles.  (Àngeli,  Ulm  und  AusterlUi, 
page  À2t.) 

(i)  Bien  que  nous  nous  interdisions,  en  principe,  toute  discussion  et 
comparaison  atec  d^autres  époques,  nous  ne  pouvons  nous  empêcher  de 
signaler  la  persistance  de  cette  idée  jusqu*en  1814,  et  Terreur  de 
Clmuiewitt  sur  le  motif  qui  a  fait  choisir  cette  Toie  d'intasion. 


112  INTRODUCTION. 

OU  au-dessous  du  lac  de  Constance,  à  cause  de  Fimpossi- 
bilité  de  faire  arriver  les  transports  par  le  Tyrol,  il 
faudrait,  avant  de  l'entreprendre,  avoir  fait  des  progrès 
en  Souabe,  et  les  avoir  assurés  par  un  corps  d'observa- 
tion vis-à-vis  de  Strasbourg.  Il  faudrait  même  avoir  eu 
des  succès  en  Italie  avant  que  d'attaquer  la  Suisse.  En 
Italie,  une  retraite  forcée  vers  Elagenfurt  arrêterait  la 
coopération  de  l'armée  du  Tyrol  pour  l'attaque  de  la 
Suisse;  l'ennemi  se  mettrait  en  possession  du  Pusterthal, 
sur  la  grande  route  de  communication  de  nos  transports 
avec  le  Tyrol.  On  serait  forcé  de  renforcer  l'Autriche 
intérieure  par  des  troupes  tirées  de  l'armée  d'Allemagne, 
et  de  renoncer  non  seulement  à  toute  opération  oflFen- 
sive,  mais  même  se  borner  à  n'aller  que  jusqu'au  Lech, 
tout  au  plus  jusqu'à  l'Iller,  et  de  prendre  là  une  posi- 
tion défensive  pour  n'être  pas  trop  loin  de  l'Autriche, 
et  à  portée  d'y  conduire  à  temps  les  secours  néces- 
saires. 

«  Le  résultat  de  ces  observations  est  que  la  guerre 
doit  être  commencée  par  une  offensive  vigoureuse  en 
Italie  ;  c'est  là  que  nous  devons  l'entreprendre  avec  les 
forces  supérieures  de  notre  armée.  Ici  une  victoire  rem- 
portée nous  donnerait  autant  de  moyens  d'une  opération 
offensive  contre  la  France,  qu'une  bataille  perdue  donne- 
rait à  ceux-ci  {sic)  de  facilités  pour  pénétrer  dans  Tinté- 
rieur  des  États  héréditaires.  Si  notre  position  offre  des 
difficultés,  même  l'impossibilité  d'armer  et  de  porter  en 
même  temps  que  l'ennemi  nos  troupes  sur  les  frontières, 
combien  peu  doit-on  se  flatter,  à  plus  forte  raison,  que 
les  troupes  impériales  russes  puissent  être  arrivées  dès 
le  commencement  des  hostilités  sur  le  théâtre  de  la 
guerre  ! 

«  La  France  avait  intérêt  à  mettre  tout  en  usage  pour 
prévenir  leur  arrivée  par  une  supériorité  décidée.  Un 
rassemblement  de  nos  troupes  ou  une  marche  des  Russes 
fournirait  déjà  un  prétexte  assez  plausible  à  Bonaparte 


INTRODUCTION.  113 

pour  déclarer  la  guerre  sur-le-champ.  Cette  observation 
veut  que  dans  le  développement  d'un  plan  d'opération, 
dans  le  cas  d'une  guerre  contre  la  France,  la  première 
répartition  et  disposition  de  Tarmée  autrichienne^  le 
commencement  et  la  première  marche  des  opérations  ne 
soient  calculés  que  sur  nos  propres  forces. 

t<  Il  faudrait  que  Tarmée  d'Italie (SuU  le  plan  de 

campagne  pour  V Italie.) 

«  L'armée  d'Allemagne  commencerait  la  campagne 
par  le  passage  de  l'Inn,  s'avancerait  en  Bavière,  et  atten- 
drait au  Lech,  avant  de  continuer  ses  opérations,  celles 
des  autres  armées  et  surtout  l'arrivée  de  f  armée  russe  en 
Allemagne. 

«Si  l'Italie,  au  commencement  des  hostilités,  est 

le  point  décisif,  la  Suisse  le  devient  dès  que  nous  y  avons 
eu  des  succès,  et  que  nous  nous  sommes  avancés  en 
Souabe » 

On  trouve  dans  ce  plan  les  mêmes  idées  que  dans  le 
mémoire  du  3  mars  1804  sur  les  grandes  lignes  de  la 
campagne,  sur  la  répartition  générale  des  forces.  Les 
indications  relatives  à  l'Italie,  que  nous  avons  négligées, 
sont  exactement  les  mêmes.  A  côté  de  ces  analogies,  on 
remarquera,  comme  différences,  plus  de  résolution  dans 
le  projet  d'offensive,  moins  d'appréhension  des  diffi- 
cultés matérielles,  et  le  fait  essentiel  que  l'armée  d'Alle- 
magne, au  lieu  de  pousser  jusqu'à  Tlller,  doit  se  tenir 
sur  le  Lech.  On  trouve  enfin  une  solution  pour  porter 
Toffensive  jusqu'au  cœur  de  la  France,  chose  dont  l'Ar- 
chiduc semblait  désespérer  l'année  précédente.  Au  total, 
ce  plan  a  pu  être  établi  par  l'Archiduc,  mais  avec  la 
collaboration  ou  sous  la  direction  d'un  personnage  plus 
confiant  et  plus  ambitieux  dans  ses  vues.  En  tout  cas, 
il  n'est  pas  de  Mack,  qui  n'aurait  sans  doute  pas  limité 
le  mouvement  de  l'armée  d'Allemagne  au  Lech. 

Ce  plan  de  guerre  fut  remis  à  l'empereur  de  Russie 
m.  8 


114  INTRODUCTION. 

par  le  général  Stutterheim,  qui  y  joignit  un  assez  long 
mémoire  explicatif,  daté  du  6  avril  (1). 

Il  insista  sur  la  nécessité  de  prendre  la  Suisse  pour 
obj&t  des  premières  opérations,  en  faisant  d'abord  des 
progrès  sur  ses  deux  ailes. 

«  Une  offensive  vigoureuse,  d'abord  en  Italie,  et  puis 
en  Allemagne  au  moment  de  l'arrivée  des  armées  russes, 
peuvent  seules  mettre  en  mouvement  et  diriger  les  opé- 
rations de  l'armée  du  ïyrol  contre  la  Suisse.  L'armée 
impériale-royale,  étant  forcée  à  la  défensive  jusqu'à  l'ar^ 
rivée  de  celles  de  Russie  (depuis  la  frontière  du  Tyrol  et 
de  l'Italie  sur  toute  celle  de  la  Suisse,  par  le  Vorarlberg, 
le  poste  important  de  Feldkirch  qui  couvre  de  ce  côté 
l'entrée  en  Tyrol  et  les  sources  de  Tlnn,  le  long  du  Lech 
jusqu'au  Danube)  et  ne  pouvant  employer  à  cette  défen- 
sive si  difficile  sur  une  ligne  d'environ  50  milles  d'Alle- 
magne qu'une  moindre  partie  de  ses  forces,  la  plus 
grande  devant  être  employée  en  Italie,  il  deviendrait  de 
la  nécessité  la  plus  absolue,  pour  prévenir  des  malheurs 
qui  pourraient  détruire  toutes  les  combinaisons,  que 
l'armée  impériale  de  Russie  se  hAtàt  d'arriver  sur  un 
point  qui,  au  moins,  opérât  une  grande  diversion  en 

faveur  de  celle  d'Autriche ,  la  ligne  du  Lech ; 

supposé  que  les  troupes  autrichiennes  eussent  eu  le 
bonheur  de  se  soutenir  sur  le  Lech  jusqu'à  l'arrivée  des 
Russes,  je  crois  qu'à  l'approche  de  ces  dernières  elles 
devraient  leur  céder  la  place  pour  aller  renforcer  le 
Tyrol pour  commencer  l'attaque  de  la  Suisse » 

Stutterheim  pense  que,  si  l'on  peut  obtenir  le  passage 
en  territoire  prussien,  c'est  de  la  Silésie  vers  Nuremberg 
que  les  armées  russes  devront  se  diriger,  pour  inquiéter 
les  Français  sur  toute  leur  frontière  du  Rhin.  Il  revient 
sur  les  avantages  que  procure  la  Suisse  pour  l'offensive. 


(1)  Archives  de  la  Guerre  et  Mémorial  du  Dépôt  de  la  Guerre, 


INTRODUCTION.  H5 

et  entrant  dans  quelques  développements  sur  la  marche 
des  armées  russes,  prévoit  qu'elles  auront  une  bataille  à 
livrer  du  côté  de  Stockach. 

L'état-major  russe  répond  par  des  remarques  sur  le 
plan  d'opérations  proposé  par  TAutriche  (1). 

«  Le  contingent  de  la  Russie  serait  en  tout  de  115,000 
hommes.  Si  on  en  déduit  jusqu'à  23,000  pour  le  royaume 
de  Naples,  il  en  resterait  90,000  pour  agir  en  Allemagne, 
dont  on  pourra  convenablement  former  deux  armées, 
l'une  de  50,000  hommes,  rassemblée  sur  ou  à  portée  des 
frontières  de  laGalicie,  vis-à-vis  de  Lemberg,  et  l'autre 
de  40,000  le  long  du  Boug,  vis-à-vis  de  Lublin. 

«  La  première  de  ces  deux  armées  pourrait  détacher, 
dès  la  première  apparence  d'hostilités,  la  colonne  men- 
tionnée qui  traverserait  la  Galicie  pour  se  rendre  vers  le 
Danube,  afin  d'aider  à  s'opposer  aux  premières  tenta- 
tives des  Français  sur  les  États  héréditaires  en  Alle- 
magne. Arrivée  à  la  hauteur  de  Ratisbonne,  la  position 
de  l'armée  autrichienne  déciderait  de  sa  destination  ulté- 
rieure. 

((  Le  reste  de  l'armée  russe  suivrait  immédiatement 
pour  arriver  à  sa  destination  avec  le  moins  de  perte  de 
temps  possible.  L'autre  armée  prendrait  sa  marche  par 

Lublin  et  Cracovie Quant  à  leur  emploi,  la  première 

pourrait  opérer  sur  la  rive  gauche  du  Danube,  commu- 
nicativement  avec  celle  d'Autriche  sur  la  rive  opposée, 
en  appuyant  d'abord  sa  gauche  sur  Donauwœrth.  La 
seconde  armée,  arrivée  en  Bohème,  se  porterait  en 
Franconie,  ou  partout  ailleurs  où  l'état  des  choses  l'exi- 
gera. » 

Les  Russes  approuvent  le  reste  du  plan  proposé,  mais 
ils  protestent  contre  les  renseignements  trop  pessimistes 
de  la  cour  de  Vienne  sur  les  ressources  comparées  de  la 


(1)  Cité  par  Koch  et  Schœll,  tome  VIII,  page  98  (sans  date). 


116  INTRODUCTION. 

France  et  de  rAutriche.  Bonaparte,  disent-ils,  ne  sait 
plus  où  prendre  de  Targent.  Ses  armées  sont  moins 
nombreuses  qu'on  ne  veut  bien  le  dire.  Enfin,  au  point 
de  vue  politique,  la  France  gagne  plus  que  TAutriche  à 
retarder  la  guerre,  puisqu'elle  s'assimile  de  plus  en  plus 
ses  conquêtes,  et  absorbe  tous  les  petits  États  d'Italie. 


XIV 


Tandis  que  les  états-majors  poursuivaient  ces  discus- 
sions, qui  semblaient  supposer  une  alliance  prochaine, 
sinon  déjà  conclue,  Cobenzl  faisait  traîner  en  longueur 
les  négociations  avec  la  Russie,  et  cette  puissance,  lasse 
d'attendre  le  consentement  définitif  de  l'Autriche,  signait 
le  U  avril  le  traité  avec  l'Angleterre,  qui  fut  la  base  de 
la  troisième  coalition.  Le  contingent  et  le  rôle  de  l'Au- 
triche, les  subsides  qu'elle  recevrait  y  étaient  aussi  bien 
réglés  que  si  elle  eût  figuré  parmi  les  signataires. 

A  la  nouvelle  de  cette  convention,  qui  fut  connue  dans 
les  premiers  jours  de  mai,  l'émotion  fut  très  vive  à 
Vienne.  L'ultimatum  de  la  Russie  à  la  France,  qui  était 
une  véritable  déclaration  de  guerre,  obligeait  à  prendre 
parti  sur-le-champ.  Cependant  les  craintes  étaient  si 
grandes,  il  paraissait  si  dangereux  de  s'engager  dans 
cette  aventure  sans  la  certitude  d'être  soutenu  en  temps 
utile,  que  l'on  tarda  encore  deux  mois  à  répondre  à 
la  Russie.  Celle-ci,  par  une  note  du  29  juin,  mit  enfin 
l'Autriche  en  demeure  de  déclarer  si,  oui  ou  non,  elle  se 
conformerait  à  ses  déclarations  du  4  novembre  précé- 
dent. Elle  annonçait  la  mobilisation  d'un  contingent  de 
180,000  hommes,  demandait  à  l'Autriche  d'en  fournir 
250,000,  comptait  obtenir  de  la  Prusse,  du  Danemark, 
de  la  Saxe,  etc.,  une  centaine  de  mille  hommes,  et  avait 
déjà  l'assurance  que  la  Suède  en  fournirait  16,000. 


INTRODUCTION.  117 

L'archiduc  Charles  faisait  les  plus  grands  efforts 
pour  détourner  l'empereur  d'Allemagne  de  la  guerre  :  il 
montrait  que  la  Prusse  ne  se  départirait  pas  de  sa  neu- 
tralité, que  les  contingents  des  petites  puissances 
n'avaient,  en  tout  cas,  aucune  valeur,  que  les  forces 
réunies  de  l'Autriche  et  de  la  Russie  ne  suffisaient  pas 
pour  lutter  contre  Napoléon,  et  enfin  que  l'Autriche 
seule  recevrait  les  premiers  coups  avant  l'intervention 
des  Russes. 

Le  général  Duka,  quartier -maitre-général  de  Tarméc, 
dans  un  mémoire  sur  la  mobilisation  remis  le  20  avril, 
avait  renchéri  sur  les  affirmations  de  l'archiduc  :  il  avait 
montré  qu'il  y  avait  exactement  39,635  hommes  présents 
sous  les  armes,  avec  3,398  chevaux.  Les  permission- 
naires une  fois  rappelés,  il  manquerait,  encore  41,767 
hommes  au  pied  de  paix,  et  en  incorporant  tous  les 
hommes  valides  de  l'Empire,  sauf  les  exemptés,  on 
aurait  encore  60,000  soldats  de  moins  que  dans  la  der- 
nière guerre.  Duka  fut  nommé  sur-le-champ  au  comman- 
dement du  territoire  de  Temeswar,  l'un  des  plus  éloignés 
qui  pût  se  trouver  (1). 

Le  chancelier  Cobenzl ,  pour  fournir  à  l'empereur 
d'Allemagne  des  avis  plus  encourageants,  avait  jeté  les 
yeux  sur  le  général  Mack,  qui  se  vantait  de  n'être  pas 
inféodé  à  l'Archiduc.  Mack  vit  là  une  occasion  sans 
pareille  de  couronner  sa  fortune,   déjà  brillante  (2);  il 


(1)  Angeli,  U/m  et  Austerlitz,  page -423,  BtErzherzog  Karl,  tome  III, 
page  18. 

(2)  Mack  était  né  le  25  août  1752,àNeu88lingen,  en  Franconie,  d'une 
famille  bourgeoise.  Engagé  le  16  janvier  1770  au  régiment  de  carabi- 
niers Archiduc -François  ;  fourrier,  caporal,  adjudant  et  enfin  sous-lieu- 
tenant après  sept  années  de  service,  aide  de  camp  du  général  Kinsky 
dans  la  campagne  de  1778,  il  attira  l'attention  de  l'empereur  et  du 
FM.  Lacy,  qui  le  garda  auprès  de  lui  après  la  guerre,  et  le  fit  nommer 
capitaine  en  1783  à  Tétat-major  général. 

Lacy  l'emmène  comme  major  et  aide  de  camp  dans  la  campagne  de 


118  INTRODUCTION. 

déclara  tout  ce  qu'on  voulut  :  qu'il  n'y  avait  rien  à 
craindre,  qu'il  était  facile  de  mettre  sur  pied,  en  huit 
jours,  les  forces  stipulées  par  le  traité  anglo-russe. 
Cobeuzl,  enchanté,  le  présenta  à  l'Empereur,  le  fit 
quartier-maitre-général  à  la  place  de  Duka,  et  Mack 
poursuivit  la  discussion  et  l'exécution  du  plan  de 
campagne  comme  si  la  guerre  avait  été  chose  décidée. 
Le  général  Baillet  de  Latour  fut  nommé  président  du 
Conseil  aulique  de  la  guerre,  de  sorte  que  l'Archiduc, 
demeuré  ministre,  ne  fut  plus  qu'un  agent  d'exécution. 

On  se  tromperait  fort  si  l'on  croyait  que  le  général 
Mack  était  alors  un  objet  d'admiration  pour  toute  l'armée 
autrichienne.  Sa  fausse  science  ne  trompait  guère  que 
les  hommes  politiques. 

M.  Otto  écrit  bien,  le  28  août  1803  :  «  Les  Autrichiens 
ont  une  si  haute  opinion  de  cet  officier,  qu'à  leurs  yeux 
il  équivaut,  lui  seul,  à  une  armée;»  mais  c'est  làuneopi* 
nion  recueillie  dans  les  cercles  diplomatiques  et  émanant 
de  Cobenzl. 

«  Mack,  dit  le  comte  de  Neipperg,  avait  acquis  dans 
des  situations  subalternes  une  réputation  méritée,  qui 
survécut  même  à  salamentable  campagne  dans  le  royaume 
de  Naples  et  à  sa  catastrophe  de  Capoue.  L'influence 


1788  contre  les  Turcs.  Lieutenant-colonel  et  colonel  en  1789,  chef 
d*état-major  (quartier-maître)  de  Cobourg  en  1793,  général-njajor  en 
179i,  il  est  moins  heureux  cette  année-là.  Blessé,  il  obtient  un  congé 
de  coHTalescence.  11  est  nommé  feld-maréchal-lieutenant  en  1797. 

En  1798,  on  Tenvoie  commander  l'armée  napolitaine.  Il  occupe 
Rome.  Ghampionnet  Ten  chasse  ;  puis  il  évacue,  presque  sans  combat, 
la  position  prise  pour  couvrir  Naples.  Le  21  décembre,  le  roi  Ferdinand 
s'enfuit  en  Sicile.  Le  10  Janvier  1799,  Mack  signe  une  capitulation  qui 
livre  toutes  les  places  et  tous  les  magasins  aux  Français  et  leur  accorde 
une  contribution  de  10  millions.  Mack  est  obligé  de  se  réfugier  au 
camp  de  Ghampionnet  pour  n'être  pas  massacré  par  les  Napolitains. 
Envoyé  à  Paris,  prisonnier  sur  parole,  il  s'échappe  et  revient  à  Vienne, 
où  des  influences  politiques  le  portent  à  la  tète  de  l'armée  en  1805. 


INTRODUCTION.  119 

anglaise  et  le  parti  de  la  guerre  l'ont  tiré  de  l'obscurité 
et  l'ont  mis  au  gouvernail.  Son  ambition  Ta  aveuglé,  son 
imagination  l'a  égaré,  ses  faux  calculs  nous  ont  entraînés 
à  notre  perte  (1  ).  » 

Mack  était  encore  moins  considéré  en  France  que  dans 
l'armée  autrichienne.  Le  diplomate  Bâcher  avait  fourni, 
an  commencement  de  la  campagne  de  1800,  la  note  sui- 
vante sur  les  généraux  autrichiens  : 

«  Le  général  Mack,  antagoniste  de  Bellegarde,  est  un 
autre  faiseur.  Sans  naissance  et  sans  fortune,  il  s'attacha 
comme  fourrier-écrivain  au  feld-maréchal  Loudon,  qui 
le  donna  ensuite  à  l'empereur  Joseph  II,  à  qui  il  plut 
parce  qu'il  écrivait  très  vite  sous  sa  dictée.  Il  s'est  formé 
dans  le  cabinet  des  généraux  et,  à  force  de  copier  des 
plans  de  campagne  et  des  mémoires  militaires,  il  s'est 
permis  d'en  faire  qui  ont  été  agréés,  mais  dont  l'exécu- 
tion a  toujours  été  malencontreuse,  ainsi  que  le  prouve 
surtout  la  campagne  de  1793  et  tout  ce  qu^il  a  entrepris 
depuis  lors.  Il  est  dévoué  à  l'Archiduc,  dont  il  est  créa- 
ture, ayant  été  son  Mentor. 

«  Le  général  Hiller  a  servi  dans  l'infanterie;  c'est  un 
excellent  officier  qui  a  été  longtemps  aide  de  camp  du 
feld-maréchal  Loudon.  Créature  du  Conseil  aulique  de 
guerre. 

«  Le  général  Kiênmayer  a  servi  avec  beaucoup  de  dis- 
tinction sur  le  bas  Rhin.  Excellent  officier,  créature  du 
Conseil  aulique  de  guerre. 

«  Le  général  Jellachich  a  la  réputation  d'un  fort  bon 
officier,  de  même  que  le  général  Auffenberg 

c(  Le  général  Gyulai^  fort  bon  officier  d'avant-garde . . . 

«  V archiduc  Charles  est  plein  de  zèle  et  d'activité,  fort 
appliqué  et  attaché  au  métier  des  armes;  il  est  brave  et 


(1)  Journal  d'un  officier  d*état-major,  Archives  de  la  Guerre  autri- 
chieane  ;  ap.  Angeli,  Ulm  und  AusterlitZy  page  439. 


120  INTRODUCTION. 

très  aimé  du  soldat,  mais  il  a  besoin  d*être  dirigé  et  bien 
secondé,  n'ayant  ni  le  talent  ni  le  génie  d^un  grand  capi- 
taine. . .  (1)  » 

Le  7  juillet  partit  de  Vienne  le  courrier  qui  annonçait 
à  Pétersbourg  l'accession  définitive  de  rAutriche  à  la 
coalition  et  le  16  juillet,  les  généraux  Mack  et  Schwar- 
zenberg  se  réunissaient  avec  le  général  russe  Winzinge- 
rode  pour  fixer  les  conditions  dans  lesquelles  se  ferait  la 
liaison  entre  les  armées  russes  et  autrichiennes. 

On  convint  que  la  Russie  formerait  trois  armées  :  la 
première,  commandée  par  Kutusow,  serait  forte  de 
54,918  hommes,  7,900  chevaux  et  200  bouches  à  feu. 
Elle  partirait  en  six  colonnes,  marchant  à  deux  jours 
d'intervalle,  dont  la  tête  passerait  le  17  août  à  Brody  et 
arriverait  le  16  octobre  à  Braunau.  Ces  troupes  devaient 
avoir  un  jour  de  repos  sur  quatre,  et  ne  faire  que  des 
étapes  inférieures  à  4  milles  de  poste  (30  kilom.  500). 

Le  général  Kutusow  serait  subordonné  à  l'empereur 
d'Autriche  et  à  l'archiduc  Charles,  mais  ne  pourrait  pas 
recevoir  d'ordres  des  autres  généraux  autrichiens. 

La  deuxième  armée  russe  (Bennigsen)  compterait 
39  bataillons,  85  escadrons,  11  compagnies  d'artillerie 
lourde  avec  24  bouches  à  feu.  Elle  partirait  de  Brzesc  le 
20  août  et,  par  conséquent,  suivrait  de  près  la  pre- 
mière. 

La  troisième  armée  (Buxhœwden)  se  composerait  de 
33  bataillons  et  35  escadrons,  et  partirait  en  même  temps 
que  la  deuxième. 

La  destination  de  ces  deux  armées  n'était  pas  défini- 
tivement arrêtée.  Elle  dépendrait  des  événements,  et  en 
particulier  de  l'attitude  de  la  Prusse.  Pourtant,  en  prin- 
cipe, il  semblait  convenable  de  les  diriger  vers  la  Fran- 
conie  en  traversant  la  Bohême.  La  troisième  armée  devait 


(1)  Reaicignemeats  sur  Tariuée  autrichienne  du  Rhin,  envoy^>s  le 
30  pluviôse  an  vin  (19  février  4800)   Archives  de  la  Giîerre. 


INTRODUCTION.  121 

débuter  par  une  démonstration  sur  la  frontière  prus- 
sienne. 

Un  petit  corps,  détaché  alors  à  Corfou  avec  le  général 
Lacy,  devait  débarquer  dans  les  Etats  de  Naples  et  s'y 
réunir  à  5,000  Anglais. 

Quelques  jours  plus  tard  (9  août  1805)  le  traité  défini- 
tif était  signé  entre  TAutriche  et  la  Russie. 

L'archiduc  Charles  protesta  en  vain  contre  la  conven- 
tion militaire  du  16  juillet,  faisant  observer  qu'on  ne 
pouvait  pas  préparer  en  Galicie,  pour  le  48  août,  les 
vivres  nécessaires  au  ravitaillement  des  colonnes  russes  : 
il  n'y  avait  pas  de  magasins  à  Lemberg;  pas  de  marché 
pour  la  viande;  le  pain  manquait  aux  habitants;  les 
légumes  secs,  tels  que  lentilles,  pois,  haricots,  etc.,  ne 
se  trouvaient  pas  couramment  dans  cette  région.  Ou 
bien  les  promoteurs  de  l'alliance  n'étaient  pas  au 
courant  de  la  situation  des  provinces  de  Galicie  et 
Moravie,  ou  bien  ils  voulaient  tromper  le  gouvernement 
et  ses  alliés  mêmes. 

Depuis  le  mois  de  mai,  quelques  mesures  avaient  été 
prises  pour  la  mobilisation  de  l'armée  et  pour  sa  réunion 
dans  des  camps,  sous  prétexte  d'instruction.  Les  hommes 
en  congé  avaient  été  rappelés  en  vertu  d'ordres  secrets 
invoquant  des  motifs  différents.  On  avait  préparé  les 
appels  de  recrues  et  les  achats  de  chevaux,  réuni  des 
approvisionnements,  formé  un  camp  à  Pettau,  en  Styrie, 
etc 

Le  général  Mack  ne  s'en  tint  pas  là  :  il  voulut  profiter 
de  ce  moment  d'influence  pour  réaliser  toutes  les 
réformes  qu'il  méditait  et  qui,  d'ailleurs,  n'étaient  pas 
mauvaises;  l'armée  s'en  trouva  toute  bouleversée  au 
moment  d'entrer  en  campagne. 

Le  régiment,  au  lieu  de  se  diviser  en  trois  bataillons 
de  six  compagnies,  plus  deux  compagnies  de  grenadiers, 
forma  cinq  bataillons,  dont  un  de  grenadiers,  chacun  à 
quatre  compagnies  de  160  hommes. 


122  INTRODUCTION. 

Mack  substitua,  pour  le  ravitaillement  en  campagne, 
le  système  des  réquisitions  à  celui  des  magasins.  II 
réduisit  de  moitié  les  équipages  d'armée,  destinés 
jusque-là  aux  transports  entre  les  magasins  et  Tarmée. 
Il  rendit  ainsi  disponibles  un  grand  nombre  de  chevaux, 
qui  furent  employés  par  Tartillerie.  On  reprocha  à  cette 
réforme  d'avoir  laissé  tomber  entre  les  mains  des  entre- 
preneurs des  chevaux  qui,  jusque-là,  étaient  la  propriété 
de  rÉtat. 

De  nouveaux  règlements  de  manœuvre  furent  édictés, 
plus  simples  et  plus  directement  applicables  à  la  guerre. 
Bref,  il  faut  bien  reconnaître  que  Mack  parait  ici 
rhomine  du  progrès  et  TÂrchiduc  Thomme  du  passé, 
mais  ce  n^était  pas  Theure  des  réformes. 

L'assurance  du  général  Mack,  la  facilité  avec  laquelle 
il  avait  paru  trouver  les  moyens  de  mettre  l'armée  en 
état  de  combattre,  tandis  que  tous  les  autres  désespé- 
raient, l'activité  avec  laquelle  il  se  jeta  à  l'œuvre,  lui 
conquirent  aussitôt  la  confiance  de  l'Empereur  (1). 

Une  note  qu'il  remit  le  15  août  demandait  :  l^que 
l'archiduc  Charles  quittât  le  ministère  pour  aller  prendre 
le  commandement  de  l'armée  d'Italie,  et  fût  remplacé 
par  le  feld-maréchal  CoUoredo;  2^  que  l'Empereur  prit 
sans  plus  tarder  le  commandement  en  chef,  désignant 
Mack  comme  son  quartier-maltre-général,  avec  corres- 
pondance directe  avec  les  quartiers-maltres-généraux 
des  diverses  armées  ;  3®  que  le  corps  du  Trentin  fût  mis 
sous  les  ordres  de  l'archiduc  Jean,  qui  commandait  dans 
le  Tyrol  ;  4®  que  l'invasion  de  la  Bavière  eût  lieu  dès  les 
premiers  jours  de  septembre,  afin  de  faciliter  l'absorp- 
tion de  l'armée  bavaroise. 


(1)  «  Cet  homme  est  fou  »,  disait  Tarchiduc  Charles.  —  «  Qu'im- 
porte? répondait  Cobenzl;  il  est  expédient,  et  cela  suffit.  »  (Angeli. 
Uhn  und  Austerlitz,  page  424.) 


INTRODUCTION.  123 

Ces  diverses  mesures  adoptées,  Mack  se  trouva  maître 
de  la  situation. 

En  revanche,  Tarchiduc  Charles  le  déclara  fou,  et 
c'est  à  peu  près  le  jugement  que  portera  l'histoire,  non 
3eulement  d'après  l'examen  d'ensemble  de  ses  actes, 
mais  d'après  le  texte  même  de  tout  ce  qu'il  a  dit  et  écrit 
pendant  sa  lamentable  campagne,  car  on  n'y  trouve  rien 
ou  presque  rien  qui  puisse  pVovenir  d'un  esprit  sain, 
raisonnant  normalement. 

Le  protocole  ou  la  convention  militaire  passée  entre 
les  généraux  autrichiens  et  russes,  le  16  juillet,  spécifiait 
que  les  armées  russes  ne  seraient  placées  sous  le  com- 
mandement du  général  en  chef  autrichien  que  si  celui-ci 
était  l'Empereur  en  personne  ou  l'archiduc  Charles.  Ce 
dernier  étant  en  disgrâce,  l'Empereur  d'Allemagne  réso* 
lut  de  prendre  lui-même  le  commandement  en  chef, 
secondé  par  son  favori,  le  quartier-maltre-général  Mack, 
lequel  se  trouva  dès  lors  exercer  en  fait  le  comman* 
dément  suprême.  Afin  de  placer  l'armée  d'Allemagne 
plus  complètement  sous  son  autorité,  on  en  donna  le 
commandement  au  jeune  archiduc  Ferdinand  d'Esté, 
qui  entrait  dans  sa  vingt-cinquième  année  et  que  son 
inexpérience  semblait  devoir  mettre  dans  un  état  de 
dépendance  plus  étroite  vis-à-vis  du  généralissime  et 
du  quartier-maltre-général  (1).  On  avait  compté  sans 
la  toute-puissance  de  la  jeunesse,  qui  donnait  à  l'Ar- 
chiduc toutes  les  qualités  dont  la  majorité  des  généraux 
d'alors  étaient  privés. 

(1)  L'archiduc  Ferdinand,  né  le  25  avril  1781,  à  Mjlan,  élève  à 
rAcadémie  militaire  de  Wiener-Neustadt.  Il  fait  la  campagne  de  1799 
comme  colonel  et  montre  du  courage  dans  les  affaires  de  PfuUen- 
dorf  et  Stockach.  En  1800,  général-major  soug  les  ordres  de  Kray, 
il  conduit  une  brigade  légère  avec  ardeur  et  contribue  au  succè**  de 
Biberach,  après  lequel  il  reçoit  Tordre  de  Marie-Thérèse.  Nommé  feld- 
maréchal  à  la  paix,  il  commande  une  division  de  cavalerie  en  Hongrie^ 
Il  est  promu  au  grade  de  général  de  la  cavalerie  en  180K. 


124  INTRODUCTION. 

Dans  un  conseil  de  guerre  tenu  le  29  août  à  Hetzen- 
dorf,  le  jeune  Prince,  après  une  lecture  du  plan  d'opé- 
rations établi  par  Tarchiduc  Charles,  fit  observer  que 
Napoléon  allait  se  trouver  à  Munich  avec  130,000 
hommes  avant  que  les  Russes  ne  parvinssent  sur  llnn. 
Il  était  d'avis,  en  conséquence,  qu'on  se  bornât  à  déta- 
cher en  Bavière  un  corps  de  30,000  à  40,00ù  hommes 
chargé  d'opérer  des  réquisitions  et  des  reconnaissances 
au  moyen  de  colonnes  mobiles  et  de  détachements,  sans 
que  Tarmée  tout  entière  se  trouvât  obligée,  le  cas 
échéant,  à  une  retraite  générale  du  plus  déplorable  effet. 
Il  eut  aussitôt  l'assentiment  de  Tarchiduc  Charles  et  du 
F.Z.M.  Zach,  et  même,  d'abord,  celui  de  l'Empereur; 
mais  celui-ci  fut  bientôt  entraîné  dans  l'opinion  opposée 
par  le  général  Mack,  qui  établit  triomphalement  l'impos- 
sibilité où  se  trouvait  Napoléon  de  passer  le  Rhin  avec 
plus  de  70,000  hommes  :  il  en  avait  à  coup  sûr  20,000 
aux  hôpitaux,  en  laisserait  30,000  à  40,000  sur  les  côtes 
et  20,000  à  Paris.  Mack  comptait  d'ailleurs  sur  la  réunion 
de  12,000  à  ^  8,000  Bavarois  avec  l'armée  autrichienne, 
et  évaluait  la  force  des  unités  autrichiennes  au  double 
de  ce  qu'elle  était  réellement.  Soutenu  par  le  chancelier 
Cobenzl,  son  avis  ne  tarda  pas  à  l'emporter. 

En  présence  des  archiducs  Charles  et  Jean,  des 
ministres  Cobenzl  et  CoUoredo,  du  conseiller  d'Etat 
Kollenbach,  des  généraux  Latour,  Schwarzenberg, 
Mack,  Zach  et  Grûnne,  et  du  colonel  May er  von  Heldens- 
feld  (1),  le  plan  de  l'archiduc  Charles  fut  définitivement 
adopté. 


(])  Mayer  toq  Heldensfeld  est  né  en  1765.  Élève  h  l'Académie  mili- 
taire de  Wiener-Neustadt  ;  cadet  en  1783,  capitaine  en  1793,  se  dis- 
tingue en  1794  et  1795.  Nommé  major  au  Grand  Ëtat-Major  général, 
l'archiduc  Charles  le  prend  auprès  de  lui.  Joue  un  rôle  brillant  à  Paf- 
faire  de  Wûrzbourg  (1796),  y  reçoit  Tordre  de  Marie-Thérèse.  Chef 
d'état-major  de  Tarchiduc  eu  Italie  (1797).  En  1799,  chef  d'état-major 


INTRODUCTION.  125 

Il  y  avait  alors  en  Italie  ni  bataillons  et  96  esca- 
drons (94,600  hommes);  dans  le  Trentin,  23  bataillons  et 
6  escadrons  (12,100  hommes),  soit  au  total  102,700 
hommes. 

L'archiduc  Jean  avait  dans  le  Tyrol  22,000  hommes; 
7,40.0  à  Imst,  Innsbruck  et  Landeck  (14  bataillons  et 
4  escadrons),  sous  les  ordres  de  Jcllachich  ;  3,700 
hommes  (7  bataillons  et  2  escadrons)  dans  le  Vorarl- 
berg,  sous  les  ordres  de  Wolfskeel;  et  10,900  (21  ba- 
taillons et  4  escadrons)  à  Nauders  et  Glurns,  sous  les 
ordres  d'Auffenberg. 

L'armée  d'Allemagne  comprenait  88  bataillons  et 
148  escadrons,  ou  60,000  hommes  environ,  et  il  restait 
encore  35  bataillons  et  18  escadrons  (19,000  hommes) 
dans  l'intérieur  de  la  monarchie. 

D'après  le  dernier  plan  établi  par  l'archiduc  Charles, 
et  approuvé  par  l'Empereur,  la  campagne  devait  com- 
mencer par  la  prise  de  Mantoue  et  de  Peschiera  et  avoir 
pour  premier  objet  de  s'établir  solidement  dans  le 
Milanais.  Les  opérations  offensives  seraient  reprises 
ensuite,  dès  que  l'armée  d'Allemagne,  réunie  aux 
Russes,  aurait  pris  pied  en  Souabe. 

L'armée  d'Allemagne  devait  pénétrer  en  Bavière  au 
plus  vite  et  atteindre  flller  en  longeant  le  pied  des  AlpeSy 
pour  gagner  le  plus  de  terrain  possible  sur  l'adversaire, 
porter  le  poids  de  la  guerre  en  territoire  ennemi  et  s'assu- 
rer la  libre  disposition  des  débouchés  du  Tyrol  en  même 
temps  qu'on  mettrait  la  main  sur  l'armée  bavaroise. 

a  Ce  plan,  dit  le  colonel  Angeli  sans  citer  ses  sources 
sur  ce  point  capital  (1),  imposait  en  outre  la  condition 


du  feid-maréchal    Szturay,  se  distingue  sur  le   Rhin  et  à  Stockach. 
Colonel,  fait  la  campagne  dans  les  Grisons.  Nommé  chef  d*état>major 
de  l'archiduc  Ferdinand,  sur  la  recommandation  de  Tarchiduc  Charles; 
ces  fonctions  lui  seront  enlevées  le  25  septembre. 
(I)  Ulm  und  AmterliU,  page  399. 


126  INTRODUCTION. 

de  ne  pas  se  laisser  entraioer  à  une  affaire  incertaine 
avant  Tarrivée  des  Russes,  de  céder  à  toute  force  supé- 
rieure et,  si  celle-ci  se  présentait  sur  la  rive  droite  du 
Danube,  de  se  retirer  jusqu'en  arrière  de  llnn,  en  lon- 
geant le  pied  des  montagnes  et  en  laissant  des  détache- 
ments suffisants  à  la  garde  des  passages  du  Tyrol.  On 
reprendrait  l'offensive  lorsqu'on  aurait  la  supériorité 
numérique. 

«  Si  les  Français  demeuraient  sur  la  rive  gauche  du 
Danube,  menaçant  Ulm  ou  Ratisbonne,  il  fallait,  débou- 
chant de  Munich,  faire  face  au  fleuve,  et  y  prendre  une 
position  défensive,  ou  le  franchir  en,  amont  pour  menacer 
les  communications  de  l'adversaire  (1)  jusqu'à  ce  que 
l'arrivée  des  renforts  permit  d'engager  une  bataille  déci- 
sive. Celle-ci  gagnée,  on  reprendrait  l'offensive  par  la 
Suisse  et  la  Franche-Comté,  et  l'on  chercherait  aussi  à 
enlever,  chemin  faisant,  Huningue  et  Belfort.  Si  au  con- 
traire on  était  battu,  et  contraint  à  la  retraite,  l'armée 
d'Italie  devait  se  borner  à  la  prise  de  Mantoue  et  de 
Peschiera,  détacher  un  corps  important  dans  le  Tyrol, 
et  menacer  par  là  le  flanc  droit  de  l'armée  ennemie  qui 
s'avancerait  en  Bavière. 

«  Les  corps  qui  se  trouvaient  dans  le  Tyrol  devaient 
s'y  tenir  sur  la  défensive  jusqu'à  ce  que  l'armée  d'Italie 
eût  dépassé  l'Adda.  » 

Comme  l'archiduc  Ferdinand  annonçait  à  Mack  que 
l'armée  des  côtes  avait  quitté  Boulogne  le  21  août  pour 
se  porter  sur  le  Rhin  :  «  Cette  nouvelle  me  semble  pré- 
maturée, répondit  Mack;  elle  peut  cependant  être  vraie, 
et  n'a  rien  qui  doive  me  faire  perdre  confiance  le  moins 
du  monde.  Car  enfin,  Napoléon  n'est  pas  plus  fort  que 
nous  au  total,  et  s'il  porte  son  armée  la  plus  puissante 
en  Allemagne,  nous  n'avons  qu'à  diriger  de  ce  côté  une 


(1)  C'est  l'idée  qui  hantera  Mack  pendant  toute  la  campagne. 


INTRODUCTION.  127 

partie  des  troupes  qui  sont  en  route  pour  l'Italie  ;  nous 
nous  fortifierons  solidement  à  Salzbourg,  Braunau,  etc., 
et  nous  nous  assurerons  sur  llnn  ou  sur  la  Salza  une 
position,  non  pas  pour  Ty  attendre,  mais  pour  l'attaquer 
lorsqu'il  en  approchera,  le  battre,  ou,  en  cas  d'insuccès, 
nous  retirer  dans  notre  position  retranchée  et  recom- 
mencer. )) 

Tout  en  admettant  que  Napoléon  ne  saurait  se  dérober 
à  l'obligation  de  respecter  la  neutralité  d'Anspach,  Mack 
se  propose  d'affirmer  d'abord  celle  de  la  Suisse  pour  la 
violer  ensuite  quand  le  moment  sera  venu  de  pousser 
l'offensive  par  là. 

Dès  la  fin  du  mois  d'août,  Mack  est  résolu  à  prendre 
la  direction  immédiate  de  l'armée  d'Allemagne,  mais  il 
n'en  voit  pas  tout  de  suite  le  moyen.  Il  se  fait  charger, 
d'abordy  du  commandement  provisoire  jusqu'à  ce  que 
l'archiduc  Ferdinand  puisse  se  rendre  à  l'armée,  ce  qui 
n'aura  pas  lieu  avant  le  19  septembre.  • 

Le  mouvement  des  88  bataillons  et  i48  escadrons  qui 
devaient  former  cette  armée  avait  été  réglé  de  manière  à 
se  terminer  à  peu  près  en  même  temps  que  celui  des 
colonnes  russes.  Leur  arrivée  sur  l'Inn  était  fixée  de  la 
manière  suivante  : 

Bataillons.  Eieadront. 

Du  25  août  au  5  seplembre 29  40 

Du  6  au  15  septembre : 17  8 

Du  16  au  25  septembre 13  8 

Du  26  septembre  au  5  octobre »  24 

Du  6  au  15  octobre 5  32 

Du  16  au  25  octobre 16  30 

Après  le  25  octobre 8  6 

Total 88  148         • 

Mack  arriva  le  2  septembre  à  Wels,  et  mit  en  route  les 
troupes  qui  s'y  trouvaient  déjà  rassemblées  ;  il  en  forma 
deux  colonnes  :  la  première  (15  bataillons  et  16  esca- 


1 28  INTRODUCTION. 

drons),  sous  le  général  Klenau,  fut  dirigée  sur  Braunau  ; 
la  seconde  (15  bataillons  et  14  escadrons),  sous  le  général 
Gottesheim,  sur  Schârding.  Elles  devaient  franchir  Tlnn 
le  8  septembre  pour  entrer  en  Bavière,  la  première  pas- 
serait par  Alt-Œttingen,  Mtihldorf,  Ampfing,  Haag, 
Hohenlinden  et  Parsdorf ,  où  elle  devait  être  le  1 3  sep- 
tembre. La  colonne  de  Gottesheim  passerait  par  Eggen- 
felden,  Litzelkirchen,  Landshut,  Mosbourg  et  Freising, 
où  elle  arriverait  aussi  le  13. 


XV 


Le  3  septembre,  FÂutriche  répondit  par  une  fin  de 
non-recevoir  à  l'ultimatum  de  la  France,  et  l'.empereur 
d'Allemagne  écrivit  à  l'électeur  de  Bavière  une  lettre 
comminatoire  l'invitant  à  réunir  ses  troupes  à  celles  de 
TAutriche.  Le  prince  Schwarzenberg  fut  chargé  de 
porter  lui-même  cette  dépêche  à  l'Électeur,  et  de  s'en- 
tendre avec  le  général  Mack  pour  les  détails  de  l'incor- 
poration. Mack  ordonna  aux  généraux  Klenau  et  Gottes- 
heim, dès  qu'ils  apprendraient  quelque  mouvement  des 
troupes  bavaroises,  d'envoyer  à  leur  poursuite,  ou  pour 
leur  couper  la  route,  des  détachements  de  cavalerie  et 
d'infanterie,  celle-ci  portée  sur  des  voitures. 

Le  général  Wolfskeel,  qui  se  trouvait  à  Bregenz,  reçut 
l'ordre  de  se  porter  le  12  septembre  à  Ravensburg  et 
Waldsee  avec  trois  bataillons  et  trois  escadrons,  de  déta- 
cher un  bataillon  et  un  escadron  à  Biberach  et  des 
piquets  de  cavalerie  le  long  du  Danube.  En  ce  qui  con- 
cerne les  troupes  bavaroises,  il  avait  la  même  mission 
que  Klenau  et  Gottesheim.  Les  trois  bataillons  et  l'esca- 
dron laissés  dans  le  Vorarlberg  se  tiendraient  à  Feld- 
kirch.  Le  général  Wolfskeel  resterait  d'ailleurs  subor- 
donné à  Jellachich,  dont  le  corps  faisait  désormais  partie 


INTRODUCTION.  129 

de  Tarmée  d'Allemagne,  et  venait  dans  le  Vorariberg 
occuper  en  force  le  poste  de  Feldkirch. 

Le  reste  des  troupes  d'Allemagne  devait  suivre  de 
près  Klenau  et  Gottesheim  :  Kienmayer,  avec  1 3  bataillons, 
16  escadrons  et  une  batterie,  passerait  le  \2  septembre 
à  Schârding  ;  Riesch,  avec  12  bataillons,  16  escadrons  et 
une  batterie,  le  13  à  Braunau;  Gryulay,  avec  8  bataillons, 

16  escadrons  et  une  batterie,  le  15  à  Salzbourg. 

On  aurait  ainsi  en  Bavière  63  bataillons  et  78  esca- 
drons ;  avec  les  21  bataillons  et  6  escadrons  de  Jellachich, 
c'était  donc  84  bataillons  et  84  escadrons  (51 ,000  hommes) 
qui  pouvaient  agir  immédiatement  en  Souabe.  Vers  le 

17  septembre,  on  aurait  encore  11  bataillons  et  4  régi- 
ments de  cavalerie  (8,700  hommes)  en  réserve  à  Wels. 
Les  premiers  ordres  donnés  pour  la  concentration  avaient 
été  singulièrement  accélérés. 

Dans  rintérieur,  28  bataillons  et  52  escadrons,  soit 
19,200  hommes,  étaient  encore  en  mouvement  pour 
joindre  l'armée  d'Allemagne.  Ils  la  porteraient  à  près  de 
80,000  hommes,  force  qui,  avec  les  90,000  Russes 
attendus  un  mois  plus  tard,  pouvait  tenir  tète  à,  la  Grande 
Armée  de  Napoléon. 

L'archiduc  Charles  jugeait  sévèrement  les  mesures 
prises  par  Mack.  Le  9  septembre,  il  adresse  à  l'empereur 
d'Allemagne  le  rapport  suivant  : 

«  L'examen  minutieux  de  toutes  les  dispositions  prises 
jusqu'ici  par  le  F.M.L.  Mack  conduit  aux  observations 
suivantes  : 

«  Le  F.M.L.  Mack  usurpe  toutes  les  prérogatives 
d'un  général  en  chef  pourvu  d'une  autorité  illimitée  : 

«  1^11  fixe  la  composition  des  divisions  et  brigades; 

«  2^11  met  toutes  les  troupes  en  mouvement  et  marche 
en  Bavière  par  des  routes  divergentes  ; 

«  3"*  Il  annonce  son  mouvement  en  avant  jusqu'à  Stoc- 
kach; 

«  4®  Il  fait  évacuer  tout  le  Tyrol  septentrional,  envoie 
III.  9 


130  INTRODUCTION. 

les  troupes  de  riDnthal  dans  le  Yorarlberg,  appelle  à 
lui  le  F.M.L.  Jellachich,  lui  attribue  Torganisation  des 
milices,  dont  le  général  Wolfskeel  avait  été  chargé  par  un 
ordre  impérial,  sous  la  direction  du  F.M.L.  Hiller;  lui 
ordonne  d'envoyer  à  ce  sujet  des  plans  au  Conseil 
aulique  de  guerre,  après  que  cette  matière  y  a  été  traitée 
complètement  ;  dispose  des  fonds  des  caisses  provin- 
ciales ; 

«  5®  Nomme  le  comte  Eichhold  commissaire  territorial 
en  Bavière,  contre  Tordre  exprès  du  grand  chance- 
lier ; 

«  6®  Désigne  le  personnel  et  règle  Torganisation  d'un 
corps  de  commissariat  territorial,  dont  la  création  est 
encore  à  décréter; 

M  V  Nomme  le  major  Wolkmann,  congédié  de  Télat- 
major  général,  conseiller  de  gouvernement; 

«  8**  Requiert  des  travailleurs  à  Salzbourg  ; 

a  9^*  Élève  et  fixe  la  solde  des  troupes  ; 

«  10»  Fait  assurer  aux  généraux  bavarois  qu'ils  seront 
admis  au  service  autrichien  avec  leur  grade  ; 

«  11**  Menace  d'une  lourde  vengeance  les  troupes 
bavaroises  qui  obéissent  aux  ordres  de  leur  souve- 
rain ; 

((  \2^  Couvre  toutes  ses  mesures  d'ordre  militaire, 
politique  ou  civil,  de  la  formule  :  Par  ordre  impérial. 

((  On  a  peine  à  supporter  que  le  F.M.L.  Mack  ait 
assumé  cette  énorme  responsabilité  sans  avoir  reçu  les 
pleins  pouvoirs  de  Sa  Majesté.  Il  parait  sans  crainte 
de  ce  c6té. 

((  D'après  les  principes  militaires,  les  mouvements 
exécutés  jusqu'à  ce  jour  sont  décousus,  et  semblent 
ordonnés  sans  connaissance  du  pays  et  des  distances. 

«  Que  peut  faire  une  colonne  de  huit  bataillons  et  seize 
escadrons  surSalabourg  et  sur  la  route  d'Innsbrack? 

((  Pourquoi,  contre  tous  les  projets  établis  jusqu'à  pré- 
sent, évacuer  leTyrol  septentrional  avant  d'avoir  solide- 


INTRODUCTION.  131 

ment  établi  l'armée  sur  TlUer  (1),  et  s'exposer  au  danger 
d'avoir  à  évacuer  le  Vorarlberg  aussi  légèrement  qu'on 
s'est  décidé  à  l'occuper? 

«  Que  signifie  la  coopération  de  deux  bataillons  et  deux 
escadrons  de  hussards  venant  de  Bregenz,  à  une  dis- 
tance de  quelque  cinquante  milles  ? 

«  Qu'est-ce  que  ces  randonnées  jusqu'au  delà  de  Stoc- 
kach,  sans  opérations  sérieuses  ? 

«  Elles  ne  peuvent  guère  avoir  pour  but  que  de  piller 
et  d'incendier  en  territoire  allemand. 

a  Comment  est-il  possible  de  couper  la  retraite  aux 
troupes  ennemies  au  moyen  de  petits  détachements  et  de 
patrouilles,  et  de  les  contraindre  ainsi  à  se  rendre? 

«  Que  peut  faire  un  escadron  de  hussards  pour  main- 
tenir les  troupes  bavaroises,  en  s'étendant  de  Biberach 
jusqu'au  delà  du  Danube? 

«  Comment  peut-on  lancer  ce  paradoxe,  d'envahir  la 
Suisse  sans  avoir  d'abord  conquis  la  partie  voisine  de 
ritalie? 

cf  II  est  possible,  il  est  surtout  désirable,  que  ces 
opérations  extraordinaires  n'entraînent  pas  de  suites 
funestes  ;  que  les  Bavarois  soient  tombés  assez  bas  pour 
ne  pas  profiter  à  notre  dam  de  toutes  ces  fautes  ;  il  est 
possible  que  l'absurdité  de  nos  mouvements  ne  soit  ni 
remarquée  ni  relevée  du  côté  bavarois  ;  mais  il  est 
impossible  de  justifier  de  pareilles  dispositions  avec 
un  :  «  Peut-être.  » 

«  Au  point  de  vue  politique,  il  faut  supposer  que  le 
F.M.L.  Mack  a  reçu  des  avis,  des  données  et  des  ins- 
tructions sans  la  connaissance  desquels  on  ne  peut  porter 
de  jugement  sur  l'étonnante  série  de  mesures  qu'il  a 
prises  (2).  » 

(i)  Il  y  avait  donc  accord  sur  ce  point,  que  Tarmée  d'Allemagne  irait 
jusqu'à  riller. 
(2)  Ulm  und  AusterlitZy  page  457. 


132  INTRODUCTION. 

Le  6  septembre,  Schwarzenberg  arrive  à  Muoich  et 
demande  audience  à  l'Électeur.  Il  en  reçoit  de  vive  voix 
l'assurance  que  ce  prince  marchera  d'accord  avec  TAu- 
triche,  et  le  lendemain  7  on  lui  remet  ce  billet  :  «  Je  suis 
décidé,  mon  cher  Prince;  entretenez-vous  demain  avec 
mon  ministre  Montgelas  ;  il  vous  fera  connaître  mes  con- 
ditions; veuillez  ne  pas  vous  y  opposer.  »  Ces  condi- 
tions, telles  que  M.  de  Montgelasles  exprima,  étaient  les 
suivantes  :  la  garnison  de  Munich  resterait  à  la  disposi- 
tion de  rÉlecteur  ;  elle  se  composerait  du  régiment  de 
corps  de  TÉlecteur  et  de  celui  de  l'Électrice.  Munich, 
Nymphenbourg  et  les  environs,  dans  un  rayon  déter- 
miné, seraient  respectés  par  les  troupes  autrichiennes. 
Schwarzenberg  étant  ainsi  dépisté,  l'Électeur  envoie, 
le  8,  son  aide  de  camp  Nogarola  à  l'empereur  d'Alle- 
magne pour  lui  demander  à  conserver  strictement  sa 
neutralité  ;  le  même  jour,  et  presque  au  même  instant,  le 
passage  de  Tlnn  par  Klenau  et  Gottesheim  le  décide  à 
presser  les  événements,  et  il  part  pour  Wtirzbourg  dans 
la  nuit  du  8  au  9.  Entre  temps,  Schwarzenberg  a  écrit 
au  général  Mack,  qui  arrivait  avec  la  colonne  de  Gottes- 
heim, de  ne  prendre  aucune  disposition  pour  retenir  les 
troupes  bavaroises  de  force,  et  de  diriger  Gottesheim  sur 
la  même  route  que  Klenau.  Le  9  au  matin,  il  s'aperçoit 
un  peu  tard  qu'il  a  été  joué  et  va  rejoindre  Mack  ;  ils 
reçoivent  à  Ilaag  un  lieutenant-colonel  bavarois,  qui  leur 
annonce  le  départ  des  troupes  de  l'Électeur,  et  déclare 
qu'il  ne  peut  être  question  de  les  réunir  aux  armées 
autrichiennes  qu'après,  et  non  avant  des  négociations. 
Mack  demande  que  du  moins  les  Bavarois  restassent 
immobiles,  pendant  que  les  Autrichiens  avanceraient  ; 
mais  cette  dernière  prétention  décide  l'officier  bavarois 
à  rompre  l'entretien. 

La  retraite  des  Bavarois  se  fit,  comme  on  Fa  vu,  sur 
Bamberg  et  sur  Wtirzbourg. 

Ces  événements  ne  laissaient  plus  rien  à  entreprendre 


INTRODUCTION.  133 

vis-à-vis  des  troupes  bavaroises.  Mack  dirige  les  deux 
colonnes  de  Klenau  et  Gottesheim,  qui  formeront  le 
corps  de  Schwarzenberg,  sur  Memmingen  et  Ulm.  Pour 
des  motifs  qu'on  a  peine  à  comprendre,  il  précipite  leur 
marche  et  les  fait  arriver  le  19  au  lieu  du  21.  Klenau  (1) 
passe  par  Mtthldorf,  Hohenlinden,  Muuich,  Dachau, 
Âichach,  Buchloe,  Mindelheim,  et  s'arrête  à  Mem- 
mingen, d'où  il  fait  sa  liaison  avecWolfskeel. 

Gottesheim  (2)  passe  par  Landshut,  Freising,  Schwab- 
hausen,  Âugsbourg,  Zusmarshausen.  Sa  pointe  atteint 
lUertissen  le  19,  et  le  gros  est  à  Ulm,  Gûnzbourg  et 
Burgau  le  21  septembre. 

La  colonne  de  Riesch  (3)  suit  celle  de  Gottesheim,  et 
arrive  le  21  à  Augsbourg.  Kienmayer  (4),  suivant  la 
route  de  Klenau,  s'arrête  le  19  à,  Munich.  Gyulay  (5), 
prenant  la  route  de  Salzbourg,  Wasserbourg,  Munich, 
arrive  à  Landsberg  le  22. 

Mack  a  devancé  les  troupes  sur  l'IUer,  et  dès  le  45,  il 
s'est  occupé,  avec  une  activité  fébrile,  de  relever  les  for- 
tifications de  Memmingen  et  d'Ulm.  Il  ira  ensuite  à 
Ingolstadt. 

On  a  pu  voir  dans  les  mémoires  successifs  de  l'archiduc 
Charles  et  de  Stutterheim  les  idées  préconçues  et  spé- 


(i)  Régiments  KoUowrath,  Riese,  Manfredini,  uhlans  de  Mer^eldr, 
Klenau-Cavalerie. 

(2)  Régiments    Frelich,   Archiduc -Maximilien,  Ârchiduc-Rainier, 
dragons  Hohenlohe,  chevau-légers  Rosenberg. 

(3)  Régiments  Stuart,  Erbacb,  Colloredo,  hussards  palatins,  chevau- 
légers  de  Latour. 

(4)  Régiments    Kaunitz,    Reuss-Plauen,    Reuss-Greitz.    uhlans    de 
Schwarzenberg,  cuirassiers  Archiduc- Albert. 

(5)  Régiments  Wurtemberg,  Jellacic,  hussards   de    Liechtenstein, 
cuirassiers  de  Mack. 

(Renseignement  expédié  le  2i  par  M.  Didelot,  arrivé  le  22  à  Stras- 
bourg.) 


134  INTRODUCTION. 

cieuses,  qui  devaient  amener  un  esprit  mal  équilibré  à 
commettre  la  plupart  des  fautes  énormes  où  allait  som- 
brer bientôt  la  réputation  du  malheureux  Mack.  Ce 
n'était  pas  lui  qui  avait  imaginé  que  Tarmée  d'Allemagne 
pouvait  s'appeler  «  Tarmée  de  TlUer  »  ;  ce  n'est  pas  lui 
non  plus  qui  avait  établi  la  nécessité,  pour  la  France 
comme  pour  l'Autriche,  de  porter  les  plus  grands  efforts 
en  Italie  ;  ce  n'était  pas  lui  qui  avait  projeté  l'ofifensive 
en  Franche-Comté  par  la  Suisse,  en  vue  de  laquelle  il 
fallait  faire  du  Tyrol  le  centre  des  opérations  autri- 
chiennes, et  prendre  la  communication  d'Ulm  avec  Inns* 
brtick  comme  plus  importante  que  celle  d'Ulm  avec 
Munich  et  Vienne  ;  mais  à  ces  erreurs,  où  les  trop  subtils 
raisonnements  de  l'Archiduc  devaient  entraîner  le  pauvre 
officier  de  fortune,  inapte  et  mal  préparé  au  comman- 
dement, Mack  ajoutait  maintenant  ses  propres  illusions 
sur  la  faiblesse  relative  de  l'armée  française.  Il  était  seul 
à  ne  pas  voir  venir  l'avalanche,  à  s'obstiner  dans  cette 
position  de  TlUer,  que  le  plan  de  campagne,  après  tout, 
ne  lui  imposait  nullement  ;  il  ne  comprenait  pas  que  la 
partie  de  ce  plan  applicable  au  cas  présent  était  celle 
qui  recommandait  de  ne  pas  compromettre  l'armée 
autrichienne  dans  une  lutte  inégale,  et  de  demeurer  sur 
l'Isar  jusqu'à  l'arrivée  des  Russes. 

L'empereur  d'Allemagne  lui-même,  sans  doute  insuf- 
fisamment endoctriné  par  Tétrange  conseiller  que  lui 
avait  donné  Cobenzl,  et  cédant  à  ses  réflexions  person- 
nelles, écrit  le  16  septembre  à  l'archiduc  Ferdinand 
pour  lui  rappeler  que  Favant-garde  seule  peut  pousser 
jusqu'en  Souabe,  et  s'y  maintenir  tant  que  les  Français 
ne  commettent  aucun  acte  d'hostilité  ;  qu'elle  doit 
ensuite  se  retirer  derrière  l'Iller,  et  prévenir  alors  les 
troupes  ennemies  que  le  passage  de  cette  rivière  sera 
considérée  comme  déclaration  de  guerre  ;  toutes  les  dis- 
positions devaient  être  prises,  en  ce  qui  concernait  le 
gros  de  l'armée,  de  manière  à  éviter  de  se  trouver  engagé 


INTRODUCTION.  135 

avant  l'arrivée  des  Russes.  Le  jeune  Archiduc  a  du  reste 
reçu  directement  les  nouvelles  les  plus  précises  et  les 
plus  sûres  au  sujet  du  mouvement  de  la  Grande  Armée  : 
il  sait  que  toutes  les  troupes  campées  depuis  la  Somme 
jusqu'au  Zuyderzée,  ainsi  que  celles  du  Hanovre,  se  sont 
ébranlées,  et  qu'elles  formeront  un  total  de  150,000 
hommes  au  moins,  pouvant  entrer  en  ligne  sur  TlUer  ou 
sur  le  Lech  vers  le  10  octobre.  Il  a  jugé  dès  lors  que  les 
60,000  hommes  dont  il  disposerait  seraient  aventurés  en 
pure  perte  s'il  les  portait  jusqu'en  Souabe.  Aussi,  arri- 
vant le  19  septembre  à  Alt-Œting  pour  prendre  posses- 
sion de  son  commandement,  ordonne-t-il  aux  corps  de 
Riesch,  Kienmayer  et  Gyulay  de  ne  pas  continuer  leur 
marche.  Il  prescrit  à  Tavant-garde,  si  elle  a  franchi 
riUer,  de  revenir  en  deçà  et  de  n'envoyer  que  des  recon- 
naissances de  cavalerie  en  avant. 

Mack  continuait  alors  la  visite  des  places  de  l'Iller  et 
arrivait  à  Memmingen.  L'Archiduc  le  pria  de  venir  à 
Munich,  pour  s'y  trouver  lors  de  la  prochaine  arrivée  de 
l'empereur  d'Autriche  ;  mais  Mack,  sans  tenir  compte 
de  cet  ordre,  continua  son  voyage  sur  Kempten,  se  bor- 
nant à  conjurer  l'Archiduc  de  révoquer  ses  derniers 
ordres  et  de  porter  les  troupes  en  avant  au  nom  du  salut 
de  la  patrie  (<). 


(1)  Mack  à  I* Archiduc. 

Memmingen,  SO  septembre. 

tt  Au  moment  de  renvoyer  le  courrier,  j'apprends  par  lui  que  Votre 
Altesse  Impériale  a  donné  Tordre  de  faire  arrêter  le»  colonnes  du 
F.M.L.  Riesch.  Je  me  jette  aux  pieds  de  Votre  Altesse  Impériale  pour  la 
conjurer,  au  nom  du  salut  de  la  grande  cause,  de  vouloir  bien  renou- 
veler le  plus  vite  possible  Tordre  de  poursuivre  la  marche  sans  inter- 
ruption. Dans  le  cas  contraire,  il  ne  me  reste  plus  rien  à  faire  à  Tarmée, 
et  je  me  bâterai  de  rentrer  à  Vienne,  pour  présenter  au  tribunal  de 
mon  Souverain  ma  tète,  que  j*ai  appris  depuis  longtemps  à  risquer 
pour  le  salut  de  ma  conscience.  »  (Ulm  und  AiuterlitZj  page  438.) 


136  INTRODUCTION. 

Le  20  septembre,  TEmpepeur  arrive  à  Munich,  où  il 
trouve  Tarchiduc  Ferdinand.  Influencé  par  une  récente 
lettre  de  Mack  (1),  il  annule,  dès  le  premier  moment, 
l'instruction  qu'il  avait  adressée  le  16  à  l'Archiduc,  et 
lui  ordonne  de  reprendre  le  mouvement  en  avant.  Les 
ordres  sont  expédiés  le  jour  même. 

Le  21  septembre,  TEmpereur  se  rend  à  Landsberg 
avec  r Archiduc  et  y  retrouve  Mack.  Ils  y  demeurent 
plusieurs  jours.  C'est  de  là  que,  le  23,  les  ordres  sont 
envoyés  (2)  pour  la  formation  d'un  corps  à  Neubourg  afin 


(i)  Mack  à  V Empereur  d'Autriche, 

49  septembre  4805. 

<(  Tout  et  tout,  sauf  peut-être  10,000  à  12,000  hommes  qui  restent 
près  des  côtes  et  frontières  méridionales  de  la  France,  se  porte  sur  le 
Rhin,  et  avant  peu  deux  grandes  armées  françaises  Tont  passer  ce  fleuTe, 
Tune  probablement  yers  Huningue  et  Strasbourg,  l'autre  à  Mannheim 
et  Mayence;  Tune  opérerait  contre  Tarmée  de  Votre  Majesté  postée  sur 
riiler,  Tautre  aurait  pour  objet  de  se  porter  sur  la  Bohême  par  Wûrz- 
bourg 

«  Il  faut  que  je  supplie  très  instamment  Votre  Majesté  d'approuver 
les  mesures  accélératrices  que  j'ai  indiquées  dans  le  projet  de  note,  et 
de  vouloir  bien  avoir  la  bonté  de  croire  que,  par  de  telles  mesures, 
personne  ne  sera  perdu,  comme  j'espère  que  Votre  Majesté  s'en  con- 
Taincra  bientôt  Elle-même  h  son  arrivée  à  l'armée,  où  je  prierai 
respectueusement  Votre  Majesté  de  procéder  à  une  information  et 
enquête  minutieuses,  car  je  ne  puis  guère  trop  craindre  que  je  lui  serai 
représenté  comme  un  étourdi  qui  perd  Ses  troupes.  »  {Ulm  und 
Austerlitz,  pages  464  et  465.) 

(2)  L'Ârchiduc  donne  ainsi  son  impression  sur  Mack  après  leur 
entrcYue  du  23  septembre  : 

ic  Dans  un  entretien  qui  dura  plus  de  deux  heures,  je  me  convain- 
quis combien  cet  homme  calculait  faux  au  point  de  Tue  militaire, 
comme  il  connaissait  peu  l'esprit  de  son  armée  et  de  l'armée  ennemie  ; 
qu'il  n'avait  aucune  idée  de  ce  qui  est  nécessaire  à  l'ordre  intérieur 
d'une  armée,  considérant  comme  mesquin  et  au-dessous  de  sa  dignité 
de  s'en  occuper.  Bref,  je  vis  là  un  homme  qui,  sans  avoir  de  bonnes 
raisons  pour  cela,  était  si  profondément  persuadé  de  la  supériorité  de 


INTRODUCTION.  137 

d'observer  Bernadotte  et  les  Bavarois.  Dans  ce  but,  les 
quatre  bataillons  du  régiment  de  Memmingen  et  deux 
escadrons  de  dragons  Hobenlohe,  qui  se  trouvaient  en 
Bobéme,  furent  dirigés  sur  Amberg,  et  les  ublans  de 
Merveldt  passèrent  le  Danube  de  leur  côté  pour  s'établir 
à  Ëichstœdt  ;  derrière  cette  petite  avant-garde  devait 
se  former  le  corps  du  F.M.L.  Kienmayer,  fort  de 
16  bataillons  et  24  escadrons,  ou,  en  y  comprenant  les 
précédents,  20  bataillons  et  34  escadrons.  Sur  ce  nombre, 
la  moitié  seulement  était  déjà  en  Bavière;  10  bataillons 
et  16  escadrons  ne  devaient  passer  Tlun  que  du  22  au 
29  septembre.  Des  ordres  furent  donnés  pour  qu'on  les 
transportât  en  voiture  et  qu'ils  pussent,  doublant  les 
étapes,  être  rendus  à  destination  avant  le  1®'  octobre. 

De  son  côté  le  gros  de  l'armée,  poussé  jusqu'à  l'IUer, 
détachait  sur  le  Neckar  une  troupe  de  cavalerie  légère 
sous  les  ordres  du  colonel  Civalart,  des  chevau-légers 
Rosenberg,  et  Kienmayer  envoyait  le  colonel  Wallmoden 
dans  la  direction  de  Mergentheim  et  Wtirzbourg  avec 
un  détachement  de  troupes  légères  pour  éclairer  de  ce 
côté  et  pour  assurer  la  liaison  de  Civalart  avec  Nostitz, 
qui  commandait  à  Amberg  et  Eichstœdt. 

Tout  en  prenant  ces  dispositions,  les  chefs  de  l'armée 
autrichienne  commençaient  à  s'inquiéter  de  la  faiblesse 
de  l'armée  d'Allemagne  et  appelaient  en  Bavière  le  plus 
de  renforts  possible.  Rassurés  du  côté  de  la  Suisse,  ils 
décidèrent  que  le  F.M.L.  Auffenberg  quitterait  le  Tyrol 
avec  les  régiments  de  Spork,  Archiduc-Louis  et  Froon 
pour  rejoindre  sur  llller,  ne  laissant  qu'un  bataillon  à 
Innsbrûck;  que  les  régiments  Archiduc-Charles  et 
Auersperg,  dirigés  d'abord  sur  l'Italie,  prendraient,  à 
partir  de  Brixen,  la  route  de  la  Souabe. 


ses  talenU  militaires  sur  ceux  de  tous  les  autres,  qu'il  les  croyait 
capables  de  remplacer  100,000  hommes.  »  (Ulm  und  Auslerlitz, 
page  439.) 


188  IMTRoDlCTIOX. 

Dans  les  derniers  jours  de  septembre,  le  Conseil 
auliquc  de  la  fruerrt*  décida  encore  de  tirer  cinq  réfri* 
ments  d*inranterie  et  deux  de  cavalerie  de  Tarniée 
d*ltalie  pour  les  porter  en  Allemagne.  L'archiduc  Ferdi- 
nand en  fut  informé  le  2  <K*tol>re  par  une  lettre  de  Tar- 
chiduc  Charles,  et,  d*un  commun  acc<»rd«  jugeant  pemi* 
cieuse  une  mesure  qui  mettait  14.000  hommes  en  mi>u- 
vement  à  la  veille  des  opérations  décisives,  de  manière  à 
ce  qu*iU  ne  fussent  ni  sur  l'Adige  ni  sur  le  Danul>e  au 
moment  de  comlmttre.  les  deux  archiducs  ne  tirent  e\ê* 
cuter  lo  changement  prescrit  que  |>ar  les  tnûs  régiments 
Mittr«>wsky,  Czartorisky  et  Kleeheck,  Ies4|uels  se  trou- 
vai«*nt  à  |H>rtée  d'arriver  le  iO«»ctohre  à  Kemptenet  Kauf- 
heuren.  Lit  rapidité  d«*s  o|H*ratitins  de  Napolét»n  fit  que 
cette  date  se  tn»u\a  enctire  tn»p  tardive. 

Pendant  le  séjour  de  Tempfreur  d'Allemagne  à 
Landsherg.  on  discute  la  |>ossiliilité  d'une  violation  du 
territoire  d'Anspach  |iar  les  Français  : 

•(  I^  violation  de  la  neutralité  prussienne,  a  écrit 
Mack  <Ians  son  Mt'mutrr  juUificatif,  ne  m'inspirmit 
aucunt*  inipiirtud**  ;  je  comptais  fermement  qu'elle  n'au- 
rait pas  lifu.  et  /riais  m  Jroii  ify  comfttrr^  car  Sa 
Maj«**%tê  rlle-mtMiie  et  h«in  Staatsrefert^ndar,  |>endant qu'ils 
se  trouvaient  à  L.'indslM*r«:,  n*a\aient  aucun  souci  A  ce 
point  ch*  vur.  et  jf  iMiuvais  d'autant  moins  en  a\oir,  qu*a- 
prv^s  leur  di*|Mirt  nous  ci^mes  connaissance  dr  la  décla- 
mtion  Ci»mniiaati»ir(*  du  mi  de  IVussr  aux  tnûs  puis»- 
sances(l). 

S«*H  iiiHtnit*ti«»nH  rtant  doimées,  rKmfM'reur  quitta 
rarnx't*  p«>ur  rt'iitp  r  dans  l.i  lapitale,  où  d'autres  ikccu- 
iKition*»  f\i;:fait*iil  sa  prrsi»nc»*. 

ll.iu<«  1  iiitt'itriir.  il  a\ait  ••rtlounr  la  h*\c-t*  do  liatail- 


I    I... 


INTRODUCTION.  139 

Ions  et  escadrons  de  réserve  dans  chaque  régiment.  Il 
espérait  arriver  à  doubler  à  peu  près  la  force  de  rinfan^ 
terie.  Chaque  régiment  des  confins  devait  aussi  mettrq 
sur  pied  un  nouveau  bataillon. 

La  marche  précipitée  des  troupes  vers  Tlun  avait 
forcé  à  les  employer  avant  de  les  avoir  complétées.  Les 
attelages  n'avaient  rejoint  qu'en  partie;  le  harnache- 
ment n'était  pas  ajusté,  et  suivait  dans  des  voitures  de 
réquisition.  L'artillerie  de  réserve  comprenait  quelques 
batteries  de  i2  avec  un  approvisionnement  de  munitions 
insuffisant;  les  corps  de  Jellachich  et  de  Wolfskeel  man- 
quaient totalement  d'artillerie  ;  celui  de  Werneck  n'avait 
pas  ses  pièces  de  réserve,  et,  dans  le  corps  de  Kien- 
mayer,  le  régiment  de  Gemmingen  n'avait  encore  ni 
artillerie,  ni  équipages  (1).  L'arrivée,  forcément  désor- 
donnée, des  divers  détachements  de  chevaux  et  de 
recrues,  du  matériel  et  des  convois,  le  va-et-vient  qui 
s'en  suivit,  mettaient  l'armée  dans  un  état  moral  détes- 
table. Tout  cela  ne  préjugeait  rien,  il  faut  le  dire,  pour 
le  succès  final,  mais  c'était  pourtant  un  fâcheux  début, 
et  il  était  uniquement  dû  au  désir  de  devancer  les  Fran- 
çais sur  la  position  essentielle  d'Ulm  ! 

«  Comment  Sa  Majesté  m'aurait-elle  jugé,  écrit  Mack, 
si  j'avais  ramené  l'armée  en  arrière  des  places  d'Ulm  et 
de  Memmingen,  fortifiées  par  son  ordre,  si  tout  s'était 
trouvé  perdu  par  là,  et  si  ensuite  la  neutralité  de  la 
Prusse  n'avait  pas  été  violée  ;  si  enfin  la  réunion  des 
forces  ennemies  n'avait  eu  lieu  que  six  ou  huit  jours  plus 


(i)  «  Les  généraux  et  la  plupart  des  officiers  de  Tétat-major  épuisent 

les  calèches  de  poste  pour  rejoindre  les  colonnes et  arrivent  à 

point  nommé  pour  être  enfermés  dans  Ulm.  LVrtillerie  se  traîne  jour 
et  nuit,  enterre  ses  misérables  chevaux  le  long  des  grands  chemins,  et 
les  pontons  sont  charriés  par  les  squelettes  de  Wimauer  et  C«.  »  (Rela- 
tion de  la  prise  d'Ulm,  par  M.  D...,  capitaine  d'état-major  au  service 
d'Autriche.  Archives  de  la  guerre.) 


140  INTRODUCTION. 

tard?  Les  Français  s'avançaient  avec  une  armée,  et  nous 
en  avions  une  à  leur  opposer.  Quel  projet  pouvait  avoir 
Fennemi?  Voulait-il,  par  exemple,  repousser  seulement 
nos  troupes  légères  assez  loin  pour  opérer  tranquille- 
ment sa  jonction  avec  Bernadotte  et  les  Bavarois?  Se 
sentait-il  au  contraire  assez  fort,  sans  se  réunir  à  eux, 
pour  nous  assaillir  dans  nos  cantonnements,  choisis  pour 
des  raisons  de  sécurité  politique,  et  nous  chasser  de 
riUer,  c'est-à-dire  aussi  d'Ulm  et  de  Memmingen,  dont 
la  fortification  ne  pouvait  lui  être  indifférente  ?  Ces  deux 
suppositions,  et  d'autres  encore,  nous  poussaient  à  accé- 
lérer notre  concentration  et  à  aller  de  l'avant  pour  livrer 
bataille  à  l'ennemi,  autant  que  possible  avant  la  réunion 
de  ses  forces.  Cette  bataille,  nous  pouvions  bien  la 
gagner,  malgré  notre  infériorité  numérique,  car  dans  les 
temps  modernes  comme  dans  l'antiquité,  il  y  a  de  très 
nombreux  exemples  de  victoires  remportées  par  le  plus 
faible  sur  le  plus  fort,  surtout  en  prenant  l'offen- 
sive (1).  » 

On  pouvait,  continue  Mack,  être  tourné  sur  le  Lech 
aussi  bien  que  sur  TlUer  ;  impossible  de  tenir  sur  l'Isar. 
Il  fallait  donc  s'en  tenir  à  l'Inn,  mais  alors  employer  la 
moitié  de  Tarmée  à  la  garde  des  cols  de  Vorarlberg  et  du 
Tyrol. 

Restant  sur  l'Inn  avec  30,000  hommes,  on  devait  être 
repoussé  d'emblée  sous  les  murs  de  Vienne.  Les  Fran- 
çais, n'ayant  pas  été  retenus  en  Souabe,  seraient  arrivés 
en  Autriche  avant  que  la  première  armée  russe  fût  orga- 
nisée, et  pendant  que  la  deuxième  était  encore  loin.  C'eût 
été  un  effondrement  épouvantable  !  L'armée  d'Italie  était 
bloquée  et  perdue.  «  Dans  ces  conditions,  conclut  Mack, 
les  motifs  que  je  viens  d'exposer  m'avaient  décidé,  long- 
temps avant  de  quitter  Vienne,  à  prendre  la  position  de 


(i)  Mémoire  justificatifs  page  14. 


INTRODUCTION.  141 

riller.  Je  la  considérais  comme  la  meilleure  vis-à-vis  de 
la  supériorité  plus  ou  moins  marquée  de  l'ennemi,  pour 
rassembler  en  une  armée  indépendante  les  troupes  des- 
tinées à  l'Allemagne,  éloigner  la  guerre  de  Vienne,  et 
surtout  pour  profiter  de  notre  avance  sur  l'ennemi.  » 
Chose  singulière!  c'était  surtout  de  la  part  de  Berna- 
dotte  et  des  Bavarois  que  Mack  craignait  une  pointe  sur 
riUer,  et  de  là  sur  le  Vorarlberg  :  «  C'était  pour  parer  à 
tout  cela  qu'il  fallait  réunir  l'armée  sur  l'IUer,  et  c'était 
rendu  plus  indispensable  encore  par  la  mise  en  état  de 
défense  d'Ulm  et  de  Memmingen,  que  Sa  Majesté  avait 
ordonnée,  et  que  le  colonel  du  génie  Dedovich  se  hâtait 
de  fortifier  en  quinze  jours.  C'était  nécessaire  aussi  pour 
empêcher  le  mouvement  présumé  des  Bavarois  sur  le 
Neckar  ;  depuis  leur  désertion,  mon  plus  vif  souci  était 
de  les  tenir  aussi  loin  que  possible  et  cela  le  plus  long- 
temps que  je  pourrais.  On  sait  comment  j'y  suis  par- 
venu par  de  simples  démonstrations  de  très  faibles  déta- 
chements, et  en  répandant  partout  le  bruit  que  non 
seulement  nous  allions  les  faire  talonner  par  une  forte 
colonne,  mais  aussi  qu'une  puissante  armée  russe  tra- 
versait la  Bohème  pour  les  attaquer.  On  sait  comment 
Bernadotte  et  Marmont  furent  attirés  ainsi  dans  le  pays 
de  Wûrzbourg  pour  sauver  les  Bavarois  ;  je  crois  avoir 
mérité  là  quelques  éloges,  car  j'avais  choisi  le  moment 
le  plus  favorable  pour  une  offensive  contre  la  grande 
armée  française,  en  train  de  passer  le  Rhin,  laquelle 
n'était  ni  concentrée,  ni  pourvue  du  nécessaire,  et  se  trou- 
vait séparée  des  Bavarois.  Le  moment  où  j'attendais  de 
Vienne  l'ordre  d'attaquer  était  venu,  et  quand  j'appris 
l'arrivée  de  Sa  Majesté,  je  crus  réellement  qu'EUe 
n'avait  pas  d'autre  but.  Mais  on  laissa  passer  le  moment 
favorable  ;  on  pensa  que  la  situation  politique  ne  permet- 
tait pas  encore  d'entamer  les  hostilités,  et  n'était  pas 
faite  pour  y  engager,  mais  qu'elle  était  de  nature  à  nous 
faire  conserver  l'avantage  inappréciable  de  notre  avance. 


142  INTRODUCTION. 

Le  commandement,  disait-on,  recevrait  en  temps  utile 
Tautorisation  d'attaquer  ;  mais,  hélas  !  elle  ne  vint  que 
six  ou  huit  jours  plus  tard,  et  nous  étions  déjà  attaqués 
nous-mêmes  (1)!  » 

Pendant  les  premières  journées  de  son  commande- 
ment effectif,  Tarchiduc  Ferdinand  dut  agir  d'après  les 
instructions  que  lui  avait  données  Tempereur  d'Autriche 
du  20  au  23  septembre  ;  ces  instructions  étaient  inspi- 
rées par  Mack,  mais  pour  l'avenir  rien  n'était  encore 
venu  modifier  la  situation  légale  du  jeune  prince, 
général  en  chef  d'une  armée,  vis-à-vis  de  Mack,  simple 
général  de  division  et  chef  d'état-major  de  l'Empereur. 
La  lettre  que  ce  dernier  avait  écrite  le  16  à  l'archiduc 
lui  recommandait  seulement  de  tenir  compte,  pour  les 
résolutions  à  prendre,  des  avis  du  général  Mack  et  du 
général  Mayer,  comme  de  ceux  du  conseiller  Steinherr 
pour  les  affaires  politiques.  Sa  liberté  d'action,  son 
initiative,  sa  responsabilité  demeuraient  entières,  sauf 
pour  les  questions  réglées  par  TEmpereur  lui-même. 

Cependant,  tout  en  refusant  au  jeune  prince  une 
instruction  formelle  réglant  ses  relations  avec  le  général 
Mack,  l'Empereur  lui  avait  fait  connaître  clairement  sa 
volonté  à  ce  sujet  pendant  leurs  conférences  de  Lands- 
berg  (2),  car  le  12  octobre,  lorsque  l'archiduc  reçut  enfin 


(1)  Métnoire  justificatif  de  Mack^  pages  10  etsui?antes. 

(2)  «  Deux  quartiers-maîtres  généraux  existaient  alors  à  notre  armée, 
Mack  et  Mayer  :  le  premier,  dont  Timagination  montée  sur  des  échasses 
n'enfantait  que  des  plans  gigantesques,  ne  parlait  que  de  la  nécessité 
de  gagner  du  terrain,  et  par-dessus  tout  le  point  d'Ulm,  qu'on  devait 
irrévocablement  regarder  comme  le  pivot  de  notre  armée  et  de 
toutes  nos  opérations.  On  répétait  :  «  Il  faut  gagner  du  terrain, 
il  faut  insurger  les  Bavarois,  requérir  des  chevaux,  des  marmites  », 
et  Ton  admirait  son  génie.  Le  deuxième,  homme  de  tète,  plein 
de  connaissances  et  d'un  calcul  profond,  ne  voulait  point  passer  le 
Lech,  mais  organiser  notre  armée  et  attendre  nos  alliés;  il  parla  en 
conséquence,  démontra  mathématiquement  et  topographiquement  la 


INTRODUCTION.  143 

Tordre  écrit  de  se  conformer  aux  «  conseils  »  de  Mack,  il 
répondit  :  «  Le  cas  que  j'avais  prévu,  où  je  n'approuve- 
rais pas  les  plans  du  F.M.L.  Mack,  s'est  présenté  très 
souvent;  moi,  et  les  généraux  les  plus  autorisés  de  cette 
armée,  tels  que  les  F.M.L.  prince  Schwarzenberg, 
Gyulay,  Klenau,  nous  lui  présentions  nos  objections,  et 
nous  avons  réussi  plusieurs  fois  à  lui  faire  modifier  ses 
plans;  cependant  il  nous  rendra  cette  justice  en  honnête 
homme  (et  j'ai  d*ailleurs  le  prince  Schwarzenberg,  le 
F.Z.M.  Gyulay  et  le  colonel  Blanchi  pour  témoins), 
qu'en  fin  de  compte  il  a  toujours  été  fait  comme  il  le 
voulait  (1).  )) 

Il  faut  donc  admettre,  d'après  cette  déclaration  for- 
melle, qu'à  partir  du  23  septembre,  bien  que  l'archiduc 
porte  encore  la  responsabilité  du  commandement  devant 
la  loi,  c'est  Mack  qui  commande  en  fait.  Mack  écrit 
cependant  :  «  Son  Altesse  Impériale  est  restée  jusqu'au 
8  en  pleine  possession  d'un  pouvoir  absolument  illimité 
et,  ainsi  que  je  l'ai  spécifié  dans  mon  rapport  du  8,  Elle 
avait  approuvé  peu  de  temps  auparavant  mes  opérations 
et  ma  concentration  sur  le  Danube.  Comme  je  n'envoyai 
les  ordres  à  Son  Altesse  Impériale  que  par  ce  rapport, 
on  ne  pourrait  trouver  d'autres  ordres  à  la  date  du  5  et 

du  6 Son  Altesse  Impériale  doit  se  rappeler  qu'elle 

a  souvent  exercé  son  autorité  supérieure  vis-à-vis  de 
moi,  et  par  exemple,  après  le  départ  de  Sa  Majesté,  elle 
a  annulé  la  répartition  que  j'avais  faite  des  troupes  et 


solidité  de  son  opinion;  son  collègue,  indigné  qu'on  osât  en  avoir  une 
autre  que  la  sienne,  le  culbuta,  et  Mayer  eut  le  commandement  d'une 
brigade. 

a  Sur  ces  entrefaites,  S.  A.  R.  Tarchiduc  Ferdinand,  jeune  prince 
connu  avantageusement  par  ses  campagnes  précédentes,  arrive  à  Tarmée 
avec  le  titre  de  général  en  chef  et  ne  peut  disposer  d'un  seul  bataillon^  » 
{Relation  de  la  prise  (TUlmy  par  M.  D...) 

(i)  Ulm  und  Austerlitz,  page  449. 


144  INTRODUCTION. 

des  généraux,  et  Ta  remplacée  par  une  autre  toute  diffé- 
rente {{).  » 

Ceci  prouverait  que  l'Archiduc  a  bien  ressaisi  le  pou- 
voir dans  quelques  circonstances  d'un  intérêt  secon- 
daire, mais  que  les  ordres  de  l'armée  émanaient  de 
Mack. 

Un  des  premiers  actes  imposés  par  lui  avait  été  de 
retirer  au  général  Mayer  von  Heldensfeld  les  fonctions 
de  quartier-maltre-général ,  et  de  lui  donner  simple- 
ment une  brigade  à  commander. 

Il  est  assurément  fâcheux  pour  l'honneur  des  armes 
autrichiennes  que  le  jeune  archiduc  Ferdinand  ait  été 
entravé  dans  l'exercice  de  son  trop  court  commande- 
ment. Outre  l'énergie  dont  il  a  fait  preuve  dans  la  suite 
de  la  campagne,  il  avait  montré  dès  le  début  un  bon 
sens,  une  clairvoyance,  des  talents  très  supérieurs, 
semble-t-il,  à  ceux  de  son  célèbre  parent  l'archiduc 
Charles. 

Le  2  octobre,  tandis  que  Mack,  sous  l'empire  de  ses 
idées  préconçues  et  de  son  orgueil,  attendait  de  plus  en 
plus  l'attaque  des  Français  par  la  Forèt-Noire  et  la 
trouée  de  Stokach,  l'archiduc  Ferdinand  devinait  le  plan 
de  Napoléon  par  un  raisonnement  dont  il  faut  remarquer 
à  la  fois  la  justesse  et  la  subtilité.  Il  écrivait  à  l'empe- 
reur d'Autriche  :  «  Il  semble,  d'après  les  derniers 
mouvements  de  l'ennemi,  qu'il  n'y  ait  plus  de  doute 
possible  sur  ses  intentions  :  il  veut  menacer  et  tourner 
mon  flanc  droit.  Il  a  commencé  par  occuper  Freu- 
denthal,  Kniebis  et  la  crête  de  la  Forêt-Noire  ;  puis  ses 
mouvements  de  ce  côté  sont  devenus  infiniment  lents; 
il  en  a  été  tout  autrement  vers  le  centre.  Dès  le  1®', 
Stuttgard  a  été  occupé,  et  il  doit  s'y  trouver  environ 
30,000  hommes.   Bernadotte  et  Marmont  sont  arrivés 


(i)  Mémoire  justificatif  de  Mack,  page  2i. 


INTRODUCTION.  145 

le  29  à  Bischo£Psheiin,  et  peuvent  diriger  leur  marche 
vers  la  Bohème,  mais  bien  plutôt  sur  Donauwœrth  (!)  ». 
Au  moment  même  où  le  jeune  archiduc  définissait 
ainsi  la  manœuvre  que  Napoléon  commençait  à  exécuter 
autour  de  l'armée  autrichienne,  l'empereur  d'Allemagne 
lui  enlevait  le  commandement  effectif  pour  le  remettre  à 
Mack. 


XVI 


Le  3  octobre,  la  répartition  de  Tarmée  autrichienne 
est  la  suivante  (2)  : 

1®  Jelhctc  a  laissé  Rohan  à  Glurns,  avec  6  bataillons 
et  2  escadrons  ;  il  a  encore  7  bataillons  à  Bludenz  et  dans 
rinnthal.  Total:  6,700  hommes  environ. 

Il  a  amené  sur  les  bords  du  lac  de  Constance  2  bri- 
gades :  Tune  (Wolfskeel),  de  5  bataillons  et  6  escadrons 
(3,100  hommes),  à  Lindau,  Tettnang,  Buchhorn  et 
Meersburg;  l'autre  {Richter)^  de  7  bataillons  (3,500 
hommes),  à  Achberg,  Wangen,  Isny  et  sur  la  route 
dlsny  à  Kempten  ; 

2®  Le  corps  de  Schwarzenberg  s'étend  depuis  le  lac 
de  Constance  jusqu'au  Danube  et  à  llUer.  Le  gros, 
formé  par  la  division  Gottesheim  (quartier-général  à 
Ravensburg;  généraux  Sticker,  à  Mengen,  et  Weiden- 
feld,  à  AUmannsweiler),  a  6  escadrons  (dragons  Hohen- 
lohe)  à  Aulendorfy  et  16  bataillons  (régiments  Frelich, 


(i)  Ulm  und  AusterlitSy  page  440. 

(2)  Nous  ayons  trouvé  les  éléments  de  cette  situation  dans  SchônhHls 
pour  len  corps  Jellacic  et  Kienroayer;  et  aux  Archives  de  la  guerre  pour 
les  corps  Schwarzenberg,  Riesch  et  Werneck.  (Voir  notre  tome  II, 
page  661  et  la  carie  ci-Jointe.) 

m.  10 


146  INTRODUCTION. 

Archiduc-Rainier,  KoUowrath  et  Manfredini),  à  Sigma- 
ringen,  Mengen,  Markdorf  et  Ravensburg.  Total  : 
8,600  hommes  environ; 

Klenau  commande  à  la  fois  Tavant-garde  et  la  réserve. 

L*avant-garde  (généraux  Liechtenstein  et  Mecsery) 
comprend  1  bataillon  de  chasseurs  et  14  escadrons 
(chevau-légers  Klenau  et  uhlans  Schwarzenberg),  4 
Pfûllendorf,  Stokach,  Engen  et  Radollzell.  La  réserve 
(quartier  général  à  Waldsee,  avec  le  général  Fresnel), 
comprend  8  escadrons  de  cuirassiers  de  Mack  à  Wur- 
zach,  Mûnchroth  et  Ochsenhausen,  et  4  bataillons  de 
grenadiers,  à  Biberach  et  Waldsee.  Total  :  5,000  hommes 
environ  ; 

3^  Le  corps  du  général  Riesch  est  en  seconde  ligne, 
entre  Tlller  et  le  Lech,  avec  son  quartier-général  à 
Weissenhorn.  Les  divisions  Gyulay,  Kerpen,  et  Hesse- 
Hombourg,  près  du  Danube  ;  celle  d'Auffenberg,  qui 
vient  du  Tyrol,  échelonnée  depuis  Memmingen  jusqu'à 
Wertingen  et  Burgau. 

Le  colonel  Civalart  est  encore  sur  la  rive  gauche  du 
Danube,  à  Schelklingen,  avec  son  régiment  Rosenberg- 
dragons  (8  escadrons);  à  Mâhringen,  le  général-major 
Weber  avec  le  régiment  de  Reuss-Plauen  (3  bataillons), 
et  dans  Ulm,  le  F.M.L.  Gyulay  avec  le  général-major 
d'Ulm,  et  les  régiments  Riese  et  Archiduc-Maximilien 
(8  bataillons). 

Au  Sud-Est  d'Ulm,  les  F.M.L.  Kerpen  et  Hesse-Hom- 
bourg  sont  à  Weissenhorn  avec  les  régiments  Nassau- 
cuirassiers  (8  escadrons),  et  Erbach  (3  bataillons). 
Le  régiment  Hohenzollern-dragons  (8  escadrons),  est  à 
Roggenburg,  et  Stuart  (3  bataillons),  à  Ichenhausen. 

A  Leipheim,  le  général-major  O'Donnell  et  le  régi- 
ment de  Kaunitz  (4  bataillons)  ;  à  Gûnzbourg,  le  régi- 
ment de  Jeilacic  (3  bataillons)  et  les  cuirassiers  Archi- 
duc-François (8  escadrons);  à  Burgau,  le  général-major 


INTRODUCTION.  147 

Ghenedegg  avec  le  régiment  de  Wûrzbourg  (3  batail- 
lons); à  Welden,  le  générai-major  Vogel  et  les  chevau- 
légers  de  Latour  (8  escadrons);  à  Wertingen,  le  régi- 
ment de  Reuss-Greiz  (4  bataillons);  à  Zusmarshausen, 
le  F.M.L.  Aufifenberget  le  régiment  de  Sporck  (4  batail- 
lons); à  Gunz,  le  général-major  Auersperg  et  le  régi- 
ment Archiduc-Charles  (4  bataillons);  à  Frickenhausen, 
le  régiment  Auersperg  (4  bataillons)  ;  à  Memmingen,  le 
F.M.L.  Loudon  (1),  les  généraux- majors  Zinzendorf  et 
d'Aspre,  et  les  régiments  Froon  et  Archiduc-Louis 
(7  bataillons).  Total  :  30,000  hommes  environ; 

4®  Le  corps  du  général  Werneck  (Q.  G.  à  Tûrckheim), 
comprend  la  faible  division  HohenzoUern,  avec  les  géné- 
raux-majors Hohenfeld,  Mayer  et  Dinersberg,  le  régi- 
ment de  cuirassiers  Archiduc- Albert  (8  escadrons),  à 
Schwabmtlnchen,  et  11  bataillons  de  grenadiers  tirés 
des  régiments  du  corps  de  Riesch.  Total  :  6,500  hommes 
environ,  cantonnés  entre  Buchloe,  Tûrckheim  et  Min- 
delhcim  ; 

5^  Le  général  Kienmayer  a  laissé  .1  bataillon  à 
Munich;  il  en  a  3  à  Neubourg,  3  et  16  escadrons  à 
logolstadt;  8  escadrons  à  Eichstaedt,  4  devant  ËUwan- 
gen,  et  2  sur  la  route  d^Amberg.  Il  doit  recevoir  des 
renforts  venant  de  Fintérieur,  et  en  outre  5  bataillons 
(1  d'Erbach,  4  de  Gemmingen)  et  4  escadrons  (2  de 
dragons  Hohenlohe  et  2  de  uhlans  Merveldt)  qui  ont 
débouché  de  Bohème,  mais  seront  forcés  d^y  rentrer  à 
rapproche  des  Bavarois. 


(i)  Le  général  Loudon  était  tenu  du  Tyrol,  en  même  temps  qu'Auf- 
fenberg,  atec  la  brigade  d*Aspre  (régiments  Archiduc-Louis,  Froon  et 
Spork  :  M  bataillons,  grenadiers  compris).  Il  a^ait  cédé  ses  trois  batniU 
loDi  de  grenadiers  à  la  diTision  Hohenzollern  et  réuni  à  son  comman- 
dement la  brigade  Auersperg  (régiments  Auersperg  et  Archiduc^ 
Chariet). 


148  INTRODUCTION. 

Ainsi,  tandis  que  Ney  et  Murât  sont  arrivés  à  deux 
marches  d'Ulra,  Tarmée  autrichienne  est  encore  épar- 
pillée depuis  le  lac  de  Constance  jusqu'au  Lech  et  même 
au  delà,  et  depuis  les  Alpes  jusqu'au  Danube.  Mack 
songe  alors  à  la  concentrer,  mais  il  ne  croit  pas  pouvoir 
le  faire  sans  remanier  d'abord  la  composition  des 
grandes  unités  (4).  Le  3  octobre,  il  arrête  le  tableau 
suivant  (page  149),  qui  nous  donne  la  force  de  l'armée 
autrichienne  à  cette  date,  mais  qui  n'a  peut-être  pas  été 
mis  à  exécution  dans  toutes  ses  parties,  notamment  en 
ce  qui  concerne  le  renforcement  de  Kienmayer  aux 
dépens  de  Riesch. 

Les  emplacements  sont  moins  bien  connus.  Nous 
savons  cependant  que  des  ordres  ont  été  donnés  pour 
commencer  le  4  une  concentration  autour  d'Ulm,  qui 
doit  être  accomplie  le  8.  Mack  a  fini  par  comprendre  que 
le  danger  ne  viendrait  pas  de  Schaffhouse,  ni  du  Kniebis  ; 
mais  il  ne  veut  pas  admettre  que  l'armée  française  soit 
numériquement  très  supérieure  à  la  sienne,  ni  qu'il  soit 
funeste  de  perdre  la  communication  directe  avec  Vienne. 


(i)  «  Dans  les  premiers  jours  d'octobre,  on  commence  à  croire  à 
l'existence  d'une  armée  ennemie  sur  les  bords  du  Rhin,  qu'elle  avait 
déjà  passé;  les  gazettes  ne  cessaient  d'en  donner  le  dénombrement  et 
répétaient,  jusqu'à  satiété,  la  direction  qu'elle  prenait.  Cependant,  on 
s'opiniâtre  à  la  croire  peu  insignifiante  (sic),  parce  qu'on  ne  se  donne 
pas  la  peine  de  calculer  que,  de  Boulogne  à  Strasbourg,  il  n'y  a  pas 
plus  loin  que  de  Vienne  à  Ulm. 

Le  6  du  même  mois,  nos  avant-postes  heurtent  ceux  de  l'ennemi  en 
avant  de  Geislingen;  nous  recevons  quelques  affronts  partiels,  sans 
toutefois  croire  encore  au  commencement  des  hostilités.  De  notre  côté, 
nous  bouleversons  les  jardins  des  bourgeois  de  Memmingen  pour  leur 
prouver  que  leur  bicoque  est  une  place  forte;  nous  creusons  et  escar- 
pons  les  décombres  d*Ulm  pour  en  faire  notre  place  d'armes,  et  nous 
élevons  quelques  parapets  de  boue  sur  le  Frauen  et  le  Michelsberg,  pour 
y  établir  notre  position  et  assurer  notre  pivot.  »  (Relation  de  la  prise 
d'Ulm,  par  M.  D. . .,  capitaine  d'élat-major  au  service  d'Autriche). 


INTRODUCTION. 


149 


CORPS  D'ABMÉB. 


DIVISIONS. 


[  Rlenau. 


SCHWABZKN- 
BERG. 


DiTACHIMBNTS. 


GOTTBSHEUI. 


'  Mecsery 

Fresnel 

I 

'Sticker 

iWeidenfeld 
N.   (colonel  de  Hoben- 
lobe-dragoos 


Gyulay. 


^Dlm 

IWeber 

I  Liecbtenstein 

Colonel  Civalart . 


RiEscH (Kebpbn. 


[Loudon 

I  Hessb-Uombourg 


O'Donnell 

Colonel  Henneberg.. . 

D'Aspre 

Hermann 


ÎZinzendorf. 
Gbenedegg. 
Vogel 


WBR5ECK  , 


HOHENZOLLEBN . 


f  Ilobeofeld  . . 
von 


iMayer 

\     feld 

VDinersberg  . 


Heldecs- 


I 


(Caramelli 
Colonel  Engelliardt  . . . 
Tbeelen 

ikiEniiATKK Nostitz 

I  Colonel  Haager 

'  N.   (garnison    de    Mu- 
nicb) 

ÎRoban 
Ricbter. ...;.... 
Wolfskeel 


Totaux. 


10 
6 


8 
8 
5 

414 


BSCA> 

DRONf. 


14 
8 


46 


8 
46 


14 
4 


40 


420 


HOMMES 

d'In- 
fanterie. 


727 
4,987 

4,725 
3,774 


2,8% 
1,341 


3,407 
3,223 

4,287 

» 

3,745 
1,362 

» 

3,106 
2,156 


6,412 
3,225 

2,623 

478 

3,843 
3,575 
2.858 

59,450 


CHK- 
VAUX. 


1,508 
744 


524 


988 
987 


4,595 


901 


660 
4,505 


1,G88 
512 


4,422 
42,734 


150  INTRODUCTION. 

Il  se  borne  à  rassembler  des  troupes  le  long  du  Danube, 
face  au  Nord,  couvrant  ainsi  les  débouchés  du  Tyrol,  ce 
qui  est  logique,  s'il  considère  son  armée  comme  subor- 
donnée à  celle  de  Farchiduc  Charles  et  celui-ci  en  pleine 
offensive. 

Le  corps  de  Schwarzenberg  doit  venir  à  TEst  d'Ulm, 
entre  Gôgglingen  et  Grimmelfingen  ;  celui  de  Riesch, 
auquel  Spangen  doit  se  réunir  avec  les  li  bataillons 
envoyés  d'Italie  (1),  à  Ulm,  Gûnzbourg  et  lilereichhem  ; 
celui  de  Werneck  entre  Zusmarshausen  et  Burgau  (2). 

Jellacic  viendra  à  Biberacb,  et  se  tiendra  prêt  à 
déboucher  par  Riedlingen  ou  Ehingen  pour  agir  sur  le 
flanc  droit  des  Français,  en  cas  d'affaire  générale.  S'il 
est  battu,  il  se  retirera  sur  le  Vorarlberg,  laissant 
4  bataillons  à  Memmingen.  Symétriquement,  Kienmayer 
doit  se  rassembler  vers  Neubourg  et  Donauwœrth  pour 
en  déboucher,  le  cas  échéant,  dans  le  flanc  gauche  de 
Napoléon,  après  avoir  laissé  à  Ingolstadt  une  forte 
garnison  d'infanterie  et  d'artillerie.  Sa  retraite  est  sur 
Munich. 

Mais  Kienmayer  n'est  pas  rejoint  par  les  troupes  qui 
ont  débouché  de  Bohême  vers  Amberg,  et  que  la  marche 
de  Bernadotte  a  fait  reculer  (3)  ;  il  a  laissé  1  bataillon  à 
Munich;  1  bataillon,  1/2  escadron  et  2  [pièces  à  Ingol- 
stadt. Il  n'a  plus  avec  lui  que  5  bataillons  et  31  esca- 
drons 1/2,  et  sur  ce  nombre,  il  prend  i  bataillon, 
4/2  escadron  et  2  pièces  pour  tenir  Donauwœrth, 
1  bataillon  pour  Rain.  Le  reste  (3  bataillons  et  3<  esoa** 
drons),   réuni  d'abord  à  Neubourg,  se  rapproche  de 


(1)  Mitrowski,  5  batailloDS  ;  Czartorisky,  5  bataillons;    Beaulieu, 
1  bataillon. 

(2)  Voir  les  tableaux  d'emplacement  à  la  date  du  7  octobre. 

(3)  4  bataillons  de  Gemmingen,  i  d'Erbach  ;  2  escadrons  de  dragons 
Hohenlohe  et  2  escadrons  de  uhlans  de  Mervel4t. 


INTRODUCTION.  151 

Donanwœrth  à  la  nouvelle  de  l'arrivée  des  Français; 
maiSy  à  supposer  même  que  le  plan  de  Mack  s'exécutât, 
ce  serait  un  bien  faible  appoint  dans  la  bataille  que  ces 
4,000  hommes. 

Les  ordres  du  général  autrichien  ne  sont  pas  encore 
exécutés,  que  l'apparition  prématurée  des  Français 
devant  Donauwœrth  vient  tout  bouleverser. 

A  cette  nouvelle,  Mack  s'empresse  d'ordonner  à  Kîen- 
mayer  de  prendre  position  derrière  le  Lech,  pour  rester 
le  plus  longtemps  possible  en  liaison  avec  le  gros  de 
l'armée  ;  mais  il  devra  se  retirer  sur  Munich  pour  peu 
qu'il  se  trouve  en  face  de  forces  supérieures. 

Mack  songe  un  instant  à  prendre  l'offensive  sur  la 
rive  gauche  du  Danube  (1),  mais  il  y  renonce  aussitôt, 


(1)  Mack  à  l'Empereur  d'Allemagne, 

6  octobre  4806. 

u  Quand  même  l'ennemi  passerait  le  Danube  bien  loin  en  aval  et 
8*aTancerait  jusqu'à  Tlnn,  nous  ne  chercherions  nullement  la  ri?e 
droite  ;  encore  moins  quitterions-nous  Ulm,  mais  nous  descendrions  par 
la  rÎTe  gauche  pour  menacer  sa  communication  et  le  placer  entre  nous 
et  les  Russes.  Si  jamais  j'eus  l'espérance  d'un  heureux  succès,  c'est  bien 
aujourd'hui,  et  nous  ne  le  devons  qu'aux  grandes  et  sages  résolutions 
de  Votre  Majesté.  Ohl  que  Votre  Majesté  aurait  dû  ne  pas  quitter 
l'armée  et  lui  préparer  Elle-même  la  première  victoire,  que  Dieu  vou- 
dra sans  doute  nous  accorder  ayant  l'arrivée  des  Russes!  D'ici  à  demain 
soir,  nous  aurons  réuni  près  de  80  bataillons  et,  dès  lors,  nous  ne  tar- 
derons pas  à  agir  sur  les  derrières  de  l'ennemi,  qui  veut  nous  prendre 
à  revers.  » 

Considérations  sur  les  circonstances  présentes,  par  Mack. 

Ulm,  7  octobre  4805. 

<  Il  est  à  peu  près  démontré  que  l'ennemi  a  l'intention  de  reoom- 
meneer  son  jeu  de  Marengo,  c'est-à-dire  de  prendre  l'armée  à  revers 
pour  la  couper  des  États  héréditaires.  Comme  nous  sommes  maîtres 
d'Ulm  et  que  cette  place  est  déjà  en  état  de  défense,  il  serait  facile  de 


152  INTRODUCTION. 

pour  ne  pas  s'éloigner  des  convois  (T artillerie  en  marche 
de  Braunati  sur  Landsberg,  Il  se  décide  donc  simple- 
ment à  détourner  vers  Gonzbourg  les  colonnes  qui  opé- 
raient leur  concentration  sur  Ulm,  et  à  opérer  défensi- 
vement,  en  liaison  avec  Kienmayer,  en  ayant  Augsbourg 
derrière  soi. 

Il  écrit  à  Jellacic  de  laisser  la  brigade  Wolfskeel  à 
Stokach,  Lindau  et  Memmingen,  et  de  venir  relever  à 
Ulm  le  corps  de  Schwarzenberg  avec  la  brigade  Rich- 
ter.  Schwarzenberg,  aussitôt  relevé,  se  portera  à  Gûnz- 
bourg;  Werneck  y  est  arrivé  dans  la  nuit  du  6  au  7,  et 
y  reste.  Loudon  et  Spangen,  qui  viennent  de  déboucher 
du  Tyrol,  sont  appelés  aussi  à  Gûnzbourg. 

Mack  décide  enfin  d'envoyer  le  général  d'Aspre  sur 
la  rive  gauche,  pour  observer  l'ennemi,  non  pas  avec  sa 
brigade,  mais  avec  un  détachement  constitué  spéciale- 
ment pour  la  circonstance,  3  bataillons,  2  compagnies 
de  chasseurs  et  6  escadrons. 

Le  reste  de  Tarmée  se  concentrera  derrière  la  Gûnz, 
depuis  Gûnzbourg  jusqu'à  Ichenhausen.  Par  un  nou- 
veau bouleversement  de  l'ordre  de  bataille,  Werneck 
formera  l'aile  gauche,  Riesch  le  centre,  et  Schwarzen- 
berg la  droite. 

Telles  sont  les  dernières  dispositions  ordonnées  pour 
larmée  autrichienne,  au  moment  où  nos  troupes  com- 
mencent à  franchir  le  Danube. 

Si  l'on  reprend  sommairement  toutes  les  opérations 
de  l'armée  autrichienne  depuis  le  début  de  la  campagne, 


lui  faire  payer  cher  ce  projet,  d*une  folle  audace,  car  ou  n'aurait  qu'à 
opérer  sur  la  ri^e  gauche,  en  descendant,  et,  si  Ton  avait  alors  le 
bonheur  de  le  battre,  son  sort  serait  effroyable,  tandis  que  le  nôtre,  en 
cas  de  défaite,  ne  pourrait  jamais  se  terminer  très  mal,  puisque  nous 

aurions  uue  retraite  assurée  sur  Ulm ;  mais  il  faudrait  eiaminer 

en  mi^me  temps  très  soigneusement  si  l'ennemi  ne  revient  pas  contre 
Ulm.  »  (D'après  Angeli  :  Ulm  und  Austerlitz,  page  440). 


INTRODUCTION.  153 

on  peut  constater  qu'elles  ont  été  assez  exactement  sui- 
vies et  signalées  par  nos  agents.  La  formation  des 
camps,  la  répartition  de  l'armée  autrichienne  entre  eux, 
puis  entre  les  divers  théâtres  d'opérations,  a  été  indi- 
quée dès  le  mois  d'août.  Une  seule  lacune  a  subsisté 
dans  ces  renseignements,  mais  elle  est  assez  grave  :  à 
part  deux  observations  exactes  de  M.  Lezay-Marnesia  et 
de  Bâcher  (1),  rien  ne  porte  à  penser  que  les  unités 
n'ont  que  la  moitié  de  Teffectif  réglementaire;  les  avis 
donnés  à  Murât  majorent  beaucoup  la  force  des  corps 
de  Wels  et  de  Bregenz;  aussi  l'Empereur  croira-t-il, 
jusqu'au  12  octobre,  que  Mack  peut  réunir  100,000 
hommes  sur  l'IUer. 

Les  mouvements  de  Wolfskeel  en  Souabe  sont  assez 
exactement  suivis,  à  l'exception  de  la  fausse  alerte 
donnée  par  Murât,  et  rectifiée  le  surlendemain.  Le  pas- 
sage de  rinn  est  connu  par  le  télégraphe  quatre  jours 
après  qu'il  a  eu  lieu.  Le  nombre,  la  composition  et 
l'itinéraire  des  différentes  colonnes  sont  parfaitement 
connus. 

Bref,  jusqu'au  20  septembre,  Napoléon  est  aussi  bien 
renseigné  qu'on  peut  Tètre. 

Du  20  septembre  au  2  octobre,  les  renseignements 
arrivent  encore,  mais  ils  sont  moins  clairs. 

Le  22  et  le  23,  deux  rapports  remarquables  annoncent 
que  les  Autrichiens  auront  une  première  ligne  vers  Sto- 
kach,  une  seconde  sur  l'IUer,  une  troisième  sur  le  Lech, 
ce  qui  répond  assez  bien  aux  cantonnements  pris  depuis 
Engen  jusqu'au  Lech  par  Klenau,  Gottesheim  et  Riesch; 
ils  signalent  le  temps  d'arrêt  ordonné  par  l'archiduc 
Ferdinand  sur  le  Lech,  et  sa  conférence  avec  l'Empereur 
et  le  général  Mack  (2).  Mais  Napoléon  ne  semble  pas 


(i)  Voir  tome  If,  page  312  et  suivantes;  page  382. 
(2)  Tome  II,  page  325  et  suiyaDtes. 


154  INTRODUCTION. 

attacher  grande  importance  à  ces  rapports,  que  d'autres 
ne  sont  pas  venus  confirmer,  et  il  annonce  seulement 
dans  certaines  lettres  que  les  Autrichiens  sont  sur  les 
débouchés  de  la  Forêt-Noire,  dans  d*autres  qu'ils  ont 
pris  position  sur  le  Danube  entre  le  lac  de  Constance  et 
Ulm  (1).  Ce  qui  reste  profondément  ignoré,  ce  sont  les 
prétendues  démonstrations  par  lesquelles  Mack  se  vante 
d'avoir  trompé  Napoléon  et  attiré  Bemadotte  à  Wûrz- 
bourg  I 

Le  l^^  octobre,  un  renseignement  transmis  par  le 
maréchal  Ney  place  le  corps  de  Wemeck  à  Donauwœrth 
et  Nôrdlingen  ;  la  division  Klenau  à  Dischingen  ;  celle 
de  Gottesheim  à  Westerstetten,  au  Sud  de  Geislingen,  et 
celle  d'HohenzoUem  vers  Hechingen.  Le  lendemain, 
M.  Massias  écrit  que  les  Autrichiens  se  concentrent  vers 
Stokach  ;  le  3,  Murât  annonce  un  mouvement  rétrograde 
des  ennemis  de  Gûnzbourg  vers  Donauwœrth,  et  le 
général  Tilly  envoie  une  liste  de  quelques  régiments 
autrichiens,  avec  leurs  emplacements,  liste  où  les  noms 
sont  défigurés  et  les  renseignements  peu  exacts.  Il  y  a 
donc  une  période  de  deux  ou  trois  jours,  correspondant 
à  notre  marche  sur  le  Neckar,  pendant  laquelle  Napo- 
léon est  mal  informé  ;  il  se  borne  à  penser  que  les  Autri- 
chiens sont  encore  sur  TlUer  (2),  c'est-à-dire  de  part  et 
d'autre  de  cette  rivière. 

Le  4,  il  en  va  tout  autrement  :  Murât  adresse  coup  sur 
coup  à  l'Empereur  plusieurs  rapports  très  remarquables, 
résumant  ce  qu'il  a  appris  par  ses  reconnaissances,  par 
ses  agents  et  par  les  habitants.  Il  déclare  que  l'ennemi, 
qui  s'était  avancé  jusqu'à  Stokach,  revient  depuis  peu 
vers  rUler.  Il  y  a  aussi  un  mouvement  vers  Lavingen, 
mais  rien  du  côté  de  Donauwœrth.  Il  ne  croit  pas  à  la 


(i)  Tome  II,  pages  337  et  350. 
(2)  Ibid.,  page  650. 


INTRODUCTION.  185 

retraite  des  Autrichiens  vers  Donauwœrth.  Le  plus 
grand  nombre  paraU  se  concentrer  à  Ulm  :  «  Il  y  a  à 
lllm  beaucoup  de  troupes,  et  cela  doit  être.  Si  l'armée 
s'était  portée  en  avant  de  Tlller,  comme  il  est  à  pré- 
sumer, Tennemi  a  dà  réunir  sur  ce  point  le  plus  de 
forces  qu'il  aura  pu,  pour  nous  empêcher  de  tomber,  par 
cette  ville,  sur  ses  derrières.  Il  a  dû  aussi  le  faire,  s'il  a 
le  projet  de  prendre  l'offensive,  de  déboucher  par  Ulm 
et  de  venir  nous  attaquer  dans  notre  marche  de  flanc  (1)» . 
On  ne  peut  qu'admirer  la  clairvoyance  avec  laquelle  le 
lieutenant  de  l'Empereur  lit  dans  le  jeu  de  l'adversaire, 
et  cette  lettre  du  5  octobre  vient  compléter  de  la  façon  la 
plus  intéressante  celle  du  17  septembre  (2)  pour  donner 
une  idée  de  la  valeur  de  Murât.  S'il  estime  que  l'ennemi 
est  toujours  à  Ulm,  ce  n'est  pas  que  les  renseignements 
soient  d'accord  pour  l'en  convaincre  :  «  Tout  ce  que 
j'apprends,  dit-il,  confirmerait  que  les  Autrichiens  se 
retirent  sur  Donauwœrth,  ce  que  j'ai  peine  à  croire. 
Il  est  plus  raisonnable  de  supposer  que  les  troupes 
qu'ils  font  filer  sur  la  rive  droite  du  Danube  n'ont 
d'autre  destination  que  de  masquer  leurs  mouvements 
par  Augsbourg.  » 

Les  deux  autres  rapports  de  Murât,  du  même  jour,  ne 
font  que  confirmer  avec  plus  de  force  la  concentration 
des  Autrichiens  à  Ulm  (3).  D'autres  avis,  d'origines 
diverses,  se  joignent  à  ceux-ci  et  concluent  dans  le  même 
sens. 

A  notre  gauche,  les  nouvelles  fournies  sont  moins 
exactes.  A  en  croire  Soult  et  Bernadotte,  il  y  aurait  5,000 
à  6,000  ennemis  près  de  Nôrdlingen,  et  12,000  ou  15,000 
près  d'Eichstaedt. 


(1)  Tome  n,  page  782. 

(2)  Ihid.,  page  269. 

(3)  Ihid.,  page  788. 


156  INTRODUCTION. 

Les  rapports  du  6  oe  parlent  toujours  que  de  la  con- 
centration des  troupes  autrichiennes  à  Ulm  (1).  Les  fan- 
tômes imaginés  par  Soult  et  Bernadotte  s^évanouissent  à 
l'approche  de  nos  troupes.  En  résumé,  au  moment  de 
passer  le  Danube,  Napoléon  a  une  connaissance  assez 
exacte  de  la  situation  de  Tennemi,  qu'il  sait  en  train  de 
se  concentrer  à  Ulm. 


XVII 

Vandamme,  arrivant  à  Harburg  le  6  au  soir,  en  chasse 
deux  escadrons  de  hussards  de  Liechtenstein,  qui 
donnent  l'alarme  à  Donauwœrth.  Le  bataillon  de  Collo- 
redo  qui  occupe  cette  ville  commence  à  enlever  les 
madriers  du  pont,  et  ce  travail  est  à  peu  près  terminé 
au  milieu  de  la  nuit,  quand  Tavant-garde  française  se 
présente.  Le  bataillon  autrichien,  par  ses  feux,  gagne  le 
temps  d'achever  la  rupture  du  pont,  et  se  retire  après 
avoir  perdu  40  hommes. 

Kienmayer,  en  apprenant  ces  événements,  qui  présa- 
geaient sa  séparation  du  gros  de  l'armée,  se  décide  à  la 
retraite  immédiate  sur  Aichach.  Il  ordonne  au  général 
Theelen  de  se  rendre  à  Pfafifenhofen  avec  un  régiment  de 
cuirassiers  et  le  bataillon  qui  était  resté  à  Ingolstadt,  et 
il  rappelle  à  lui  les  régiments  de  Gyulay  et  de  Brooder. 

Le  général  Nostitz,  qui  couvrait  la  retraite  sur  Aichach 
avec  deux  bataillons  de  GoUoredo,  les  hussards  de  Liech- 
tenstein et  les  uhlans  de  Merveldt,  est  attaqué  près 
d^Holzheim  par  une  troupe  de  dragons  qui  avaient  passé 
le  Lech  à  la  nage  et  menaçaient  de  le  couper.  Il  leur  fait 
quelques  prisonniers  et  les  repousse. 


(1)  Tome  II,  pages  850  et  851. 


INTRODUCTION.  157 

Dans  la  nuit  du  7  au  8,  informé  de  la  force  des  troupes 
françaises  qui  débouchent  sur  lui  (Murât  et  Soult),  Kien- 
mayer  n'hésite  pas  à  poursuivre  sa  retraite  sur  Schwab- 
hausen,  où  il  recueille  les  cuirassiers  de  Nassau,  venus 
de  Pfaffenhofen. 

Mack  se  rend  le  7  d'Ulm  à  Gûnzbourg,  où  il  arrive  à 
4  heures  du  soir.  Il  y  apprend  la  prise  de  Donauwœrth 
par  les  Français,  et  envoie  de  ce  côté  le  général  Auffen- 
berg  avec  un  détachement  composé  exprès  pour  la  cir- 
constance :  trois  bataillons  de  Reuss-Greitz,  six  bataillons 
de  grenadiers,  et  quatre  escadrons  et  demi  de  cuiras- 
siers Archiduc- Albert  avec  huit  pièces  de  canon  (1). 
Auffenberg  se  portera  par  Wertingen  sur  Donauwœrth 
pour  reconnaître  les  troupes  qui  y  ont  passé. 

Mack  apprend,  en  même  temps  que  la  prise  de 
Donauwœrth  par  Soult,  le  passage  de  Bernadotte  à 
Anspach  et  sa  réunion  avec  la  Grande  Armée.  Cette 
nouvelle  lui  fait  concevoir  la  nécessité  de  prendre  d'autres 
dispositions  ;  mais,  pour  gagner  du  temps,  on  avait 
dirigé  sur  Ulm,  par  le  chemin  le  plus  court,  chacun  des 
détachements  cantonnés  le  3  dans  les  villages  entre  le 
Lech  et  le  lac  de  Constance,  dont  nous  avons  donné  la 
liste.  Il  devenait  très  difficile  de  leur  envoyer  des  ordres 
à  tous,  et  même  de  savoir  où  se  trouvait  chacun  d'eux. 
Force  était  donc  d'attendre,  tout  au  moins,  que  la  plus 
grande  partie  des  corps  d'armée  se  fût  rassemblée.  Mack 
dut  remettre  au  9  tout  nouveau  mouvement.  Ce  jour-là, 
il  parlait  de  se  porter  de  très  bonne  heure  sur  Augsbourg 
ou  Landsberg  par  Zusmarshausen  et  opérer  sa  réunion 
avec  Kienmayer,  dût-il  passer  sur  le  ventre  à  l'avant- 
garde  française  pour  se   faire   jour.    Une  lettre   qu'il 


(i)  Il  s'y  joignit  ensuite,  pendant  le  combat  de  Wertingen,  deux 
escadrons  de  chevau-légers  de  Latour.  Les  généraux-majors  mis  sous 
les  ordres  d' Auffenberg  étaient  Hohenfeld  et  Dinersberg. 


158  INTRODUCTION. 

écrivit  alors  à  Kutusov  donne  à  penser  qu'il  ne  son- 
geait pas  sérieusement  à  cette  retraite  (1). 

D\\spre  prendrait  sa  retraite  sur  Ulm,  où  demeurerait 
Jellacic,  et  AufiPenberg  se  replierait  sur  Zusmarshausen, 
où  il  rejoindrait  le  gros  de  Tarmée. 

«  Le  7,  dit  Mack,  quand  nous  apprîmes  la  marche  de 
Bernadotte  et  des  Bavarois  par  Anspach,  il  n'aurait  plus 
été  possible  de  ramener  derrière  le  Lech  notre  armée, 
alors  en  mouvement  vers  le  Danube  en  un  grand  nombre 
de  petites  colonnes.  Je  ne  pouvais  et  ne  devais  m' efforcer 
que  de  modifier  sa  première  disposition  devant  le  Danube 
et  devant  Ulm,  qui  l'aurait  exposée  à  tous  les  dangers 
vis-à-vis  d'un  ennemi  infiniment  supérieur.  Ceci  me  con- 
duisit à  décider  la  concentration  à  Gûnzbourg  pour  cou- 
vrir la  communication  avec  Kienmayer,  resté  derrière  le 
Lech,  m'opposer  de  concert  avec  lui  au  passage  du 
Danube  par  les  ennemis,  et  peut-être  remporter  un 
avantage  partiel  sur  telle  ou  telle  de  leurs  colonnes,  soit 
en  amont,  soit  en  aval  du  Lech.  Mais  si,  à  la  question  de 
savoir  pourquoi  je  ne  me  suis  pas  retiré  derrière  le  Lech, 
le  7  et  le  8,  je  réponds  que  je  ne  pouvais  plus  changer  la 
direction  des  nombreuses  petites  colonnes  en  marche 
vers  le  Danube,  je  n'ai  dit  en  aucune  façon  que  je  l'aurais 
fait  si  j'avais  pu  :  j'ai  bien  affirmé  le  contraire.  Lors 
même  que  j'aurais  pu  prévoir  la  violation  de  la  ueutra*- 
lité  prussienne,  et  alors  surtout,  je  n'aurais  pas  cru  devoir, 
en  mon  âme  et  conscience,  faire  reculer  l'armée 


(1)  Mack  à  Kutusov, 

8  octobre  1S05. 

M  Nous  ayons  de  quoi  vivre  dans  le  pays,  depuis  le  Lech  jusqu'au 
fond  de  la  Souabe,  plus  longtemps  qu'il  ne  peut  nous  être  nécessaire 
jusqu'à  ce  que  l'armée  russe  arrive  sur  l'Inn  et  y  soit  pourvue  de  tout, 
en  état  d*agir Nous  parviendrons  ainsi  à  Tépoque  où  l'armée  impé- 
riale russe  sera  prête  et  nous  trouverons  alors  facilement  la  possibilité 
de  préparer  à  l'ennemi  le  sort  qu'il  mérite.  »  (Ulrn  und  Austerliti,) 


INTRODUCTION.  159 

«  Retirer  Tarmée  derrière  rinn,  sacrifier  le  Tyrol,  le 
Vorarlberg  et  Tannée  d'Italie,  était  une  résolution  que  la 
toute  puissance  de  Sa  Majesté  pouvait  seule  se  permettre. 
L'ennemi  nous  y  aurait  encore  atteints  avec  des  forces  su- 
périeures, et  nous  aurait  rejetés  sur  les  colonnes  russes  ; 
cela  lui  était  d'autant  plus  facile  que  le  corps  d'Augoreau 
arrivait  déjà  en  toute  hâte,  et  qu'il  n'aurait  plus  fallu 
détacher  que  20,000  hommes  pour  enlever  les  cols  du 
Tyrol 

((  Il  eût  été  encore  plus  douteux  de  ne  pas  même  se 
maintenir  sur  l'Inn,  de  laisser  les  gorges  de  Salzbourg 
et  de  la  Haute-Autriche  inoccupées  ;  c'était  sacrifier  la 
plus  belle  et  la  meilleure  partie  de  la  monarchie,  ainsi 
que  l'armée  d'Italie,  pour  ne  couvrir  que  la  capitale  avec 
toutes  les  forces  disponibles.  La  bataille  d'Austerlitz  eût 
alors  été  livrée  devant  Vienne.  Qui  oserait  dire  si  Sa 
Majesté  aurait  pris  une  pareille  résolution,  et  quelles  en 
auraient  été  les  suites  (1)  ?  » 

a  La  situation  de  l'armée  se  trouva  terriblement  com- 
promise par  l'apparition  subite  d'un  ennemi  plus  de  deux 
fois  supérieur  en  nombre,  mais  je  ne  la  considérai  pas 
comme  désespérée.  Au  moment  où  je  fus  assuré  que  l'en- 
nemi s'était  rendu  maître  des  deux  rives  du  Lech,  au 
pont  de  Raiu,  qu'il  obligeait  le  corps  de  Kienmayer  à 
battre  en  retraite,  et  qu'il  pouvait  atteindre  Augsbourg 
avant  nous,  enfin  quand  son  projet  fut  bien  manifeste- 
ment de  nous  couper  des  Russes,  je  pris  la  résolution  de 
prendre  à  revers  cet  ennemi  qui  voulait  nous  prendre 
par  derrière,  et  de  tomber  sur  sa  communication,  briser 
sa  supériorité  et  l'éloigner  des  Russes.  Nous  pouvions, 
certes,  nous  rejeter  encore  sur  le  Tyrol,  mais  je  ne  le 
voulais  pas,  car  c'eût  été  sacrifier  les  Russes,  que  Ten- 
nemi  aurait  rencontrés  beaucoup  plus  tôt  sur  la  ligne 


(I)  Mémoire  justificatif  y  pages  9  et  suiTantes^ 


160  INTRODUCTION. 

beaucoup  plus  courte  qu41  suivait,  tandis  que  nous  ferions 
un  grand  détour  par  les  gorges  duTyrol  et  de  Salzbourg 
avant  de  faire  notre  jonction.  Je  crois  encore  mériter  des 
éloges  pour  cette  résolution,  prise  subitement,  car  nos 
communications  s'en  trouvaient  dégagées,  et  nous  dis* 
posions  derrière  nous  de  la  Bohème,  de  la  Franconie 
et  de  la  Saxe  même  pour  notre  retraite  et  notre  subsis- 
tance. Nous  pouvions  bien  vivre  de  réquisitions  autant 
que  l'ennemi,  surtout  étant  en  droit  d'espérer  que  nous 
serions  bien  accueillis,  et  soutenus  par  les  Prussiens 
d'Anspach  et  de  Baireuth,  ainsi  que  par  les  Saxons; 
vraisemblablement  les  dispositions  de  la  Prusse  envers 
nous,  alors  si  amicales  par  suite  de  la  colère  soulevée 
par  la  violation  de  son  territoire,  n'auraient  pas  pris  la 
tournure  défavorable  qu'elles  ont  prise. 

«  Ces  motifs,  même  si  j'avais  pu  prévoir  la  violation 
de  la  neutralité  prussienne,  m'auraient  empêché  défaire 
ma  retraite  sur  l'Inn,  car  pouvait-il  y  avoir  rien  de  plus 
encourageant  pour  la  Prusse,  au  point  de  vue  militaire, 
qu'une  armée  autrichienne  couvrant  ses  frontières  et 
celles  de  la  Saxe  et  leur  mobilisation,  et  avec  laquelle  leurs 
troupes  auraient  bientôt  pu  se  réunir?  J'affirme  que,  jus- 
qu'au moment  où  mon  projet  de  passage  à  Gûnzbourg 
fut  rendu  impossible,  et  notre  existence  sur  la  gauche  et 
dans  Ulm  anéantie,  je  considérai  la  violation  de  la  neu- 
tralité comme  un  bonheur,  quelle  que  fût  la  confusion 
dans  laquelle  elle  nous  plongeait,  et  j'ai  reçu  deux  lettres 
du  comte  Gobenzl  et  de  Lamberti  prouvant  clairement 
que  Sa  Majesté  et  eux  étaient  du  même  avis 

((  Nous  étions  pourvus  d'artillerie  et  de  munitions  pour 
longtemps  et  en  tout  cas  pour  trois  batailles,  car  nous 
avions  toute  notre  réserve  d'artillerie,  lourde  et  légère, 
et  nous  aurions  toujours  pu  tirer  quelque  chose  de  la 
Bohême,  comme  un  coup  d'oeil  sur  la  carte  peut  le  mon- 
trer. Les  renforts  en  marche  pour  nous  rejoindre  étaient 
perdus  pour  nous,  mais  non  pour  notre  cause  en  général. 


INTRODUCTION.  161 

car  ils  devaient  se  réunir  à  l'armée  combinée  sur  llnn; 
ceux  qui  venaient  dltalie  devaient  garder  les  cols  du 
Tyrol,  et  ils  y  étaient  plus  utiles,  car  pour  notre  objet  une 
force  de  3S  à  40,000  hommes  était  la  meilleure  ;  c'est  ce 
qui  nous  restait  après  le  départ  de  Jellachich  pour  le  Vo- 
rarlberg  et  du  corps  de  Kienmayer  avec  un  train  d'ar- 
tillerie destiné  aux  Russes,  qui  en  étaient  dépourvus. 
L'ennemi  se  trouvait  ainsi  entre  deux  adversaires,  et 
obb'gé  de  se  diviser  en  deux  armées,  car  il  était  beau- 
coup plus  attaché  que  nous  à  sa  communication,  n'ayant 
avec  lui  que  le  strict  nécessaire  aux  besoins  du  moment, 
en  artillerie  et  munitions.  En  outre,  il  aurait  eu  à  déta- 
cher surFIUer,  en  face  de  Jellachich,  un  corps  au  moins 
égal  au  sien,  car  sa  communication  avec  Brisach  et 
Huningue  était  coupée  par  là,  et  même  sa  communi- 
cation principale  pouvait  être  coupée  par  des  détache- 
ments envoyés  de  là  au  Nord  du  Danube. 

((  Toutes  nos  forces  restaient  en  action;  notre  direction, 
que  j'ai  indiquée  plus  haut,  devait  sérieusement  inquiéter 
l'ennemi  et  le  rendre  prudent  pour  sa  marche  vers  llnn 
et  vers  Vienne,  ainsi  que  vers  le  Tyrol.  Quïl  opposât  à 
notre  armée  des  forces  égales  ou  très  supérieures,  elles 
pouvaient  être  battues  et,  ayant  le  Danube  à  dos,  elles 
se  trouvaient  dans  une  situation  très  désagréable.  Nous, 
au  contraire,  si  nous  étions  battus,  nous  n'avions  pas  à 
nous  en  inquiéter,  car  notre  retraite  n'était  arrêtée  par 
aucun  fleuve,  mais  par  des  rivières  et  ruisseaux  insi- 
gnifiants. 

«  S'il  employait  contre  nous  une  force  notablement 
supérieure,  nous  aurions  cédé  devant  lui,  car,  le  côté  du 
Rhin  excepté,  nous  pouvions  battre  en  retraite  dans  n'im- 
porte quelle  direction  ;  notre  projet  d'éloigner  le  gros 
de  l'ennemi  des  armées  alliées  aurait  été  atteint  d'autant 
plus  complètement,  et  nous  aurions  fait  gagner  d'autant 
plus  de  temps  aux  Russes,  à  notre  armée  de  réserve  et 
à  l'insurrection  hongroise. 

III.  J  I 


162  INTRODUCTION. 

«  Il  D'est  pas  douteux  que  des  résultats  tout  différents 
et,  sinon  heureux,  à  coup  sûr  beaucoup  moins  malheu- 
reux, auraient  été  obtenus  si  Ton  n'avait  pas  fait  avorter 
ce  projet.  » 

Situation  du  8  octobre  (1). 

Corps  du  F.M.L.  Kibniiatbr. 

(Brigades  Gàramblli,  Thblbn,  Nostitz,  Hagbr). 

4  bataillons  Deutschmeister. 
3  bataillons  J.  Colloredo. 
3  bataillons  de  grenadiers. 
1 6  escadrons  de  cuirassiers  Nassau  et  Lorraine. 
8  escadrons  de  hussards  Liechtenstein. 

6  escadrons  de  uhlans  Meerweldt  (2  escadrons  de  uhlans  Meer- 
weldt  à  Amberg). 

Corps  du  F.M.L.  Wbrnbck. 
Division  Auffbnbbrg  (brigades  Yogbl  et  Sinzbndorf). 

3  bataillons  Reuss-Greitz. 

4  bataillons  Spork. 

4  bataillons  de  grenadiers. 

8  escadrons  de  chevau-légers  Latour. 

Difision  Kerpbn  (brigades  ()*Doknbll  et  Hohbnfbld). 

4  bataillons  Kaunitz. 

3  bataillons  Fr.  Jellachich. 

4  bataillons  de  grenadiers. 

Division  Hohbnzollern  (brigades  Màyer  et  Dinbrsbbrg). 

4  bataillons  de  grenadiers. 

8  escadrons  de  cuirassiers  Albert. 


(1)  Archives  de  la  Guerre  de  Paris.  Mack  se  plaint,  dans  son  Mémoire 
justificatif,  de  ce  que  T Archiduc  a  remanié  la  répartition  des  troupes  et 
des  généraux.  Nous  ne  savons  si  la  situation  ci -dessus  est  conforme 
aux  ordres  de  Mack  ou  à  ceux  de  l'Archiduc.  Nous  en  publions  une 
autre,  un  peu  différente^  à  la  date  du  8  octobre. 


INTRODUCTION.  163 

Détachement  d^Asprb. 

3  bataillons  Wurtemberg. 

2  compagnies  de  chasseurs. 

6  escadrons  de  cuirassiers  Hohenzollern,  de  chevau-Iégers  Rosen 
berg  et  de  uhlans  de  Schwarzenberg. 

Corps  de  Sgowàrzenberg. 
Division  Klbnau  (brigades  Liechtenstein  et  Fresnbl). 

4  bataillons  de  grenadiers. 
4  compagnies  de  chasseurs. 

H  escadrons  de  cuinissiers  Mack. 

6  escadrons  de  chevau-légers  Klenau. 

6  escadrons  de  uhlans  Schwarzenberg. 

DiTÎsion  Gottbsheim  (brigades  Stickbr,  Weidenpbld»  Speth). 
16  bataillons  Frelich,  Archiduc-Régnier,  Kolowrati  Manfredini. 
6  escadrons  de  dragons  Hohenlohe. 

Corps  de  Ribsch. 

Difision  Gyulat  (brigades  Ulm,  Webbb,  ChensdegG)  Mbgsbrt). 

8  bataillons  Riese  et  Archiduc-Maximilien. 

9  bataillons  Stuart,  Reuss-Plauen,  Ërbach. 
6  escadrons  de  hussards  palatins. 

6  escadrons  de  hussards  Blankenstein. 

Difision  LouDON  (brigades  Siccofànti,  Aubrspbrg). 

3  bataillons  Archiduc-Louis. 

12  bataillons  Archiduc-Charles,  Froon,  Auersberg. 

Oifision  Hb&sb-Hombourg  (brigades  Hermànn,  Aubr). 
8  escadrons  Archiduc-François. 
6  escadrons  de  cuirassiers  Hohenzollern. 
6  escadrons  de  cuirassiers  Nassau. 

COKPB  Jbllachich. 

(Brigades  Rohan^  Richtbr,  Wolpskbel). 
AUlm  : 

12  bataillons  de  TEmpereur,  Hildburghausen,  Stain. 
3  bataillons  de  grenadiers. 
1    bataillon  de  chasseurs. 


164  INTRODUCTION. 

A  Stokach  : 

2  bataillons  Beaulieu. 

8  escadrons  de  chevau-légers  Rosenberg. 

A  Munich  : 

i   bataillon  de  grenadiers. 

2  escadrons  de  cuirassiers  Nassau. 

A  Lindau  : 

i    bataillon   Beaulieu. 

Renforts  en  marche. 

Venant  de  Bohême  : 

A  bataillons  Gemmingen. 

1  bataillon   Erbach. 

2  escadrons  de  dragons  Hohenlohe. 

Venant  d'Autriche  : 

5  bataillons  Gyulay. 
4  bataillons  des  1"  et  2«  valaques. 
12  bataillons  du  yalaque-illyrien,  de  Brood,  de  Peterwardein  et 

du  Banat  allemand  (confins  militaires). 
8  escadrons  de  cuirassiers  Prince-Impérial. 
8  escadrons  de  dragons  Archiduc-Jean. 
8  escadrons  de  chevau-légers  0*Reilly. 
16  escadrons  de  hussards  de  l'Empereur  et  Hesse-Hombourg. 

Venant  du  Tyrol  : 

10  bataillons  Mitrowski  et  Czartoriski. 
1    bataillon   Beaulieu. 
1/2  escadron  de  hussards  Blankenstein  (1). 

Le  8,  pendant  que  Mack  prenait  de  nouvelles  disposi- 
tions, Auffenberg  arrivait  à  Wertingen  à  sept  heures  du 


(1)  «  Le  8,  tous  les  vorspann  de  la  Bavière  et  de  la  Souabe  sont  enfin 
parvenus  à  rassembler  notre  armée  dans  les  environs  d'Ulm  ;  mais  la 
cavalerie,  qui  n'a  pas  eu  la  même  commodité  pour  s'y  rendre,  n'a  pas 
vingt  chevaux  par  escadron  en  état  de  se  remuer,  et  l'artillerie  de 
réserve  n'a  point  encore  atteint  le  terme  de  sa  marche.  On  vit  au  jour 
h  la  journée  :  on  requiert  et  on  pille  le  voisinage  pour  éviter  les 
embarras  des  transports.  »  {Relation  de  la  jjrise  d*Ulm,  par  M.  D...). 


INTRODUCTION.  165 

matin.  Il  y  était  à  peine,  qu'il  recevait  Tordre  de  ne  pas 
poursuivre  sa  marche  sur  le  Lech,  mais  de  rebrousser 
sur  Zusmarshausen  pour  couvrir  la  route  d'Augsbourg, 
et  y  former  Tavant-garde  de  l'armée.  Il  apprenait  en 
même  temps  que  des  troupes  françaises,  marchant  vers 
lui,  avaient  traversé  le  village  de  Norndorf.  Malgré  cet 
ordre  et  malgré  ce  renseignement,  il  résolut  de  canton- 
ner à  Wertingen.  Il  occupa  les  portes  avec  ses  trois 
bataillons  d'infanterie,  mit  les  grenadiers  au  repos  dans 
les  rues,  et  la  cavalerie  hors  de  la  ville. 

Vers  midi,  il  apprit  que  quelques  centaines  de  Fran- 
çais avaient  traversé  Pfaffenhofen,  à  une  lieue  et  demie 
de  Wertingen.  D  résolut  de  battre  cette  avant-garde  et  de 
se  procurer  de  nouveaux  renseignements  sur  le  gros  des 
forces  ennemies.  Il  forma  donc  un  détachement  sous  les 
ordres  du  général  Dinersberg  (2  escadrons  de  cuiras- 
siers, 2  compagnies  de  grenadiers,  2  compagnies  de 
fusiliers)  pour  aller  dans  cette  direction.  Dinersberg,  à 
son  tour,  partagea  son  détachement  en  deux  parties 
égales,  qu'il  envoya  par  les  deux  rives  de  la  Zusam, 
l'une  sur  Thierheim,  l'autre  sur  Frauenstetten.  Ces  deux 
petites  colonnes,  fortes  chacune  de  deux  compagnies  et 
un  escadron,  rencontrèrent  près  de  ces  deux  villages 
des  corps  français  très  supérieurs  qui  les  bousculèrent 
et  les  rejetèrent  sur  Wertingen,  non  sans  leur  avoir  fait 
bon  nombre  de  prisonniers. 

A  la  première  nouvelle  de  ces  petits  engagements, 
Auffenberg  disposa  quatre  de  ses  bataillons  de  grena- 
diers (Kaunitz,  Erbach,  Jellacic  et  J.  CoUoredo)  sur  les 
hauteurs  à  gauche  de  la  route  de  Gûnzbourg,  un  (Archi- 
duc-Louis) devant  la  porte  d'Augsbourg,  et  un  (Spork) 
avec  deux  compagnies  de  Stuart  devant  la  porte  de  Pfaf- 
fenhofen, pour  recueillir  les  débris  de  la  troupe  de  Di- 
nersberg. Les  trois  bataillons  de  Reuss-Greitz  occupaient 
la  ville  ;  les  deux  escadrons  et  demi  de  cuirassiers  se 
tenaient  à  l'aile  droite  des  quatre  premiers  bataillons. 


i6fï  ijcTRoDinrioN. 

A  pfine  les  Imiipos  étaienl-f*lles  rendues  !iur  re« 
emplnoemt*nts.  qu'on  apprit  l'arrivée  pro4*haine  de  deoi 
rorps  (l'armée  fran«;ais.  sur  N's  ileui  rives  de  la  Ziium. 

l'n  rt^pimont  de  cavalerie  franeai^e  bouscule  le  haUîl- 
ion  de  grenadier*!  qui  carde  la  porte  d'Aunl^ounr. 
toinhe  Aur  len  deux  escadrons  de  cuirassiers  plarr^  A 
droite  de  la  licne  autrichienne  sur  la  hauteur,  mais  se 
trou\r  arrt^ti^  par  le  feu  du  hataillon  Kaunitz. 

Auirenliere,  (pii  aperçoit  les  tt'^tes  de  colonnes  d't>udi- 
not,  rherch»»  A  conserver  sa  liirne  de  n^traite  sur  (■  nni- 
liour&r.  Il  (»nlonne  la  retraite  sur  les  hauteurs  au  Sud- 
Ou#»st  de  Wcrtinccn.  !>•  r^iriment  de  Reuss-Greit^  tient 
encore  A  la  porte  «le  Tfatrenhofen  avec  les  d^liris  do 
di-tachement  di»  Dint-rsherp,  et  le  cAn^^ral  llohenfeld  a 
plac«^  i  hataillons  de  grenadiers  A  l'Kst  de  Wertincen  ; 
A  peint"  se  retirent-ils.  qu'une  troupe  de  cavalerie  fran- 
rai.si*  les  cliarcc  et  les  arn^te.  L«*s  deu\  escadrons  de 
Latour  déca^rcnt  leur  infanterie,  mais  il  est  imposaible 
d'avancer,  et  il  faut  se  replier  sur  la  rive  gauche,  et 
rhenher  la  retraite  |»,'ir  le  hois  de  Hinswang. 

Larlillerie  autrirhicnne  avait  diri^<^  ses  feu\  sur 
l'infanterie  d'thidini»!.  mais  ellt*  n'avait  pu  TempAcher 
lie  liler  le  Ion;:  des  Imi^  pour  venir  prendre  h  revers 
les  liatailloiis  autrichiens.  drplo\rs  sur  les  hauteurs. 
Menai*!'  ainsi  dirt-ctt-nit-iit.  Atitrt-nhenr  ordonne  pr^ri- 
pitainnient  la  n-traitt-.  aliand«innant  à  Murât  le  r^iri- 
linMit  de  lteu>s-(ireit/.  tjiii  s«-  dèfen<l  encore  dans  Ir» 
niai^oUH  <li*  \Vertiii;:en.  it  \r>  tmis  hataillon^  de  crena^ 
tlier^  de  Jellarh  .  Arrliitliit'  I.mimh  rt  S|H)rk.  qui,  se  trou- 
vant en  qiH'Uf .  si-T'Ut  r.»u|»tH  .  t  pris  à  peu  prAs  eomplA- 
triiii-iit  heu\  pi«  ri->  il*'  iMn<>n  èrhappent  par  miracle. 
L*  j' ïf  r.il  lli'lieTifrM  pi;t  r  iiiii'n«'r  ^  llur^au  IlOO  rre- 
imIki^.  *'[  liiiifi^li' T.-  atti'ïjnit  /tinniarshausen  avec 
|.-^  .1' II!  is  i!»-^  ^i\  t^'- I  11    :i«»    \ii!r»'nl»en:  fut  pris. 

!.■  ^  \  :•:!■  I::.  !i-  i.  .^ruX  p  up  'C  mnihat  une  perte  de 
lut   m  *i\^.  2\  i  lil«^^>  «».  1  i'i'.i  pri<^>uiiiers.  3  dra|»eaai  et 


INTRODUCTION.  167 

6  canons.  Comme  le  détachement  d'Auffenberg  comptait 
4,800  hommes  environ»  il  faut  supposer,  ou  bien  qu'il  y 
eut  un  millier  de  a  disparus  »,  qui  rejoignirent  plus 
tard,  ou  bien  que  le  nombre  des  prisonniers  fut,  comme 
l'annoncent  les  rapports  et  les  ordres  de  Lannes  et  de 
Murât,  très  supérieur  à  1469. 

Si  Ton  compare  ce  récit  du  combat  de  Wertingen, 
d'après  les  sources  autrichiennes,  à  celui  que  donnent 
Murât  et  Lannes,  on  n'y  trouve  pas  de  contradictions, 
mais  on  constate  que  ce  ne  sont  pas  les  mêmes  faits  qui 
ont  fixé  lattention  des  deux  adversaires.  La  relation 
autrichienne  est  plus  détaillée  sur  les  mouvements 
qu'elle  a  accomplis  avant  l'apparition  de  Murât,  et  sur 
les  premiers  incidents  du  combat.  On  voit  que  la  divi- 
sion Oudinot,  qui  suivait  la  route  directe  de  Donau- 
wœrth  à  Wertingen,  a  été  signalée  avant  qu'on  eût  con- 
naissance de  l'approche  de  Murât,  et  les  mesures  prises 
par  Hohenfeld  pour  éviter  la  rencontre  avec  nos  grena- 
diers l'ont  jeté  sur  notre  cavalerie.  Celle-ci  a  attaqué 
presque  aussitôt  qu'elle  a  été  signalée,  ce  qui  témoigne 
de  la  conduite  habile  et  vigoureuse  de  Murât. 

Nos  relations  ne  mentionnent  pas  la  première  charge 
d'un  régiment  de  cavalerie  légère  français  qui,  avant 
l'apparition  de  nos  dragons,  aurait  traversé  Wertingen 
et  poussé  jusqu'à  la  hauteur  où  Tennemi  s'était  rangé. 

Murât,  en  arrivant,  trouve  l'ennemi,  partie  en  posi- 
tion, partie  en  marche  pour  passer  sur  la  rive  droite 
de  la  Zusam.De  là  le  succès  facile  de  notre  avant-garde, 
et  la  rapidité  avec  laquelle  elle  pénètre  jusque  dans 
Wertingen.  Ce  faux  mouvement  des  Autrichiens  fait 
comprendre  comment  ils  n'ont  pas  eu  le  temps  d'échap- 
per à  l'enveloppement  préparé  à  la  fois  par  Oudinot  et 
par  Murât. 

A  partir  du  moment  où  ils  se  retirent  sur  la  hauteur, 
et  sont  chargés  par  nos  dragons,  les  Autrichiens  n'ont 
plus  manœuvré  ni  discerné  les  mouvements  de  leurs 


168  INTRODUCTION. 

adversaires.  Leur  récit,  vague  et  bref,  prouve  combien 
l'attaque  de  Murât  fut  prompte  et  le  succès  immédiat. 

Tous  ces  événements  parviennent  à  la  connaissance 
de  Mack  le  9  de  grand  matin,  au  moment  où  la  marche 
de  Gûnzbourg  sur  Zusmarshausen  vient  de  commencer, 
et  le  décident  à  ne  pas  continuer,  sûr  qu'il  est  de  se 
heurter  à  des  forces  supérieures.  On  lui  conseille  de 
gagner  le  Tyrol  au  plus  vite  par  Memmingen;  il  s'y 
refuse.  Il  s'arrête  au  projet  de  passer  le  Danube,  de 
prendre  position  à  Giengen  et  Heidenheim,  et  d'atta- 
quer les  troupes  françaises  restées  sur  la  rive  gauche 
ou  les  communications  mêmes  de  Napoléon,  pour  l'em- 
pêcher de  continuer  sa  marche  sur  l'Inn. 

Pour  soutenir  cette  opération,  Jellacic  remontera  sur 
Memmingen,  et  fera  des  démonstrations  vers  le  Lech, 
ou  vers  la  rive  droite  du  Danube.  Un  corps  léger  sera 
envoyé  d'Ulm  sur  Geislingen  pour  battre  le  pays  et 
enlever  les  convois  et  détachements  français  autour  de 
Stuttgard.  Klenau,  Gottesheim,  Riesch  et  Werneck  se 
succéderont  de  3  heures  en  3  heures,  dans  la  journée 
du  11  et  la  nuit  suivante,  sur  la  route  d'Albeck. 
.  Ulm  même  devait  être  abandonné,  car  il  était  impos- 
sible de  l'armer  et  la  garnison  qu'on  y  laisserait  affai- 
blirait encore  une  armée  déjà  trop  peu  nombreuse. 
D'ailleurs,  comme  les  Français  se  portaient  sur  l'Inn, 
Ulm  serait  peu  menacé,  et  les  deux  corps  opérant,  l'un 
vers  Geislingen,  l'autre  vers  Memmingen,  le  couvriraient 
suffisamment. 

Telles  étaient  les  pensées  de  Mack  lorsque  Malher 
vint  attaquer  le  pont  de  Gtinzbourg.Les  avant-postes  de 
Schw^arzenberg  devant  Elchingen  et  Haslach  avaient 
déjà  été  attaqués  dans  la  nuit  du  8  au  9  (par  le  détache- 
ment de  Crabbé),  mais  les  Français  s'étaient  retirés 
aussitôt. 

Le  général  d'Aspre,  chargé  d'éclairer  l'armée  autri- 
chienne sur  la  rive  gauche  du  Danube,  ne  s'était  guère 


INTRODUCTION.  169 

éloigné  du  pont  de  Gtinzbourg.  Il  fut  si  promptenient 
surpris  par  Tavant-garde  de  Malher,  qu'il  n'eut  pas  le 
temps  de  repasser  le  fleuve;  son  détachement  fut 
en  un  instant  pris  ou  dispersé,  et  lui-même  fait  pri- 
sonnier. 

Le  bataillon  de  Spork,  chargé  de  la  défense  du  pont 
avec  une  pièce  de  canon,  était  en  pleine  action  quand 
le  gros  de  Farmée  parut,  revenant  de  Burgau.  La  rive 
occupée  par  les  Autrichiens  dominait  Tautre  de  beau- 
coup, et  Ton  aurait  pu  foudroyer  les  colonnes  françaises 
si  Ton  avait  eu  des  pièces  d'un  calibre  supérieur  au  3. 
Avec  ces  dernières,  on  ne  put  que  les  empêcher  de  fran- 
chir le  fleuve. 

L'armée  autrichienne  se  déploya  sur  les  hauteurs  en 
arrière  de  Gûnzbourg,  la  droite  à  Liepach,  la  gauche  à 
Reisensburg,  tenant  tous  les  ponts  jusqu'à  Leipheim. 
Dans  la  soirée,  on  ordonna  de  rétablir  le  pont  de  Gtinz- 
bourg.  Les  Français  laissèrent  s'accomplir  cette  opéra- 
tion sans  la  troubler,  mais  aussitôt  qu'elle  fut  achevée, 
ils  se  précipitèrent  sur  le  pont  et  s'établirent  dans  les 
petits  bois  à  droite  et  à  gauche  du  débouché.  Les  Autri- 
chiens les  accueillirent  avec  un  feu  de  mitraille  et  de 
mousqueterie  terrible,  qui  fit  subir  des  pertes  sanglantes 
au  59^.  Enfin  les  Français,  passant  le  fleuve  à  côté  du 
pont,  prirent  le  dessus,  et  les  défenseurs  se  retirèrent 
sur  Gûnzbourg.  La  poussée  fut  si  considérable  sous  la 
porte  de  la  ville,  et  l'accumulation  de  troupes  si  énorme, 
qu'elle  suffit  seule  à  arrêter  les  Français. 

L'archiduc  Ferdinand  arrivait  alors  de  Burgau,  et  en 
même  temps  la  tête  de  colonne  de  Schwarzenberg 
paraissait. 

Deux  escadrons  de  hussards  de  Blankenstein,  qui  en 
formaient  la  pointe,  se  jettent  sur  la  colonne  française, 
mais  ils  sont  reçus  par  le  feu  des  tirailleurs  embusqués 
dans  les  taillis,  et  bientôt  obligés  de  se  retirer.  Le  général 
Mayer  vint  reprendre  le  combat  avec  quatre  bataillons 


170  INTROï)CCTIO?C. 

de  Ki'^-nadiers,  mais  la  nuit  tom liante  obliirf a  d*y  mettre 
tin  et  de  laisst^r  les  Français  en  possession  du  pont. 

Lh*s  Autrichiens  avaient  laissé  (000  prisonniers  et 
une  pic^ce  de  'A  entre  nos  mains,  et  ils  avaient  environ 
800  hommes  tués  ou  blessés  tl). 

Mark  dut  renoncer  A  se  servir  de  ce  pont,  qu'il  seni> 
hiait  n'avoir  rétabli  que  pour  nous,  et  à  se  porter  direc- 
tement sur  la  rive  frauche. 

L'archiduc  Fertlinand  lit  remarquer,  alors,  qu'il  ne 
restait  plus  que  deux  partis  A  prendre  :  ou  bien  filer, 
sans  perdre  de  temps,  par  le  pont  d'KIchiniren,  i»our 
porter  les  opérations  sur  l'autn*  rive  du  Danube,  ou  bien 
gagner  les  nmiitacnesdu  l'yrol.  Mack  ne  voulut  entendre 
parler  ni  de  l'une  ni  de  l'autre  solution,  et  il  ordonna  la 
retraite  dans  la  position  d'ilm. 

D'ailleurs,  dans  la  nuit  du  \^  au  10.  Loison  s'emparait 
du  puni  d'KIchiniren.  et  Stult  cantonnait  A  AufTsIniurfr. 
On  ne  pou\ait^u«'-re  échapper  que  par  le  Vorarlberfr,  et 
encore  î 

A  liiUubouri:.  ci»iiimt'  â  Wertîngen.  nos  troupes  n*oot 
pas  tr«iu\é  les  Autrichiens  en  {NK^ition:  ils  les  ont  surpris 


«Il  1.»*  *J,  un  (jit  un  iuumrnif*iil  »>n>'iâl.  on  «lr*rro>l  Ir  llAoulir 
en  If*  •-•M><\aut  «ur  U  riv.  •fr>>(l«-.  •>[}  jrriv*-  à  \a  h«(it«*ur  d^  <tuiii^o<irr. 
!.'•  nn«*iui  pj****  «tir  \e%  tfi%^r««-«  «tu  p*>nl,  tnn\  mior.  AttaqiM  \t%  mupe% 
•Irttini^i**  .1  ru  drfrotl'i*  k  pAâ^Ji:**.  On  «r  Uà\  iDulUoftrol,  l'archidur 
^f-rlin.inl  r>  t4l!i(  tf  fonit>At  (t  uuii*  rt'ttun*  niAitrr»  «lu  poal.  ■«%  la 
«rillf.  U  .lifi^i.in  'lu  ••fi' ri'  .\j!!t  nlirr*;.  |KMrr  a  >^rrtiO|erD,  •#  «oit 
tuii*.  i  •  iip  t'!iT.>>iri''  {>jr  i.ii  •-••rj«  n-^rutir*  ut  *\r  ratilm^.  l/in/aAten» 
%«•  j<  ti<  «luu  :«■•  î>  >.%  't  t  «lit  r>  .}.it  •'•  ^4;-{>'  'U  *âhr«*  «^1  fait  pritoosi^r 
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•  ..r.ir.i-  ....'.'.•  «t  ;:•' '  •--n  uuiin  m  li-iu- ni  iluprfW.  Telle  fut 
.1  j-  :!.  r-  i-'  •.:...%  j:-r..r,  .  oup*  «U  caDOB  furvBt 
.  ■..  .  .  .•  .  ■  ■•  ■  ■•  •  .ni;  ^»r.  r:%\  ÎJ.i!'.  iHffiUon  4e  U 
:r,,»      /  .   .    ,  i:  M    I»        .    *\  tjiuf  t  t  t,t.ii.Ajur  au  «enicv  d'Autnch«.| 


INTRODUCTION.  171 

au  cours  d'une  manœuvre  qui  n'avait  pas  pour  but  la 
défense  du  Danube.  On  ne  comprend  guère  les  disposi- 
tions qu'avait  pu  prendre  le  général  d'Aspre  :  chargé 
d'éclairer  l'armée  autrichienne  sur  la  rive  gauche  du 
fleuve,  il  ne  fournit  pas  de  renseignements,  et  c'est  au 
débouché  même  du  pont  de  Gûnzbourg  que  les  Français 
le  rencontrent.  A  lire  la  relation  française,  on  ne  dis- 
tingue  pas  qu'il  s'agit  d'un  corps  détaché.  Le  combat 
entamé  contre  cette  brigade  se  poursuit  sans  interruption 
avec  les  troupes  qui  gardent  le  pont. 

«  Je  répéterai  ici,  écrit  Mack,  que  tout  cet  évé- 
nement a  été  d'autant  plus  inattendu,  que  le  corps 
envoyé  en  observation  au  delà  du  Danube  avec  le  général 
d'Aspre  n'avait  pas  fait  parvenir  le  moindre  rapport  sur 
l'approche  de  l'ennemi.  L'armée  ayant  campé  le  matin 
avec  sa  gauche  appuyée  au  Danube,  à  proximité  immé- 
diate du  pont  principal,  et  ayant  été  attaquée  sept  ou  huit 
heures  plus  tard,  dans  l'après-midi,  on  pourrait  se 
demander  si  l'on  n'avait  pas  une  liaison  suffisante  avec 
ce  corps  d'observation,  et  par  suite  la  possibilité  de  le 
soutenir  sur  le  champ  ?  J'étais  occupé  alors  de  rédiger 
l'ordre  pour  le  passage  de  nuit  sur  le  Danube,  avec  tous 
les  détails  qui  s'y  rapportent  ;  cet  ordre  occupe  huU 
pages ^  dans  lesquelles  on  trouverait  difficilement  une 
ligne  superflue^  et  l'on  comprendra  qu'il  ait  absorbé 
toute  mon  attention  et  toutes  mes  pensées.  Surtout,  des 
mesures  de  prévoyance  ordinaire  comme  celles-ci 
n'étaient  pas  de  mon  ressort,  mais  de  celui  des  trois 
généraux  dont  les  corps  formaient  là  autant  de  lignes,  et 
bien  plus  encore  du  premier  aide  de  camp  général  ;  il  a 
le  devoir,  non  pas  de  former  des  projets,  mais  d'assurer 
le  succès  de  ceux  qu'a  formés  le  quartier-maître-général 
et  qu'a  approuvés  le  général  en  chef,  en  y  apportant  tout 
son  soin,  son  activité  et  ses  réflexions.  Ceux-ci,  et  surtout 
celui  auquel  le  corps  d'observation  était  subordonné, 
étaient  au  courant  de  son  mouvement  ;  ce  dernier  aurait 


172  INTRODUCTION. 

pu  y  penser  et  en  faire  souvenir  Son  Altesse  Impériale,* 
et  n'eùt-on  envoyé  que  quelques  patrouilles  au  delà  du 
Danube  et  du  marais  qui  le  borde  sur  une  assez  grande 
largeur,  jusqu'au  corps  d'observation  du  général  d'Aspre, 
que  le  malheur  n'aurait  pu  se  produire,  car  toute  l'armée 
était  à  portée  de  soutenir  ce  corps  et  de  repousser 
Tennemi  aussi  loin  qu'il  le  fallait  pour  le  succès  de 
notre  marche  nocturne  (1).  » 

L'événement  le  plus  singulier  de  cette  journée  est  sans 
contredit  la  reconstruction  du  pont  en  aval  de  Gûnzbourg, 
que  Mack  a  ordonnée  en  présence  même  des  Français! 
On  s'explique  ainsi  comment  les  premiers  rapports 
adressés  au  général  Malher  ne  signalaient  pas  ce  pont 
comme  praticable,  et  comment,  le  soir  seulement,  le 
capitaine  du  génie  Lafarelle  le  trouva  rétabli  et  prêt  pour 
notre  passage. 

Mack  considère  son  échec  de  GQnzbourg  comme  le 
plus  désastreux  de  la  campagne.  C'est  celui  qui  a  fait 
échouer  son  projet  d'offensive  sur  la  rive  gauche  du 
Danube  ;  «  Il  n'est  pas  douteux  que  des  résultats  tout 
différents  et,  sinon  heureux,  en  tout  cas  beaucoup  moins 
malheureux,  auraient  été  obtenus,  si  l'on  n'avait  pas 
fait  avorter  ce  projet.  Aussi  ai-je  qualifié  l'événement 
de  Gûnzbourg  de  vraiment  effroyable^  décisivement 
funeste.  » 


XVIII 

Ce  fut  une  ombre  d'armée  que  Mack  ramena  sous  les 
murs  d'Ulm.  Les  troupes  autrichiennes  étaient  parties 
mal  équipées,  mal  pourvues,  par  suite  de  cette  mobili- 
sation précipitée  que  Mack  avait   prétendu   organiser. 


(1)  Mack.  Mémoire  justificatif ,  page  25. 


INTRODUCTION.  173 

qu'il  avait  fiévreusement  entreprise  et  n'avait  pu  mener 
à  bout;  souffrant  du  temps  épouvantable  qui  régnait 
depuis  quinze  jours,  elles  étaient  venues  du  fond  de 
l'Empire  jusqu'en  Souabe  en  piétinant  dans  une  boue 
glaciale,  s'étaient  répandues  dans  les  cantonnements 
entre  le  Lecb  et  le  Rhin,  puis  resserrées  précipitamment 
sur  Ulm  ;  appelées  sur  Gûnzbourg,  mises  en  marche  sur 
Burgau,  elles  étaient  revenues  sur  Gûnzbourg  et  sur 
Ulm,  piétinant  toujours  dans  cette  même  neige  fondue; 
les  perpétuels  changements  de  plans  de  Mack  rendaient 
toute  distribution  de  vivres  impossible  ;  enfin  les  inquié- 
tudes et  le  mécontentement  des  chefs  étaient  sensibles 
pour  tous,  et  l'on  ne  recevait  que  des  nouvelles  désas- 
treuses. Aussi  ces  malheureux  soldats,  que  leur  incor- 
poration à  vie  ne  rendait  déjà  que  trop  enclins  à  la 
désertion,  n'étaient-ils  plus  capables  d'aucun  effort. 
Les  unités  avaient  fondu  au  point  que  les  escadrons  ne 
pouvaient  mettre  que  40  à  50  chevaux  en  ligne  (i). 

Dans  la  soirée  du  iO  octobre,  l'archiduc  Ferdinand 
reçut  une  lettre  de  Tempereur  d'Allemagne,  datée  du 
5  octobre,  l'invitant  à  exécuter  désormais  les  ordres  du 
général  Mack  (2).  Le  jeune  prince  donna  avis  à  ce  der- 


(i)  «  Le  10,  Tarmée  qui,  pendant  la  nuit,  avait  regagné  Ulm,  se 
poste  sur  les  deux  rives  du  Danube.  On  change  Tordre  de  bataille;  les 
divisionnaires  ne  savent  où  trouver  leurs  brigadiers;  ceux-ci  cherchent 
leurs  régiments  qui,  à  leur  tour,  ne  demandent  que  du  pain  et  allument 
les  maisonnettes  de  campagne  des  habitants  d^UIm  pour  sécher  leurs 
guenilles.  »  (Relation  de  la  prise  d'Ulm,  par  M.  D. . . ,  capitaine  d'état- 
major  au  service  d'Autriche). 

(2)  Mon  cher  Cousin, 

Parles  ordres  que  je  vous  adresse  aujourd'hui,  vous  verrez  h  quel 
point  le  sujet  est  sérieux. 

Lors  de  mon  séjour  à  Landsberg,  vous  m*avez  exprimé  le  désir,  avec 
une  très  louable  modestie,  de  recevoir  de  moi  une  instruction  qui  vous 


174  INTRODUCTION. 

nier,  dans  la  soirée,  de  cette  nouvelle  situation,  et  Mack 
n'attendit  pas  une  minute  pour  en  abuser  de  la  manière 
la  plus  choquante  (1).  L'Archiduc,  de  son  côté,  déclara 
formellement  que,  perdant  toute  initiative,  il  n'acceptait 
plus  aucune  responsabilité. 

Loin  de  chercher  à  rendre  moins  sensible  au  jeune 
prince  un  ordre  suprêmement  humiliant,  Mack  le  prit  de 
très  haut  et  l'accusa  d'avoir  tenu  secrètes  jusque-là  les 
instructions  de  l'Empereur,  pour  ne  les  lui  communiquer 
qu'au  moment  où  la  violation  du  territoire  d'Anspach 
rendait  la  situation  beaucoup  plus  difficile.  L'Archiduc 


fixât  complètement  pour  le  cas  où  tous  différeriez  d'ai^is  airec  le  général 
Mack  au  sujet  des  opérations  de  Tarmée  qui  tous  est  confiée. 

Je  tous  ai  dit  alors  que  j'y  réfléchirais;  mais  maintenant,  comme  il 
s'agit  pour  tous  de  prendre  telles  résolutions  dont  dépend  le  salut  de 
mon  Empire  et  qui,  cependant,  ne  peuvent  être  prises  qu'après  avoir 
examiné  sur  place  toutes  les  circonstances,  je  crois  tous  rendre  un 
véritable  service  en  vous  invitant  —  après  que  vous  aurez  pris  soin  que 
tout  soit  mûrement  réfléchi  —  à  suivre  Tavis  du  F.M.L.  Mack,  qui  m*a 
déjà  rendu  des  services  importants  en  maintes  circonstances  et  possède 
une  grande  expérience  de  son  métier.  Dès  que  mes  occupations  me 
permettront  de  retourner  moi-même  à  l'armée,  je  le  ferai  avec  beau- 
coup de  plaisir,  et  je  vous  prie  d'être  persuadé  des  sentiments  avec 
lesquels  je  serai  toute  ma  vie  votre  attaché, 

François,  m.  p. 

(i)  Le  li  octobre,  Mack,  en  présence  du  F.M.L.  Gyulay,  s'exprime 
de  la  manière  suivante  sur  le  compte  de  l'Archiduc,  en  s'adressant  au 
colonel  Bianchi,  son  aide  de  camp  : 

«  Son  Altesse  Royale  ne  peut  pourtant  pas  se  figurer  qu^EUe  est 
chargée  de  commander  une  armée;  Elle  est  beaucoup  trop  jeune  et 
inexpérimentée  pour  pouvoir  remplir  ce  rôle.  Sa  Majesté  lui  a  déféré, 
à  lui  Mack,  les  pleins  pouvoirs  pour  les  opérations,  et  il  en  répond  sur 
sa  tête  et  n'a  là-dessus  aucune  observation  à  recevoir  de  personne.  Il 
sait  très  bien  que  l'Empereur  a  déjà  fait  connaître  cet  arrangement  à 
TArchiduc  à  Landsberg  et  Ta  invité  à  se  soumettre  à  ses  ordres.  Il 
n'était  nullement  bienséant  de  la  part  de  Son  Altesse  Royale  de  le  lui 
avoir  caché  jusqu'à  la  veille  au  soir  et  de  ne  déclarer  cette  situation 
qu'aujourd'hui.  » 


INTRODUCTION.  175 

le  laisse  entendre  avec  une  suprême  dignité  dans  Tadmi- 
rable  lettre  qu'il  écrit  à  son  parent  et  souverain  au 
moment  de  gravir  les  dernières  marches  de  ce  cal- 
vaire (1). 


(i)  L archiduc  Ferdinaïul  à  C Empereur  d'Allemagne, 

4?  octobre. 

Le  courrier  que  Votre  Majesté  m'a  envoyé  m'a  remis  sa  lettre  du  5. 
Je  lui  exprime  mes  sentiments  les  plus  reconnaissants  pour  la  grâce 
qu'ElIe  me  fait  en  me  tirant  de  la  situation  mal  dé6nie  oii  je  me  trouve. 
Le  cas  que  j'avais  prévu  sVst,  en  effet,  présenté  très  souvent,  et  je  n'ai 
pas  approuvé  les  plans  du  F.M.L.  Mack.  Moi  et  les  généraux  les  plus 
qualifiés  de  Tarmée,  tels  que  les  F.M.L.  prince  Schwarzenberg,  Gyulay , 
Rlenau,  nous  lui  faisions  nos  objections  et  il  nous  est  même  arrivé  de 
lui  faire  modifier  ses  projets  sur  certains  points  ;  pourtant,  il  me  rendra 
cette  justice,  en  homme  d'honneur,  —  et  d'ailleurs  le  prince  Schwar- 
zenberg, le  F.M.L.  Gyulay  et  le  colonel  Blanchi  en  sont  témoins  — 
qu'en  fin  de  compte  on  a  toujours  fait  ce  qu'il  voulait. 

Ce  m'est  un  devoir  de  conscience,  pour  répondre  à  la  confiance  de 
Votre  Majesté,  de  lui  dépeindre  la  manière  dont  se  comporte  le  F.M.L. 
Mack.  Il  fait  chaque  jour  deux  plans  totalement  différents,  qu'il  me 
charge  d'exécuter  complètement;  cette  perpétuelle  modification  des 
plans,  dont  aucun  n'a  encore  été  jusqu'à  l'exécution  complète,  a  fort 
épuisé  les  troupes  par  d'incessantes  marches  et  contremarches,  et  a 
produit  beaucoup  de  désordre  ;  moi  et  MM.  les  généraux,  auxquels  je 
dois  rendre  pleine  justice,  nous  faisons  les  efforts  les  plus  extrêmes 
pour  rétablir  l'ordre  dans  la  mesure  du  possible.  Le  F.M.L.  Mack  ne  se 
préoccupe  de  rien,  donne  ses  ordres  contradictoires  les  uns  après  les 
autres,  n'écoute  aucune  représentation  et,  à  proprement  parler,  je  n'ai 
été  jusqu'ici  que  son  quartier-mai tre  général 

Je  ne  peux  pas  préciser  à  Votre  Majesté  les  plans  ultérieurs  du  F.M.L. 
Mack,  car  il  en  a  formé  aujourd'hui  trois,  tout  à  fait  différents,  dont  il 
a  ordonné  l'exécution. 

Il  est  possible  que  des  circonstances  heureuses  viennent  nous  tirer  de 
l'embarras  où  nous  nous  sommes  mis  nous-mêmes,  mais  la  vraisem- 
blance n'est  pas  en  notre  faveur 

Quand  j'eus  reçu  la  lettre  de  Votre  Majesté,  j'en  fis  part  au  F.M.L. 
Mack,  afin  qu'il  ne  considère  pas  comme  protestation  contre  ses  plans 
les  remarques  que  je  lui  ferai  toujours  à  l'avenir,  d'après  la  volonté  de 
Votre  Majesté.  La  manière  dont  le  F.M.L.  s'est  comporté  alors»  je  ne  le 


ITli  INTKoijl  .•Th>.N. 

Ia*  Il  au  matin.  Mark  a  foriiii*  tle  nouveaux  pnjHs. 
cninporlant  toujours  um*  nouvelle  nrcanisation.  et  il 
adivsse  A  l'Arrliitliir  la  note  suivante,  datée  île  |0  heurr<!k 
du  matin  : 

l*uint«  liuiil  jf  «I«-.'ii.i!i<l**  n'«|iirtii*Mi«cmrnt  rt-\«'cution 
I  '  KornuT  in«(.intAni^m'-iit  I  .iriinV  fii  Iroi*  *orp*.  ili»  UM.-  façon   «.i* 
rli:idiii  ait  m**  troii[>«*'i  li'if»r»*,  «!•■  lu'n»*  «'t  ili»  ri*««T»*».  roQ«Aqu^unirDt 
111)1*  .ivaiil>^jirilf  1 1   lin   rurp*  i!r    it* *ir»r,    i|ui    m^   rompo«#roiit    ^hkruD 
d'un  (]u.irt  «lu  tout.  1  stiiirr  iinfilii'  ticm.  uranl  i  U  li*;nr. 

<Jiii)ui'  ninini.iiiii  inl  il*'  «uip^  ili>it  »\*»ir  ili'tiirnt'  m  |*^riiu(t''D:« 
itan*  «un  .i%.iiit-»Mri)i*  ilnii  hit  iillitn«  J«ti*  ili  ni  |iifrf«  Ar  3.  rt  «i^ui 
••*r.i<iriin«  li't;*-f<i  «  t  lum  ninnlt-«,  m)ii«  !•  «  ur<lrr4  il'un  uTin^r  hjtttl^  ^t 
actif.  (Niur  pouvuir  fm|Moy:  •  r)).v|ii>-  iiurjul  ce  fhrtiC  rorpt  rwmne 
••itri-tiir  ■i«3nt-k:Arili\  fl^nr-kjarilf  nti  roiji*  inUnt.  ('.h^run  auri  jum. 
ili'^u'ii*'  un  rA|iil.iin«'  «Ir  cn-iNrif  |  .irtK'tiUrrrni»  nt  hahilr.  air<-  ua  ufïi* 
l'HT,  &  *K>n«  c>fr)ricr«  rt  40  r.ii.iiitr^.  |>our  !•  «  rn^uy^r  i»a  furti. 

.V.  .'*'.  -  !••  f«»rji*  ilr  Ji-ILii-hirli  ilui!.  #■»  «mli».  t'Iri»  fn^ni^  Jr  rrtir 
iii.initrr  •!  .t«>iir   iU  iiioin^  «1%  *  liiiil  ••«•M'Irt<n« . 

f  l.oninii:iiii|ur*r  «an*  i«  t.ir.i  l'iii%(rur(iun  «i-joiuti-,  *ur  1i  forontioa 
«!••  l<.it.ii  !:••»<«  l*'.:iT«.  .\u\  •-••Miui*ii<f  «itU  Ji  c*»r\t^  il'armfr.  pour  i]u  r|!^ 
«••il   i|iplii|  .('•    in*«ti«'<( . 

I{  M  •  iiii«\<r  tiiiit  rjpi't.rt  ini{M.:run(.  .ipri*  i|ii  lî  aura  rt«'  lu  p«r  Svi 
Ait*  ««•  li<.>%a!«-.  .lîin  «ju*' j<*  pii»«««'  %  juii:<lri  iimn  a«»«  m  i]u^li|ur«  molt. 
^hi  iinl  il  *rra  •\ptilir  •{u*l<|(i*    .lulrt    |mic»'.  nir  l'rniuwr  d'aboTil  pour 

i}l||-  J   \     lll«-(l'-    nMH    M*.t  . 

i*  Ji-  pri>'  ili-  in>-  i'i>riiiuuni<|(i'T  rln-^nf  juui .  .i^int  •'•  !•-•  ^i;v!irr. 
IvtJ*  1*  «  ii:!:**  r>  i.itif*    ini  up'i.it:  •!)«; 

.%     J*-  •{•m  m!**   r*    (••  i  :iii  it<t  ne  i»l     i    ^oîi    Mt Koi^lr    >\r    louSotr 

l:i-n  iijr'  n    r  (  i<<\i*>>im  n*  :.'.  !•    I    M  1.   <•«  •i!i\  i^iLirlif  r-m»llrr  tfriH-ral. 

pu  «.ju.    II.  in-'lr  li'    *»ut  p.i*  r. 'r. 

Mk.k.    .   /  . 


a  V-tr*    M  ";<  •!•      i   • -t  liii'    ■  ?iti«t    .•  n   mV*!   prr»oaDrl|r,   r|  j» 

'■•!■••  I-  •'■•  •  J--  .f    •    î«  ■  '.    :  .  ••  T iii-f  J^   \ulrr   Majrar 

•  ■    ;     î     ;  .•     J      :   »•  •    .!•  ti.' r.t  ri.- i.tri  f  if    i  \ olr^  Maj^vl/ que 

•  :    ■  ■  ■    •  •  •  ' rT -rS    I.-     ;■'■  jrii-M!    «ju^    ré-Juirr    JaBi 

i  ■•     •  •  '   j   •  !••  urtirr«<!u  \  %  I. 


INTRODUCTION.  177 

Mack  écrit  à  ce  sujet  dans  son  Mémoire  justificatif  : 

«  En  me  faisant  part,  le  10,  de  Tordre  impérial  qui  lui 
prescrivait  de  suivre  mes  conseils,  sans  me  le  laisser 
lire,  Son  Altesse  Impériale  TArchiduc  m'avait  déclaré 
formellemeut  que,  puisqu'ElIe  en  avait  Tordre  Elle  me 
laisserait  agir  à  ma  guise,  mais  qu'EUe  ne  voulait  plus 
accepter  aucune  responsabilité,  qu'Elle  me  la  laissait 
tout  entière  à  moi  seul.  Comment  donc  pouvait-il  être 
contraire  au  devoir  de  ne  plus  adresser  mes  dispo" 
suions  à  Tapprobation,  mais  simplement  au  visa  de  Son 
Altesse  Impériale,  puisqu'en  me  déclarant  seul  respon- 
sable, Elle  me  refusait  toute  approbation  d'avance,  ou 
plutôt  déclinait  toute  intervention  parce  que  son  appro- 
bation aurait  annulé  ou  du  moins  diminué  ma  respon- 
sabilité ? 

«  Mais  Son  Altesse  Impériale  ayant  communication 
des  ordres,  ne  pouvait-Elle  pas  ressaisir  à  chaque 
instant  son  autorité,  changer,  bouleverser,  déchirer  mes 
dispositions  et  en  faire  d'autres,  sauf  à  me  déclarer 
qu'Elle ,  et  d'autres  officiers ,  en  seraient  respon- 
sables? » 

Le  11,  dans  la  matinée,  l'armée  autrichienne  s'établit 
sur  les  hauteurs  au  Nord  d'Ulm,  d'après  un  nouveau 
plan  de  Mack.  Il  ne  reste  plus  qu'une  brigade  du  corps 
de  Schwarzenberg  sur  la  rive  droite  du  Danube.  Vers 
midi,  le  canon  se  fait  entendre  :  c'est  Dupont  qui  attaque 
les  avant-postes  après  avoir  envoyé  à  Tarchiduc  une 
sommation  conçue  dans  les  termes  les  plus  vifs.  On  voit 
une  colonne  d'infanterie  française  sortir  des  bois  et 
entrer  dans  Jungingen.  Loudon  Tattaque  avec  quelques 
bataillons  etTen  chasse,  mais  Dupont  revient  à  la  charge 
avec  des  troupes  fraîches  et  reprend  le  village.  Loudon, 
avec  le  régiment  de  Froon,  encore  intact,  réussit  à 
reprendre  une  seconde  fois  Jungingen  et  à  s'y  maintenir. 

Pendant  ce  temps-là,  Schwarzenberg  et  Klenau  se 
mettent  à  la  tête  des  cuirassiers  Mack  et  Archiduc- 
m.  12 


I7S  IMIUHM  CIIii\. 

Allirrt.  anx4|iirlH  se  jniL'iiriit  iIimix  f*<raflr<iiis  ilt*  ('Ii«'\.iii- 
l^;:»Ts  Ln  TiHir.  ••!  ils  sr  ji'llnil  sur  Ip  llaiir  ilmit  #1  1rs 
flcriiri't'S  il«*  1.1  fii\i.siiiii  fr.ilit  aisr  a\«T  ili\  htiil  rsrji«lri«n« 
(|iii  up  fiiiit  |H>iil-rtri*  |ias  plus  ilr  liionnii  l.'iMii  ||iiiiiine« 
Ils  iiicttfiit.  tlil  l«'  iinrratt'ur  autiii  liim.  tMiiti*  l.i  tr>>ii{»«* 
fraiii  aise  m  ili''i-«uilc,  ilrtruist-nt  |ii'i'Sf|ui*  •'ntii'*rrnipnt 
(l«'U\  i«'::iiiiriits  «](>  (a\alriii>  f*t  un  iriiif.iiitnii'.  |ir«  iiiimt 
ilrux  aii:lrs.  i.n/i-  raimns  l't  StHI  à  ÎMH»  |iris<.iiiiirrs  M.ii  k 
i's(  Mt'Nsr  dans  ri'ttr  iliarLi'  v{  Ir  «-••(nliat  titiil  :i\rr  un»* 
|u'i'ti  li'uii  ihilliii-  «riiniiniiis  |).iur  |.>  Aulritliims.  iin 
tiiiuvr  ilalis  |«-N  fiiiiiLnii^t  ijr  |lu|Hint  l«»s  nrdrr^du  lî'i  t.r|>«. 
tiotaiiiriiriit  i-flui  (|ui  |)rrsi-iivait  irfiili'\ri-  I  lin  |i.-ir  la 
ri\r  L'aui  lit*,  tamlis  i|U(*  !«'  n»st.-  cli-  l'aiinfr  s\  |vr1«  riit 
par  l.i  i'i\r  ili-iiiti'.  l't  r\ alliait  la  L'ai'iiisnii  di*  la  |d.irr  à 
.'{.utMi  ou  k.iiM)  liiiniiiifs.  Mri  cul  la  «l'itihnli*  iiui*  tnutr« 
1rs  fnn  is  frain  aisf*.  rtaimt  sur  la  ii\r  druitiv  Kirn  il«- 
plus  fai-ilf  ipi>*  il*'  lui  di-i'idii-r  d«Mi\  mi  tmis  niar'.*iir%  »iir 
la  nuiti*  t\v  l\'i\\r\ur.  niai^  il  f.iilait  st*  |i.Ui*r  (I   . 

l'.i-ttc  ii*lili>u  aiitrji  In*  nn«'  «lu  cnniliat  d  ll.ihlat'li  nt- 
('••hti'f'dit  pas  I  t  Iji- d«-  lliipMht  •!!  If  ipii  riinrvriii'  I  cni- 
pLiri'Uii  lit    "Il    1  .itl.iiif*    .1   «  u  lini.  l't   sfs    phases  surr*^^- 


!•        I.'     H.    1  •  nii  lin     .l'i  ,  .•      \     •    11!   11.    iwut   j>    fr>>nC   *W   o^'.fr 
I  •••  '.••:!  •  I    ..«  ii.t    :  I  .11     1         I    Ml  •  .-    >  •  II»  1.I-  •  \  **■  I f  .  n*'  jo^i^  * 
I  :i  ,  !    s.  ,.'•,-,  ..     :  '  . .  t."  ii.::i'  I.  •  iii-  ..'.     1-  r  •    n-  î''    .îry  V . 

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,     ■  :■  I      .-•■!•    l'Ut   I  Ali»     irtT»- 


INTRODUCTION.  179 

sives  :  elle  réduit  simplement  le  nombre  des  attaques  et 
ôôntre-attaques  dans  Jungingen,  que  le  général  Dupont, 
en  habile  homme,  a  su  multiplier  et  entourer  de  quelque 
confusion. 

A  notre  gauche,  dans  le  village  et  le  bois  d'Haslach, 
notre  artillerie,  nos  hussards  et  le  32*  ont  été  bousculés 
paf  six  bataillons  et  quatre  escadrons  autrichiens.  A 
en  croire  nos  artilleurs,  ce  seraient  ces  derniers  qui 
auraient  poussé  jusqu'à  nos  convois  ;  mais  la  relation 
autrichienne  affirme  que  nos  voitures  ont  été  prises  par 
la  cavalerie  qui  avait  refoulé  nos  dragons  dans  le  bois 
en  arrière  de  Jungingen,  à  Taile  opposée. 

Le  Mémoire  justificatif  de  Mack  confirme  cette  der- 
nière versioû  t 

«  Le  !  1 ,  quand  les  rapports  sur  rapproche  et  Tattaqué 
de  l'ennemi  arrivèrent.  Son  Altesse  Impériale  se  hâta 
de  sortir  d'Ulm  avec  quelques  généraux  et  leurs  aides 
de  camp,  sans  me  laisser,  à  moi  qui  naturellement  avais 
reçu  les  rapports  aussitôt  après  Son  Altesse  Impériale, 
le  temps  de  joindre  Son  Altesse,  et  sans  me  faire  laisser 
un  mot  par  son  aide  de  camp  général  pour  m'indiqUer 
où  je  pourrais  la  trouver?  Quant  à  moi,  je  courus  au 
point  où  je  croyais  que  tendraient  les  efforts  de  l'ennemi, 
c'est-ft-dit'e  au  Michelsberg,  clef  de  notre  position,  dans 
la  conviction  d'y  trouver  Son  Altesse  Impériale.  Je  ne 
l'y  trouvai  pas,  et  appris  seulement  qu'EUe  était  dans 
un  retranchement  situé  à  notre  droite.  Les  circons- 
tances exigeaient  ma  présence  là  où  je  me  trouvais  :  j'y 
demeurai  les  cinq  heures  que  dura  le  combat,  séparé 
de  l'Archiduc  par  une  distance  de  plus  d'un  demi-mille 


grade  à  quelques  lieues;  sa  perte  surpasse  3,000  hommes,  la  nôtre  est 
à  peu  près  aussi  forte,  car  quelques  bataillons  (Ludwig,  Reiner  et  Kau- 
nitz)  se  conduisirent  misérablement  et  furent  en  partie  faits  prisonniers 
par  une  poignée  de  tirailleurs.  »  (Relation  de  la  prise  d'tJlm,  par 
It.  D. . .,  capitaine  d'état-major  au  service  d'Autriche.) 


180  INTRODUCTION. 

(3,800  mètres),  d'où  résulta  rinconvénient  que  le  corps 
ennemi  ne  fut  battu  que  sur  son  aile  droite  par  notre 
gauche,  tandis  qu'il  aurait  pu  être  complètement  enve- 
loppé et  anéanti,  si  Son  Altesse  Impériale  s'était  trouvée 
avec  moi  à  l'aile  gauche,  car  je  n'aurais  pas  manqué 
de  la  prier  de  vouloir  bien  envoyer  des  ordres  à 
notre  aile  droite  pour  chasser  l'ennemi  qui  n'y  faisait 
qu'une  démonstration,  pour  prendre  son  gros  en  flanc  et 
à  revers  et  lui  couper  la  retraite.  Mais  il  n*en  fut  rien  ; 
notre  aile  droite  resta  dans  une  inertie  complète,  parce 
qu'il  ne  m'appartenait  pas  d'envoyer  des  ordres  là 
où  Son  Altesse  Impériale  se  trouvait  avec  le  F.Z.M. 
KoUowrath,  et  je  pouvais  espérer  que  ce  dernier  ou 
d'autres  généraux,  et  l'adjudant-général,  pourraient  don- 
ner à  Son  Altesse  Impériale  le  conseil  d'attaquer  aussi  de 
ce  côté,  ce  qui  n'arriva  malheureusement  pas.  »  Gomme 
d'autre  part  le  rapport  du  commandant  de  l'artillerie 
française  prouve  qu'une  attaque  autrichienne  a  produit 
des  résultats  décisifs  sur  notre  gauche,  il  faut  admettre 
qu'il  y  eut  de  ce  côté  un  combat  auquel  les  Autrichiens 
n'ont  pas  attaché  grande  importance,  mais  qu'en  somme, 
leur  cavalerie  nous  a  débordés  des  deux  côtés  à  la  fois. 
Ce  qu'il  y  a  de  bien  établi,  c'est  que  l'affaire  d*Has- 
lach,  loin  d'iutimider  les  Autrichiens,  comme  on  Ta  trop 
souvent  répété,  fut  considérée  par  eux  comme  un  succès 
dès  le  premier  moment,  et  releva  leur  moral.  Les  papiers 
4e  Dupont,  pris  dans  cette  affaire,  éclairaient  en  outre 
le  commandement  autrichien  sur  notre  situation,  et  il  a 
fallu  toute  l'incohérence  de  Mack  et  ses  mauvaises  dis- 
positions antérieures  pour  l'empêcher  de  tirer  parti  de 
cet  événement. 

XIX 

Mack  voulut  profiter  de  sa  victoire  d'IIaslach,   qui 
avait  subitement  relevé  le  moral  des  troupes,  pour  tâcher 


INTRODUCTION.  181 

de  rejoindre  les  Russes  du  côté  de  Ralisbonne.  Il  forma 
donc  un  nouveau  projet  en  conséquence.  Il  résolut, 
«  pour  qu'on  ne  pût  pas  lui  reprocher  d'avoir  mis  quelque 
gêne  aux  mesures  à'allégement  des  Russes,  d'opérer  par 
la  rive  gauche  du  Danube  sur  les  communications  de 
l'ennemi  et  dans  son  dos,  et  lui  faire  distraire  une  partie 
de  ses  forces  pour  la  retraite  sur  Ulm  (1)  ». 

Riesch  longerait  le  Danube  avec  son  corps  d'armée, 
couvrant  ainsi  le  mouvement.  Werneck  se  porterait  le  12 
du  côté  de  Stuttgard  pour  jeter  le  trouble  sur  les  der- 
rières de  l'armée  française  jusqu'au  Rhin.  L'extrême 
fatigue  des  troupes,  représentée  par  Werneck,  obligea 
Mack  à  abandonner  ce  projet  (2);  mais  le  12  au  soir, 
apprenant  la  retraite  de  Dupont  et  Baraguey-d'Hilliers 
derrière  la  Brenz,  tandis  que  20,000  à  30,000  hommes 


(1)  Mack.  Punktationen  zu  meiner  Relation, 

(â)  Mack  écrit  cependaat  : 

c  Comnaent  peut-on  pï étendre  que  la  fatigue  des  troupes  a  retardé 
le  départ  jusqu'au  13,  quand  il  est  notoire  que  toutes  les  troupe.'<,  y 
compris  le  corps  de  Werneck,  que  je  i^oulais  encore  faire  partir  d'Ulm 
le  li  après-midi,  ont  reposé  paisiblement  dans  la  nuit  du  H,  après  le 
combat,  se  sont  rassasiée?  le  lendemain  matin  et  se  sont  encore  repo- 
sées jusqu'au  soir? Le  F.M.L.  Werneck  a  fait  une  opposition 

d'une  violence  inconvenante  contre  le  départ  de  son  corps  et  contre 
sa  destination,  opposition  que  Son  Altesse  Impériale  a  tolérée,  quoi- 
qu'elle allât  si  loin  que  je  déclarai  à  TArchiduc  commandant  en  cher  : 
«  Son  Altesse  Impériale  pourrait  me  faire  partir  avec  ce  corps,  aOn 
que  je  prouve  au  général  Werneck  que  je  n'avais  projeté  rien  d'impos- 
sible pour  lui  et  son  corps  d'armée »  Il  ne  plut  pas  à  Son  Altesse 

Impériale  de  se  prononcer  en  ma  faveur,  bien  qu'il  m'eût  rendu  seul 
responsable  deux  jours  auparavant  et  qu'il  eût  entre  les  mains  l'ordre 
impérial  de  décider  d'après  mes  avis  quand  j'insisterais  pour  cela  ;  je 
n'avais  demandé  à  Son  Altesàe  Impériale  la  réunion  des  premiers  géné- 
raux que  pour  leur  faire  part  verbalement  et  plus  clairement  encore 
des  dispositions  ordonnées,  mais  point  du  tout  pour  en  faire  délibérer  ; 
le  départ  ne  devant  avoir  lieu  que  le  lendemain,  les  trois  corps  n'étaient 
pas  encore  sortis  d'Ulm  le  i3.  >» 


182  lOTRODUCTIOH. 

86  montraient  à  Weissenhorn,  il  revint  à  son  idée  avec 
quelques  modifications.  II  demeurait  persuadé  que  Napo- 
léon se  portait  sur  Tlnn,  et  que  le  corps  d'armée  signalé 
pur  riUer  ii  avait  d*autre  mission  que  de  masquer  les 
opérations  principales.  Il  écrit  dans  son  Mémoire  : 

((  Le  13,  l'apparition  de  plusieurs  colombes  ennemies 
se  dirigeant  sur  HUer  me  fut  signalée,  et  j'acquis  la  con- 
viction que  le  gros  de  Tennemi  se  tournait  vers  nous  et 
voulait  avant  tout  se  mettre  en  possession  d'Ulm  ;  pour 
tenir  cette  ville,  il  fallait  12,000  à  15,000  hpmmes, 
c'est-è-dire  le  maintien  du  corps  de  Schwarzenberg,  » 

((  Le  premier  projet,  rédigé  le  12  avant  midi,  avait  été 
de  diriger  le  corps  de  Werneck  sur  Geislingen  le  jour 
même,  d'y  prendre  position  le  13  et  d'envoyer  de  gros 
partis  vers  ^tuttgar^  et  peut-être  jusqu'au  Rhin,  tandis 
que  le  13  au  matin,  les  deux  corps  de  Riesch  et  de 
Schwarzenberg  devaient  attaquer  le  corps  de  Ney  et 
passer  au  delà  du  Danube  ou  le  long  du  fleuve.  Le 
second  projet  fut,  puisque  ce  corps  de  Ney  avait  pris 
position  à  Langenau  et,  disait-on,  y  avait  reçu  des  ren- 
forts, de  l'y  attaquer  le  13  au  matin;  et  à  ces  deux  pro- 
jets, j'avais  ajouté  qu'après  qu'on  aurait  éloigné  l'en- 
nemi qui  se  trouvait  sur  la  rive  gauche,  la  réserve  d'ar- 
tillerie et  les  convois  fileraient  d'Ulm  sur  Heidenheim 
et  plus  loin  encore  s'il  le  fallait;  que  le  corps  de  Jella- 
cbich  occuperait  Ulm  et  agirait  sur  la  rive  droite  contre 
l'ennemi  qui  viendrait  peut-être  de  Gûnzbourg,  et  dont 
on  supposait  toujours  les  vues  dirigées  surtout  vers  les 
Russes,  tandis  qu'il  ne  songeait,  en  se  tenant  sur  le 
Lech,  qu'à  nous  séparer  de  ces  derniers,  et  semblait 
vouloir  nous  occuper  près  d'Ulm  par  un  corps  d'armée. 
Alors  se  manifesta  la  nécessité  d'une  troisième  disposi- 
tion, toute  différente,  car  l'apparition  surprenante  d'une 
forte  colonne  se  dirigeant  sur  l'iller  obligeait  à  renvoyer 
vivemeut  le  corps  de  Jellachich  sur  la  rive  gauche  de 
cette  rivière  pour  se  retirer  sur  le  Vorarlberg  s'il  le  fal- 


INTHOPUCTION.  183 

lait;  en  revanche,  la  retraite  de  Ney  au  delA  du  Danube 
permettait  de  faire  partir  la  réserve  d'artillerie  et  las 
convois  sur-le-champ,  et  on  y  était  poussé  par  ce  fait  que 
renQemi  semblait  vouloir  passer  le  Danube  en  amont, 
ce  qui  aurait  compromis  le  départ  ultérieur  de  nos 
équipages;  pour  leur  sécurité,  la  surveillance  de  la  rive 
gauche  du  Danube  jusqu'à  Ileidenheim  fut  conûé^  au 
corps  de  Riesob,  et  la  position  de  Werneck  fut  fixée  à 
Heidenheim. 

«  Des  quatre  copps  d'armée,  celui  de  Schwarzenberg 
resterait  donc  seul  à  Ulin  ou  plutôt  au  delà  d'Ulm  sur  la 
rive  droite;  il  devait  reconnaître  le  13  la  colonne  enne- 
xnîe  de  Weissenhorn,  et  le  14,  laisser  à  Ulm  le  général 
Richter  avec  une  garnison,  puis  s'avancer  jusqu'à 
Albeck  sur  la  route  d'Heidenheim.  On  était  encore  dans 
le  doqte  sur  le  but  et  les  intentions  de  la  colonne  enne- 
mie de  Wçiiisenhprn,  et  même  de  sa  force,  que  Ton  ne 
connaissait  que  par  des  rapports  d'avant-postes  et 
d'agents.  Il  était  important  d'être  complètement  rensei- 
gné à  ce  sujet,  de  savoir  si  cette  colonne  avait  seulement 
le  projet  de  nous  couper  le  chemin  du  Tyrol  au  moyen 
du  corps  de  Ney,  tenu  sur  la  rive  droite  du  Danui3e; 
peutrétre  fallait-il  rappeler  les  troupes  déjà  mises  en 
route  pour  tenter  une  attaque.  La  supposition  faite  jus- 
qu'alors, que  le  gros  de  Tennemi  était  en  face  des 
Russes,  restait-elle  vraisemblable,  ou  bien  découvrirait^ 
on  des  projets  différents  de  l'ennemi  par  la  situation  de 
cette  colonne  et  son  renforcement,  qui  continuait  peut- 
être?  Ce  sont  ces  motifs  qui  portèrent,  dans  la  nuit  du 
12  au  13,  à  ajouter  à  l'ordre  un  supplément  prescrivant 
cette  reconnaissance  par  le  corps  de  Schwarzenberg,  qui 
d'ailleurs  ne  pouvait  pas  se  porter  le  jour  même  sur 
Heidenheim  à  cause  de  la  longueur  des  équipages  en- 
gagés sur  la  route  unique,  rendue  très  difficile  par  les 
pluies.  » 

Mack  ordonna  donc  le  départ  sur  la  rive  gauche  dans 


184  INTRODUCTION. 

la  nuit  du  42  au  43  (4).  D'après  ce  projet,  Werneck 
devait  se  porter  le  43  jusqu'à  Heidenheim;  la  réserve 
d'artillerie  le  suivrait  et  se  porterait  le  44  sur  NOrd- 
lingen.  Les  trains  partiraient  d'Ulm  le  13  à  4  heures 
du  soir,  passeraient  la  nuit  à  Âlbeck,  et  arriveraient  du 
14  au  45  à  Nôrdlingen. 

Riesch  détacherait  la  moitié  de  son  corps  d'armée, 
sous  les  ordres  du  général  Loudon,  du  côté  de  Gundel- 
fîngen,  avec  mission  de  détruire  tous  les  ponts.  Le  14, 
ce  détachement  continuerait  jusqu'à  Hôchstœdt,  obser- 
verait les  débouchés  de  Donauwœrth,  et  attendrait  là 


(1)  Le  12  se  passe  à  dérouiller  les  fusils  et  à  dévorer  les  bourgeois 
d'Ulm,  notre  unique  ressource,  car,  à  l'exception  des  réquisitions  par- 
tielles et  journalières,  on  ne  pensait  pas  le  moins  du  monde  à  établir 
des  magasins.  Le  temps  affreux  qui  ne  cesse  de  nous  persécuter  depuis 
huit  jours  nous  replace  h  Tépoque  désastreuse  de  la  campagne  de 
Champagne. 

Le  13,  l'armée  se  met  en  mouvement  sur  trois  colonnes.  Celle  de 
gauche,  sous  les  ordres  de  Werneck,  traîne  avec  elle  toute  l'artillerie 
de  réserve  arrivée  à  Ulm  Tavant-veille,  ainsi  que  les  bagages,  les  pon- 
tons, et  se  dirige  sur  Heidenheim  ;  celle  du  centre,  commandée  par 
Riesch,  marche  le  long  du  Danube  vers  Elchiugen  et  Langenau;  celle 
de  droite,  ayant  à  sa  tète  le  prince  de  Schwnrzenberg,  a  Tordre  de  se 
porter  sur  la  route  de  Meromingen  pour  découvrir  et  observer  les 
mouvements  de  l'ennemi  sur  cette  rive  du  Danube.  Le  corps  de 
Jellachich  reçoit  en  même  temps  une  instruction  par  laquelle  il  doit 
remonter  Piller  sur  sa  rive  gauche  et  en  détruire  les  ponts.  On  voit 
que  de  notre  pivot  nous  nous  prolongeons  vers  des  directions  diverses. 
L'ordre  général  de  Tarmée  annonçait  que  c'était  pour  poursuivre 
l'ennemi  battu.  Quel  en  fut  le  résultat? 

D'Ulm  à  Ëlchingen  on  compte  deux  lieues.  La  colonne  du  centre  y 
arrive  après  quatorze  mortelles  heures,  pendant  une  pluie  à  verse  et  à 
travers  des  chemins  à  peine  praticables.  L*avant-garde  de  cette  colonne 
trouve  Ëlchingen  occupé  par  quelques  troupes  légères  qu'elle  en 
déloge,  et  s'y  établit.  On  mine  en  partie  le  pont  du  Danube  en  cet 
endroit,  et  on  y  place  quelques  bataillons  avec  six  pi^ces  de  canon  pour 
défense.  {Relation  de  la  prise  (VUlm,  par  M.  D...,  capitaine  d'état- 
major  au  service  d'Autriche.) 


INTRODUCTION.  185 

de  nouveaux  ordres.  Si  Douauwœrlh  n'était  occupé  que 
faiblement,  on  en  profiterait  pour  jeter  une  nombreuse 
cavalerie  entre  le  Lech  et  Tlsar  et  inquiéter  ainsi 
les  derrières  de  la  principale  armée  française.  Quant 
à  Riesch,  il  devait  passer  par  Ëlchingen  et  avoir  son 
quartier  général  le  14  à  Gundelfingen.  Si  Donauwœrth 
était  occupé  sérieusement,  il  rejoindrait  alors  le  gros  de 
l'armée. 

Schwarzenberg  devait  masquer  ce  départ  en  exécutant 
une  reconnaissance  offensive  sur  Weissenhorn  le  13  avec 
une  partie  de  son  corps  d'armée.  Traversant  Ulm  dans 
la  nuit  suivante,  il  irait  camper  le  14  à  Albeck  et  Lan- 
genau. 

Jellacic  n'aurait  qu'à  se  retirer  sur  Lindau  le  plus 
vite  possible,  et  il  ne  resterait  à  Ulm  qu'une  garnison 
de  5  à  6  bataillons  et  4  escadrons  sous  le  général 
Richter. 

Le  quartier  général  de  l'armée  autrichienne  se  trouve- 
rait  le  14  à  Hausen,  sur  la  route  d'Heidenheim. 

Selon  son  usage,  Mack  avait  fait  précéder  ce  plan 
d'une  nouvelle  organisation  de  l'armée. 

Jellacic  était  parti  avec  4  bataillons  de  Stein,  3  ba- 
taillons 1/4  de  Jellacic,  1  bataillon  de  Beaulieu  (gre- 
nadiers), 3  compagnies  de  chasseurs  de  Ghasteler, 
2  escadrons  de  hussards  de  Blankenstein,  2  escadrons 
de  chevau-légers  de  Rosenberg.  Il  devait  trouver  près 
du  lac  de  Constance  Wolfskeel  avec  2  bataillons  de 
Beaulieu  et  2  escadrons  de  chevau-légers  de  Klenau.  Il 
devait  aussi  appeler  à  lui  la  garnison  de  Memmingen, 
comprenant  le  corps  venu  d'Italie  avec  Spangen  (5  ba- 
taillons de  Mitrowski,  5  de  Czartoriski,  1  de  Beaulieu, 
et  1/2  escadron  de  hussards  de  Blankenstein)  mais  elle 
capitula  le  i  3  au  soir. 

Le  général  Mayer,  qui  couvrait  sur  la  gauche  la 
colonne  de  Jellacic  dans  sa  route  sur  Laupheim,  et 
devait  couper  tous  les  ponts  de  l'Iller,  se  heurta,  le  13, 


186  INTRODUCTION. 

près  d'Oberkirchberg,  à  un  détachement  français,  qu'il 
parvint  à  rejeter  au  delà  de  HHer;  mais  les  Français 
avaient  passé  plus  bas,  coupant  ainsi  d'Ulm  4  esca- 
droqs  de  hussards  de  Blankepstein  et  2  escadrons  de 
chevau-légers  de  Rosepberg,  qui  se  joigqirent  h  Mayer 
et  arrivèrent  le  soir  avec  lui  à  Ocl|sephaiiseo. 

Werneck  avait  reçu  le  commandement  de  trois  divi- 
sions. Son  avant-garde  (généraux- majors  Vogel  et 
O'Doqaell)  comprenait  4  bataillons  de  Spork  ^t  3  de 
Kaunitz,  3  compagnies  de  chasseurs  de  Ghagteler,  et 
6  escadrons  de  chevau-légers  de  Rosenberg. 

Le  gros  (général  Baillet,  avec  les  généraux-înajors 
Hohenfeld,  Weber  et  Rohan)  comprenait  3  batc^iUons 
de  chacun  des  régiments  Stuart,  Wurtemberg,  Reqss- 
Greitz  (1)  et  Reuss-Plauen,  4  escadrons  de  chevau- 
légers  de  Latour  et  6  escadrons  de  hussards  pala- 
tins. 

La  réserve  (général  Ilohenzollern,  avec  les  géné- 
raux-majors Sinzendorf  et  Dienersberg)  comprenait  les 
4  bataillons  de  grenadiers  de  Spork,  Stuart,  Reiiss- 
Greitz  et  Reuss-Plauen. 

Parti  d'Ulm  le  13  à  6  heures  du  matin,  Werneck 
poussa  son  avant-garde  jusqu'à  Ileidenheim,  et  son  gros 
jusqu'à  Herbrechtingen. 

Le  corps  de  Riesch  était  divisé  ep  deux  cQlonjies  : 
la  première  (Loudon)  se  divisait  en  une  avant-g^rde 
(Cobourg)  forte  de  4  bataillons  du  régiment  Archidqc- 
Louis  (2)  et  2  escadrons  de  hussards  de  Blankenstein.  ; 
le  gros  (Ghenedegg) ,  comprenant  4  bataillo^s  de  Rie^e, 
4  d'Archiduc-Maximilien,  et  2  escadrons  de  cuirassier^ 
HohenzoUern;  et  une  réserve  (général  d'Ulm)  compre- 


(1)  Ce  régiment,  à  peu  près  anéanti  à  Wertingen,  ne  comptait  que 
200  hommes. 

(2)  Les  trois  premiers,  depuis  le  combat  de  Gùnzbourg,  ne  Domp- 
taient plus  au  total  que  200  fusils. 


INTRODUCTION.  187 

napt  3  bataillons  4e  Froon  et  i  de  CoUoredo  (grena- 
diers), avec  2  escadrons  de  cuirassiers  HolienzoUern. 

La  deuxième  colonne  (Ilesse-Hombourg)  se  divisait  en 
avant-garde  (Mecsery,  4  bataillons  d'Erbacb,  2  esca- 
drons de  cuirassiers  Archiduc-François),  gros  (Auers- 
perg,  4  bataillons  Archiduc- Charles,  4  bataillons 
Auersperg,  1  escadron  1/2  de  cuirassiers  Archiduc- 
François)  et  réserve  (Herraann,  2  bataillons  de  FrooQ, 
1  d'Auersperg  (grenadiers),  1  d'Archiduc-Qhaples 
(grenadiers)  et  2  escadrons  de  cuirassiers  Archiduc- 
François). 

Loudon  partit  à  iO  heures  du  matin  par  la  rpqte 
dlleidenheim.  Peu  de  temps  après,  un  ordre  direct  de 
Mack  lui  prescrivit  de  se  détourner  vers  Elchingen  pour 
gagner  Gundelfingen.  Riesch,  partait  à  deux  heqres, 
reçut  aussi  Tordre  de  suivre  cette  route,  Le  but  de  cette 
modification  était  de  couvrir  l'armée  (?)  pendant  sa 
marche  sur  Heidenheim.  Le  résultat  fut  de  jeter  LoudoQ 
et  Riesch  dans  de  véritables  fondrières,  d*oti  ils  ne 
purent  se  dégager,  de  manière  à  atteindre  le  3oir  les 
localités  indic[uées,  et  d'attirer  plus  fortement  l'attentioq 
de  >Japoléon  sur  ce  point  d'Elchingen,  qu'il  avait  déjà 
ordonné  de  faire  occuper. 

Le  chemin  que  Riesch  fit  prepdrq  à  sa  colonne  était 
celui  de  ThalpQgen,  qui  longeait  le  Danube  (Ij,  Défoncé 
et  à  moitié  rompq  par  les  pluies,  ce  chemin  offrit  de 
grosses  difficultés  au  passage  des  troupes,  qui  avaient 
parfois  de  Teau  jusqu'à  la  ceinture  ;  mais  ce  fut  bien 
autre  chose  pour  les  voitures.  A  un  tournant,  le  chemin 


(1;  Mack  dit,  dans  gon  Mémoire  justificatif  y  que  Tordre  h  Riesch 
portait  en  propres  termes  :  u  Le  sol  étant  défoncé,  on  marchera  non 
pas  le  long  du  Danube,  mais  à  quelque  distance,  sur  un  chemin  plus 
praticable,  et  on  enverra  seulement  des  partis  le  long  de  la  rive 
gauche.  »  Nous  n*afons  rien  trouvé  de  semblable  dans  les  pièces  qui 
Dou^  ont  été  obligeamment  communiquées  aux  Archives  de  Vienne. 


188  INTRODUCTION. 

s'écroula  dans  le  Danube,  entraînant  un  caisson  avec 
ses  attelages.  Les  pièces  restaient  embourbées,  et,  après 
quatorze  heures  de  marche,  on  ne  faisait  qu'approcher 
d'Elchingen;  on  avait  avancé  de  deux  lieues. 

Loudon,  qui  avait  marché  d'abord  par  Haslach, 
s'était  rabattu  sur  Elchingen  par  les  chemins,  très 
mauvais,  mais  assez  résistants,  du  plateau  d'Albeck,  et 
il  était  arrivé  le  soir  à  Elchingen. 

Il  avait  rejeté  les  avant-postes  de  la  division  Loison 
sur  la  rive  droite,  et  avait  envoyé  4  bataillons  et  2  esca- 
drons à  Riedheim  pour  observer  le  pont  de  Leipheim. 
Riesch  ne  se  crut  pas  assez  fort  pour  s'emparer  défini- 
tivement des  deux  ponts,  et  il  tenait  à  ne  pas  attirer 
Tattention  des  Français. 

Pendant  que  Werneck  et  Loudon  s'éloignaient  d'Ulm, 
Mack  prenait  des  dispositions  toutes  différentes. 

Le  général  Mecsery,  qui  commandait  les  avant-postes 
sur  la  rive  droite  du  Danube  et  se  trouvait  alors  à 
Oberkirchberg,  envoyait  rapports  sur  rapports  pour 
annoncer  l'arrivée  de  fortes  colonnes  ennemies  en  diffé- 
rents points  de  la  vallée  de  l'Iller,  surtout  par  les  routes 
de  Leipheim,  Weissenhorn  et  Pfaffenhofen.  Les  prison- 
niers et  les  déserteurs  français  déclaraient  que  toute 
l'armée  était  là!  Vers  midi,  Mecsery  fut  attaqué,  et  ne 
réussit  qu'avec  peine  à  se  maintenir  sur  la  rive  droite 
de  l'Iller.  Enfin  on  apprit  que  tout  le  corps  de  Ney  était 
passé  sur  la  rive  droite  du  Danube. 

Vers  dO  heures  du  matin,  l'espion  Schulmeister  était 
venu  annoncer  à  Mack  que  Napoléon  portait  une  partie 
de  ses  forces  sur  Memmingen  et  Kempten  pour  couper 
à  la  garnison  d'Ulm  sa  dernière  retraite,  pendant  que  le 
reste  des  troupes  françaises  s'étendait  vers  Elchingen 
et  Albeck  pour  s'emparer  des  hauteurs  qui  dominent 
Ulm.  Schulmeister  répondait  sur  sa  tête  de  l'exactitude 
de  cette  nouvelle,  mais  Mack  ne  jugea  même  pas  à  pro- 
pos de  la  faire  vérifier. 


INTRODUCTION.  189 

Une  conversation  de  table  d'hôte,  rapportée  comme 
telle  et  sans  aucune  garantie  par  le  commissaire  supé- 
rieur Steinherr,  lui  plut  d'autant  plus  qu'elle  était  plus 
romanesque  et  plus  invraisemblable  :  Ce  Steinherr,  qui 
revenait  de  Stuttgard,  y  avait  entendu,  à  la  table  de 
l'hôtel  où  il  logeait,  deux  petits  fonctionnaires  wurtem- 
bergeois,  le  maire  de  Mttnsîngen  et  le  régisseur  de 
rhôpital  de  Blaubeuren,  qui,  s'extasiant  sur  le  grand 
nombre  de  courriers  que  Napoléon  avait  reçus  dans  les 
derniers  jours,  donnaient  carrière  à  leur  imagination  : 
il  fallait,  disaient-ils,  que  les  Anglais  eussent  débarqué 
à  Boulogne,  et  qu'une  révolution  contre  l'Empereur  eût 
éclaté  quelque  part  en  France. 

Ces  propos,  répétés  par  Steinherr  à  son  retour  de 
Stuttgard,  furent  un  trait  de  lumière  pour  Mack.  Il 
raconte  ainsi  l'impression  qu'il  en  reçut  : 

t(  Si  l'ennemi  voulait  s'emparer  d'Ulm,  c'est  par  la 
rive  droite  qu'il  pouvait  le  moins  bien  y  parvenir,  puisque 
la  place  est  tout  entière  sur  la  rive  gauche;  s'il  voulait 
réaliser  l'investissement  de  l'armée,  il  fallait  être  au 
moins  aussi  fort  sur  la  rive  gauche  que  sur  l'autre,  et 
s'avancer  parallèlement  des  deux  côtés.  Il  fit  tout  le  con- 
traire, et  sa  marche  sur  l'Iller  en  plusieurs  colonnes, 
contrastant  avec  son  inaction  de  l'autre  côté,  donnait 
plutôt  l'impression  d'une  marche  en  retraite  que  d'une 
oflfeDsive  ;  car  une  armée  songeant  à  se  retirer  du  Lech 
sur  le  Rhin  se  conduirait  certainement  de  cette  façon  si 
elle  savait  un  corps  ennemi  en  position  à  Ulm  :  elle 
aurait  bien  moins  à  craindre  les  attaques  de  son  adver- 
saire, obligé  de  passer  d'abord  des  ponts  qu'elle  peut 
observer  ou  couper,  que  s'il  pouvait  lui  tomber  dessus 
dans  toutes  les  directions,  ce  qui  serait  le  cas  du  côté  où 
se  trouve  Ulm. 

«  Plongé  dans  mes  réflexions  sur  ce  qu'il  y  avait 
d'extraordinaire  dans  ces  mouvements  de  l'ennemi,  et 
sur  ses  projets,  je  reçus  dans  la  journée  la  visite  du 


190  INTRODUCTION. 

baron  SteinheiT,  commissaire  supérieur  impérial  (K.K. 
Ober-landescommissair)  qui  me  raconta  qu'il  tenait  de 
la  bouche  d'un  fonctionnaire  wurtembergeois,  très  bien 
pensant  et  digne  de  foi,  revenu  récemment  de  Stuttgard, 
cette  nouvelle  importante,  que  peu  de  jours  auparavant 
neuf  courriers  envoyés  à  l'Empereur  des  Français  étaient 
passés  à  Stuttgard  dans  la  même  journée,  et  que  l'on  se 
racontait  secrètement  cjue  les  Anglais  avaient  débarqué 
à  Boulogne,  s'étaient  emparés  de  ce  port,  et  qu'une 
révolution  avait  éclaté  quelque  part. 

«  Si  les  mouvements  de  l'ennemi  avaient  été  le  moins 
du  monde  en  contradiction  avec  ces  nouvelles,  je  les  au- 
rais considérées  comme  un  bruit  sans  importance.  Mais 
ils  se  conciliaient  si  bien  avec  elles  que  je  me  laissai  aller 
à  croire  à  leur  vraisemblance,  d'autant  plus  facilement 
que,  si  un  moment  avait  été  favorable  à  un  débarquement 
des  Anglais  ou  à  l'explosion  des  complots  secrets  d'un 
parti,  ce  devait  être  celui  où  Bonaparte  avait  subitement 
retiré  du  pays  et  porté  au  delà  du  Rhin  tout  ce  qu'il 
avait  de  troupes  mobiles  et  utilisables.  Cette  nouvelle  ne 
pouvait  pas,  d'ailleurs,  être  considérée  comme  un  bruit 
propagé  volontairement  par  l'ennemi,  car  il  he  provenait 
pas  des  camps  ni  des  états-majors  de  ses  armées,  mais 
de  la  résidence  d'un  Électeur  que  Bonaparte  avait  con- 
traint à  s'allier  avec  Uii.  Ce  qui  renforçait  plus  encore 
ma  conviction,  c'est  la  nouvelle  indubitablement  établie, 
que  quelques  milliers  d'hommes  de  troupes  tvurtember- 
geoises,  qui  avaient  déjà  été  mises  en  mouvement  d'Ess- 
lingen  sur  Geislingen,  avaient  reçu  tout  à  coup  Tordre 
de  rebrousser  chemin,  et  enfin  le  bruit  général,  et 
non  moins  croyable,  que  la  Prusse,  exaspérée  parla  vio- 
lation de  sa  neutralité,  allait  déclarer  la  guerre  d'un 
moment  à  l'autre  (i).  » 


(I)  Mack.  Eauptrelation  Ciber  den  Feldzug  1805. 


INTRODUCTION.  191 

«  Dès  le  premier  moment,  la  marche  rétrograde  de 
rennenli  m'avait  paru  étrange.  S'il  avait  des  vues  sur 
Ulm  et  stir  notre  armée,  pourquoi  avait-il  donné,  quel- 
ques jours  fc-vant,  la  mission  à  un  seul  corps  d'armée 
d'enlever  cette  place,  quand  il  aurait  été  bien  plus  sûr 
d'y  réussir  avec  toutes  ses  forces,  et  n'était  pas  dans  la 
nécessité  de  sacrifier  un  de  ses  corps  à  une  espérance  in- 
certaine? De  tels  sacrifices  ne  se  font  que  lorsqu'on  y  est 
forcé  pour  sa  propre  sécurité,  pour  échapper  à  de  gros 
dangers  ou  à  une  ruine  complète  (1).  » 

Le  14  au  matin,  un  ordre  général  annonçait  aux 
troupes  restées  dans  Ulm  (mais  non  à  celles  qui  étaient 
déjà  parties)  que  les  Français  étaient  en  pleine  retraite 
vers  le  Rhin  en  trois  colonnes,  Tune  (Soult)  passant  par 
Memmingen,  la  seconde  par  Illertissen,  et  la  troisième 
(Bemadotte),  par  Donauwœrth.  La  colonne  du  centre, 
après  avoir  passé  Tlller,  se  porterait  sans  doute  sur 
Ehingen  et  Riedlingen  pour  prendre  la  route  de  Stras- 
bourg. Il  s'agissait  de  poursuivre  ces  colonnes,  et  cha- 
cun des  corps  d'armée  autrichiens  devait  constituer  à  cet 
effet  deux  corps  légers,  pour  harceler  une  des  colonnes 
françaises  l'un  sur  ses  derrières,  l'autre  sur  ses  flancs. 
Le  général  Jellacic  devait  s'attacher  à  la  colonne  de 
Memmingen,  Schwarzenberg  et  Werneck  à  celle  d'IUcr- 
tisseû,  Kienmayer  et  Riesch  à  celle  de  Donauwœrth. 

Schwarzenberg  devait  se  diriger,  par  Geislingen,  sur 
Stuttgard  ;  Werneck  devait  s'y  porter  aussi  à  marches 
forcées,  et  tâcher  d'y  devancer  Tennemi  de  manière  à 
l'obliger,  si  possible,  à  déposer  les  armes. 

Kienmayer  devait  poursuivre  Bemadotte  l'épée  dans 
les  reins,  et  le  harceler  sur  son  flanc  droit  ;  Riesch  se 
chargerait  du  flanc  gauche.  La  réserve  d'artillerie  serait 
renvoyée  à  Ulm. 


1)  Mack.  Punktationen  zu  meiner  Relation. 


Iî»i  iM!;tihi  rTi.'N. 

i\  t*s{  t'o  (|Ut*  Mïirk.  |ilii^  t.'inl.  appela  '      mid  n*%i-  i. 

l'iH*  l(*ttrf  i|iril  avait  rrrito  i|iirli|ii«*>  hiMircs  aii[wira\ant 
à  Sdii  chrf  (l*t*t  al -major  |inivis«iin\  l«*  L'i'iiôral  li\iila%, 
priiiiYt*  «lu'il  avait  tMi  un  instant  l'idt'r  cl'attAi|iirr  N4|mi- 
li'nn.'i  WtMssfnhitrn.  niais(|u'il  avait alianilonni*  liii*nti''l  Cf- 
plan  |ionr  |irojHi'r  la  imiirsuitc  <lrs  lri>i'*  Cfil«»nnrH  fran- 
raisi'î»  par  trnis  riirp<  antrii'hi«'n<    I  ). 

.Niius  w*  \tii\\\tiu^  niins  alistniir  di'  iiiMiitt*r  iri  l.i 
ipirstiiin.  tivs  iinpdiiantt*.  du  rnle  j^iii-  par  l'r^pi••n 
SthnlnifMstt'r. 

•  Ml  a  rti'.  anti-ffiiis.  jiisi|n  à  pri-tondrr  (|iit*  >i-iiul- 
ini'i^tfr  a\ait  vU'  Ir  pln^  puissant  aL-onI  «ii*  la  iMpitii- 
latimi  (M  Ini  :  <pi  a\anl  la  ronlianci^  di*  Mark,  il  l'aiait 
drtidt'  a  iliMntMirrr  aulnur  «1*1  lin  fii  |i*  In^nipant  <«iir  Iji 


Uni  i;i -I  ti-  .irr.%.  i  \\  .  ««•iihirii  n.**  iiiit*  colunn^  |»rinri[>al^  ,  il  i  !i 
l'ii*  ^'  III  !•■  ;■-  :;:  ,  I  •  I  !«•  •!>  •  1  '•;  j  I  ««  'tu  t**min.  ■  pjirirn'rjuMiu'i 
11.  If.  •]■]  il  *•  î  !r*.r».r.  In  r«  .■  ir  1  *i,r  li  r.irif  rm^i  niir  .ju 
Il  m:  ■.!  |.-j  *.  Iii'.r»!'.»  f"  .  ■î.irr\.r  »  \\  f«*i  nh»rn  \*o\ir  m^nif 
i-ii«ii  t>  «'ir  (•■■■i;|i..ii' .  .!  |.i**.  ?  '.-  liitiii!'  {..ir  un  l<«nc  <i^t'^»r  1**^ 
•  i  .' /I".ur.  .  ■.!.  |ii»*i..  .  *î  •■•!»»  »  '»  •  irn; -••••iti'f  »  i-au-f  «i^  li  difL 
.-il:.   .!.i  t-.:.i. 

*  ■    -Jijt    i;    .*•     ■  \    I  .||«  f  :  :.    ..  :  i  î    î-    l  «l'.i  j.|.  r  .1  \^  •   •••  iiliurn.  ou  •!  j 

m  «li*  i  r    •■  .    i     ; Il  .1.1        ]'.  it  ,!■.     ||.    I.    |.ji*«fri-!  il    f^« 

■.■■■'  •..        Il  .  ,r    !■•  *     i;  ■•    IL  '■'!•••;:"  I     i.iii  Ir»    ir^t^ri 

1'-  Il  !'-     M    ■■::ii    i.'  «1   ;■     ■■  *  .     .■  r    •  ;•    .  1   '  lit    •*  lUChr  <!r  I  lîlrf  '.■ 

>  ••■  •ii!i>-    ;  .       .'  I  I  I  -•-    !  >.  •  ;  f  m  1-  ■  >.i\  '  ir   •  r.«i  ».ju  pruprr  f>a«*>i*'    •  ^ 
•■  '  t.!  ;  »ij»'    11'     ■    j  .  .-«  î  .»■•■  «i  :•    j.  .  ir  I  l'î .  |ii'  r.  *l  lui-nirmr    riri    ijr 

■li*.  -i  .111     ■  •    :   I.*  •■  .1    •  :    II*   I  i>  11'.  -1  i.x.i*  rit-  !•    fji.fttffi*  \*Â%. 

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^    '                        ■     •  ■'.'■    I.    ••      ■    Il       .      *    .■  lu',  (MUl-rl  r  I*  I  •••rr 

:       •      .                 .  ■       •   .              ..,•:.      I     !  .rjii; 

Mark.  ".   / 


INTRODUCTION.  193 

nature  des  mouvements  de  notre  armée,  et  en  lui 
parlant  d'une  descente  des  Anglais,  etc.  C'est  là  une 
légende  très  piquante,  à  coup  sûr,  mais  qu'il  faut 
rejeter  définitivement. 

Mack  se  défend  lui-même,  d'ailleurs,  d'avoir  accordé 
quelque  confiance  à  Schulmeister  : 

((  Qui  a  donné  cet  espion  pour  un  de  mes  meilleurs? 
Pas  moi  assurément  ;  j'ai  dit  au  contraire  qu'il  m'avait 
un  jour  inspiré  des  soupçons  par  hasard,  comme  il  de- 
mandait un  renseignement  sur  nos  troupes,  et  que  j'avais 
prié  qu'on  interrogeât  le  F.M.L.  Klenau,  à  cause  de  la 
méfiance  que  cet  homme  m'inspirait. 

«  Qu'était-il,  cet  espion?  Un  homme  qui  servait  pour 
de  Targent,  et  non  un  sujet  de  Sa  Majesté. 

ce  La  prétendue  garantie  donnée  par  sa  personne  pou- 
vait-elle avoir  la  moindre  importance?  Non,  car  il 
lui  restait  toujours  pour  excuse  que  l'ennemi  avait 
changé  ses  dispositions  ou  ses  projets,  et  il  savait  bien 
qu  alors  on  ne  l'aurait  pas  pendu.  Mais  dans  cette  vilaine 
chose  il  s'en  cache  une  autre  plus  vilaine  encore,  que  je 
vais  me  hâter  de  découvrir.  L'Archiduc  commandant  en 
chef  avait  établi,  aussitôt  après  son  arrivée,  un  nommé 
Wendt  comme  une  espèce  de  directeur  de  l'espionnage 
avec  le  titre  et  le  rang  de  capitaine  ;  cet  homme  lui  avait  été 
recommandé,  comme  je  me  rappelle  le  lui  avoir  entendu 
dire  à  lui-même,  par  Son  Altesse  Impériale  l'Archiduc 
ministre  de  la  guerre,  en  personne,  ou  par  quelqu'un  de 
sa  suite.  De  son  existence  antérieure,  je  ne  savais  rien. 
Ce  soi-disant  capitaine  se  pourvut  donc  d'espions,  obtint 
l'argent  nécessaire  et  adressa  ses  rapports  à  TArchiduc 
commandant  en  chef  et  à  moi.  C'est  de  lui  qu'émane 
cette  accusation 

0  Ainsi  le  meilleur  espion  était,  à  vrai  dire,  le  meil- 
leur espion  de  ce  Wendt Sur  l'original  de  la  main  de 

ce  Wendt,  du  15  au  matin,  jour  de  l'investissement,  j'ai 

prouvé  que  lui-même,  dans  le  dernier  rapport  fourni 

III.  13 


194  INTRODUCTION. 

avant  rinvestissement,  ne  disait  pas  une  syllabe  qui 
pût  en  faire  présager  rimminence,  mais  terminait  par 
ces  mots  :  «  Le  pont  de  Goggliugen  a  été  rétabli  cette 
nuit;  Tennemi  doit  avoir  Tintention  de  se  diriger  par  là 
sur  Blaubeuren  ».  Il  me  confirmait  donc  lui-même  dans 
mon  opinion  jusqu'à  la  dernière  minute,  car  Blaubeuren 
est  à  trois  milles  à  gauche,  en  avant  et  sur  le  côté  d'Ulm, 
sur  la  route  de  cette  ville  à  Stuttgard,  par  Urach  ». 

Les  documents  ont  établi  de  la  manière  la  plus 
formelle  que,  dès  le  début  des  opérations,  Mack  son- 
geait à  laisser  Tarmée  française  s'enfourner  en  Bavière 
pour  déboucher  sur  ses  communications  et  la  prendre  à 
revers  pendant  que  les  Russes  l'attaqueraient  de  front. 
C'est  ainsi  qu'il  fut  amené  à  prendre  près  d'Ulm  la  posi- 
tion de  flanc  oCi  il  succomba.  Longtemps  après,  un  autre 
officier  de  fortune,  devenu  aussi  commandant  en  chef 
d'une  grande  armée,  prit  de  propos  délibéré  une  posi- 
tion de  flanc  où  il  eut  le  même  sort  que  Mack.  Tous 
deux  furent  flétris,  en  somme,  pour  avoir  recouru  à 
cette  «  couverture  indirecte  »  où  l'on  voit  le  symptôme 
de  la  plus  brillante  révolution  stratégique  quand  il  s'agit 
de  Valmy. 

Ce  n'est  pas  Schulmeister,  on  Ta  vu,  qui  a  donné  à 
Mack  de  fausses  indications  sur  les  opérations  des  Fran- 
çais :  au  contraire,  il  Ta  admirablement  renseigné,  et 
c'est  malgré  ses  avis  que  Mack  a  été  induit  en  erreur. 

Reste  un  second  point  à  élucider  :  Schulmeister  était-il 
au  service  de  Napoléon  dès  le  début  de  la  campagne,  et 
a-t-il  fonctionné  comme  espion  double  jusqu'à  la  capi- 
tulation de  Mack?  Ici,  il  est  impossible  de  donner  une 
réponse  positive.  Un  historien  très  bien  renseigné  (1), 
après  avoir  consulté  toutes  les  pièces  et  tous  les  textes 
connus,  arrive  à  une  conclusion  contraire  à  celle  que 


(1)  Mûller.  L'espionnage  sous  Napoléon  /«.  1896. 


INTRODUCTION.  195 

nous  allons  formuler  ;  en  somme,  on  peut  émettre  une 
opinion,  mais  on  n'a  aucune  certitude. 

Schulmeister  a  été  expulsé  de  Strasbourg,  dans  Tété 
de  1805,  par  Tautorité  civile,  et  ce  n'est  pas  là  une 
peine  fictive,  destinée  à  lui  donner  accès  auprès  de 
Fennemi  :  son  premier  soin,  dès  qu'il  rentre  en  faveur 
auprès  de  Savary,  est  de  demander  la  révocation  d'une 
mesure  qu'il  déclare  injuste. 

Jusqu'au  16  octobre,  nous  ne  trouvons  pas  trace  de 
relations  entre  Schulmeister  et  les  généraux  français,  et 
Napoléon  manque  de  renseignements. 

Entre  temps,  Schulmeister  est  entré  au  service  de 
Mack  et  le  renseigne  exactement.  Le  13,  c'est  lui  qui 
donne  une  juste  appréciation  de  nos  mouvements  ;  mais 
il  est  envoyé  aussitôt  à  Stuttgard  pour  vérifier  les  propos 
de  taverne  auxquels  Mack  a  prêté  plus  de  crédit.  Â  cette 
date,  il  n'y  a  plus  d'illusion  à  se  faire,  pour  un  observa- 
teur aussi  clairvoyant  que  Schulmeister,  sur  le  sort  qui 
attend  l'armée  autrichienne.  Il  se  rend  donc  auprès  de 
Savary,  et  abandonne  définitivement  le  service  autri- 
chien ;  mais  on  comprend  que  le  rôle  qu'il  y  a  joué,  les 
prédictions  qu'il  y  a  faites,  ont  dû  le  laisser  en  bonne  pos- 
ture pour  se  représenter  plus  tard  au  quartier-général 
des  Alliés. 

Sa  lettre  du  21  à  Savary  annonce  qu^il  a  écrit  le  17  à 
Murât.  Rien  n'indique  que  leurs  relations  aient  com- 
mencé seulement  à  cette  époque.  Peut-être  dataient- 
elles,  comme  le  pense  M.  MttUer,  du  début  de  la  cam- 
pagne. Il  y  a  cependant  deux  motifs  pour  supposer  que 
Schulmeister  vient  seulement  de  s'entendre  avec  Savary 
le  16,  et  très  sommairement.  Le  premier,  c'est  la  série 
deH  demandes  que  l'espion  fait  à  son  protecteur,  et  qui 
auraient  sans  doute  été  faites  antérieurement  :  ses  lettres 
du  17  et  du  21  ont  bien  l'air  d'une  entrée  en  matière. 
Puis  il  y  a  la  coïncidence  des  dates  :  c'est  le  13  que  Mack 
envoie  Schulmeister  à  Stuttgard,  et  c'est  le  i  4  ou  le  15 


196  INTRODUCTION. 

que  ce  dernier,  coDvaiucu  évidemment  de  la  prochaine 
destruction  de  Tarmée  autrichienne,  s'abouche  avec 
Savary. 

Nous  admettons  donc,  sans  oser  l'affirmer,  que  Schul- 
meister,  expulsé  de  France  au  mois  d'août,  a  joué  le  rôle 
d'espion  auprès  de  Mack  jusqu'au  13,  et  qu*il  n'est  entré 
que  le  14  ou  le  15  au  service  de  Savary. 

Très  bien  renseignés  sur  les  mouvements  de  nos 
armées,  les  Autrichiens  savaient  que  Dupont  était  réfugié 
derrière  la  Brenz,  et  que  tout  le  reste  du  corps  de  Ney 
se  trouvait  sur  la  rive  droite  du  Danube,  entre  Gûnz- 
bourg  et  Ulm.  Ils  ne  prévoyaient  pas  que  cette  situation, 
résultat  d'ordres  plus  ou  moins  bien  interprétés,  allait 
être  modifiée  au  premier  instant  par  un  vigoureux  coup 
de  barre  de  Napoléon,  et  ils  se  croyaient  en  toute  sécu- 
rité sur  les  hauteurs  d'Elchingen  et  d'Âlbeck. 

«  Le  13  au  soir,  dit  Mack,  j'eus  quelques  discussions 
avec  le  F.M.L.  prince  Schwarzenberg  et  ensuite  avec  le 
F.M.L.  Gyulay,  qui,  tous  deux,  et  surtout  le  premier, 
insistaient  pour  que  je  consentisse  au  départ  du  corps 
Schwarzenberg  pour  le  lendemain;  j'étais  assez  perplexe 
à  ce  sujet,  la  présence  du  gros  des  forces  ennemies,  en 
marche  vers  llller,  m'ayant  été  confirmée,  car  la  pré- 
sence de  ce  corps  à  Ulm  devenait  nécessaire  pour  la 
défense  de  la  place.  Sur  ces  entrefaites,  la  discussion  se 
porta  sur  la  conviction  que  j'avais  de  la  retraite  de 
l'ennemi,  qu'ils  avaient  déclarée^  mais  non  démontrée 
inexacte;  je  la  croyais  possible  parce  que  je  savais  que 
notre  cabinet  avait  demandé  instamment  un  débar- 
quement de  troupes  anglaises,  aussi  nombreuses  que 
possible,  à  Boulogne.  La  nouvelle,  apportée  le  15  après- 
midi  par  le  commissaire  (ober-landescommissair)  baron 
Steinherr,  m'en  parut  d'autant  plus  croyable  «  qu'il  avait 
reçu  en  môme  temps  de  la  bouche  d'un  fonctionnaire 
wiirtembergeois,  bien  pensant  et  digne  de  foi,  qui  était 


INTRODUCTION.  197 

tout  récemment  à  Stuttgard,  qu'il  était  passé  quelques 
jours  auparavant  neuf  courriers  dans  un  seul  jour 
par  Stuttgard  pour  Tempereur  des  Français,  et  qu'on 
racontait  là  en  secret  que  les  Anglais  avaient  débarqué 
à  Boulogne,  s'étaient  emparés  de  ce  port,  et  qu'une 
révolution  avait  en  même  temps  éclaté  quelque  part  ». 
Une  autre  nouvelle  sûre  paraissait  concorder  avec 
celle-ci,  notamment  que  quelques  milliers  de  Wtirtem- 
bergeois,  qui  venaient  de  s'avancer  d'Esslingen  sur 
Geislingen,  avaient  reçu  tout  à  coup  Tordre  de  re- 
brousser. A  cela  s'ajoutaient  mes  fermes  espérances 
en  une  prochaine  déclaration  de  guerre  de  la  Prusse, 
qui  aurait  été  certainement  capable  de  faire  réfléchir 
l'ennemi,  surtout  si  les  Saxons  et  les  Hessois,  en  tout 
250,000  hommes  de  nouveaux  ennemis,  s'étaient  dres- 
sés contre  lui.  Il  pouvait  d'ailleurs  croire  la  première 
armée  russe,  arrivée  sur  l'Inn,  plus  forte  qu'elle 
n'était,  et  la  deuxième  plus  avancée,  ainsi  qu'elles 
auraient  dû  l'être  d'après  les  traités;  il  ne  devait  pas 
savoir  non  plus  exactement  la  force  de  nos  troupes  arri- 
vées surl'Inn,  et  pouvait  se  l'exagérer.  De  telles  consi- 
dérations, Tétrangeté  que  je  croyais  trouver  dans  les 
mouvements  de  l'ennemi,  mais  surtout  dans  cette  éva- 
cuation subite  de  la  rive  gauche  du  Danube,  me  firent 
considérer  d'abord  la  retraite  comme  très  vraisemblable, 
et  aussitôt  les  contradictions  non  motivées,  simplement 
négatives,  qu'on  m'avait  opposées  à  ce  sujet,  m'ame- 
nèrent à  la  considérer  comme  plus  vraisemblable 
encore,  car  tel  est  le  sort  habituel  des  hommes  qui 
sont  troublés  dans  de  profondes  réflexions  et  combinai- 
sons, en  faisant  leur  devoir,  par  des  représentations 
qu'ils  n'ont  ni  autorisées,  ni  demandées,  ni  sollicitées, 
surtout  quand  celles-ci  prennent  en  outre  un  caractère 
impérieux,  comme  ce  fut  le  cas  avec  le  F.M.L.  prince 
Schwarzenberg,  à  un  tel  point  que  je  dus  enfin  passer 
du  ton  amical  à  celui  du  service.  » 


198  INTRODUCTION. 


XX 


Le  14,  au  point  du  jour,  Rîesch  détache  le  régiment 
Archiduc-Maximilien  avec  deux  escadrons  d'Hohenzol- 
lern-cuirassiers,  sous  le  colonel  Biber,  pour  surveiller  le 
pont  de  Leipheim  et  le  détruire,  s'il  en  était  temps  (4). 
Le  colonel  Biber,  au  lieu  d'aller  jusqu'au  pont  avec 
toute  sa  troupe,  n'y  envoya  qu'un  bataillon,  et  s'arrêta  à 
la  ferme  de  Weissingen  avec  le  reste  de  son  détache- 
ment. Le  bataillon  poussé  en  avant  trouva  près  de 
Riedheim  un  parti  français  auquel  il  fit  quelques  prison- 
niers ;  ceux-ci  lui  ayant  appris  que  le  pont  de  Leipheim 
était  gardé,  il  s'arrêta  à  Riedheim. 

Riesch,  après  avoir  rendu  compte  de  la  situation  à 
l'Archiduc,  résolut  de  se  remettre  en  marche  avec  toutes 
ses  forces  pour  couvrir  d'autant  mieux  le  mouvement  de 
l'armée.  Il  envoya  un  officier  à  la  recherche  de  Mack  et 
de  l'Archiduc  sur  la  route  d'Ulm  à  Hausen. 


(1)  D'après  le  Mémoire  justificatif  à^  Mack,  Riesch  avait  reçu  Tordre 
suivant  : 

((  Le  F.M.L.  Riesch  prendra,  demain  14, son  quartier  général  à  Gun- 
delfingen,  le  F.M.L.  Loudon  à   Hôchstaedt;  le  grand  quartier  général 

sera  i\  Ilausen Le  F.M.L.  Riesch  passera  la  nuit  à  Ëlchingen  avec 

le  reste  de  ses  troupes;  demain  14,  de  bonne  heure,  son  infanterie  sera 
déployée  le  long  dû  Danube  jusqu'à  Gundelfingen,  et  il  fera  pourvoir 
avec  le  plus  grand  soin  à  ce  que  tous  les  ponts  soient  rompus  et 
détruits;  il  fera  opérer  la  destruction  de  telle  sorte  qu'il  soit  impos- 
sible de  rétablir  le  passage  de  sitôt.  » 

Riesch  avait  écrit,  le  13  au  soir  :  «  Comme  l'ennemi  tient  fortement 
le  pont  d'Elchiugen  de  son  côté,  et  n'a  enlevé  que  quelques  planches 
du  tablier  près  de  la  rive  droite,  j'ai  fait  prendre  toutes  les  mesures 
pn'paratoires  pour  couper  ce  passage.  Reste  î\  enlever  le  pont  de  notre 
côté,  mais  comme  on  ne  peut  y  arriver  sans  un  engagement  général, 
j'attends  à  ce  sujet  de  nouveaux  ordres.  » 


INTRODUCTION.  199 

Mecsery  partit  en  avant  par  Langenau  avec  quatre 
bataillons  et  cinq  escadrons  pour  tàter  le  terrain  et 
observer  Dupont  ;  Loudon  devait  le  suivre  de  près  avec 
dix  bataillons,  et  Riesch  partirait  le  dernier  avec  dix 
bataillons  et  sept  escadrons  et  demi. 

Au  moment  où  Mecsery  quittait  Elchingen,  des  troupes 
françaises  passaient  le  pont  de  Leipheim.  Le  bataillon 
avant-garde  du  colonel  Biber  se  replia  de  Riedheim  sur 
Weissingen,  annonçant  que  c'était  une  colonne  considé- 
rable, et  qu'elle  marchait  sur  Langenau. 

Peu  de  temps  après,  le  maréchal  Ney  arrivait  au  pont 
d'Elchingen,  qui  était  défendu  par  deux  bataillons  avec 
deux  pièces  de  canon.  Riesch,  averti  de  cette  attaque, 
envoya  seulement  de  ce  côté  un  renfort  de  deux  autres 
bataillons  avec  quatre  pièces,  pour  tenir  jusqu'à  la  der- 
nière extrémité.  Ces  bataillons,  dit  le  général  Schônhals, 
s'acquittèrent  mal  de  leur  mission,  et  lâchèrent  pied 
après  un  semblant  de  résistance.  Le  39®  régiment  d'in- 
fanterie française  déboucha  le  premier,  suivi  par  le 
reste  de  la  division  Loison.  Notre  cavalerie  légère  se 
porta  vers  la  droite,  et  tomba  sur  le  détachement  du 
colonel  Biber,  qui  revenait  de  Weissingen.  L'ayant  pris 
en  flanc  et  à  dos,  elle  le  détruisit  ou  le  dispersa  presque 
entièrement;  les  deux  escadrons  de  cuirassiers  par- 
vinrent à  s'échapper  sur  Elchingen,  et  cinq  compa- 
gnies, derniers  débris  du  régiment  Archiduc-Maxi- 
milien,  allèrent  rejoindre  Werneck  près  d'Hausen. 

Quand  Riesch  vit  les  Français  passer  sur  le  pont 
d'Elchingen,  il  jugea  qu'il  n'était  plus  en  son  pouvoir 
d'éviter  un  combat  sérieux.  Il  envoya  l'ordre  à  Mecsery 
et  à  Loudon,  qui  se  trouvaient  déjà,  l'un  à  Langenau  et 
l'autre  à  Œttingen,  de  revenir  au  plus  vite.  Il  rangea  son 
infanterie  derrière  le  chemin  d'Elchingen  à  Œttingen, 
sa  droite  au  bois  en  arrière  d'Elchingen  ;  il  mit  dans  ce 
bois  deux  bataillons,  et  laissa  un  bataillon  de  Frgon  et 
un  bataillon   Archiduc-Charles   dans    Ober-Elchingen. 


200  INTRODUCTION. 

Les  sept  escadrons  et  demi  furent  chargés  de  couvrir 
son  aile  gauche,  sur  laquelle  il  espérait  que  Mecsery  et 
Loudon  viendraient  s'appuyer,  bien  qu'on  eût  annoncé 
rapproche  d'une  nombreuse  cavalerie  française  du  côté 
de  Langenau.  Une  demi-batterie  à  cheval  appuyait  cette 
aile  gauche,  l'autre  demi-batterie  tirait  sur  le  pont. 

Il  était  alors  9  heures  du  matin,  et,  bien  que  le  gros 
du  corps  d'armée  de  Riesch  fût  déjà  dans  Elchingen 
depuis  la  veille,  la  queue  et  les  traînards  défilaient  tou- 
jours sur  le  chemin  de  Thalfingen.  Les  pièces  embour- 
bées, qu'on  venait  à  peine  de  remettre  en  marche,  furent 
braquées  de  là  sur  la  tète  de  colonne  des  Français. 

Les  quatre  bataillons  chargés  de  la  défense  du  pont 
s'étaient  vite  repliés  sur  Elchingen.  Le  prince  de  Hesse- 
Hombourg  et  le  commandant  d'état-major  Kapler,  en 
s'efforçant  de  ranimer  leur  courage  et  de  les  reporter  au 
combat,  furent  grièvement  blessés. 

L'infanterie  française,  pénétrant  alors  dans  le  village, 
s'en  empara  maison  par  maison  et  atteignit  la  lisière 
Nord  ;  elle  essaya  d'en  déboucher,  mais  fut  arrêtée  à  la 
Briqueterie  par  les  feux  de  salve  de  la  ligne  ennemie. 

Riesch  résolut  alors  de  reprendre  l'offensive,  mais 
apprenant  par  Mecsery  que  des  forces  françaises  impor- 
tantes, surtout  en  cavalerie,  arrivaient  par  Langenau,  il 
y  renonça  et  ne  songea  plus  qu'à  assurer  sa  communi- 
cation avec  le  gros  de  l'armée,  qu'il  supposait  déjà 
éloigné  d'Ulm  (4). 


(i)  On  a  reproché  à  Muck  d'avoir  laissé  ignorer  ù  Riesch  les  nou- 
veaux ordres  donnés  le  i4  au  matin  à  Schwarzenberg.  Il  a  répondu, 
dans  son  Mémoire  justificatif,  que  c'était  une  affaire  de  chancellerie  qui 
aurait  dû  se  faire  sans  son  intervention;  que  d'ailleurs,  Riesch  n'avait 
à  connaître  que  le  départ  de  Werneck  pour  Hcidenheim,  que  de  toutes 
façons  c'est  de  ce  côté-là  qu'il  convenait  de  faire  sa  retraite.  Mack  juge 
en  outre  que  Riesch  av«nit  tort  d'envoyer  ses  rapports  à  Hausen  le  i-i 
dans  la  matinée;  même  en  exécutant  l'ordre  du  i3,  le  grand  quartier- 


INTRODUCTION.  201 

A  la  fin,  il  envoya  le  régiment  de  Riese  vers  Albeck 
et  ordonna  au  général  Mecsery  de  se  rapprocher,  mais 
déjà  nos  dragons  avaient  bousculé  les  cinq  escadrons  de 
ce  général  et  chargeaient  le  reste  de  la  cavalerie  autri- 
chienne, dont  les  escadrons  ne  comptaient  guère  chacun 
qa*une  cinquantaine  de  chevaux  épuisés. 

Le  général  Hermaun,  qui  commandait  cette  cavalerie, 
repoussa  quatre  charges  et  parvint  jusqu'à  notre  infan- 
terie, à  laquelle  il  enleva  deux  compagnies.  Mais  bientôt, 
accablé  par  le  nombre,  il  fut  pris  et  sa  troupe  dispersée 


général  et  Schwarzenberg  ne  pouvaient  être  encore  très  loin  d'Ulm  à 
ee  moment  : 

»  Le  corps  de  Schwarzenberg,  d'après  Tordre  général,  devait  partir 
le  14,  à  iO  heures  du  matin,  pour  Albeck.  Si  forte  que  fût  devenue  ma 
résolution,  de  faire  tenir  Ulm  par  le  corps  de  Schwarzenberg,  je  ne 
pouvais  cependant  pas  considérer  comme  certain  que  je  ferais  réelle- 
ment le  lendemain  ce  que  j'avais  décidé  le  jour  même  pour  le  lende- 
main. Si  Riesch  avait  connu  Tordre  véritable,  il  ne  pouvait  pas  se 
tromper  le  14  au  matin,  quand  il  fut  attaqué,  mais  il  devait  savoir  per- 
tinemment que  le  corps  de  Schwarzenberg  se  trouvait  encore  à  Ulm  à 
et  moment-là.  S'il  ne  le  savait  pas,  et  s*il  pensait  que  ce  corps  était 
parti  le  13,  il  fallait  d'autant  plus  preodre  sa  retraite  sur  la  route 
dUeidenheim  et  vers  Hcidenheim. 

«  Quant  au  quartier-général,  je  ne  peosais  pas,  le  13,  qu'il  dût  rester 
à  Ulm,  et  j'avais  encore  moins  Tintention  de  Ty  faire  rester  de  mon 
plein  gré.  Sans  Tévénement  si  inattendu  et  si  funeste  qui  frappa  le  corps 
Riesch  le  lendemain  matin,  le  quartier-général  aurait  été  ce  jour-là, 
non  seulement  à  Hausen,  mais  même  jusqu'à  Heidenheim,  le  corps 
Schwarzenberg  étant  resté  à  Ulm;  de  la  sorte,  ayant  rejoint  Werneck, 
nous  aurions  tenté  avec  les  corps  de  Werneck  et  de  Riesch,  moins  forts 
à  la  vérité,  ce  que  les  circonstances  auraient  permis  :  soit  de  tomber  sur 
Teonemi,  que  Tavant-garde  du  corps  de  Riesch  signalerait  peut-être 
plus  en  aval  sur  la  rive  gauche  du  Danube,  soit  de  tenir  la  communi- 
eatiou  ouverte  avec  Ulm,  ou  seulement  d'observer  et  d'inquiéter  l'armée 
qui  investissait  la  place,  ou  de  nous  retirer  devant  des  forces  supérieures 
jusqu'en  Bohême,  en  Saxe  ou  en  Prusse,  abandonnant  la  défense  d'Ulm 
à  ta  garnison.  » 

La  vérité,  ajoute  Mack,  c'eit  qu'il  n'y  eut  pas  de  retraite,  mais  une 
fuite  désordonnée  des  troupes  vers  le  point  d'où  elles  étaient  parties. 


ii)i  INTkMlilTTION. 

on  nn<^anti«\  A  l'fxrrption  do  diMi\  rsca«inms.  Mecsen 
se  tniiivA  ainsi  i>ntirriMiicnt  ronpi''  di*  Itiesch  et  sr  retira 
snr  lliTl>ri>rlitinc(*n. 

Niitrr  ravalrrir.  aprrs  rr  |irrniirr  n'-snltat.  m»  rrlntimA 
oiintrc  le  ré::iMient  «l'infanterie  Krliaeli.  «pii  fermait  \m 
caui'lie  (In  rurps  nntrirliiiMi  :  mais  i>lle  !•■  eharcva  en 
\nin  A  <l«*n\  re|iri>es.  L'arhilerir  antri«Miienne .  hirn 
servie,  sontint  très  rflirarenienl  son  infanterie  cian»  ce 
(iinilmt. 

t*t'|M*n<i.-int  le  ivuinient  liiest*  ann'Mieait  l'arriver  linoe 
ftirtt*  en|onn«*  lran«-.-ii>e  (Ihipunti  par  Ailieek.  et  I  «lO 
\o\ait  nnt-  sccuiiili*  iii\isii»n  Mallier)  franchir  le  |K>nt 
(rFIcliinuen  et  <*t*  rani:er  dan**  la  plaine.  IhiiNint  «t'était 
en:: ave  (nntre  l'aile  Lraurlic*  ilr  l'aruièi'  autrichienor.  et 
l«*  mniliat.  d'alnml  im-eitain.  axait  rti*  «linidè  en  ta 
faxrur  par  rint«*rvfMitiiiii  di-  n«i>  ilrai:<in>. 

Ilirsrli  n-solut  aliirs  di-  sr  retirrr  sur  l  Ini.  Il  |>onsait. 
einiiiut*  pi<*-alli'r.  rt-jnimlrt*  Ji-llacir  sur  l'Iller.  car  il 
tinxait  II*  r»Nle  di-  larint-e  sur  la  itniti-  d  IleiiioDluMm. 
l'iirniant  lfM-arrf<».  t(  tniixi-rt  par  li*Ntieu\  l»atuilli»nk  t|ui 
ttM.'iiiMit  II*  IioJh  m  Miri.Ti'  •!  i'!li*hin::rn.  il  tit  m  retrAitr 
NUI  li.-iHl;irli  it  Jinuin.tn  llans  i  rtte  rt'trait«*.  les  réiri- 
niiMit^  Kili.it  II  i-(  Viii  TNpfiL'  ftiii'ut  rnf«incês  |»ar  les  dra- 
::"iiH  ilr  |{.iiiri-i«-r  i-t  pus  «ii  uriandt-  partie. 

idt'ii  ipir  II*  •  ;iii<>n  dut  i^tre  iMitmdn  dt-puis  lonctemp* 
du  Mil  lirlslMiL'  l'i  ill  lin.  <  t-Nt  stulniifnt  A  llAftiacli  i|ur 
l(i«-M  h  ti..u\,»  N  11  .■..ll.-iTu."  Il-  pnini'  S*hx»nrxenlienr. 
ipM  \i-ii.'iit  .iu\  I f-iisri.'ii.ini'iit<»  il  .ipprit  alors  le  dernier 
I  li.in.-iirii'ut  .1*    pi  tu  •!••  M.K  k  «t  II-  maintien  du  irrand 

ijU.II  tli-I  -.i-lH-l    (1    .1    I    lui 

Il  .<\.iit  {ifi'lii  'iixii  -Il  ijinu  )...iiiiiif*«.  tant  niorU  i|ue 
|.n^- uriit-t  H.  \  :■ 'i:i.  .!•  ^i  s  l.-.nrln  «  à  fi»u  n'axait  êl^ 
|>:iN.-  .{  ihs  11-  «  ■.-..iiiT.  :.,  ,iH  il  rii  V'  «t.iit  •  nri*rt>  i|uelt|ur%- 
iiii-^  .  1. !,..:.[  :.,,  H  .i  li.K  il-  ,  hiiniu  dt*  l'Iialliniken  à 
I  .<!:i<i.'::.  >ju>  !•  ^  liMii  tiN  •!•  \.iii  lit  prendre  \M  ou 
(  il.: 


INTRODUCTION.  203 

Le  14  au  soir,  le  corps  Schwarzenberg  occupa  le 
Michelsberg  et  le  Geisberg.  Les  débris  du  corps  de 
Riesch  furent  placés  en  réserve. 

Toute  Fartillerie  de  position  ayant  quitté  Ulm  avec 
Werneck,  on  ne  put  mettre  en  batterie  sur  les  ouvrages 
du  Michelsberg  et  sur  les  remparts  de  la  place  que  des 
pièces  de  6  et  de  3  (1). 

A  Elchiugen  comme  à  Giinzbourg,  comme  à  Wertin- 
gen,  nous  trouvons  l'ennemi  en  mouvement.  Si  le  corps 
de  Riesch  avait  été  établi  défensivement  dans  cette 
forte  position  d'Ober-Elchingen,  nul  doute  que  le  suc- 
cès aurait  été  plus  difficile  à  obtenir.  Il  aurait  fallu,  pro- 
bablement, attendre  l'arrivée  de  notre  artillerie  pour 
pénétrer  dans  le  village  et  dans  l'abbaye. 

Au  contraire,  la  première  résistance  ayant  été  sur- 


(i)  Le  14,  pendant  que  Tavant-garde  de  Riesch  file  Ters  Langenau, 
Tennemi  attaque,  vers  les  onze  heures  du  matin,  la  troupe  qui  gardait 
le  pont,  le  rétablit,  passe  en  colonne,  emporte  Elchingen  et  débouche 
de  tous  cdtés. 

Pendant  que  ceci  se  passe,  le  général  Mecsery,  destiné  à  maintenir  la 
communication  entre  la  colonne  de  gauche  et  celle  du  centre,  envoie 
le  rapport  que  toute  l'armée  ennemie  s'ayance  contre  nous. 

L'avant- garde  a  à  peine  le  temps  de  se  replier  et  se  trouve  de  tous 
c^tés  aux  prises  avec  l'ennemi.  Nos  troupes,  repoussées  de  la  rive, 
gagnent  les  hauteurs  ;  la  cavalerie  française  attaque  :  on  se  retire  en 
carrés.  La  nôtre  reçoit  Tordre  d'attaquer  à  son  tour  ;  pas  un  cheval 
n'est  en  état  de  se  remuer  ;  peu  à  peu  on  gagne  la  route  d'Albeck  ; 
Tennemi  nous  poursuit  pied  à  pied  et  la  colonne  de  Riesch  continue  sa 
marche  rétrograde  sur  Ulm,  pendant  que  celle  de  Werneck  poursuit 
la  sienne  sur  Heidenheim.  Nous  n'en  avons  plus  entendu  parler  que 
pour  apprendre  sa  capitulation  en  plein  champ,  dans  les  environs  de 
Nôrdlingen,  à  Trochtelftngen.  Pendant  que  ceci  se  passe  et  que  les 
troupes,  exténuées  de  faim,  de  fatigue,  de  misère,  viennent  reprendre  le 
soir  la  position  devant  Ulm,  le  général  Marmont  replie  celles  qui  se 
trouvent  sur  la  rive  droite  du  Danube,  s'établit  sur  les  hauteurs  de 
Pfûhl  et  nous  comprime  dans  notre  tète  de  pont.  (Relation  de  la  prise 
(fl7/m,  par  M.  D....) 


:Î04  INTRODUCTION. 

montée  au  passage  du  fleuve,  grâce  à  notre  supériorité 
en  artillerie,  la  brigade  Villate  n'a  rencontré  qu'un  ou 
deux  bataillons  dans  Elchingen,  et  ils  n'avaient  pas 
encore  pris  position.  En  revanche,  elle  se  heurte  à 
gauche  A  des  traînards  et  à  des  batteries  restées  em- 
bourbées dans  la  dernière  marche;  à  droite,  au  déta- 
chement du  colonel  Biber,  puis  à  la  brigade  Mecsery. 
Il  est  difficile  de  se  retrouver  au  milieu  du  dédale  que 
les  ordres  et  contre-ordres  de  Mack  et  de  Riesch  ont 
produit  de  ce  côté. 

Le  corps  de  Riesch,  réduit  à  7,000  ou  8,000  hommes, 
attend  la  division  Loison  sur  le  plateau.  Croyant  le 
grand  quartier-général  à  Hausen,  Riesch  veut  d'abord 
prendre  sa  retraite  en  arrière  de  sa  gauche;  il  se  prête 
donc  très  volontiers  à  la  manœuvre  de  Ney,  qui  veut 
tourner  sa  droite  et  le  couper  d'Ulm. 

C'est  seulement  à  la  nouvelle,  donnée  par  Mecsery, 
que  de  fortes  colonnes  françaises  débouchaient  de  Lei- 
pheim  et  de  Langenau  sur  Âlbeck,  que  Riesch  se  décida 
à  se  retirer  sur  Ulm.  La  division  Dupont  qui,  de  son 
côté,  ne  se  souciait  pas  d'attaquer  l'ennemi,  et  voyait 
partout  des  forces  supérieures,  exerça  donc  une  certaine 
influence  sur  le  succès  d'Elchingen.  Quant  au  passage 
de  troupes  françaises  sur  le  pont  de  Leipheim,  le  ren- 
seignement était  au  moins  exagéré.  11  ne  s'agissait  que 
des  avant-postes  de  la  Garde  impériale  poussés  à  la  tète 
du  pont.  Riesch  y  vit  une  division  entière,  sur  la  foi  de 
Mecsery,  et  c'est  ainsi  que  des  historiens  récents  de 
cette  campagne  ont  cru  devoir  faire  passer  la  division 
Malher  par  le  pont  de  Leipheim. 

La  relation  autrichienne  ne  contient  rien  qui  doive 
faire  modifier  notablement  celle  du  général  Loison.  La 
perte  de  4,000  hommes  sur  8,000  combattants  prouve 
amplement  que  le  succès  fut  complet,  et  il  put  l'être 
sans  artillerie  parce  que  Mack  n'avait  voulu  donner  à 
ses  troupes  que  quelques  pièces  de  3. 


INTRODUCTION.  1205 

Jellacic  s'était  dirigé  sur  Memmingen,  pour  appeler 
à  loi  la  brigade  Spaogen,  mais  en  approchant  de  cette 
place,  il  entendit  le  canon;  arrivé  à  Leutkirch  le  43,  à 
40  heures  du  soir,  il  poussa  le  bataillon  de  grenadiers 
de  Beaulieu  vers  Memmingen,  par  Aitrach,  pour  avoir 
des  renseignements,  et  le  14  au  matin,  il  apprit  que 
Spangen  avait  capitulé.  Il  se  retira  doue  vers  le  Vorarl- 
berg,  par  Wangen,  laissant  encore  Wolfskeel  à  Ravens- 
burg,  et  la  marche  de  Soult  sur  Biberach  le  sépara 
définitivement  du  reste  de  l'armée  autrichienne. 


XXI 


Jusqu'au  43,  Tarmée  française  paraissant  s'avancer 
de  plus  en  plus  au  Sud  du  Danube,  la  situation  de  Tar- 
mée  autrichienne  semblait  périlleuse  à  l'archiduc  Ferdi- 
naod;  il  ne  la  jugeait  pas  désespérée.  Le  44  au  soir, 
rinvestissement  d'Ulm  se  trouvait  presque  complet,  et 
Ton  ne  pouvait  plus  passer  qu'à  TOuest  d'Haslach.  Le 
jeune  Archiduc,  qui  avait  supporté  toutes  les  calamités 
et  toutes  les  humiliations  sans  mot  dire,  pour  donner  le 
plus  sublime  exemple  de  discipline  et  d'abnégation, 
jugea  que  Tiostant  était  venu  où  Tarmée  était  irrémis- 
siblement  perdue,  et  condamnée  à  se  rendre  presque 
aossitùt;  il  n'y  avait  donc  plus  d'exemple  ni  de  dévoue- 
ment qui  pût  être  réellement  utile,  et  il  ne  s'agissait, 
avant  tout,  que  d'enlever  aux  Français  la  gloire  de 
prendre  un  Habsbourg.  Autant  le  jeune  Prince  avait 
montré  jusque-là  de  grandeur  d'àme  et  de  résignation, 
autant  il  montra  de  clairvoyance,  de  sagesse,  et  d'éner- 
gique résolution. 

Il  ne  devait  s'écouler  que  quelques  heures  entre  le 
combat  d'Elchingen  et  Tinvestissement  complet  de  la 
place;  et  dans  ces  quelques  heures,  l'Archiduc  eut  pris 


206  INTRODUCTION. 

son  parti,  choisi  ses  compagnons,  fait  marcher  la  troupe 
qui  allait  raccompagner,  et  gagné  le  large.  Quand 
Napoléon  fit  attaquer  le  Michelsberg,  le  général  en 
chef  autrichien  était  sur  la  route  de  Geislingen. 

D  avait  désigné  pour  l'accompagner  le  F.Z.M.  Kollo- 
wrath,  les  F.M.L.  Schwarzenberg,  Stipsicz,'  Gyulay, 
ses  aides-de-camp  et  son  état-major,  et  il  les  avait  réu- 
nis le  14  au  soir  sur  le  Michelsberg;  mais  Mack  ne  lui 
laissa  même  pas  cette  dernière  satisfaction,  de  sauver 
avec  lui  les  compagnons  de  son  choix  :  il  réclama  Stip- 
sicz, Gyulay  et  Fétat-major  comme  indispensables  à 
Ulm.  Il  terminait  sa  lettre  à  T Archiduc  par  cette  décla- 
ration menaçante  :  «  Je  vous  affirme  encore  une  fois 
que  je  réponds  de  votre  personne  sur  ma  tète,  si  vous 
restez  tranquillement  à  Ulm,  mais  pas  le  moins  du 
monde,  si  vous  abandonnez  Ulm  en  pleine  nuit  et  dans 
un  pareil  désordre.  » 

Un  escadron  avait  été  envoyé  sur  Geislingen,  pour 
découvrir  si  les  Français  occupaient  cette  localité  ;  six 
autres  escadrons  suivaient  celui-là  pour  ouvrir  la  route  à 
l'Archiduc,  escorté  par  quatre  escadrons  (4).  A 10  heures 
du  soir,  on  eut  avis  que  Geislingen  était  inoccupé,  la 
route  libre,  et  la  petite  troupe  partit  aussitôt.  Il  comptait 
rallier  le  corps  de  Werneck  et  rejoindre  Kienmayer. 
Les  circonstances  en  décidèrent  autrement  (2). 


(1)  Les  renseignements  français  évaluent  les  onze  escadrons  emmenés 
par  l'Archiduc  à  600  hommes. 

(2)  K  L'archiduc  Ferdinand,  condamné  jusqu'à  cette  heure  à  jouer  un 
rôle  passif,  pénétré  de  notre  situation  à  peu  près  désespérée  et  en  pré- 
voyant rinévitable  dénouement,  se  rend,  ù  6  heures  de  Taprès-midi,  à 
l'auberge  de  la  Roue,  quartier  de  Mack,  lui  représente  l'état  déplorable 
auquel  ses  faux  calculs  et  lès  fausses  démarches  qu'ils  avaient  entraînées 
après  eux  avaient  réduit  notre  armée,  et  le  presse  de  mettre  à  profit  le 
seul  instant  encore  favorable  et  le  seul  moyen  de  salut  encore  prati- 
cable, celui  de  se  retirer  pendant  la  nuit  et  se  frayer  un  passage  sur  la 


INTRODUCTION.  207 

Wemeck  était  arrivé  le  13  à  Herbrechtingen  ;  son 
avant-garde,  forte  de  quatre  bataillons  de  Spork  et  de 
quatre  escadrons  de  Latour  (général  Vogel)  avait  poussé 
jusqu'à  Heidenheim,  et  éclairait  les  routes  d'Aalen  et  de 
Neresbeim;  il  avait  envoyé  cinq  bataillons  et  quatre 
escadrons  vers  Giengen,  et  quatre  escadrons  à  Unter- 
Kocher.  Des  postes  furent  établis  à  Hermaringen, 
Hûrben,  Hausen  et  Nerenstetten  pour  observer  Dupont. 

Chemin  faisant,  Werneck  avait  rencontré  à  Mangels- 
tetten  un  bataillon  français  qu'il  avait  fait  prisonnier  en 
grande  partie,  et  dont  le  reste  s'était  débandé.  A  Hei- 
denheim, Langenau  et  Giengen,  il  prit  un  certain  nombre 
d'isolés  et  des  vivres,  vêtements  et  fourrages. 

Le  14,  Tavant-garde  atteignit  Aalen  et  Neresbeim,  et 
fit  reconnaître  EUwangen;  mais  le  gros  resta  à  Her- 
brechtingen  pour  couvrir  le  passage  du  convoi  et 
attendre  des  nouvelles  de  Riesch.  Od  apprit  le  soir  les 


gauche  de  riller.  Mack  aDQOoce  qu*il  a  pleins  pouvoirs,  dit  que  sa  tête 
répond  de  tout  et  assure  sur  son  honneur  que  Tattaque  de  Tennemi 
n'est  qu'une  feinte  pour  cacher  sa  détresse  et  masquer  une  retraite 
générale.  Les  assurances  de  Mack  provenaient-elles  de  sa  persuasion 
intime?  se  fondaient-elles  sur  le  rapport  de  ses  espions?  ou  bien 
n'étaient- elles  que  la  ressource  désespérée  d'un  amour-propre  opiniâtre 
qui  se  refuse  à  l'évidence  ? 

«  L'Archiduc,  qui  ne  pouvait  ni  ne  voulait  se  laisser  enfermer  dans 
Ulm,  et  qui  perdait  son  temps  à  vouloir  le  plier  à  ses  raisons,  le  quitte 
et  monte  à  cheval.  Le  général  d'artillerie  comte  Kollowrath,  le  prince 
de  Schwarzenberg,  les  généraux  Stipsicz  et  Gyulay,  les  adjudants-géné- 
raux et  quelques  offlciers  de  l'état-major,  le  suivent  ;  on  arrive  à 
Michelsberg.  L'Archiduc  y  trouve  sept  escadrons  de  cuirassiers  de 
Mack,  les  fait  partir  en  avant  pour  éclairer  la  route  qu'il  avait  dessein 
de  suivre,  et  s'arrête  jusqu'à  10  heures  du  soir  à  un  feu  de  bivouac.  Au 
moment  où  il  veut  partir,  un  ordre  de  Mack  rappelle  dans  Ulm,  au 
nom  de  l'Empereur,  les  généraux  Stipsicz  et  Gyulay  et  les  officiers 
d'état-major  qui  se  trouvent  avec  son  Altesse  Royale.  Elle  part,  nos 
vœux  l'accompagnent,  et  nous  retournons  à  Ulm.  »  (Relation  de  la  prise 
(ft7/m,  par  M.  D....) 


208  INTRODUCTION 

événements  d'Eichingen  et  l'occupation  d'Albeck  par  les 
Français.  Werneck,  voyant  que  ceux-ci  paraissaient 
ignorer  sa  position,  pensa  qu'en  les  attaquant  à  Timpro- 
viste,  il  obtiendrait  un  effet  de  surprise  grâce  auquel  il 
pourrait  favoriser  une  off'ensive  de  Mack. 

Le  15  donc,  renforcé  par  les  2,000  hommes  de  Mec- 
sery,  Werneck  se  porte  sur  Ulm.  Il  forme  sa  troupe  en 
deux  colonnes  dont  Tune,  qu'il  dirige  lui-môme  avec  le 
F.M.L.  Baillet  de  Latour,  comprend  12  bataillons  et 
14  escadrons;  Tautre,  commandée  par  Hohenzollern,  est 
forte  de  \  1  bataillons  et  10  escadrons.  Ces  deux  colonnes 
se  portent,  l'une,  sur  Hausen  et  Nerenstetten;  l'autre, 
sur  Htirben,  Hermaringen,  Brenz  et  Langenau.  Elles 
doivent  attaquer  Albeck  de  concert;  mais,  pour  trouver 
deux  itinéraires  différents,  il  a  fallu  attribuer  à  Hohen- 
zollern  un  chemin  si  long  et  si  mauvais,  qu'il  n'arrivera 
pas  en  temps  utile. 

Parti  à  11  heures  du  matin,  Baillet  arrive  à  3  h.  1/2 
du  soir  devant  Nerenstetten;  il  y  fait  reposer  sa  troupe 
et  attend  l'apparition  d'HohenzoUern.  On  entend  le 
canon  d'Ulm,  et  il  semble  urgent  de  se  porter  en  avant 
au  plus  vite  ;  mais  Werneck  attend  toujours  Hohenzol- 
lern. Enfin  il  ordonne  à  son  avant-garde  de  se  porter 
sur  Albeck,  où  Ton  signale  un  petit  détachement  fran- 
çais. On  ne  trouve  là  que  800  hommes,  que  les  chevau- 
légcrs  de  Rosenberg  chargent,  en  leur  faisant  quelques 
prisonniers. 

Le  général  Baillet  de  Latour  suivait  l'avant-garde 
avec  sa  colonne,  en  longeant  la  lisière  des  bois.  Mecsery, 
qui  le  suivait,  arrivait  alors  à  Nerenstetten.  On  avait 
envoyé  Dinersberg  avec  deux  bataillons  de  Kaunitz  et 
les  cuirassiers  Archiduc-Albert  à  Langenau,  pour  cou- 
vrir la  gauche  en  attendant  Hohenzollern. 

La  nuit  étant  venue  sans  que  celui-ci  eût  paru,  Wer- 
neck dut  renoncer  à  son  effet  de  surprise  sur  les  der- 
rières des  Français,  et  ramener  la  colonne  de  Baillet  à 


INTRODUCTION.  ^09 

flaasen  par  NerenstetteD ,  laissant  Tavant-garde  à 
Albeck.  Il  apprit  là  que  Dinersberg  avait  rencontré  des 
troupes  françaises  près  de  Langenau,  leur  avait  fait 
quelques  prisonniers,  et  avait  occupé  la  localité  sans 
trop  de  difficulté. 

Quant  à  Hohenzollern,  parvenu  à  Brenz  vers  6  heures 
du  soir,  il  n'avait  pas  osé  continuer  sa  marche  dans 
lobscurité  jusqu'à  Langenau.  Werneck  lui  écrivit  de 
revenir  à  Hausen,  et  au  petit  jour,  résolu  à  reprendre 
Toffensive,  remarcha  sur  Nerenstetten  avec  Baillet,  lais- 
sant à  Hohenzollern  l'ordre  de  suivre  ce  mouvement. 
Ilobenzollern  ne  reçut  aucun  de  ces  deux  ordres. 

Dans  la  matinée  du  16,  Dinersberg  fut  assailli  par 
Murai,  qui  culbuta  les  cuirassiers  Archiduc-Albert  et 
prit  presque  entièrement  les  deux  bataillons  de  Kau- 
Ditz. 

C'est  à  ce  moment  que  parvenait  à  Werneck  Tordre  de 
Mack,  daté  du  14,  qui  lui  prescrivait  de  concourir  à  la 
poursuite  des  colonnes  françaises  et  de  renvoyer  le 
parc  d'artillerie  à  Ulm;  quelques  instants  plus  tard,  il 
recevait,  coup  sur  coup,  deux  courriers  de  l'Archiduc, 
le  premier  qui  lui  demandait  de  faire  connaître  les 
ordres  qu'il  avait  reçus  de  Mack,  le  second  qui  lui  expo- 
sait la  véritable  situation  et  lui  ordonnait  d'aller  rejoindre 
le  prince  à  Aalen,  en  toute  hâte. 

Werneck  remit  donc  sa  colonne  en  route  vers  Her- 
brechiingen.  Pour  couvrir  (?)  ce  mouvement,  il  chargea 
Mecsery  de  pousser  une  pointe  sur  Albeck. 

UohenzoUem,  de  son  côté,  n'ayant  pas  reçu  Tordre  de 
rejoindre,  avait  repris  sa  marche  sur  Langenau,  précédé 
d'une  avant-garde  que  commandait  O'Donnell. 

Un  parlementaire  français  vint  alors  sommer  Werneck 
de  se  rendre,  et  fut  éconduit.  En  même  temps.  Murât 
chargeait  et  bousculait  Mecsery. et  O'Donnell,  et,  en 
poursuivant  les  débris  de  ces  deux  avant-gardes,  arrivait 
sur  le  gros  de  Werneck,  comme  il  prenait  position  à 
III.  14 


ilO  I.MMUiLiTIU.N 

llpi-l»rrciitini:i*ii.  Li*  riirps  .iiitrioliiiMi  t>ut  à  |M-iiic*  \v  U-mpt 
<if*  iiirttre  (|ii(*l(|iit^s  pirrrs  i>ii  ImttiTÎr  et  do  cl«-|ili»\rr  UD«* 
p.'irtif  lit'  smi  iiif.-iiitiTiiv  H  Iliinin'll.  I»li'«%si*  iiiurli'liiMiirnl. 
i»'»;|ii  «iilrt*  n«»s  inaiiis. 

Lr  nirps  ilf  \\fi*iirt'k  l)i\<*ua<|uait  <*ii  ilrsunlro  ^ur  Ir» 
hauti-iirs  <riliM'liriMliliiiL'iMi.  h  littili*  lirrrirn-  lui  II  fal- 
lait sr  iiàtrr  tir  |iasM*r  sur  l'aiitri'  r\\*\  ri  rniniiir  iiotrr 
infaiitiTip.  sm'\  «liant  à  !l  lifurcMlu  sdir.  .iltai|iKiil  \i4:ou- 
ii-iisi*iiiriit.  iiii  M*  nia  sur  If  |hiiit  l'ii  trMU|MMii.  I.t*^  FnuH 
*  ii\>  lirt'iit  l'iiriii'i'  là  hnii  iiiiiuhr**  (il-  |»riN'>iini«*r^.  lU  ^n 
a\airiil  pris  riixiniii  J.OiMI  â  2.r»llO  (i.iiis  it-tte  jniirtirt-. 

Li-  17.  Il*  »iir|»s  4li*  W'nin-i  k  ili-lilt-  «laiiN  Niriif*rki»clirr 
lie  i{  li«*iiri*s  à  *.i  liniir**  thi  matin.  Il  allait  attfindrr 
Valf  II.  (|uan(l  il  ifi  ut  lnrilrc  dr  raivliiiiiir  cii-  «îi*  liiriffrr 
*«ur  llittiiiirc-ii  [lar  .\i'ri'<*lii'iiii  i-t  1  rm  htr|link>n.  Ii*  |irincc 
xi'ulint  rii«*iiiili-i'  Kit'iiMia\i'i  t-ii  |i.isH.iiit  |»ar  M.ttiiu-rn  ft 
Nruruarkt.  Il  t'alliit  il'»n(*  i|ni'  «tn  lr(Ui|u*s  r|iiiiM*t»s.  qui 
n'aiaiiiit  fait  i|Uf  iii.iri-|i«'*«  «t  i*"iitl'fii)ari'lii'%  le-  15  H 
!•'  I(i.  l't  naïahiit  |».is  iipn^*-  (ii*|iiiis  i|iiariiite-liuit 
htiiriN.  i|nittaN*^i'iit  ia  L'iaiiiii-  l'initi'  |i<»iir  se  |M>rler  A  .\e- 
(-('««litMiii  |iai  11'  rnau\aiN  i  ln-iuiii  il  Kliiiatli.  i|ui  ii**liuLait 
|iii  un  r.ihlilloii  Khiiatn -"^tii.-  Lis  Ji'iit  Uilailltilu  tir 
^"'liiiik  «t  ii-^  i|iMtri-  i'Mailii*n*«  ili*  L^it«iiir.  (|ni  a^airut 
I  N,-.iitf  11'  |i.ii<  •!  artillrrif.  if^trit'iit  cliarces  de  iniiirir 
<^a  ui.ti  I  II' .  Lf  !•  ^t*  .11 1  i\a  a  Ni'i  f^lifiiii.  a  liuiit  de  fonc^f^, 
t  util-  Il  IhuP'^iIu  ihatili  r\  A  li'lllrs  tlii  v*iv.  Le  Ciir{M 
il  aiiiitr   put  aii<>«*il<''t   |>iis|Ci..ii.  r..n\i'it  par  Ifs  liiiMttnls 

p  il  itlIlN  Hiil     il    liMlti-    illli-lilt'lllii  UN.     ri    |l«'ir    lr«k    i*||C\ail- 

li.t-r^  '!•    Itit^i'iilii-i  -  -^ii!  I  rllr  il  Aalrli. 

Il  \  a\.iit  I  iiiipt.iuti'  lit  ur*  H.  dit  1  lii««|iirieQ  alIeniJUld. 
.|ii>  Il  tr>>iipf-  Miaiiliiit  Hiii  lift  «  liriiiiiis  ilrfonce».  »aD9 
•i|i>i«  't  ^tu^  ii"MMili.i«  Li  plu*»  uTainii'  partie  de  lin- 
:  ii.r.  :-i<    ^«    i.n^^t  t-:::!!'  r    ii  l><>iil  ilii  i  li*-iiiin  i>u  il  tu»  le 

-.      -    \       «iii      I  *    il    \     i\  I.'     I    piiUi-    Uli«-  llclirr  i|U  '«D  j«»Ul»- 

^■.'  .'■  i-i>   «  «1   iii"  i'ii*>  lUt.  ipi  iii>l   la  <-.i\aierir  fraD- 

,  ->   .■•|ii:  .!    1.'"  '    i-«ii<!«  lui  •■ni  .in>siti'*t  rejrtt-s  dan* 


INTRODUCTION.  211 

Neresheim,  mais  ils  firent  une  résistance  si  sérieuse  que 
l'infanterie  eut  le  temps  de  reprendre  la  retraite  par 
Uhmenheim  sur  Trochtelfingen  ;  le  général  Sinzendorf, 
avec  trois  bataillons  de  Kaunitz  et  les  grenadiers  de 
Stuart,  posté  à  Taile  gauche,  près  de  la  hauteur  de 
Neresheim,  ne  sut  pas  se  retirer  à  temps,  et  fut  enve- 
loppé au  moment  où  les  hussards  évacuèrent  Neresheim. 
Cette  troupe,  forte  de  1200  hommes,  posa  les  armes  à 
la  première  sommation. 

Vers  minuit,  le  reste  du  corps  autrichien,  réduit  à 
2,000  hommes,  entra  par  petits  paquets  dans  Trochtel- 
fingen,  dont  les  environs  étaient  inondés  ;  une  partie  des 
hommes  se  couchèrent  sur  place,  dans  Teau;  quelques- 
uns  gagnèrent  les  bois.  Les  Français,  poursuivant  tou- 
jours les  hussards  palatins,  adressèrent  à  Werneck  une 
nouvelle  sommation.  Hohenzollern,  qui  la  transmit,  n'at- 
tendit pas  la  réponse  pour  filer  à  travers  champs  dans  la 
direction  d'Œttingen,  où  U  rejoignit  l'Archiduc.  Werneck 
fit  traîner  les  pourparlers,  résolu,  paralt-il,  à  refuser 
la  capitulation  ;  mais  quand  il  apprit  que  sa  cavalerie 
était  hors  d'affaire  avec  Hohenzollern,  Dinersberg,  Mec- 
sery  et  Vogel,  et  qu'il  ne  lui  restait  plus  que  ces  fantas- 
sins exténués,  qui  s'étaient  couchés  dans  la  boue  et  dans 
l'eau,  incapables  de  faire  un  pas  de  plus,  il  envoya  le 
général  Baillet  à  Murât  pour  traiter  des  conditions. 

La  capitulation  fut  signée  à  il  heures.  Elle  ne  com- 
prenait plus  que  les  généraux  Werneck,  Baillet,  Hohen- 
feld,  Rohan  et  Weber,  71  officiers  et  1553  hommes  avec 
31  chevaux.  Le  major  Galeotti,  qui  commandait  les 
grenadiers  de  Reuss-Plauen,  avait  pris  l'initiative  de 
s'échapper  comme  la  cavalerie,  et  il  parvint  à  rejoindre 
l'Archiduc,  à  Œttingen,  vers  midi. 

Dans  la  matinée,  l'archiduc  Ferdinand  avait  écrit  à 
Fempereur  d'Allemagne  la  lettre  suivante  : 


212  INTRODUCTION. 

CEUingen,  48  octobre. 
Votre  Majesté, 

La  situation  daos  laquelle  Tarmée  a  été  mise  depuis  mon  dernier 
rapport  est  bien  telle  que  je  l'annonçais  alors,  en  osant  exposer  à  Votre 
Majesté  les  causes  de  mes  inquiétudes.  Le  F.M.L.  Mack,  malgré  l'oppo- 
sition unanime  de  tous  les  généraux  dont  on  a  demandé  Tayis,  n'a  pu 
être  détourne  de  l'idée  fixe  de  s'enfermer  dans  Ulm,  même  au  dernier 
moment  et  dans  le  péril  le  plus  pressant. 

De  nombreuses  marches,  se  contrariant  souvent  dans  les  plans  suc- 
cessifs, et  accompagnées  du  manque  de  livres,  ont  amené  les  troupes 
à  un  tel  état  de  faiblesse  qu'à  la  fin  elles  étaient  tout  à  fait  anéanties, 
hors  d'état  de  servir. 

Amené  ici  par  le  simple  développement  de  ses  projets,  Bonaparte  se 
rapprocha  de  la  place  démantelée  d'Ulm,  après  le  combat  du  il  de  ce 
mois  ;  de  là  ses  marches  rétrogrades  d'Augsbourg  sur  l'Iller,  sur  les- 
quelles le  général  Mack  émit  la  supposition,  aussi  éminemment  indis- 
cutable que  choquante,  que  Bonaparte  était  en  pleine  retraite. 

Dans  cette  conviction  sans  fondement,  le  F.M.L.  Mack  soutint  avec 
dureté  et  par  des  ordres  formels  son  idée  si  funeste  pour  Yotre  senrice  : 
aucune  observation  ne  fut  admise  ;  il  se  tint  à  Ulm,  où  il  était  investi 
de  tous  côtés  par  des  forces  supérieures.  Mais,  à  cette  conduite  néfaste, 
il  joignit  encore  les  plus  grosses  fautes  de  commandement  :  nos  forces 
furent  divisées  et  battues  séparément  en  vue  même  de  la  place. 

Tandis  que  par  ces  dispositions  extraordinaires,  incompréhensibles 
pour  le  dernier  soldat  de  l'armée,  Ulm  était  investi  de  tous  côtés  le  14, 
le  F.M.L.  Werneck  était  avec  un  tiers  des  troupes  sur  Heidenheim,  le 
F.M.L.  Riesch  avec  un  second  tiers  sur  Langenau.  Je  représentai  alors 
vivement  au  F.M.L.  Mack  les  suites  de  cette  triste  situation  au  point 
de  vue  de  la  prise  de  ma  personne,  et  je  lui  demandai  son  avis.  Mais  dans  cet 
instant  même,  cet  homme  montra  l'endurcissement  le  plus  inexplicable 
dans  toutes  ses  erreurs  ;  il  prétendit  encore,  en  présence  de  plusieurs 
généraux,  que  Bonaparte  se  retirait  ;  qu'il  se  trouvait  dans  la  plus  mau- 
vaise situation  et  s'éloignerait  du  Danube  et  de  llUer  au  premier  jour. 
Devant  la  persistance  de  ces  explications,  et  comme  je  ne  pouvais  pas 
oser  affronter  le  danger  désormais  certain  d'être  fait  prisonnier,  je  fis 
connaître  au  F.M.L.  Mack  que  je  partirais,  accompagné  du  F.Z.M. 
Kollowrath,  dans  la  nuit  même,  avec  onze  esccadrons  de  cavalerie 
commandés  par  le  F.M.L.  Schwarzenberg,  pour  percer  et  chercher  à 
ressaisir  ma  liberté 

Je  pense  donc,  étant  arrivé  ici  avec  deux  bataillons  et  quinze  esca 
drons,  à  continuer  demain  ma  route  sur  Gunzenhausen,  Roth  et 
Neumarkt,  à  travers  le  territoire  prussien,  pour  décider  ensuite,  d'après 


INTRODUCTION.  213 

les  circoDstaDceSy  Tendroit  où  je  pourrai  me  réunir  au  corps  du  F.M.L. 
Kienmayer,  si  des  ordres  ultérieurs  de  Votre  Majesté  ne  me  donnent 
pas  d'autres  destinations. 

(Angeli,  Ulm  und  Austerlitz,  p.  477.) 

Quelque  temps  après  avoir  expédié  cette  triste  et  fière 
déclaration,  le  jeune  prince  apprit,  par  HohenzoUern,  le 
sort  qui  frappait  Tinfanteriede  Werneck,  et  il  continua  sa 
retraite,  non  plus  pour  rejoindre  Kienmayer,  mais  pour 
atteindre  la  Bohême  par  Nuremberg.  Il  avait  alors,  outre 
les  onze  escadrons  avec  lesquels  il  avait  quitté  Ulm,  les 
deux  bataillons  de  Spork  et  les  quatre  escadrons  de  La- 
tour  qui  suivaient  Tartillerie,  les  grenadiers  de  Reuss- 
Plauen,  et  les  faibles  débris  de  sept  régiments  de  cava- 
lerie (Archiduc-Albert,  HohenzoUern,  Milan,  Hohenlohe, 
Rosenberg,  Blankenstein  et  Palatin).  Les  chevaux  étaient 
trop  exténués  pour  que  cette  petite  troupe  échappât  long- 
temps encore  à  la  poursuite  de  Murât.  Elle  fut  atteinte 
non  loin  de  Nuremberg,  à  Eschenau  et  Heroldsberg  ;  le 
parc  d'artillerie,  les  bagages  et  ce  qui  restait  d'infanterie 
furent  pris  :  41  bouches  à  feu,  300  voitures  et  quelques 
centaines  de  prisonniers.  Mais  Murât  renonça  enfin  à 
s'emparer  de  FArchiduc,  qui  entra  le  22  à  Eger,  où  il  fit 
cantonner  ses  troupes  exténuées.  De  sa  personne,  lais- 
sant le  commandement  de  cette  poignée  d'hommes  à 
KoUowrath,  le  jeune  prince  ne  s'arrêta  pas,  mais  courut 
se  remettre  à  la  disposition  de  son  souverain. 

L'histoire  militaire  offre  peu  d'épisodes  aussi  lamen- 
tables que  cette  retraite  de  Wemeck.  Ces  malheureux 
soldats  ont  été  dirigés  d'abord  sur  Herbrechtingen,  sui- 
vant Tordre  de  Mack;  ramenés  à  deux  reprises  vers 
Ulm,  puis  dirigés  sur  Aalen,  de  là  sur  Œttingen,  ils 
restent  cinquante  heures  sans  prendre  de  repos  ni  de 
nourriture  et  tombent  exténués,  aimant  mieux  rester 
couchés  dans  l'eau  que  de  faire  un  pas  de  plus.  Cette 
fatigue  poussée  aux  dernières  limites  explique  la  capitu- 


214  INTRODUCTION. 

latioa  de  Werneck,  et  ses  changements  de  direction  suc- 
cessifs font  comprendre  comment  il  a  été  si  rapidement 
rejoint  par  Murât. 

On  croit  souvent  que  Werneck  et  FArchiduc,  en 
quittant  Ulm,  avaient  l'intention  de  se  retirer  jusqu'en 
Bohême  ;  mais  on  a  pu  voir  que  la  vérité  est  autrement 
compliquée,  et  qu'en  réalité  la  marche  de  Werneck  fut 
une  opération  offensive  dégénérant  peu  à  peu  en  retraite, 
et  de  retraite  en  déroute. 

Dans  cette  poursuite,  comme  dans  les  attaques  de 
Wertingen,  de  Gûnzbourg,  d'Elchingen,  nos  généraux 
ont  eu  la  chance  de  ne  pas  avoir  affaire  à  un  ennemi 
chargé  d'une  mission  exactement  inverse  de  la  leur, 
c'est-à-dire  disposé  à  défendre  les  positions  où  on  l'atta- 
quait, ou  ne  songeant  qu'à  fuir  lorsqu'on  le  poursuivait. 
Werneck  a  été  pris,  comme  Auffenberg,  comme  RiescH, 
en  flagrant  délit  d'opérations,  et  cela  toujours  par  l'effet 
de  projets  sans  cesse  renouvelés  et  insensés  du  général 
Mack. 

xxu 

Après  le  combat  du  15,  le  reste  de  l'armée  autri- 
chienne s'enferme  dans  Ulm. 

«  Nous  voilà  devant  et  dans  cette  ville,  dit  le  capi- 
taine d'état-major  D...,  avec  plus  de  22,000  combat- 
tants, quelques  canons  de  régiment,  du  pain  pour 
vingt-quatre  heures  et  cinq  cartouches  par  homme. 

«  Le  IS  au  matin,  Mack,  toujours  dans  la  persuasion 
que  l'ennemi  se  trouve  dans  le  plus  mortel  embarras  et 
effectue  sa  retraite,  fait  grimper  quelques  officiers  de 
l'état-major  sur  la  tour  de  la  cathédrale  pour  épier  ses 
mouvements,  laisse  imprimer  des  proclamations  où  il 
annonce  nos  succès  et  sa  fuite,  et  fait  écrire  des  dépèches 
à  Werneck  et  à  Kienmayer  pour  leur  donner  l'ordre  de 
le  poursuivre  sans  relâche,  le  harceler  et  surtout  lui 


INTRODUCTION.  215 

enlever  son  artillerie  et  ses  bagages.  On  pense  bien  que 
les  dépèches  restèrent  sur  son  bureau,  car  il  nous  eût 
fallu  les  pigeons  d'Alep  pour  les  faire  voler  à  leur  desti- 
nation. 

«  A  10  heures,  les  télégraphes  du  clocher  annoncent 
que  leurs  lunettes  ne  découvrent  que  de  très  petits  par- 
tis de  l'ennemi  sur  la  rive  droite,  et  que  Tennemi  a  replié 
ses  postes  sur  la  rive  gauche  jusqu'à  Haslach.  En  consé- 
quence, on  reçoit  Tordre  de  mettre  la  moitié  de  l'armée 
en  quartier  chez  les  bourgeois,  qu'on  invite  par  une  très 
belle  proclamation  à  partager  leur  table  et  leurs  lits 
avec  leurs  libérateurs.  A  1  heure  après-midi,  on  bat 
l'alarme,  l'ennemi  forme  ses  colonnes  et  emporte  d'as- 
saut les  hauteurs  du  Michelsberg  ;  la  troupe  gagne  en 
désordre  les  portes  de  la  ville  ;  celle  portée  sur  le  Frauen- 
berg  a  à  peine  le  temps  de  gagner  celle  de  Gunz.  On 
annonce  la  catastrophe  à  Mack;  il  soutient  que  c'est 
impossible,  que  cela  ne  signifie  rien,  et  donne  cependant 
l'ordre  de  fermer  et  de  barricader  toutes  les  portes.  A 
2  heures,  toute  la  masse  qui  n'était  pas  nécessaire  à 
garnir  les  ouvrages  avancés  et  les  remparts,  se  trouve 
entassée  dans  les  rues  ou  réfugiée  dans  les  maisons.  On 
se  canonne  de  part  et  d'autre,  et  Mack,  un  bonnet  de 
nuit  sous  le  chapeau,  une  redingote  bleue  sur  le  corps, 
se  fait  soutenir  sous  le  bras  par  son  valet  et  se  traîne  à 
pied  le  long  des  remparts,  assurant  à  tous  ceux  qui 
veulent  l'entendre  que  le  tout  n'était  qu'une  feinte  et 
que  l'ennemi  était  en  pleine  retraite.  Une  position  d'une 
circonvallation  aussi  étendue  que  celle  devant  Ulm  ;  une 
armée  entière,  cernée  et  renfermée  dans  les  murs  ;  les 
cheminées  et  les  toits  des  maisons  qui  s'écroulaient  sur 
nos  tètes,  étaient  des  preuves  trop  convaincantes  du 
contraire.  Vers  5  heures,  l'ennemi,  pour  nous  le  persua- 
der d'une  manière  plus  sensible,  forme  deux  colonnes 
d'attaque  et  donne  l'assaut  aux  deux  portes  dites  Gunz 
et  Frauenlhor. 


illi  I.NTK"!»!  I  Mon. 

L.i  tr(i*  lies  ass.-iilL'iiits  avait  tli'j:\  pêni'trr  si»u«  1**» 
voûtfs.  «ii'i  la  iiiitraillr  et  1rs  rtrurts  du  caiiilaiiir  Ci>n]t<*<le 
LrxiiriiL'in  parvinr«'iit  à  li's  airrlrr.  vi  t«uit  ri»  •^iii  nf 
fut  |»;i>  tii«-  fut  fait  priviiniii  r.  r.iTÎ  iMit  lirii  a  la  Krai2<*n- 
tlmr;  à  rrllr  tli*  lluiiz  iU  IK*  furnit  pas  plus  liiMinMi\  ft  \ 
laissi-i-fiit  iininlti'i*  (le  iimits  l't  ili*  Morses.  A  la  nuit  tiiii- 
liaiiti'  il  arrivr  (li*u\  parlent*  iit'iiros  ennonii*»:  on  le% 
«iiiiiluit  au  ipiartit'i'  «li'  Mark.  i»ù  tous  1rs  c«'l]èniu\  ^^ 
ti'duvfiit  rassmiMi-s.  <  hi  in»u>  >oiunie  «!•'  n»»u*  rt-mlrr. 
Mark  fnlinini*  «t  cifclar»*  traktres  tous  r«'U\  (|ui  |^rlr- 
roiit  (If  «  apitul.ition  (  1  .   » 

.Nt-\  a  siiiiMiii-  I  lui  dans  la  soirée  «lu  !.*>.  Mark  a 
ri'p  iiissr  tiiuti'  «Mpitulatiou.  i*t  fait  aflirher  dans  la  MÏ\e 
i|iii'  nul  n«-  di\ait  parU'r  d*-  m*  ii-ndrtv  I  n  «'ertatn 
Moniliif  di*  L't  ii«'iMM\  .iutrirlii«*hs  lui  font  oliMTver  c|U^ 
la  s.iluthiu  l.i  plus  a\antai:fUsi-.  si  i*IU*  est  «MH'orr  i^^- 
silijr,  sriait  d  ••liti-nir  !•*  lilu'i'  |Ki>sai:i*  pour  r^acuer 
I  lui  i-l  SI-  iflinr  ^ui  if  hcrli.  I  hi  ronsor^erait  ainsi  â 
rAiiliiili'-  iMii-  .iiiiiff  ipii  si'ndilc  pertlue  dans  lnute 
antii*  '^iip|i<"»iti>'ii.  na\.int  ni  li*s  nioyns  dt*  dffnidiv 
I  lin.  !ii  <•  ii\  d  \  sii|i<.iHtrr.  Mark  leur  oppnse  les  ^it^>• 
|iiiitis  Ntnif.Hpirs  di-  la  plan-.  Iiien  prrferaldf*  .i  la 
p..H^.s<«ii.n  d  niii-  ainifi'  .  fllt*  niniinandc  l«-s  li::n'-s  de 
rillii  it  -lii  hanulf.  l't  tiiiii'.t  par  •■|ili&:t*r  les  Frani  ai»  â 
it  |i  4^«»f  I  11-  llliiii  ^i  lis  \ntri«liifn>  s  \  maintiennent  11 
ii-p-.iis»»r    r  11!!'  M!  s  t-.iili'  h.iiis.irtiiin  a\iT  I  enn**nii  : 

I                                •■:.t:       I     ..I      >;ir.*    '^  i    \      i  u  .i-iiili*  r  r«*«.iil  i  !i  p!  trr . 

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M    h 


•  piUin^  «l'*tai  mij^r 


INTRODUCTION.  217 

Si  nous  restons  maîtres  d'Ulm  et  de  i'Iiier,  Tennemi  sera  forcé  de 
repasser  le  Rhin,  et  notre  bonheur  est  assuré  pour  toujours.  Il  ne 
peut  pas  nous  tenir  investis  plus  de  huit  jours,  car  les  Russes  s'appro- 
cheront d*ici  là  et  lui  prépareront  un  sort  funeste.  Nous  avons  de  quoi 
vivre  jusque-là,  car  nous  avons  3,000  chevaux.  Nous  n'avons  à  défendre 
que  quelques  parties  d'enceinte  très  étroites,  et  nous  avons  pour  cela 
i5,000  hommes.  Si  les  munitions  venaient  à  manquer,  nous  avons  nos 
baïonnettes,  qui  sont  les  meilleures  armes  contre  un  assaut  ;  les  par- 
ties de  Tenceinte  que  nous  avons  à  défendre  étant  très  étroites,  nous 
pouvons  garder  de  fortes  réserves,  et  quand  même  le  tiers  seulement 
des  troupes  tiendrait  bon,  ce  sera  assez.  L'ennemi  doit  être  ruiné  par 
ce  temps  affreux  et  ne  peut  pas  garder  ici  de  nombreuses  troupes  sur 
pied,  tous  les  environs  étant  épuisés. 

Je  suis  donc  absolument  persuadé  que  notre  devoir  est  de  tenir  bon 
et  de  ne  pas  rendre  Ulm.  Ma  résolution  ne  pourrait  être  ébranlée  que 
par  l'opposition  unanime  de  mes  camarades,  dont  ils  auraient  la  respon- 
sabilité vis-à-vis  de  Sa  Majesté. 
Ulm,  le  15  octobre  1805. 

Mack,  m.  />. 

Les  autres  officiers  généraux  de  l'armée  répondent  par 
la  note  suivante  : 

Nous  soussignés  sommes  de  l'avis  opposé  et  croyons  que  la  libre 
sortie  d'Ulm,  sauvant  une  troupe  considérable,  rendrait  un  plus  grand 
service  à  Sa  Majesté  que  la  défense  obstinée  de  cette  place,  qui  est  loin 
d'être  hors  d'insulte,  et  où  l'on  ne  peut  faire  aucune  véritable  résis- 
tance, comme  nous  saurons  le  démontrer  pièces  en  main. 

RiCBTEB,  m.  p.,  Moritz  Frust  Liechtenstein,  m, p., 

général-inajor.  général-major, 

Gyulay,  m.  ;>.,  Klenau,  m.  p., 

feldmarshall'lieutenant.  feldmarshaU-lieutenant. 

Stipsicz,  m.  p.,  Erbprinz  zu  Hbssbn-Hohburg,  m.  p,, 

feldmarshall'lieutenant .  felâmarshall-deutenant, 

RiBSGH,  m.p.f  LouDON,  m.  p., 

feldmarshaU-lieutenant.  feldmarshaU-lieutenant. 

GOTTESHBIM,  m,  p., 

feldmarshaU-lieutenant. 

Avec  ou  sans  rasscntiment  de  Mack,  les  trois  plus 
anciens  généraux  :  Riesch,  Loudon  et  Gyulay,  se  décident 


218  INTRODUCTION. 

à  envoyer  le  prince  de  Liechtenstein  au  quartier  général 
de  Ney,  pour  demander  la  libre  sortie  jusqu'au  Lech, 
de  la  garnison  d'Ulm. 
Liechtenstein  présente  au  Maréchal  la  pièce  suivante  : 

Pointé  de  capitulation. 

1^  La  plut  libre,  la  plus  hoDorable  sortie  possible  avec  tout  ce  qui 
appartient  à  rarniée,  y  compris  Tartillerie  ; 

1^  Personne  de  l'armée  n'est  prisonnier  de  guerre,  pas  même  les 
malades  ; 

3*  L'armée  marchera  sur  le  Lech  et  on  lui  fournira  tous  les  vivres 
nécessaires  ; 

A^  Tout  le  monde  conservera  ses  équipages  ; 

6^  La  ville,  dont  le  malheur  possible  d'être  consumée  par  le  feu 
nous  engage  à  cette  capitulation,  est  particulièrement  recommandée  à 
la  protection  française,  et  on  demande  là-dessus  la  promesse  la  plus 
positive. 

Nous  soussignés  déclarons  de  nous  ensevelir  sous  les  ruines  do  la 
ville  si  M.  le  maréchal  Ney  nous  refusait  d'accepter  ces  points  de  capi- 
tulation. 

Ulm,  le  15  octobre  1805. 

Grâf  Ribsch,  m.  p.,       Grap  Gyulay,  m.  />.,        LoudoNi  m.  p. 
lieutenant  général,  lieutenant  général,        lieutenant  général, 

Ney  en  réfère  aussitôt  à  Berthier,  dont  il  reçoit  Tavis 
que  TEmpereur  veut  que  la  garnison  d'Ulm  soit  prison- 
nière de  guerre.  Liechtenstein  ayant  rapporté  cette 
réponse,  ses  trois  mandataires  écrivent  à  Ney  : 

La  garnison  d'Ulm,  voyant  avec  regret  que  le  Maréchal  n*a  pas  accepté 
les  conditions  équitables  qu'elle  croyait  pouvoir  obtenir  de  son  esprit 
de  justice,  est  résolue  h  attendre  les  hasards  de  la  guerre. 

Ribsch,  m.  p.,  Gyulay,  m.  p, 

feldmarshall'lieutenant,  felâmarshall-lieutenant, 

LouDON,  in.p., 
feldmarshall-lieutenant . 

«  Le  16  au  grand  matin,  on  voit  circuler  un  imprimé 


INTRODUCTION.  819 

signé  Mack,  par  lequel  il  défend  de  parler  de  se  rendre 
et  annonce  qu'une  armée  formidable  d'Autrichiens  et  de 
Russes  est  en  pleine  marche  pour  nous  délivrer.  Au 
reste,  il  promet  d'être  le  premier  à  manger  de  la  chair 
de  cheval.  A  10  henres,  le  prince  de  Liechtenstein 
revient  avec  la  déclaration  deNey,  qui  s'engage,  unique- 
ment par  considération  pour  le  Prince,  à  faire  consentir 
l'empereur  Napoléon  à  nous  accorder  la  capitulation  sui- 
vante :  (I  On  accorde  une  trêve  jusqu'à  midi,  à  l'expira- 
tion de  laquelle  Ulm  doit  être  rendu  et  toute  la  garnison 
prisonnière  de  guerre  et  transportée  en  France.  Les  offi- 
ciers et  les  généraux  conserveront  chevaux  et  bagages. 
En  cas  de  refus  on  donnera  l'assaut.  »  Nous  refusons,  et 
à  midi  et  demi  la  canonnade  s'engage  et  dure  assez  vive- 
ment pendant  deux  heures.  Un  nouveau  parlementaire 
arrive,  on  pourparle  quelque  temps,  et  on  se  chauffe  de 
nouveau  jusqu'à  6  heures  du  soir,  que  vient  un  aide  de 
camp  de  l'Empereur.  Il  passe  toute  la  nuit  chez  Mack,  et 
la  troupe  sur  les  remparts  travaille  sans  relâche  à  élever 
quelques  parapets  de  briques  là  où  il  n'existait  pas  la 
moindre  défense  (1).  n 

Entrons  dans  quelques  détails  sur  cette  journée 
décisive. 

Dans  la  matinée  du  16,  Ney  fait  bombarder  Ulm  pen- 
dant quelques  heures,  sans  autre  résultat  que  de  tuer 
deux  hommes. 

Bientôt  après,  un  parlementaire  français  vient,  de  la 
part  de  Napoléon,  prier  le  prince  de  Liechtenstein  de  se 
rendre  auprès  de  lui.  Mack,  informé  de  cette  démarche, 
charge  le  prince  (d'après  la  déposition  faite  par  celui-ci 
devant  le  conseil  d'enquête)  de  débiter  quelques  flatte- 
ries assez  plates  à  l'Empereur,  et  de  lui  demander  une 
entrevue  : 


(1)  Relation  de  la  prise  (TUlrriy  par  M.  D. . . 


220  INTRODOCTION. 

«  Dites  à  Tempereur  des  Français  que  vous  êtes  mon 
ami,  mon  élève  favori,  mon  disciple  dans  Tart  de  la 
guerre  ;  que  je  vous  parle  constamment  de  Bonaparte 
avec  le  plus  grand  respect  et  la  plus  haute  admiration. 
Dites-lui  que  je  sais  qu'il  méjuge  peut-être  défavorable- 
ment, et  qu'il  met  en  pratique  des  conceptions  opposées 
aux  miennes.  Je  désire  lui  parler,  pour  m'expliquer 
et  me  justifier  vis-à-vis  de  lui,  car  pour  moi  son  estime 
est  tout  ce  qui  m*importe  ;  mais  pour  l'obtenir,  je 
veux  me  montrer  un  ennemi  digne  d'être  combattu  par 
lui.  » 

Quelques  semaines  plus  tard,  Mack  parlera  tout  autre- 
ment de  Napoléon  (1). 

En  attendant,  et  dès  le  16,  il  offrait  de  capituler,  et  la 
discussion  ne  portait  que  sur  le  sort  fait  à  la  troupe  : 
Napoléon  la  voulait  prisonnière  en  France,  et  Mack 
demandait  qu'elle  demeurât  en  Autriche  avec  promesse 
de  ne  pas  servir  jusqu'à  échange. 

Dans  son  entrevue  avec  Liechtenstein,  Napoléon  com- 
mence par  déclarer  qu'il  est  parfaitement  au  courant  de 
la  situation  d'Ulm,  et  que  cette  place  ne  résistera  pas  au 
premier  assaut.  Le  Prince  lui  répond  que  ce  n'est  pas 
certain,  et  que  la  garnison,  de  son  côté,  est  sûre  d'être 
débloquée  si  elle  tient  cinq  jours.  A  cette  affirmation, 
l'Empereur  sourit;  il  est  si  assuré  du  contraire  qu'il 
accordera  volontiers  ce  délai,  pourvu  que  la  garnison 
pose  les  armes  aussitôt  après  ;  il  accorderait  tout  le  temps 
qu'on  voudrait,  quinze  jours  même,  s'il  ne  tenait  à  éloi- 
gner ses  troupes  de  ce  pays  marécageux  et  épuisé.  Le 


(i)  uFais,  mon  cher  Wintzingerode  !  Fais  que  François  et  Alexandre, 
tous  deux  si  bons,  tous  deux  si  dignes  d'adoration,  se  lient  toujours 
plus  étroitement  et  attirent  plus  fortement  à  eux  ce  roi  de  Prusse, 
personnellement  si  honnête  ;  alors  tout  ne  peut  que  bien  tourner,  et  on 
110  peut  manquer  d'arriver,  en  fin  de  compte,  à  aplatir  ce  faquin 
d'empereur  (16  novembre  i805).  »> 


INTRODUCTION.  221 

Prince,  revenant  alors  à  sa  mission,  réclame  la  libre 
sortie  de  la  garnison.  Il  insistait,  dit  le  sixième  Bulletin 
de  la  Grande  Arme'e^  pour  que  les  officiers  et  soldats 
eussent  la  faculté  de  retourner  en  Autriche.  «  Je  Tac- 
corde  aux  officiers  et  non  aux  soldats,  a  répondu  l'Empe- 
reur ;  car  qui  me  garantira  qu'on  ne  les  fera  point  servir 
de  nouveau?»  Puis,  après  avoir  hésité  un  moment,  il 
ajouta  :  «  Eh  bien  !  je  me  fie  à  la  parole  du  prince  Ferdi- 
nand, s'il  est  dans  la  place.  Je  veux  lui  donner  une 
preuve  de  mon  estime,  et  je  lui  accorde  ce  que  vous  me 
demandez,  espérant  que  la  cour  de  Vienne  ne  démentira 
pas  la  parole  d'un  de  ses  princes.  »  Sur  ce  que  M.  de 
Liechtenstein  assura  que  le  prince  Ferdinand  n'était 
point  dans  la  place  :  «  Alors  je  ne  vois  pas,  dit  l'Empe- 
reur, qui  peut  me  garantir  que  les  soldats  que  je  vous 
renverrai  ne  serviront  pas,  »  faisant  sans  doute  allusion 
à  la  conduite  de  Mack  en  1800. 

Liechtenstein  rapporta  les  propositions  suivantes  de 
Napoléon  : 

1®  La  garnison  serait  prisonnière,  à  moins  qu'il  ne 
fût  avéré  que  les  Russes  arrivaient  sur  le  Lech  le 
16  octobre,  auquel  cas  il  serait  accordé  libre  sortie  à 
l'armée  autrichienne  ; 

2®  Les  officiers  rentreraient  en  Autriche,  et  seraient 
libres  sur  parole  ; 

3®  Si  Mack  le  préférait,  on  pourrait  obtenir  de  Napo- 
léon qu'il  laissât  trois  ou  quatre  divisions  devant  Ulm, 
pendant  cinq  ou  six  jours. 

Il  avait  appris  la  capitulation  de  Memmingen  ;  on  lui 
avait  annoncé  aussi  que  Werneck  s'était  rendu,  et  que 
l'archiduc  Ferdinand  s'était  échappé  en  Franconie. 

Au  reçu  de  la  réponse  négative  rapportée  par  Liech- 
tenstein avec  un  projet  de  capitulation,  Mack  bondit  sur 
le  cheval  le  plus  à  portée,  galope  jusqu'aux  avant- 
postes,  où  il  trouve  le  général  Bertrand,  et  remet  à  ce 
dernier   une  lettre   destinée  à  l'Empereur,  dont  nous 


228  urmoDUcnoN. 

ignorons  le  contenu.  C'est  Berthier  qui  répond,  à  six 
heures  du  soir  : 

Monsieur  le  Général. 

Si  TOUS  aTiez  Tespoir  d*étre  secouru  par  deux  armées,  comme  tous  le 
dites  dans  votre  lettre  à  l'Empereur,  et  qu'Ulm  fût  une  place  tenable, 
vous  n'auriez  pas  offert  la  capitulation,  portant  que  vous  rendriez  la 
place  aux  conditions  que  yotre  garnison  serait  prisonnière,  mais  se 
rendrait  en  Autriche  sans  pouvoir  servir  jusqu'à  rechange 

Mack  répond  encore,  et  cette  fois  à  Berthier.  Ses 
réponses  ne  se  rapportant  jamais  exactement  aux  lettres 
qu'il  vient  de  recevoir,  et  gardant  d'ailleurs  la  trace  de 
cette  confusion  d'idées  et  de  cette  mobilité  qui  le  carac- 
térisent, il  est  assez  difficile  d'être  affirmatif  sur  l'ordre 
chronologique  des  diverses  pièces  de  cette  correspon- 
dance. 

La  lettre  suivante  parait  cependant  être  la  dernière 
écrite  par  Mack  dans  la  soirée  du  16.  Il  y  manifeste  la 
conception  lapins  bizarre  et  la  plus  compliquée  de  l'hon- 
neur militaire  : 

Monsieur  le  Maréchal, 

Je  ne  puis  que  me  référer  à  la  déclaration  que  j'ai  osé  faire  à  Sa 
Majesté...  Je  répète  que  la  place  n'aurait  jamais  été  remise  qu'à  Sa 
Majesté  elle-même  en  personne  ;  mais  vouloir  exiger  que  la  garnison, 
ou  plutôt  le  corps  d*armée  se  rende  prisonnier  de  guerre,  serait  le  vou- 
loir déshonorer,  puisque  nous  avons  très  positivement  du  secours  h 
attendre,  et  j'ambitionne  trop  la  haute  estime  de  Sa  Majesté  et  celle  de 
Votre  Excellence  pour  en  agir  autrement.  Je  serais  trop  heureux  de 
pouvoir  recevoir  encore  aujourd'hui  Sa  Majesté  dans  la  ville,  et  de  lui 
renouveler  les  assurances  très  profondément  senties  de  ma  vénération 
et  admiration.  Sa  Majesté  aurait  ses  gardes  ou  autres  troupes  armées 
avec  elle,  et  les  Autrichiens  mettront  bas  les  armes  pour  deux  jours, 
savoir  jusque  après-demain,  où  elle  (sic)  pourrait  sortir,  reprendrait  ses 
armes,  et  serait  libre  de  rejoindre  la  grande  armée  et  de  servir  comme 
auparavant.  Je  me  flatte,  Monsieur  le  Maréchal,  que  vous  voudrez  bien 
regarder  cette  condescendance  comme  une  prouve  nouvelle  du  respect 
et  des  égards  que  j'ai  pour  l'auguste  personne  de  Sa  Majesté. 


INTRODUCTION.  233 

Napoléon,  ne  recevant  pas  de  réponse  au  projet  de 
capitulation  qu'il  avait  fait  présenter  à  Mack  par  Liech- 
tenstein, avait  commencé  à  tout  événement  les  prépara- 
tifs de  Tassaut  pour  le  lendemain  :  on  confectionnait  des 
fascines,  on  rassemblait  des  échelles,  etc. 

Cette  résolution  ayant  été  prise  sans  qu'il  en  reste  de 
trace,  ni  dans  la  correspondance  de  l'Empereur,  ni  dans 
celle  de  Berthier,  ni  dans  celles  de  Ney  ou  de  Marmont, 
et  ne  nous  étant  révélée  que  par  deux  ordres  de  Gompans, 
recommandant  le  secret  le  plus  absolu,  il  semble  que 
Tintention  de  l'Empereur  ait  été  bien  réellement  de 
donner  l'assaut  à  Ulm  sans  avoir  éveillé  l'attention  de 
l'ennemi,  et  non  de  l'intimider. 

Après  tout,  Mack  seul  avait  intérêt  à  gagner  du 
temps,  et  il  devenait  urgent  de  porter  la  Grande  Armée 
au-devant  des  Russes. 

C'est  seulement  dans  la  nuit  du  16  au  i  7  que  la 
réponse  de  Berthier  fut  expédiée  à  Mack.  Elle  est  datée 
du  17. 

Philippe  de  Ségur,  capitaine  et  adjoint  au  grand 
maréchal  du  palais,  a  écrit  un  fragment  de  Journal  que 
le  général  Mathieu  Dumas  a  appuyé  de  son  autorité  en 
le  reproduisant  dans  les  pièces  justificatives  de  son 
Précis  des  événements  militaires. 

D'après  ce  récit,  débordant  d'imagination,  Ségur 
aurait  été  chargé  par  l'Empereur,  le  16  au  soir,  de  se 
rendre  auprès  de  Mack  pour  le  sommer  de  capituler 
dans  un  délai  de  cinq  jours. 

La  relation  de  Ségur,  qui  fourmille  d'inexactitudes 
manifestes,  doit  être  considérée  comme  très  suspecte. 
Rien  n'empêche  qu'il  ait  été  chargé,  dans  la  nuit  du  16 
au  17,  non  pas  d'une  mission  verbale,  mais  du  port  d'une 
dépêche  au  général  Mack.  11  faut  constater,  cependant, 
que  l'enquête  ouverte  à  Vienne  sur  la  capitulation 
d'Ulm,  enquête  qui  a  fait  ressortir  les  moindres  événe- 
ments de  ces  tristes  journées  décisives,  qui  a  signalé  les 


m  INTRODUCTION. 

allées  et  venues  des  parlementaires  de  Ney,  du  général 
Bertrand,  de  Liechtenstein ,  ne  dit  pas  mot  de  Ségur  et 
de  sa  mission  nocturne. 

Quoi  qu'il  en  soit,  le  17  octobre,  avant  le  jour,  Mack 
reçoit  la  réponse  de  Berthier  ;  c^est  une  sommation  plus 
dure  que  les  précédentes  : 

Sa  Majesté  désire  une  explication  plus  positive.  Vous  lui  proposez  de 
se  rendre  dans  la  place  d'Ulro.  Elle  ne  s*y  rendra  pas,  Monsieur.  Mnis 
pour  épargner  les  horreurs  d*un  assaut,  Elle  consentira  à  ce  que  la  gar- 
nison reste  cinq  jours  dans  la  place,  pourvu  qu'une  porte  soit  confiée  h 
Tarroée  française  ;  si  pendant  ces  cinq  jours,  il  se  présente  une  force 
capable  de  débloquer  la  place,  non  seulement  TEropereur  consent  à  ce 
que  la  garnison  ne  soit  pas  prisonnière  de  guerre,  mais  même  i\  ce 
qu'elle  fasse  usage  de  ses  armes  pour  le  service  de  la  patrie. 

Si  dans  ces  cinq  jours  il  ne  se  présente  aucune  force  capable  de 
débloquer  la  place  d'Ulm,  les  troupes  qui  y  sont  enfermées  seront  pri- 
sonnières de  guerre,  mais  les  officiers  pourront  retourner  chez  eux  (i). 

Le  texte  de  cette  lettre  est  parfaitement  conforme  à  la 
mission  dont  Ségur  dit  avoir  été  chargé  ;  peut-être  est-ce 
lui  qui  Ta  portée. 

Mack  répond  aussitôt  à  la  lettre  de  Berthier,  qu'il 
n'accepte  pas  les  conditions  proposées  :  il  veut,  ou  bien 
un  délai  de  huit  jours,  dans  lequel  il  compte  être  déblo- 
qué, ou  bien  le  renvoi  de  la  garnison  en  Autriche,  avec 
promesse  de  ne  plus  servir.  Il  essaye  de  démontrer  à 
Napoléon,  comme  il  Ta  fait  à  Télat-major  autrichien, 
les  merveilleuses  propriétés  intrinsèques  de  la  place 
dTlm  : 

Votre  Excellence  me  dit  daus  sa  lettre  d'hier  que  a  Sa  Majesté  ne 
veut  pas  perdre  ses  avantages  ».  Le  grand,  Timmense  avantage  est  pour 
elle  la  cession  d'Ulm,  clef  de  Piller  et  de  la  moitié  de  l'Allemagne  ! 
Vouloir  encore  exiger  que  la  garnison  qui  Tévacue  se  rende  prison- 
nière  de  guerre,  tant   qu'elle  a   la  certitude  d'être    débloquée,   est 


(1)  Cité  par  Angcli.   Ulm  und  Atisterlitz,  p.  490. 


INTRODUCTION.  225 

contre  les  priocipes  de  la  guerre  et  de  rhumanité  ;  c'est  la  réduire  à 
rextrémité,  à  laquelle  elle  est  résolue  de  se  soumettre  mille  fois  plutôt 
que  de  se  déshonorer. 

Sur  un  premier  refus  de  TEmpereur,  Mack  réitère 
ses  protestations  en  adressant  à  Berthier  le  billet  sui- 
vant : 

La  libre  sortie  de  la  garnison  sans  être  prisonnière  de  guerre.  Sinon 
un  délai  de  huit  jours  ou  la  mort. 
Voici  ma  dernière  réponse. 
Ulra,  ce  17  octobre  I8O0. 

Mack. 

Napoléon  ayant  enfin  consenti  à  accorder  ce  délai  de 
huit  jours  (jusqu'au  25  inclus),  la  capitulation  fut 
signée  le  17  à  midi;  mais,  comme  on  vient  de  le  voir, 
elle  était  devenue  inévitable  depuis  la  veille,  et  Berthier 
avait  pu  écrire  le  16  aux  maréchaux  Brune,  Lefebvre, 
Kellermann,  Augereau  : 

«  Faites  connaître  à  votre  armée,  Monsieur  le  Maré- 
chal, que  la  première  armée  autrichienne  a  existé  (1).  » 


(i)«  Le  17  au  matin,  nous  apprenons  le  résultat  de  la  négociation  :  l'em- 
pereur Napoléon  se  décide,  par  humanité,  à  ménager  la  ville,  et  pour 
nous  prouver  que  nous  n'avons  aucun  secours  à  espérer,  il  nous  accorJe 
cinq  jours,  au  bout  desquels  nous  devons  nous  engager,  si  nous  ne 
sommes  pas  délivrés,  à  nous  rendre  prisonniers  de  guerre,  c*est-.\-dire 
que  les  généraux  et  officiers  conserveront  chevaux  et  bagages^  donne- 
ront leur  parole  d'honneur  de  ne  pas  servir  jusqu'à  leur  échange,  et  so 
rendront  dans  les  États  héréditaires.  Les  soldats,  par  contre,  après  que 
la  garnison  sera  sortie  avec  les  honneurs  militaires,  tambour  battant, 
mèche  allumée,  mettront  bas  les  armes  et  seront  conduits  prisonniers 
en  France.  De  notre  côté,  on  demande  huit  jours  de  délai,  à  l'expira- 
tion desquels,  s'il  n'arrive  aucuu  secours,  on  souscrit  aux  conditions 
ci-dessus.  A  2  heures  vient  le  maréchal  Berthier,  et  la  capitulation  est 
déterminée,  fixée  et  réglée.  Il  est  à  remarquer  que,  depuis  l'époque  de 
la  déclaration  faite  par  les  généraux  en  corps,  ils  n'assistèrent  plus  aux 
délibérations  suivantes,  que  Mack  négocia  et  termina  l'affaire  à  lui  tout 
seul,  agissant  toujours  au  nom  et  par  les  ordres  de  notre  souverain.  » 
{Relation  de  la  prise  d'Ulm,  par  M.  D. . .) 

III.  15 


226  INTRODUCTION. 


XXIII 

Aux  termes  de  l'article  6  de  la  capitulation,  une  des 
portes  de  la  ville  (la  porte  de  Stuttgard)  fut  occupée  le 
18,  à  10  heures  du  matin,  par  une  brigade  du  corps  de 
Ney,  commandée  par  le  général  Labassée.  Le  maréchal 
Ney  s'efforça  en  vain  d'éviter  toute  communication 
entre  les  troupes  des  deux  armées  ;  les  Français  s'infil- 
trèrent dans  la  ville  ;  bientôt  officiers  et  soldats  furent 
répandus  dans  les  rues,  où  régna  le  désordre  le  plus 
complet.  Ney  fit  remettre  en  liberté  les  prisonniers 
français  faits  dans  les  combats  du  8  au  45  octobre. 
L'Empereur  ordonna  que  la  municipalité  d'Ulm  reprit 
son  indépendance  et  cessât  de  fournir  des  vivres  aux 
Autrichiens,  qui  durent  subsister  par  leurs  magasins. 
C'était  évidemment  les  réduire  à  la  famine  (4). 


(1)  «  Le  18,  en  conséquence  des  articles  additionnels,  on  devrait  livrer 
une  des  portes  à  l*ennemi  et,  chose  inouie  jusqu^alors,  recevoir  une  de 
ses  brigades  en  quartier  dans  la  ville.  A  9  heures,  on  remet  la  porte 
Neuve  aux  Français  et  nous  avons  le  chagrin  de  voir  défiler,  au  son  de 
la  musique,  une  de  leurs  brigades  ayant  le  maréchal  Ney  à  sa  tête  et 
se  rendre  à  la  place  d*armes,  où  elle  ne  tarde  pas  à  recevoir  des  billets 
de  logement.  Peu  à  peu  il  se  glisse  tant  de  Français  dans  la  ville 
qu'avant  la  fin  du  jour  elle  en  contient  plus  de  5,000.  Il  faut  s'être 
trouvé  à  Ulm  pour  pouvoir  se  .faire  une  idée  de  notre  humiliante  situa- 
tion ;  on  ne  finirait  pas  si  Ton  vonlait  retracer  tout  ce  que  noos  avons 
eu  à  endurer  d'avanies  et  de  mauvais  traitements.  Nos  soldats,  pôle- 
méle  avec  les  Français,  n'ignorant  pas  le  sort  qui  les  attend,  ne 
regardent  qu'avec  dédain  leurs  officiers  et  ne  connaissent  d'autre 
instinct  que  celui  de  leur  misère.  Les  généraux  français,  avec  leurs 
suites  nombreuses,  galopent  sans  relâche  dans  les  rues  et  nous  écla- 
boussent de  la  tète  aux  pieds.  On  nous  dispute  nos  quartiers  et  pen- 
dant la  nuit  on  pénètre  de  force  dan;)  nos  écuries,  on  nous  vole  nos 
chevaux  et  on  rit  de  nos  réclamations.  »  (Relation  de  la  prise  d'Ulm, 
par  M.  D...) 


INTRODUCTION.  227 

Dès  que  les  communications  furent  rétablies  entre  la 
place  d'Ulm  et  l'extérieur,  Mack  put  se  renseigner  sur  la 
situation  générale  et  se  convaincre  de  l'impossibilité  où 
se  trouvaient  les  Austro-Russes  de  lui  faire  parvenir  des 
secours  (1).  Dès  lors,  il  ne  restait  aucune  raison  de  pro- 
longer une  situation  plus  pénible  encore  pour  Mack  que 
pour  tout  autre,  et  il  ne  demanda  pas  mieux  que  de 
s'éloigner  des  lieux  témoins  de  ses  maladresses  et  de  sa 
honte« 

Le  19,  à  2  heures,  il  se  rendit  à  Ober-Elchingen,  eut 
une  entrevue  avec  l'Empereur  et  signa  avec  Berthier 
une  convention  additionnelle.  Le  major  général  y  affir- 
mait sous  serment,  pour  calmer  les  derniers  scrupules 
de  Mack  :  que  l'armée  austro-russe  était  au  delà  de 
rinn  ;  que  Bernadotte  se  trouvait  entre  l'Inn  et  Munich, 
Lannes  et  Murât  à  la  poursuite  de  l'archiduc  Ferdinand, 
Soult  en  Souabe,  surveillant  les  routes  du  Tyrol. 

Moyennant  ces  déclarations,  Mack  consentait  à  éva- 
cuer Ulm  sur-le-champ,  à  condition  que  le  corps  du 
maréchal  Ney  serait  immobilisé  dans  cette  ville  jusqu'au 
25  octobre. 


(1)  (c  Le  i9,  les  lanettes  de  la  tour  sont  en  Tain  braquées  rers  Mem- 
mingen  pour  découTrir  les  armées  de  secours. 

«  On  nous  apprend  que  le  général  Spangen  a  rendu  la  ville  et  qu'il  a 
été  fait  prisonnier  avec  6,000  hommes;  plus  tard,  noas  recevons  lanou^ 
▼elle  que  Bernadotte  est  sur  Tlnn,  et  qu'à  Munich  nous  avons  perdu 
neuf  bataillons  et  trente  canons.  A  midi,  Mack  sort  de  la  ville  avec  une 
suite  nombretrse  et  se  rend  à  Etchingen,  quartier  de  Temperenr  Napo^ 
léon,  qui  avait  demandé  à  lui  parler.  Le  soir  il  revient,  fait  rassembler 
les  généraux  et  leur  déclare  qu'à  cette  faeare,  il  est  pleinement  con^ 
vaincu  que  nous  n^avons  aucun  secours  à  espérer,  que  Tarmée  ennemie 
était  forte  de  plus  de  cent  vingt  mille  hommes,  et  qu'il  était  inutile 
d'attendre  dans  une  ville  affamée  l'expiration  des  huit  jours  accordés  ; 
en  un  mot  qu'au  lieu  de  rendre  la  ville  le  25,  comme  on  l'avait  stipulé, 
la  volonté  de  l'Empereur  est  que  nous  en  sortions  demain  20  octobre. 
On  est  très  étonné  de  cette  infraction  à  la  capitulation  ;  on  proteste,  on 
dispute,  on  cède.  »  (Relation  de  la  prise  cTUlm,  par  M.  D. . .) 


228  INTRODUCTION. 

Le  20,  à  2  heures  de  Taprès-midi,  la  garnison  sortit 
de  la  ville  et  déposa  les  armes,  en  présence  de  TEmpe- 
reur,  d'une  partie  de  la  Garde,  des  2«  et  6«  corps  et  des 
dragons  ((). 

Les  officiers  autrichiens  devaient  garder  leurs  che- 
vaux, mais  un  grand  nombre  furent  volés  pendant  les 
dernières  journées  passées  à  Ulm.  Les  officiers  devaient 
partir  le  21  pour  le  Tyrol  ;  les  formalités  de  leur  mise 
en  route  retardèrent  ce  départ.  Ils  furent  escortés 
jusqu'aux  avant-postes  autrichiens  par  des  officiers 
français  (2). 


(1)  «  Le  20,  à  onze  heures  du  matio,  l'armée  de  Marmout,  à  laquelle 
se  trouve  une  brigade  hollandaise,  traTerse  la  Tille  pour  se  joindre  b 
celle  de  la  rive  gauche  et  compléter  Timmense  carré  qui,  s'appuyant 
d'une  part  aux  mursd'Ulm,  couronnait,  à  l'opposé,  les  hauteurs  devant  la 
ville.  L'Empereur,  le  trop  heureux  Napoléon,  se  pinça  sur  une  élévation 
au  pied  du  mont  Saint-Michel  et  au  milieu  de  ses  gardes  à  pied  et  à 
cheval.  Tout  étant  ainsi  disposé,  on  nous  donna  Tordre  de  défiler  auprès 
de  Sa  Majesté  en  sortant  par  la  Frauenthor  et  déposant  les  armes  à 
notre  arrivée  près  de  la  porte  Neuve.  Vingt-trois  mille  Autrichiens 
sortent,  tambour  battant,  la  rage  dans  le  cœur,  le  désespoir  dans  l'âme, 
traversent  le  carré  français  dans  toute  sa  longueur,  pendant  que  la 
musique  ennemie  nous  régale  de  Tair  du  Vogel  Fonger.  Journées  de 
Pultawa,  de  Pirna,  vous  n'êtes  rien  en  comparaison  de  cette  hideuse 
sortie  d'Ulm  I  La  honte  qui  nous  écrase,  la  boue  qui  nous  couvre  sont 
ineffaçables 

«  Durant  celte  humiliante  procession  et  pendant  que  les  soldats  met- 
taient bas  les  armes,  à  mesure  que  les  bataillons  arrivaient  à  la  place 
indiquée  à  cet  effet,  l'Empereur  français  dans  le  costume  le  plus  simple, 
au  milieu  de  tous  ses  généraux  brodés  (il  portait  un  habit  de  simple 
soldat,  un  chapeau  sans  distinction  et  dont  les  formes  ratatinées  annon- 
çaient qu'il  lui  servait  de  bonnet  de  nuit  au  bivouac,  ce  qui  semblait 
confirmé  par  sa  capote  grise  brûlée  en  plusieurs  endroits)  s'entretenait 
très  affablement  avec  Mack  et  plusieurs  de  nos  généraux,  qu'il  avait  fait 
monter  auprès  de  lui  après  qu'ils  eurent  défilé. 

K  II  est  nuit;  chacun  retourne  à  son  quartier  et  se  prépare  à  sortir  le 
lendemain  d'un  lieu  qu'on  a  tant  déraison  d'abhorrer.  »  (Relation de  la 
prise  d'Ulrrif  par  M.  D. . .) 

(^>  «  Le  21 ,  la  matinée  se  passe  à  obtenir  des  passeports,  à  signer  Pacte 


INTRODUCTION.  229 

Le  nombre  des  prisonniers  faits  à  Ulm  s'élevait  à 
25,365.  En  y  joignant  ceux  de  Wertingen,  Memmingen, 
Gûnzbourg,  Ëlcbingen,  Haslacb,  etc.,  le  total  att<eignait 
49,718  bommes.  On  prit  à  Ulm  40  drapeaux,  63  canons, 
2  obusiers,  42  caissons,  13,600  fusils,  6,524  cartoucbes 
à  canon  (1). 


qui  nous  constitue  prisonniers  sur  notre  parole  et  nous  paralyse  jusqu'à 
notre  échange.  A  2  heures  après-midi,  on  nous  annonce  que  la  pre- 
mière colonne  des  officiers,  destinée  à  prendre  la  route  de  Kempten,  peut 
sortir  par  la  porte  du  Danube  ;  la  foule  se  presse  vers  l'issue  :  géné- 
raux, officiers,  domestiques,  bagages,  tout  veut  sortir  à  la  fois  et  le 
passage  est  tellement  obstrué  qu'on  ne  peut  avancer  ni  reculer.  Mack, 
qui  le  matin  était  parti  en  poste  pour  se  rendre  par  Augsbourg  à 
Vienne,  fit  très  bien  de  prendre  les  devants.  Il  eût  trop  souffert  de  voir 
tous  ceux  qui  l'accusaient  de  leur  malheur.  Enfin  on  nous  laisse  sortir 
un  par  un  ;  les  officiers  et  les  commissaires  français  postés  à  la  porte 
dans  Tespoir  du  pillage,  réalisent  leurs  vœux  et  ont  Tinfamie  d'arracher 
de  force  un  grand  nombre  de  chevaux  aux  malheureux  officiers,  sous  le 
prétexte  qu'ils  étaient  marqués.  On  leur  représente,  mais  en  vain,  que 
la  plus  grande  partie  de  nos  chevaux  portent  la  marque  du  haras  où  ils 
sont  nés;  on  n'obtient  aucune  justice,  on  est  injurié,  bafoué,  mal- 
traité; il  fallut  vider  le  calice  jusqu'à  la  lie.  Ce  manège  révoltant  dure 
trois  jours  entiers  au  bout  desquels  les  derniers  parviennent  enfin  à 
fuir  ce  lieu  de  désolation.  »  (Relation  de  la  prise  d'IMm.) 

(i)  «  Telle  fut  la  fin  des  opérations  militaires  entreprises  avec  tant 
d'espoir  de  succès.  Tel  fut  le  résultat  accablant  des  monstrueuses  sottises 
qui  signalèrent  cette  campagne  de  sept  jours.  11  surpasse  sans  contredit 
tout  ce  que  la  monarchie  autrichienne  a  jamais  éprouvé  de  plus  fou- 
droyant et  de  plus  humiliant.  Seize  généraux,  quinze  officiers  d'état- 
major,  vingt-trois  mille  hommes  avec  leurs  officiers  supérieurs  et 
autres,  une  grande  partie  du  corps  du  génie,  toute  l'artillerie  avec  ses 
attelages  tombent  dans  Ulm  entre  les  mains  de  l'ennemi.  Sept  mille 
capitulent  en  plein  champ  avec  Werneck»  six  mille  dans  Memmingen, 
cinq  mille  dans  Munich  essuient  le  même  sort.  Les  États  héréditaires 
sont,  pour  les  premiers  moments,  en  proie  aux  incursions  et  aux 
ravages  d'un  ennemi  accoutumé  à  ne  rien  ménager;  notre  capitale  est 
menacée,  et  cet  enchaînement  épouvantable  de  catastrophes  et  de  dan- 
gers est  l'ouvrage  d'un  seul  homme,  ou  insensé  ou  coupable. 
«  Quant  à  nous,  qui  avons  été  condamnés  à  être  les  témoius  et  les 


230  INTRODUCTION. 

Les  priBODDiers  d'Ulm  furent  conduits  jusqu'au  Rhin 
en  quatre  colonnes,  escortés  par  un  bataillon  de  la  divi- 
sion Loison  et  deux  escadrons  de  dragons.  Ces  derniers 
devaient,  chemin  faisant,  battre  les  bois  des  environs  de 
Geislingen  et  Stuttgard,  où  Ton  disait  que  de  nombreux 
isolés  continuaient  à  errer. 


XXI 

Dès  que  l'Empereur  est  assuré  queMack  va  capituler, 
il  commence  à  donner  des  ordres  pour  le  mouvement 
vers  rinn.  Le  premier  corps  d'armée  mis  en  route  est 
celui  de  Soult,  qui  n'est  pas  employé  à  l'investissement. 
Il  partira  aussitôt  qu'il  aura  été  avisé  de  l'entrée  du 
maréchal  Ney  à  Ulm,  le  18  au  matin.  Soult  doit  reprendre 
la  route  de  Memmingen,  Mindelheim,  Landsberg.  La 
division  Walther  cesse  de  lui  être  subordonnée,  et  va 
rejoindre  le  gros  de  Tarmée. 

Le  4*  corps  s'arrête  le  18  à  Ochsenhausen,  le  19  à 
Memmingen.  Informé  de  la  présence  d'un  corps  autri- 


agents  de  cette  dégoûtante  tragédie,  nous  traînons  de  province  en  pro- 
vince le  sentiment  de  notre  douleur  et  de  notre  honte;  partout  on  nous 
accueille  avec  le  sourire  du  mépris.  L'habitant  grossier,  mais  loyal,  des 
montagnes  du  Tyrol  ne  sait  point  saisir  la  différence  qui  existe  entre 
celui  qui  dirige  et  commande,  et  celui  qui  est  passif  et  obéit.  Il  ne  voit 
en  nous  que  des  traîtres  ou  des  lâches,  et  il  nous  assommerait  de 
grand  cœur  si  nous  n'étions  pas  les  plus  forts. 

Klagenfurtb,  le  8  novembre  1805.  >» 

[Ici  finit  la  Relation  de  la  prùe  d*Ulm,  par  M.  D. . .,  capitaine  d'état-major 
au  service  d'Autriche.  D'après  le  manuscrit  conseryé  aux  Arehivei  de  la  guerre, 
l'auteur  serait  un  capitaine  Dclaunay,  sans  doute  un  émigré.  D'aprèi  ÀDgeli 
(page  496),  il  s'appellerait  Delort.  Il  est  bien  difficile  de  penser  qu'an  officier  de 
nationalité  autrichienne  aurait  trouve  le  courage  de  faire  tant  d'esprit  h  propos 
des  malheurs  de  son  pays.  L'expression  «  au  service  d'Autriche  »,  comme  le  ton 
du  pamphlet,  paraissent  s'appliquer  mieux  à  quelque  mercenaire,  tel  qa'un  émigré 
français.] 


INTRODUCTION.  831 

chien  au  Sud-Ouest  de  cette  ville,  vers  Leutkirch, 
Soult  veut  s'y  porter  :  son  mouvement  est  interrompu 
le  20,  les  Autrichiens  ayant  coupé  le  pont  de  Fers- 
hofen  sur  Tlller;  le  21,  au  moment  où  il  s'exécute,  de 
nouveaux  ordres  de  l'Empereur  font  connaître  qu'Ulm 
a  capitulé,  que  le  détachement  ennemi  de  Leutkirch  sera 
poursuivi  ultérieurement  par  les  6®  et  7®  corps.  Soult 
reprend  donc  sa  marche  vers  l'Est  avec  une  perte  de 
deux  jours  :  il  est  le  22  à  Mindelheim,  avec  son  avant- 
garde  à  Landsberg,  où  le  corps  d'armée  arrive  le  lende- 


Baraguey*d'Hilliers  reçoit  d'abord  l'ordre  de  se  rendre 
à  Gûnzbourg,  puis  celui  de  continuer  sur  Donauwœrth. 
Il  laisse  à  Ney  une  brigade  de  dragons  à  pied,  qui  sera 
remontée  avec  les  chevaux  pris  à  Ulm,  et  il  se  met  en 
route  le  18. 

La  Garde  part  aussi  le  18  pour  Augsbourg,  sauf  les 
grenadiers  et  deux  escadrons  attachés  à  la  personne  de 
l'Empereur,  dont  le  quartier  général  reste  à  Ober- 
Elchingeu. 

Suchet,  parti  le  19,  arrêté  par  une  crue  du  Danube, 
n'arrive  sur  le  Lech  que  le  21.  Walther,  qui  devait  partir 
aussi  le  19,  est  retenu  pour  assister  au  défilé  de  la  gar- 
nison d'Ulm  le  20,  et  n'arrive  à  Augsbourg  que  le  21  ;  il 
est  suivi  de  près  par  Gazan,  les  troupes  non  endivision- 
nées  du  5^  corps,  le  2^  corps  et  les  derniers  éléments  de 
la  Garde. 

Le  21,  Marmont,  Suchet,  Walther  et  la  Garde  arrivent 
donc  à  Augsbourg  ou  aux  environs.  La  division  Gazan 
est  seule  en  arrière,  à  GOnzbourg;  elle  atteindra 
Zusmarshausen  le  22.  Baraguey-d'Hilliers  est  à  Do- 
nauwœrth. 

L'Empereur  reprend  le  22  son  quartier  généra) 
d'Augsl>ourg. 

Lannes,  envoyé  le  18  à  la  suite  de  Murât  avec  les  divi- 
sions Nansouty  et  Oudinot,  et  avec  celle  de  Beaumont, 


232  INTRODUCTION. 

qui  a  rejoint  Heidenheim  par  GUnzbourg,  arrive  le  20  à 
Nordlingen,  s'y  trouve  inutile,  et  se  rabat  sur  Donau- 
wœrth.  Le  21 ,  Beaumont  est  à  Mertingen  ;  le  22,  il  atteint 
Âugsbourg.  Oudinot  et  Nansouty  cantonnent  le  21  à  Rain 
et  dans  les  villages  au  Sud  de  Donauwœrtb.  Le  22,  l'Em- 
pereur les  dirige  sur  Neubourg.  Murât  est  à  Nuremberg, 
où  il  arrête  sa  poursuite. 

Le  23,  TEmpereur  prévient  Bernadette  et  Davout  d'avoir 
à  rassembler  leurs  corps  d'armée  à  Munich  et  Dachau, 
et  de  se  tenir  prêts  à  partir.  Murât,  revenant  de  Nurem- 
berg, est  à  Neumarkt;  Oudinot  et  Nansouty,  sous  le  com- 
mandement de  Lannes,  à  Ingolstadt,  où  ils  retrouvent  la 
division  Rivaud.  Baraguey-d'Hilliers  est  à  Donauwœrtb. 
Suchet,  Walther  et  la  Garde  ont  dépassé  Augsbourg  et 
s'échelonnent  jusqu'à  Schwabhausen.  Marmont,  Gazan, 
Beaumont  sont  à  Âugsbourg  ;  Soult  à  Landsberg. 

Ney  reste  toujours  à  Ulm.  Bourcîer  est  rappelé  de 
Geislingen. 

Le  24,  Suchet,  la  Garde  et  Walther  ont  rejoint 
Bernadette  et  Hautpoul  à  Munich,  où  se  trouve  le 
grand  quartier  général.  Davout,  déboitant  à  gauche, 
occupe  Freising.  Oudinot  et  Nansouty  sont  encore  à 
Ingolstadt,  Murât  à  Beilngries.  Marmont  et  Beaumont 
s'échelonnent  sur  la  route  d'Augsbourg  à  Munich; 
Soult  séjourne  à  Landsberg. 

La  marche  sur  Vienne  commencera  le  lendemain. 


XXV 

Les  services  administratifs  de  la  Grande  Armée,  comme 
on  l'a  vu  dans  les  trois  premières  parties  de  ce  travail, 
étaient  dans  un  état  assez  précaire  au  moment  où  l'on 
franchit  le  Rhin.  Les  moyens  de  transport,  surtout,  étaient 
rares,  et  la  fâcheuse  idée  qu'on  avait  eue  de  faire  passer 


INTRODUCTION.  233 

par  Sampigny  les  quelques  fourgons  dont  on  disposait  à 
Boulogne,  avait  privé  Tannée  de  cette  dernière  ressource. 
Ce  ne  fut  qu'à  force  de  réquisitions,  légales  ou  non, 
qu'on  vint  à  bout  de  parer,  dans  une  certaine  mesure,  à 
ce  dénuement.  Toutes  les  voitures  requises  en  France 
furent  emmenées  avec  leurs  attelages  et  leurs  conduc- 
teurs qui,  mal  pourvus  et  mal  administrés,  réduits  au 
désespoir  par  cette  mesure  inattendue  et  par  plusieurs 
jours  de  privations,  désertèrent  en  grand  nombre  avec 
ou  sans  leurs  chevaux.  Des  voitures  furent  requises  dans 
le  pays  de  Bade  et  le  Wurtemberg  ;  le  maréchal- Soûl t 
eut  soin  de  les  renvoyer  à  leur  point  de  départ  après 
deux  ou  trois  marches,  mais  la  plupart  se  trouvèrent  bel 
et  bien  incorporées  à  la  Grande  Armée  jusqu'au  jour  où 
l'Empereur  eut  encore  besoin  de  voitures  dans  le  pays 
de  Bade  pour  y  organiser  les  relais  indispensables  aux 
ravitaillements  en  munitions  et  eflFets  de  toute  sorte. 

Quelques  renseignements  recueillis  çà  et  là  permettent 
de  se  faire  une  idée  approximative  du  nombre  de  voi- 
tures traînées  à  la  suite  de  la  Grande  Armée. 

Le  7  octobre,  le  général  Baraguey-d'Hilliers  voit 
défiler  et  compte,  à  Heidenheim,  les  voitures  des  divi- 
sions de  dragons  et  une  partie  de  celles  du  6®  corps.  Plus 
tard,  les  observations  et  les  ordres  de  Davout,  de  Soult, 
de  Lannes,  ou  de  leurs  divisionnaires,  nous  donnent 
d'autres  indications.  On  peut  admettre  qu'en  moyenne, 
chaque  régiment  de  cavalerie  ou  bataillon dmfanterie  a 
une  voiture  d'ambulance,  ou  plutôt  une  voiture  chargée 
d'instruments  de  chirurgie,  médicaments  et  objets  néces- 
saires aux  pansements.  Cette  voiture  de  réquisition  tient 
lieu  provisoirement  du  fourgon  prescrit  par  l'Empereur. 
Beaucoup  de  régiments  se  font  suivre,  en  outre,  de  voi- 
tures destinées  au  transport  des  blessés  et  éclopés.  En 
général,  une  fois  en  Bavière,  cet  abus  est  découvert  et 
interdit  par  les  maréchaux.  Ils  défendent  aussi  que  les 
vivandières   (une   par    régiment   de    cavalerie  ou   par 


234  INTRODUCTION. 

bataillon)  aient  des  voitures  :  elles  doivent  se  contenter 
chacune  d'un  mulet  ou  cheval  de  bât.  Toutes  ces  pres- 
criptions ont  pour  but,  non  pas  d'éviter  Fencombrement, 
mais  de  rendre  disponibles  le  plus  grand  nombre  de  voi- 
tures et  de  chevaux  qu'il  sera  possible.  Tout  ce  qui 
devient  libre  est  affecté  aussitôt  à  l'artillerie. 

Le  nombre  des  voitures  à  bagages  est  très  variable  : 
de  une  à  cinq  par  régiment,  quelquefois  plus.  Il  équi- 
vaut donc  à  peu  près  à  ce  qu'on  admet  aujourd'hui,  mais 
Davout  le  fait  réduire  à  deux  par  régiment.  Les  officiers 
généraux  ont  une  ou  deux  voitures; 

Les  vivres  (pain  et  biscuit)  sont  portés  par  quatre  ou 
cinq  voitures  pour  1000  hommes  ;  il  y  a  quelquefois  des 
voitures  à  viande  (une  ou  deux  par  régiment);  pour 
Favoine,  une  voiture  pour  300  chevaux,  ce  qui  représente 
à  peine  une  ration.  Le  quartier  général  de  Murât  dispose 
de  douze  voitures  d'avoine  et  seize  voitures  de  vivres. 
Il  est  donc  très  largement  approvisionné,  mais  ainsi  le 
service  de  reconnaissance  et  de  transmission  est  assuré. 

La  plupart  de  ces  voitures,  nous  l'avons  dit,  sont  des 
charrettes  ou  carrioles  conduites  par  des  paysans,  et 
requises  sur  les  deux  rives  du  Rhin.  Nos  conducteurs  et 
cavaliers  n'hésitent  pas  non  plus  à  voler  ou  «  échanger  » 
des  chevaux,  soit  dans  l'armée,  soit  chez  l'habitant. 
Aussi,  le  11  octobre,  au  moment  où  les  opérations  autour 
d'Ulm  entrent  dans  la  période  la  plus  active,  on  s'aper- 
çoit qu'il  n'y  a  plus  de  chevaux  dans  les  relais  de 
postes,  et  que  les  courriers  ne  peuvent  plus  circuler  entre 
l'armée  et  le  territoire.  Il  faut  des  ordres  sévères  pour 
reconstituer  la  poste  aux  chevaux  dans  le  Wurtemberg 
et  le  pays  de  Bade. 

Une  autre  mesure  vient  bientôt  compléter  celle-là  : 
pour  le  transport  des  armes,  munitions,  souliers, 
capotes,  etc.,  il  faut  organiser  des  relais  spéciaux 
depuis  le  Rhin  jusqu'au  Danube.  Or  les  chevaux  man« 


INTRODUCTION.  236 

quent  absolument  dans  le  pays  de  Bade.  Il  est  donc 
prescrit  k  tous  les  corps  de  renvoyer  sur  l'arrière  les 
voitures  et  attelages  requis,  pour  permettre  la  constitu- 
tion des  relais. 

Ceux-ci  ne  sont  définitivement  organisés  que  par  un 
ordre  du  23  octobre  ;  Tinspecteur  aux  revues  du  4®  corps, 
Lambert,  en  est  chargé,  et  il  résidera  à  Spire.  Les  relais 
seront  établis,  en  moyenne,  de  trois  en  trois  lieues; 
chacun  d'eux  disposera  de  soixante  voitures  à  quatre 
chevaux,  fournies  par  le  pays,  avec  un  chef  d'équipage. 
Le  loyer  sera  de  six  francs  par  voiture  et  par  jour,  et  il 
ne  sera  fait  aucune  distribution  aux  conducteurs.  Ces  voi- 
tures seront  affectées  :  un  tiers  à  Tartillerie,  un  tiers  au 
transport  des  souliers  et  capotes  accordés  aux  régiments, 
un  tiers  aux  divers  transports  de  vivres  et  d'effets.  Le 
chargement  initial,  à  Strasbourg,  sera  fait  par  les  soins 
du  directeur  d'artillerie  et  de  l'ordonnateur.  Il  en  sera 
de  même  à  Spire  et  à  Augsbourg.  Les  voyages  de  retour 
seront  utilisés  pour  les  évacuations  de  malades  ou  de 
prisonniers.  Quand  il  s'agira  de  conduire  à  l'armée  des 
caissons  chargés,  on  y  attellera  simplement  les  chevaux 
et  on  ne  déchargera  rien. 

Les  services  de  l'arrière  commencent  à  être  organisés. 
La  Route  de  f  Armée  a  été  définie  par  un  ordre  du  28  sep- 
tembre, et  les  étapes  y  ont  été  organisées  (commande- 
ment, troupes,  police,  administration).  Sur  les  observa- 
tions de  Petiet,  on  supprime  une  des  étapes. 

Après  la  capitulation  d'Ulm,  la  route  de  l'armée  est 
prolongée  jusqu'à  Augsbourg,  puis  jusqu'à  Munich.  Il  y 
a  un  grand  dépôt  d'artillerie  à  Heilbronn  (rapport  du 
21  octobre)  où  passent  journellement  50  à  75  voitures,  et 
qui  contient  un  million  de  cartouches  en  caissons  ou  en 
barils. 

La  place  d'Augsbourg  va  devenir  le  premier  dépôt 
fortifié  de  l'armée.  Le  génie  reçoit  l'ordre  de  la  mettre  à 
l'abri  d'un  coup  de  main,  en  réparant  les  portes,  palis- 


236  INTRODUCTION. 

sadant  les  ouvrages,  et  rétablissant  la  circulation  de 
Teau  dans  les  fossés.  Il  sera  laissé  à  Augsbourg  une  bri- 
gade d'officiers  du  génie,  commandée  par  un  colonel, 
avec  un  garde-magasin.  L'Empereur  ordonne  à  Songis 
d'armer  la  place  avec  les  plus  gros  canons  pris  à  l'en- 
nemi :  il  espère  que  dans  le  nombre  se  trouveront  des 
pièces  d'un  calibre  supérieur  au  16;  mais,  à  Augsbourg, 
à  Ulm,  à  Memmingen,  on  ne  trouve  que  des  canons  de 
campagne;  il  faut  se  contenter  d'armer  la  place  avec 
40  pièces  de  12  et  de  6.  Il  y  est  organisé  une  salle  d'ar- 
tifices, deux  gros  magasins  de  cartouches,  un  petit  arsenal 
de  construction,  et  une  salle  d'armes  contenant  les  fusils 
pris  à  l'ennemi.  Le  tout  doit  être  fait  en  dix  jours  par  un 
colonel  directeur,  deux  capitaines  en  second,  deux  gardes- 
magasins,  une  compagnie  de  canonniers  et  une  compa- 
gnie d'ouvriers. 

Le  général  René  commande  la  place,  avec  un  adjoint 
à  l'état-major  et  deux  adjudants  de  garnison. 

L'intendant  général  est  chargé  d'organiser  les  services 
administratifs  à  Augsbourg,  et  surtout  les  hôpitaux.  Il  y 
appellera  six  ordonnateurs  et  quarante  commissaires. 

On  distinguera,  parmi  les  hôpitaux,  ceux  qui  sont  des- 
tinés :  1^  aux  blessés  et  2^  aux  malades.  Le  nombre  des 
hôpitaux  à  établir  à  Augsbourg  n'est  pas  limité  ; 
M.  Petiet  en  organisera  le  plus  grand  nombre  possible. 
Il  créera  aussi  deux  hôpitaux  à  Ulm  (un  de  chaque 
espèce),  un  hôpital  à  Gûnzbourg,  un  à  Donauwœrth,  un 
à  Ingolstadt.  11  en  créera  le  plus  grand  nombre  possible 
à  Munich. 

Il  ne  doit  rien  y  avoir  à  Neubourg,  à  Landsberg,  ni  à 
Memmingen.  Les  blessés  ou  malades  qui  auraient  été 
laissés  dans  ces  trois  villes  seront  évacués  sur  Augs- 
bourg. (Le  maréchal  Soult,  qui  avait  réglementé  toute 
une  organisation  hospitalière  à  Landsberg  le  23,  reçoit 
Tordre  de  la  supprimer  le  24.) 

Aucun  malade  ou  blessé  ne  sera  évacué  en  arrière 


INTRODUCTION.  237 

d'Augsboupg  sans  un  ordre  spécial-  Néanmoins,  M.  Petiet 
est  invité  à  s'occuper  de  Torganisation  des  hôpitaux  sur 
la  ligne  d'étapes. 

Indépendamment  des  étapes  établies  sur  la  route  de 
Tarmée,  il  sera  placé  des  commandants  d'armes  dans  les 
villes  d'Ulm,  Gûnzbourg,  Burgau,  Rain,  Landsberg, 
Aichach,  Dachau,  Neubourg,  Neustadt,  Freising  et 
Landshut.  Le  générai  Maçon  est  nommé  commandant 
d'armes  de  Munich. 

A  Donauwœrth,  la  route  de  l'armée  bifurque  :  elle 
se  dirige,  d'une  part,  sur  Munich  par  Augsbourg,  et 
d'autre  part  sur  Landshut  par  Neubourg  et  Ingolstadt. 

Le  général  Godinot  quitte  Donauwœrth  avec  son  déta- 
chement pour  prendre  le  commandement  de  Munich. 

Le  général  Rivaud  rejoint  le  1®'  corps  d'armée  avec 
les  troupes  françaises  dont  il  disposait  à  Ingolstadt. 

L'Empereur  ordonne  qu'Ingolstadt  sera  évacué  et 
qu'il  y  aura  une  brigade  bavaroise  à  Ulm,  un  régiment 
bavarois  à  Donauwœrth,  un  bataillon  bavarois  à  Rain  et 
un  à  Landsberg. 

C'est  le  général  Baraguey-d'Hilliers  qui,  à  son  grand 
désespoir,  vient  occuper  Ingolstadt  avec  les  dragons  à 
pied,  que  l'on  remonte  peu  à  peu.  Déjà  une  brigade  a 
été  remontée  à  Ulm,  et  le  23  octobre,  il  est  envoyé  encore 
3S0  hommes  à  chaque  régiment  monté  de  la  division 
Walther.  Le  général  Milet  vient  à  Neubourg  avec  les 
dépôts  des  dragons,  et  se  trouve  placé  sous  les  ordres  de 
Baraguey-d'Hilliers,  qui  dirige  ainsi  tout  le  recrutement 
des  dragons  en  hommes  et  en  chevaux. 

Il  se  plaint  de  la  situation  peu  guerrière  qui  lui  est 
faite,  mais  ne  reçoit  pas  de  réponse. 

Un  détachement  de  2,000  Wurtembergeois  est  dirigé 
le  22  sur  Geislingen,  et  de  là  sur  Augsbourg.  Le  contin- 
gent badois  part  le  24  de  Pforzheim  pour  se  rendre  à 
Donauwœrth.  Malgré  l'alliance  des  gouvernements  avec 
l'Empereur,  les  populations  ne  cessent  de  témoigner 


238  INTRODUCTION. 

leur  hostilité  sur  le  passage  des  troupes  françaises.  Non 
seulement  elles  sollicitent  et  obtiennent  de  ne  plus  loger 
à  Garlsruhe  et  à  Mannheim,  mais  elles  demandent  que 
le  régiment  de  la  Tour  d'Auvergne  ne  soit  pas  formé  en 
territoire  badois  ;  elles  accueillent  les  prisonniers  autri- 
chiens avec  une  sympathie  qui  choque  même  les 
ministres  de  l'Électeur. 

L'administration  du  grand  quartier  général  est  aug- 
mentée et  réorganisée  pendant  les  journées  qui  iiuivent 
la  capitulation  d'Ulm. 

Une  décision  du  23  octobre  prescrit  d'organiser  une 
portion  d'administration  qui  marchera  avec  le  Major 
général  dans  les  différents  quartiers  généraux  mobiles 
que  prendra  l'Empereur.  On  lui  affectera  : 

i  ordonnateur  ou  inspecteur  aux  revues  faisant  fonc- 
tions ; 

6  commissaires  des  guerres,  dont  1  pour  les  subsis- 
tances, i  pour  les  fourrages,  i  pour  les  hôpitaux,  1  pour 
les  prisonniers  et  2  disponibles  ; 

!  chirurgien-major  et  6  à  8  chirurgiens,  2  petites 
ambulances  ; 

1  chef  et  2  employés  pour  le  service  des  transports  ; 

i  chef  et  2  employés  pour  le  service  des  vivres  ; 

1  chef  et  2  employés  pour  le  service  des  fourrages  ; 

1  adjoint  aux  commissaires  des  guerres  pour  les  pri 
sonniers  ; 

4  chariots  vides  ; 

9  gendarmes,  dont  1  brigadier. 

Ce  personnel  est  désigné  le  jour  même,  sauf  la  moitié 
des  chirurgiens,  qui  ne  se  trouvent  sans  doute  pas  en 
nombre  suffisant. 

Le  lendemain,  un  préposé  de  la  poste  est  affecté  au 
quai*tier  général  et  une  imprimerie  y  est  constituée. 

Cette  organisation  une  fois  réglée,  TEmpereur  ordonne 
(24  octobre)  aux  services  administratifs  de  la   Grande 


INTRODUCTION.  239 

Armée  de  demeurer  à  Augsbourg,  pendant  que  Tétat- 
major  général  se  porte  à  Munich. 

Le  génie  est  réorganisé  le  22  octobre.  Il  y  aura  au 
grand  quartier  général  : 

2  généraux  de  cette  arme,  3  officiers  supérieurs, 
10  officiers  subalternes,  2  compagnies  de  sapeurs  et 
10  fourgons  d'outils,  etc. 

Le  génie  de  chaque  corps  d'armée  comprend  : 

2  officiers  supérieurs,  7  officiers  subalternes,  1  com- 
pagnie et  2  fourgons. 

Le  tarif  des  prises  est  fixé  le  21  octobre  :  100  francs 
par  cheval,  60  francs  par  canon,  1  franc  par  fusil,  etc. 

L'administration  des  corps  d'armée  s'est  vue  réduite  à 
employer  tous  les  moyens  pour  entretenir  les  quatre 
jours  de  vivres  prescrits  par  l'Empereur.  Le  6®  corps  et 
la  réserve  de  cavalerie  n'ont  pu  y  songer,  étant  en 
opérations  très  actives  dans  un  pays  naturellement 
pauvre  et  déjà  foulé  par  l'ennemi.  «  Vous  ne  devez  pas, 
écrit  l'ordonnateur  du  6®  corps  au  maréchal  Ney,  compter 
sur  une  administration  qui  est  sans  moyens  et  sans  res- 
sources, et  qui  ne  peut  utiliser  ceux  des  pays  occupés 
par  l'armée  qu'avec  des  peines,  des  difficultés  et  des 
pertes  qu'il  est  impossible  de  se  peindre.  »  Le  pain  a  été 
fourni  régulièrement  jusqu'au  10. 

Au  S®  corps,  le  chef  d'état-major  ne  cesse  de  s'occu- 
per activement  de  compléter  l'approvisionnement  à 
quatre  jours  de  pain  et  de  biscuit,  ce  qui  parait  démon- 
trer qu'il  n'a  presque  jamais  manqué  du  nécessaire 
pour  assurer  les  distributions. 

Au  4®  corps,  la  troupe  «  souffre  du  manque  de  vivres  » , 
dit  Vandamme,  pendant  les  journées  du  7, du  8  et  du  9; 
on  ne  trouve  des  ressources  que  pour  le  10,  à  Augs- 
bourg, où  l'ennemi  a  fait  préparer  50,000  rations  de 
pain  au  moment  où  l'on  y  arrive.  A  Landsberg,  le  corps 
d'armée  se  procure  difficilement  une  demi-ration;  maiSi 


240  INTRODUCTION. 

à  partir  du  12,  il  semble  que  le  pain  ait  été  distribué 
régulièrement.  Les  magasins  de  Memmingen  assurent 
la  subsistance  le  15  et  les  jours  suivants.  Il  est  établi 
des  magasins  généraux  de  subsistances  au  quartier 
général,  et  les  divisionnaires  sont  invités  à  ne  pas 
requérir  eux-mêmes. 

Au  3®  corps,  le  dénuement  est  extrême  après  le  passage 
du  Danube.  A  Dachau,  on  parvient  difficilement  à  se 
ravitailler;  il  faut  étendre  les  réquisitions  dans  un 
rayon  de  60  kilomètres  pour  assurer  la  subsistance.  Le 
l®*"  corps,  qui  vit  dans  une  aisance  relative  autour  de 
Munich,  est  invité  à  abandonner  une  partie  des  res- 
sources de  cette  ville  au  maréchal  Davout;  mais,  comme 
on  peut  le  penser,  ce  partage  devient  une  cause  de  dis- 
sentiments entre  les  maréchaux.  Davout  tient  à  ce  que 
les  réquisitions  soient  frappées  et  les  distributions  faites 
régulièrement.  Il  emploie  tous  les  moyens,  met  en  acti- 
vité les  moulins,  et  les  fait  protéger  par  des  postes 
contre  les  bandes  de  maraudeurs  qui  les  envahissent 
souvent. 

La  maraude  se  développe  rapidement  au  3®  corps  ; 
ayant  demandé  en  vain  à  TEmpereur  Tautorisatiou  de 
faire  fusiller  les  coupables  pris  en  flagrant  délit,  Davout 
prend  sur  lui  de  faire  juger  et  exécuter  tous  les  marau- 
deurs pris  sur  le  fait. 

La  plupart  des  cartouches  portées  sur  l'homme  sont 
perdues  par  la  pluie,  et  il  faut  les  remplacer,  opération 
rendue  difficile  par  Téloignement  des  parcs  d'artillerie. 
Davout  essaye  de  trouver  de  la  poudre  à  Munich  pour 
refaire  des  cartouches  en  utilisant  les  balles. 

Les  souliers  accordés  par  l'Empereur  avant  le  départ 
de  Boulogne  n'ont  pas  encore  été  fournis.  Soult  a  pu  en 
percevoir  un  certain  nombre  à  Augsbourg,  mais  il  lui 
reste  six  à  sept  hommes  par  compagnie  qui  marchent 
pieds  nus.    Beaucoup  de    soldats  ont  les  pieds  et  les 


INTRODUCTION.  241 

jambes  enflés,  ne  veulent  pas  aller  à  Thôpital,  suivent 
quand  même,  et  sont  portés  souvent  comme  maraudeurs 
ou  déserteurs. 

Les  1®'  et  le  3^  corps  organisent  la  fabrication  des  sou- 
liers à  Munich. 

Le  service  de  santé  parait  à  peu  près  pourvu  du  néces- 
saire, à  force  d'expédients;  mais  les  moyens  d'évacua- 
tion font  défaut.  Chaque  régiment  a  une  voiture  de  chi- 
rurgie tenant  lieu  du  fourgon  prescrit  ;  chaque  division 
a  son  ambulance,  ainsi  que  le  quartier  général.  Un  ordre 
du  4^  corps  nous  apprend  que  les  ambulances  division- 
naires évacuent  leurs  malades  et  blessés,  quand  il  y  a 
lieu,  sur  celle  du  quartier  général,  d'où  ils  doivent  être 
évacués  sur  les  hôpitaux.  Ces  ambulances  disposent  d'un 
nombre  de  voitures  très  variable  :  une  trentaine  à  la 
division  Baraguey-d'Hilliers,  3  seulement  à  chaque 
division  de  cavalerie,  45  au  quartier  général  du  6*  corps. 
L'ambulance  de  la  division  Gudin  n'est  organisée  que  le 
23  octobre-  Davout  se  plaint  de  ne  pouvoir  diriger  ses 
malades  sur  les  hôpitaux,  faute  de  voitures,  et  de  n'avoir 
pas,  à  Dachau,  d'établissement  où  on  puisse  les  soigner 
convenablement. 

Un  ordre  de  l'Empereur  à  Murât,  du  12  octobre,  nous 
apprend  qu'en  cas  de  bataille,  chaque  corps  d'armée 
devait  organiser  une  grande  ambulance,  avec  le  premier 
chirurgien  du  corps  d'armée,  un  médecin,  un  commis- 
saire et  des  gendarmes.  11  y  était  préparé  des  lits,  du 
pain  et  du  vin,  dans  un  emplacement  désigné  par  le 
maréchal.  Pour  le  5®  corps,  nous  savons  que  cette 
grande  ambulance  fut  préparée  à  Biberach  (une  lieue 
Sud-Est  de  Weissenhorn),  en  vue  de  la  bataille  que  l'on 
prévoyait  devoir  se  produire  sur  TlUer. 

Les  ambulances  divisionnaires  devaient  se  tenir  à 
800  mètres  en  arrière  des  lignes. 

En  réalité,  c'est  une  nouvelle  campagne  que  l'Empe- 
III.  16 


242  INTRODUCTION. 

reur  commence  le  25  octobre  ;  il  marche  contre  un 
autçe  adversaire,  sur  un  autre  théâtre  d^ opérations. 

L*étonDante  conversation  dont  Mack  nous  a  conservé 
la  substance,  et  qui  eut  lieu  le  17  octobre  à  Elchingen, 
met  en  évidence  de  la  manière  la  plus  curieuise  et  la 
plus  frappante  les  dispositions  des  puissances  au  lende- 
main de  cette  colossale  victoire  d'Ulm  :  Tarméô  autri- 
chienne vient  d'être  enlevée,  anéantie,  et  pourtant  c'est 
TAutriche  qui  se  refuse  à  traiter,  c'est  Ntfpoléon  encore 
qui  dièmande  la  paix,  fût-ce  au  prix  de  cessions  territo- 
riales ! 

On  ne  manquera  de  soutenir  que  l'Empereur,  en  cette 
circonstance,  n'était  pas  de  bonne  foi  :  c'est  la  seule 
ressource  qui  reste  à  ses  ennemis  irréconciliables.  Ce 
qu'on  ne  pourra  pas  contester,  du  moins,  c'est  que  nos 
adversaires  étaient  sincères  en  refusant  la  paix. 


CHAPITRE  PREMIER 


7  octobre. 


RécapituMion  des  troupes  de  la  Grande  Armée. 
(Sans  date,) 


DESIGNATION 

DB«  COR  M. 


État-mi^or  général . 

1"  eorpi 

f       — 

3-       — 

4«       — 

&•       — 

6*       —  


Réserve  de  caralerie. 
Pares  généraux 


Totaux. 


8*  corpa 

Oarde  impériale .... 
Troopea  électorales. 


N  L>M  HHR 

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Total  aissxitRkL. 


356 
17,737 
Z0,758 
27,152 
41,358 
17,788 
24,407 
14,450 
22,015 
3,885 


100, 20(» 

27,187 

6,265 

23,815 


247,773 


244  CHAPITRE  PREMIER. 

Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Davcut 

Nôrdlingen,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

Donnez  Tordre  à  la  division  de  grosse  cavalerie  de  se  rendre 
à  Harburg,  où  il  est  nécessaire  qu'elle  arrive  aujourd'hui  avant 
4  heures  après-midi. 

L'intention  de  l'Empereur  est  que  vous  vous  rendiez  le  plus 
tôt  possible  à  Monheim,  pour  couvrir  le  Danube  depuis  cette 
ville  jusqu'à  Neuburg. 

L'Empereur  a  appris  avec  mécontentement  que  vous  aviez 
laissé  en  arrière  vos  pièces  de  12  et  beaucoup  de  munitions; 
vous  aviez  cependant  les  moyens  des  chevaux  de  réquisition,  et 
vous  êtes  le  seul  dans  l'armée  à  qui  cela  soit  arrivé,  de  manière 
que  vous  vous  trouvez  ne  pas  avoir  le  nombre  de  cartouches 
nécessaire,  ni  vos  grosses  pièces  si  utiles  dans  la  position  où 
nous  nous  trouvons  pour  passer  le  Danube. 

Sa  Majesté  a  trouvé  que  le  général  Sorbier  avait  eu  grand 
tort  de  se  fier  sur  les  approvisionnements  du  grand  parc  qui  ont 
leur  destination. 

D'ailleurs,  pourquoi  les  chevaux  de  réquisition,  qui  ont  attelé 
tout  le  parc  et  dont  toute  l'armée  s'est  servie,  ne  seraient-ils 
pas  aussi  bons  pour  vous  qu'ils  l'ont  été  pour  les  autres  ? 

Comme  il  est  probable  que  le  maréchal  Soult  va  passer,  le 
Danube  à  Donauwôrth,  il  est  très  important  que  vous  soyez  sur 
ce  fleuve  tant  pour  inquiéter  l'ennemi  que  pour  préparer  vos 
moyens  de  passage. 

Maréchal  Bbrthier. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Davout 

Donauwôrth,  le  15  vendémiaire  an  xxv  (7  octobre  1805). 

Je  reçois  votre  lettre  :  il  est  nécessaire  que  vous  couvriez  la 
rive  gauche  depuis  l'embouchure  du  Lech  jusqu'à  Neuburg. 

Le  Lech  sera  probablement  passé  cette  nuit. 

Votre  passage  à  Rennertshofen  en  sera  d'autant  plus  facile  : 
prenez  les  moulins,  défaites-les,  cela  vous  fera  autant  de  pon- 
tons. 


7  OCTOBRE.  248 

Que  votre  gauche  soit  sur  Neuburg.  Si  vous  pouviez  avoir 
une  brigade  au  jour  sur  la  rive  droite,  il  est  probable  qu'elle 
ferait  des  prisonniers  et  qu'elle  pourrait  couper  une  colonne  de 
Tennemi. 

Du  moment  que  le  maréchal  Soult  aura  passé  à  Rain,  et  que 
vous  aurez  passé  le  Danube,  faites  courir  des  partis  après  Ten- 
nemi,  afin  de  connaître  le  chemin  qu'aura  pris  le  corps  que 
Tennemi  avait  laissé  pour  défendre  depuis  le  Lech  Jusqu'à 
Ratisbonne. 

Portez  votre  quartier  général  demain  à  Neuburg,  et  faites 
rétablir  promptement  le  pont.  g 

Le  17  (9  octobre),  le  maréchal  Bemadotte  attaquera  Ingol- 
stadt  :  vous  marcheriez  pour  attaquer  le  corps  qui  voudrait 
défendre  cette  ville,  si,  toutefois,  il  s'en  trouvait. 

Le  général  Marmont  doit  se  placer  de  Neuburg  à  Ingolstadt. 

Maréchal  Bbbthier. 


Le  général  Belliard  au  général  Klein. 

Le  15  yendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805),  à  minait. 

D'après  les  ordres  de  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince 
Murât,  vous  réunirez  toute  votre  division  pour  vous  porter  à 
Mauren,  où  vous  recevrez  de  nouveaux  ordres.  Vous  ferez 
reconnaître  aussitôt  votre  arrivée  à  Mauren,  Ebermergen  et 
Wômizstein,  poussant  même  jusqu'à  Donauwôrth.  La  3®  divi- 
sion sera  à  votre  droite  à  Buggenhofen.  Vous  devrez  arriver  à 
Mauren  avec  votre  tête  de  colonne  à  5  heures  ^lu  matin. 

BfiLLlABD. 


Le  général  Belliard  au  général  Walther. 

Le  15  yendémiaire  an  xiy  (7  octobre  1805),  à  minuit. 

Conformément  aux  ordres  de  Son  Altesse  Sérénissime  le 
prince  Murât,  vous  partirez  de  Ringingen  avec  toute  votre 
division  pour  vous  porter  à  Oppertshofen  où  vous  devez  arriver 


246  CHAPITBS  PREMIER. 

à  5  heures  du  matin  et  où  vous  raeevre;  da  nouveaux  ordres. 
Vous  pousserai  de  suite,  aussitôt  votre  arrivéa  h  Oppartshofap, 
une  forte  reconnaissance  sur  Mùuster.  La  division  Baaumont 
sera  à  Buggenhofen.  Marchez  toujours  avec  beaucoup  da  pré- 
caution. 


Le  même  au  général  Beaumont 

Vous  partirez  ce  matin  avec  votre  division  pquf  VPU^  por^r 
à  Buggenhofen,  où  vous  devrez  arriyer  à  6  beuras  du  inatin 
ayep  votre  téta  de  colonne,  où  vous  recevrez  de  nouveau^ 
ordres.  Aussitôt  votre  arrivée,  vous  pousserez  des  reconnais- 
sances  sur  Schwarzenberg  et  sur  Wôrnizsteini  ^  oo  46rnier 
village,  elle  pourra  se  réunir  aux  reconnaissances  du  général 
Klein,  pour  pousser  ensemble  sur  Donauwôrth. 

La  division  Klein  sera  à  Mauren,  celle  de  Walther  à  Opperts- 
hofen.  Le  Prince  se  rend  à  Bissingen,  sur  la  route  de  Bingingen. 

Bblliard. 


Le  même  au  général  Baraguey-cTHilliers. 

Son  Altesse  Sérénissime  me  charge  de  vous  dire  que  son 
intention  est  que  vous  restiez  en  position  à  Heidenheim  aujour- 
d'hui et  demain,  en  vous  établissant  militairement.  Le  Prince 
pense  que  toutes  vos  troupes  doivent  être  réunies  et  bivoua- 
quées  comme  le  reste  de  Tarmée,  afin  d'être  toujours  en  mesure, 
si  Tennemi  venait  attaquer.  Le  général  Bourcier,  avec  sa  divi- 
sion, garde  toujours  le  débouché  de  Geislingen  et  doit  former 
votre  avant-garde.  Je  vous  prie  de  le  prévenir  que  vous  restez 
aujourd'hui  à  Heidenheim.  M.  le  maréchal  Ney  était  hier  à 
Gingen.  Le  Prince  ne  sait  pas  s'il  a  dû  faire  un  mouvement 
aujourd'hui. 

Bklliard 


7  OOTQBBB.  947 

Rapport  des  mouvements,  etc.,  du  corps  d'armée  de  réserve. 
Journée  du  i5  vendémiaire  an  XIV  (7  octobre  1805). 

Le  Prince,  impatient  d'arriver  à  Donauwôrth,  fit  partir  ses 
trois  divisions  de  dragons  à  cheval  à  2  heures  du  matin  et  les 
dirigea  par  difTérents  chemins  pour  déboucher  dans  la  plaine 
auprès  de  cette  ville. 

En  route,  le  Prince  fut  instruit  que  les  Français  occupaient 
Donauwôrth  et  que  les  ennemis,  qui  avaîept  coupé  le  pont, 
étaient  sur  la  rive  droite  pour  en  empêcher  le  rétablissement. 
Alors  il  donna  ordre  à  la  2®  division  de  dragons  ainsi  qu'au 
bataillon  de  dragons  à  pied  de  se  porter  rapidement  sur  Munster, 
où  il  se  rendit  lui-même. 

Le  pont  n'était  pas  coupé^  on  s'en  servit,  et  le  Prince  voulant 
envelopper  tout  le  corps  qui  était  en  avant  de  Donauwôrth  fit 
déboucher  la  division  Walther  par  le  pont  de  Munster  et  ordonna 
au  général  de  se  porter  sur  les  derrières  de  Tennemi  dans  les 
plaines  d'Heisesheim  et  Nordheim,  pour  le  combattre  s'il  faisait 
rçsistance  et  le  poursuivre  rapidement  jusqu'au  pont  de  Rain 
sur  le  Lech,  dont  le  Prince  voulait  se  rendre  maître,  avant  que 
les  Autrichiens  eussent  pu  le  détruire. 

Ce  plan,  savamment  conçu,  eût  eu  une  entière  exécution  si 
quelques  coups  de  canon,  tirés  trop  tôt  des  hauteurs  de  Donau- 
wôrth, n'avaient  pas  débusqué  l'ennemi,  qui  se  retira  avant  que 
la  division  pût  arriver;  il  était  10  heures  du  matin. 

Il  fit  pousser  en  même  temps  des  reconnaissances  sur  Hôch- 
stadt  et  PfafTenhofen. 

Ces  dispositions  faites,  le  Prince  fut  à  Donauwôrth,  où  les 
deux  autres  divisions  eurent  ordre  de  se  rendre. 

Elles  se  mirent  en  bataille  en  arrière  de  la  ville. 

Le  bataillon  de  dragons  à  pied  fut  établi  à  Munster  pour 
garder  le  pont. 

Deux  bataillons  du  corps  d'armée  de  M.  le  maréchal  Soult 
passèrent  le  Danube  dans  des  bateaux,  pour  protéger  le  réta- 
blissement du  pont;  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât 
fait  embarquer  son  escorte,  150  dragons  d'élite  de  la  division 
Klein  commandés  par  le  chef  de  brigade  Watier,  passe  le 
Danube  et  pousse  en  avant. 

Son  premier  projet  était  manqué;  il  fit  poursuivre  Tennemi 


248  CHAPITRE  PREMIER. 

sur  le  pont  de  Rain,  et  en  même  temps  il  ordonna  à  la  division 
Walther,  dont  le  colonel  Watier  formait  Tavant-garde,  d'aller 
passer  au  gué  d'Oberndorf  et  de  rabattre  par  la  gauche  sur  la 
ville  de  Rain  et  sur  le  pont  pour  tourner  Tennemi. 

Le  Prince  se  dirigea  sur  le  pont;  Tennemi  s'était  retiré  préci- 
pitamment, avait  passé  le  Lech  et  coupé  deux  arches  du  pont  ; 
les  ordres  étant  donnés  pour  le  rétablir,  le  Prince  fut  sur  Obem- 
dorf.  L'avant-garde  de  150  dragons  d'élite  avait  déjà  passé  le 
gué  ;  le  colonel  Watier,  qui  la  commandait,  se  trouva  en  pré- 
sence d'environ  600  hommes  de  cavalerie  ;  il  n'hésita  pas  de  les 
charger  malgré  la  supériorité  du  nombre  et  parvint  à  enfoncer 
la  première  ligne,  mais,  assailli  par  toute  la  troupe,  il  dut  faire 
un  mouvement  rétrograde  et  attendre  la  division. 

La  cavalerie  ennemie,  qui  était  restée  pour  protéger  la 
retraite  de  l'infanterie  et  des  bagages,  ayant  rempli  son  but, 
quitta  le  champ  de  bataille.  Le  Prince  passa  presque  à  la  nage 
avec  la  division,  poursuivit  l'ennnemi  sans  pouvoir  l'atteindre, 
descendit  le  Lech  jusqu'à  Rain,  y  établit  sa  division  et  revint 
par  le  pont  de  Rain  qui  avait  été  rétabli. 

Les  l»"®  et  *V  divisions  restèrent  en  position  en  arrière  de 
Donauwôrth. 

Les  dragons  à  pied  et  la  ^^  division  ont  passé  momentané- 
ment sous  les  ordres  de  M.  le  maréchal  Ney. 


Marches  et  rapports  historiques  de  la  V"  division 
de  dragons  montés. 

Ije  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

La  division  s'est  portée  sur  les  hauteurs  en  arrière  et  près  de 
Donauwôrth,  où  elle  a  été  passée  en  revue  par  Sa  Majesté  l'Em- 
pereur et  y  est  restée  la  nuit  au  bivouac. 

Jusque-là,  l'armée  n'avait  éprouvé  aucun  obstacle  dans  sa 
marche;  les  ennemis  s'étaient  toujours  retirés  à  notre  approche 
et  aucun  coup  n'avait  encore  été  donné. 

Parvenue  à  Donauwôrth,  elle  trouva  le  pont  du  Danube  coupé 
et  gardé  par  de  l'infanterie  autrichienne,  qui  déclara  avoir  ordre 
de  s'opposer  à  son  rétablissement. 


7  OCTOBRE.  249 

Quelques  coups  de  canon  suffirent  pour  terminer  la  discussion 
et,  dès  le  soir,  le  pont  fut  rétabli.  Pendant  qu'on  y  travaillait, 
il  fut  choisi  dans  tous  les  corps  de  la  division  un  détachement 
de  ioO  chevaux,  commandé  par  le  colonel  Watier,  qui  passa 
dans  des  hateaux  pour  aller  faire  une  reconnaissance  à  la  rive 
droite  du  Danube,  et  donner  la  chasse  aux  ennemis  qui  se  trou- 
vaient dans  cette  partie,  et  qui  s'étaient  retirés  vers  Rain.  Le 
détachement  se  dirigea  sur  ce  point,  mais,  parvenu  au  pont  du 
Lech,  il  le  trouva  également  coupé  et  gardé  par  des  uhlans  ; 
pour  passer  cette  rivière,  il  la  remonta  jusqu'à  Obemdorf,  et 
s'y  arrêta,  pendant  qu'on  faisait  reconnaître  un  gué. 

Quelques  tirailleurs  traversèrent,  non  sans  danger,  cette 
rivière  à  une  demi-lieue  au-dessus  du  village  et  furent  immédia- 
tement après  suivis  par  tout  le  détachement.  Ce  ne  fut  qu'en 
arrivant  sur  la  rive  gauche  de  l'Ach,  qu'on  aperçut  l'ennemi 
posté  près  d'Ober-Peiching  ;  quelques  dragons  mirent  pied  à 
terre  et  commencèrent  à  tirailler  en  même  temps  ;  d'autres  tra- 
versèrent la  rivière  et  fondirent  sur  les  vedettes,  qui  se  repliè- 
rent aussitôt;  le  peloton  des  tirailleurs  les  ayant  suivis,  le 
colonel  Watier  fit  mettre  pied  à  terre  à  une  division  pour  pro- 
téger le  gué  en  cas  de  retraite  ;  mais,  comme  l'ennemi  conti- 
nuait à  se  retirer,  il  fit  passer  tout  son  détachement,  dont  il  cacha 
la  faiblesse  en  se  couvrant  à  propos  par  des  bois  et  des  ravins. 

On  apercevait  dans  la  plaine  deux  colonnes  de  cavalerie  que 
Ton  estimait  être  de  r>00  à  700  hommes,  et  plus  loin  sur  le  revers 
de  la  montagne,  au  sud  de  Baier-Dilling,  une  troupe  d'infanterie 
dont  on  n'a  pas  connu  la  force. 

Le  jour  commençant  à  baisser,  et  la  retraite  de  l'ennemi 
paraissant  décidée,  le  colonel  Watier  plaça  sa  troupe  sur  un 
rang  et  forma  deux  échelons,  qui  marchaient  à  une  assez  grande 
distance  pour  en  imposer  sur  leur  force;  on  continua  dans  cet 
ordre  et  en  s'arrêtant  souvent,  jusqu'à  ce  que  les  tirailleurs 
eussent  balayé  la  plaine. 

Il  était  nuit  close  quand  le  détachement  arriva  à  une  demi- 
lieue  de  Pessenburkheim,  sur  la  route  qui  conduit  de  Rain  à 
Aichach;  le  colonel  Watier  fit  former  ses  divisions;  il  dirigea 
ensuite  sa  troupe  en  colonne  par  quatre,  sur  Pessenburkheim  ; 
l'ennemi  ayant  été  aperçu,  l'officier  qui  commandait  le  premier 
peloton  reçut  ordre  de  le  charger  en  queue  ;  il  n'avait  pu  encore 


SKO  CHAPITBB  PBEHIER. 

l'atteindre,  lorsqu'il  distingua  en  bataille  très  près  de  lui,  toute 
la  cavalerie  que  Ton  avait  remarquée  pendant  le  jour;  dans  le 
même  moment,  Tennemi  sonna  la  charge  et  fondit  sur  lui  avec 
impétuosité. 

Quelques  pelotons  de  uhlans  cherchèrent  è  couper  la  retraite 
au  détachement,  en  se  prolongeant  à  droite  et  à  gauche  de  la 
route  qu'ils  occupaient;  dans  cette  circonstance  embarrassante, 
les  officiers  et  les  dragons,  ne  prenant  conseil  que  de  leur 
propre  courage,  passèrent  le  fossé  qui  les  séparait  de  Tennemi, 
et  tombèrent  avec  une  telle  ardeur  sur  les  pelotons  qui  avaient 
presque  gagné  la  queue  de  la  colonne,  qu'ils  les  culbutèrent  et 
les  poussèrent  dans  le  plus  grand  désordre  ;  on  sonna  le  rallie- 
ment, mais  l'ennemi  survint  en  si  grande  force,  que  ce  ne  fut 
que  400  pas  plus  loin  que  l'on  put  se  former;  le  détachement  se 
porta  de  nouveau  en  avant.  Mais  l'ennemi  avait  disparu.  On  se 
retira  en  bon  ordre  sur  Rain. 

Dans  cette  affaire,  qui  fut  extrêmement  vive,  les  uhlans  eurent 
3  hommes  de  tués  et  considérablement  de  blessés,  à  en  juger 
par  les  armes  des  dragons,  dont  grand  nombre  se  trouvèrent 
ensanglantées;  on  leur  prit  6  hommes  et  8  chevaux.  Les  dragons 
eurent  1  homme  de  tué,  SI  blessés  et  8  prisonniers. 


/.e  m&réche^l  Soult  au  g^riéral  V^fc/ainmo* 

Donaaworth,  le  15  vendémiaire  an  xiy  (7  octobre  1806).     . 

Monsieur  le  (jénéral, 

La  division  que  vous  commandez  prendra  position  à  gauche 
de  Donauwôrth,  et  vous  disposerez  le  24«  d'infanterie  légère  sur 
les  deux  rives  du  Danube  pour  protéger  l'établissement  du  pont. 
Les  trois  régiments  de  cavalerie  légère  se  réuniront  sous  les 
ordres  du  général  Margaron,  en  arrière  de  Donauwôrth,  et  se 
tiendront  prêts  à  passer  le  Danube  aussitôt  que  le  pont  sera 
rétabli. 

Son  Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât  m'ayant  prévenu  que 
ses  troupes  prenaient  poste  en  avant  du  pont  de  Munster,  vous 
voudrez  bien  en  faire  retirer  celles  de  la  division  que  vous  com- 
mandez. 


1  OCTOBRE.  281 

Je  vous  invite  à  faire  établir  les  gardes  nécessaires  aux  maga- 
sins que  les  Autrichiens  ont  laissés  dans  la  ville,  à  charger  votre 
commissaire  d'en  faire  le  dénombrement.  Il  m'en  rendra  immé- 
diatement compte;  vous  lui  prescrirez  de  faire  cuire  la  plus 
grande  quantité  de  pain  possible,  de  le  faire  réunir  à  celui  que 
la  ville  aura  livré  par  suite  des  réquisitions  qui  lui  ont  été 
faites,  pour  qu'il  en  soit  disposé  sur  un  nouvel  ordre  que  je  don- 
nerai. 

J'ai  l'honneur Soolt. 

P,'S.  —  Renvoyez,  je  vous  prie,  au  8«  régiment  de  hussards, 
les  hommes  de  ce  corps  qui  font  près  de  vous  le  service  d'pr- 
donnance. 


U  murécfta/  Sqult  ^  /'Empensfur. 

I^  15  yendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 
Sire, 

Ge  matin  Fennemi  gardait  encore  le  pont  du  Danube  à  Donau- 
wôrth;  à  l'arrivée  de  la  compagnie  d'artillerie  légère,  quelques 
coups  de  canon  l'ont  forcé  à  s'éloigner;  en  ce  miEiinent  op  tra- 
vaille au  rétablissement  du  pont,  et  j'espère  que  dans  quatre 
heures  il  sera  en  état. 

J'ai  fait  passer  le  Danube  à  un  bataillon  du  24®  d'infanterie 
légère  ;  il  est  sous  la  protection  de  nos  batteries  et  ne  peut  être 
compromis. 

Le  général  Vandamrae  s'était  aussi  emparé  pendant  la  nuit 
du  ppiït  de  Mûi^^ter  (i|ae  Ijepe  ^u-dessus  dp  Don^iuwQrth)  que 
Tennemi  a  laissé  intact  ;  un  bataillon  du  24®  d'infanterie  légère, 
deux  escadrons  du  11«  régiment  ^p  ph^sseuf^  pt  ^^ux  pièces 
de  4  le  couvrent  en  avant.  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince 
Murât  y  a  déjà  porté  une  de  ses  divisions,  et,  sur  sa  demande, 
j'en  fais  retirer  les  troupes  de  la  2«  division  qui  s'y  trouvent. 

Le  Prince  a  déjà  fait  passer  le  Danube  à  un  escadron. 

Le  régiment  de  Joseph  Colloredo,  autrichien,  défendait  le 
pont  de  Donauwôrth,  il  avait  1000  hommes  dans  la  ville  et  le 
restant  à  Nordheim  ou  le  long  du  Danube  ;  800  à  900  hommes 


252  CHAPITRE  PREMIER. 

de  cavalerie  étaient  répandus  dans  la  plaine;  Tennemi  s'est 
retiré  vers  le  Lecb. 

Le  maître  de  poste  de  Donauwôrth  assure  que  les  Autrichiens 
ont  du  côté  de  Rain  25,000  hommes  sous  les  ordres  des  généraux 
Kienmayer  et  Gottesheim  ;  il  assure  aussi  que  le  général  Mack  y 
est  arrivé,  et  enfin  que  les  Autrichiens  veulent  se  défendre  dans 
cette  partie  ;  cet  homme  était  effrayé,  et  je  suis  persuadé  que  la 
peur  lui  a  fait  grossir  le  nombre.  Aussitôt  que  la  cavalerie 
pourra  passer  sur  le  pont,  je  ferai  battre  la  plaine  pour  tâcher 
de  faire  quelques  prisonniers. 

La  division  Vandamme  arrive  et  va^ prendre  position  à  gauche 
de  la  ville. 

Les  deux  autres  divisions  suivent,  mais  sont  encore  éloi- 
gnées. 

J 'ai  rhonneur Soult. 

P.-S,  —  Dans  Tinstant,  on  m'amène  10  prisonniers  du  régi- 
ment de  CoUoredo  ;  ils  disent  qu'il  y  avait  dans  cette  partie  le 
régiment  d'Erbach  avec  le  leur,  ainsi  que  les  hussards  de  Liech- 
tenstein ;  qu'à  Rain  il  y  a  un  grand  camp  dont  ils  n'évaluent 
pas  la  force,  mais  il  paraîtrait  que  c'est  celui  du  général  Got- 
tesheim qui  s'est  réuni  au  général  Kienmayer.  Ils  confirment 
qu'il  y  a  toujours  beaucoup  de  troupes  à  Ulm  et  que  l'archiduc 
Ferdinand  ainsi  que  le  général  Mack  sont  à  Constance. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Davout 

Sur  le  pont  do  Donauwôrth,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Je  vous  préviens  que  les  dragons  aux  ordres  de  M.  le  maréchal 
Murât,  et  le  corps  de  M.  le  maréchal  Soult,  ont  en  partie  passé 
le  Danube.  L'Empereur  va  entreprendre  de  forcer  le  passage  du 
Lech. 

Sa  Majesté  désire.  Monsieur  le  Maréchal,  que  vous  fassiez  atta- 
quer la  tête  du  pont  de  Neuburg  et  que  vous  tâchiez  de  commu- 


7   OCTOBRE.  253 

niquer  avec  la  division  du  maréchal  Soult  qui  marche  sur  le  Lech. 
Vous  devez  tâcher  de  communiquer  entre  l'embouchure  du  Lech 
et  Altesheim. 

Maréchal  Berthibr. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Ney. 

Nftrdlingen,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

L'Empereur  vous  trouve  très  bien  placé  à  Giengen. 

Le  Danube  vient  d'être  passé  à  Donauwôrth  par  le  maréchal 
Soult  ;  l'ennemi  parait  très  en  force  à  Neuburg  pour  défendre  le 
Lech.  L'intention  de  Sa  Majesté  serait  d'attaquer  actuellement 
Ulm  ;  vous  l'attaqueriez  par  la  rive  gauche  du  Danube  et  le  ma- 
réchal Soult  par  la  rive  droite  ;  mais,  comme  le  maréchal  Soult 
ne  peut  être  dans  le  cas  de  marcher  que  demain  matin,  faites-moi 
connaître,  par  le  retour  de  mon  courrier,  si  l'ennemi  a  encore  du 
monde  à  Ulm  et  ce  qu'il  y  fait. 

L'Empereur  ferait  en  même  temps  marcher  sur  Augsburg  et 
Landsberg,  pour  couper  tout  ce  que  Tennemi  aurait  encore  sur 
l'Iller. 

Emparez-vous  de  Gundelfingen  et  Lauingen,  ainsi  que  d'un  ou 
deux  ponts  sur  le  Danube,  afin  que  si,  d'après  les  nouvelles  que 
l'Empereur  va  recevoir,  Sa  Majesté  voulait  vous  faire  marcher 
sur  le  haut  Lech,  vous  puissiez  le  faire  par  une  marche  de  flanc. 

Envoyez  aussi  des  patrouilles  de  cavalerie  sur  Donauwôrth, 
afm  que  nous  soyions  maîtres  de  toute  la  rive  gauche  et,  par  là, 
nos  communications  seront  très  faciles. 

Maréchal  Berthier. 

Nôrdlingen,  le  15  Tendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

Ordre  à  toute  l'artillerie  du  général  Gazan  et  à  toute  la  réserve 
du  maréchal  Lannes  de  se  mettre  en  marche,  aujourd'hui,  pour 
Ellwangen(l). 

Maréchal  Berthier. 

(i)  Nous  donnons  sous  toutes  réserves  cet  ordre  étrange,  qui  ne  nous 


SB4  CHAPTTRB  PREttlER. 

Lb  prinoe  Murai  à  rEmperùur. 

J'ai  l'l\ouneur  de  rendre  compte  à  Votre  Majesté  que  lorsque 
j'ai  reçu  Tordre  de  Votre  Majesté  de  passer  le  Lech,  le  colonel 
Watier  Tavait  déjà  passé  à  Obemdorf,  où  je  vais  passer  avec  les 
trois  réginienis  de  Soult  et  les  cinq  de  Walther.  Je  donnerai  ordre 
de  reconnaître  t'*riédbci^,  sur  la  rolllé  d'AiigSburg  à  Munich,  et 
Neubiirg  qui  dut  être  évacué.  J'ai  vu  revenir  de  la  cavalerie  et 
de  Tinfanterie  de  ce  côté.  On  a  reconnu  Mertingen.  Il  n'y  avait 
personne  à  xVugsburg.  Le  quartier  gétiéhd  étaii  etibore  hier  à 
Memmingeâ,  où  e^t  toute  l'at*tnée,  e*e^t-à-dire  tt  qui  ne  s^était 
pa»  entore  porté  M  avant. 

{Sans  date.)  MuftAT. 


Le  maréchal  Soiift  à  fEmjMreiAr. 

Le  15  rendéaikire  aa  ut  (7  ociobr»  1805). 


Slf^, 


J^ai  quitté  to  prtnee  Murât  à  Obemdorf  «  au  momeiil  où  Son 
Altesse  se  disposait  à  passer  le  Lech  avec  la  cavalerie  légère  du 
!•  corps  d*armfe  ;  depuis  quatre  heures,  le  colonel  Watier,  arec 
iro  dragons,  e*t  sur  la  rive  droite  de  celte  ririère,  mais  le  Prince 
n^avait  encore  reçu  aucun  rappoH. 

i.Vnnemi  a  évacué  Rain  à  6  hetffe«  du  soir  cl  le  bailli  est  Tenu 
de  suite  près  le  général  Candras.  qui  était  sur  la  rire  droite,  lui 
faùre  offre  de  service  :  il  s  est  nié  me  empressé  d  envoyer  des  oo- 
>ricr!i  p^mr  réparer  le  pi»nt.  mais  ne  l'ayant  pas  ^u.  je  n'ai  pu  loi 
faire  des  questions. 


t*:  ivnau  ^ue  jor  ud«'  cvkfà*  tiu  r^^tstr*  de  Berlhifr,  où  k*  *fT«un  *k 
noîus  j^r:f*v5  .ils>Qd<eat.  Pir  ffvemplt*.  ro4rdn*  prw^t^nt,  di>iit  roriiinAl 
^^\i>:<'    Auv   Arvh-.Tç^   du  pciiKv    ^i^   U  Moi*ài>w:i,   i  <êtc   rwofi^  sur  W 

:  ov>:.,-;  a::  *  vu  d^  r<  f*A*f  T^o^:  G'hL-**^.'*^ i^-p^*.  xu  LiT^a  ^«f  G^Md/iimfem, 


7  OCTOBRE.  2BB 

Je  crois  que  le  pont  sera  entièrement  rétabli  à  2  heures  du 
matin,  déjà  les  jjbutres  d'utte  des  délit  travées  sont  placées. 

J'ai  donné  ordre  au  général  Candras  d'occuper  Rain  avec  un 
bataillon  du  21**  d'infanterie  légère  ;  depuis  six  heures  il  y  a  deux 
compagnies,  en  avant  du  pont,  qui  couvrent  les  ouvriers. 

J'ai  fait  établir  la  2«  division  en  avant  du  village  de  Gender- 
kingen,  mais  elle  a  laissé  le  57^  régiment  en  avant  du  village  dé 
Nordheim  pour  couvrir  le  pont  de  Donauwôrth. 

La  3«  division  est  en  position  entre  Donauwôrth  et  le  village 
de  Berg. 

La  l''c  division  occupe  la  position  à  gauche  de  la  ville. 

La  4®  division  arrive  aujourd'hui  à  Nôrdlingen  et  demain  se 
rendra  à  Donauwôrth. 

J'ai  l'honneur  de  supplier  Votre  Majesté,  d'avoir  la  bonté  de 
me  donner  ses  ordres  sur  la  nouvelle  direction  à  donner  au  4®  corps 
de  son  armée. 

J'ai  l'honneur Soult  (1). 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Scult 

DonauwArth,  lo  !*>  vondémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

Le  bataillon  que  le  général  Legrand  avait  laissé  pour  garder 
Donauwôrth  y  restera  jusqu'à  ce  (|u'il  soit  remplacé  par  un  ba- 
taillon d^  la  division  Suchet. 

Le  général  Suchet,  à  son  arrivée,  prendra  position  en  avant 
du  pont,  derrière  le  général  Saint-Ililaire,  on,  si  le  général  Saint- 
Hilaire  est  parti,  il  prendra  sa  place. 

Maréchal  Berthier. 


(i)  Le  même  jour,  Soult  réduit  le  nombre  des  cavaliers  d'ordonnance 
détachés  auprès  de  lul  à  4,  et  celui  des  cavaliers  fournis  à  chaque 
division  d'infanterie  à  iO. 


256  CHAPITRE  PREMIER. 

Le  maréchal  Berthier  au  général  Lagrand. 

DOnauw(}rth,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

Ordre  au  général  Legrand  de  partir  demain,  à  5  heures  du 
matin,  avec  sa  division  pour  se  rendre  sur  le  Lech  du  côté  de 
Rain  :  il  enverra  demander  des  ordres  au  maréchal  Soult  qui  se 
trouve  sur  ces  positions. 

Maréchal  Bbbthibr. 


Le  maréchal  Berthier  au  général  SainUHilaire. 

Donaaw»rth,«Ie  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

Ordre  au  général  Saint-Hilaire  de  passer  demain,  à  7  heures  du 
matin,  le  pont  de  Donauwôrth  et  de  prendre  un  bivouac  sur  deux 
lignes,  à  une  demi-lieue  en  avant  du  pont,  ayant  avec  lui  son 
artillerie,  pour  être  à  même  de  se  porter  sans  retard  où  les  cir- 
constances Texigeraient. 

Maréchal  Bbrthibr. 


Le  maréchal  Berthier  au  général  Suchet. 

Donaawnrth,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

Il  est  ordonné  au  général  Suchet  de  partir  demain  16  (8  oc- 
tobre), à  la  pointe  du  jour,  pour  se  rendre  à  Donauwôrth  avec 
toute  sa  division. 

Maréchal  Berthibb. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Ney, 

Donauwôrth,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7" octobre  1805). 

Ordre  au  maréchal  Ney  de  se  tenir  où  il  est,  de  faire  des  recon- 
naissances sur  Ulm  ;  prévenir  Tétat-major  de  tous  les  mouvements 
(|ue  l'ennemi  fera,  soit^ur  la  rive  droite,  soit  sur  la  rive  gauche. 


7  OCTOBRE.  237 

Qu'il  se  prépare  à  passer  le  Danube,  afin  qu'il  puisse  le  faire,  du 
moment  où  il  lui  en  sera  donné  Tordre. 

Le  prévenir  que  le  maréchal  Davout  passera  à  Neuburg  et  le 
maréchal  Bemadotte  à  Ingolstadt. 

Maréchal  Bbrthier. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Lannea. 

DonauwOrth,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

Donnez  Tordre  à  la  division  de  grenadiers  de  se  rendre  au  pont 
de  Munster;  et  à  l'artillerie  de  rejoindre  demain  16  {8  octobre). 

Donnez  ordre  à  votre  cavalerie  de  passer  le  pont  à  la  petite 
pointe  du  jour  et  d'éclairer  la  route  qui  va  de  Dillingen  à  Augs- 
burg;  elle  scr cantonnera  dans  la  plaine. 

Maréchal  Berthier. 


Le  maréchal  Berthier  au  général  Gazan. 

DonauwOrth.  le  15  vendémiaire  an  xnr  (7  octobre  1805). 

11  est  ordonné  au  général  Gazan  de  se  rendre  à  Neresheîm,  et 
au  pont  de  Munster,  aussitôt  qu'il  le  pourra  c  de  Aalen,  il  passera 
par  Neresheim,  Eglingen,  Amerdingen  (Marsal),  Bissingen  et,  de 
là,  à  Munster. 

L'artillerie  de  la  division  Gazan,  de  Neresheim,  passera  par 

Nôrdlingen. 

Maréchal  Berthibr. 


Le  maréchal  Berthier  au  général  Baraguey-d'Hilliers. 

Donanwdrth,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

11  est  ordonné  aux  dragons  à  pied  de  se  porter,  le  16  (^  oc- 

tof/re)^  à  Neresheim. 

Maréchal  Berthier. 

m.  17 


S58  CHAPITRE  PREMIER. 

Le  maréchal  Benthier  au  général  Bourcier. 

DonaawArth,  le  15  rendémiaire  au  xtv  (7  octobre  1805). 

I]  est  ordonné  au  général  Bourcier  de  se  porter,  le  16  (8  oc- 
tobre).  à  Neresheim. 

Maréchal  Bertuirr. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Besaières. 

Donauwftrth,  le  15  vendémiaire  an  xtv  (7  octobre  1805). 

Il  est  ordonné  à  toute  la  cavalerie  de  la  Garde  de  partir  demain 
16,  avant  le  général  Suchet,  c'est-à-dire,  avant  la  pointe  du  jour, 
avec  son  artillerie,  pour  se  rendre  à  Donauwôrth,  où  il  est  néces- 
saire qu'elle  soit  à  iO  heures  du  matin. 

Ordro  à  toute  la  division  de  la  Garde  de  partir  demain  i6 
(S  octobre) y  à  7  heures  du  matin,  pour  Donauwôrth. 

Même  ordre  au  grand  (|uartier  général. 

Maréchal  Bbrthibr. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  BeaBièrea. 

Donaawnrth,  le  15  yendémi&iro  an  xiv  (7  octobre  1805). 

L'inranterie  de  la  Garde  sera  logée  dans  Donauwôrth. 

Un  bataillon  bivouaquera  en  avant  du  pont  et  des  consignes 
seront  données. 

La  cavalerie  de  la  Garde  bivoua(|ucra  sur  les  hauteurs,  devant 
Donauwôrth. 

Maréchal  Berthier. 


Le  maréchal  Berthier  au  général  d*HautpouL 

Donaawôrth,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

11  est  ordonné  au  général  d'Hautpoul,  du  moment  où  il  sera 


7  ooToflftK.  259 

arrivé  à  Nôrdlingen,  de  sd  diriger  sur  Donauwôrth,  où  il  atteti-' 
dra  de  nouveaux  ordres. 

Maréchal  Bbethibr. 


Le  maréchal  Berthier  au  général  de  Nànsouty. 

Donauwdtih,  té  15  vendémiaire  an  xrv  (7  octobre  1805). 

Ordre  au  général  de  Nanaouty  de  partir  demain  à  5  heures  du 
matin  pour  bivouaquer  sur  deux  lignes,  à  trois  quarts  de  lieue 
en  avani  de  Donauwôrth  ;  il  sera  là  avee  son  artillerie^  et  tout 
le  monde  restera  au  corps,  a(in  qu'il  puisse  se  mettre  en  moUvc-" 
ment  au  premier  ordre.  Il  fera  cependant  faire  la  soupe  aux 
cavaliers* 

Maréchal  Bkrthibr. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Bernadotte. 

t)onaaw6rih,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

L'Int^titioti  de  TEmpereur  est  que  vous  vous  portiez  le  17 
(9  mtgbte)  sur  Ingolsiadt,  que  tous  vous  en  empariez,  que  vdtis 
rétablissiez  le  pont  et  que  vous  fassiez  passer  le  Danube  au 
corps  bavarois. 

Maréchal  Berthikr* 


Le  géhéral  Baraguey-d^Hllliera  au  maréchal  Berthier. 

J'ai  rbonneur  de  vous  rendre  eompte  qu'en  exécution  de  vos 
ordres,  en  date  d'hier^  écrits  à  Aalen,  j'ai  pris  une  position 
militaire  en  avant  d'Heidenheim,  dans  la  vallée  de  la  Brenz,  à 
l'effet  de  couvrir  parfaitement  les  routes  de  Gôppingen,  d'Aalen, 
de  Neresheim,  de  Giengen,  d'Ulm  et  de  Gundelfingen.  J'ai 
envoyé  des  découvertes  et  des  détachements  sur  Ulni,  Gundel- 
fingen et  Lâuingen,  j'ai  jeté  de  iiotnbreux  partis  entre  la  rouie 
de  Weissenstein  et  d'Ulm.  Jusqu'ici  il  ne  m'est  parvenu  aucun 
rapport  digne  d'être  présenté.  J'ai  envoyé  un  officier  au  général 
Bourcier  pour  le  prévenir  de  ma  position.  Le  général  Graindorge, 


CHAPITRE  PREMIER. 

qui  commande  une  des  brigades  de  la  division  Gazan,  m'a  pré* 
venu  de  sa  position  à  Ober-Koehen. 

L'ennemi,  jusqu'à  présent,  ne  se  montre  pas.  L'artillerie  delà 
i®  division  de  dragons  vient  de  m'arriver  et  je  sais  que  cette 
division  traverse  les  montagnes  qui  séparent  le  cours  de  la  Fils 
de  celle  de  la  Brenz  en  se  repliant  sur  Heidenheim. 

Baraguet-d'Hillibrs. 

Je  vous  ferai  porter  ce  soir  la  liste  des  convois  qui  seront 
passés  à  Heidenheim. 

J'ai  l'honneur  de  vous  prévenir  que  mes  administrations  sont 
toutes  incomplètes,  que  je  n'ai  aucun  autre  employé  d'ambu- 
lance qu'un  économe  et  que  j'ignore  sur  quels  points  je  dois 
diriger  les  soldats  malades  ou  blessés  qui  ont  besoin  des  soins 
d'officiers  de  santé. 

{Sans  lieu  ni  date,) 


Le  général  Baraguey-d'Hilliers  au  maréchal  Berthier, 

Kn  exécution  de  vos  ordres,  en  date  d'hier,  j'ai  l'honneur  de 
vous  adresser  l'état  des  voitin*es  qui  ont  passé  ici  dans  le  courant 
de  la  journée  et  dont  j'ai  fait  diriger  la  marche  sur  Neresheim 
et  Donauwôrth. 

Je  conserve  mes  positions  dans  hi  gorge  de  la  Brenz.  J'ai 
vainement  clierché  à  communiquer  avec  le  général  Bourcier 
dans  le  courant  de  la  journée  par  ^  officiers  que  j'ai  envoyés  à 
sa  rencontre  sur  la  route  de  Gross-Sùssen.  On  ne  Ta  trouvé  nulle 
part.  L'artillerie  de  sa  division  est  arrivée  ici  par  ses  ordres, 
mais  malgré  toutes  mes  recherches  je  n'ai  pu  encore  le  décou- 
vrir, ni  être  informé  de  sa  direction.  J'attends  vos  ordres. 

Baraguby-d'Hillirrs. 

P.-S.  —  Un  maréchal  des  logis,  chargé  d'ordres  pressés  de 
votre  part  pour  le  général  Bourcier,  m'annonce  l'avoir  vaine- 
ment cherché  aussi  et  n'a  pu  les  lui  remettre. 

{Sans  lieu  ni  date.) 


7   OCTOBRE.  261 

État    des   voitures    qui    ont    passé    à    Heidenheim 
le  15  vendémiaire  an  XIV  (7  octobre  7805). 

8  Toitures  pour  le  2«  régiment  de  (7  chargées  de  pain. 

dragons  à  pied,  dont (1  de  bagages  et  hommes  blessés. 

2  Toitures  pour  Tétat-major  du  2«  régiment. 

1  Toiture  d'un  cantinier  du  même  régiment. 

2  Toitures  pour  le  commissaire  des  guerres. 

1  voiture  à  un  chcTal,  aTec  des  équipages  du  10®  chasseurs  à  chcTal 

(corps  d'armée  du  maréchal  Ney). 
24  Toitures  menant  les  effets  d'ambulance  de  la  dÎTision  de  dragons  à 
pied, 
'i  Toitures  Tides  suiTant  cette  ambulance. 

Pour  la  division  de  dragons  à  pied  : 

10  Toitures  chargées  de  pain. 
i  Toiture  chargée  d'avoine. 

(Elles  suivent  Tambulance). 

-  *  1  chargés  des  équipages  du  A*  régiment. 

4  Toitures  chargées  de  pain  pour  le  même  régiment. 
i  Toiture  pour  un  cantinier. 

2  Toitures  pour  le  général  de  division. 

Pour  la  i""®  division  de  dragons  à  chcTal  : 

43  Toitures  chargées  de  51  tonneaux  de  biscuit. 
1  Toiture  de  pain. 

3  voitures  chargées  d'effets  d'ambulance. 

1  voiture  à  deux  chevaux  conduisant  du  pain  pour  l'état-major  de  la 
division  de  dragons  à  pied. 
16  voitures  chargées  de  pain  et  d'avoine  se  rendant  au  quartier  général 
du  prince  Murât. 

Pour  la  3®  division  de  dragons  k  cheval  : 

3  voitures  portant  des  eff*ets  d'ambulance. 

1  voiture  chargée  de  Tiande. 

2  voitures  chargées  de  pain  pour  le  corps  du  maréchal  Ney. 

Le  détachement  d'artillerie  légère  faisant  partie  de  la  division  des  dni- 
gons  à  pied. 

Pour  le  1«-  régiment  de  dragons  à  pied  : 

3  voitures  chargées  de  pain. 

4  voitures  chargées  de  biscuit. 

5  Toitures  de  bagages. 
1  voiture  de  cantinier. 


^8  CHAPITRii  PBEHIBR. 

Pour  la  i'*  diTision  de  dragons  à  cheyal  : 
5  voitures  chargées  d'avoine. 
i  Toitun^  chargée  de  bagages. 
i  voiture  à  deux  chevaux  chargée  de  pain. 

i  cantjnier  pour  le  cQrp9  du  maréchal  Ney, 

10  voitures  conduisant  dq  pain,  du  biscuit,  dfi  la  f&rine  et  ie  Teau-de- 

\ie  pour  le  corps  du  n)Aréc|iaI  I^ey, 

Pour  la  i'®  division-  de  dragons  à  cheval  : 
5  voitures  menant  de  Tavoine  et  des  équipages. 
i  fourgon. 

4  cantinier. 

Pour  la  3*  division  de  dragons  à  cheval  : 

3  voitures  chargée*  de  vin. 

2  voitures  chargées  d*avoine. 
1  voiture  chargée  de  viande. 

12  voitures  chargées  d'avoine  pour  le  quartier  général  du  prince  Murât. 

1 1  voitures  conduisant  du  pain  et  de  l'avoine  pour  le  corps  du  maré- 

chal Ney  (division  du  général  Loison). 

Pour  une  division  de  dragons  à  cheval  : 

5  voitures  d'eau-de-vie  et  d*avoine. 

4  voitures  de  pain. 

1  cantinier  du  1"'  régiment  de  dragons  à  pied. 

1  voiture  conduisant  les  effets  des  pontonniers  pour  le  corps  du  maré- 

chal Ney. 

Pour  la  4*  division  de  dragons  à  cheval  : 

2  voilures  d'équipages. 

1  fourgon. 

2  cantiniers. 

1  voiture  de  bagages  de  la  25"  légère  (corps  du  maréchal  Ney), 

Pour  le  3"  régiment  de  dragons  h  cheval  : 

2  voitures  d'avoine. 

5  voitures  do  bagages. 

Pour  la  2*  division  do  dnigons  à  cheval  : 
1  voiture  portant  de  la  viande. 
8  voitures  des  équipages. 

1  caisson. 

2  voitures  portant  du  pain  pour  le  i«  régiment  de  dragons  à  pied. 

\   voiture  d'eau-de-\ie. 

1  voituro  chargée  d'effets  d'habillement  et  havresaci. 

(Os  voitures  étaient  conduites  par  des  dragons  du  869  à  cheval. 
Ils  n'en  suivaient  pas  la  destination.) 


7  OOTOBRB.  363 

8  voitures  chargées  d'avoine  et  de  vin  pour  la  3*  division  de  drafi^oni 
à  cheval. 
S4  voitures  charg(^es  d'avoine  pour  le  porpa  du  maréchal  Ney. 
45  voitures  vides  pour  ramlmlance  du  corps  du  maréchal  Ney. 
3  voitures  avec  dos  effets  d'ambulance. 

(On  n*a  pu  savoir  pour  quelle  division  ;  elles  en  attendaient  deux 
autres  qu^elles  avaient  perdu  de  vue  depuis  plus  d*un  jour.) 
8  voitures  d'équipages  du  21*  dragons  \  cheval,  pour  les  selles  et 

portemanteaux  dos  chevaux  blessés. 
\  fourgon  du  11*  dnigons  îY  cheval. 


^  .  'I  équipages  de  la  S*  brigade. 


7  voitun.^s  de  fourrages,  faisant  partie  du  même  convoi  et  se  rendant 
toutes  h  l'état-major  général. 

S  e^irrioles  à  deux  chevaux  pour  Tarmée  du  maréchal  Ney  (dans  Tune 
un  officier,  dans  Tautru  un  employé,  de  son  armée,} 

4  oarriole  k  deux  chevaux  |>our  des  officiers  de  la  4*  division  de  dra- 
gons k  cheval. 

i  carriole  jY  trois  chevaux ..)  w,     ,  ..  ,    , 

i  carriole  à  quatro  ch.yau,.  |  "  "  ^  '''""  P*"**"""  ''"''«»''• 

4  carriole  à  deux  chevaux.  (Il  n'y  avait  personne.) 

1  carriole  à  deux  chevaux  où  était  un  général  attaché  à  l'état «mi^or 

du  prince  Murât. 
4  carriole  à  deux  chevaux.  (Il  n'y  avait  personne  dedans.) 

2  carrioles  à  deux  chevaux. 

48  calissons  de  munitions  d(^  guerre  pour  h^  maréchal  Ney. 


Dispositions  de  marche  du  6*  corps  d'armée 
pour  le  15   vendémiaire   an   XIV  (7  octobre  7905). 

Le  corps  d'armée  devant  prendre  position,  face  an  Danube,  la 
droite  vers  Lauingen,  la  gauche  vers  Steinheim,  il  devra  mar- 
cher la  gauche  en  tète. 

La  cavalerie  légère  s'assemblera  à  8  heures  du  matin  à  Gun- 
delflngen,  où  elle  attendra  l'arrivée  des  dragons;  elle  flanquera 
alors  la  marche  sur  la  droite  de  l'armée.  Le  40^  de  chasseurs  se 
tiendra  à  la  hauteur  de  la  tctc  de  la  3®  division.  Le  i^^  et  .1"  de 
hussards  marcheront  à  la  queue  de  la  i^^  division. 

Le  10"^  do  chasseurs  poussera  des  reconnaissances  en  avant 
sur  la  direction  de  Donauwôrtb. 

Les  escadrons  attachés  à  chacune  des  divisions  ouvriront  la 


!264  CHAPITRE  PREMIER. 

marche  pour  la  3®  division  et  flanqueront  pour  les  autres  divi- 
sions. 

A  son  arrivée  à  Hôchstàdt,  le  10®  régiment  de  chasseurs 
bivouaquera  et  détachera  un  escadron  sur  Bleinheim  et  Grem- 
heim.  Le  chef  du  détachement  informera  de  suite  le  général  de 
l'état  des  ponts  qui  peuvent  se  trouver  sur  le  Danube  auprès  de 
ces  deux  endroits. 

Le  même  régiment  poussera  des  reconnaissances  en  avant 
sur  Schweningen. 

Le  3®  de  hussards  bivouaquera  entre  Lauingen  et  Feimingen. 

Le  i^»"  de  hussards  sera  placé  sur  le  front,  près  de  Dillingen. 

Ces  deux  derniers  régiments  pousseront  des  reconnaissances 
sur  la  rive  droite  du  Danube,  si  le  pont  de  Dillingen  existait 
encore,  les  reconnaissances  seraient  dirigées  sur  la  grand'route; 
dans  le  cas  contraire,  on  les  dirigeraient  sur  un  point  où  il  y 
aurait  un  pont. 

La  3®  division  marchera  la  première,  la  gauche  en  tête.  Elle 
sera  précédée  par  une  avant-garde  (jue  composera  le  général 
Malher.  La  marche  de  la  colonne  sera  ouverte  par  le  59«  régi- 
ment, marchant  par  la  gauche.  La  division  partira  à  6  heures 
du  matin,  se  portera  par  la  traverse  directement  sur  Herma- 
ringen  et  suivra,  de  là,  la  chaussée  par  Gundelfmgen. 

Elle  bivouaquera  sur  les  hauteurs,  au  delà  de  Dillingen,  la 
gauche  près  de  Steinheim.  Ce  dernier  village  sera  occupé  par 
cinq  compagnies  du  "-l^  bataillon  du  o9«  régiment. 

Si  le  pont  du  ])anul)c  existait  encore  au  delà  de  Steinheim,  on 
placerait  le  reste  de  ce  bataillon  à  la  gauche  du  pont. 

Si  rartillerie  de  la  division  ne  peut  pas  suivre  la  traverse  sur 
llermaringen,  on  la  fera  passer  parla  route  de  (nengen. 

La  ^^^  division  partira  de  (iiengen  à  7  heures  et  prendra  la 
mémo  route  que  la  3«,  depuis  llermaringen. 

Lors([ue  cette  division  sera  arrivée  à  Dillingen,  elle  bivoua- 
quera sur  les  hauteurs  qui  sont  à  gauche  de  la  ville,  de  manière 
que  Tailc  droite  y  sera  appuyée  ;  le  l*^"^  bataillon  du  (>"  régiment 
d'infanterie  légère  fournira  des  postes  à  Morslingen,  Attheim, 
et  au  moulin  à  gauche. 

La  1""^  division  partira  dUerbrechtingen  à  G  heures  et  suivra 
la  chaussée  par  llermaringen;  cette  division  bivouaquera  sur  le 
plateau  outre  Lauingen  et  Dillingen,  la  droite,  près  de  Lauin- 


7  OCTOBRE.  265 

gen  ;  la  gauche,  près  de  la  chapelle  Lauingen,  sera  occupée  par 
le  l®*"  bataillon  du  9®  régiment  ;  quatre  compagnies  de  ce  batail- 
lon seront  à  la  garde  du  pont.  Le  12^  bataillon  du  même  régiment 
établira  un  poste  à  Wittislingen,  un  au  moulin  à  papier  qui  se 
trouve  à  droite  de  ce  village,  et  un  3«  à  Schabringen. 

Le  parc  d'artillerie  partira  à  5  heures  i/2  pour  marcher  entre 
la  2®  et  la  i'®  division,  et  s'établira  en  arrière  de  Dillingen. 

Le  parc  des  vivres  suivra  celui  de  Tartillerie. 

L'escorte  sera  fournie  par  le  96®  régiment  d'infanterie  qui 
marche  en  tète  de  la  l"'  division. 

Une  compagnie  d'éclaireurs  du  25«  régiment  d'infanterie 
légère  se  dirigera  de  Giengen  sur  Lauingen,  par  la  route  de 
traverse  qui  passe  à  Saxenhausen.  Cette  compagnie  se  rendra 
de  suite  à  son  corps  à  Dillingen. 

Le  quartier  général  sera  à  Lauingen. 

IjC  Maréchal  d'Empire^ 
Nby. 

Le  service  des  vivres  étant  assuré,  les  chefs  devront  tenir  la 
main  à  ce  que  les  troupes  observent  la  plus  exacte  discipline, 
car  tous  les  excès  seront  sévèrement  punis. 

Le  maréchal  commandant  en  chef,  espère  que  le  6®  corps 
d'armée,  qui  s'est  distingué  jusqu'à  ce  jour,  continuera  à  montrer 
l'exemple  du  bon  ordre  et  de  la  discipline  militaires. 

Le  maréchal  témoigne  sa  satisfaction  à  toutes  les  troupes 
pour  la  précision  avec  laquelle  elles  ont  exécuté  les  marches 
jusqu'à  ce  jour.  Il  rappelle  à  MM.  les  généraux  et  chefs  de  corps, 
que  la  marche  par  quatre  files  n'est  nécessaire  que  dans  les 
routes  de  traverse  ;  sur  les  grandes  chaussées  et  surtout  pour 
entrer  militairement  dans  les  places,  il  faut  rompre  simplement 
les  sections  par  les  procédés  de  l'ordonnance. 

Les  généraux,  en  fixant  les  haltes,  devront  obser>er  de  choisir 
à  cet  effet,  un  endroit  éloigné  au  moins  de  10  toises  de  la  route. 
Les  troupes  devront  s'y  mettre  en  bataille  et  former  les  faisceaux 
d'armes  dans  un  ordre  militaire. 
{A.  M.) 


KM  rilAlMTRE   PKEMIBR. 

ti'    cours   HAHMf.K. 

Le  Général  chef  de  l' état-major  j^enéral  A  M.  le  f^énéral  Dupottt. 

ll'irhtUdt,  ■■•  Il  vfnilciiitAirr  an  iiv  iT  Arui»rr  I»  Jfr 

MniiNinir  Ir  liriiinil, 

l.i'H  tti\i«.i4ins  ilii  1^  iMiqt^k  li[\4iuiit|iipri»iit  mijniinl'liiii  dun»  i» 
|»oi»ittiiii  iii|iiiiri^«'  t*ii  iirnrrt'  il'l|iirh«it.i«lt.  la  ilrmlr  a  llri^nhufvD 
t't  1.1  tiaiirhi-  .1  Siiiiilfrhi'iiii. 

I.i«  i|iiiirlii'r  t!f*ri«'nil  ili'  l.i  I''  ili%i*iiiiii.  n  Ili*iiii*nhi»r<*n  .  I|i»r^- 
Iini:pii  M*rj«  iM'iMipr  par  un  iKitiulIiHi  il  infaiit«*rir  kiii*rr  ri  l.ul- 
/ini!**ii  par  un  iiiiln*  liiitnilliin 

l.r  i|iijrtii'r  iii'iiiT.il  ilr  l.i  :!'  ili\  i^um,  a  l|iK'li«t.u1t.  ••!  rrlni  dr  U 
.'f.  .1  Itliiiilhrini. 

IITu'list.iiit  NiT.i  «M-riipi*  p. Il  ipMiri'  riiiiipa;:iiirs.  ipii  ;»*.inlt*r«*Dl 
l<>  piiiit  Niir  If  iViiinlii'  i-l  riiiiiiiinnit  Ir^  ir.inlt'H  ,iii\  pti%tr« 

1  11  l».-il.iilliiri  (lu  -J'î'  il  inr.iiittrii'  li-::rrf  «.rra  liMiiii.npii'  m  a^adI 
ilii  \ill.iL'i'  lir  liliiiilliniii.  uMriIfT.i  If  puni  «kur  !•■  iKinnlM'  «nr  et 
piMiil  t*l  riivrrr.i  ilt'iix  rnhipa^UH**»  a  la  ftaiirhi*  itu  ^ill<u:t  Je 
<iii-hilM*un  pnni   j.i  L'.inlf  ilii  pnni  «pu  m«  troii\i*  Mir  1«*  l'Aiiubc. 

l.,i  i-.i\.i|fiif  .lU.iflirf  .(ii\  ilivi«iiiiii^  pitiUfetT^i  ilr«  rr«'«iiinai»* 
%ani'f«^  «lu  |.i  ri\f  ilrnili'  iln  li.innlif .  sur  hin»vban;:rn.  \\>rtiii*:rn, 
iM'iillriilpili-n  ft  Mfitinjfii,  pniii  a\iiir  lirn  riMi^ci^iirinriiU  nur  U 
P«i<»iti<*n.  Il  imrf  fl  IfN  iiiiiii^('ni<-nU  lit*  I  cMiii(*nii. 

I.f  p.iir  fl  .irtilIfiH-  N  ft.tliiii.i  III  .iiiiiTf  il  lliirliktaiil. 

I.«*H  ilrlaflifiiiriit^  «N*  «M\ali-iii-  ■  (alili^  .i  liillm^fn,  ||iinUnt  le» 
piiiil^  ilf   Laiiiiu'i-n.   Ihlliiijrii  •'!  Mrintiriiii,  >  ff^U^niut  jiift«|u  a 

niin\rl  tifilir 

l.««<»  tli\ l'^hMi^  ^1'  tiftiiliMhi  pfi  If»  .1  paitii  •Ifinain,  m  •'•  hfurr» 
Hii  in.itin.  p"Mi  sf  iliiii^fi  «'iii   |ii<h.iiiuiirl)i 

I  1  i.i\  liiiM    l*i\<iii.iipiii.i  .1  j.i  iliiiitf  ilr  Mi'inhriin,  a)aiil  U 

r  |\  Hîr*   >l   \.\:^V   Mir    ^'ifl    lî'ilil 

l-.lif  it.iMii.i   i:ii   p"«t<    1  h.iii.iii.iltlH  ifii  ft  frra  tli*»  |»Atni(ii|lrtt 
>■!•    \\  .(ti^iinjf II.   •  >!•    i!i^>'i.i   .iii*>«i  ilr«  p.itr<iiiillr«  kiir  la  nir 
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I  .      ;         !  .  '    ^ )..(..    II...  t.sl  ,.|| 

hi  T%nLi« 


7  OCTOBRE.  «67 

Le  générAl  Dutaillia  au  générs^l  Tilly, 

LariaghoB,  le  in  ▼endémiairt  an  »▼  (7  octobrs  1805). 

Le  maréchal  me  charge  de  vous  prévenir  que  vous  devez  laisser 
à  Dillingen  i  capitaine  intelligent  avec  iO  hommes. 

Il  bivouaquera  en  arriéra  do  cette  ville,  gardera  le  pont  sur  le 
Danube  et  ne  laissera  passer  qui  que  ce  soit  sur  la  rive  droite.  Il 
laissera  6  hommes  et  i  brigadier  à  Lauingen  pour  la  garde  du 
pont  et  ne  laissera  également  passer  personne.  11  mettra  un  poste 
de  10  hommes  au  pont  de  Steinheim  avec  la  même  consigne  ainsi 
qu*à  Hôchstadt. 

Le  soir,  à  8  heures  du  soir,  le  poste  de  Lauingen  se  reploiera 
sur  celui  de  Dillingen,  celui-ci  sur  Steinheim,  ensuite  sur  Hôch- 
stadt où  rofHcier  prendra  poste. 

Demain  16,  il  partira  à  9  heures  du  matin  pour  suivre  le  mou- 
vement de  l'armée  qui  se  dirige  sur  Donauwôrth. 

Dans  tous  les  postes  qu'il  occupera,  il  se  gardera  militairement 
et  poussera,  sur  1h  riva  droite  du' Danube,  de  petites  patrouilles 
pour  avoir  des  nouvelles  de  Tennemi  ;  s'il  apprend  quelque  chose 
d'important,  il  enverra  sur-le-champ  un  courrier  au  maréchal, 
dont  le  quartier  général  sera  à  Schwoningen. 

Le  maréchal  ayant  reçu  Tordre  de  se  rapprocher  le  plus  pos- 
sible de  Donauwôrth,  Tarméc  continuera  sa  marche  par  Lauin- 
gen, Dillingen  et  Hôchstadt  et  se  dirigera  sur  Schweningen,  où 
elle  prendra  position. 

Il  sera  envoyé  de  nouvelles  instructions  sur  remplacement  que 
la  cavalerie  devra  occuper. 

{A .  M.)  DUTAILUS. 


Ordre  aux  troiê  Généraux  de  ofiV/t/on. 

Le  15  vendt^miaire  an  xiv  (7  octobre  1806). 

Le  maréchal  ayant  reçu  Tordre  de  le  rapprocher  le  plus  pos- 
sible de  Donauwôrth,  Tarmée  continuera  a  marcher  dans  Tordre 
prescrit,  pour  se  diriger  par  Dillingen  et  Hôchstadt  sur  la  direc- 
tion de  Schweningen  ;  il  vous  sera  envoyé  de  nouvelles  instruQn 
tiens  sur  Templacement  que  votre  division  devra  occuper. 


CHAPITRE  PREMIER. 


Vous  ferez,  dès  la  halte,  régler  la  marche  de  manière  à  fatiguer 
les  soldats  le  moins  possible. 

Le  maréchal  établira  son  quartier  général  à  Schweningen. 

{A,  M,)  DUTÂILLIS. 


Le  général  Dupont  au  maréchal  Ney. 
Deisenhofen,  le  15  vendémiaire  an  xit  (7  octobre  1805). 

La  division  est  arrivée,  à  il  heures,  au  camp  de  Deisenhofen. 
Sa  marche  a  été  beaucoup  retardée  par  le  parc  d'artillerie.  Elle 
occupe  maintenant  les  positions  que  vous  avez  indiquées,  elle  se 
tiendra  prête  à  partir  au  premier  signal.  J'ai  cru  devoir  placer 
un  poste  d'infanterie  légère  à  Lauingen,  pour  la  garde  du  pont, 
et  un  autre  à  Steinheim,  sur  le  chemin  qui  conduit  au  camp. 

J'ai  l'honneur  de  vous  saluer. 
(A,  M.)  Dupont. 

Le  général  Malher  au  maréchal  Ney, 

Âu  quartier  général  de  Blindheim,  le  15  vendémiaire  an  xiv 
(7  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'ai  l'honneur  de  vous  rendre  compte  du  départ  de  ma  division 
de  sa  position  de  Giengen,  à  6  heures  du  matin.  Je  lui  ai  fait 
distribuer  le  pain  à  Brenz  et  elle  est  arrivée  à  sa  position  au- 
dessus  d'Hôchstàdt  à  4  h.  1/2  après-midi  ;  le  pont  de  Blindheim 
est  gardé  par  trois  compagnies  de  voltigeurs  et  celui  de  Grem- 
heim  par  deux  compagnies  de  carabiniers  ;  j'occupe,  avec  trois 
compagnies  de  grenadiers,  le  village  de  Blindheim.  J'ai  fait  oc- 
cuper, par  des  compagnies,  les  villages  de  Weilheim,  Nebelbach, 
Glauheim  et  Obcr,  pour  les  préserver  des  dégâts  que  pourraient 
leur  occasionner  le  voisinage  des  camps  ;  le  quartier  général  de 
mes  deux  généraux  de  brigade  est  à  Sonderheim.  La  troupe  est 
prête  à  partir  demain,  à  5  heures  du  matin,  si  vous  m'en  faites 
passer  Tordre.  J'aurai  l'honneur  de  vous  faire  parvenir,  demain, 
le  croquis  de  la  marche  d'aujourd'hui. 

Agréez,  Monsieur  le  Maréchal,  l'assurance  de  mon  respect  et 
de  mon  attachement. 

{A,  M.)  Maliier. 


7  OCTOBRE.  269 

5*  CORPS  d'armée. 
Emplacements  du  15  vendémiaire  an  XIV  (7  octobre  1805). 

Quartier  général  :  liôchstàdt.    - 

Les  trois  divisions  d'infanterie  ont  bivouaqué  en  arrière  d'Hôch- 
stadt,  la  droite  à  Deisenhofen  et  la  gauche  à  Sonderheim. 
/'«  division  :  Deisenhofen. 
1  bataillon  d'infanterie  légère  à  Môrslingen. 
1  —  à  Lùtzingen. 

1  poste  d'infanterie  légère  à  Lauingen,  pour  la  garde  du  pont. 

1  —  à  Steinheim. 
i^«  division  :  Hôchstadt. 

4  compagnies  de  grenadiers  à  Hôchstadt,  pour  garder  le  pont 
établi  sur  le  Danube. 

2  compagnies  à  la  gauche  du  village  de  Gremheim. 

La  division  s'est  dirigée  par  Hermaringen  et  Brenz,  où  elle  a 
quitté  la  grande  route,  laissant  Gundelfingen  et  Lauingen  sur  sa 
droite.  Elle  Ta  reprise  à  la  hauteur  de  Dillingen. 

.3®  division  :  Blindheim. 

Le  i^""  bataillon  du  25«  léger  est  en  avant  de  Blindheim,  pour 
y  garder  le  pont  sur  le  Danube. 

2  compagnies  à  la  gauche  de  Gremheim. 

Cavalerie  légère  :  Steinheim. 

Au  bivouac,  à  droite  de  Steinheim,  ayant  la  rivière  de  TEgge 
sur  son  front,  laissant  des  détachements  à  Dillingen,  Lauingen, 
pour  la  garde  des  ponts  sur  le  Danube,  et  envoyant  des  patrouilles 
sur  Fristingen  (rive  droite  du  Danube). 

Direction  de  Zusamaltheim. 

Parc  :  En  arrière  d'HôchsUidt. 


Bulletin  historique  de  la  marche  de  la  division 
de  la  garde  impériale. 

Elle  entra  dans  un  pays  de  plaine  et  alla  à  Wallerstein.  Sept 
lieues. 

Le  15  vendémiaire,  quartier  général  à  Wallerstein,  cantonne- 
ments à  Wallerstein,  Œhringen,  Nôrdlingen. 

Général  Roussel. 


270  CHAPITRE  PREMIER. 

Le  général  CompahB  au  géhéi^l  dé  brigade  Foucher. 
Neresheitn,  l6  15  rendéitilftirp  an  xit  (7  Wtolm  1805). 

Mon  cher  (iénéral, 

Le  corps  d'armée  se  met  en  marche  pour  se  diriger  sur  Donau- 
wôrili  et  passera  par  Dischingen,  Ëgiingen,  Amerdingen  et 
Marckbissingeii,  mais,  comme  ce  chemin  est  trop  mauvais  pour 
Tartillerie,  M.  le  maréchal  désire  qlie  le  parc  du  corps  d*année 
se  dirige  sur  Donauwôrth  par  iNùrdlingen,  route  que  Tartillerie 
du  général  Oudinot  prend  aussi. 

Veuillez,  mon  cher  (îénéral,  donner  vos  ordres  en  consé- 
quence. 

COMPÀNS. 

Le  génértil  Compans  au  Qrand  Bailli  de  Donauwort* 

DonauwOnh,  le  15  vendémiaire  an  mv  (7  octobre  1805). 

Kequicrt  M.  le  grand  bailli  de  DonauwOrth  de  faire  fournir 
275  rations  de  fourrages  complètes  pour  les  chevaux  du  parc 
d'artillerie  de  la  division  de  grenadiers. 

Le  commissaire  ordonnateur  du  Tj^  c(»rps  de  la  Grande  Armée 
régularisera  cette  fourniture. 

COMPANS. 

Le  général  Compang  à  radjudant-comniarldânt  Humbert  Mâllârd. 

Nereslieim,  le  15  vendémiaire  an  xit  (7  octobre  1806). 

Monsieur  rAdjudant-cointnundaut, 

La  division  des  grenadiers  est  en  marche  pour  se  diriger  sur 
Donauwôrth,  en  passant  par  Dischingen,  Eglingen  et  Marckbis- 
singen  ;  mais,  comme  cette  route  est  impraticable  pour  les  voi- 
tures, M.  le  maréchal  commandant  en  chef  a  décidé  que  le  parc 
d'artillerie  et  les  équipages  des  vivres  se  dirigeraient  par  Nôrd- 
lingen  sur  Donauwôrth. 

Il  vous  charge,  Monsieur  T Adjudant-commandant,  de  diriger 
la  marche  de  ces  équipages  à  l'arrivée  des(|uels  il  met  le  plus 
grand  prix,  il  compte  sur  votre  zèle,  (jue  rien  ne  nous  soit  enlevé 


7   OOTOBHE.  ï7l 

par  des  tfoupes  étrangères  au  corps  d'année,  qu'aucune  voiture 
ne  se  détache  dés  convois,  qu'ils  arrivent  le  plus  promptement 
possible.  Voilà  ce  à  quoi  vous  devez  apporter  la  plus  grande 
surveillance. 

Si  Fordonnateur  ou  le  commissaire  des  guerres  Panidhot 
étaient  restés  avec  les  équipages  des  vivres,  prévenez-les  qu'ils 
doivent  suivre  la  même  route  et  que  Tud  et  l'autre  doivent 
devancer  les  troupes  à  Douane  ôrlh  pour  y  faire  préparer  des 
vivres. 

COMPANS. 


Le  général  Compana  à  M.  Oecous,  adjudanUcommandant 

Neresheim,  le  15  vendi^miaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

Monsieur  TAdjudant-commundant, 

Je  vous  préviens  que  M.  le  maréchal  commandant  en  chef 
vous  a  désigné  pour  remplir  au  corps  d'armée  les  fonctions  de 
sous-chef  de  l'état-major  général.  Je  me  félicite  de  son  choix* 

Vous  dirigerez  sous  mes  ordres  tout  le  travail  de  l'intérieur 
du  bureau  de  Tétat-major  général;  MM.  les  officiers  d'état-major 
et  les  secrétaires  qui  y  sont  attachés  seront  à  votre  disposition. 

CoMfANS. 


Le  générai  Compana  à  M.  Delaage,  adjudant^com mandant 

Neresheim,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  oetobi'e  1805). 

Monsieur  T Adjudant-commandant, 

Je  vous  préviens  que  M.  le  maréchal  commandant  en  chef 
vous  a  désigné  pour  remplir  au  corps  d'armée  les  fonctions  de 
maréchal  des  logis.  J'informe  de  cette  disposition  M.  le  général 
de  division  Mathieu  Dumas,  maréchal  général  des  logis  de  la 
Grande  Armée^  avec  qui  vous  serez  en  correspondance  direete 
pour  les  fonctions  que  vous  aurez  à  remplir  sous  sa  direction, 
elles  sont  relatives  aux  reconnaissances  qui  ont  pour  objet  les 
ouvertures  de  marches,  le  campement,  les  cantonnements,-  etc. 

En  attendant  qu'il  vous  adresse  des  instructions  générales,  je 


272  CHAPITRE  PREMIER. 

VOUS  remets  copies  de  deux  lettres  que  j'ai  reçues  de  lui  concer- 
nant votre  service  et  une  note  jointe  à  Tune  de  ces  lettres. 

Je  vous  préviens  que  l'intention  de  M.  le  maréchal  comman- 
dant en  chef  est  ({ue  vous  lui  donniez  connaissance,  par  mon 
entremise,  de  tous  les  ordres  et  instructions  que  vous  pourriez 
recevoir  de  M.  le  maréchal  général  des  logis  et  de  tous  les  rap- 
ports que  vous  serez  dans  le  cas  de  lui  faire. 

Vous  voudrez  bien  aussi,  toutes  les  fois  que  vous  devrez 
monter  à  cheval  pour  une  reconnaissance  quelconque,  m'en 
informer  pour  que  je  puisse,  quand  il  y  aura  lieu,  vous  charger 
de  remplir  en  même  temps  les  objets  de  service  qui  intéressent 
le  corps  d'armée. 

COMPANS. 

5*^  CORPS  D*ARMÊE. 

Rapport  du  15  au  16  vendémiaire  an  XIV  (7-8  octobre  1805). 

Wertingen,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

J'ai  l'honneur  de  vous  rendre  compte  de  la  marche  du  corps 
d'armée  le  15  et  des  cantonnements  qu'il  a  pris. 

Division  de  cavalerie. 

La  division  de  cavalerie  est  partie  le  15  au  matin  d'Ohmen- 
heim,  et  s'est  dirigée  par  Eglingen  et  Amerdingen  sur  Erlings- 
hofen  et  Oppertshofen. 

La  brigade  de  hussards  a  cantonné  à  Kriingshofen. 

La  brigade  de  chasseurs  a  cantonné  à  Oppertshofen. 

Division  de  grenadiers. 

La  division  de  grenadiers  a  quitté  ses  cantonnements  à 
6  heures  du  matin  et  s'est  dirigée  par  le  même  chemin  que  la 
cavalerie  sur  Bissingen  ;  elle  a  occupé  le  soir  les  cantonnements 
suivants  : 

Brigade  aux  ordres  du  général  Mortières,  Amerdingen. 

Brigade  aux  ordres  du  général  Kuffin,  Unter-Ringingen. 

Brigade  aux  ordres  du  général  Dupas  : 

2  bataillons,  Bissingen. 

2  bataillons,  Diemantstein. 


7  OCTOBRE.  273 

Artillerie, 

L'artillerie  a  pris  la  route  de  Nôrdlingen  et  s'est  dirigée  sur 
Donauwôrth,  où  elle  est  arrivée  le  16  (8  octobre)  vers  les 
4  heures  du  matin. 

Parc  d'artillerie  du  corps  d'armée. 

Le  parc  d'artillerie  du  corps  d'armée  est  parti  le  15  (7  octobre) 
au  matin  d'AaIen  et  s'est  dirigé  sur  Nôrdlingen. 

2®  division, 

La  division,  aux  ordres  du  général  Gazan,  a  conservé  sa  posi- 
tion d'Âalen  et  a  été  détachée  dès  ce  moment  du  corps  d'armée. 

COMPANS. 


Le  général  Compans  au  général  Oudinot. 

Dooaawtirtb.  le  15  vendémiaire  an  xit  (7  octobre  1805). 

Mon  Général, 

M.  le  maréchal  commandant  en  chef  vous  charge  de  remettre 
vos  troupes  en  marche  demain  matin  au  point  du  jour,  pour 
aller  prendre  position  à  Munster,  où  vous  les  réunirez  le  plus  de 
bonne  heure  possible.  Il  vous  charge  également  de  faire  passer 
le  Danube  sur  le  pont  de  Munster  à  deux  régiments  de  cavalerie 
et  de  les  pousser  en  reconnaissance,  l'un  sur  la  route  d'Ulm  en 
remontant  le  fleuve  par  la  rive  droite,  l'autre  sur  la  route 
d'Augsburg. 

Ces  deux  reconnaissances  doivent  marcher  avec  précaution  et 
ne  pas  se  poster  à  plus  d'une  lieue,  ayant  soin  de  se  disposer 
par  échelons,  de  manière  à  mettre  le  moins  de  chevaux  possible 
en  avant. 

M.  le  maréchal  désire  que  vous  chargiez  vos  reconnaissances 
de  faire  préparer  des  vivres  dans  les  villages  où  elles  passeront 
et  de  ramener  avec  elles  tout  ce  qu'elles  pourront  trouver  soit 
en  pain,  soit  en  riz,  soit  en  légumes.  Il  vous  charge  aussi  de 
tirer  tout  le  parti  possible  des  villages  où  vos  troupes  ont  can- 
tonné ce  soir. 

Le  pont  de  Munster,  d'après  les  renseignements  qu'on  a 
m.  18 


i74  rilAHTRK  PKEMIKK. 

(li»iini*N  a  M.  It*  iii.'inTlinl.  s«>r:iit  NiiM*i*ptililr  ilo  i|tit*li|ii«*%  rrpjin- 
tioiis  4)iii  11*  rriKirait'iil  plii^  |»r:«tir:ihle  iiu'il  m*  l'est  (Hnir  I  irtil- 
lorir;  il  voim  on^ai!«*.  MoiiHimir  le  Gôiirnil.  .1  «"iiiplo^f^r  titii*  \t% 
iiiti\iMi«»  |M»ssi|ili*s  |Miiii-  lo  iiifltrf*  ilaiiN  l<*  iiK'illi'iir  fUt.  <>  po«t 
l'st  ili'sliiic  au  |iaHK.-i::r  dr  mui  i'iir|i<«  «r.iriiir«*. 

\iissiln(  i)iif  Miln*  artiljrrif  srra  arri\rf.  flli-  m*  tliriirmi  *u' 

MllIlHttT. 

M.  \v.  iiian*i*lial,  par  la  iiian*lif  d'anjounl'lnii,  ^  r%t  trvu^^ 
isnjr  (11*  Imis  ses  iifliciiTs  d'rlal-iiiajiir.  il  n'a  aupri*^  ilc  lui  «|iK 
l'oflifirr  i\v  «'«irn'NpniiilaiM'f  ipii  \nus  n-niritra  rrltr  l»-llr>'  ri  j 
i|ui  il  rfscr\f  uiir  auln'  ili's|iiiatii*ii:  il  \iiu^  prir  ili>hi  .  ni*»p 
limerai,  di'  fairt*  parlir  «Ir  suid*  un  «iflirifr  dr  \iilrr  rt.it-iiijjtkr 
«Ml  un  nflirirr  «Ir  ra\a!iTi«'  lut'ii  niiUiti*  ptiur  )Mirl«'r  au  ^«^n^nl 
(ia/aii  la  li'tirt*  i-i-iniuti-.  .1  smi  adn-s^f:  i||i«  n-nfiTini-  r«inJrr  4f 
drpart  dr  s.i  «li\isiiin  pnur  ^i*  rrunir  a  la  \nlriv 

M.  Il'  inarrriial  \iius  fn::.iL:f  au^si.  Miui^irur  li*  «M-nrral.  m 
fain*  n-ipii-rir  d«'s  lurut^^.  df  inaiiitTf  a  rn  a\itir  uni*  Irmlainr  rn 
n'TrM' 

Le  j^eriera/  Compant  au  général  Gaian. 

|»..t -,.1-^    ri»,    ;..  I»,  1.  •■•Umiiirv  an  ii»  <"  -^iphrm   ItMl 

Mkii  lii-nn.il. 

h'apri'H  Ifs  dispii^iliiinH  ain'-lffs  p.ir  M.  Ir  niarrrhai  cumma»- 
daut  v\\  i-jifl.  1.1  «li\i%iiin  .1  \iis  iirdrf«k  df^ra  partir  J'AaIco  att»- 
sitid  l.t  ri't'i'plmn  dr  m.i  Irtln*.  pinir  ^i-  miilri*  a^rc  t«>iite  la  dlli* 
ji-iM-i  |i<iNsi|.|.  .1  Miiiistn.  siii  j.i  ii\r  ::.iu«-|ir  du  iHinube,  ftt 
^uix.inl  1.1  iMiiti*  dfiit  \iiii*i  11*  trari*  l't  I  arlillorie  iiiarriiani  a«rr 
.'II.- 

|i\a|in  .1  I.I111.1I.  a  Mt-tti'n.  a  Nfre*klu*iiii .  a  K|eliiiieea.  a 
\rriir<iiiijt  n.  1  hii  iii.tiil^ttin.  .t  Man-kM^^iiu'cii.  a  Mua^lrr.  am 
\MiiN  Tfi'fxrtv  di-  niiii\t'aii\  nriiri'H. 

\|  Il  iii.in  I -^.li  \MUN  rn-aL'<  .  uinii  «irru-ral.  a  \uu«  |»i^>cira 
%iii  \.iiif  rfiitf  f-t  .1  t.iirf  siiM  n*  ,i\rr  \iius  autant  de  pMitk  ^or 
V- 1^    l"  <  !i    tii<i:\ir.    Nmii<»   «'••inmt*^  dejn  ICI  daD«  \t  pivi 

_!  <■  I   I  =  :  <-r.ix    iM.i.i    !.v    siiiixist.iiiiTN .  au^k^i.  iii<»n  <friieffmL 

-    [  '■      .  :I  .  ■  *    |...i:i    \...i^    .ip|ir<iM^lii|inrr.  \  ou»  j 

\   .•      ■    t  ij.î-  ■.  ■.^. 


7  OCTOBRE.  275 

Vous  apprendrez  avec  plaisir  que  nous  avons  passé  le  Danube 
à  Donauwôrth,  que  nous  avons  à  notre  disposition  le  pont  de 
Munster  et  que  même  le  Lech  a  été  passé. 

COMPANS. 


Le  maréchal  Davout  au  maréchal  Berthier, 

Monheim,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobi*e  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'ai  reçu  Tordre  que  Votre  Excellence  m'a  adressé  pour  le 
mouvement  sur  Harburg  de  la  division  de  grosse  cavalerie  du 
général  Nansouty;  cet  ordre  a  été  transmis  sur-le-champ  au 
général  Nansouty  et  recevra  son  exécution. 

Quant  à  l'ordre  relatif  à  la  marche  du  corps  d'armée  sur 
Monheim,  Votre  Excellence  aura  vu  par  ma  lettre  d'hier  soir 
que  déjà  mes  dispositions  étaient  faites  pour  me  porter  aujour- 
d'hui sur  ce  point. 

L'avant-garde  est  à  Rennertshofen  ;  le  corps  d'armée  à  Mon- 
heim; ce  soir  je  ferai  ce  que  je  pourrai  pour  passer  le  Danube 
entre  le  Lech  et  Neuburg,  dont  les  Autrichiens  ont  occupé  le 
pont. 

Vous  me  dites  que  Sa  Majesté  vous  charge  de  me  témoigner 
son  mécontentement  d'avoir  laissé  à  Mannheim  les  pièces  de  12 
et  autres  pièces  et  caissons  d'artillerie  destinés  au  3®  corps 
d'armée  et  que  je  suis  le  seul  dans  ce  cas,  les  autres  s'étant 
servi  des  chevaux  de  réquisition.  Je  vous  ai  rendu  compte  à 
Mannheim  que  les  chevaux  de  réquisition,  qui  avaient  amené  le 
matériel  de  l'artillerie  qui  nous  était  destiné,  avaient  été  ren- 
voyés par  l'ordre  du  général  Songis  au  général  Marmont  à  qui 
ils  étaient  destinés  ;  on  m'a  annoncé  que  les  autres  nous  seraient 
incessamment  envoyés  ;  le  passage  s'est  effectué'  et  les  chevaux 
n'étaient  point  arrivés  :  100  chevaux  de  réquisition  étaient  sans 
destination  et  personne  ne  les  réclamait;  ils  nous  ont  servi  à 
amener  quelques  caissons  de  plus  ;  enfin,  c'est  avec  des  bœufs 
et  des  chevaux  requis  dans  le  pays  que  nous  avons  remplacé 
tous  les  chevaux  morts  dans  les  mauvais  chemins  que  nous 
avons  traversés. 


276  CHAPITRE  PREMIER. 

J'ai  rhonneur  de  vous  prier  de  faire  connaître  ces  faits  à  Sa 
Majesté,  ils  m'ont  assez  contrarié,  et  il  n'est  pas  juste  de  m'ac- 
cuser  des  contretemps  ou  de  la  négligence  des  autres. 

Davout. 


S**  CORPS  d'armée. 
Journée  du  15  vendémiaire  an  XIV  (7  octobre  7905). 

Quartier  général  :  Steppberg. 

A  vant-garde  :  Quartier  général,  Steppberg. 

Se  porte  sur  Kaisersheim,  Rennertshofen  et  Steppberg. 

Des  parlis  longent  la  rive  gauche  du  Danube  et  ont  ordre  de 
s'emparer  de  tous  les  bacs  et  bateaux. 

!«»■  de  chasseurs  à  Rennertshofen. 

/«"o  division  :  Quartier  général,  Ammerfeld. 

Les  trois  divisions  d'infanterie  étaient  en  ligne. 

La  i^^  appuyait  sa  gauche  à  Monheim.  Sa  droite  était  pro- 
longée vers  Gnosue,  en  arrière  d' Ammerfeld. 

2®  division  :  Quartier  général,  Monheim. 

La  droite  à  Monheim.  La  gauche  prolongée  vers  Wittesheim, 
tenant  la  tête  des  bois. 

On  fait  reconnaître  Tarmée  du  général  Marmont,  qui  était  aux 
environs  de  Pappenheim. 

3^  division  :  Quartier  général,  (?). 

Appuyée  dans  son  ordre  de  bataille  à  la  :2e  division. 

Elle  pousse  des  reconnaissances  sur  rAltmûhl  ainsi  que  sur  la 
route  d'Eichstadt  (1  ). 

(i)  Le  général  de  brigade  Daultanne^  chef  de  V état-major  général , 
au  général  Gudin. 

Mon  cher  Générai, 

La  position  «jui  vous  est  indiquée  par  Tordre  de  marche,  n'offrant 
aucune  ressource  pour  abriter  le  soldat,  nécessite  que  vous  preniez 
position  en  arrière  de  Monheim,  faisant  face  à  la  route  de  Monheim  à 
Donauwôrth  et  placé  sur  la  lisière  du  bois  qui  est  à  droite  du  chemin 
(|ui  conduit  de  Kreut  à  Monheim. 

Mais  cependant,  si  vous  trouviez  plus  commode  de  vous  placer  sur  la 


7   OCTOBRE.  277 

Cavalerie  légère  :  Est  mise  à  la  disposition  de  Tordonnateur, 
et  disloquée  par  exécution  militaire  afin  de  se  procurer  des 
vivres. 

Grosse  cavalerie  :  En  2^  ligne,  en  arrière  de  Monheim. 

Parc  :  Suit  le  mouvement  de  la  3«  division  et  parque  en 
arrière  de  Monheim,  près  la  route. 

Pont  sur  le  Danube  :  Le  colonel  Mares  fait  entreprendre  un 
pont  de  radeaux  à  Steppberg.  On  passe  toute  la  nuit  à  faire  les 
radeaux,  mais  lorsqu'on  veut  placer  la  cinquenelle,  la  force 
seule  du  courant  la  fait  casser  et  Ton  ne  peut  jamais  parvenir  à 
le  tendre. 

Les  ponts  de  radeaux  ne  peuvent  se  faire  que  sur  une  rivière 
qui  a  peu  de  courant.  L'expérience  nous  fit  voir  qu'ils  ne  pou- 
vaient réussir  sur  le  Danube. 

Ce  fut  le  capitaine  de  sapeurs  Purdeau  (1)  qui  alla  chercher 
des  bateaux  sur  la  rive  droite. 


Journal  de  marche  de  la  division  Priant. 

Le  15  vendémiaire  an  xrv  (7  octobre  1805). 

Le  15,  nous  traversons  OEttingen  et  passons  la  Wôrniz  sur  un 
pont  en  pierre  pour  aller  nous  établir  dans  les  environs  de  Mon- 
heim, en  passant  par  Hainsfarth,  Môgesheim,  Maùskreut, 
Kronhof,  Kreut,  Amerbach,  Wemding,  etc.  Le  chemin  jusqu'à 
cette  petite  ville  est  bon  et  a  7  à  8  mètres  de  largeur 

Avant  d'entrer  à  Kronhof,  nous  passâmes  sur  un  pont  en  bois 
la  même  petite  rivière,  sur  la  rive  droite  de  laquelle  la  !»■«  divi- 
sion s'était  établie  la  veille 

On  va  de  Wemding  à  Monheim  par  des  chemins  de  traverse 
très  mauvais  et  dans  les  bois  ;  nous  passâmes  près  des  hameaux 


lisière  du  bois  qui  longe  à  gauche  le  chemin  de  Kreut  !\  Monheim,  vous 
seriez  le  maître  de  prendre  ce  parti.  Vous  y  trouveriez  de  Feau  en  avant 
de  votre  front. 

Je  vous  salue  de  tout  mon  cœur, 

Daultaxne. 

(1)  Probablement  Prévost  Vernois,  capitaine,  employé  à  l'avant-garde. 


278  CHAPITRE  PREMIER. 

d'Heidmersbrunn,  d'Asbach,  que  nous  laissâmes  à  gauche  dans 

une  forêt  plantée  de  hêtres,  charmes,  etc ,  par  le  petit  village 

de  Kreut  dans  un  fond,  et  vîmes  à  nos  côtés  les  petits  villages 

de  Gossheim,  Fùnfstetten,  Nussbiihl,  etc Le  chemin  est  en 

pente  avant  d'arriver  à  la  petite  ville  de  Monheim,  située  dans 
un  fond,  et  il  est  moins  mauvais.  Nous  avions  marché  toute  la 
nuit  et  nous  arrivâmes  à  8  heures  du  matin  à  notre  position, 
d'où  nous  pûmes  découvrir  le  Danube  encore  éloigné.  L'ordre 
des  bivouacs  fut  changé  et  nous  dûmes  établir  le  nôtre  dans  des 
fonds,  de  manière  que  les  feux  ne  pussent  être  vus  de  la  droite 
élevée  du  Danube. 

La  gauche  de  la  2^  division  s'appuyait  à  Wittesheim,  occupé 
par  la  3«,  qui  avait  sa  gauche  à  Solnhoffen  sur  la  rive  droite 
de  la  rivière  dite  AJtmûhl,  qu'on  dut  éclairer  ainsi  que  la  route 
d'Eichstadt. 

La  3*^  division  se  mit  en  communication  avec  la  droite  du 
corps  d]armée  du  maréchal  Marmont  qui  était  à  Pappenheim 

L'avant-garde  se  porta  sur  Kaisersheim  et  détacha  200  hommes 
à  Graisbach,  près  la  rive  gauche  du  Danube.  Elle  vint  ensuite  à 
Itennertshofen,  sur  la  route  de  Monheim  à  Neuburg,  sa  droite  à 
Tembouchure  de  l'Ussel  dans  le  Danube,  cette  petite  rivière  sur 
son  front.  Elle  dut  ramasser  les  bacs,  bateaux  qu'on  trouva  en 
petit  nombre  ;  on  put  heureusement  s'en  passer,  parce  que  les 
sapeurs  des  deux  divisions,  dirigés  par  les  officiers  du  génie, 
réparèrent  les  trois  arches  brûlées  des  deux  ponts  de  Neuburg 
avec  tant  de  célérité  que  l'artillerie  put  passer  le  Danube  les  16 
et  17. 

Le  général  Eppler,  commandant  l'avant-garde,  s'empara  aisé- 
ment des  ponts  de  la  ville,  que  l'ennemi  avait  abandonnée,  et  y 
fit  quelques  prisonniers  autrichiens.  L'ennemi,  maître  du  pont 
(le  Nieder-Schônenfeld,  rive  droite  du  Danube,  aurait  pu  occuper 
avec  avantage  la  position  de  l'avant-garde  derrière  TUssel,  et 
retarder  de  quelques  jours  notre  arrivée  sur  ce  fleuve. 

Les  maréchaux  Davout  et  Marmont  eurent  leur  quartier 
général  à  Neuburg. 


7  OCTOBRE.  279 

4^'  CORPS  d'armés. 
Composition  des  divisions   de   r armée  au  15  vendémiaire  an  XIV, 
Oûnzenhansen,  le  14  vendémiaire  an  xiv  (6  oetobre  1805). 

Avant-garde . 

Le  général  de  division  Kellermann,  commandant. 
Les  généraux  de  brigade  Marisy  et  Werlé. 

1  compagnie  d'artillerie  légère. 

2  bataillons  du  27«  régiment  d'infanterie  légère. 
1  bataillon  de  chasseurs  bavarois. 

4®  régiment  de  hussards. 

5*  régiment  de  chasseurs. 

1  escadron  de  cavalerie  bavaroise. 

Première  division. 

Le  général  de  division  Rivaud,  commandant. 

Les  généraux  de  brigade  Pacthod  et  Picard. 

8«  régiment  d'infanterie  de  ligne. 

45*  régiment  d'infanterie  de  ligne. 

54®  régiment  d'infanterie  de  ligne. 

2®  régiment  de  hussards. 

l'e  cçmpagnie  d'artillerie  légère  et  6  pièces  d'artillerie  à  pied. 

Deuxième  division. 
Le  général  de  division  Drouet,  commandant. 
Les  généraux  de  brigade  Frère  et  Dumoulin. 
1  bataillon  du  27®  régiment  d'infanterie  légère. 
94«  régiment  d'infanterie  de  ligne. 
95*  régiment  d'infanterie  de  ligne. 
1  compagnie  d'artillerie  légère  et  6  pièces  d'artillerie  à  pied. 


ARMÉE  BAVAROISE  ET  l^""  ET  2®  CORPS  DE  LA  GRANDE  ARMÉE. 

Marche  du  15  vendémiaire. 

L'armée  électorale  se  mettra  en  mouvement  à  6  heures  du 
matin,  pour  se  rendre  à  Weissenburg,  en  passant  par  Ëllwan- 
gen.  Arrivée  à  Weissenburg,  elle  s'établira  militairement  à  la 


280  CHAPITRE  PREMIER. 

gauche  de  la  ville.  Le  général  de  Wrède  enverra  des  partis  sur 
la  route  de  Kipfenberg  et  le  général  de  Deroy  sur  celle  de  Gre- 
ding  et  Beilngries. 

L'armée  française  partira  de  Gûnzenhausen,  se  dirigera  sur 
Weissenburg  et  s'établira  à  la  droite  de  la  ville.  Le  général 
Kellermann  prendra  poste  à  une  demi-heure  en  avant  et  poussera 
des  partis  jusqu'à  Dollenstein  sur  TAitmâhl  et  Eichstâdt,  s'il  est 
possible.  11  aura  soin  d'envoyer,  pour  faire  ces  reconnaissances, 
les  cavaliers  les  mieux  montés. 

Les  généraux  commandants  sont  prévenus  que  le  quartier 
général  du  ^^  corps  de  la  Grande  Armée  sera  le  10  vendémiaire 
à  Bùtthard,  le  il  à  Weikersheim,  le  12  à  Rothenburg,  le  13  à 
Feuchtwang,  le  14  à  Wassertrudingen  et  le  15  à  Treuchtlingen. 

Le  général  Rivaud  enverra  chaque  jour  des  patrouilles  pour 
communiquer  avec  celles  du  2«  corps  d'armée  qui,  de  son  côté, 
en  enverra  pour  communiquer  avec  le  général  Rivaud. 

Les  généraux  sont  prévenus  aussi  que  le  2«  corps  doit  se  lier 
avec  l'armée  commandée  par  M.  le  maréchal  Davout. 


l^i"  CORPS  D*ARMÉB. 

Ordre  de  marche  du  15  vendémiaire. 

Le  général  Kellermann  se  mettra  en  marche  à  8  h.  1/2  du 
matin  avec  son  avant-garde,  pour  se  porter  en  avant  de  Weis- 
senburg, où  il  recevra  de  nouveaux  ordres  pour  la  position 
qu'il  devra  occuper.  Il  enverra  des  reconnaissances  sur  la  ville 
d'Eichstadt. 

Le  général  Drouet  est  prévenu  que  sa  division  marche  la  pre- 
mière. En  conséquence,  il  la  fera  partir  à  8  heures  du  matin 
pour  se  rendre  à  Weissenburg  où  elle  trouvera  un  officier  qui 
lui  indiquera  remplacement  de  son  camp. 

La  !»■«  division,  aux  ordres  du  général  Rivaud,  partira  à 
9  heures  pour  se  rendre  également  à  Weissenburg  où  l'empla- 
cement de  son  camp  lui  sera  indiqué. 

Il  est  essentiel  que  MM.  les  généraux  préviennent  leurs 
troupes  que,  demain  soir,  l'armée  bavaroise  fera  sa  jonction 
avec  l'armée  française  et  bivouaquera  sur  sa  gauche. 


7  OCTOBRE.  281 

Relation  des  mouvements  du  corps  bavarois» 

14  vendémiaire  (6  octobre),  à  Spalt. 

15  vendémiaire  (7  octobre),  à  Eiiingen,  où  se  fit  la  jonction 
avec  le  corps  du  maréchal  Bemadotte  qui  arriva  ce  jour  à 
Weissenburg  et  prit  un  bivouac  à  Weissenburg  ;  le  corps  que  le 
lieutenant  général  de  Deroy  avait  emmené  de  Bamberg,  et  con- 
sistant en  trois  brigades,  se  plaça  à  la  gauche  du  corps  français 
et  forma  la  réserve  de  ce  corps. 

Le  lieutenant  général  baron  de  Wrède,  qui  de  Wùrtzburg 
avec  deux  brigades,  s'était  également  porté  sur  Furth  et  de 
là  par  Schwabach  et  Spalt  à  Weissenburg,  fut  placé  en  avant 
de  Weissenburg  sur  la  route  d'Eichstadt  pour  former,  ainsi 
que  la  brigade  du  général  Kellermann,ravant-garde  du  i^^  corps 
de  la  Grande  Armée. 


Journal  de  marohe  de  l'armée  bavaroise,  commandée 
par  le  général  de  Wrède. 

Réunion  de  tout  lei^^  corps  de  la  Grande  A  rmée,  i  5  vendémiaire 
(le  7). —  Le  maréchal  est  à  Gûnzenhausen.  Le  maréchal  plaça  son 
corps  d'armée  sur  la  droite  de  Weissenburg,  où  fut  son  quar- 
tier général.  Le  corps  bavarois  forma  Taile  gauche  de  cette  posi- 
tion et  plaça  son  quartier  général  à  EUingen.  L'avant-garde  prit 
une  position  pour  couvrir  l'aile  gauche,  près  de  la  petite  forte- 
resse de  Wûlzburg,  située  sur  une  haute  montagne,  le  quartier 
général  à  Teufelsmùhle. 

Ainsi  le  l^^"  corps  de  la  Grande  Armée  se  trouva  réuni  pour  la 
première  fois  à  Weissenburg. 

Les  patrouilles  éclairaient  principalement  la  route  de  Kip- 
fenberg. 

Nota,  —  Ce  journal  n'étant  que  celui  de  Tavant-garde,  il  n'y 
est  fait  mention  que  des  patrouilles  exécutées  par  elle.  C'est  par 
cette  raison  que  souvent  il  n'est  pas  question  des  patrouilles  qui 
vont  reconnaître  l'ennemi  par  les  routes  les  plus  essentielles. 


281  CHAPITRR  PREMIER. 

Ordrt  de  commencer  lee  hoeUlitêe  (7  odobre  lêOS). 

Le  liiMiteiianl  ^rm-ral  haniii  di*  \Vn*dr  piililia  un  cirdre 
l»ar  le  iiiarrclial,  le<|ii('l  oujoigiiait  a  ra\aul-|rardr  d'atUquer  lt% 
Aulricliieiis  partout  mi  elle  le>  tnmveraieiit  et  d'agir  bustileiutal, 
daiih  toute  retendue  du  tornie.  les  troupe»  ba^aroM»  rUal  4c»- 
tinueM  a  délivrer  leur  patrie  ou  a  mourir  p<»ur  ellea^cc  buDDcur. 


Le  maréchal  Bernadotte  à  rEmpereur 

OiiofnhauMn.  Ï9  IN  v^ndfmUur»  àii  \n  (7  octo6n  IM^». 
à  9  heurr»  du  nwti». 

Sire. 

Je  n'ai  reru  «{u'Iiier  a  I  heures  apn*N-inidi,  rt  a  l'invlant  OQ 
j'entrais  a  4iun/enhauseii,  la  lettrt*  i|ue  Votn*  Majesté  m'a  fait 
l'honneur  de  nr«*enre  :  j'ai  mande  de  suite  au\  i:enèniu\  bava- 
rois de  sf  reii«lre  proniptemeiit  a  Weissenhury;  ;  r>%t  la  que 
l'armée  èlfetorale  doit  faire  sa  n^nnion  a\fr  le  !•»  eorp^  de  la 
lirande  .\riii«>e:  dans  tn»is  heures  au  plus  tard.  j*\  serai  rendu 
a\ee  ttmles  nie>  troupes;  jr  prendrai  |M»sition  en  avant  de 
Weissfnhurg  et  j'en\frrai  iu**i\  a\ant-garde  tout  pn*s  d'Kich*- 
tad(  ;  demain  je  srrai  i-t.ildi  dans  la  journée  entre  In^foUtadt  et 
Neiiliur^.  \ussitot  ipie  j  .lur.ii  rejoint  !•*»  Havarois,  je  me  Ctm* 
sulterai  a\ee  leurs  ^i-uiTaiix  pnur  remplir  les  intention^  de 
Votre  Majrstf  ;  j'aurai  l'honneur  dr  l'inrormer.  er  soir,  de%  rrn- 
sei^nrnirnl^  «pie  j  aurai  ohtenu  di-  ees  niessieunk.  J'avai« 
emmeni'  dt-  llaiii»\r*'  un  petit  ripiipa::e  de  |Mint,  c«>mp«>%e  de 
«|i»u/r  hatraiix.  la  difhrultf  de  se  proetirrr  des  moyens  de  traav* 
p«iit  et  rassiiraiK*  ipi*'  cft  tipiipa:;t*  ne  |H>urrait  Htius  servir  qur 
sur  df  prtiti's  iivirrfs  III  a\aifnt  drtermiiie  a  le  laisser  d'aboid  a 
Wmdei'krii. 

Il  \  .1  (pifl«ph'%  i«<iiis  «pif  I  al  iliiiin**  r>>nire,  a  tout  événement, 
dt*  \v  ilirik'tT  sur  Wiirt/tMir.'    Je  rpiis  ipi'il  doit  y  ^tre  aelUflUe- 

TTieilt  r»»Tidii. 

.)••  fils  ptrtn  tMi  liiiilt-  ililiu'i'iier  un  onieirr  d'artillerie  poiv 
Wiirt/liiirj  il  f'st  fh.'itjt*  df  f.nn-  arri\er  eet  équipage  de  ponb 
(•  l'In^  ir>'i!!|.t*itii  lit  p<«.NiMi' .  I  iiTis  aiisHi  a  M.  Httâi.  et  je  le 
l>n<-   il  >  ti   i.i\.*ns.[.  tti>   t«Mis  st  s   iiiiiMiis.  Ir  tran%pt»ri.  qui  ne 


7  OCTOBRB.  283 

pourra  se  faii*e  que  par  des  chevaux  de  louage  ;  je  ferai  ramasser 
sur  toutes  les  petites  rivières  du  pays  tous  les  bateaux  qu*on 
pourra  trouver.  Je  ne  négligerai  rien  pour  exécuter  les  ordres  de 
Votre  Majesté. 

Jusqu'à  présent,  je  n'ai  pu  avoir  Tétat  exact  de  la  situation 
des  troupes  bavaroises;  plusieurs  régiments  sont  encore  en 
arrière  ;  ils  étaient  dans  le  haut  Palatinat,  et  malgré  qu'ils  aient 
fait  des  marches  forcées,  il  leur  a  été  impossible  de  rejoindre 
l'armée.  J'espère  qu'ils  arriveront  sous  deux  jours.  Le  corps  des 
Bavarois  est  de  15,000  à  20,000  hommes.  J'en  connaîtrai  ce 
soir  la  force  exacte;  j'aurai  Thonneur  d'en  rendre  compte  à 
Votre  Majesté. 

Le  lieutenant  général  Deroy  a  exécuté  l'ordre  de  marche  avec 
beaucoup  de  précision  et  d'exactitude  ;  dès  le  second  jour,  notre 
communication  a  été  établie  ;  elle  a  toujours  été  bien  conservée. 
C'est  l'occasion  de  dire  à  Votre  Majesté  que  les  Bavarois  sont 
animés  du  meilleur  esprit;  ils  sont  pleins  d'ardeur  et  surtout 
pleins  de  confiance  dans  leur  réunion  avec  les  troupes  de  Votre 
Majesté;  tous  les  officiei^s  de  mon  état-major  que  j'ai  expédiés  à 
leur  armée  y  ont  été  accueillis  avec  un  enthousiasme  qui  est  du 
plus  heureux  présage;  lorsque  les  officiers  français  passaient 
dans  leurs  colonnes,  des  bravos  et  des  battements  de  mains  se 
faisaient  entendre;  d'après  tout  ce  qui  me  revient,  je  crois  pou- 
voir assurer  Votre  Majesté  que  les  Bavarois  seront  dignes  de  son 
alliance. 

J'ai  l'honneur 

Bbrnadotte. 


Le  maréchal  Bernadotte  au  maréchal  Berthier. 

G&nzeDhausen,  le  15  yendémiaire  an  xiv  (7  ootobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Votre  lettre  du  12  et  celle  du  14  m'ont  été  remises  à  neuf 
heures  de  difl'érence,  la  première  hier  à  4  heures  du  soir  et  la 
seconde  cette  nuit  à  1  heure. 

Le  !«*•  corps  de  la  Grande  Armée  est  en  marche  pour  Weissen- 
burg  ;  il  y  sera  rendu  de  bonne  heure  ;  je  prendrai  position  en 
avant  ou  en  arrière  de  cette  ville  avec  mon  corps  de  bataille  ; 


CHAPITRE  PREMIER. 

mon  avant-garde  doit  se  porter  tout  près  d'Eichstadt;  Tannée 
bavaroise  fera  aujourd'hui  sa  jonction  avec  moi,  et  demain  nous 
marcherons  tous  ensemble;  je  me  rendrai  sur  le  Danube  entre 
Ingolstadt  et  Neuburg,  laissant  Eichstâdt  derrière  moi  ;  aussitôt 
que  j'aurai  établi  mes  troupes,  je  vous  ferai  connaître  ma  posi- 
tion. 

Sa  Majesté  a  eu  la  bonté  de  me  faire  connaître  les  mouve- 
ments de  la  Grande  Armée  ;  je  vous  prie,  Monsieur  le  Maréchal, 
de  vouloir  lui  présenter  de  ma  part  l'assurance  que  j'emploierai 
tous  mes  moyens  pour  la  seconder;  je  lui  fais  hommage  du  zèle 
le  plus  soutenu  et  du  dévouement  le  plus  respectueux  et  le  plus 
absolu. 

Nos  troupes  sont  dans  les  dispositions  les  plus  satisfaisantes  ; 
les  marches  ne  ralentissent  rien  de  leur  ardeur;  elles  brûlent 
d'en  venir  aux  mains  avec  notre  ennemi  ;  je  leur  ai  annoncé  que 
bientôt  nous  verrions  Sa  Majesté  ;  cette  nouvelle  a  été  reçue 
avec  enthousiasme  et  aux  cris  répétés  de  :  «  Vive  l'Empereur  I  » 
L'armée  bavaroise  n'est  pas  moins  bien  disposée;  elle  est 
orgueilleuse  de  combattre  à  côté  des  troupes  de  Sa  Majesté,  et 
j'ose  assurer,  d'après  tout  ce  que  je  sais,  que  les  Bavarois  se 
rendront  dignes  d'être  nos  alliés. 

J'ai  l'honneur 

Bbrnadottb. 


Le  maréchal  Bernadotte  k  l'Empereur 

Weissenburg,  le  15  yendémiaire  an  xiy  (7  octobre  1805), 
à  10  heures  da  soir. 
Sire, 

Aussitôt  mon  arrivée  ici,  j'ai  réuni  les  généraux  bavarois  pour 
les  consulter  et  être  à  même  de  répondre  aux  questions  que  Votre 
Majesté  m'a  faites  par  sa  lettre  d'hier. 

11  existe  plusieurs  ponts  sur  le  Danube  ;  il  y  en  a  un  à  Kel- 
heim,  un  à  Neustadt,  un  à  Vohburg,  un  à  Ingolstadt,  un  à  Neu- 
burg et  un  autre  à  Donauwôrth.  Des  avis  m'annoncent  que  l'en- 
nemi a  détruit  celui  de  Neuburg  ;  sans  doute  il  en  aura  fait  autant 
des  autres  ;  mais  au  moyen  de  planches  et  de  madriers  que  nous 
tâcherons  de  trouver  dans  les  villages,  je  crois  qu'on  pourra 
passer  le  Danube.  J'ai  ordonné  que  tous  les  bateaux  qui  se  trou- 


7   OCTOBRE.  285 

vent  sur  rAltmùhl  soient  réunis  sur  un  point  et  gardés  par  un 
fort  détachement  ;  aussitôt  que  nous  connaîtrons  le  lieu  du  pas- 
sage, nous  pourrons  les  y  faire  parvenir. 

Si  nous  devons  jeter  un  pont  entre  Ingolstadt  et  Neuburg,  le 
point  le  plus  favorable,  d'après  Tavis  de  MM.  les  généraux  bava- 
rois qui  connaissent  parfaitement  le  pays,  serait  en  avant  de 
Joshofen  ;  les  environs  de  ce  village  présentent  une  position  très 
avantageuse  ;  toute  la  rive  en  deçà  du  Danube  domine  la  rive 
droite  par  des  montagnes  assez  élevées. 

Je  partirai  demain  de  très  grand  matin,  je  m'établirai,  avec  le 
i«'  corps  d'armée  et  les  Bavarois,  en  arrière  de  la  petite  rivière 
de  Schutter  ayant  Nassenfels  sur  mon  front;  Tavant-garde  du 
général  Kellermann  poussera  jusqu'à  Attenfeld  et  celle  commandée 
par  le  général  bavarois  de  Wrède  poussera  ses  postes  jusqu'à 
Pettenhofen. 

Dans  cette  position,  j'attendrai.  Sire,  les  ordres  de  Votre  Ma- 
jesté et  j'ose  l'assurer  que  personne  ne  les  exécutera  avec  plus 
de  zèle  et  plus  de  dévouement. 

J'ai  l'honneur 

Bbrnadottk. 


Le  maréchal  Bernadotte  au  maréchal  Berthier. 

Weissenburg,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805), 
à  10  heures  du  soir. 

Monsieur  le  Maréchal, 

Avant  de  répondre  à  votre  lettre  d'hier,  j'ai  désiré  être  à  même 
de  vous  instruire  positivement  si  Tarmée  bavaroise  serait  en  état 
de  se  rapprocher  du  Danube  ;  j'ai  mandé,  à  cet  effet,  les  généraux 
de  cette  armée  ;  ils  m'ont  répondu  qu'ils  étaient  prêts  à  forcer  la 
marche,  malgré  la  fatigue  et  l'épuisement  de  leurs  troupes;  je 
me  mettrai  donc  en  mouvement,  demain  matin  à  5  heures,  pour 
me  porter  sur  Eichstadt  et,  de  là,  sur  la  petite  rivière  de  Schutter, 
ayant  le  village  de  Nassenfels  sur  mon  front  ;  je  pousserai  Favant- 
garde  du  général  Kellermann  jusqu'à  Attenfeld,  sur  la  route  de 
Neuburg,  et  l'avant-garde  du  général  bavarois  de  Wrède,  aussi 
près  d'Ingolstadt  que  je  pourrai. 

Les  avis  que  je  reçois  me  disent  que,  depuis  deux  jours,  il  est 
arrivé  beaucoup  de  troupes  à  Ingolstadt  et  Neuburg,  et  que  le 


z8d  chapitre  premier. 

nombre  en  est  évalué  à  près  de  35,000  hommes  ;  des  officiel^ 
russes  sont  déjà  arrivés  à  Neuburg  pour  faire  les  quartiers.  Je 
donne  connaissance  au  général  Mannont  des  mouvements  de 
Fennemi. 

Agréez BlRNADOTTB. 


4«'  CORPS  d'armée. 
Ordre  de  marche  du  16  vendémiaire, 

Weissenborg,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

Le  l«f  corps  de  la  Grande  Armée  et  Tarmée  bavaroise  quitte- 
ront leur  position  de  Weissenburg,  demain  16  vendémiaire  {8  or- 
tobre),  dans  l'ordre  suivant  et  aux  heures  ci-après  : 

Le  général  Kellermann  partira  à  5  heures  du  matin,  marchera 
militairement  et  se  dirigera  sur  Eichstadt  en  suivant  la  grande 
route  et  passant  par  Rothenstein  et  Rupertsbuch.  Arrivé  à  Eich- 
stadt, il  prendra  position  derrière  TAltmiihl  à  la  droite  de  la  ville. 
11  enverra  des  partis  à  Neuburg  en  passant  par  Nassenfels.  Les 
commandants  de  ces  partis  s'informeront  de  la  marche  de  Fen- 
uemi,  de 'ses  forces  à  Neuburg  et  des  dispositions  qu'il  annonce. 
Le  général  Kellermann  donnera  ordre  qu'on  s'empare  de  tous  les 
bateaux  qui  se  trouveront  sur  l'Altmiihl  et  sur  la  rive  gauche  du 
Danube.  Ces  bateaux  seront  réunis,  autant  que  possible,  et  gar- 
dés par  un  détachement  de  cavalerie.  Il  sera  rendu  compte  de 
suite  à  M.  le  maréchal  de  la  quantité  et  de  la  capacité  de  ces 
bateaux.  Le  général  Kellermann  s'éclairera  sur  sa  droite  pour  se 
joindre  aux  partis  du  général  Marmout. 

Le  lieutenant  général  de  Wrède  partira  avec  ses  troupes,  à 
5  h.  1/2,  suivra  la  même  route  que  le  général  Kellermann,  ira 
s'établir  à  la  gaucbe  de  la  ville  d'Eichstadt,  toujours  derrière 
rAltmùhl.  Le  lieutenant  général  de  Wrède  éclairera  sa  gauche 
par  des  détachements  d'infanterie  et  de  cavalerie.  Arrivé  à  Eich- 
stiidt,  le  général  de  Wrède  enverra  des  reconnaissances,  elles 
devront  communiquer  avec  les  partis  que  le  général  Kellermann 
aura  envoyés  à  Neuburg.  Ces  reconnaissances  s^informeront  des 
ennemis  à  Ingolstadt  et  de  leurs  projets*  Le  général  de  Wrède 
fera  saisir  tous  les  bateaux  qui  se  trouvent  sur  l'Altmiihl  et  sur 


7  OOTOBRE.  287 

la  rive  gauche  du  Danube.  Il  rendra  compte  aussi  du  nombre  et 
de  la  capacité  de  tous  ceux  qu'il  aura  pu  trouver. 

Le  général  Drouet  partira  avec  sa  division,  à  5  h.  1/2  précises, 
suivra  la  même  route  que  le  lieutenant  général  de  Wrède  et  ira 
s'établir  derrière  lui  à  Eichstadt  ;  il  s'éclairera  sur  sa  gauche. 

Le  général  Rivaud  se  mettra  en  marche,  à  6  heures,  suivra  la 
route  des  autres  corps,  se  dirigera  sur  Eichstadt,  tiendra  la  même 
route  que  les  corps  précédents,  ira  se  former  au  centre  derrière 
les  divisions  Drouet  et  Rivaud.  Toutes  les  troupes  arrivées  à 
Eichstadt,  M.  le  maréchal  donnera  de  nouveaux  ordres.  Les  ad- 
judants-commandants de  chaque  division  se  porteront  en  avant 
pour  recevoir,  du  colonel  du  génie  Morio,  l'indication  de  l'empla- 
cement de  leurs  troupes. 

Si  les  avant-postes  rencontrent  les  Autrichiens,  ils  courront 
dessus  et  les  traiteront  en  ennemis. 

M.  le  maréchal  marchera  entre  les  divisions  Drouet  et  Rivaud  ; 
c'est  là  que  les  rapports  devront  lui  être  adressés  (1). 


Note, 

DonauwOrth,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

Faire  connaître  aux  généraux  Nansouty  et  d'Hautpoul  que  les 
petits  dépôts  des  régiments  de  la  division  Nansouty  doivent  être 
établis  dans  le  village  d'Harburg,  et  ceux  de  la  division  d'Haut- 
poul  à  Nôrdlingen. 

Le  maréchal  Murât  doit  désigner  un  général* 

Tous  les  dépôts  de  cavalerie  seront  sous  les  ordres  d'un  général 
de  brigade  ou  d'un  adjudant-commandant,  afin  que  l'état-major 
puisse  avoir  un  état  de  situation  exact  tous  les  jours,  et  que  l'on 
puisse  les  diriger  à  volonté. 

Renouveler  l'ordre  de  faire  partir,  de  Nôrdlingen,  tous  les 
hommes  qui  appartiennent  au  corps  du  maréchal  Soult. 


(I)  Le  général  Éblé,  commandant  l'artillerie  du  1<"  corps^  informe  lé 
directeur  du  parc,  colonel  Navelet,  de  l'arrivée  d'un  convoi  commandé 
par  le  capitaine  Hurlaux,  qui  le  renforcée  partir  de  Giinzenhausen* 


288  CHAPITRE  PREMIER. 

Envoyer  un  courrier  extraordinaire  à  Stuttgard  pour  défendre 
de  ne  rien  laisser  passer  à  Schômdorf. 

Maréchal  Berthibb. 


Le  général  Andréossy  à  M.  Petiet 

NOrdlingen,  le  15  yendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

J'ai  l'honneur  de  vous  prévenir  que  des  détachements  des  5«, 
80,  9®,  12®,  16®  et  26«  régiments  de  dragons,  conduisant  des 
chevaux  éclopés,  ont  reçu  ordre  d'aller  cantonner  demain  au 
château  de  la  princesse  de  Wallenstein,  à  trois  quarts  de  lieue 
de  Nôrdlingen. 

Ces  détachements  sont  composés  en  tout  de  : 

4  officiers, 
18  sous-officiers, 
191  dragons, 
et  233  chevaux. 

Je  vous  prie  de  vouloir  bien  donner  des  ordres  pour  qu'il  soit 
pourvu  à  leur  subsistance,  jusqu'à  ce  qu'ils  reçoivent  une  nou- 
velle destination. 

Andrâossy. 

Le  général  Andréoaay  à  M.  Petiet 

GmOnd,  le  14  vendémiaire  an  xiv  (6  octobre  1805). 

Monsieur  l'Intendant  général, 

Je  vous  préviens  que  l'électeur  de  Wurtemberg  fournit  deux 
bataillons  de  chasseurs  de  quatre  compagnies  de  120  hommes 
chacune,  qui  doivent  partir  demain  pour  Schôndorf  et  suivre  par 
Gmûnd,  Aalen  et  Nôrdlingen,  où  ils  doivent  arriver,  s'il  est 
possible,  le  16,  ou  au  plus  tard  le  17.  Ils  sont  commandés  par 

le  colonel et  doivent  recevoir  de  nouveaux  ordres  quand  ils 

auront  rejoint  l'armée. 

11  y  a,  en  outre,  un  officier  wurtembergeois  attaché  au  grand 
état-major  général  qui  doit  rejoindre  demain  à  Gmûnd. 

Andréossy. 


7  OCTOBRE.  289 

Le  général  Andréoaay  à  M.  Petiet 

NOrdlingen,  le  15  yendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

C'est  avec  le  plus  vif  regret  que  je  me  vois  dans  Timpossibilité 
de  satisfaire  à  la  demande  que  vous  faites  par  votre  lettre  de  ce 
jour,  mais  je  n'ai  pas  un  homme  à  cheval  à  ma  disposition, 
j'avais  compté  sur  un  détachement  de  dragons  arrivé  ce  matin  à 
Nôrdlingen,  mais  il  n'est  composé  que  de  chevaux  éclopés. 

Un  détachement  de  30  à  40  gendarmes,  attaché  au  quartier 
général,  est  encore  en  arrière  et  n'arrivera  probablement  que 
fort  tard. 

Je  ne  vois  donc  aucun  autre  moyen  pour  prévenir  les  excès 
qui  ont  eu  lieu  ce  matin,  que  de  demander  directement  au 
ministre  de  la  guerre,  major  général,  un  détachement  suffisant 
de  cavalerie  pour  être  mis  à  votre  disposition  (1). 

Andrâossy. 


Ordre  du  jour, 
Nôrdlingen,  le  15  vendémiaire  an  xiv  (7  octobre  1805). 

II  a  été  ordonné  aux  généraux  commandant  en  chef  les  diffé- 
rents corps  d'armée,  d'avoir  toujours  à  l'avance,  pour  quatre 
jours  de  pain,  indépendamment  d'un  approvisionnement  de 
biscuit  pour  quatre  jours  ;  et  de  remplacer  à  mesure  la  consom- 
mation journalière. 

L'Empereur  est  informé  que  quelques  corps  d'armée  n'ont 
point  cette  quantité  de  subsistances.  Les  commissaires  ordon- 
nateurs et  les  chefs  d'état-major  prendront  toutes  les  mesures 
nécessaires  pour  que  chaque  corps  d'armée  se  conforme  aux 
dispositions  ci -dessus  ;  dispositions  si  importantes  pour  les 
succès  des  opérations  militaires. 

M.  l'intendant  général  de  l'armée  se  fera  rendre  compte  par 
MM.  les  ordonnateurs,  pourquoi  les  corps  d'armée  n'ont  pas  les 

(i)  Le  jour  même,  Andréossy  met  à  la  disposition  de  M.  Petiet,  pour 
le  seconder  dans  ses  réquisitions,  iO  gendarmes  commandés  par  un 
maréchal  des  logis  et  un  brigiidier. 

III.  19 


(90  0IIAP1TKK  riŒUlBK. 

ipiatre  jniirs  dt*  hisctiil  «in'iN  mil  i*tr  nlilip's  (ra\iiir.i  Iriir  mhIt. 
cl  il  ft'ra  fiiiinattiT  a  il  majnr  fr^n^ral.  II*»*  mntiN  dr  riu«*\rciiti«iii 
(le  oct  onire,  cii  lui  dfHJguuiit  h'>  cmiiiiiiftHaireH  ••ninniutrur^ 
i|iij  )  aiit'ai«*iil  mis  ilc  la  m-uliL'fiM***-  iMiis  tmiN  les  t-.i^^.  V.  I  intra- 
(laiit  i:ô livrai  |»ro fuira  lt*s  iiH'^iirt'N  m-cfssain'^  f»«»iir  ipir  chaqur 
i*iir|iN  (l'ariiK'i*  ait  rniislaiiiiiiriit  a\(*r  lui  |iiiiir  ipialrr  j«iiir^  de 
bisoiiit  ft  |Miiir  i|iia(rc  .JHiirN  ilo  (laiii.  «lui  ^oroiit  ri*noii\i*lr'%  «ur 
!('-(*liani|i.  a  iiirsiin'  Hi'n  (Niiisniiiriiatinii^. 

Iiaii"^  la  JMnrnt'f  tir  (liMiiaiii.  M.  riiili'iui.int  u't^iK'ral  h»>  frn 
roiufri*  ('niii|i|i»  tic  la  siliiatinii  di-s  aiiiluilaiiri's  cl«*  rh.ioin  tle« 
(■iir|»Hilt*  rariinT.  il  (irciKlra  Ifs  mrsiiros  m^iVssairrs  )M<.ir  i|ii>[|^ 
Hiiiriit  iir::aiiisff<^  «-iiiifiirnii*iiii*iit  aux  iirtlri*^  (iiiniit's  |i.ir  ITmpr- 
rnir. 

I.fs  i:t*in'*raii\.  rhoN  d'rlal  in.ijor  ilt'silifrrri*!)!^  i*tir|i^  iff'.iriuf^ 
fcrunl  l'iinnaîtn»  a  MM.  It*'*  aiili's  lir  rarii|ift  nfTirlrrH  ilVui-majur 
t'Iiaru»**  d'.i|i|mrlfr  d*»»*  dt''|M^-hi'K  :iii  L'raml  ipiartirr  i:riii-ra!.  qu'il 
Iriir  i'st  (■\|tri-sM'iiii-iit  tirri'titiii  il  m  i-r|iarlir  «^.iiis  unr  tl>jirchr. 
Mil  HaiiN  iiiir  .iiitiifiN.itii>ii  «II*  il«*p.ul  ^ijiH'i*  ilii  iii.ijiir  L't'iirral.  «««i 
«il-  M.  Il-  ;:rinT.il   \inlniiNs\.  .ihii-niajiir  i^nirral. 

Si  tpii'ltpif  .iittrdt'  «-.irii|iiiii  ufticirr  d'i-lat-inajur.  iir  ^i- rt»iif«^- 
fiiait  [la^  .1  fi-l  Miilii*.  il  NiT.i  iiiiH  ;iii\  arrt'-tik.  jiiMpi'.i  la  rrpatn«r 
ilii  iii.i|i>f  ::>-iii-i.il.  .iiiipii-l  il  i-it  M'ia  ifiiilii  «'lififptr  ^iir-lc-t'hanip. 


¥.  VfAl.   —  Bulletin. 

piMix  \<>\.i.i-iir<»  .irii^i"^  ii'i  .iuj<*iiiil*liiii.  .1  iiiidî.  r.i|ifHiiirnt ^q€ 
tiiiiti**^  \*-^  triiiip*  <»  .iiiti  i«  tih-iirii-s  i|iii  «•f.iiriit  a  Sl«i(-L.ii*h  ei  ra«t- 
iiifiN  Hiint  |i.ir(ii'N  l'i  ih.itiii.  i-ii  ^r.iiiili-  fi.ili-,  fxmr  sr  |^-r1rr  da» 
!i*s  in\  ir.»riN  .f'riiii. 

11%  .i«<»Mi''Tit.  «Il  ••Mt!i-.  «iii*-  li  .'  t|ii  riiiirant  pliiHiciir^  di%î%«iMi« 
.?.•  I  irMi.  .  fr  'fi.  Ils.  i\  «i>  Tit  .fi  J..ISS.-  <l«illj.iril  r\  Wûrt/liurie.  ^«t 
!••    ;.  'iTi   !- 1  «.II.  '  i.  p  f   1  -fx  .I..TI   (M  di  «.-.iii*  fr.iii*  aÏH  .i\Airnl  |ftAni 

•  *!•••■    !■ •■-■f»-  -i  I  !".  .-!  .j-r.-   -t  iTis  II' riiiirii^iit.  Ci'ttt*  plao^  fUll 

\  t.iL^' tiii<i.r  !• -III -.t   hl«")iii  •  .  puiH  .pu*  r.iile  ^mucIm^  4c  I  ar 
.1  X.    1  i^.tit  il'  (i.i^s..-  )..   ir  t'iiiiirr  If  iLiBr  iItmI  de  I; 
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7  OCTOBRE.  391 

de  Y  Armée  russe,  dont  la  première  GOloniie  doit  arriver  oes 
jours-oi  à  Pas^au/ 

Ces  mêmes  voyageurs  (dont  Tun  est  Yaudois)  rapportent  que 
lore  de  leur  passage  à  Ultn,  il  ne  s'y  trouvait  pas  plus  de 
1200  hommes  de  garnison,  mais  qu  un  grand  nombre  de  travaill- 
eurs y  étaient  occupés  à  construire  des  redoutes  et  autres  ou- 
vrages encore  très  imparfaits  (ceci  est  du  3  octobre  à  midi,  jour 
de  leur  départ  d'Ulm)  ;  ils  m'ont  assuré,  en  outre,  que  toute 
Tannée  autrichienne  se  réunit  à  Memmingen,  ayant  rencontré 
tout  le  long  de  leur  route  beaucoup  de  troupes  qui  s'y  portaient. 
Ils  disent,  de  plus,  qu'il  existe  un  grand  découragement  dans 
l'armée  autrichienne  et  que  la  plus  grande  partie  ne  fera  p£ts  de 
résistance;  que  d'ailleurs,  ils  craignent  d'en  venir  aux  maidSy 
surtout  vu  la  force  et  la  valeur  de  l'armée  française  qui  l'entoure, 
à  ne  lui  laisser  d'autre  retraite  que  le  Tjrrol. 

Indépendamment  de  plusieurs  raisons  qui  me  font  croire  très 
positivement  à  ces  rapports,  je  crois  devoir  ajouter  une  circons- 
tance qui  me  parait  en  confirmer  l'authentioité,  la  voici  : 

11  y  a  ici,  à  l'auberge  de  la  Couronne,  où  je  suis  logé,  deux 
étrangers  qui  y.  sont  depuis  quelques  jours  (l'un  est  Russe  et 
l'autre  Autrichien)  qui  vivent  dans  lai  plus  grande  intimité  et  qui 
ont  toujours  été  assez  gais,  excepté  hier  et  aujourd'hui  ;  un  air 
triste  et  rêveur  est  répandu  sur  tous  leurs  traits,  aujourd'hui 
surtout.  Le  premier,  qui  se  dit  avoir  été  militaire,  et  aujourd'hui 
voyageant  pour  son  plaisir,  parlant  allemand  et  français,  fait 
diverses  promenades  à  cheval  dans  tous  les  environs  ;  il  va  sou- 
tent  dans  les  petits  cantons  et  autres  endroits  de  la  Suisse.  Il 
devait  partir  demain,  mais  il  s'est  décidé  à  rester  encore,  disant, 
qu'il  attendait  un  prince  de  ses  amis. 

Le  second  me  parait  aussi  militaire,  mais  pins  fin  et  plus 
Réservé  que  le  premier.  Je  les  observe  et  les  fais  observer. 

11  vient  d'arriver  aujourd'hui  dans  cJette  ville  une  compagnie 
d'artillerie  bernoise  avec  1  pièces  de  campagne. 

Saint-Gall,  le  13  vendômîaitô  an  xiv  (5  octobre  1805). 

D'après  les  nouvelles  que  j'ai  recueillies  à  mon  arrivée  et  les 
lettres  de  Bôliâfiô,les  tfoUpès  et  lê  pafc  d'aftîlléMe  qui  étaient  à 
Innsbrûck,  sont  avancés  en  partie  par  Reutte  et  partie  par  Feld- 
kireh  pour  la  Souabe. 


292 


CHAPITRE  PREMIER. 


Les  ouvrages  de  Feldkirch  ont  été  suspendus  (ce  fait  est  cer- 
tain); Ton  prétend  aujourd'hui  qu'ils  sont  repris  et  que  Ton 
construit  surtout  beaucoup  du  côté  de  Memmingen. 

D'autres  bruits  disent  que  Tarchiduc  Jean  a  filé  sur  nos  fron- 
tières, mais  tout  est  incertain  à  ce  sujet. 

VrAL  (1). 


Ordre  de  bataille  de  l'armée  impériale  et  royale  en  Allemagne, 
le  7  octobre  1805. 


RÉGIMENTS 

HT     BATAILLOFK. 

m 

î 

4 

1 

Hi 

m 

M 

II 
H 

a; 
Jl 

a 

m 

8 
8 

3 
4 

ÛUAUTEEIRâ 

QdiAa&Dx. 

à 
5 

1 

m 

0^ 

Fresnel 
k 

Avant 'gat*é€, 

HohenluhQp  dragons*,»** 

Eia^Qgen,   Ës:gifigeii 
et  Enûinf  en . 

FrCShîkh.  grenadiers 

Ait:hîdiie-ftftiDiaf .,. . 

Qrimetettgen,    Sehaf- 
falklag«n  et   Hart- 
bauÉen . 

M&nfredinî,  grâEmdien. , . 
Roiowratb,  grenadiers. , , 

aogglmgva. 

Général- major 
Sticker 

rrdtlîch...  _..,„,..,, 

eofUngva. 

Arebidne-Raiiiier. ....... 

Kolowrati.*, •.. 

Ulm. 

Weideafeld 

avec 
Manfredmi. 

Mfin-CrediiiL  -                 « .  * 

Eu  m&rebe   de  Blbe- 
rafb  à  U)m. 

Memory 
ehaasaura. 

Palatins *.».,.,* 

Lebr,    Jungiiigeii    et 
Msibring&a. 

CHiK&aeuLi  tjroUeafi. ...  « 

Transportés  par  rd- 
torea  de  Rudûl&eU  à 
Ulm,  p^  amver  Le  7. 

Réserre  d'artillerie. . .  « . . 

A    tUm,    à    là    pûrte 
d'Ert>cber. 

Maekp  ciiirasaleni, ,.,,.« 

Pria  d'Ulm. 

D'Aspre 
à  Ulm. 

ArebidnC'LQUÏa^  .,,,■■,, 

Ulm. 

1 

(I)  Cettr  letti-e  a  pu  arriver  au  quartier  gémirai  le  7  ou  le  8  octobre. 


7  OCTOBRB. 


293 


Corps  du  feld^maréchal^lieutenant  Wernek  à  Gûnzburg. 


OtKÈHkVX' 
MAJOR». 


Uohonfeld. 


Mayer. 


Dinosberg. 


REGIMENTS 


KT     BATAILLONS, 


Aaersperg,  grenadiers. . , 

Ârchiduc-Charles,  grena- 
diers  

Archiduc  - 1  ^ais ,  grena- 
diers  

Froon 

Sporck 

Erbach 


Pranz-Jellachich . 

Stuart 

Reuss-Greitz. . . . 

Kaonits 

Renss-Plauen.. . , 
Joseph-Colloredo. 


Albert,  cuirassiers . 


Latour,  cuirassiers. 
Reuss-Greitz 


Wurtemberg . . . 

Sporck 

Arehidue-Louis. 
Proon 


Auersperg , 

Archiduc-Charles . . 

Franz,  cuirassiers. 


QUARTIERS 

GÊRtRACX. 


Dans  Gtinzburg. 


Du  corps  près  de  Gflns- 
burg. 


Au-dessus  et  au-des- 
sous de  Deffingen. 


Du  corps  près  de  Gûnz- 
burg. 


En  marche  de  Mem- 
mingen  à  IJlm. 


Le  général  Victor  au  Ministre  des  relations  extérieures. 

Le  15  vendémiaire  an  xiv(7  octobre  1805). 

Monseigneur, 

J'ai  reçu  la  dépêche  que  vous  m'avez  fait  Thonneur  de 
m'écrire  le  26  vendémiaire  dernier. 

J'ai  pensé  aussitôt  au  moyen  de  procurer  à  Sa  Majesté  les 
renseignements  qu'Elle  désire  recevoir  sur  le  nombre  et  la 
marche  des  armées  russes  destinées  à  agir  contre  nous.  Pour 
parvenir  à  ce  but,  j'ai  fait  choix  d'un  homme  qui  va  parcourir 
en  observateur  intelligent  les  pays  où  se  trouvent  maintenant 


S94  CHAPITRE  PREMIER. 

ces  réunion^  de  troupes,  C'est  i|n  étraQger  que  npuç  avong  déjà 
employé  de  la  même  manière  et  qui  a  servi  dans  nos  armées,  il 
y  a  douze  ans.  Je  le  crois  très  sûr  et  d^autant  plus  propre  à  cette 
mission  qu'il  parla  toutes  les  langues  et  même  le  russe. 
D'ailleurs,  pour  l'essayer,  je  l'enverrai  d'abord  dans  la  Pomé-r 
ranie  suédoise  et  il  me  transmettra  d'Hamburg  un  premier 
rapport  sur  ce  qu'il  aura  observé.  Il  partira  dans  deux  jours. 

L'escadre  russe,  anponcée  depuis  six  semaines  au  gouverne- 
ment danois,  est  arrivée,  il  y  a  trois  jours,  dans  ces  parages. 
Elle  a  relâché  dans  une  baie  nommée  Dragôr,  peu  distante  dq 
0e  port,  où  elle  est  encore  retenue  par  les  vents  contraires.  Ella 
consiste  en  4  vaisseaux  de  ligne  et  2  frégates.  On  assure 
aujourd'hui  qu'elle  n'a  pas  de  troupes  à  bord,  et  qu'elle  doit 
s'arrêter  en  Angleterre  pour  y  pr^i^drç  des  renseigaements, 
avant  de  se  rendre  dans  la  Méditerranée.  Lorsque  Tescs^dre  ser^ 
dans  notre  rade,  nous  pourrons  en  savoir  davantage  par  les 
officiers  eux-mêmes  qui  ne  manqueront  pas  de  descendre  à  terra 
pour  vendre,  suivant  leur  usage,  tout  ce  qu'ils  peuvent  enlever 
des  bâtiments.  Des  personnes  prétendent  cependant  qu'ils  ont 
ordre  de  ne  s'arrêter  qu'à  Elseneur(l). 

On  dit  que  cette  escadre  a  escorté  jusque  sur  les  côtes  de  la 
Poméranie  30  bâtiments  de  transport  partis  en  même  temps 
de  Revel,  dont  les  troupes  ont  débarqué  le  2  octobre  à  Stralsund, 
où  quelques  jours  avant  3,000  Suédois  étaient  arrivés. 

Si  ce  rapport  est  vrai,  on  peut  évaluer  le  nombre  des  troupes 
déjà  réunies  dans  la  Poméranie  suédoise  à  environ  12,000  hom- 
mes, dont  4,000  Russes.  Mais  il  doit  y  en  arriver  encore. 

Des  lettres  de  Riga,  du  21  septembre,  annoncent  qu'une  partie 
de  la  cavalerie  qu'on  embarquait  dans  oe  port  occupait  déjà 
.50  bâtiments  et  qu'on  en  attendait  50  autres. 

11  est  possible  que  l'expédition  que  l'on  prépare  en  Angleterre 
soit  liée  à  celle  des  ports  de  la  Baltique,  mais  si  toutes  ces 
troupes  combinées  se  réunissent  en  Hanovre  pour  marcher  de 
concert  contre  la  Hollande,  elles  ne  prévoient  pas  le  danger 
certain  de  se  voir  couper  toute  retraite  avant  deux  n^ois  par  les 
glaces. 


(1)  Helsingôr. 


7  OCTOBRE. 

Le  prince  royal  de  Danemark  est  parti  depuis  près  de  huit 
jours  pour  Kiel  où  Tarmée  d'observation  commence  à  se  rassem- 
bler. Le  prince  Christian,  son  cousin,  ira  le  joindre  cette  même 
semaine  avec  son  régiment.  On  a  mis  ici  les  batteries  et  toutes 
les  fortifications  sur  le  pied  de  guerre,  on  parle  même  d'armer 
quelques  blockschifîs,  comme  ceux  qui  ont  servi  à  la  défense  de 
Copenhague  en  1801.  L'objet  de  ces  préparatifs  est  de  tenir  ce 
pays  dans  un  état  de  neutralité  armée,  et  le  gouvernement  a 
même,  dit-on,  préparé  à  ce  sujet  une  déclaration  qui  ne  tardera 
pas  à  être  publiée.  On  ajoute  qu'il  a  répondu  par  une  note  très 
forte  aux  pressantes  sollicitations  que  la  Russie  et  la  Suède  lui 
ont  adressées  pour  l'engager  à  faire  cause  commune  avec  elles. 

Il  ne  cesse  de  passer  des  courriers  anglais  pour  Stockholm  et 
Pétersbourg. 

M.  le  comte  de  Bemstorfî  en  partant  avec  Monseigneur  le 
Prince  a  prévenu  le  corps  diplomatique  par  une  circulaire  qu'il 
serait  remplacé,  en  son  absence,  par  son  frère  le  comte  Joachim, 
qui  revient  de  Berlin. 


CHAPITRE   II 
8  octobre. 


Le  général  Andréossy  au  général  Mathieu  Dumas. 

NOrdlingen,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805), 
à  4  heures  da  matin. 

Monsieur  le  Général, 

Je  vous  préviens  que  le  quartier  général  a  ordre  de  partir  de 
suite  pour  Donauwôrth,  où  il  doit  être  rendu  avant  midi  (i). 

ÀNDRftOSSY. 


H^^chstAdt,  le  16  yendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805), 
à  1  h.  3/4  du  matin. 

M.  le  maréchal  Ney  invite  M.  le  maréchal  du  Taillis  à  prévenir 
les  généraux  Dupont,  Loison,  Malher,  Tilly,  etc.,  que  la  troupe 
restera  aujourd'hui  dans  la  position  en  arrière  d'Hôchstadt. 

Les  généraux  Dupont,  Loison  et  Malher  occuperont  par  des 
postes  d'infanterie  de  50  hommes,  savoir  : 

La  i^  division  :  Lauingen,  Dillingen  et  Steinheim  ; 


(1)  La  fiarde  vint  aussi  à  Donauwôrth,  où  TEmpereur  demeura. 
Andréossy  appelle  à  Nôrdiingen,  pour  les  diriger  aussitôt  sur  Donau- 
wôrth, avec  le  quartier  général  :  1®  la  compagnie  de  sapeurs;  2®  le 
détachement  de  gendarmerie,  attachés  au  grand  quartier  général.  Il  fait 
désigner  1  maréchal  des  logis  et  8  gendarmes  pour  être  spécialement 
attachés  au  major  gi'nrral  et  ne  recevoir  d'ordres  que  de  lui. 


298  CHAPITRE  II. 

La  2®  division  :  Hôchstàdt; 

La  3«  division  :  Blindheim  et  (iremheim. 

L'ordonnateur  en  chef  sera  invité  à  réunir  le  plus  de  vivres 
possible  dans  la  journée. 

Le  général  Tilly  fera  pousser  une  rçconnaissance  sur  Herbrech- 
tingen  et  Ulm,  par  la  rive  gauche  du  Danube. 

Gassaimg. 

Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Ney, 

Donanwnnh,  le  10  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805), 
à  6  heares  du  matin. 

Monsieur  le  Maréchal, 

Nous  avons  patgé  le  Danube  et  lo  Loch.  Le  maréchal  Davout 
occupe  Neuburg.  Le  maréchal  Bemadotte  arrivera  ce  soir  à 
Ingolstadt.  Le  maréchal  Soult  va  marcher  pour  tâcher  de  couper 
le  corps  qui  est  à  Ulm. 

L'Empereur  ordonne  que  vous  vous  mettiez  suMe-ehamp  en 
marche  pour  prendre  une  position,  soit  celle  de  Giengen,  soit 
toute  autre  qui  ait  le  double  avantage  de  garder  la  route  d'Ulm  h 
Donauwôrth  par  Gundelfingen  ;  vous  vous  placerez  de  manière 
à  repousser  Tennemi  qui  viendrait  vous  attaquer. 

La  division  de  dragons  qui  est  à  Neresheim  (celle  à  pied)  sera 
provisoirement  à  vos  ordres  et  renforcera  votre  corps  d'armée  ; 
je  lui  en  donne  Tordre,  que  vous  trouverez  ci-joint,  et  que  vous 
voudrez  bien  lui  faire  parvenir. 

Si  Tennemi  vous  offre  une  occasion  favorable,  TEmpereur 
approuve  que  vous  l'attaquiez.  Vous  aurez  soin,  dans  tous  les 
cas,  de  couvrir  non  seulement  la  route  de  Hcidenheim  à  Nôrd- 
lingen,  mais  encore  celle  d'Ulm  h  Donauwôrth. 

La  division  Gazan,  qui  est  à  Aalen,  a  reçu  l'ordre  de  se  rendre 
à  Neresheim  ;  si  elle  se  trouve  encore  dans  ce  dernier  lieu,  au 
lieu  de  la  faire  joindre  au  pont  de  Munster  comme  je  le  lui  ai 
prescrit,  Fintentiou  de  l'Empereur  est  qu'elle  se  range  sous  vos 
ordres,  et  que  vous  la  teniez  toujours  sur  votre  gauche. 

M.  le  maréchal  Lannes,  du  corps  d'armée  de  qui  cette  division 
fait  partie,  doit  marcher  lui-même  à  Burgau.  Si  vous  apprenes 
que  l'ennemi  se  retire  et  n'attende  pas  ce  moment,  tombez4iii 
dessus. 


8  OOTOBRE.  t09 

Je  donne  égalepiant  ordre  au  général  gourçier,  commandant 
la  4^  division  de  dragons  à  cheval,  de  passer  provisoirement 
sous  votre  commandement. 

Si  qu^Jqve  événQmfint  vodi^  obligeait  à  vou»  rMuirq  à  la 
diif0nsiv0  et  h  battre  en  retraite,  ypus  auriez  mn  da  faire  mar- 
abar  gne  division  p^r  {{aidaohaim,  Aaleo,  faiwangap,  d'abord 
pour  protéger  le  grand  parc  qui  arriva  par  çatta  diractiao,  at 
pour  couvrir  touta  la  routa  da  l'année  qui  vient  d'HailbroPA  aur 
NôrdUngan, 

Comme  il  est  probable  que  le  passage  du  Laab  at  Toacupatiop 
d'Augiiburg,  qui  auront  lieu  dans  )a  journée,  vout  aofiu  dégriser 
Tennemi,  il  est  nécessaire  qua  vous  ayez  toujours  derrière  voua 
un  popt  sur  le  Dauube,  parce  que,  par  une  marche  de  flanc, 
vous  vous  porteriez  sur  le  Lech,  si  les  circonstances  le  rendaient 
nécessaire. 

Je  ne  pense  pas  qua  le  maréchal  Laune§  puisse  aller  aujour- 
d'hui jusqu'à  Burgau,  mais  il  arrivera  bien  certainement  jusqu'à 
la  hauteur  de  Dillingen;  communiquez  avec  lui  par  des  pa- 
trouilles de  cavalerie  ;  instruisez-^le  de  tout  ça  que  VOUS  appren- 
drez d'Ulm,  cela  servira  à  régler  sa  marche. 

Veuillez  me  tenir  exactement  inforipé  de  votre  position,  de 
vos  mouvements  et  de  ceux  de  Tenuemi. 

Maréchal  Bbbthibr. 


Le  maréohAl  Berthler  au  général  BAraguey-d'Hillier: 

Donaawôrth,  {e  16  veqdémiaive  an  xnr  (8  octobre  1805). 

Les  circonstances  rendant  nécessaire  d'accroître  momentané- 
ment les  forces  du  corps  d'armée  de  M.  le  maréchal  Ney,  l'In- 
tention de  l'Empereur  est,  Général,  que  vous  passiez  Jusqu'à 
nouvel  ordre  sous  le  commandement  de  ce  maréchal  aveo  la 
division  que  vous  commandez;  veuillez,  en  conséquence,  prendre 
ses  ordres  pour  la  suite  des  opérations  dont  il  est  chargé  et  aux^ 
quelles  vous  devez  contribuer. 

Son  Altesse  Impériale  le  prince  Murât  est  prévenue  de  cette 
disposition. 

Maréchal  Bbbthimb. 


300  CHAPITRE  II. 

Le  maréchal  Berthier  au  général  Qazan. 

Donauwôrih,  le  16  Tendémiaii-e  an  xiy  (8  octobre  1805). 

Les  circonstances  rendant  nécessaire  d'accroître  momentané- 
ment les  forces  du  corps  d'armée  de  M.  le  maréchal  Ney,  Tinten- 
tion  de  TEmpereur  est,  Général,  que  vous  passiez  jusqu'à  nouvel 
ordre  sous  le  commandement  de  ce  maréchal  avec  la  division  que 
vous  commandez;  veuillez,  en  conséquence,  prendre  ses  ordres 
pour  la  suite  des  opérations  dont  il  est  chargé  et  auxquelles 
vous  devez  contribuer. 

M.  le  maréchal  Lannes,  du  corps  d'armée  de  qui  vous  faites 
partie,  est  prévenu  de  cette  disposition. 

Maréchal  BKRTHi£R(i). 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Ney. 

DonauwOrth,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Le  Lech  ayant  été  passé  hier,  l'armée  do  M.  le  maréchal 
Soult  se  porte  sur  Augsburg,  où  elle  arrivera  ce  soir. 

Le  prince  Murât,  a\ec  10,000  hommes  de  cavalerie,  sera  ce 
soir  à  Zusmarshausen  et  aura  des  postes  à  Burgau. 

M.  le  maréchal  Lannes  sera  ce  soir  à  mi-chemin  de  Wertingen 
à  Zusmarshausen. 

M.  le  maréchal  Davout,  avec  son  corps  d'armée  sera  réuni  à 
Aichach.  11  est  impossible  que  l'ennemi  instruit  du  passage  du 
Danube  et  du  Lech,  ainsi  que  de  l'épouvante  qui  a  dû  s'emparer 
du  corps  de  troupe  qu'il  avait  au  delà  du  Lech,  ne  songe  sérieu- 
sement à  prendre  le  parti  de  la  retraite.  11  est  à  croire  qu'il 
essayera  d'abord  de  la  faire  sur  Augsburg,  mais  bientôt  il 
apprendra  qu'il  n'est  plus  temps  et  il  tentera  de  la  faire  sur 
Landsberg,  ou,  si  nos  troupes  arrivent  à  temps,  il  se  décidera  à 
livrer  bataille,  ou  enfin  à  se  retirer  dans  le  Tyrol  ;  mais  il  est 
probable  qu'il  prendra  le  parti  de  combattre  ;  dans  cette  hypo- 

(1)  Même  ordre  uu  général  Bourcier,  commandant  la  4^  division  de 
dragons  à  cheval. 

Le  prince  Murât  en  est  pré\enu. 


8  OCTOBRE.  301 

thèse,  TEmpereur  désire  que  votre  corps  d'armée  se  trouve  à  la 
bataille. 

Sa  Majesté  ne  pense  pas  que  Tennemi  soit  assez  insensé  pour 
passer  sur  la  rive  gauche  du  Danube,  puisque  tous  ses  magasins 
sont  à  Memmingen  et  qu'il  a  plus  grand  intérêt  à  ne  pas  se 
séparer  du  Ty roi  que,  dans  cette  manœuvre,  il  découvrirait  entiè- 
rement. L'intention  de  l'Empereur  est  donc  que  vous  vous  por- 
tiez aujourd'hui  au  pont  de  Gùnzburg  que  vous  occuperez  avec 
votre  avant-garde.  Employez  tous  les  moyens  pour  tâcher  de 
réunir  à  vous  la  division  du  général  Gazan  et  celle  de  dragons 
du  général  Bourcier. 

Vous  préviendrez  le  général  Baraguey-d'Hilliers  qu'il  serait 
chargé,  si  jamais  l'ennemi  faisait  la  sottise  de  vouloir  pénétrer 
par  Heidenheim,  Aalen  et  Nôrdlingen,  de  battre  en  retraite 
devant  lui  en  suivant  la  route  d'Heidenheim,  Aalen  et  Ëllwangen, 
pour  disputer  le  terrain,  protéger  le  grand  parc  de  l'armée  et  la 
grande  et  seule  communication  de  tout  ce  qui  vient  de  France 
et  qui  est  tellement  couverte  de  détachements  de  différentes 
armes,  qu'en  peu  de  marches,  le  général  Baraguey-d'Hilliers 
aurait  réuni  20,000  hommes.  Quant  à  vous,  Monsieur  le 
Maréchal,  avec  la  division  Gazan  et  la  division  de  dragons 
du  général  Bourcier,  vous  vous  trouverez  avoir  plus  de 
30,000  hommes. 

Faites  rétablir  tous  les  ponts  qui  sont  sur  vos  derrières  et 
ménagez-vous  le  plus  de  passages  possible  de  manière  que,  du 
moment  qu'il  sera  constaté  que  l'ennemi  évacue  Ulm  pour  se 
porter  sur  Augsburg  ou  sur  Landsberg,  vous  puissiez,  par  une 
marche  de  flanc,  vous  trouver  toujours  à  sa  hauteur  et  sur  ses 
flancs,  où  vous  l'attaqueriez  du  moment  où  le  maréchal  Soult,  le 
maréchal  Davout  et  le  maréchal  Lannes  auraient  commencé  à 
le  joindre  et  à  l'attaquer.  Vous  aurez  soin  cependant,  Monsieur 
le  Maréchal,  de  tenir  une  division  à  Gundelfmgen,  afin  qu'elle 
vous  serve  d'avant-garde,  si  jamais  d'autres  circonstances  déci- 
daient l'Empereur  à  vous  faire  marcher  sur  Ulm  par  Lauingen 
et  Albeck. 

L'Empereur  imagine  que  vous  avez  fait  rétablir  le  pont  de 
Dillingen.  Le  maréchal  Lannes  pourra  par  là  communiquer 
avec  vous  ;  envoyez  des  patrouilles  de  cavalerie  à  sa  ren- 
contre. 


301  CHAPITRE  n. 

M.  le  maréohal  Mufat  a  aussi  Tordre  de  éommuniqtldr  aTM 
vous  ;  envoyez  également  des  patrouilles  à  sa  rencontre. 

Les  moment»  aotuels,  Monsieur  le  Maréohal^  sont  de  lA  plus 

grande  importance  ;  TEmpereur  oômpte  sur  votre  zèle^  sur  vos 

talents  et  sûr  votre  activité.  Elle  est  tout  entière  nécesftaife  en 

oe  moments 

Maréehal  BrarniBa. 


VEmpèrBur  au  tn&réchAl  X (i). 

Quartier  impérial,  à  Donauwnrth,  le  16  yendémiaire  tn  xiv 

(8  octobre  180&). 

Mon  cousin,  le  général  Kienmayer,  qui  a  voulu  hier  défendre 
le  Lech,  s'est  retiré  sur  Augsburg.  Soult  avec  deux  divisions  est 
à  sa  poursuite  sur  la  droite  du  Lech,  et  deux  autres  divisions 
sur  la  rive  gauche.  J'espère  que  ce  corps  sera  entamé.  Il  me 
tarde  d'apprendre  que  vous  êtes  maître  du  pont  de  Gùnzburg. 

Je  ne  puis  plus  penser  que  Tennemi  puisse  avoir  d'autre 
projet  que  de  se  retirer  sur  Augsburg,  ou  sur  Landsberg,  ou 
même  sur  Fùssen.  Toutefois,  il  pourrait  hésiter,  et,  dans  ce  cas, 
c^est  à  nous  à  faire  en  sorte  que  pas  un  n'échappe.  Je  ne  doute 
pas  qu^l  ne  puisse  revenir  quelques-unes  de  ses  forces  du  Tyrol. 
Votre  position  à  Gùnzburg  est  favorable  pour  vous  porter  par- 
tout où  il  faut. 

NapoLéo]»  (2). 


DIépositions  de  ïïiàfvhe  du  6*  cùrpm  d'arrrtée 
pour  le   16  yehdémiAire  art  XIV  (8  octobre  1805). 

Le  IC  vendémiaire  an  ziv  (8  octot>re  1805). 

L'armée  marchera  aujourd'hui  à  2  heures,  la  droite  en 
tète  (3). 

■  '    ■     ■    1 1  ■ ■ . »■  ■  I      .  «■>    .  ■    .  I  I-  Il  ■  ■•  iif 

(1)  L'original  de  cette  lettre  ne  porte  pas  d'adresse.  Sa  teneur 
indique  qu'elle  était  destinée  au  maréchal  Ney  ;  mais  elle  a  été  remise 
au  maréchal  Lannes  et  se  trouve  encore  aujourd'hui  dans  les  archives 
du  duc  de  MontebeHo. 

(2)  Correspondance  de  Napoléon,  n*  9352» 

(3)  Changements  ordonnés  ])endant  le  moutement  ; 
On  est  parti  à  4  heures  seulement. 


8  ocTOBi».  308 

La  cavalerie  légère  partira  à  2  heures  et  ouvrira  la  marche 
sur  la  direction  d'Ulm  par  Gundelfingen,  elle  prendra  ensuite 
position  en  avant  de  Hausen^  au  delà  du  Lonthal  et  occupera 
Englen-Gehaû,  Nerenstetten,  OËllingen,  elle  placera  un  poste 
de  30  hommes  à  Nerenstetten,  son  but  doit  être  d'éclairer  toutes 
les  communications  qui  aboutissent  à  Ulm. 

La  1'*  division,  qui  marchera  ensuite,  établira  sa  !'•  brigade 
en  avant  de  Hausen,  près  de  Tendroit  où  la  route  traverse  le 
Lonthal.  La  2«  brigade  à  Bissingen  sur  les  hauteurs,  en  arrière 
du  point  où  la  route  est  coupée  par  le  Lonthal,  ou  la  Rurbe, 
4  compagnies  d^infanterie  légère  à  Nerenstetten  avec  le  poste 
de  cavalerie. 

La  2^  division  bivouaquera  sur  les  hauteurs  à  droite  de  Bdrg- 
berg  ;  un  bataillon  d'infanterie  légère  à  Stetten  pour  éclairer  les 
bois  en  avant. 

La  3«  division  sur  les  hauteurs  à  gauche  de  Brenz  ;  le  59*  régi- 
ment à  Gundelfmgen.  Ce  régiment  fournira  3  compagnies  au 
pont  de  Lauingen  et  trois  autres  au  pont  de  Dillingen,  ces  der- 
nières seront  relevées  par  les  grenadiers  de  M.  le  maréchal 
Lannes  et  joindront  les  trois  premières  à  Lauingen;  lorsque  les 
6  compagnies  auront  été  enfin  relevées,  elles  joindront  leur 
division  qui  marche  sur  Ulm  par  Albeck. 

La  3^  division  établira  en  outre  un  bataillon  d'infanterie  légère 
à  Stotzingen  et  Sontheim  pour  éclairer  sur  la  route  d^Ulm,  la 
cavalerie  de  cette  division  restera  avec  ce  bataillon  pour  commu- 
niquer avec  la  i'^  division  à  Hausen. 

La  division  Gazan  s'établira  sur  les  hauteurs  en  arrière  de 
Medlingen,  adossée  au  bois. 

Les  dragons  à  pied  bivouaqueront  sur  les  hauteurs  à  droite 
d'Herbreehtingen  en  établissant  des  postes  en  avant  de  ce 
village,  ainsi  qu'à  Falkenstein  et  Saint-Nicolas  sur  la  direction 
de  Dillingen,  grande  route  d'Ulm* 

La  division  de  dragons  du  général  Bourcier  prendra  position 
à  gauche  de  Bolheim,  et  portera  un  régiment  en  avant  de 
Dillingen.  Ce  régiment  s'éclairera  sur  toutes  les  communica- 
tions qui  y  aboutissent. 

Le  parc  d'artillerie  sera  en  arrière  de  Medlingen. 

Celui  des  vivres  à  gauche  du  village* 

Le  quartier  général  à  Medlingen»  {A^  M,) 


304  CHAPITRE  n. 


6«  CORPS  D*ARMÊE. 


Ordres  militaires  écrits  sur  le  champ  de  bataille 
avant  la  prise  d'Ulm, 

Écrire  au  général  Baraguey-d'Hilliers,  colonel  général  des 
dragons  à  Neresheim  ;  lui  mander  de  se  mettre  en  marche  avec 
les  dragons  sous  ses  ordres  pour  venir  prendre  la  position  indi- 
quée dans  Tordre  de  marche  que  j'ai  arrêté  pour  le  6®  corps  de 
la  Grande  Armée,  afin  de  pouvoir  me  diriger  sur  Ulm,  demain 
17,  et  y  attaquer  Tennemi  s'il  osait  encore  défendre  cette  posi- 
tion. 

Qu'il  trouvera  sur  les  ordres  de  Son  Excellence  le  Ministre  de 
la  guerre  qui  le  place  provisoirement  sous  mon  commande- 
ment. 

Au  général  Bourcier  à  Neresheim,  même  lettre  que  celle  au 
général  Baraguey-d'Hilliers. 

Au  général  Gazan  à  Neresheim,  même  ordre.  Mais  si  l'officier 
porteur  de  la  dépêche  ne  le  trouvait  pas  sur  ce  point  et  que  ce 
général  se  soit  dirigé  sur  Munster,  comme  il  en  avait  Tordre, 
dans  ce  cas,  Tofficier  porteur  de  la  dépêche  suivrait  la  route  de 
Neresheim  à  Munster. 

Le  général  du  Taillis  écrira  au  général  Tilly  de  laisser  un 
détachement  de  cinquante  chasseurs  à  Dillingen  pour  la  garde 
du  pont  sur  le  Danube  et  celui  de  Lauingen,  d'Hôchstâdt  et  de 
Steinheim.  Cet  officier  rentrera  avec  Tartillerie  fournie  de  la 
«>  division  aussitôt  que  les  grenadiers  aux  ordres  du  maréchal 
Lannes  arriveront  dans  cette  ville  et  qu'il  sera  relevé  d'après 
la  demande  qu'il  devra  en  faire  ;  il  prendra  pour  rejoindre  son 
corps  la  route  d'Ulm  par  Albeck. 

Savoir  quel  chemin  les  officiers  porteurs  des  dépêches  devront 
tenir  pour  trouver  les  généraux  Baraguey-d'Hilliers,  Bourcier  et 
Gazan  ;  ils  mettront  la  plus  grande  diligence  et  me  rapporteront 
des  reçus  à  Medlingen  où  j'établis  mon  quartier  général. 

Écrire  de  suite  aux  généraux  Tilly  et  Dupont  de  se  mettre  en 
marche.  Le  premier  ouvrira  la  marche  avec  toute  la  cavalerie 
légère  —  à  la  !2«  et  3e  division  de  suivre  le  mouvement  de  la 


8  OCTOBRE.  308 

i'®  qui  tiendra  la  route  de  Gundelfingen.  Enfin,  que  je  leur 
expédierai  en  chemin  les  positions  que  le  6©  corps  d'armée  devra 
prendre  aujourd'hui  en  vertu  des  dispositions  arrêtées  par  Sa 
Majesté  TEmpereur. 

Le  général  Tilly  ne  devra  pas  oublier  de  laisser  un  très  bon 
officier  à  Dillingen,  il  lui  demandera  la  plus  grande  activité  et 
barricadera  les  ponts  de  manière  à  éviter  toute  surprise. 

Au  général  Seroux,  le  général  Dupont  remettra  une  pièce 
de  8  et  le  général  Tilly  un  obusier. 

D'Hôchstàdt  à  Môrslingen,    Ober-Finningen ,    Demmingen, 
Eglingen  et  Neresheim,  il  prendra  4  chasseurs  ou  hussards. 
{A.  M,) 


Le  général  de  division  Malher  à  M.  le  maréchal  d'empire  Ney. 

Blindheim,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'ai  rhonneur  de  vous  rendre  compte  que  la  reconnaissance 
que  j'ai  portée  sur  Pfafi'enhofen,  a  appris  qu'un  officier  général 
français  et  3G  dragons  sont  venus  en  reconnaissance  à 
Mertingen.  Depuis  samedi  dernier,  Tennemi  n'a  pu  passer  sur 
les  bords  de  la  Zusam,  il  y  avait  fait  préparer  du  logement  pour 
de  rinfanterie,  mais  à  minuit,  Tofficier  qui  en  était  chargé 
reçut  une  ordonnance  pressée  qui  le  rappelait. 

Les  on-dit  des  paysans  portent  Tennemi  à  Zusmarshausen;  s'il 
vous  était  possible  de  mettre  à  ma  disposition  quelques  fonds, 
je  pourrais  envoyer  quelques  espions  à  la  découverte  et  vous 
transmettre  des  renseignements  plus  exacts. 

Les  ponts  sous  Blindheim  et  Gremheim  ont  été  barricadés 
toute  la  nuit  avec  des  voitures  ;  j'ai  poussé  ce  matin  une  recon- 
naissance de  grenadiers,  de  l'autre  côté,  qui  n'a  rien  découvert. 

Mes  troupes,  comme  vous  me  l'avez  ordonné  hier,  sont  prêtes 
à  partir. 

Agréez,  Monsieur  le  Maréchal,  etc 

{A,  M.)  Malher. 


III.  20 


306  CpAPIT^E  II. 

Le  16  veadémiaira  i^)  xiv  (8  of^l^r^  i^Oj!!). 

Les  ponts  de  Laiiingen,  Dillingen  et  Steinheim,  sont  gardés; 
il  y  a  un  poste  à  AJtheim. 

iUne  reconnaissance  est  dirigée  sur  Herbrechtingen  et  sur 
la  route  d'Ulm. 

Le  capitaine  Blautiol,  commandant  le  détachement  à  DîUin- 
gen,  rend  compte  qu'aujourd'hui,  à  la  pointe  du  jour,  une 
patrouille  de  deux  hommes  s'est  avancée  près  du  pont  ;  la  vedette 
a  fait  feu,  et  les  deux  hommes  se  sont  retirés. 

L'officier  posté  à  Lauingen  rend  compte  qu'il  a  reconnu  cinq 
ou  six  vedettes  ennemies,  placées  à  mille  pieds  de  la  ville  \  un 
officier  autrichien,  accompagné  d'un  dragon,  s'est  avancé  jusqu'à 
deux  portées  de  carabine  des  avant-postes.  Une  heure  après 
minuit,  une  de  nos  vedettes  a  reconnu  une  patrouille  ennemie, 
a  fait  feu,  l'ennemi  s'est  retiré  sans  riposter. 

Ce  matin,  à  la  pQintp  du  jpMr,  l'eupeT^i  était  posté  à  un  quart 
de  lieue  du  pont. 

D'après  les  rapports  (]iii  me  soat  parvenus,  l'ennemi  faisait 
garder  Gùnzburg  comme  avant-postes,  il  y  a  de  la  caY^Jen^  et 
de  rinfanterie.  (4.  itf-) 

Le  générai  Ou  TaiUia  au  générnl (1). 

Hochstadt,  le  16  vendémiaire  an  xxv  (8  octobre  1805),  k  midi. 

Mon  cher  Général, 
Le  Maréchal  me  charge  de  vous  prév^mr,  que  vous  devez 
vous  tenir  prêt  à  partir  avec  votre  division. 

Faites  rentrer  tous  les  postes  établis  dans  les  nionti^gnos  et 
les  détachements  envoyés  sur  notre  gauch^. 

L'armée  va  marcher  sur  Ulm  par  Dillingen.  Cette  disposition 
doit  être  tenue  secrète. 

Dn  Tai^us. 

Mettez-vous  de  suite  en  mouvement  et  dirigez-vous  sur 
Gundelfingen. 

Vous  recevrez  des  instructions  en  route. 

Du  TailMS. 

(1)  Tilly. 


6*"    CORPS    DARMÉB. 

{du  17  au  matin). 

Quartier  général  :  Môrslingen. 

/'«  division  :  Bisgingen. 

i"  brigade  en  avant  de  Qausen,  prçs  de  Tendroit  où  la  route 
traverse  le  Lbnthal. 

â«  brigade  à  Bissingen,  %\ir  les  hauteups,  en  avrière  du  point 
où  la  route  est  coupée  par  le  Lonthal  et  la  Hnrbe. 

4  compagnies  d'infanterie  légère  à  Nerenstetten  avec  le  poste 
du  i^^  régiment  de  hussards. 

^«  division  :  Burberg. 

La  division  à  la  gauche  de  la  i'«  division,  sur  le^  hauteurs  de 
Burberg,  ayant  le  Lonthal  sur  son  front. 

i  bataillon  d'infanterie  légère  à  Stetten  pour  éclî^irer  le^  bois 
en  av^nt. 

(La  division  a  repris  la  route  de  pillingen,  Gundelfingen,  Bren^ 
et  Hermaringen,  la  prenant  à  gauche  elle  s*est  dirigée  sur  les 
hauteurs  de  Burberg.) 

3^  divisi^  :  Brenz. 

La  division  sur  les  hauteurs,  fi  gpuch^  d^  Breuz, 

Le  59®  à  GuudeUiugen,  foumii^tiaut  3  çompt^guîes  w  PQUt  fia 
L^uingen  ;  3  oompaguies  à  celui  dP  OiHiugW- 

i  bsitaillon  d'inf^terie  légère  ^  Stotzingen  et  Sonth^i|[q,  pou? 
éclairer  U  route  d'Ulm, 

Cavalerie  légère  :  En  avant  de  Hausen,  au  delà  du  Lonthal,  et 
occupant  Wertingen,  Nerenstetten,  OEUingen;  i  poste  à  Nerens- 
tetten. 

(La  cavalerie  a  ouvert  la  marche  du  corps  d'armée  sur  la 
direction  d'Ulm  par  Gundelftngen.) 

Pipision  Ga,zan  :  Sur  Içs  hautow^  çp  arrière  de  Môrslingen, 
açlossée  aux  boi§. 

4«  diviûon  de  dragons  (général  Boureifr)  i  Bolheim. 

5  régiments  à  gauche  de  Bolheim,  et  1  en  avant  de  Dillingen. 

Dragons  à  pied  (général  Baraguey-d'Hilliers)  :  Herbrechtingen» 


308  CHAPITRE  II. 

Au  bivouac,  sur  les  hauteurs  à  droite  d'Herbrechtingen,  ayant 
des  postes  en  avant  de  ce  village,  à  Falkenstein,  Saint-Nicolas, 
et  sur  la  direction  de  Dettingen,  sur  la  grande  route  d'Ulm. 


Le  maréchal  Ney  au  colonel  {sic)  Crabbé. 

Le  16  yendémiairc  an  xiv  (8  octobre  1805). 

M.  Crabbé  partira  deux  heures  après  Tarrivée  des  troupes  à 
Ilausen,  à  la  tète  de  2  compagnies  de  voltigeurs,  2  compagnies 
de  carabiniers  et  4  de  chasseurs,  prises  sur  les  deux  bataillons 
du  9«  régiment  d'infanterie  légère,  une  pièce  de  4,  un  escadron 
de  cavalerie  légère,  pour  se  diriger  de  ce  point  sur  Ulm  ;  il 
marchera  dans  le  plus  grand  ordre  militaire  et  recommandera 
un  silence  absolu.  Il  s'arrêtera  dans  les  positions  qui  lui  paraî- 
tront les  plus  avantageuses  pour  Tinfanterie.  Il  fera  ouvrir  la 
marche  par  les  compagnies  de  voltigeurs,  suivies  des  i  compa- 
gnies de  chasseurs  à  pied  ;  la  pièce  de  4  marchera  entre  les 
2  compagnies  de  carabiniers.  La  marche  sera  fermée  par  l'esca- 
dron de  cavalerie  légère  ;  cette  troupe  formera  sa  réserve  ;  il 
aura  seulement  7  ou  8  hommes  bien  montés  et  bien  sûrs  qui 
marcheront  sur  les  flancs  et  à  la  hauteur  de  son  infanterie.  Dès 
qu'il  rencontrera  l'ennemi,  il  fera  faire  halte  à  sa  réserve  et 
attaquera  vivement  avec  la  tête,  il  le  poussera  jusqu'à  ce  qu'il 
rencontre  des  forces  d'infanterie  au  moins  équivalentes  aux 
siennes  ;  dans  ce  cas,  il  ferait  sa  retraite  sur  sa  réserve  qui  à 
son  tour  couvrirait  la  marche  ;  il  fera  tirer  le  canon  si  l'occasion 
devenait  pressante  afin  de  pouvoir  lui  envoyer  les  secours  néces- 
saires pour  protéger  sa  retraite.  Mais  s'il  ne  trouvait  devant  lui 
que  de  la  cavalerie,  il  ne  s'arrêtera  pas  et  tâchera  de  s'emparer 
d'Ulm,  s'il  est  possible.  11  me  tiendra  exactement  informé  de 
tout  ce  qui  lui  paraîtrait  mériter  mon  attention,  mais  surtout  si 
l'ennemi  paraît  avoir  évacué  Ulm,  ou  si  au  contraire  il  y  était 
en  mesure  de  déboucher  sur  nous  parla  rive  gauche  du  Danube. 
Je  me  tiendrai  à  Ilausen  ou  à  Stotzingen  où  il  m'adressera  son 
rapport  qui  devra  me  parvenir  au  moins  avant  trois  heures  du 
matin. 

{A.  M.)  Nkt. 


8  OCTOBRE.  309 

Ordre  du  16  vendémiaire  an  XIV  (8  octobre  1805). 

Le  maréchal  Ney,  commandant  en  chef  le  6«  corps  d'armée, 
voulant  assurer  la  rédaction  exacte  des  marches  et  opérations 
militaires  qui  seront  exécutées  par  le  corps  qu'il  commande, 
arrête  les  dispositions  suivantes  : 

1°  MM.  les  généraux  de  division  lui  transmettront  tous  les 
jours  de  marche  un  rapport  qui  contiendra  la  note  des  camps 
ou  cantonnements  que  leurs  divisions  respectives  occupaient 
avant  la  marche,  et  celle  des  camps  ou  cantonnements  qu'elles 
auront  pris  à  la  suite  du  mouvement  ;  un  rapport  semblable 
sera  fait  pour  les  jours  de  combat  ; 

2»  La  description  des  positions  militaires,  camps  ou  bivouacs, 
devra  désigner  exactement  les  points  auxquels  les  deux  ailes 
étaient  appuyées  et  les  accidents  du  terrain  qui  couvraient  les 
flancs  et  le  front  de  la  division;  les  villages,  bois,  ravins,  etc., 
qui  auraient  été  occupés  pour  la  sûreté  des  positions,  seront 
désignés,  ainsi  que  les  corps  qui  les  occupaient; 

30  Les  incidents  militaires  qui  auraient  pu  survenir  pendant 
la  marche  seront  fidèlement  rapportés  ; 

40  Lorsque  les  généraux  de  division  auront  Tennemi  devant 
eux,  ils  auront  soin  de  donner,  aussi  bien  que  possible,  la  des- 
cription de  la  position  qu'il  occupe  et  remplacement  de  ses 
troupes  dans  cette  position  ; 

5®  Les  rapports  devront  être  accompagnés  d'un  croquis  qui 
indiquera  les  positions  militaires  et  les  emplacements  des 
troupes  ; 

6®  Les  rapports  des  combats  devront  présenter  toutes  les  cir- 
constances de  la  marche  des  différents  corps,  ainsi  que  les 
diverses  manières  dont  ils  pourraient  avoir  combattu,  en  colonne 
ou  en  bataille,  les  manœuvres  par  le  moyen  desquelles  chaque 
division  aura  passé  aux  différents  ordres  de  colonne  et  de 
bataille  seront  aussi  désignées; 

7^  Lorsqu'un  général  de  brigade  ou  un  chef  de  corps  aura  un 
commandement  isolé,  il  se  conformera  aux  dispositions  du  pré- 
sent ordre.  S'il  était  isolé  et  néanmoins  sous  le  commandement 
d'un  général  de  division,  il  adresserait  ses  rapports  à  ce 
général. 

En  rassemblant  des  matériaux  aussi  exacts,  le  maréchal  com- 


310  CHAPltfeË  II. 

mandant  en  ohef  n'a  d'autre  but  que  celui  de  mettre  au  plus 
grand  jour  la  conduite  des  braves  troupes  du  6«  corps  d'armée 
et  («elle  des  chefs  qUi  lë«  dirigent  ;  il  A  droit  d'attendre  d'eux  la 
plus  gftjMe  exactitude  dans  l'exécution  des  mesures  preiorites. 

Au  quartier  général,  à  Giengen,  etc.. 

(A.  M.) 


Journal  d98  opérations  de  la  division  Oupont. 

Le  16  (5  oclobré),  à  2  heures  après-midi,  la  division  se  met  en 
mouvement.  Elle  laisse  Dillingen  sur  la  gauche,  passe  par  Lauin- 
gen,  Gundelfingen,  firenz,  Stotzingen  et  arrive,  à  3  heures  du 
matin,  à  Ëissingen  (1). 

A  Stotzingen  la  route  de  traverse  que  la  division  suivait  se 
croisait  avec  la  route  de  Langenau.  Une  centaine  de  traiiiéurs 
prend  cette  route  et  rencontre  un  pdste  ennemi  en  àvàiit  de  ce 
village  ;  ils  se  réunissent  aussitôt,  engagent  une  fdsillàde  et  se 
retirent  en  bon  ordre  par  Stetten,  où  ils  se  rallient  à  d^àutires 
soldats  à  qui  la  fatigue  n'avait  pas  permis  de  suivre.  l)és  partis 
se  présentent  et  cherchent  à  pénétrer  dans  le  village.  Les  Fran- 
çais se  défendent  avec  vigueur,  les  repoussent  et  se  mettent  en 
marche  pour  rejoindre  la  division. 

4  compagnies  du  96®  régiment  et  50  chevaux  dii  !«'  hussards, 
que  le  général,  averti  par  la  fusillade,  envoyait  sur  ce  point,  les 
rencontrent  à  un  quart  de  lieue  dû  camp.  C'était  à  qui  vanterait 
ses  exploits  de  la  nuit  ;  ils  regrettaient  tous  de  n'avoir  pas  eli  à 
leur  tête  un  officier  pour  diriger  leurs  mouvements,  poursuivre 
l'ennemi  qu'ils  avaient  mis  en  déroute  et  faire  des  pHsotinleris. 

Le  détachement  des  -i  compagnies  et  des  oO  chevaux  poUTsUit 
sa  reconnaissance  sur  Stotzingen,  d^où  il  déloge  l'ennéttii,  à  qiîi 
il  tue  2  cuirassiers  et  fait  1  uhlan  prisonnier. 

Dans  ce  moment,  le  maréchal  Ney  arrive  à  la  tété  dé  là  divl- 


(1)  11  y  a  36  kilomètres  environ  du  camp  occupé  le  15  vendémiaire 
par  Dupont  (entre  Sonderheim  et  Deisenhofen)  et  le  village  de  bis* 
singcn.  Les  deux  dernières  lieues  de  cette  marche  devaient  se  faire  pé!t 
lie  mauvais  chemins  et  en  terrain  accidenté. 


8  OdTOB&È.  311 

sion  Malher  marchant  sur  Gunsburg  ;  il  donne  Tordre  au  déta- 
chement de  rentrer  au  caiilp,  pour  suivre  le  mouvement  de  la 
division  qui  part  aussitôt  pour  Albeck. 


Le  général  Comp&ns  au  général  Oucf/Hdf 

Manstar,  le  16  vendémiaire  an  xir  (8  oetobre  1806). 

Mon  Général, 

M.  le  maréchal  commandant  en  chef  vous  charge  de  vous 
diriger  sur-le-champ,  avec  les  troupes  à  vos  ordres,  sur  Wertin- 
gen  et  voiis  y  établir  ttiilitaitemeiit  aussitôt  vott-e  arrivée,  il  vous 
charge  aussi  de  rappeler  la  reconnaissance  que  vous  avez  dû 
pousser  ée  tnâtin,  sur  là  ^Dutë  d'AugsbUfg,  et  de  lu  faire  rentrer 
à  sa  ditisidn.  Sun  intention  est  que  vous  en  poussiez  aussi  suf  la 
route  de  Wertiugen  à  Dillingeh  pour  avoir  dés  tioutellës  du  liorps 
d'armée,  aux  ofdres  de  M.  le  maréebal  Ney,  qUi  doit  passer  le 
Danube  sur  de  point  et  sUi*  la  route  de  Wertlttgen  à  tJlm  pour 
avoir  dès  nouvel^s  de  Tennemi  ;  il  vous  engage  aussi  à  faire 
éclairet  la  gauche  de  vôtre  marche  et  de  vous  assurer  si  elle  est 
couverte  par  des  troupes  de  la  réserve  de  cavcderie. 

GOMPANS. 


Le  général  Compans  au  Commandant  du  parc  d'artillerie 
du  5*  corps, 

Donauwôrth,  le  10  vendémiaire  an  xrv  (8  octobre  1805). 

D'après  les  intentions  de  M.  le  maréchal  commandant  en  chef, 
j'autorise  le  commandant  du  parc  d'artillerie  Au  5®  corps  de  la 
Grande  Armée,  à  requérir  dans  la  route  tous  les  chevaux  de  par- 
ticuliers qui  pourront  lui  devenir  nécessaires  pour  accélérer  sa 
marche. 

La  présente  autorisation  sera  valable  jusqu*a  nouvel  ohire. 

COMPAMS. 


312  CHAPITRE  II. 

Le  général  Belliard  au  colonel  général  Baraguey^d'HIIIiers 
et  au  général  Bourcier, 

Le  prince  Murât  me  charge  de  vous  prévenir  que,  jusqu'à 
nouvel  ordre,  vous  recevrez  des  instructions  de  M.  le  maréchal 
Ney.  Ayez  la  bonté  de  donner  des  ordres  pour  que  le  parc  de  ré- 
serve vous  suive. 

Je  vous  prie  de  me  faire  savoir  si  le  bataillon  qui  se  trouvait 
en  arrière  s'est  réuni  à  votre  division. 


L'Empereur  au  maréchal  Berthier. 

Quartier  impérial,  à  DonauwOrth,  le  16  vendémiaire  an  xiv 
(8  octobre  1805). 

Mon  Cousin,  le  maréchal  Lannes  partira  dans  la  journée  avec 
son  corps  d'armée  et  occupera  Wertingen.  11  poussera  son  avant- 
garde  aussi  loin  qu'il  le  pourra  sur  la  route  de  Burgau  ;  il  com- 
muniquera, par  des  patrouilles  de  cavalerie,  avec  le  maréchal 
Ney  par  le  pont  de  Dillingen.  Il  aura  soin  de  tenir  bien  éclairé 
tout  le  pays  entre  le  Danube  et  la  Zusam.  Vous  donnerez  Tordre 
au  maréchal  Soult  de  diriger  les  divisions  de  Saint-IIilaire,  de 
Legrand  et  de  Vandamme,  avec  son  quartier  général,  à  Augs- 
burg,  toutefois  après  s'être  assuré  que  Tennemi  n'est  pas  en  force 
à  Aichach  et  que  le  maréchal  Davout  est  maître  de  Neuburg  et 
de  son  pont.  Donnez  ordre  au  général  Marmont  de  s'emparer 
d'ingolstadt  aujourd'hui,  s'il  peut  le  faire  plus  promptement  que 
le  maréchal  Bernadotte,  qui  a  ordre  de  l'occuper  demain. 

Napoléon  (i). 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Lannes, 

Donauwôrth,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (S  octobre  18U5). 

Monsieur  le  Maréchal, 

L'intention  de  l'Empereur  est  que  vous  partiez,  dans  la  jour- 
née, avec  votre  corps  d'armée  pour  occuper  Wertingen  ;  vous 

(I)  Correspondance  de  Napoléon,  n°  9351. 


8  OCTOBRE.  313 

pousserez  votre  avant-garde  aussi  loin  que  vous  le  pourrez  sur 
la  route  de  Burgau. 

Vous  communiquerez,  par  des  patrouilles  de  cavalerie,  avec  le 
maréchal  Ney,  par  le  pont  de  Dillingen,  son  corps  étant,  aujour- 
d'hui, à  Giengen. 

Vous  aurez  soin,  Monsieur  le  Maréchal,  de  tenir  bien  éclairé 
tout  le  pays  entre  le  Danube  et  la  Zusam. 

Je  vous  rappelle  Tordre  de  m'envoyer,  tous  les  soirs,  un  aide 
de  camp  ou  un  officier  d'état-major  et  de  me  faire  connaître  ce 
qu'il  y  aurait  de  nouveau. 

Maréchal  BRRTmER. 


Le  maréchal  Berthier  à  Son  Alt&sse  Sérénissime  le  prince  Murât 

Donauwnrth,  le  Iti  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

L'intention  de  l'Empereur  est  qu'avec  les  trois  divisions  de 
dragons  et  les  deux  divisions  de  grosse  cavalerie,  et  toute  l'artil- 
lerie attachée  à  ces  deux  divisions,  vous  vous  dirigiez  sur  Zus- 
marshausen  et  Burgau. 

La  division  de  cavalerie  de  M.  le  maréchal  Lannes  marchant 
dans  la  même  direction,  vous  êtes  autorisé  à  en  prendre  deux 
régiments  pour  éclairer  la  marche  de  votre  grosse  cavalerie. 

L'intention  de  l'Empereur,  mon  Prince,  est  que  vous  dirigiez 
de  fortes  colonnes  sur  Burgau,  que  vous  occupiez  ce  poste  si  tou- 
tefois il  n'y  a  pas  d'infanterie  ennemie.  S'il  y  en  avait,  vous 
tacheriez  de  connaître  le  nombre  et  le  nom  des  régiments. 

Vous  aurez  de  forts  partis  sur  la  route  d'Augsburg  à  Ulm, 
parce  qu'il  est  important  qu'avant  que  nos  troupes  occupent  cette 
ville,  ces  patrouilles  puissent  enlever  les  diligences,  les  voyageurs, 
même  les  détachements  ennemis  qui  se  rendraient  d'Augsburg 
sur  Ulm  et  au  quartier  général  autrichien. 

Vous  recevrez  des  ordres  pour  la  route  que  vous  devez  tenir 
demain. 

S'il  n'y  a  rien  de  nouveau,  il  se  pourrait  que  Votre  Altesse 
reçût  l'ordre  de  couper  la  roule  de  Landsberg  à  Ulm,  c'est-à-dire 
de  se  porter  sur  Mindelheim. 


iH4  cttÂtntRB  n. 

ié  VoUs  pfëvie^s  itué  (6  tnartehal  Nisy  MtA,  atijoiird^huî,  déâ 
postes  à  Gundelfîngen,  et  peut-être  à  Gùnzbufg  ;  M.  lé  tnài'êt;hâl 
LahUéfe,  à  Wertingeii,  et  II  dêpàssefa  cette  posltloil,  st  éela  est 
possible,  etitre  WertiUgetl  et  Zusitiarsbaiijieti. 

M.  le  maréchal  Soult,  avec  toute  son  armée,  ttldnihë  sut*  Atlgs- 
burg.  Le  maréchal  DâVoUt  ))âsâë  â  NëubUrg  et  M.  le  th&i'echal 
Bernadotte,  à  Ingolstadt.  Cela  me  paraît  §lifflsahtp6iirVdu^fUife 
éohhaltre  la  position  de  râi^ibée. 

Faites  p&sser  aul  tnarétthatil  ïioalt,  Ney  et  Latibes  toiltes  les 
nouvelles  intéressantes  que  vous  auriez. 

L'Empereur  désire  que  vous  établissiez  des  relais  de  chevaux 
de  trois  lieues  en  trois  lieues  sur  la  route  de  Donauwôrth,  afin 
que  les  aides  de  camp  puissent  aller  ventre  à  terre  de  Donauwôrth 
à  la  position  que  vous  oeeupez» 

Maréchal  Bbrthikr. 


Le  générai  Belllard  au  géhèiral  Klein. 

Le  16  iretiâéttlltirt  ftli  ut  (8  oettfbtê  1601). 

D'après  les  ordres  du  prince  Murât,  vous  ((uitterez  de  suite  la 
position  que  vous  occupez  sur  le  Lech  pour  vous  porter  sur 
^usmarshausen,  route  de  Gûnzburg  à  Àugsburg.  Là  division 
Beaumont  et  deux  divisions  de  cavalerie  vous  suivront  ;  vous 
formerez  une  avant-garde.  Les  trois  divisions  partiront  ensemble 
de  Donauwôrth  et  vous  ne  devez  pks  les  attendre  pour  vous 
mettre  en  mouvement. 

On  verra  sûrement  l'ennemi,  mon  cher  Orénéral,  et  le  Ihrince 
compte  sur  la  bravoure,  le  zèle  et  le  dètouement  de  vos  troupes 
comme  sur  le  vôtte. 

Marchez  avec  beaucoup  d*ordre  et  faites  bien  éclairer  Votre 
marche. 

Le  quartier  général  du  t*rince  sera  cfe  soir  à  2usmarshauseh. 

Bblliabd. 


8  oetOBRE.  318 

Le  général  BéWkMS  M^  iHhéHÙk  MftUfhôht,  d'Hautpoul 
et  N&nsouty, 

Le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

D'après  les  ordres  du  prinee  Muratf  tous  partirez  de  suite  de 
la  position  que  vous  occupez  pour  vous  porter  sur  Zusmars- 
hauseU)  route  de  Gûnzburg  à  Augsburg  ;  tous  prendrez  votre 
rang  de  taille  {sit)  areo  la  i'®  division  de  grosse  cavalerie  qui 
sera  elle-même  précédée  par  deux  divisions  de  dragons  partant 
de  Donauwôrth. 

On  verra  sûrement  Tennemi,  mon  cher  Oénéral»  et  le  Prince 
compte  sur  le  zèle,  la  bravoure  et  le  dévouement  de  vos  troupes 
comme  sur  le  vôtre. 

Le  quartier  général  du  Prinee  sera  ee  soir  à  Zusmarshauseni 

BiiLUÀft». 


Le  èéhéV^al  BblliàM  àti  boMmndant  (4)  dOs  tif^dhé  à  fiM 
à  Munster. 

Le  16  Tendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Vous  partirez  ft  lA  réception  du  présent  ordre,  arfed  VolhJ 
batatllou,  pont  vous  i-eudi'e  aii  qiiartlet  géuéml  à  Zusitidrs- 
hausett,  route  d'Augsburg  à  OûUÉbiirg.  Vous  passere*  par 
Wertlttgeu.  S'il  y  a  Une  toute  plus  dOUiie  et  plus  commode, 
vous  la  pt*endter.  Celle  de  Mertlngen  sera  peut-etfe  itieilletire  et 
plus  sûfe  eu  raison  de  la  position  des  ennemis;  Vous  tnàfchetet 
dans  le  plus  gfand  otdre  et  ^ous  aufez  soin  de  bien  vous  mii*e 
êelairei-; 

Vous  ne  quittereÉ  votre  position  ïjU'aprês  Tat^rivée  des  troupes 
de  k.  le  maréchal  Lannes. 


(i)  Depuis  lô  13,  un  bataillon  de»  dragdtts  a  pied  marchait  Ch  avaht 
du  fëstô  de  ia  diti«ioa.  Il  était  ie  43  k  Heidenheim^  la  dividioa  à  SQssëU; 
le  14  k  Atnerdingen,  la  ditisioii  k  Heiddtiheim  ;  le  10  à  Munster,  la 
diTÎsion  à  Heldenhëini. 


316  CHAPITRE  II. 

Le  prince  Murât  à  l'Empereur, 

Wertingen,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Les  troupes  de  Votre  Majesté  ont  rencontré  Tennemi  et  Tont 
complètement  battu.  2,000  prisonniers,  6  canons  et  6  drapeaux 
enlevés  aux  Autrichiens,  voilà  le  résultat  du  premier  succès  de 
vos  armes  dans  cette  campagne.  Il  m'est  impossible  de  vous 
rendre  compte,  aujourd'hui,  avec  détails,  de  la  journée  de 
Wertingen  et  de  vous  faire  connaître  toutes  les  belles  actions 
qui  Font  signalée.  Je  me  borne  à  vous  dire  que  votre  cavalerie 
s'est  couverte  de  gloire  ;  je  ne  saurais  vous  peindre  l'enthou- 
siasme qu'elle  a  fait  éclater,  ainsi  que  les  braves  grenadiers 
d'élite.  Tous  ont  chargé  aux  cris  répétés  de  :  «  Vive  l'Empereur  î  » 
Les  colonels  Arrighi  et  Meaupetit  ont  été  blessés  à  la  tête  de 
leurs  régiments,  le  premier  en  chargeant  les  cuirassiers,  l'autre 
en  chargeant  l'infanterie.  Le  colonel  Meaupetit,  après  avoir  été 
frappé,  a  dit  au  général  qui  le  commandait  :  «  Si  je  meurs,  ne 
laissez  pas  ignorer  à  Sa  Majesté  que  mon  régiment  a  chargé  en 
criant  :  Vive  l'Empereur  I  » 

Sire,  en  attendant  que  je  puisse  faire  à  Votre  Majesté  un 
rapport  plus  circonstancié,  je  m'empresse  de  vous  faire  connaître 
ma  position  et  celle  de  M.  le  maréchal  Lannes. 

La  brigade  de  cavalerie  légère,  aux  ordres  du  général  Treillard, 
est  établie  à  Hausen,  à  trois  lieues  de  Zusmarshausen.  La  l**®  et 
la  2«  division  de  dragons  occupent  les  villages  en  arrière.  Le 
général  Nansouty  est  à  Wertingen,  où  j'ai  moi-même  mon 
quartier  général.  Tous  les  renseignements  que  j'ai  recueillis 
annoncent  que  l'ennemi  fait  sa  retraite  sur  Augsburg  par  Zus- 
marshausen. (L'affaire  d'aujourd'hui  et  le  passage  du  Lech 
doivent  faire  changer  le  projet  de  l'ennemi,  il  essaiera  de  se 
retirer  par  Landsberg.)  Le  général  Auffenberg  était  chargé  de 
flanquer  cette  marche.  C'est  son  corps  d'armée  que  nous  avons 
défait.  Il  paraît  que  Tennemi  occupe  encore  Gûnzburg  ;  mais, 
sans  doute,  il  l'évacuera  cette  nuit.  Je  présume  aussi  qu'il 
abandonnera  Ulm.  Le  général  Mack  était  hier  au  soir  à  Gûnzburg 
et  tous  les  équipages  avaient  été  renvoyés  à  Zusmarshausen. 
Ce  qui  doit  faire  présumer  que  l'ennemi  avait  le  projet  de  réunir 
ses  forces  pour  nous  attaquer,  c'est  que  les  troupes  que  nous 


8   OCTOBRE.  317 

avons  battues,  s'étaient  rendues  de  Landsberg  à  Gùnzburg  et 
en  étaient  parties  ce  matin  pour  venir  à  Wertingen,  où  elles 
sont  arrivées  ce  matin  à  10  heures. 

M.  le  maréchal  Lannes  occupe  les  hauteurs  en  arrière  de 
Wertingen,  sur  la  route  de  Burgau.  La  division  Saint-Hilaire, 
qui  arrive  à  Tinslant,  s'établira  sur  la  route  de  Wertingen  à 
Augsburg.  Je  fais  reconnaître  Zusmarshausen  et  Burgau  et 
nous  agirons  d'après  les  renseignements  qui  nous  parviendront, 
ou  d'après  les  ordres  que  je  recevrai  de  Votre  Majesté. 

MOOAT. 

Sire,  M.  Exelmans,  mon  aide  de  camp,  qui  aura  l'honneur  de 
vous  remettre  ma  lettre,  s'est  conduit  de  la  manière  la  plus 
brillante  :  constamment  à  la  tète  des  charges,  dans  plusieurs 
moments  il  a  raffermi  et  ramené  les  régiments  ;  il  a  eu  2  che- 
vaux tués  sous  lui;  mon  aide  de  camp  Piéton  a  montré  la  plus 
grande  valeur;  il  a  fait  prisonniers  2  officiers  autrichiens  (1). 


Le  général  Belliard  au  général  Andréossy. 

Au  quartier  général,  à  Zusmarshausen,  le  17  vendémiaire  an  xiv 

(9  octobre  1805). 

Tout  le  corps  de  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât  a 
rencontré  l'ennemi  au  village  de  Wertingen.  Le  Prince  l'a 
attaqué  de  suite,  l'ennemi  a  fait  beaucoup  de  résistance,  mais  il 
a  du  céder  à  la  valeur  française  des  troupes  de  Sa  Majesté.  Le 
corps  de  M.  le  maréchal  Lannes,  après  la  prise  du  village  qu'à 
enlevé  la  cavalerie,  a  pris  part  à  la  bataille  ;  il  y  a  eu  plusieurs 
charges  de  cavalerie  très  vigoureuses  et  dont  les  résultats  ont 
été  heureux.  3  bataillons  ont  déposé  les  armes.  La  cavalerie 
s'est  immortalisée  et  toutes  les  charges  se  sont  faites  aux  cris 
de  :  «  Vive  l'Empereur  !  »  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince 
Murât  a  poursuivi  l'ennemi  avec  vigueur  jusqu'à  la  nuit.  Le 
résultat  de  la  journée  a  été  la  prise  de  6  ou  8  pièces  d'artillerie, 
quatre  drapeaux  et  1200  à  1500  prisonniers.   L'ennemi  a  dû 


(1)  Tout  entier  de  hi  main  de  Murât. 


318  c^A?ïTBB  n. 

avoir  b^awpqup  de  blessés.  Nous  ayoï^s  evi  ^  po^e  çftté  6Q  Qiï 
8Q  blessés,  J'ai  Vbûnneqr  de  vous  adresser  1080  prisQAniers^ 
savoir  :  1  major,  8  officiers,  2  officiers  de  -santé,  i080  soldat^  OU 

sûus-Qffipier§,  Ce  soir,  je  vous  (er^i  ^^  rapport  détwUé,  j*«tt«i^ds 
les  rapports  des  corps. 

I^es  blessés  vpnt  être  conduits  à  Dopauvôrtb.  ^otre  ^flibw- 
lancç  est  très  mal  04*ganisée.  Je  vp.us  prie  de  demande?  W'ot 
npus  donne  des  voitures,  des  caissons,  des  inédicaments  et  des 
officiers  de  sainte. 

Belliabd. 


Marche^  et  rs^ppQris,  historique^  de  /^  P^^  d/^^/oft 
de  dragons  montés. 

La  division  partit  de  Donauwôrtji  à  5  heures  du  matin,  pour 
se  rendre  eu  arrière  du  Lech,  sur  la  route  de  Rain,  et  y  attendre 
de  nouveaux  ordres  ;  à  9  heures,  elle  reçut  celui  de  faire  Tavant- 
garde  d'une  colonne,  composée  de  la  3«  division  de  dragons  et 
de  la  1'®  de  cuirassiers,  dirigée  de  Donauwôrth  sur  Zursmars- 
hausen  ;' arrivée  ^  Aucbsesheim,  elle  se  fouva  précédée  de 
toute  la  colonne  dont  elle  devait  faire  Tavant-garde. 

Le  général  Klein  la  mit  aussitôt  au  grand  trot,  et  malgré 
cette  allure,  qu'elle  conserva  pendant  plus  de  deux  lieues,  elle 
ne  put  parvenir  à  reprendre  son  rang  que  dans  la  plaine,  en 
avant  de  Lauterbacb,  où  toute  la  colonne  se  mit  en  bataille. 

Le  prince  Murât,  après  lui  avoir  fait  fRire  quelques  mouve* 
ments,  la  dirigea  sur  Wertingen,  où  Tennemi  avait  un  corps  de 
12,000  hommes,  la  plupart  grenadiers^  placé  dans  le  Wertingen, 
et  sur  les  hauteurs  à  droite  et  à  gauche  avec  des  avant-postes 
dans  le  village  de  Oottmannshofen  ;  parvenue  sur  les  hauteurs 
en  face  de  Wertingen,  la  division  se  forma  en  bataille.  Le 
général  Klein,  voulant  attaquer  les  avant-postes  ennemis,  fil 
mettre  pied  à  terre  à  60  dragons,  pris  dans  les  trois  régiments 
de  la  l"^»  brigade  ;  la  division,  précédée  de  ces  hommes  à  pied, 
marcha  en  avant,  débusqua  Tennemi  et  le  força  à  se  i*etirer 
dans  Weiiingen. 

Le  général  Klein,  qui  voyait  par  les  mouvements  de  Tennemi 
qu'il  cherchait  à  se  retirer  par  les  hauteurs  et  l^ois  à  ga^Çbe  de 


8  OCTQBEE.  319 

Wertingen,  conçut  Je  projet  de  lui  coqper  la  retraite  ;  il  fallait 
pour  cela  passer  la  J^usam  ;  les  bords  en  étant  marécageux  et 
poupés  de  fossés,  on  fut  obligé  de  remonter  le  long  de  cette 
rivière,  jusque  vis-à-vis  le  village  de  Roggden,  on  se  trouve  un 
mauvais  petit  pont  en  bois  sur  lequel  la  division  passa  ;  en 
débouchant  de  Gottmannshofen,  elle  fut  canonnée  par  une 
batterie  placée  au  bas  de  la  chapelle  du  Wein-Berg,  près  de 
Wertingen  ;  elle  perdit  quelques  chevau^t  et  n'en  continua  p?is 
moins  sa  marche  ;  pendant  ce  mouvement,  les  tirailleurs  à  pied, 
qui  avaient  ordre  d'amuser  Tennemi,  s'étaient  emparé^  dw  pont 
de  Wertingen  et  s'étaient  établis  à  l'entrée  de  la  ville. 

L'ennemi,  à  qui  le  général  Klein  n'avait  pu  dérober  ce  mou- 
vement, avftit  cherché  à  s'y  opposer,  en  plaçant  de  }'infanterie 
et  de  la  cavalerie  avec  du  canon  «le  long  des  bois  qui  couvrent 
les  crêtes  des  montagnes  qui  séparent  la  vallée  de  la  Zusam 
d'avec  celle  de  la  (iraben  :  cette  disposition,  jointe  à  l'avantage 
du  terrain  et  à  pelui  des  annes  (i),  paraissait  devoir  lui  assurer 
le  succès.  Cependant  il  en  fut  autrement. 

Le  i«""  régiment»  après  avoir  passé  la  Zusani,  fut  dirigé  vers 
la  hauteur  à  droite  du  village  de  Hoggden  ;  pçirvenu,  avec  peine, 
au  sominet  de  cette  hauteur,  il  rencontra  la  cavalerie  ennemie 
qui  était  en  bataille  sur  le  plateau,  ayant  derrière  elle  et  à  sa 
gauche,  son  infanterie  et  4  pièces  de  canon. 

Le  l«f  régiment  marcha  droit  à  elle  et  la  chargea  ;  la  mêlée 
fut  longue,  meurtrière  et  le  succès  pendant  quelque  temps  incer- 
tain ;  enfin  la  cavalerie  ennemie  fut  forcée  de  se  retirer,  et  de 
chercher  son  salut  sous  la  protection  de  son  infanterie  et  de 
son  artillerie;  celles-ci  firent  feu  sitôt  qu'elles  le  purent  sans 
craindre  de  nuire  aux  leurs.  La  position  du  vainqueur  devint 
alors  très  critique  ;  néanmoins,  pour  ne  pas  perdre  le  fruit  de 
son  succès,  ni  donner  à  la  cavalerie  le  temps  de  se  rallier,  il  la 
poursuivit  vigoureusement  jusque  dans  le  bois  où  elle  se  jeta. 

Le  1*'  régiment  borna  là  ses  avantages  et  vint  se  rallier  au 
revers  de  la  montagne  qu'il  avait  gravi  pour  aller  à  l'ennemi  ; 


(i)  L'artillerie  de  la  division  n'avait  pu  la  suivre  à  cause  du  mauvais 
chemin  qui  était  trop  étroit  et  occupé  par  des  cuirassiers;  c^  n'était 
qu'ep  prenant  sur  les  côtés,  ou  en  défilant  par  un,  que  la  division  avait 
pu  passer. 


320  CHAPITRE   II. 

ce  réj;iment,  en  se  retirant,  ramena  avec  lui  des  prisonniers  et 
deux  caissons  qu'il  avait  pris  à  la  suite  de  la  charge. 

Pendant  ce  temps,  les  deux  autres  régiments  de  la  i"  brigade 
s'étaient  dirigés  dans  la  gorge  de  Roggden  d'où  le  2»  et  le  20« 
s'étaient  portés  pour  soutenir  le  le»*,  le  S"  en  longeant  les  bois, 
ayant  à  sa  droite  le  20«  en  échelon. 

La  2«  brigade  s'empara  de  la  hauteur  à  gauche  dudit  village 
de  Roggden  et  s'y  forma  en  bataille  pour  servir  de  réserve. 

Le  2«  régiment  arriva  par  cette  marche  sur  le  flanc  droit  de 
l'infanterie  ennemie,  qui,  à  son  approche,  se  jeta  dans  les  bois; 
les  dragons  l'y  suivirent  et  en  prirent  une  partie  avec  une  pièce 
de  canon  et  un  caisson  ;  mais  le  bois  devenant  trop  fourré  pour 
atteindre  le  reste,  ils  revinrent  sur  leurs  pas  pour  aller  les 
couper  de  l'autre  côté  de  la  montagne  entre  Ëppisburg  et  Bins- 
wangen,  par  un  chemin  très  difficile,  situé  dans  le  bois  à  la 
naissance  de  la  gorge  ;  ce  mouvement  a  obtenu  le  succès  qu'on 
en  attendait  ;  car  l'ennemi,  se  voyant  devancé  dans  cette  partie, 
mit  bas  les  armes. 

Le  20«  régiment,  après  s'être  emparé  d'une  pièce  de  canon,  se 
forma  en  bataille  sur  la  hauteur  où  il  resta  jusqu'au  soir  ;  la  nuit 
étant  arrivée,  on  plaça  des  postes  pour  arrêter  les  hommes,  qui, 
cachés  dans  les  bois,  essaieraient  de  s'échapper,  et  la  division 
fut  bivouaquer  à  Zusamaltlieim. 


UadjudanUcommandant  Devaux  au  général  Belliard. 

Aucrbacb,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Mon  (iénéral, 

La  3«  division  de  dragons  a  eu  ordre  de  passer  le  Danube 
le  10  {8  octobre)  à  7  heures  du  matin,  et  de  se  porter  sur  Zus- 
marshausen  par  Mertingen  et  Wertingen.  L'ennemi  occupait 
cette  position.  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât,  après 
nous  avoir  fait  mettre  en  bataille  sur  les  hauteurs  en  face  de 
Wertingen  et  poussé  des  tirailleurs  à  pied  et  à  cheval  sur  la 
ville,  ordonna  au  général  Reaumont  de  faire  charger  un  régi- 
ment en  colonne  sur  la  cliaussée  et  dans  la  ville,  ce  qui  fut 
exécuté  avec  beaucoup  de  vigueur  par  le  9®  régiment  de  dra- 


8  OCTOBRE.  321 

gens,  ayant  le  général  Scalfort  à  sa  tète;  tout  le  reste  de  la 
division  s'est  porté  ensuite  légèrement  [sic)  et  a  pris  position 
au-dessus  et  en  avant  de  Wertingen  en  soutenant  le  9«,  qui  se 
lança  rapidement  sur  un  bataillon  de  grenadiers  ennemis,  lequel 
se  formait  en  carré  sur  la  hauteur;  le  général  Beaumont  envoya 
le  16«  régiment  sur  la  gauche  pour  manœuvrer  et  couvrir  la 
division,  laissa  le  12*^  en  réserve  et,  se  mettant  à  la  tête  des  3« 
et  8«,  chargea  aussi  sur  le  bataillon;  le  résultat  a  été  la  prise 
entière  de  ce  bataillon,  4  ou  0  pièces  de  canon  et  4  drapeaux; 
les  bois  ont  empêché  de  prendre  plus  de  monde  ;  le  12«  s'étant 
ensuite  porté  en  avant,  ayant  à  sa  tête  le  général  Boyé,  et  le 
Prince  lui  ayant  ordonné  de  charger,  ce  général  a  chargé  Ten- 
nemi  avec  la  plus  grande  vigueur,  et  il  a  fait  une  charge  sous 
le  feu  le  plus  vif  des  ennemis  embusqués  le  long  des  bois,  ce 
«lui  a  rendu  nul  le  feu  de  cette  charge. 

La  nuit  a  mis  fin  au  combat. 

Les  généraux  Boyé  et  Scalfort,  ainsi  que  tous  les  chefs  et  les 
corps,  se  sont  distingués. 

Le  général  Beaumont  recommande  le  capitaine  Moreau,  aide 
de  camp  du  général  Boyé,  qui  a  sabré  avec  deux  hommes  dix 
dragons  de  la  Tour,  et  le  capitaine  Berger,  son  aide  de  camp, 
qui  a  montré  la  même  vigueur. 

Le  colonel  Maupetit  a  été  blessé  d'un  coup  de  baïonnette, 
chargeant  aux  cris  de  :  «  Vive  TEmpereur  !  »  Son  régiment  a 
pris  les  drapeaux  et  les  pièces  de  canon. 

Le  général  Beaumont  ne  peut  encore  connaître  les  traits  par- 
ticuliers des  corps,  il  espère  que  Son  Altesse  Sérénissime,  qui 
n'a  pas  quitté  dans  le  feu  le  plus  vif,  voudra  donner  à  Sa 
Majesté  un  mot  d'éloge  de  sa  division. 

Devaux. 


Journée  du  16  vendémiaire  an  XIV  {8  octobre  1805). 
Combat  de  Wertingen, 

La  division  du  général  Walther,  qui  était  en  position  à  Rain, 
reçut  l'ordre  de  remonter  le  Lech  sur  la  rive  droite  pour  se 
porter  à  Friedberg  ;  elle  était  suivie  par  deux  divisions  de  M.  le 
maréchal  Soult  qui  marchaient  sur  Augsburg. 

Les  if«  et  3e  divisions  de  dragons,  ainsi  que  la  i'®  division  de 
III.  21 


332  CHAPITRE  II. 

grosse  cavalerie,  qui  rentra  au  corps  de  réserve,  partirent  de 
Donauwôrth  à  8  heures  du  matin  et  se  dirigèrent  sur  Zusmars- 
hausen  par  Auchsesheim,  Mertingen,  Druisheim  et  Hirschbach. 

A  Mertingen,  les  9*^  et  10®  régiments  de  hussards,  commandés 
par  M.  le  général  Treillard  et  du  corps  d'armée  de  M.  le  maré- 
réchal  Lannes,  se  sont  réunis  au  corps  d'armée  et  en  ont  formé 
Tavant-garde. 

La  division  Oudinot,  du  corps  d'armée  de  M.  le  maréchal 
Lannes,  partie  de  Munster,  marchait  sur  notre  droite,  la  divi- 
sion Saint-Uilaire,  du  corps  d'armée  de  M.  le  maréchal  Soult, 
marchait  sur  notre  gauche  en  longeant  le  Lech  sur  la  rive 
gauche,  pour  aller  à  Augsburg. 

A  Kloster-Holzcn,  un  peu  à  gauche  de  la  route  de  Dniisheim 
à  Wertingen,  le  Prince  fut  instruit  (|ue  Tennemi  occupait  Wer- 
tingen. 

11  fit  SCS  dispositions  pour  l'attaquer.  L'avant-garde  poussa  en 
avant  pour  le  reconnaître,  pendant  que  le  corps  d'armée  se 
réunissait  dans  la  plaine  de  Hirschbach. 

La  position  de  l'ennemi  ayant  été  bien  reconnue.  Son  Altesse 
Sérénissime  ordonna  aux  troupes  de  ko  mettre  en  mouvement. 
On  fut  obligé  de  passer  un  défilé  pour  arriver  sur  les  hauteurs 
de  Gottmannshofen,  où  les  divisions  se  mirent  en  bataille. 

Les  hussards  commencèrent  à  tirailler;  on  attaqua  le  hameau 
qu'occupait  l'ennemi  en  avant  de  Wertingen,  et  on  tira  quelques 
volées  de  canon  pour  répondre  à  l'ennemi. 

Le  hameau  fut  enlevé  après  peu  de  résistance  ;  l'ennemi  se 
retira  sur  Wertingen.  On  le  poursuivit,  et  là  s'engagea  une 
fusillade  très  vive. 

Des  dragons  mirent  pied  h  terre,  atta(iuèrent  vigoureusement 
le  pont  que  défendait  rennemi,  l'emportèrent  et  s'emparèrent 
en  même  temps  du  faubourg.  Pendant  ce  temps,  la  colonne  de 
M.  le  maréchal  Lannes  s'avançait  dans  la  plaine,  sur  la  rive 
gauche  de  la  Zusam  et  ses  tirailleurs  s'engageaient  avec  ceux 
de  l'ennemi. 

Le  Prince  ordonna  à  la  division  Klein  de  longer  la  côte, 
d'aller  passer  la  Zusam  au-dessus  de  Wertingen,  près  le  village 
de  Kog/zdcn  et  de  tourner  la  position  de  l'ennemi.  Pendant  que 
ce  mouvement  s'opérait,  les  tirailleurs  prenaient  peu  à  peu  pos- 
session de  Wertingen,  que  l'ennemi  défendait  avec  opiniâtreté. 


f 


8  OCTOBRB.  313 

et  les  hussards,  commandés  par  le  général  Treillard,  tournaient 
la  position  de  Tennemi  et  menaçaient  ses  flancs. 

La  division  Klein,  ayant  passé  la  Zusam  et  étant  sur  le  point 
de  gagner  les  hauteurs,  le  Prince  ordonna  au  9«  régiment  de 
dragons,  commandé  par  le  général  Scalfort,  de  passer  au  galop 
le  village  de  Wertingen,  de  balayer  tout  oe  qui  faisait  résistance 
et  de  se  porter  en  avant  dans  la  plaine. 

Cet  ordre  fut  exécuté  ;  le  régiment  entre  dans  le  village,  le 
traverse  par  la  gauclie,  prend  deux  directions  en  entrant  dans 
le  faubourg  et  continue  de  se  faire  jour.  Mais  en  débouchant, 
la  colonne  de  droite  fut  arrêtée  par  une  fusillade  extraordinaire- 
ment  vive  des  ennemis  qui  occupaient  les  maisons  et  les  ver- 
gers, ainsi  qu'une  hauteur  qui  enûlait  la  route. 

Cette  colonne  dut  prendre  position  en  arrière  et  comme 
Tennemi  faisait  mine  de  vouloir  rentrer,  Tofficier  qui  la  com- 
mandait fit  mettre  pied  à  terre  à  des  dragons  qui  arrêtèrent  les 
mouvements  de  Tennemi  par  leur  feu. 

Le  Prince  ordonna  à  la  division  Klein,  qui  avait  gagné  la 
hauteur,  de  charger;  le  i^^  régiment  de   dragons  s'ébranle, 

charge  en  montant  et  de  front  le  régiment  de  cuirassiers  de , 

qui  attendit  la  charge  de  pied  ferme,  et  de  concert  avec  le 
10^  régiment  de  hussards  qui,  par  une  manœuvre  savante,  prit 
Tennemi  de  front  et  de  flanc  et  l'obligea  de  se  retirer,  après  lui 
avoir  fait  beaucoup  de  mal. 

Pendant  ce  temps,  le  village  avait  été  pris  en  entier;  la  divi- 
sion Beaumont  l'avait  traversé  et  était  venue  s'établir  sur  les 
hauteurs  en  avant  et  soutenant  le  9®  régiment  de  dragons.  Le 
général  de  division  Beaumont  envoya  le  16«  régiment  sur  sa 
gauche  pour  manœuvrer  et  couvrir  sa  division,  laissa  le  12^ 
en  réserve  et  à  la  tète  des  5«  et  8«,  il  soutint  le  9«  et  chargea 
une  troupe  qui  se  formait  en  carré.  Cette  charge  brillante  a 
eu  pour  résultat  la  prise  entière  de  ce  corps  de  troupe  qui  a 
mis  bas  les  armes,  de  quatre  pièces  de  canon  et  autant  de 
drapeaux. 

Le  prince  fit  suivre  la  division  de  cavalerie,  commandée  par 
le  général  Nansouty,  et  ordonna  qu'elle  s'établit  en  réserve  sur 
la  hauteur,  en  avant  de  Wertingen. 

Ensuite,  le  12«  s'est  mis  en  mouvement  avec  le  Prince  qui  a 
fait  charger  lui-même  ce  régiment,  sous  le  feu  le  plus  vif  des 


324  CHAPITRE  II. 

ennemis  adossés  au  bois.  On  en  a  pris  une  partie;  le  reste  s'est 
jeté  sous  le  bois  où  la  cavalerie  Ta  poursuivi. 

Tous  ces  derniers  mouvements  étaient  suivis  et]  appuyés  par 
le  corps  d'armée  de  M.  le  maréchal  Lannes,  dont  on  ne  parle 
pas,  son  chef  d'état-major  devant  faire  un  rapport. 

L'ennemi  a  été  poursuivi  jusqu'à  la  nuit  qui  a  mis  fin  au 
combat  et  toute  cette  division  eût  été  prise  si  on  avait  eu  une 
heure  de  jour  de  plus. 

Le  corps  d'armée  de  réserve  a  pris  position  sur  la  Zusam  : 

Les  hussards  à  Villenbach  ; 

La  l'»  division  à  Zusamaltheim  ; 

La  3«  division  à  Roggden  ; 

Le  l®*"  de  grosse  cavalerie  à  Wertingen. 

La  division  Saint-Hilaire,  que  le  Prince  avait  fait  prévenir, 
s'était  dirigée  sur  le  feu,  mais  son  éloignement  ne  lui  permit 
pas  d'arriver  assez  tôt  pour  prendre  part  au  combat.  Elle  s'éta- 
blit à  une  heure  de  Wertingen  sur  la  rive  droite  de  la  Zusam, 
pour  repartir  le  lendemain  et  se  rendre  à  Augsburg,  sa  pre- 
mière destination. 

Jamais  combat  ne  fut  plus  brillant,  jamais  les  dispositions  ne 
furent  mieux  ordonnées,  mieux  exécutées  et  si  l'ennemi  eût 
tardé  d'un  quart  d'heure  de  quitter  sa  première  position,  tout  se 
trouvait  enveloppé  et  obligé  de  déposer  les  armes  ;  jamais  les 
troupes  ne  montrèrent  plus  de  bravoure  et  d'enthousiasme. 
Toutes  les  charges  se  sont  faites  aux  cris  unanimes  de  :  «  Vive 
l'Empereur  î  »  et  chacun  des  officiers  et  soldats  des  deux  corps 
rivalisait  d'ardeur  et  de  dévouement  pour  Sa  Majesté. 

Le  Prince,  qu'on  regrettait  de  voir  trop  souvent  exposé,  ne 
saurait  donner  trop  d'éloges  aux  officiers  généraux  et  particu- 
liers des  différents  corps  de  cavalerie  et  d'artillerie  sous  ses 
ordres,  aux  officiers  de  son  état-major  et  en  général  à  tous  les 
braves  qui  ont  combattu  dans  cette  belle  journée. 

Des  bataillons  carrés  enfoncés,  des  pièces  d'artillerie  chargées 
et  enlevées,  des  régiments  de  cuirassiers  et  de  dragons  dispersés, 
t2,500  prisonniers  faits,  dont  un  major  et  plusieurs  officiers, 
10  pièces  de  canon  prises  avec  leurs  caissons  ainsi  que  6  dra- 
peaux ;  voilà  la  résultat  du  combat.  L'ennemi  a  eu  beaucoup  de 
tués  et  de  blessés. 

Nous  avons  de  notre  côté  19  hommes  tués,  89  blessés  et 


8  OCTOBRE.  325 

2  prisonniers  de  guerre.  La  division  Beaumont  a  eu  35  chevaux 
tués  et  53  blessés.  (L'état  pour  les  chevaux  de  la  division  Klein 
n'est  pas  encore  arrivé.) 

Le  général  de  division  Beaumont  recommande  particulière- 
ment le  colonel  du  9«  régiment  de  dragons,  Maupetit,  qui  a  reçu 
un  coup  de  baïonnette  dans  le  ventre  et  qui  a  poussé  sa  charge 
aux  cris  répétés  de  ;  «  Vive  l'Empereur  !  »  Cet  officier  ne  demande 
pas  d'avancement,  mais  le  général  Beaumont  sollicite  pour  lui 
un  grade  dans  la  Légion  d'honneur. 

Le  colonel  Maupetit  demande  que  le  sous-lieutenant  Labouré, 
qui  s'est  distingué  et  a  pris  une  pièce  de  canon,  soit  nommé 
lieutenant  à  la  place  du  lieutenant  Chevalier  qui  a  été  tué  ;  que 
le  chef  d'escadrons  Didelot,  officier  plein  de  mérite  et  qui  a  aussi, 
à  la  connaissance  du  général  Beaumont,  marqué  dans  cette 
affaire,  soit  promu  au  grade  de  major.  11  demande  encore  la 
croix  pour  les  sous-lieutenants  Tirlemont  et  Fayet.  Le  jiremier 
ayant  fait  plusieurs  officiers  prisonniers  et  entre  autres  un 
major  qu'il  a  remis  au  général  Gardanne  ;  le  second  s'étant 
emparé  d'une  pièce  de  canon. 

Les  dragons  qui  ont  pris  les  i  drapeaux  sont  : 

Feval,  Massé,  Grand,  Labourée  et  Orban. 

Le  colonel  du  12®  demande  de  l'avancement  pour  le  lieutenant 
Boulet  et  le  sous-lieutenant  Vignon. 

Le  colonel  du  8®  demande  que  le  maréchal  des  logis  Barroux 
soit  promu  au  grade  de  sous-lieutenant. 

Le  colonel  du  o®  demande  de  l'avancement  pour  le  maréchal 
des  logis  Closter  ;  il  est  à  la  connaissance  du  général  de  division 
Beaumont  que  ce  sous-officier,  ainsi  que  l'aide  de  camp 
Moreau  se  sont  jetés  sur  une  douzaine  de  dragons  de  Latour  et 
qu'ils  les  ont  sabrés.  11  demande  aussi  de  l'avancement  ou  la 
croix  pour  l'adjudant-major  BoUevin. 

Le  général  Beaumont  demande  l'étoile  de  la  Légion  pour  le 
capitaine  Moreau,  aide  de  camp  du  général  Boyé,  qui  s'est 
particulièrement  distingué  et  le  grade  de  chef  d'escadrons  pour 
le  capitaine  Berger,  son  aide  de  camp. 

Le  général  de  division  Klein  recommande  particulièrement  et 
demande  de  l'avancement  pour  le  colonel  du  l«f  régiment  de 
dragons,  Arrighi,  qui  a  été  blessé  en  chargeant  à  la  tête  de  son 
régiment. 


326  CHAPITRE  n. 

Une  récompense  pour  le  brigadier  Leblanc. 

Il  demande  aussi  de  Tavancement  pour  le  chef  d'escadrons 
Gobecht,  le  capitaine  Fabré  du  20«  et  le  capitaine  Malon,  son 
aide  de  camp. 

Il  fait  aussi  Téloge  du  sous-lieutenant  Galbaud,  aide  de  camp 
du  général  de  division  Belliard  qui  a  chargé  le  régiment  de 
cuirassiers  avec  le  1"  régiment  de  dragons  et  a  fait  un  officier 
prisonnier.  Le  général  Belliard  demande  pour  lui  le  grade  de 
lieutenant  et  Tétoile  de  la  Légion  d'honneur. 

L'adjudant-commandant  Bertrand  est  aussi  recommandé  par 
le  général  de  division  Klein. 

Son  Altesse  Sérénissime  se  réserve  de  faire  un  rapport  sur  les 
officiers  généraux  de  son  corps  d'armée,  sur  ses  aides  de  camp 
et  officiers  de  son  état-major.  Néanmoingje  crois  devoir  parler  de 
messieurs  Piéton,  Flahaut  et  Exelmans  qui  se  sont  particuliè- 
rement distingués,  entre  autres  M.  Exelmans  qui  s'est  trouvé  à 
plusieurs  charges  et  qui  a  eu  deux  chevaux  tués  sous  lui. 

Le  général  de  division^  chef  de  Vétat-major  général, 

Aug.  BfiLLIARD. 


Le  maréchal  Lànnes  à  PEmpereur. 
Wertingen,  lo  16  vendémiaire  an  xrr  (8  octobre  1805). 

Sire, 

J'ai  rhonneur  de  rendre  compte  à  Votre  Majesté,  cfii'en 
conformité  de  ses  ordres,  j'ai  fait  passer  aujourd'hui  le  Danube, 
devant  Munster,  à  la  division  de  cavalerie  légère  et  à  celle  de 
grenadiers  du  5»  corps  de  la  Grande  Armée  et  que,  vers  1  heure 
de  raprès-midi,  je  me  suis  dirigé  sur  Wertingen,  avec  l'intention 
de  m'arreter  à  mi-chemin  pour  attendre  l'artillerie  des  grena- 
diers, qui  n'avait  pu  déboucher  de  Donauwôrth,  dans  la  matinée 
et  qui  se  trouvait  considérablement  en  retard. 

Je  marchais  à  peu  près  depuis  doux  heures,  lorsque  le  canon 
s'est  fait  entendre  dans  la  direction  de  Wertingen  ;  j'ai  pressé 
la  marche  de  ma  colonne  et  je  me  suis  porté  de  ma  personne  en 
avant  pour  reconnaître  Tennemi. 


8  OCTOBRE.  327 

J'ai  trouvé  la  cavalerie  aux  ordres  de  Son  Altesse  Sérénissime 
le  prince  Murât,  aux  prises  avec  l'ennemi  qui  occupait  Wertin- 
gen,  et  manœuvrant  pour  le  tourner  par  sa  droite  ;  j'ai  aussitôt 
ordonne  à  la  mienne  de  manœuvrer  pour  le  tourner  par  sa 
gauche,  il  s'est  alors  décidé  à  la  retraite,  mais  elle  se  faisait  en 
bon  ordre. 

J'ai  alors  ordonné  aux  grenadiers  de  filer  le  long  de  la  crcte 
dos  bois  qui  couronnent  les  hauteurs  de  Hinswangen  ;  ils  ont 
marché  avec  tant  do  rapidité  qu'ils  ont  forcé  l'ennemi  de 
s'arrêter  pour  combattre.  Dans  moins  d'une  heure,  il  a  été 
battu  et  mis  en  déroute. 

Douze  ou  (luinze  cents  prisonniers,  cinq  ou  six  canons,  six 
drapeaux,  un  grand  nombre  d'ennemis  tués  et  blessés  ont  été  le 
résultat  de  ce  combat  dont  j'aurai  l'honneur  de  vous  faire 
parvenir  un  rapport  détaillé. 

La  cavalerie  aux  ordres  de  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince 
Murât,  celle  de  mon  corps  d'armée  et  les  grenadiers,  ont  riva- 
lisé d'ardeur  et  de  courage. 

Le  cri  de  :  «Vive  TRlmpereurî  »  s'est  fait  entendre  dans  tous  les 
rangs,  pendant  et  après  le  combat  ;  jamais  acclamation  ne  fut 
plus  unanime,  ni  plus  vive.  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince 
Murât,  qui  s'est  constamment  montré  à  la  toto  des  troupes,  le 
confirmera  à  Votre  Majesté. 

J'ai  Thonneur  de  vous  adresser,  jointe  à  ma  lettre,  une  note 
contenant  des  renseignements  donnés  par  im  officier  hongrois 
prisonnier. 

J'espère  que  ces  renseignements  intéresseront  Votre  Majesté; 

Jo  suis 

Lannbs. 

S**  CORPS  d'armée. 

Rapport  du  16  au  17  vendémiaire. 

J'ai  l'honneur  do  vous  rendre  compte,  qu'en  conformité  des 
ordres  que  Votre  Kxcellence  îivait  transmis  à  M.  le  maréchal 
commandant  en  chef,  la  division  de  cavalerie  et  celle  de  grena- 
diers ont  passé  le  Danube  hier  devant  Munster,  et  que  vers 
une  heure  de  l'après-midi  cette  colonne  s'est  dirigée  sur  Wer- 
tingen. 


328  CHAPITRE  II. 

.  M.  le  Maréchal  avait  rintention  de  Tarrêter  à  mi-chemin  pour 
attendre  rartillerie  des  grenadiers  qui,  n'ayant  pu  déboucher 
dans  la  matinée  de  Donauwôrth,  était  considérablement  en 
retard. 

Il  y  avait  à  peu  près  deux  heures  que  la  colonne  marchait, 
lorsque  le  canon  se  fit  entendre  dans  la  direction  de  Wertingen. 
M.  le  Maréchal  pressa  sa  marche  et  se  porta  en  avant  de  sa  per- 
sonne. 

Il  trouva  la  cavalerie,  aux  ordres  de  Son  Altesse  Sérénissime 
le  prince  Murât,  aux  prises  avec  Tennemi  qui  occupait  Wer- 
tingen, et  manœuvrant  pour  le  tourner  par  sa  droite. 

Il  ordonna  alors  à  la  sienne  de  se  porter  sur  sa  gauche  et  de 
la  déborder.  Deux  escadrons  de  cuirassiers,  qui  voulurent  s'op- 
poser à  ce  mouvement,  furent  chargés  et  culbutés  par  le  2i«  ré- 
giment de  chasseurs.  Ces  mouvements  décidèrent  Finfanterie 
ennemie,  forte  de  neuf  bataillons,  à  faire  sa  retraite  vers  les 
bois  qui  couronnent  les  hauteurs  de  Binsi^angen. 

M.  le  Maréchal  ordonna  à  la  division  de  grenadiers  de  longer 
la  crête  de  ces  bois  et  de  se  porter  sur  l'ennemi  ;  cette  division 
marcha  avec  tant  de  rapidité  qu'elle  y  parvint. 

Dans  moins  d'une  heure,  il  fut  battu  et  mis  en  déroute. 

1,200  ou  1,500  prisonniers,  toute  Tartillerie  ennemie,  six  dra- 
peaux et  un  grand  nombre  de  tués  et  de  blessés  ont  été  le 
résultat  de  ce  combat. 

Toute  la  colonne  ennemie  serait  tombée  en  notre  pouvoir,  si 
elle  n'eût  eu  derrière  elle  des  forets,  où  elle  s'est  jetée,  et  si  la 
nuit  ne  fut  pas  venue  couvrir  sa  retraite.  Ses  débris  ont  dû  se 
retirer  vers  Gûnzburg. 

La  cavalerie,  aux  ordres  de  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince 
Murât,  celle  du  corps  d'armée  et  les  grenadiers  ont  rivalisé 
d'ardeur  et  de  courage. 

Le  cri  de  :  «  Vive  l'Empereur  !  »  s'est  fait  entendre  dans  tous 
les  rangs,  avant,  pendant  et  après  le  combat.  Jamais  acclama- 
tion ne  fut  ni  aussi  vive,  ni  aussi  unanime.  Son  Altesse  Sérénis- 
sime le  prince  Murât,  «[ui  s'est  constamment  montré  à  la  tête 
des  troupes,  le  confirmera  sans  doute  à  Votre  Excellence. 

Le  corps  d'armée,  après  le  combat,  s'est  retiré  sur  les  hau- 
teurs qui  dominent  le  village  de  Binswangen  et  y  a  pris  posi- 
tion, couvrant  la  route  de  Wertingen  à  Gimzburg. 


8  OCTOBRE.  329 

La  brigade  de  chasseurs  à  cheval  a  bivouaqué  sur  la  même 
route  en  avant  de  Binswangen  et  celle  de  hussards  est  passée, 
après  le  combat,  aux  ordres  de  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince 
Murât. 

J'aurai  Thonneur  d'adresser  à  Votre  Excellence  Tétat  de  nos 
pertes,  qui  sont  peu  considérables,  et  les  renseignements  ulté- 
rieurs qui  parviendront  à  M.  le  Maréchal  sur  ce  combat. 

J'ai  l'honneur  de  joindre  à  ma  lettre  des  renseignements 
donnés  par  un  officier  hongrois  prisonnier  que  j'ai  questionné. 
Us  ont  déjà  été  adressés  à  Sa  Majesté  l'Empereur  par  M.  le 
Maréchal. 

COMPANS. 


Renseignements  donnés  par  un  officier  hongrois, 
le   16  vendémiaire  an  XIV,   au   combat  de  Wertingen. 

Le  16  vendémiaire  an  xiy  (8  octobre  1805). 

Le  corps  de  troupes  autrichiennes  qui  défendait  Wertingen 
était  composé  de  9  bataillons  dont  7  de  grenadiers  et  2  de  fusi- 
liers ;  de  2  divisions  de  cuirassiers  et  de  6  canons  de  calibre 
de  6. 

Ce  corps,  commandé  par  le  lieutenant  général  Auffenberg, 
était  parti  de  Gùnzburg  le  15,  à  9  heures  du  soir  et  arrivé  à 
Wertingen  le  16,  vers  les  8  heures  du  matin,  il  était  destiné  à 
se  rendre  à  Donauwôrth. 

Ce  corps,  avant  son  départ  de  Gùnzburg,  avait  travaillé  au 
rétablissement  du  pont  sur  le  Danube,  qui  d'abord  avait  été 
coupé. 

Le  général  Mack  était  à  Ulm  le  14  ;  le  prince  Ferdinand  y 
était  attendu. 

Le  gros  de  l'armée  devait  être  entre  Memmingen  et  Ulm. 

L'opinion  générale,  dans  l'armée,  porte  sa  force  à  environ 
60,000  ou  70,000  hommes  y  compris  les  troupes  du  Tyrol. 


330  CHAPITRE  n. 

Dénomination  des  corps  composant  la  colonne. 
1  bataillon  de  Stuart. 


1    i 

— 

de  Reuss-Greitz. 

1  ^ 

— 

d'Erbach. 

Grenadiers  )  1 

— 

de  Froon. 

hongrois.  \  i 

= 

de  François  Jellachich. 
de  Joseph  Colleredo. 
de  l'Archiduc  Louis. 

\   2        —      de  Reisky  (fusiliers). 
2  divisions  de  cavalerie  de  T Archiduc  Albert  (cuirassiers) 
6  canons  du  calibre  de  six. 

Extrait  de«  «  Mémoires  »  du  général  baron  Thiébault  {\), 

Le  lendemain,  8  octobre,  nous  partîmes  pour  Landsberg. 
C'était  une  journée  de  huit  lieues  ;  nous  en  avions  fait  cinq,  et 
le  général  Saint-Hilaire,  Morand  et  moi,  réunis  pour  causer, 
nous  marchions  à  la  tête  de  ma  brigade,  lorsque  Philippe  de 
Ségur,  officier  d'ordonnance  de  l'Empereur,  nous  atteignit  et 
remit  au  général  Saint-Hilaire  une  lettre  que,  à  mon  étonnement, 
celui-ci  lut  à  haute  voix  et  que  voici  littéralement  : 

«  Monsieur  le  général  Saint-Hilaire,  je  vous  fais  cette  lettre 

pour  vous  dire  que  Fennemi  occupe  Landsberg.  Je  pense  que 

vous  m'en  ferez  bon  compte,  et,  sur  ce,  je  prie  Dieu  qu'il  vous 

ait  en  sa  sainte  et  digne  garde.  » 

Napoléon. 

«  Allons,  Messieurs,  nous  dit  aussitôt  le  général  Saint-Hilaire, 
hâtons  le  pas  pour  arriver  de  jour  et  justifions  la  confiance  de 
l'Empereur.  »  Et  les  troupes,  informées  du  contenu  de  la  lettre, 
doublèrent  le  pas  en  chantant  et  en  accompagnant  leurs  chants 
des  cris  de  :  «  Vive  l'Empereur  !  » 

11  y  avait  un  (]uart  d'heure  que  nous  faisions  ainsi  bonne 
route,  lorsqu'un  aide  de  camp  de  Murât,  galopant  aussi  vite  que, 
à  travers  les  terres  labourées,  cela  était  possible  à  son  cheval, 
apparut  à  notre  droite  nous  faisant  des  signes;  dès  qu'il  put  se 

(1)  Publiés  par  Fernand  Calmettcs,  tome  111,  page  417. 


8  OOTOBRS.  331 

faire  reconnattre  et  entendre,  il  nous  cria  d'arrêter  les  troupes. 
On  fit  lialte  ;  nous  sûmes  que  le  Prince  était  aux  prises  avec  un 
corps  ennemi,  bien  supérieur  en  nombre  et  qu'il  nous  ordonnait 
de  le  rejoindre  en  toute  hâte.  «  Impossible,  répondit  Saint* 
Hilaire  ;  voyez,  Monsieur,  les  ordres  de  FEmpereur. 

—  La  question  est  à  Ulm,  reprit  cet  officier,  et  non  pas  à 
Landsberg...  et  qu'y  deviendrez-vous,  d'ailleurs,  si  le  Prince  est 
accablé  ;  si  le  général  Mack  se  fait  passage  ?  »  Et,  comme  ces 
raisons,  déjà  très  fortes  par  elles-mêmes,  étaient  appuyées  par 
le  canon  tonnant  du  côté  de  Windelhein,  il  insista  pour  qu'on 
ne  perdit  pas  un  moment:  «  Ahl  Messieurs,  nous  dit  alors  le 
général  Saint-Hilaire,  que  faire?  »  Et  comme  en  achevant  cette 
exclamation,  il  avait  arrêté  son  regard  sur  moi  :  «  Mon  général, 
lui  dis-je,  marcher  où  le  canon  tire.  »  Et  la  citation  de  cet  adage, 
qui,  pour  le  reste  de  sa  vie,  doit  retentir  aux  oreilles  du  maré- 
chal Grouchy,  ayant  décidé  le  général  Saint-Hilaire  :  «  Eh  bien. 
Messieurs,  reprit-il,  par  régiments,  têtes  de  colonnes  à  droite». 

Le  commandement  fut  répété,  et  bientôt,  en  cinq  colonnes 
d'infanterie,  nous  nous  dirigeÂmes  vers  Murât,  que  son  aide  de 
camp  se  hâta  d'aller  prévenir. 

Il  y  avait  à  peine  un  nouveau  quart  d'heure  que  nous  mar- 
chions ainsi,  lorsqu'un  cri  de  :  «  Halte  !  »  arrêta  notre  mouvement. 
L'aide  de  camp  de  Murât  avait  disparu  ;  le  feu  se  ralentissait,  et 
Saint-Hilaire  n'ayant  plus  rien  qui  le  ralliât,  avait  changé  d'avis. 
Il  nous  réunit  pour  nous  expliquer  que  nous  désobéissions  à 
l'Empereur,  même  h  un  ordre  écrit  par  l'Empereur,  que  nous 
faisions  peut-être  manquer  une  manœuvre  superbe,  que  nous 
perdions  l'occasion  de  nous  signaler  et  de  jouer  un  rôle  à  nous, 
et  tout  cela  d'après  les  ordres  de  qui  n'avait  pas  d'ordres  à  nous 
donner.  «  Ainsi,  Messieurs,  nous  allons  marcher  sur  Landsberg... 
têtes  de  colonnes  à  gauche.  »  Et  après  trois  quarts  d'heure  de 
temps  perdu  et  trois  quarts  de  lieue  péniblement  faits,  nous 
reprenons  dans  des  terres  labourées  et  en  ne  cachant  pas  trop 
notre  humeur,  la  direction  d'une  route  que  nous  avions  eu  raison 
de  quitter. 

Nous  Tavions  retrouvée  et  nous  la  suivions  de  nouveau, 
lorsque  le  canon  de  Murât  se  fait  réentendre  à  coups  précipités 
et  de  plus  près,  assez  près  même  pour  que  nous  distinguions  la 
fusillade. 


332  CHAPITRE  II. 

Nous  aurions  pu  être  arrivés  auprès  de  lui,  il  pouvait  être 
compromis  faute  d'avoir  été  renforcé  et,  plus  encore,  pour  avoir 
compté  sur  nous.  Ces  réflexions,  qui  ne  nous  échappaient  pas, 
n'échappaient  pas  davantage  à  nos  soldats  ;  en  juges  infaillibles, 
ils  évaluèrent  la  faute  militaire  et  le  tort  de  n'avoir  pas  tenu 
une  promesse  que  les  circonstances  rendaient  sacrée.  Un  mur- 
mure général  s'éleva,  et  ce  pauvre  Saint-Hilaire  en  fut  d'autant 
plus  bouleversé  que  le  feu  redoublait.  11  revint  à  nous,  en  jurant 
contre  une  position  qui  ne  lui  laissait  que  le  choix  de  la  déso- 
béissance, qui  le  forçait  à  agir  en  aveugle  et  le  vouait  au  risque 
de  se  compromettre,  quoi  qu'il  fît  :  «  Mais,  mon  Général,  lui  dit 
Morand,  il  y  a  dix  à  parier  contre  un  que  le  corps  qui  était  à 
Landsberg  s'est  réuni  aux  troupes  que  le  Prince  combat.  »  Et  la 
division,  changeant  pour  la  troisième  fois  de  direction  en  moins 
d'une  heure,  refit  têtes  de  colonnes  à  droite.  De  tous  ces  faux  mou- 
vements, il  résulta  que  nous  n'arrivâmes  qu'au  moment  où,  par  la 
vigueur  de  ses  attaques.  Murât  était  parvenu  à  repousser  et  les 
troupes  d'un  corps  venant  du  Tyrol,  et  celles  arrivant  de  Lands- 
berg. En  survenant  à  temps,  nous  aurions  non  seulement  aidé  à  les 
battre,  mais  à  les  envelopper.  Aussi  fûmes-nous  très  mal  reçus, 
et  Murât  n'eut-il  un  bonjour  un  peu  gracieux  que  pour  moi,  ce 
que  j'attribuai  à  l'avis  que  j'avais  donné  en  présence  de  son 
aide  de  camp.  Personne,  du  reste,  ne  s'occupa  de  nous.  Ce  fut 
avec  peine  que  nous  trouvâmes  des  abris  ;  quant  à  nos  troupes, 
elles  passèrent  au  bivouac  toute  cette  nuit,  qui  fut  très  froide. 

Le  lendemain  9,  au  matin,  nous  repartîmes  pour  Landsberg; 
une  pluie  aussi  abondante  que  glaciale  commença  à  tomber  à 
la  pointe  du  jour  et  tomba  sans  discontinuation  ;  les  chemins  se 
trouvèrent  horribles,  et  nous  n'arrivâmes  à  Landsberg  qu'à  la 
nuit,  trempés  jusqu'aux  os,  morfondus  et  pour  apprendre  que, 
d'après  des  ordres  supérieurs,  tous  les  équipages  du  corps  d'ar- 
mée avaient  rétrogradé  sur  Augsburg,  d'où  il  résultait  que 
j'étais  sans  un  cheval  de  main,  sans  un  domestique,  sans  une 
chemise  et  sans  une  paire  de  bottes  à  changer. 


8  OCTOBRE.  333 

Le  général  Belliard  au  général  Walther. 

Donauwdrth,  le  16  vendémiaire  an  xiv(8  octobre  1805). 

D'après  les  ordres  de  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât, 
vous  partirez  de  suite  de  la  position  que  vous  occupez  en  arrière 
de  Rain,  pour  vous  porter  sur  Friedberg  en  remontant  la  rive 
droite  du  Lech,  sur  la  route  d'Augsburg  à  Munich. 

Vous  êtes  prévenu  que  le  corps  de  M.  le  maréchal  Soult  vous 
suit,  et  que  le  Prince  marche  sur  la  route  derrière  Augsburg. 

Vous  aurez  soin,  mon  cher  Général,  de  marcher  dans  le  plus 
grand  ordre  et  avec  précaution,  en  vous  faisant  éclairer  avec 
soin. 

On  verra  sûrement  Tennemi,  et  le  Prince  compte,  mon  cher 
Général,  sur  la  bravoure,  le  zèle  et  le  dévouement  de  vos  troupes 
comme  sur  le  vôtre. 

Le  quartier  général  du  Prince  sera  ce  soir  à  Zusmarshausen, 
route  de  Gùnzburg  à  Augsburg. 

Belliard. 


Le  général  Walther  au  prinœ  Murât. 

Petersdorf,  le  1«>  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Aussitôt  après  avoir  reçu  à  midi  votre  ordre,  en  arrière  de 
Hain  où  je  me  trouvais  depuis  2  lieures  du  matin,  je  voulus  me 
mettre  en  marche  ;  deux  divisions  d'infanterie  qui  défilaient  à 
travers  la  ville  retardèrent  mon  départ  et  je  ne  pus,  quoique  je 
fisse,  regagner  la  tête  de  la  colonne,  autrement  que  par  un 
détachement  du  3«  régiment  qui  avait  à  sa  tête  le  général 
Sébastiani,  qu'après  Tarrivée  à  Tembranchement  des  routes 
d'Aichach,  Friedberg  et  Neuburg.  Je  continuai  ma  marche  sur 
Friedberg  et  bientôt  je  fus  informé  par  des  paysans  que 
Fennemi  était  à  Affing,  je  détachai  contre  lui  le  reste  du 
3®  régiment  qui,  avec  mon  avant-garde  composée  d'hommes  de 
plusieurs  corps,  débusquèrent  Tennemi  qui  était  encore  à  cheval 
et  prirent  5  hommes  et  3  chevaux.  La  forte  canonnade  que 
j'avais  entendue  sur  ma  droite,  les  rapports  parvenus  à 
M.  le  maréclial  Soult  que  l'ennemi  était  en  forces  devant  lui,  et 
les  assurances  de  ne  pas  aller  aujourd'hui  en  avant  d'Aichach, 


334  CHAPITRB  II. 

et  par-dessus  tout,  la  nuit  entièrement  close  à  8  heures  du  soir, 
me  déterminèrent  à  faire  bivouaquer  le  3«  régiment  en  avant 
d'Affmg,  le  ii«  à  Gebenliofen  et  les  trois  autres  régiments  en 
échelons  sur  la  grande  route  jusqu'à  Petersdorf,  où  je  me  suis 
établi  avec  le  22«  régiment  et  Tartillerie;  demain,  avant  le 
jour,  j'enverrai  des  reconnaissances  sur  Aichach  et  Friedberg, 
et  j'agirai  d'après  leurs  rapports. 

Le  10®  régiment,  qui  rejoignait  aujourd'hui  la  division,  se 
trouvait  très  fatigué,  je  le  laissai  en  observation  à  l'embranche- 
ment des  routes  de  Munich  et  de  Friedberg,  en  lui  ordonnant  de 
regarder  principalement  sur  le  côté  de  Neuburg. 

Le  général  Sébastiani,  qui  avait  atteint  les  vedettes  ennemies, 
les  poursuivit  avec  son  avant-garde  sur  la  route  d' Aichach.  Il 
n'est  pas  encore  rentré. 

Dans  notre  petit  engagement  de  ce  soir,  nous  avons  perdu  un 
dragon  et  un  cheval  qui  ont  été  tués. 

Walther. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Soult 

Donaawtirtb,  lo  16  vendémiuro  an  xiv  (8  œtobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

L'intention  de  l'Empereur  est  que  vous  dirigiez  la  division  du 
général  Saint -Hilaire,  celle  du  général  Lcgrand,  celle  du 
général  Vandamme  et  tout  votre  quartier  général  sur  Augsburg  ; 
toutefois,  cependant,  après  vous  être  assuré  que  l'ennemi  n'est 
pas  en  force  à  Aichach,  et  ([ue  M.  le  maréchal  Davout  est  maître 
de  Neuburg  et  du  pont  de  cette  ville. 

Je  vous  rappelle  rordre.  Monsieur  le  Maréchal,  de  m'envoyer 
tous  les  soirs  un  aide  de  camp  ou  officier  de  votre  état-major 
pour  me  faire  connaître  votre  position  et  celle  de  l'ennemi. 

Maréchal  Bbrthibr. 


8  OCTOBRE.  338 

L'Empereur  au  maréchal  Soult. 

QuartitT  impérial,  à  Donauwiirtb,  If*  liî  Tcndémiaire  an  xiv 
(S  oitobre  ls(>5). 

.Mon  cousin,  j'ai  [)ivvonu  le  princo  Murât  <nie  l'ennemi  R'esl 
retin»  sur  Au^shur^.  .l'ni  pr^'vonu  Saint-Ililnirc,  «iiicyni  renforcé 
du  Is-  de  lijrnt'  qui  «'tait  resté  â  Donanuôi-th.  Votre  parc  do 
résene,  ou  il  y  a  plus  de  M'A)  caissons,  vient  d\Hrc  dirij^é  sur 
Au,::sluiri:  et  se  tiendra  à  iiii-eheuiin.  Le  prince  Miirat,  avec 
1U,()(Ml  houinies  de  eavalerie,  se  porte  sur  Zusniarshauscn  pour 
couper  la  route  dllni  à  Auj;shurjr,  pour  donner  bonne  chasse  â 
la  eavalerie  qui  était  hier  à  liain.  Le  niaréehal  Ney  occupera  ce 
N(»ir  (iiinzhurf:,  où  je  su|)pose  (]uc  Tenncnii  pourrait  venir,  s*il 
^^  croyait  encore  a  temps  pour  se  retirer  sur  Augsburf;.  Le» 
grenadiers  <le  Lannes  ne  se  donneront  pas  de  repos  avant  d'être 
A  /usmarshauscn.  et  je  dirigerai  ce  soir  la  division  Sucliet, 
i^iiivnnt  les  nouvelles  que  j'aurai  d'ici  à  deux  heures.  Ne  vous 
donne/  aueun  re|»os.  et  s<ui,i;e/.  <pie,  soit  de  jour  ou  do  nuit,  il 
(nui  que  vous  m'enleviez  ce  corps.  Le  moins  que  vous  puissiez 
fnen\uyer,  c'est  .t.tMM)  ou  i,tMK)  prisimniers. 

Napolkon  (i). 


Le  maréchal  Soult  k  l'Empereur, 

A  hauteur  du  viltap'  <!<>  Cîuiidi'lsdorr,  lo  It;  vendciniairc  an  xiv 
(H  .^tohro  Iso:.).  A  1  h.  1/2  du  soir. 

J«'  ret'ois.  à  remhranchenient  des  routes  qui  conduisent  à 
AuL'shuri:  v{  a  Aiehaeh,  la  <lépéehe  dont  Votre  Majesté  m'a 
hi'niin*. 

A  l'instant  même,  je  taisais  eharucr  un  parti  de  *Mï()  uhUns 
qui  fait  ra\ant-;:arde  d'un  corps  de  Vi^OiH)  «i  t»,(M)0  hommes 
réunis  a  \iehaeh  ;  cotte  eirc«mstance  me  détermine  à  passer  par 
relt«'  \ille  pour  battre  le  corps  qui  s'y  tn)Uvo  et  ensuite  me 
jMirter  sur  Au^'sburj;. 

Je  diiin  rendre  conqtte  a  Votre  Majesté  que  d'apn*s  le  rapport 
de  dfux  liabitants  de  Municii,  t\\ir  je  viens  d'interroger  et  qui  en 


il;  Cifrtnfuitvl'ltwe  'U  .Vii/"»//()n,    11*9353. 


336  CHAPITRE  II. 

sont  partis  hier  au  soir,  il  paraît  que  rennemi  a  concentré  des 
troupes  en  cette  partie.  Il  doit  aussi  en  réunir  à  Friedberg. 

Hier,  il  est  parti  de  Munich  pour  Ratisbonne  et  Ingolstadt  le 
régiment  des  cuirassiers  de  FEmpereur  et  quelques  régiments 
d'infanterie,  qu'on  n'a  pu  me  désigner. 

Je  n'ai  aucune  nouvelle  du  maréchal  Davout  et  je  ne  sais  pas 
même  s'il  aura  pu  jeter  son  pont  aujourd'hui  à  Neuburg.  L'en- 
nemi; en  évacuant  cette  place,  paraîtrait  vouloir  tenir  encore  à 
Ingolstadt  et  se  couvrir  par  l'Ach. 

Il  sera  fort  tard  quand  j'arriverai  à  Aichach,  mais  je  ferai 
tout  mon  possible  pour  en  déloger  l'ennemi  aujourd'hui.  Là,  je 
tiendrai  la  tète  des  défilés  qui  donnent  dans  les  plaines  de 
Munich  et  la  position  de  Friedberg  sera  en  quelque  sorte  tournée. 
Je  me  dirigerai  demain  matin  sur  cette  ville  et  de  là  sur  Augs- 
burg. 

La  division  de  dragons,  commandée  par  le  général  Walther, 
a  suivi  ma  marche,  je  la  dirigerai  sur  Augsburg,  mais  elle  ne 
pourra  y  arriver  d'aujourd'hui. 

Je  désire  bien  vivement  que  ces  dispositions,  que  j'ai  cru 
devoir  prendre,  soient  conformes  aux  intentions  de  Votre 
Majesté. 

SOOLT. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Soult 

Donaawftrth,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805), 
à  8  heures  du  soir. 

Monsieur  le  Maréchal, 

Je  vous  préviens  qu'à  4  heures,  le  prince  Murât  est  arrivé 
sur  Wertingen,  qu'il  a  trouvé  les  hauteurs  couvertes  d'une  divi- 
sion ennemie. 

A  o  h.  1/2,  l'attaque  a  commencé  ;  les  grenadiers  de  M.  le 
maréchal  Lannes  étaient  arrivés  ;  la  canonnade  a  été  vive  ;  la 
fusillade  assez  chaude  ;  quelques  prisonniers,  faits  au  commen- 
cement de  l'action,  disaient  qu'il  y  avait  ii  bataillons  partis 
d'Ulm  pour  venir  occuper  la  tète  du  pont  de  Donauwôrth.  On 
n'en  sait  pas  davantage  :  l'Empereur  na  pas  de  rapport;  il 
paraît  (|ue  la  canonnade  s'est  éloignée  ;  on  n'entend  plus  rien. 
Dans  quehiues  heures,  on  aura  des  nouvelles  ;  mais  j'ai  cru 


8  OCTOBRE.  337 

devoir  vous  prévenir,  afin  que  vous  vous  trouviez  prêt  dans  le 
cas  où  vous  recevriez  des  ordres. 

L'Empereur  imagine  que  la  division  du  général  Saint-Hilaire 
aura  pris  part  à  TafTaire,  puisqu'elle  se  trouvait  à  hauteur. 

Maréchal  Berthier. 


Le  maréchal  Soult  à  rEmpereur, 

Stcinbach,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805), 
à  8  beares  da  soir. 

Sire, 

La  charge  de  cavalerie  que  j'ai  fait  engager  à  hauteur  du 
village  de  Gundelsdorf  et  dont  j'ai  eu  l'honneur  de  rendre 
compte  à  Votre  Majesté  par  ma  première  dépêche,  nous  a  menés 
jusqu'aux  hauteurs  de  Steinbach;  là,  l'ennemi  nous  a  montré 
plusieurs  lignes  de  cavalerie  faisant  ensemble  à  peu  près  1800 
chevaux  des  régiments  de  Merveldt  (uhlans)  et  Liechtenstein 
(hussards)  ;  1000  autres  chevaux  des  mômes  régiments  se  sont 
tenus  en  arrière  du  bois  de  Walchshofen  et  n'ont  pas  pris  part 
à  ratfaire.  Le  général  Rienmayer  y  commandait,  il  avait  sous 
lui  le  général-major  Nostitz. 

Eu  avant  du  village  de  Walchshofen,  il  y  a  eu  une  charge  de 
cavalerie  dans  laquelle  le  8^  régiment  de  hussards,  deux  esca- 
drons du  11®  régiment  de  chasseurs  et  le  26«  régiment  de  chas- 
seurs, ainsi  qu'un  escadron  du  13«  régiment  de  dragons,  que  le 
général  Sébastiani  avait  amené,  ont  été  engagés  ;  on  a  tué  une 
vingtaine  de  uhlans,  blessé  un  très  grand  nombre  et  fait  une 
douzaine  de  prisonniers  ;  le  8®  de  hussards  s'est  particulièrement 
distingué,  tous  les  autres  corps  ont  parfaitement  fait,  et  les 
généraux  Margaron  et  Sébastiani  ont  mérité  que  je  les  cite  à 
Votre  Majesté.  A  8  heures,  on  se  battait  encore  entre  Aichach 
et  Walchshofen,  et,  en  ce  moment,  les  divisions,  qui  arrivaient 
seulement,  prennent  position.  L'artillerie  n'a  pu  tirer  que 
quelques  coups  de  canon,  n'ayant  pu  arriver  assez  à  temps  pour 
nuire  à  l'ennemi. 

Les  Autricliiens  avaient  3  pièces  de  canon,  mais  ils  n'ont  pu 
s'en  ser^'ir;  en  sortant  du  bois,  nous  avons  trouvé  quelques 
postes  d'infanterie. 

III.  22 


338  CHAPITRE  n. 

Un  des  prisonniers,  que  j'ai  fait  interroger,  assure  que  toutes 
les  troupes  qui  étaient  à  Neuburg  et  devant  Donauwôrth  ont 
ordre  de  se  retirer  sur  Munich  où  Tarmée  doit  se  réunir  et 
attendre  les  Russes  ;  le  général  Kienmayer,  en  passant  aujour- 
d'hui devant  le  régiment  de  uhlans,  a  dit  que  c'était  là  où  il 
nous  attendait. 

Le  môme  prisonnier  prétend  que  le  général  Klenau  a  passé  la 
nuit  dernière  à  leurs  postes,  et  qu'on  disait  généralement  que 
ses  troupes  se  retiraient  sur  Landsberg.  11  a  dit  aussi  que  le 
général  Gottesheim  était  parti  pour  la  Bohème  et  que  trois  régi- 
ments de  cavalerie,  dont  les  dragons  de  Klenau  font  partie,  et 
un  d'infanterie  avaient  pris  la  même  direction  ;  il  ignore  où  est 
le  général  Mack,  mais  il  croit  qu'il  devait  se  rendre  à  Munich. 

Les  trois  hommes  venant  de  Munich,  qui  ont  été  arrêtés  par 
les  avant-postes,  et  dont  j'ai  eu  l'honneur  de  rendre  une  partie 
de  leur  rapport  à  Votre  Majesté,  m'ont  observé  depuis  que^  ce 
matin  à  8  heures,  ils  avaient  vu  à  Aichach  se  mettre  en  marche 
pour  liatishonnc,  le  régiment  de  cuirassiers  de  l'Empereur; 
d'abord  sa  marche  avait  été  arrêtée,  mais  un  nouvel  ordre  Ta 
fait  remettre  eu  mouvement;  ils  disent  aussi  qu'ils  y  ont  vu 
5,000  à  6,000  hommes  d'infanterie  ;  l'un  d'eux  prétend  avoir  ici, 
entre  ses  mains,  copie  de  l'ordre  de  route  de  l'armée  russe^ 
mais  qu'il  a  oublié  chez  lui  cette  copie  ;  voici  l'itinéraire  qu'il 
en  donne. 

La  !'<'  colonne  doit  arriver  à  Dachau  le  16  octobre;  la  2^, 
le  18;  la  3%  le  20;  la  4®,  le  22;  et  la  5«,  le  2i;  en  tout,  45  batail- 
lons. Cette  infanterie  emploie  2,232  voitures  qui  portent 
10  hommes  chacune  ;  le  restant  de  cette  troupe  va  à  pied  et  se 
relaie  successivement. 

Ces  trois  hommes  me  paraissent  suspects,  quoiqu'ils  pré- 
tendent être  appelés  à  l'armée  bavaroise  par  le  général  Deroy  ; 
je  les  fais  conduire  au  grand  état-major  général,  où  ils  pour- 
ront être  examinés. 

Demain,  à  la  pointe  du  jour,  je  ferai  attaquer  Aichach,  et, 
aussitôt  que  l'ennemi  aura  été  rejeté  au  loin,  je  dirigerai  la 
colonne  sur  Friedberg  et  Augsburg,  où  je  ferai  en  sorte  d'arriver 
de  bonne  heure;  mais  comme  la  cavalerie  de  l'ennemi  est  de 
beaucouj)  supérieure  à  celle  de  Votre  Majesté  que  j'ai  à  lui 
opposer,  j'ai  invité  le  général  de  division  Walther  à  disposer 


8  OCTOBRE.  389 

d'une  brigade  de  dragons  pour  être  rendue  à  5  heures  du  matin 
en  avant  du  village  de  Steinbach,  et  la  réunir  aux  trois  régi-r 
ments  de  cavalerie  légère  du  corps  d'armée.  J'ai  aussi  invité  le 
général  Walther  à  prendre  la  route  d'Augsburg  avec  l'autre 
brigade,  en  le  prévenant  que  celle  qu'il  m'enverra  le  joindra 
demain  entre  cette  ville  et  Friellberg. 
J'ai  l'honneur 

SOULT. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Soult 

Donauwôrth,  le  10  vendémiaire  an  ut  (8  octobre  1805),  à  minait. 

Monsieur  le  Maréchal, 

L'Empereur  a  vu  avec  peine  que  vous  soyez  éloigné  encore 
du  centre  de  la  guerre,  car  vous  deviez  être  à  Augsburg 
par  l'extrémité  de  votre  gauche,  c'est-à-dire  que  vous  deviez  le 
dépasser  sur-le-champ  et  faire  une  marche  sur  Ulm  ;  au  lieu  de 
cela,  vous  êtes  à  une  demi-marche  derrière  ;  il  est  nécessaire  de 
remédier  le  plus  promptcment  à  cette  erreur.  Portez-vous  le 
plus  tôt  possible  à  Augsburg,  où,  avec  le  général  Saint-Hilaire, 
vous  aurez  une  force  imposante.  Votre  corps  d'armée  est 
destiné  à  opérer,  contre  le  Lech  et  le  Danube  ;  le  maréchal 
Bemadotte,  le  général  Marmont  et  le  maréchal  Davout  opére- 
ront sur  l'autre  rive. 

Vous  saurez  que  12  bfltaiUoQ«  de  grenadiers  autrichiens 
se  sont  fait  prendre  par  le  maréchal  Murât  et  le  maréchal 
Lannes;  caaons,  drapeaux,  tout  est  tombé  en  leur  pouvoir; 
c'est  au  village  de  Wertingen  que  cette  affaire  s'est  passée.  Ces 
bataillons  venaient  à  grandes  marches  de  Botzen,  dans  le 
Tyroi;  cette  afïaire  a  duré  deux  heures;  nous  n'avons  pas 
encore  les  détails,  que  l'on  ne  saura  bien  que  demain  matin. 

Nous  n'avons  pas  encore  de  nouvelles  du  maréchal  Davout. 
L'Empereur  va  le  diriger  droit  sur  Augsburg  et  il  lui  tarde  fort 
qu'il  y  soit  arrivé  ;  il  est  vraisemblable  qu'il  y  dirigera  aussi  le 
général  Marmont.  La  difiiculté  sera  de  vivre  ;  on  fera  ua  peu 
comme  on  pourra,  mais  il  faut  être  en  masse.  L'ennemi  ne  doit 
pas  tarder  à  faire  son  mouvement  rétrograde  avee  ses  forées 
réunies. 


340  CHAPITRE  II. 

Donnez  fréquemment  des*  nouvelles  à  TEmpereur  et  ayez 
Toreille  sur  tous  les  coups  de  canon  qui  se  tireront  du  Lech, 
afin  dy  porter  des  secours.  Rentrez  dans  le  système  de  la 
guerre,  telles  sont  les  intentions  de  TEmpereur. 

Maréchal  Berthibr. 


Le  général  Andréossy  au  général  Suchet 

I^  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Monsieur  le  Général, 

Vous  voudrez  bien,  conformément  aux  ordres  de  Son  Excel- 
lence le  ministre  de  la  guerre,  major  général,  vous  porter,  dès 
votre  arrivée,  au  delà  du  Danube  et  prendre  position,  avec  votre 
division,  300  toises  en  avant  de  la  rive  droite  du  fleuve. 
1/intention  de  M.  le  major  général  est  que  vous  laissiez  un 
bataillon  dans  Donauwôrth  pour  y  maintenir  la  police,  fournir 
des  gardes  aux  magasins  et  établissements  et  empêcher  qu'on 
nVmpoi-te  de  Tavoine  et  du  fourrage  et  pour  faire  rejoindre  sans 
délai  tout  ce  qui  appartient  à  la  3«  division  du  4«  corps. 

P.-S.  —  D'après  de  nouvelles  dispositions,  vous  ne  laisserez 
pas  de  bataillon  dans  Donauwôrtli. 

Andréossy  (1). 


LEntpereur  au  général  Dumas. 

Quartier  impérial,  à  DonaawiVrth,  le  16  vendémiaire  an  ziv 
(8  octobre  1805),  à  1  heure  après-midi. 

Monsieur  le  général  Dumas,  vous  vous  rendrez  en  toute  dili- 
gence à  Neuburg  et  vous  m'écrirez  de  Neuburg  par  un  de  vos 
aides  de  camp.  Vous  me  manderez  quels  sont  les  corps  arrivés  à 
Neuburg  et  tous  les  détails  concernant  les  ennemis,  régiment 
par  régiment,  dans  ces  cantons  (2)  :  si  on  croit  qu'Ingolstadt 

(1)  Lo  général  Ferry,  de  lu  division  Nansouty,  est  nommé  dans  la 
division  Legrand  en  remplacement  du  général  Levasseur,  malade. 
Andréossy   donne  les  ordres  d'exécution  nc'^cessairos. 

(?)  Ici,  (iu<?l(iu<'s  mots  iliisil)les  de  la  main  de  TEmpereur. 


8  OCTOBRE.  341 

est  occupé  en  force.  Si  le  général  Marmont  y  était  arrivé,  vous 
vous  y  rendrez  pour  lui  dire  qu'il  est  nécessaire  qu'il  passe  le 
Danube  sur-le-champ,  que  l'ennemi  est  coupé;  que,  dans  peu 
de  jours,  il  n'aura  plus  d'autre  parti  à  prendre  que  d'essayer  de 
nous  passer  sur  le  corps,  et  comme  il  pourra  réunir  jusqu'à 
80,000  hommes,  il  n'y  a  pas  un  moment  à  perdre  pour  rassem- 
bler nos  forces.  Enfin,  si  le  général  Marmont  n'était  pas  encore 
à  Ingolstadt,  vous  irez  le  trouver  où  il  sera,  et  vous  lui  ferez 
connaître  notre  système  de  guerre,  qui  veut  qu'il  passe  le 
Danube  sans  délai.  Vous  irez,  de  là,  trouver  le  maréchal  Bema- 
dotte;  il  doit  être  parti  aujourd'hui  d'Eichstâdt  pour  Ingolstadt. 
Du  moment  que  vous  aurez  vu  le  premier  de  ces  corps,  ou  que 
vous  saurez  positivement  où  il  est,  vous  m'en  instruirez.  Vous 
prendrez  des  renseignements  précis  sur  les  corps  ennemis  qui 
se  trouveraient  soit  sur  la  Rednitz,  ou  vers  la  Bohème,  et  vous 
connaîtrez  les  noms  des  corps  et  les  généraux  qui  les  com- 
mandent; et,  après  cela,  vous  me  viendrez  rejoindre,  s'il  se 
peut,  dans  la  journée  de  demain. 

Napoléon  (i). 

L'Empereur  au  maréchal  Davout 

Quartier  impérial,  à  Doaauwttrth,  le  16  vendémiaire  an  xiv 
(8  octobre  1805). 

Mon  cousin,  ce  matin,  à  8  heures,  il  n'y  avait  personne  à 
Neuburg  et  vous  ne  l'occupiez  pas  encore.  Il  me  tarde  bien  de 
savoir  enfin  votre  armée  arrivée. 

J'ai  besoin  qu'elle  soit  réunie,  demain  dans  la  journée,  à 
Aichach.  Il  paraît  que  le  général  Kienmayer,  qui  commande  le 
seul  corps  qui  est  entre  ceci  et  Ratisbonne,  s'est  retiré  sur 
Augsburg. 

Il  est  poursuivi  de  telle  sorte  qu'il  ne  peut  échapper. 

Napoléon  (2). 

Ne  perdez  pas  une  heure,  et  que  j'apprenne  sans  retard  que 
vous  occupez  Aichach;  votre  cavalerie  et  votre  avant-garde 
peuvent  y  être  ce  soir. 

(i)  Correspondance  de  Napoléon,  n"»  9355. 
(2)  Ibid,,  no  9354. 


342  CHAPITRE  U. 

La  maréchal  Berth'fr  au  maréchal  Davout 

DonanwOrth,  le  16  TendémUlra  m  ut  (8  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

L'intention  de  l'Empereur  est  que,  du  moment  que  vous  serez 
maître  du  pont  de  Neuburg,  vous  vous  dirigiez  sur  Aichach,  où 
rintention  de  Sa  Majesté  est  de  réunir  dans  la  journée  de  demain 
tout  votre  corps  d'armée  ;  mais,  en  vous  ordonnant  ce  mouve- 
ment, r Empereur  suppose  que  l'ennemi  n'est  pas  en  force  à 
Ingolstadt,  et  que  le  général  Marmont  n'éprouve  aucun  obstacle 
à  s'en  emparer.  C'est  à  vous  à  vous  faire  éclairer  sur  ces  diffé- 
rents objets. 

Je  vous  rappelle  l'ordre,  Monsieur  le  Maréchal,  de  m'envoyer 
tous  les  soirs  un  aide  de  camp  ou  un  officier  de  votre  état-major 
pour  me  faire  connaître  votre  position  et  celle  de  l'ennemi. 

Maréchal  Bkrthuii. 


Le  général  Daultanne  au  général  Gudin, 

Au  quartier  géoôral,  à  Steppberg,  lo  16  veadémiaire  an  xiv 

(8  octobre  1805). 

Mon  cher  Général, 

L'intention  de  M.  le  Maréchal  est  que  vous  marchiez  sur  Neu- 
burg  avec  toute  votre  division.  Le  général  Bisson,  marchant  par 
la  rive  droite  du  Danube,  a  ordre  de  s'emparer  de  cette  ville  et 
d'y  faire  rétablir  le  pont. 

Lorsque  vous  serez  rendu  à  cette  destination,  vous  recevrez 
de  nouveaux  ordres. 

Je  vous  salue  de  tout  mon  cœur, 
{A.  G.).  Daultannb. 


8  OOTOBRE.  343 

Le  maréchal  Davout  à  l'Empereur. 

Nenborg,  le  16  Tendémiaire  an  xnr  (8  octobre  1805), 
à  6  heures  du  soir. 

Sire, 

Je  reçois  à  Tinstant  les  ordres  que  Voire  Majesté  m'a  fait 
rhonneiir  de  m'adresser  relativement  au  mouvement  à  faire  sur 
Aichach. 

Il  est  six  heures  du  soir;  les  troupes,  après  une  marche  forcée, 
arrivent  à  peine  à  leurs  positions  ;  les  parcs  sont  en  arrière  ; 
quelques  heures  de  repos  deviennent  indispensables;  mais,  dès 
la  pointe  du  jour,  les  troupes  seront  en  mouvement  pour  se 
porter  sur  Aichach,  où  elles  ne  pourront  arriver  que  tard,  attendu 
que  la  journée  est  de  onze  lieues. 

J'ai  Thonneur 

Davout. 


Ordre. 

Au  quartier  général,  à  Neabnrg,  le  16  Tendémiaire  an  xiv 
(8  octobre  1805). 

La  l'«  division  appuiera  sa  droite  à  Sinning  et  la  gauche 
vers  Sehensand,  poussant  des  reconnaissances  sur  la  route 
d'Aichach. 

La  2«  division  appuiera  sa  droite  au  village  de  Sehensand  et 
la  gauche  se  prolongeant  en  avant  de  Wagenhofen. 

La  3«  division  appuiera  sa  droite  à  la  gauche  de  la  2«,  de 
manière  à  se  trouver  à  cheval  sur  la  route  de  Neuburg  à  Ingols- 
tadt,  ayant  le  village  de  Zell  en  avant  de  son  centre  et  qu'il  fera 
occuper. 

(i4.  G.).  Daultannb. 

Le  maréchal  Davcut  au  maréchal  Berthier, 

Nfîubarg,  le  16  vendémiaire  an  xrv  (8  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'ai  l'honneur  de  rendre  compte  à  Votre  Excellence  que  ce 
matin,  avant  le  jour,  j'ai  fait  passer  la  1'^  division  à  Steppberg  ; 


344  CHAPITRE  II. 

elle  a  envoyé  un  corps  sur  Rain  pour  communiquer  avec  les 
troupes  du  maréchal  Soult. 

Les  autres  divisions  se  sont  portées  sur  Neuburg  qui  était 
évacué  ;  elles  sont  toutes  en  avant  de  cette  place. 

J'ai  été  instruit  que  le  régiment  autrichien  de  Gyulay  était 
attendu  ici  aujourd'hui  ;  j'ai  mis  aussitôt  notre  cavalerie  légère 
à  sa  poursuite. 

Demain,  à  la  pointe  du  jour,  Tannée  se  mettra  en  marche 
pour  se  porter  sur  Aichach,  où  elle  ne  pourra  arriver  que  fort 
tard,  attendu  que  la  journée  sera  de  onze  lieues. 

Davout. 


Journal  de  marche  de  la  division  Priant. 

De  Monhcim  à  Zell,  le  16  vendi^miaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Le  16,  à  midi,  nous  quittons  nos  bivouacs  dans  les  environs 
de  Monheim  pour  aller  passer  le  Danube  à  Neuburg,  déjà  occupé 
par  Tavant-garde  et  le  corps  du  maréchal  {sic)  Marmont  ;  nous 
allons  prendre  position  (sans  passer  dans  la  ville  que  nous 
laissons  sur  notre  droite)  en  arrière  de  Zell  et  de  Bruck,  dans 

des  bois  qui  s'étendent  jusqu'au  Danube La  route  que  nous 

avons  parcourue  est  bonne,  bien  ferrée  et  large  de  7  à  8  mètres. 
Elle  passe  à  Warching,  baigné  par  le  même  ruisseau  qui  coule 
à  Monheim,  à  Natterholz,  à  Bioscnau,  Ammerfeld,  à  Rennerts- 
hofen,  situé  sur  et  près  la  rive  gauche  de  FUssel,  à  Steppberg, 
à  l'embouchure  de  la  susdite  petite  rivière  dans  le  Danube  : 
vallon,  ruisseau  et  pont  en  bois,  traversés  par  la  route  entre  les 

deux  derniers  susdits  villages Quoique  les  fortifications  des 

petites  villes  de  Rain,  Neuburg,  Ingolstadt  soient  en  partie 
détruites  (on  rétablit  celles  de  cette  dernière  ville,  qui  était  la 
plus  forte  place  de  Bavière),  cependant  la  rive  droite  du  fleuve, 
sur  laquelle  ces  villes  sont  bâties,  est  en  beaucoup  de  points 
tellonient  escarpée  et  a  un  tel  commandement  sur  la  rive  opposée 
(de  20  à  ^5  mètres  au  moins)  que  nous  n'avons  pu  concevoir 
comment  Tarméc  autrichienne,  dont  la  retraite  était  assurée, 
i^avait  pas  cherché,  au  moyen  de  quelques  bonnes  batteries,  à 
iTlarder  notre  approche  de  ce  fleuve  et  notre  passage. 


8  OCTOBRK.  345 

Le  général  de  brigade  Gautier  à  M.  le  général  de  division  Gudin 

R^hrenbof,  le  16  Tendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Mon  Général, 

J'ai  rhonneur  de  vous  rendre  compte  de  la  position  occupée 
ce  soir  par  ma  brigade. 

Le  256  régiment  de  ligne  est  établi  à  la  tête  du  bois,  derrière 
le  ruisseau  et  le  village  de  Zell,  ayant  trois  compagnies  déta- 
chées au  village  de  Bruck  pour  couvrir  la  gauche  et  placer  des 
postes  jusqu'au  Danube. 

Le  85«  régiment  de  ligne  a  son  le»*  bataillon  sur  la  lisière  du 
bois  qui  se  trouve  entre  moi  et  le  général  Petit;  ses  postes 
s'étendent  sur  le  front  du  même  bois  et  dans  la  plaine  ;  il  se  lie 
par  des  patrouilles  au  21®  régiment.  Une  grand'garde  de  chas- 
seurs est  placée  dans  Tintervalle  de  ces  deux  corps  et  pousse  des 
vedettes  dans  la  plaine,  le  reste  du  détachement  est  bivouaqué 
ici  avec  une  compagnie  de  grenadiers  du  85«. 

Les  deux  pièces  de  8  que  vous  m'avez  annoncées  prendront 
position  à  Rôhrenhof  entre  le  bois  et  la  grande  route. 

Le  2^  bataillon  du  85®  régiment  forme  la  réserve  et  est  adossé 
au  bois  à  gauche  de  la  route  d'Ingolstadt. 

La  position  est  trop  étendue  pour  l'occuper  avantageusement 
avec  les  troupes  que  j'ai  l'honneur  de  commander.  Je  la  recti- 
fierai, autant  que  possible,  demain  à  la  pointe  du  jour  si  nous 
devons  y  rester. 

Le  général  Vialannes  ne  m'a  rien  fait  dire,  j'ai  laissé  chez  lui 
un  ordonnance  pour  être  prévenu  des  ordres  qu'il  recevra  et 
vous  en  faire  part  de  suite. 

Je  n'ai  aucune  nouvelle  de  l'ennemi. 

Agréez,  mon  Général,  mon  respectueux  attachement. 

(.4.  G,).  Gautikr. 


346  CHAPITRE  n. 

8*  CORPB  D*ABMAB. 

Journée  du  16  vendémiaire  an  XIV  (8  octobre  1805), 

Quartier  général  :  Neuburg. 

Avant-garde  :  (?). 

L'infanterie  de  Favant-garde  passe  le  matin  à  Steppberg  dans 
des  bateaux  que  l'on  va  chercher  sur  la  rive  droite. 

Elle  prend  position  à  la  tète  du  bois  de  Kaiserburg  jusqu  à  ce 
qu'elle  soit  relevée  par  la  i'^  division.  Alors  elle  se  porte  en 
avant  sur  la  route  d'Aichach  en  passant  par  Neuburg. 

l^a  cavalerie  passe  à  Nouburg. 

1^  division  :  Neul)urg. 

Prend  d'abord  position  à  la  tùto  du  bois  de  Kaiserburg  après 
avoir  passé  le  Danube  à  Steppberg. 

Le  17®  se  porte  h  Brunthal  pour  observer  la  route  de  Rain. 
On  occupe  momentanément  OberetUnter-HauscnetFon  pousse 
des  partis  sur  Sinning. 

Le  soir,  la  division  se  porte  en  avant  et  établit  son  bivouac 
à  1  h.  1/2  de  Neuburg.  La  droite  à  Sinning  et  la  gauche  à 
Sehensand. 

.2^  division  :  Zell. 

Passe  le  Danube  à  Neuburg,  laisse  la  ville  sur  sa  droite  et  va 
prcndrc'position  à  la  tète  des  bois,  en  arrière  de  Zell  et  de  Bnick, 
sur  la  route  de  Neul)urg  à  Munich  par  PfafTenhofen. 

3^  division  :  Wagenhofcn. 

Tient  la  droite  de  la  4''  division  et  bivouaque  à  la  place  que 
devait  occuper  cette  2^  division. 

Elle  appuie  sa  droite  à  Sehensand  et  sa  gauche  au  delà  de  la 
route  entre  Wagenhofen  et  Zell. 

Cavalerie  légère  :  (?). 

Grosse  cavalerie  :  Suit  le  mouvement  de  la  3«  division. 

Parc:  Suit  le  mouvement  de  la  3«  division. 

Passage  du  Danube  :  Le  matin,  le  colonel  du  génie  Tousard 
surprend  le  pont  de  Neuburg,  entre  dans  cette  ville  avec 
25  hommes  et  y  fait  quelques  prisonniers.  Il  y  avait  encore 
150  honmies  dans  la  ville,  lesquels  prirent  la  fuite.  Il  fit  de 


8  OCTOBRE.  847 

suite  réparer  le  pont  dont  le  recouvrement  et  la  moitié  des 
poutres  étaient  enlevés. 

A  10  heures  du  matin,  Tarmée  de  M.  le  maréchal  Davout 
commence  à  passer  à  Neuburg. 

Le  même  jour,  Tarmée  du  général  Marmont  arrive  devant 
cette  ville. 

Il  y  a  à  Neuburg  une  espèce  de  digue  qui  vient  aboutir  à  la 
rive  gauche  du  Danube  d'une  part  et  par  laquelle  on  entre  dans 
la  ville  vers  la  tète  du  pont.  Une  partie  de  notre  cavalerie  est 
entrée  par  là.  Rien  n'est  plus  aisé  à  défendre  que  le  passage  du 
Danube  à  Neuburg.  La  ville  domine  beaucoup  la  rive  gauche. 
Elle  est  enveloppée  d'un  camp  retranché  qui  n'a  pas  été  fini, 
mais  qu'avec  quelques  travaux  on  rendrait  bon.  Il  recevrait  au 
moins  15,000  hommes. 


Le  général  Dumas  à  l'Empereur. 

Neuburg,  le  16  Yendémiaire  an  xiv  (8  oetobre  ]805)t 
à  1 1  heures  du  soir. 


Sire, 


J'ai  l'honneur  de  rendre  compte  à  Votre  Majesté  que  j'ai 
trouvé  M.  le  maréchal  Davout  à  Neuburg,  ayant  déjà  fait  passer 
toute  son  armée  :  Son  avant-garde  est  en  avant  de  Neuburg,  à 
deux  lieues  sur  la  route  d'Aichacl],  où  il  marchera  dès  le  point 
du  jour. 

Il  y  avait  à  Neuburg,  le  15  (7  octobre),  un  régiment  de  gre- 
nadiers qui  en  est  parti  à  8  heures  du  soir  ;  le  régiment  de 
Gyulay  <iuiy  était  attendu,  ci  dont  le  logement  était  arrivé  le  16 
{8  octobre)  au  matin,  n  reçu  contre-ordre  en  chemin,  il  partait 
de  Geisenfeld.  M.  le  maréchal  Davout  a  poursuivi  et  pris 
30  hommes  de  ce  logement.  Le  général  Kienmayer,  qui  avait 
son  quartier  général  à  Neuburg,  a  fait  évacuer  Ingolstadt;  il 
rassemble  un  corps  d'environ  15,000  hommes  ;  il  a  annoncé  ici 
à  Neuburg  qu'il  se  retirerait  sur  Aichach  où  il  tenterait  le  êort 
des  armes,  M.  le  maréchal  Davout  pense  qu'il  ne  tiendra  point 
à  Aichach  et  se  retirera  par  Munich,  d'autant  plus  que  le  corps 
du  général  Kienmayer  est  destiné  à  se  réunir  au  corps  de  troupes 
russes  qui  doit  arriver  à  Wels. 


348  CHAPITRE  II. 

Il  n'y  a  point  eu,  entre  Neuburg  et  Ratisbonne,  d'autres 
troupes  que  celles  du  général  Kienmayer,  qui  avait  porté  sur 
Eichstâdt  un  régiment  d'infanterie  et  quelques  escadrons  de 
cavalerie  :  il  n'y  a  rien  dans  ce  moment  à  Ratisbonne,  ni  sur 
aucun  point  de  la  rive  droite  du  Danube  entre  Ratisbonne  et 
Neuburg.  . 

Ingolstadt,  évacué,  n'est  point  eiïcore  occupé  par  les  troupes 
du  général  Marmont  ni  par  celles  de  M.  le  maréchal  Bemadotte. 

Le  général  Marmont  a  concentré  ses  troupes  à  Nassenfels 
(deux  lieues  de  Neuburg,  sur  la  route  d'Eichstadt). 

Je  vais  lui  transmettre  les  ordres  de  Votre  Majesté,  je  me 
rendrai  ensuite  près  de  M.  le  maréchal  Bemadotte. 

Conformément  aux  ordres  de  Votre  Majesté,  je  remets  cette 
dépêche  à  mon  aide  de  camp  Clermont-Tonnerre. 

J'y  joins  une  note  des  régiments  et  corps  ennemis  sous  les 
ordres  du  général  Kienmayer  ;  il  parait  que  les  ennemis  n'ont 
qu'une  connaissance  très  imparfaite  des  mouvements  des  armées 
de  Votre  Majesté  :  le  général  Mack,  qui  était  il  y  a  cinq  jours  à 
Ingolstadt,  disait  ((u'il  n'y  aurait  pas  d'affaire  séreuse  avant  le 
22  octobre. 

M.  l'archiduc  Ferdinand  était  avant-hier  à  Neuburg,  il  ne  s'y 
est  arrêté  que  pour  conférer  avec  le  général  Kienmayer. 

On  a  transporté  à  Neuburg  iO  hommes  de  Colloredo,  blessés 
au  pont  de  Donauwôrth. 

Je  suis Dumas. 


Ordre  de  marche  du  17  vendémiaire  an  XIV  (9  octobre  1805), 

Au  quartier  général,  à  Noabarg,  le  16  vendémiaire  an  xir, 
(8  octobre  1805). 

L'avant-garde,  aux  ordres  du  général  Eppler,  partira  demain 
17  des  positions  qu'elle  occupe  à  i  licures  du  matin  et  se  portera 
directement  sur  Aichach  ;  lorsque  cette  avant-garde  sera  arrivée 
à  la  hauteur  du  village  de  Walchshofen,  elle  y  prendra  position 
en  arrière  des  hauteurs  qui  dominent  ce  village. 

Le  général  Eppler  fera  porter  de  suite  de  forts  partis  sur 
Aichach  et  par  la  droite  il  poussera  des  reconnaissances  sur  les 
villages  de  Haunswies  et  de  Algertshausen.  11  ne  regardera  cette 


8  OCTOBRE.  349 

première  position  de  Tavant-garde  que  comme  provisoire  et 
pour  y  attendre  l'arrivée  des  divisions. 

La  1'®  division  partira  demain  à  5  heures  du  matin  et  se 
portera  sur  Aichach,  dès  que  la  tête  de*  la  colonne  aura  joint 
l'avant-garde.  Celle-ci  se  portera  en  avant  de  la  i'«  division, 
prendra  position  la  droite  à  Seebach  et  la  gauche  vers  HoUen- 
bach,  faisant  occuper  sur  son  front  les  villages  de  Saint-Jodoc, 
Affing  et  poussera  de  fortes  reconnaissances  en  avant  de  sa 
droite. 

La  2«  division  partira  également  à  5  heures  du  matin,  suivra 
le  mouvement  de  la  i^  et  viendra  prendre  position  à  sa  gauche, 
la  droite  à  HoUenbach  et  la  gauche  à  Walchshofen  et  se  placera 
de  manière  à  maîtriser  fortement  la  route  d'Aichach,  ainsi  que 
le  village  de  Walchshofen.  Cette  division  fera  occuper  Bembach 
et  Algertshausen. 

La  3®  division  suivra  le  mouvement  des  deux  premières  et 
viendra  prendre  position  en  seconde  ligne  en  avant  du  village 
dlnchenhofen. 

Le  parc  d'artillerie  de  réserve  suivra  le  mouvement  de  la 
3^  division. 

La  cavalerie  légère  suivra  le  mouvement  de  Tavant-garde. 

Il  sera  distribué,  demain  17,  pour  !2  jours  de  biscuit  ou  de 
pain  à  toutes  les  troupes  du  corps  d'armée  ;  aussitôt  le  présent 
ordre  reçu,  les  fourriers  se  rendront  à  Neuburg  pour  y  recevoir 
cette  distribution  ;  pour  les  accélérer  il  sera  procuré  des  voitures 
aux  fourriers  pour  le  transport  du  pain  :  ces  voitures  devront 
être  soigneusement  renvoyées  au  parc  après  la  distribution  faite. 

Daultanne. 


Le  maréchal  Berthier  au  général  Marmont 

Donauwôrth,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Monsieur  le  général  Marmont, 

L'intention  de  l'Empereur  est  que  vous  vous  empariez  dln- 
golstadt  aujourd'hui,  §i  vous  pouvez  le  faire  plus  promptement 
que  M.  le  maréchal  Bernadotte,  qui  a  ordre  de  l'occuper  demain. 


350  GHAPITKB  II. 

L'Empereur  imagine  que  vous  êtes  en  mesure  de  passer  le 
Danube  à  Neuburg,  ou  entre  Neuburg  et  Ingolstadt. 

Vous  devez  passer  ce  fleuve  sans  délai  si  H»  le  maréchal 
Bemadotte  n'a  personne  devant  lui,  et,  immédiatement  après 
que  vçus  aurez  passé  le  Danube,  vous  vous  porteriez  sur  Ingols- 
tadt afin  d'en  faire  réparer  les  ponts  et  rendre  le  passage  facile 
au  maréchal  Bemadotte  et  aux  Bavarois  (1). 

Je  vous  rappelle  Tordre,  Général,  de  m'envoyer  tous  les  soirs 
un  aide  de  camp  ou  un  officier  de  votre  état-major  pour  me 
faire  connaître  votre  position  et  celle  de  Tennemi. 

Maréchal  Bbsthikb. 


le  maréo/ia/  Berntidotte  au  maréchal  Berthier. 

Eiehst&dt,  le  li\  vendémiaire  an  xrv  (8  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Je  vous  annonçais  hier  que  je  m'établirais  aujourd'hui  avec 
mon  corps  d'armée  et  les  Bavarois,  en  arrière  de  la  petite  rivière 
de  Schuttcr,  ayant  Nassenfels  sur  mon  front,  et  que  mes  avant* 
gardes  s'approcheraient,  autant  que  possible,  de  Neuburg  et 
d'ingolstadt.  J'ai  l'honneur  de  vous  rendre  compte  qu'il  m'a  été 
impossible  d'arriver  à  ma  destination  ;  le  général  Marmont  a 
dirigé  son  corps  d'armée  par  la  route  que  je  tenais,  ses  troupes 
ont  obstrue  ma  marche  et  malgré  les  plus  grands  soins  et  la 
meilleure  volonté  des  chefs,  le  premier  corps  d'armée  et  les 
Bavarois  ne  pourront  passer  aujourd'hui  Eichstadt,  à  l'exception 
cependant  de  mes  avant-gardes  qui  se  portent  sur  le  Danube. 
J'ai  l'avis  que  l'ennemi  a  évacué  Ingolstadt  et  Neuburg  ;  je 
viens  de  charger  le  lieutenant  général  de  Wrede,  qui  a  des 
relations  avec  les  magistrats  de  la  première  ville,  de  leur  écrire 
pour  faire  rétablir  le  pont,  sans  perdre  de  temps. 

Je  partirai  demain  à  trois  heures  du  matin  avec  toutes  mes 


(1)  il  est  envoyé  copie  de  cette  lettre  au  maréchal  Bernadotte. 


8  OCTOB&B.  381 

troupes,  je  me  dirigerai  sur  Ingolstadtoù  je  passerai  le  Danube, 
je  pense  être  rendu  dans  cette  ville  pour  9  heures  du  matin. 

Je  vous  prie,  Monsieur  le  Maréchal,  de  m'adresser  vos  ordres 
à  Ingolstadt. 

J'aiThonneur 

BSRIVADOTTS. 

Le  général  Berthier  au  maréchal  Berthler. 

EichsUdt,  le  16  vendémiaire  an  xrv  (8  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'ai  Thonneur  de  vous  rendre  compte  qu'à  notre  arrivée  à 
Ëichstadt,  nous  avons  trouvé  une  compagnie  de  Salzburg  (vété- 
rans en  activité)  casernée  dans  la  ville  et  forte  d'environ 
80  hommes  bien  armés  et  équipés,  ainsi  qu'environ  cinquante 
autres  invalides  pensionnés. 

D'après  les  ordres  de  M.  le  maréchal  Bemadotte,  la  compa- 
gnie de  vétérans  a  été  désarmée,  conduite  et  consignée  dans 
son  quartier,  ou  elle  sera  gardée  à  vue  en  attendant  vos  ordres. 

Comme  M.  le  Maréchal  n'a  pas  cru  devoir  la  faire  prisonnière 
de  guerre,  je  prie  Votre  Excellence  de  vouloir  bien  me  dire  si 
cette  troupe  doit  être  envoyée  sur  les  derrières  de  l'armée. 

J'ai  l'honneur.... 

L.  Berthier. 

Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Bernadette. 

Doiiauwnrth,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Nous  avons  passé  le  Lech  dans  la  journée  du  15  (7  octôltre). 
Aujourd'hui,  à  la  pointe  du  jour,  le  prince  Murât  a  battu  la 
plaine  avec  1000  hommes  de  cavalerie  pour  intercepter  les  com- 
munications d'Augsburg  à  Ulm.  Arrivé  à  Wertingen,  il  a  ren- 
contré onze  bataillons  de  grenadiers  autrichiens  ;  la  division  du 
général  Oudinot,  formant  la  !'•  division  de  M.  le  maréchal 
Lanncs,  étant  arrivée  à  temps,  ce  corps  a  été  enlevé;  drapeaux, 
canons,  tout  a  été  pris. 


352  CHAPITRE  II. 

Le  16  {8  octobre),  au  matin,  le  maréchal  Soult  s'est  porté  sur 
Aichach,  pour  y  enlever  un  corps  de  10,000  hommes  qui  s'y 
trouvait;  à  4  heures  après-midi,  il  avait  déjà  rencontré  les 
avant-postes,  et  si  ce  corps  ne  s'est  pas  retiré,  il  sera  pris. 

Le  général  Saint-Hilaire  s*est  porté  sur  Augsburg,  où  sera 
réunie  demain  toute  Tarmée  du  maréchal  Soult. 

Le  maréchal  Ney,  avec  son  corps  d*armée,  occupe  Gûnzburg 
et  tous  les  débouchés  qui  mènent  sur  la  rive  gauche  du  Danube. 

L'ennemi  parait  être  encore  en  très  grande  force  sur  ce  point, 
et  l'Empereur  a  l'espoir  que  ce  corps  d'armée  finira  mal. 

Sa  Majesté  ordonne  que  vous  passiez  le  Danube,  soit  à  Ingols- 
tadt,  soit  à  Neuburg.  Emparez-vous  d'Ingolstadt,  il  n'y  a  plus  un 
moment  à  perdre.  Ordonnez  également  au  général  Marmont  de 
passer  le  fleuve  et  de  se  mettre  sur-le-champ  en  marche  pour 
se  rendre  à  mi-chemin  de  Neuburg  ou  d'Ingolstadt  à  Augsburg. 

Vous,  Monsieur  le  Maréchal,  après  avoir  pris  possession 
d'Ingolstadt  et  rétabli  le  pont,  vous  marcherez  sur  tout  ce  qui 
serait  en  deçà  de  l'Inn,  ou  de  ce  qui,  sur  la  rive  gauche,  pourrait 
s'approcher  de  l'Altmuhl  avant  que  vous  soyez  formé  à  passer. 
Je  vous  ferai  parvenir  les  ordres  de  l'Empereur,  car  les  événe- 
ments changent  à  chaque  instant  et  les  jours  ici  vont  se  presser 
avec  une  grande  rapidité. 

Maréchal  Bbrthibr. 


JOURNAL  DU  CORPS  BAVAROIS. 

Marche  à  Ingolstadt,  le  16  vendémiaire  {8  octobre). 

Le  maréchal  arriva  à  Ëichstadt,  de  même  que  le  lieutenant- 
général  Deroy.  L'avant-garde,  après  avoir  attendu  l'arrivée 
de  Fârmée  et  après  avoir  défilé  devant  le  maréchal,  fut  postée 
près  d'Eitensheim  ;  durant  la  marche,  elle  envoya  de  fortes 
patrouilles  sur  la  gauche,  et,  dès  son  arrivée,  elle  détacha  une 
forte  reconnaissance  jusqu'à  Ingolstadt  et  s'empara  des  bateaux 
sur  l'Altmuhl  et  sur  le  Danube. 

Le  17  vendémiaire  (.9  octobre),  le  lieutenant  général  rendit 
compte  au  maréchal  que  l'ennemi  avait  évacué  Ingolstadt  et  que 
le  pont  endommagé  par  lui  était  rétabli. 


8  OCTOBRE.  353 

Le  quartier  général  du  maréchal  arriva  à  Ingolstadt,  celui  du 
lieutenant  général  Deroy  à  Feldkirchen. 

L'ennemi,  étant  informé  que  Son  Excellence  le  maréchal  Soult 
avait  passé  le  6  le  Danube  près  Donauwôrth,  s'était  entièrement 
retiré. 


I'^'  CORPS   D*ARMÉE. 

Ordre  de  marche  du  17  vendémiaire. 

Eichstfldt,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Le  lieutenant  général  de  Wrède  partira  demain  matin  à 
A  heures  du  matin  avec  tout  son  corps  pour  se  rendre  à  Ingols- 
tadt; il  enverra  des  partis  sur  Kelheim;  il  fera  rétablir  le  pont 
sur  le  Danube  et  le  passera.  Il  s'établira  militairement  sur  les 
hauteurs  de  Hottliurn  et  enverra  des  reconnaissances  très  en 
avant,  sur  la  route  de  Pfaiïenhofen,  pour  connaître  la  marche 
des  Autrichiens. 

Le  général  Kellermann  partira  à  5  heures  du  matin,  se  diri- 
gera sur  Ingolstadt,  passera  le  Danube  et  s'établira  à  la  droite 
du  général  de  Wrède.  Il  enverra  des  partis  sur  la  route  de 
Schrobenhausen,  sur  la  rivière  de  Parr. 

Le  général  Drouet  partira  avec  sa  division  à  5  h.  1/2,  se  diri- 
gera sur  Ingolstadt,  en  suivant  la  grande  route,  passera  le 
Danube  et  s'établira  derrière  les  généraux  de  Wrède  et  Keller- 
mann. Il  enverra  des  partis  sur  Neustadt. 

Le  général  Rivaud  partira  à  5  heures,  suivra  la  grande  route 
et  ira  se  mettre  en  bataille  en  arrière,  un  peu  sur  la  gauche  de 
la  ville. 

M.  le  Maréchal  donnera  là  de  nouveaux  ordres. 

MM.  les  généraux  sont  prévenus  qu'ils  doivent  s'éclairer  beau- 
coup sur  leur  gauche  dans  cette  marche. 


Le  général  Éblé  au  colonel  Navelet 

Weissenburg,  le  16  vendémiaire  an  xrv  (8  octobre  1805). 

Vous  ne  m'avez  pas  envoyé.  Monsieur,  les  états  que  je  vous 
ai  demandés,  ainsi  qu'à  M.  Juvigny;  vous  me  dites  avoir  laissé 
m.  23 


354  CHAPITRE   II. 

7  \oiliires  à   Kin/iimn'ii  t»l  \oiis  in«»  laissez  iirnorer  de   «|iiell»* 
ospi'oo  olles  sont  cl  00  <)irolles  contiennent. 

l.e  convoi  romniandô  par  M.  IVrrin  s'est  réuni  A  vous  et  %oii«> 
ne  ni'i'ii  parle/  pas.  Vousdevoz  ronoo\oir  lenibarnis  «tan^»  lo«nif| 
celte  iiôirHirciicf  me  jette. 

Si  MHis  ne  poii\«'/.  obtenir  «les  ehe\an\  en  pa\aiit.  «'^vay: 
<ren\o\rr  un  «lelaelienu'iil  «rartilierie  a  che\al  <lan^  le  ei.n»t«*  il» 
Liehtenaii  apparlen.ini  au  pa\s  de  NurtMilieri;  et  fait»"*  fi»l»'\t»r 
«le  Inree  ton»*  ceux  ipie  >ous  pourrie/  aM»ir  jUMiu'a  la  i-«»neur- 
renée  du  nonihre  ipii  \ou>  est  nécessaire. 

Vu  Min\eu  de  Innlre  il»'  M.  le  Maréchal  «lonnr  au  eidniifl  ili» 
'\V'  rÔLiiinent.  \oUs  aurtv  ohteiiu  «les  siddals  en  nonihre  snfliviîil 
pour  reiuplaeer  h-s  pa\saus  désertés:  flans  le  cas  ei>nlraire.  enn- 
tinae/  d'entplo\er  des  canotiniers  rn  payant. 

Si.  parmi  le^  snldals  ilu  train,  il  s'en  lrou\e  ipii  siûpnt  «'n  i-Lil 
de  eotiduire  \  eht»\au\.  iU  rece\ri»nt  par  jour  Hl  simis  i-n  ^n*  lîe 
leur  sohle. 

Les  d«'u\  eniiMiis  ilf  MM.  jlurlaux  et  IVrrin  did^ent  !n'Tes%,iî. 
renuMit  \t>us  roiirnjr  un  i:iaiid  nonihre  de  elie\an\  et  je  p^-n*»* 
«|ue  CI'  siMil  semurs  pourra  \ous  siinire  pour  si»rtir  «In  pa** 
prussieti. 

he  W fissiiihur:;,  nmus  nhus  reluire/,  a  Kielist.idl  un  %on*tron- 
\ere/  de  nmixeaux  onjirs,  et.  s  il  m'est  pnssihie,  je  \iuis  enverrai, 
de  la,  des  «'lh'\au\  a  Weissmloiri:. 

V«Mis  aurez  d«'s  harnais;  lailfs.  vn  Cf»nscipiener.  irarnir  1** 
clirNaux  aiii\rNdf  ll.iîinMi*  1*1  raites-|i»s  atteler  aut.int  «pi^ 
possihh». 

•l'axais  (h-nianih-  a  M.  .hnii:n\  I  éhit  ih-s  ehe\aii\  hano\ri^n« 
|il<»prrs  a  indir  s«-i  \  ir»*  .    |r  in*  I  .ii   pas  iitu. 

pBl.t. 


Deuxiomti  biiltt^tin  dv  l<\  Grande  Arm^. 

l.iN  iNiii»  iinhts  ^,'    piisst'iit   \\\rv    la    plus    untiide    r.ipiditr- 
!.«    1  i.  Il  N*     'li'!'- i|imn|..ii  fil]  i.iips  ilarno-e  du  iiiareehal  >**\i\ï 
■  :i;-    I   ■■    '    .«■'!■    Il-    _«ii':.'l    \  ih-Linmii'.  a   t'urcr  i\v   iii.irrhr'.  r.' 
-i-'.'i    I'-'-    '  N    nihii..' Il -IU'  di-iiv  lo'ureN.  fst  arnxer  «  h  hriiri** 
-    .      ■  M  •;  .iiivvor  lli  «  t  ^  4  *>!  tiiipai«  t-  du   pont  <pir  dffi*ndail  \r 


8  OCTOBRE.  385 

r^frininnt  do  Coiloredo.  Il  >  a  eu  ({iielques  hommes  tués  et  des 
prisonniers. 

Ltf  15,  à  la  poinle  du  jour,  le  prince  Mural  est  arri%é  avec  ses 
dragons:  le  pont  a  été  à  l'heure  même  raecoiuniodé,  et  le  prince 
Murât.  a\ee  la  di\isi(»n  de  dragons  (|ue  commande  le  général 
Wallher,  s'rsl  porté  sur  le  Leeh,  a  fait  passer  le  colonel  Wattier 
a  la  tétc  de  21M)  dragons  du  4"  régiment  qui,  après  une  charge 
trcN  hrillanie,  s'est  ein|)aré  du  pcmt  du  Lech,et  a  eulhuté  rennemî 
«)ui  «lait  du  douhie  de  sa  Torce.  \a*  même  jour,  le  |>rince  Murât 
a  cniiclit*  a  Uaiii. 

Le  lu,  le  maréchal  SouH  est  parti  avec  les  deux  divisions 
Vandaniine  et  Legrand  poin'  se  porter  sur  xVugshurg,  dans  le 
nn'me  temps  que  le  général  Sainl-llilaire,  a\ec  sa  division,  s'y 
portait  par  la  risc  gauche. 

Le  lii,  a  la  p<»iiite  du  jour,  le  prince  Murât,  à  la  tète  des  divi- 
NiiiHN  de  ilragniis  des  généraux  Heaumont  et  Klein  et  de  la  divi- 
sion de  earahiniers  et  de  cuirassiers,  commandée  par  le  général 
NanMiulN,  s  est  mis  en  marche  pour  couper  la  roule  d'IJlni  à 
AugshurL:.  \rri\é  a  Wertingen,  il  aperçut  une  di\ision  ecmsidé- 
rahle  d  inraiiterie  ennemie,  appu\ée  par  i  escadrons  de  cui- 
ra^sifi-s  dWlhert.  Il  enveloppe  aussitôt  tout  ce  corps.  Le  maré- 
chal Lannes,  qui  marchait  derrière  ces  divisions  de  cavalerie, 
arri^«*  a\ee  la  di\ision  Oudinot,  et  après  un  engagement  de  deux 
heures,  drapeaux,  canons,  hagages,  ofiiciers  et  soldats,  tuute  la 
fli\isi4in  ennemie  est  |)riHe.  Il  >  avait  it  hataillons  de  grenadiers 
•pli  \enaienl  en  grande  hâte  du  T>rol  au  secours  de  Tannée  de 
Ua\i«'re.  i'.v  ne  sera  que  dans  la  Journée  de  demain  qu*on  cou- 
tiailra  tous  les  détails  de  cette  action  \raimenl  hrillante. 

Le  maréchal  Soult,  a\«'e  ses  divisions,  a  nianiTUvré  toute  la 
journée  du  {'\  et  du  Iti  sur  la  rive  gauche  du  Danube  |K)ur  inter- 
cefder  les  déhnuchés  d*Ulm  et  observer  le  cor|>s  d^armée  qui 
(laniit  encore  réuni  dans  cette  place. 

Li>  enrps  du  maréchal  Davnut  est  arrivé  seulement  le  îi\  à 
Neiil»uru'. 

!.••  corps  du  i:énéral  Marmt>nt  \  est  également  arri\é. 

Li'  corps  du  ^t'hi'ral  hcrnadotte  et  les  Kavarois  sont  arrivés 
\v  Kl  a  Lichst.idt. 

l'ar  les  r«*iiseit:neiiients  <pii  ont  été  pris,  il  parait  que  li  régi- 


356  CHAPITRE  II. 

ments  autrichiens  ont  quitté  Tltaiie  pour  renforcer  Tarmée  de 
Bavière. 

La  relation  officielle  de  ces  marches  et  de  ces  événements 
intéressera  le  public  et  fera  le  plus  grand  honneur  à  Farmée. 


Le  général  Andréossy  au  général  Rheinwald. 

NOrdlingen,  le  IC  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805), 
à  4  heures  du  matin. 

Monsieur  le  Général, 

Son  Excellence  le  ministre  de  la  guerre,  major  général,  désire 
que  vous  ne  laissiez  rien  passer,  ni  par  la  route  de  Schôrndorf, 
ni  par  celle  de  Gôppingen,  et  je  suis  chargé  de  vous  en  trans- 
mettre Tordre. 

Andr6ossy. 


Le  général  Andréossy  au  Général  commandant  les  troupes 
de  Wurtemberg. 

Donauwiirth,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Monsieur  le  Général, 

L'intention  de  Sa  Majesté  l'Empereur  est  que  vous  placiez  un 
bataillon  à  Ellw  angen  et  un  autre  à  Heilbronn,  le  but  principal  de 
la  destination  de  ces  deux  bataillons  est  d'escorter  les  prison- 
niers de  guerre  qui  seront  envoyés  sur  Spire,  en  suivant  cette 
direction. 

Je  vous  invite  à  ni'adresser  tous  les  jours  un  rapport  sur  les 
troupes  de  Son  Altesse  Sérénissime  Télecteur  de  Wurtemberg 
<|ui  doivent  servir  avec  la  Grande  Armée  et  à  me  donner  égale- 
ment toutes  les  nouvelles  tiue  vous  pourrez  avoir  de  la  position, 
des  desseins  et  des  mouvements  de  l'ennemi. 

Andréossy. 


8  OCTOBRE.  357 

Le  général  Andréossy  au  colonel  Lauer^ 
commandant  la  gendarmerie  attachée  au  quartier  général. 

Donauwftrth.  le  16  Tendémiairc  an  xiv  (8  octobre  1805). 

En  conséquence  des  dispositions  de  Sa  Majesté  et  des  ordres 
de  Son  Excellence  le  ministre  de  la  guerre,  major  général,  il  est 
ordonné  aux  deux  bataillons  wurtembergcois  qui  sont  arrivés 
à  Nôrdlingen  de  continuer  leur  route,  demain  17,  sur  Donau- 
wôrth,  où  ils  recevront  de  nouveaux  ordres  (1). 

Andréossy. 


Le  général  Andréossy  à  Son  Altesse  Sérénissime  Électorale 
le  prince  de  Bade. 

Donauwftrth,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

L'intention  de  Sa  Majesté  l'Empereur  serait  que  Votre  Altesse 
Sérénissime  voulût  bien  placer  un  bataillon  aux  confins  de  votre 
électorat,  sur  la  route  de  Ileilbronn  à  Brucbsal  et  un  autre 
bataillon  à  Eppingen  ;  le  but  de  la  destination  de  ces  deux 
bataillons  est  d'escorter  les  prisonniers  de  guerre  qui  seraient 
envoyés  sur  Spire  en  suivant  cette  destination. 

Andréossy. 


Le  général  Andréossy  à  l'adjudant-commandant  Petiet 

NOrdlingen,  le  16  vcnd(5iniaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

D'après  l'intention  de  Son  Excellence  le  major  général,  il  est 
ordonné  à  M.  l'adjudant-commandant  Petiet  de  rester  à  Nôrd- 
lingen  jusqu'à  nouvel  ordre,  pour  y  prendre  le  commandement 
des  dépôts  de  dragons  qui  y  sont.  Il  enverra  l'état  de  situation 
au  major  général  tous  les  deux  jours. 

Ci-joint  l'état  de  situation  actuel  de  ces  dépôts,  avec  les 
numéros  des  logements  des  officiers  qui  les  commandent. 

L'adjudant-commandant  Petiet  prendra  des  renseignements 


(!)  Ordre  à  M.  Potiot  d'assurer  leur  subsistance. 


388  CHAPITRB  II. 

sur  tout  ce  qui  pourrait  être  à  Nôrdiingen,  appartenant  au  corps 
du  maréchal  Soult,  et  donnera  des  ordres  pour  diriger  tout  sur 
Donauwôrth. 

Andbéossy. 


Le  gànénal  AntiréoMy  à  M.  Petiet,  acUudant-oommanriaflt. 

Donauwttrth,  le  16  Tendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Vous  voudrez  bien,  M.  Fadjudant-oommandant,  vous  rendra  au 
quartier  général  à  Donauwôrth,  aussitôt  que  vous  aurez  remis 
à  M.  le  général  Milet  le  commandement  des  dépôts  de  dragons 
qui  étaient  provisoirement  sous  vos  ordres. 

AlIDRiOSiT* 

Ordre  du  jour. 

Le  16  Tondémiaire  an  w  (8  octobre  ISOft). 

Tous  les  petits  dépôts  des  carabiniers  et  des  cuirassiers  seront 
placés  à  Harburg,  près  Donauwôrth,  et  seront  provisoirement 
sous  les  ordres  du  général  de  brigade  Verdière,  qui  résidera 
dans  ce  château. 

Tous  les  petits  dépôts  de  dragons  seront  placés  près  de  Nôrd- 
iingen, au  château  de  la  princesse  Wallenstein.  Ils  seront  sous 
les  ordres  du  général  Milet. 

Andréossy  (1). 

Le  général  Andréossy  à  M,  le  général  Verdiéres. 

Donauw(^rth,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 

Monsieur  le  Général, 

Je  vous  préviens  que,  d'après  l'intention  de  Sa  Majesté  et  les 
ordres  de  Son  Excellence  le  ministre  de  la  guerre,  major  général, 

(i)  Notiftcalion  à  Murât  en  lo  priant  de  diriger  les  dépôts  des  diffé- 
rents corps  sur  les  deux  points  indiqués.  I/intendant  général  est 
informé  de,  la  création  des  d(^pôts  de  Nôrdiingen  et  d'Harburg,  et  invité 
à  prendre  les  mesures  nécessaires  pour  leur  administration. 


8  OCTOBRE.  389 

tous  les  petits  dépôts  des  carabiniers  et  des  cuirassiers,  ceux 
des  chasseurs  et  hussards,  des  i«r^  2«,  3»,  4«,  5®  et  6«  corps  de 
Tarmée,  seront  établis  à  Harburg. 

Son  Excellence  le  major  général  a  décidé  que  vous  prendriez 
provisoirement  le  commandement  de  tous  ces  petits  dépôts 
réunis.  Vous  êtes  autorisé  à  les  placer  par  division  dans  les 
villages,  le  long  de  la  Wôrniz.  Vous  ferez  occuper  militairement 
le  château  d'Harburg  dans  lequel  vous  vous  établirez  de  votre 
personne.  Je  vous  prie  de  vouloir  l)ien  m'instruire  de  votre 
arrivée  dans  ce  château. 

Vous  voudrez  bien  rendre  compte  tous  les  deux  jours  à  l'état- 
major  général  de  la  situation  des  dépôts  qui  seront  sous  vos 
ordres  en  indiquant  le  gain  qifauront  produit  aux  corps  les 
soins  qui  auront  été  apportés  au  traitement  des  chevaux  éclopés. 

Je  vous  prie  de  m'accuser  réception  de  cette  lettre. 

Andréossy  (1). 


Le  général  Belliard  au  général  Milet 

Lo  16  vcndt'miairo  an  xiv  (8  octobre  1805). 

D'après  les  ^ordres  du  prince  Murât,  vous  partirez  de  suite 
pour  vous  rendre  à  Nôrdlingen  ;  vous  prendrez  le  commandement 
de  tous  les  dépôts  de  cavalerie,  dragons  et  chasseurs.  Vous 
donnerez  vos  soins  pour  que  les  chevaux  blessés  ou  malades 
soient  rétablis  le  plus  promptement  possible  et  vous  enverrea 
des  détachements  sur  Farmée  aussitôt  qu'il  sera  possible. 

Déjà  il  doit  y  avoir  beaucoup  de  chevaux  guéris.  Organiseï 
des  détachements  et  envoyez-les  joindre  leurs  régiments  respec- 
tifs ;  vous  les  dirigerez  sur  Douauwôrth,  où  ils  auront  de  nou- 
veaux ordres. 

Bblliard. 

garde  impériale. 

Donauw«rth,  le  16  vendémiaire  an  xrv  (8  octobre  1805). 

Tous  les   hommes   hors   d'état  de  servir,   appartenant  au]| 

(i)  Ordre  identique  pour  le  géïK^ral  M  il  et. 


360 


CHAPITRE  II. 


différents  corps  de  la  Garde,  seront  envoyés  demain  à  Nord- 
lingen  où  sera  établi  provisoirement  le  dépôt. 

Chaque  dépôt  sera  commandé  par  un  officier. 

La  cavalerie  fera  partir  demain  matin  tous  les  chevaux 
blessés.  Il  y  aura  à  Nôrdlingen  un  aide-artiste  vétérinaire  pour 
les  chasseurs  à  cheval,  les  grenadiers  à  cheval,  la  gendarmerie 
d'élite  et  Tartillerie. 

La  solde  des  hommes  envoyés  au  dépôt  sera  assurée 
jusqu'au  25. 

Les  différents  détachements  partiront  de  Donauwôrth  ensem- 
ble, Tofficier  le  plus  ancien  des  deux  armes  en  prendra  le 
commandement. 

Bbssièrbs. 


Ordre  de  bataille  de  /'armée  impériale  et  royale  en  Allemagne, 
le  8  octobre  1805. 


b-:b 


REGIMENTS 


BT  BATAILLONS. 


CORPS  DU  FELD-M\RÉCHAL-LIEUTENANT  WERNEK. 


Vogel. 

Chovau-légers 

3 

8 

Reuss,  grenadiers 

» 

ZînzcndorfT. 

Sporck 

Reuss-Greitz,  grenadiers. 

Sporck,  grenadiers 

Kaunitz,  grenadiers 

Jellachich,  grenadiers. . . . 

1 

1 

1 
1 
1 

O'Donncll. 

Kaunitz 

4 
3 

Jellachirh 

IlohonfoUl. 

Stuarl,  grenadiers 

Erbach 

1 
1 
1 
1 

Joscpli-Collorodo 

Archiduc- Louis 

Mayer. 

Auerspcrg 

1 
1 
1 
1 

Archiduc-Charles 

Kroon 

Reuss- Plauen 

Aucrsperg. 

Albert,  cuirassiers 

Totaux 

» 

8 

26 

16 

8  OCTOBRE. 


361 


MAJORS. 


REGIMENTS 

ET     BATAILLONS. 


AUX  ORDRES  DU  GÉNÉRAL-MAJOR  D*A8PRE. 


Schwarzenberg,  uhlans.. 

Rosenberg 

HobenzoUern 

Wurtemberg 

Ghastelcr,  chasseurs  (deux 
compagnies) 


Totaux . 


1/3 


3  1/3 


CORPS  DU   FELD-MARÉCHAL-LIBUTENANT  SCHWARZENBERG. 


g 

Liechtenstein. 

Schwarzenberg,  uhlans.. 
KlenaUy  chovau-légers. . . 
Chasteler,  chasseurs 

6 

6 

» 

a 
o 

5 

Frosnel. 

Frnhlich,  grenadiers 

Rainier,  grenadiers 

Kolowrath,  grenadiers.  . . 
Manfredini 

1 
1 
1 
1 
» 

» 

Mack,  cuirassiers 

8 

Sticker. 

Frfihlich 

4 
l 

» 

Archiduc-Rainicr 

» 

S 

Weidcnfeld 

Kolowrath 

4 
1 

i> 

« 

Manfredini 

» 

en 

f 

Speth. 

lîohonloho,  dragons 

Totaux 

» 

6 

ÎO  2/3 

2G 

CORPS   DU    FKLD-MAUÉCHAL-LIKUTENANT  COMTE   RIESCH. 

Ulm. 


Wober. 


Ghonedegg. 


Mccsc^ry . 


Riese 

4 
4 

Archiduc-Maxirailicn 

Stuart,  infanterie 

Reuss-Plaucn 

3 
3 

» 

Erbach 

3 

Blankenstein 

» 
» 

6 

Palatins 

8 

A  reporter 

17 

14 

368 


CHAPITRE  II. 


u 


GilfÉRAUX- 
MAJORS. 


RÂOIMENTS 


ET     BATAI  I.I.OICH. 


BATAILLONS. 


CORPS  DU  FELO-MARÉCHAL-lilBUTENANT  COMTB  RIESGH  (suHe). 


à 

o 

Auorsperg. 

II 

X 

Hermann. 

Auer. 

Report 

Archiduc-Looig 

17 

3 
4 

14 

» 

Proon 

Archiduc-Charles 

Auersperg 

1 

4 

» 

Hohenzollem . . 

» 

u 

6 

Archiduc-François 

8 

Nassau 

» 

6 

Totaux 

Zt 

34 

CORPS  DU  FELD-BiARÉGHAL-LIBTTTBNANT  JBLLACHICH. 


Rohan. 

Empereur,  infanterie.... 
Beaulieu 

4 
5 

» 

' 

Stain 

4 

1 

t» 

Richter. 

Hildburghauscn 

» 

Empereur,  grenadiers. . . 
Beaulieu 

1 
1 

1 
1 

D 

» 

Wolfskeol. 

Stain 

u 

Uildburghausen 

Rosenberg 

» 

8 

Totaux 

Zl 

8 

CORPS  DU  FELD-MARÉGHAL-LIEUTENANT  KIENMAYER. 


Caramolli. 

liorraine 

8 

Archiduc-Ferdinand 

8 

Deutschmcistor 

5 

Gyulay 

5 

Thelen. 

Joseph  CoUoredo 

Wurtemberg,  grenadiei-s. 
Uicso 

3 

1 
1 

Nostitz. 

Liechtenstein,  hussards.. 
Mecrweldt,  uhlans 

U 

Hapor. 

G<;mmingen 

4 

Hohonlohe 

» 

Totaux 

19 

31 


8  OCTOBRE. 


363 


B-1 


gAuéraux- 

MAJORS. 


REGIMENTS 


ET     BATAILL0!t8. 


Maximilicn  (à  Munich) 
Nassau 

Totaux  .... 

De  Brood , 

De  Peterwardein . . . . , 
Du  banat  allemand. . . 

1"  valaquo 

2*  valaquc 

Total 

RÉCAPITULATION. 

Wernck , 

D'Aspre , 

Schwarzenberg , 

Riesch 

Totaux 

Kienmayer 

Totaux  .... 

Jellachich 

Totaux  .... 


BATAII.L0W8. 

ESCADRONS. 

1 

» 

» 

t 

1 

2 

'A 

» 

:\ 

M 

t 

„ 

t 

» 

2 

M 

12 

» 

26 

3  1/3 
20  2/3 
32 


82 


19 


101 
21 


122 


16 

6 

26 

31 


82 


31 


116 
8 


124 


[A.  V.) 


CHAPITRE    III 
9  octobre. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Ney. 

Donauworth,  1^  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805),  à  minuit. 

V^ous  avez  entendu  la  canonnade  qui  a  eu  lieu  dans  la  journée 
du  16  :  ce  sont  11  bataillons  de  grenadiers  autrichiens  venant  de 
Botzen  dans  le  Tyrol  et  que  le  prince  Murât  a  enveloppés  avec 
sa  cavalerie,  et  que  le  maréchal  Lannes,  avec  les  grenadiers 
formant  sa  première  division,  a  attaqués  et  faits  prisonniers, 
avec  canons  et  drapeaux. 

Le  maréchal  Soult  s'est  porté  sur  Augsburg  ;  il  est  donc 
essentiel  que  vous  arriviez  promptement  à  Gùnzburg,  afin 
d'intercepter  tous  les  mouvements  de  Tennemi  d'Ulm  sur  Augs*- 
burg  et  d'Ulm  sur  Donauworth  ;  soyez  très  attentif,  si  Tennemi 
manœuvre  sur  la  rive  droite,  à  vous  porter  rapidement  et  paral- 
lèlement à  lui.  Jetez  la  division  Gazan  sur  la  rive  droite  ;  enfin, 
ne  perdez  pas  de  vue  que  par  les  projets  de  TEmpereur,  qui 
sont  de  cerner  Tennemi  et  de  lui  ôter  sa  retraite,  il  se  trouve 
obligé  de  dissimuler  un  peu  ses  forces,  et  qu'il  a  besoin  de  toute 
la  confiance  qu'il  a  dans  ses  généraux  et  de  toute  leur  activité, 
pour  ne  pas  rester  oisif  quand  il  faudra  agir. 

En  un  mot,  Monsieur  le  Maréchal,  vous  êtes  chargé  d'observer 
le  corps  d'Ulm  :  s'il  marche  sur  Donauworth,  vous  devez  le 
suivre  ;  s'il  marche  sur  Augsburg,  vous  devez  également  le 
suivre,  en  vous  tenant  toujours  sur  sa  gauche,  c'est-à-dire  entre 
lui  et  Donauworth,  et  vous  devez  toujours  avoir  une  de  vos 


366  CHAPITRE  III. 

divisions  une  demi-marche  en  arrière  pour  faire  votre  avant- 
garde  et  pour  vous  trouver  toujours  entre  Tennemi  et  Donau- 
wôrth,  si  jamais  il  se  dirige  sur  cette  ville,  où  s'il  y  envoie  de 
forts  partis. 

Maréchal  Berthibb. 


Dispositions  de  marche  pour  le  6^  corps  du  17  vendémiaire  an  XIV, 

La  cavalerie  légère,  aux  ordres  du  général  Tilly,  suivra  le 
mouvement  de  la  1'®  division. 

La  f®  division  ira  prendre  position  sur  les  hauteurs  en  arrière 
d'Albeck,  ayant  la  Slotzbach  sur  son  front  ;  elle  liera  sa  gauche 
avec  la  droite  de  la  :2o  division  établie  à  Langenau.  Le  général 
Dupont  poussera  son  avant-^arde  le  plus  près  possible  d'Ulm  et 
établira  un  poste  à  Thallingen,  un  autre  à  Haslach. 

La  2«  division  partira  de  sa  position  d^  Burberg  pour  en 
prendre  une  nouvelle  sur  les  hauteurs  en  arrière  de  Langenau, 
ayant  TAch  et  la  Slotzbacli  sur  son  front.  Elle  communiquera 
par  la  droite  avec  la  i^^  division  établie  à  Albeck.  Le  général 
Loison  tachera  de  s'emparer  du  pont  du  Danube  établi  à 
Elchingen,  ainsi  que  du  pont  de  ThaHingen. 

La  3*^  division  portera  sur-le-champ  les  troupes  d'infanterie 
qui  se  trouvent  à  Dillingen  et  GundeUingen,  dans  les  positions 
qui  sont  sur  la  rive  gauche  du  Danube,  vis-à-vis  de  Gûnzburg 
et  de  Ueisensburg,  en  suivant  la  chaussée  de  Gundelfingen  à 
Lauingcn.  Le  général  Malher  laissera  deux  postes  de  25  hommes 
d'infanterie  pour  la  garde  des  ponts  de  Dillingen  et  de  Lauingen  ; 
le  reste  de  la  division,  établi  près  de  Brenz  se  dirigera  également 
sur  Gûnzburg  par  Hachingen  et  Riedhausen  à  travers  l6s  marais 
qui  maintenant  sont  praticables. 

Si  Fartillerie  éprouvait  trop  de  difficultés  pour  passer  sur 
cette  route,  elle  prendrait  la  chaussée  au-dessus  de  Gundel- 
fingen et  suivrait  le  mouvement  du  général  Labassée.  Le  général 
Malher  fera  toujours  occuper  Stotzingen  par  le  l®""  bataillon  du 
21^  de  ligne  auquel  il  attachera  îà5  hommes  de  cavalerie  ;  il 
chercbora  enfin  à  s'emparer  du  pont  de  Leipheim. 

La  division  du  général  Gazan  ira  bivouaquer  à  la  gaucho  de 
Gundelfingen  ;  cette  division  relèvera  tous  les  postes  fournis  par 


9  OCTOBRE.  367 

celle  du  général  Malher  pour  la  garde  des  ponts  de  Dillingen  et 
Lauingen.  Elle  placera,  de  plus,  A  compagnies  de  grenadiers  à 
Medlingen,  pour  la  garde  du  quartier  général  et  du  parc.  Le 
général  Gazan  fera  rejoindre  les  troupes  (|u'il  relèvera  à  leurs 
divisions  respectives. 

La  division  de  dragons  du  général  Bourcier  viendra  s'établir 
à  Nerenstetten  et  préviendra  de  son  arrivée  les  généraux  Dupont 
et  Loison. 

Les  dragons  à  pied  continueront  à  rester  à  Herbrechtingen, 
gardant  les  deux  grandes  routes  qui. conduisent  à  Ulm,  Tune 
par  Hausen,  Tautre  par  Dettingen.  Il  est  surtout  important  de 
garder  fortement  les  hauteurs  sur  la  rive  droite  de  la  Brenz  près 
Anhausen,  alln  que  dans  aucun  cas  la  communication  d'Hei- 
denheim  ne  soit  interrompue. 

Les  généraux  Dupont,  Loison  et  Malher  laisseront  leurs 
bagages  en  arrière  jusqu'à  ce  que  le  mouvement  de  l'ennemi 
soit  prononcé. 

Tous  ces  mouvements  seront  exécutés  par  les  divisions 
aussitôt  après  la  réception  du  présent  ordre. 

L'armée  est  prévenue  que  Son  Altesse  le  prince  Murât  et 
M.  le  maréchal  Lannes  ont  enveloppé,  près  de  Wertingen,  sur  la 
rive  droite  du  Danube,  un  corps  de  11  bataillons  de  grenadiers 
autrichiens  qui  ont  été  forcés  de  mettre  bas  les  armes. 

Ney. 

Le  quartier  général  et  le  parc  de  rései-ve  resteront  à  Medlingen. 

{A.  M.) 


Ordre  supplémentaire  donné  au  général  Malher. 

Le  17  vendémiaire  an  xîv(9  octobre  1805). 

Mon  cher  Général, 

Je  vous  préviens  ({ue  je  viens  d'envoyer  le  colonel  du  génie 
Gazais  auprès  de  vous  avec  une  compagnie  d'ouvriers  et  les 
moyens  qu'il  a  à  sa  disposition  pour  construire  un  pont  sur  le 
Danube  sous  Giinzhurg. 

Comme  il  parait,  d'après  les  renseignements  que  j'ai  reçus, 


368  CHAPITRE  m. 

que  Tennemi  commence  à  évacuer  la  rive  gauche  du  Danube, 
je  désirerais  que  vous  pussiez  arriver  promptement  à  la  position 
qui  vous  est  assignée,  afin  de  vous  établir  sur  la  rive  droite  de 
ce  fleuve.  Le  pont  de  passage  qui  parait  préférable  est  celui  de 
Reisensburg.  Vous  verrez  sur  les  lieux  à  déterminer  celui  qui 
présenterait  le  plus  de  célérité  ;  les  renseignements  que  j'ai 
reçus  me  font  présumer  que  le  gué  «jui  existait  jadis  entre  Tile, 
par  où  passe  la  grande  route  et  le  pont  de  Reisensburg,  existe 
encore  ;  il  faudra  le  faire  sonder. 

En  un  mot,  mon  cher  (iénéral,  Tétat  actuel  des  deux  ponts, 
celui  des  moyens  que  le  colonel  Gazais  peut  employer  à  leur 
réparation  et  celui  du  gué  susmentionné,  doivent  vous  déter- 
miner sur  le  choix  des  moyens  (|ue  vous  aurez  à  prendre  pour 
étal)lir  la  moitié  de  votre  division  sur  la  rive  droite. 

Si  vous  vous  déterminez  au  pont  de  Reisensburg,  vous  y  ferez 
faire  de  suite,  après  le  passage,  des  abatis  considérables  et  un 
retranchement  pour  couvrir  le  pont. 

Vous  pousserez  ensuite  des  postes  sur  la  direction  d'Ulm,  par 
Leipheim,  et  vous  ferez  les  dispositions  nécessaires  pour  le  réta- 
blissement et  la  garde  du  pont  ({ui  se  trouve  dans  ce  dernier 
endroit. 

Enfin,  mon  cher  Général,  vous  établirez  des  petits  postes,  en 
avant  des  quatre  routes  qui  aboutissent  à  Gùnzburg,  et  vous  me 
rendrez  compte  en  arrivant  sur  le  Danube  de  Tétat  des  choses, 
et  des  mesures  que  vous  prendrez  pour  l'exécution  du  présent 
ordre,  et  pour  couper  toute  retraite  à  Teunemi  s'il  Teffectuait 
sur  ce  point.  Votre  artillerie  restera  sur  la  rive  gauche. 

(.1.  :)/.)  Nev. 


Le  général  Loison  au  maréchal  Ney. 

Le  is  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Je  suis  parti  de  mon  bivouac  de  Burberg  pour  me  rendre  à 
Langenau  où  j'ai  pris  position,  la  droite  appuyée  à  ce  bourg  et 
la  gauche  se  prolongeant  vers  Albeck.  Je  n'ai  placé  que  la 
brigade  Hoguet  dans  cette  position  et  pour  exécuter  vos  ordres 


9  OCTOBRE.  369 

3e  me  suis  porté  avec  la  brigade  Villatte  à  Elchingen,  afin  de 
me  rendre  maître  du  pont  de  ce  nom,  ce  qui  a  eu  lieu. 

Les  postes  avancés  ennemis  fur/ent  enlevés  par  les  hussards 
du  3«  régiment  détachés  à  ma  division  et  le  pont  par  les  éclai- 
reurs  et  carabiniers  du  6^  régiment  ;  une  pièce  de  canon  fut 
prise  par  le  sergent-major  de  la  compagnie  Oudin  et  par  le 
sieur  Puissant,  sergent  de  la  même  compagnie  ;  le  sergent- 
major  est  grièvement  blessé.  Je  ne  peux  que  me  louer  de  la 
conduite  des  capitaines  Oudin,  Preux,  des  deux  capitaines  des 
carabiniers,  et  du  capitaine  commandant  le  3®  escadron  de 
hussards,  officier  de  la  Légion  d'honneur.  Je  vous  prie,  Mon- 
sieur le  Maréchal,  d'obtenir  une  récompense  pour  le  sieur  Puis- 
sant et  Faigle  de  la  Légion  d'honneur  pour  M.  Oudin  et  son 
sergent-major  grièvement  blessé.  Je  ne  puis  encore  vous  donner 
le  nombre  des  prisonniers  ;  parmi  eux  se  trouvent  un  officier  et 
l'épée  d'un  autre  qui  s'est  échappé.  Le  pont  était  défendu  par 
600  hommes  du  régiment  de  Sporck  et  une  pièce  de  canon. 
J'ai  fait  prendre  position  à  la  brigade  Villatte  sur  les  hauteurs 
de  MofTen  à  Elchingen,  faisant  face  au  pont  et  se  liant  avec  les 
postes  de  la  division  Dupont  et  ceux  de  la  brigade  Roguet.  Un 
bataillon  et  une  pièce  de  canon  gardent  le  pont  et  les  routes  qui 
conduisent  à  Thalfingen  et  à  Leipheini. 

J'attendrai  vos  ordres  à  Elchingen. 

J'ai  l'honneur  de  vous  saluer  avec  la  considération  la  plus 
distinguée. 

LOISON, 

à  rinstitut  anglais,   n*  140 

(près  la  porte  (la  Danube). 

En  faire  le  rapport  au  Ministre  de  la  guerre,  dire  que  c'est  la 
suite  de  l'opération  que  j'avais  combinée  pour  faire  replier  tous 
les  postes  autrichiens  qui  se  trouvaient  sur  la  rive  gauche  du 
Danube. 

Quant  à  la  demande  de  la  récompense,  écrire  au  général 
Loison  de  m'envoyer  un  état  nominatif  de  tous  les  militaires, 
officiers,  sous-officiers  et  soldats  qui  ont  mérité  de  fixer  son 
attention  dans  l'attaque  du  pont  d' Elchingen  pour  le  joindre  à 
celui  de  la  3»  division  que  j'adresserai  à  Sa  Majesté. 

{Note  du  maréchal  Ney), 

m.  .    24 


370  GHAPITRB  III. 

Le  général  Loison  au  maréchal  Ney. 

Au  quartier  Kénâral.deyant  Ulm,  le  30  Ttndémiaire  an  xiv 
(22  oetobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'ai  riionneur  de  vous  envoyer  ci-joint  l'extrait  de  mon  rap- 
port du  18  vendémiaire  sur  la  prise  du  pont  d*Elchingen,  ainsi 
que  Tétat  nominatif  des  braves  qui  se  sont  distingués  et  qui 
méritent  la  décoration  de  la  Légion  d'honneur  ou  de  Tavance- 
ment. 

J'ai  omis,  dans  mon  rapport  de  l'affaire  du  i22,  la  prise  d'un 
général-major  et  d'une  pièce  de  canon,  ce  qui  en  porte  le  nombre 
à  cinq  ;  je  vous  ai  rendu  compte  verbalement  de  la  conduite  des 
officiers  de  mon  état-major  dans  cette  journée  ;  je  ne  puis  trop 
vous  rappeler  coml)ien  a  été  brillante  celle  de  M.  Hamelinaye, 
adjudant-commandant,  mon  chef  d'état-major;  vous  avez  été  à 
même  de  le  juger,  ayant  été  constamment  à  vos  cdtés.  Je  vous 
prie  de  solliciter  pour  cet  estimable  officier  Tavancement  qu'il 
mérite  à  si  juste  titre. 

J'ai  l'honneur  d'être.  Monsieur  le  Maréchal,  votre  très  humble 
et  très  obéissant  seiTitcur. 

(i4.  M.)  LoisoN. 

Extrait  du  rapport  de  la  prise  du  pont  d'Elchingen  dans  la  nuit 
du  i7  au  i  8  vendémiaire^  fait  à  Af.  le  Maréchal  le  i  8  ven- 
démiaire. 

Les  r»«  et  ()9e  régiments  et  le  «J«  escadron  du  3«  régiment  de 
hussards  ont  été  dirigés  sur  Ober-Ëlchingen  pour  enlever  le  pont 
que  l'ennemi  gardait  sur  ce  point  et  qui  se  trouvait  défendu  par 
un  bataillon  du  régiment  de  Sporck  et  une  pièce  de  canon. 

L'escadron  de  hussards,  commandé  par  le  brave  capitaine 
Schœny,  est  arrivé  le  premier  sur  les  avant-postes  autrichiens, 
les  a  enlevés  et  a  fait  51  prisonniers,  dont  un  ofQcier. 

Cette  cavalerie,  n'écoutant  que  sa  valeur,  s'est  portée  sur  le 
pont,  avec  la  plus  grande  audace,  mais  quelques  planches  enle- 
vées l'ont  empécliée  de  franchir  le  pont  et  l'ont  forcée  d'attendre 
l'infanterie. 

Alors  les  carabiniers  et  voltigeurs  du  6®  régiment  d'infanterie 


9  OCTOBRE.  371 

légère  sont  arrivés,  ont  passé  le  pont  à  la  baïonnette,  ont  enlevé 
la  pièce  de  canon,  tué  plusieurs  canonnière  et  mis  Tennemi  en 
fuite.  Le  sieur  Stener,  sergent-major  des  voltigeurs,  blessé  d'un 
coup  de  feu  au  bras  droit,  n'a  pas  voulu  se  retirer  et  a  persisté 
à  donner  à  sa  compagnie  Texemple  du  courage  et  du  dévouement. 

Les  nommés  Thiébault,  caporal,  et  Gauclair,  voltigeur,  et 
Puissant,  sergent,  se  sont  portés  sur  la  pièce  avec  intrépidité  et 
ce  sont  ces  trois  braves  qui  ont  pris  la  pièce  de  canon. 

Les  officiers  de  ces  quatre  compagnies  les  ont  dirigées  avec 
le  plus  grand  courage  et  la  plus  grande  intrépidité. 

Le  général  de  division,  gouverneur, 
{A.  M.)  LoisoN. 

L'adjudant'Com mandant  Deatabenrath  au  général  M.  Duma$. 

Ulm,  le  t  brumaire  an  xiv  (24  octobre  1805). 

Mon  Général, 

J'ai  eu  Fhonneur  de  vous  remettre  moi-même,  devant  cette 
place,  les  détails  de  Taffaire  de  Gùnzburg.  Je  vous  transmets 
aujourd'hui  ceux  de  la  première  prise  du  pont  dTlchlngen  par 
la  2«  division,  qui  s'est  si  vaillamment  montrée  sous  .les  ordres 
de  M.  le  maréchal  Ney  dans  la  journée  où  ce  pont  fut  enlevé  aux 
Autrichiens  pour  la  deuxième  fois.  Vous  recevrez  incessamment, 
mon  Général,  les  détails  de  cette  bataille  d'Elchingen  qui  ne 
peut  être  confondue  avec  la  petite  affaire  dont  je  vous  rends 
compte. 

Le  IG  vendémiaire,  la  2«  division  avait  quitté  sa  position  en 
arrière  de  Hôchstâdt  ;  elle  s'était  portée  sur  Burberg  et  y  avait 
pris  position,  ayant  le  Lonthal  sur  son  firent. 

Le  17,  cette  division  partit  de. Burberg  pour  se  diriger  vers 
Ulm;  elle  a  pris  position  sur  les  hauteurs,  en  arrière  de  Lan- 
genau.  (On  doit  remarquer  ici  que  le  chemin  qui  conduit  de 
Burberg  à  Stetten  est  très  étroit  et  très  encaissé;  il  ne  serait 
pas  praticable  pour  les  voitures  dans  la  mauvaise  saison). 

La  i^*  brigade,  commandée  par  le  général  Villatte,  s'est 
portée  sur  Ober-Elchingen  pour  enlever  le  pont  que  l'ennemi 
gardait  sur  ce  point;  elle  était  précédée  de  deux  pièces  de  8  et 
de  l'escadron  du  3«  de  hussards  qui  éclairait  la  marche* 


SVl  CHAPITRE  III. 

La  colonne  étant  arrivée  au  village  d'Unter-Elchingen,  le 
général  Loison  a  pris  les  dispositions  suivantes  : 

Le  39»  régiment  a  été  placé  en  réserve  sur  les  hauteurs  à 
gauche  de  Kloster-Elchingen. 

Le  G»  régiment  a  marché  en  colonne  sur  le  village  d*Ober- 
Ëlchingen  pour  gagner  la  chaussée  qui  conduit  au  pont  du 
Danube.  Les  deux  compagnies  de  voltigeurs  et  celles  de  carabi- 
niers ont  flanqué  la  gauche  du  régiment  et  ont  côtoyé  les  bois 
et  les  marais  qui  bordent  le  fleuve. 

L'escadron  de  hussards  s'est  dirigé  sur  un  poste  avancé  qu'il 
a  enlevé  sans  résistance,  et  se  portant  ensuite  droit  au  pont,  il  a 
pris  de  même  un  officier  et  quelques  hommes  qui  se  trouvaient 
sur  la  rive  gauche.  Le  pont  était  défendu  par  un  bataillon  du 
régiment  de  Sporck,  fort  de  COO  hommes,  et  par  une  pièce  de 
canon. 

Cette  troupe  a  été  efl'rayée  de  Tattaque  impétueuse  des  hus- 
sards, conduits  par  le  capitaine  Schonier  ;  mais  quelques  planches 
du  pont  ayant  été  retirées,  ce  brave  officier  a  été  obligé  de  rétro- 
grader pour  attendre  Tinfanterie  et  il  a  essuyé  alors  un  feu  très 
vif  de  mous({ueterie  et  de  mitraille  qui,  heureusement,  n'a 
blessé  personne. 

Les  voltigeurs  et  les  carabiniers  sont  ai-rivés  et  ont  marché 
au  pas  de  charge  sur  le  pont,  dont  ils  se  sont  emparés,  malgré 
le  feu  de  Tennemi  qui  s'est  vu  obligé  de  prendre  la  fuite  et 
d'abandonner  son  canon. 

Le  résultat  de  cette  affaire  est  la  prise  du  pont  d'Elchingen, 
ordonnée  par  M.  le  maréchal  Ney,  et  celle  de  57  Autrichiens, 
dont  un  officier  et  d'une  pièce  de  canon. 

L'ennemi  a  eu  10  à  12  hommes  tués;  notre  perte  a  été  de 
2  hommes  tués  et  2  blessés,  dont  l'un  est  le  sous-lieutenant 
Chartier. 

Agréez Dbstabknrath. 

P,-S.  —  Diverses  missions  dont  vous  m'avez  chargé  m'ont 
occasionné  quelques  dépenses.  Je  vous  prie,  mon  Général,  de 
me  mander  comment  je  dois  m'y  prendre  pouir  en  être  rem- 
boursé. 


9  OCTOBRE.  373 


Le  général  Malher  au  maréchal  Ney. 

Ad  quartier  général,  à  Brenz,  le  17  vendémiaire  an  xiv 
(9  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Je  n'ai  pu,  grâce  à  la  belle  marche  du  grand  parc,  et  surtout 
à  sa  célérité  à  parquer,  arriver  à  ma  position  avant  2  heures  : 
j'ai  laissé  le  général  Labassée  à  Gundelfingen,  qui  éclairera  les 
deux  chemins  qui  sont  en  avant  et  communiquent  sur  Bochin- 
gen,  avec  un  fort  poste  que  j'y  ai  établi.  Steinheim  est  occupé 
par  quatre  compagnies  de  mon  avant-garde,  mes  trois  compa- 
gnies de  voltigeurs  et  mes  50  chevaux  sont  à  Stotzingen.  C'est 
de  ce  point  qu'est  partie  la  reconnaissance  que  vous  m'avez 
chargé  de  pousser  sur  Giinzburg  ;  le  capitaine  Saint-Léger,  qui 
la  commande,  me  fait  prévenir  que  l'ennemi  occupait  hier  et  en 
force  Stotzingen,  qu'il  en  a  tout  enlevé  et  s'est  retiré.  En  ce 
moment,  l'ennemi  l'empêche  de  se  porter  sur  Gûnzburg,  ils 
tiraillent.  Malgré  la  supériorité  de  l'ennemi,  Saint-Léger  me 
rend  compte  que  le  voyant  se  reployer  doucement,  il  ne  marche 
lui-même  qu'avec  beaucoup  de  précaution,  craignant  qu'on  ne 
veuille  l'attirer  dans  une  embuscade. 

Je  monte  à  cheval  et  vais  m'y  porter,  je  courrai  moi-même 
vous  rendre  un  compte  précis  de  cette  reconnaissance. 

Agréez,  Monsieur  le  Maréchal,  l'assurance  de  mon  respect  et 
de  mon  attachement. 

Maliier. 

Le  général  Labassée  me  rend  compte  qu'il  s'est  emparé  de  la 
barque  au  moyen  de  laquelle  12  cavaliers  ennemis  ont  passé 
hier  le  Danube  et  se  sont  portés  sur  Gundelfingen  ;  du  reste,  ses 
postes,  parfaitement  établis,  n'ont  rien  vu  ni  entendu. 

{A.  M.) 


374  CHAPITRE  III. 

Le  général  Malher  au  maréoh&l  Mey. 

Aa  quartier  général  de  Oûnzburg,  le  18  yendémiaire  an  xr? 
(10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

En  conséquence  des  ordres  que  vous  m'avez  donnés,  je  suis 
parti  hier,  à  9  heures,  des  cantonnements  occupés  par  ma  divi- 
sion et  ai  marché  sur  trois  colonnes  pour  m*etnparer  des  trois 
ponts  existants  sur  le  Danube,  Tun  à  Leipheim,  Tautre  sur 
Gùnzburg  et  le  troisième  sur  Reisensburg.  J'ai  dirigé  mon 
avant-garde,  rassemblée  à  Stotzingen  et  commandée  par  le 
colonel  Lefol,  mon  chef  d'état-major,  sur  le  premier;  le  général 
Laba'ssée,  à  la  tète  du  ^9^  régiment  et  partant  de  Gundelflngen, 
s'est  porté  sur  celui  de  Reisensburg  ;  le  général  Mareognet,  à  la 
tète  de  sa  brigade  et  du  50^  régiment,  s'est  dirigé  sur  Gùnz- 
burg; je  suis  resté  à  la  tète  de  cette  colonne.  Vers  les  3  heures, 
nous  nous  sommes  trouvés  tous  trois  à  la  même  hauteur  et  en 
mesure  d'attaquer,  si  le  colonel  Lefol  avait  pu  vaincre  les  diffi- 
cultés que  lui  opposait  le  marais  qu'il  devait  traverser  ;  mais  son 
intrépidité  et  son  intelligence  se  sont  malheureusement  irouYées 
en  défaut,  et  après  avoir  perdu  son  cheval  et  risqué  devoir  périr 
plusieurs  hommes  de  sa  colonne,  il  a  pris  le  parti  de  se  retirer 
sur  Riedhausen,  d'où  il  est  venu  me  rejoindre  dans  la  nuit(i). 

Le  général  Marcognet  étant  arrivé  au  débouché  du  bois,  en 
face  du  pont  sur  Gùnzburg,  porta  avec  tant  de  rapidité  (2)  son 

(1)  «  A  uiio  petite  distance,  de  notre  point  de  départ,  nous  aperçûmes 
l'ennorai;  le  général  rangea  son  corps  d'armée  dans  la  plaine,  et  nous 
nous  avançAmes  en  ordre  de  bataille.  L'ennemi  ne  jugeant  point  à 
propos  de  se  mesurer  contre  des  forces  aussi  supérieures,  il  n'y  eut  pas 
une  amorce  de  brûlée,  et  il  délogea  de  Gundeliingen.  Si  nous  eussions 
eu  seulement  90  hommes  de  cavalorie  légère  pour  éclaireir  nos  tirail- 
leurs, dans  moins  d'une  demi-heure  nous  eussions  pu  faire  fouiller  le 
village,  déloger  l'ennemi  et  éviter  une  perte  de  temps  de  près  de  deux 
heures.  Sur  ces  entrefaites,  le  maréchal  arriva,  donna  quelques  ordres 
au  général  Malher  et  partit  ».  (Mémorial  de  Lafarelle.  Carnet  de  la 
Sahretacfie,  1902.) 

(2)  L'armée  se  mit  en  colonne  et  s'avança  par  un  chemin  creux  qui  se 
trouvait  flancjué  par  des  prairies  extrêmement  marécageuses.  Les  soldats 
prirent  la  lisière  de  la  prairie,  et  nous,  nous  cheminâmes  dans  ce  che- 


9  OCTOBRE.  376 

avant-garde  et  ses  édaireurs  en  avant,  qu'à  peine  avait-elle  fait 
feu  qu'elle 'fit  prisonniers  200  Tyroliens,  parmi  lesquels  23  offi- 
ciers, s'empara  de  deux  pièces  d'artillerie  et  d'un  général-major, 
le  baron  d'Aspre,  pris  particulièrement  par  les  éclaireurs  du 
50«  régiment. 

Aussitôt,  le  'ÈD^  régiment,  traversant  au  pas  de  charge  le  gué 
du  premier  bras  du  Danube,  s'empara  de  l'île,  se  portant  sur  le 
pont  du  grand  bras,  et  trouva  une  travée  entièrement  coupée, 
ce  qui,  sans  ralentir  son  ardeur,  l'exposa  à  un  feu  d'artillerie 
et  de  mousqueterie  des  plus  terribles  ;  l'espoir  que  nous  avions 
de  pouvoir  raccommoder  le  pont  me  détermina  à  faire  soutenir 
le  25*  régiment  par  le  27»  et  placer  en  réserve  derrière  le  pont  le 
50®  régiment  (1). 


min  où  nos  chevaux  avaient  de  l'eau  jusqu'au  ventre,  ot  souvent 
s'enfonçaient  dans  la  vase  fort  avant.  Je  ne  saurais  exprimer  tout  ce  que 
j'eus  à  souffrir  durant  cette  route  (jui  dura  près  d'une  lieue.  En  sortant 
de  ce  chemin,  nous  entrâmes  dans  un  bois  qui  nous  conduisit  en  vue  de 
Gùnzburg.  On  n'avait  fait  aucune  reconnaissance  des  lieux,  mais  le 
Français  ne  doute  jamais  de  rien,  et,  comme  si  nous  avions  la  certitude 
que  le  pont  qui  se  trouvait  sur  le  Danube  n'eilt  pas  été  coupé,  les  tam- 
bours battent  la  charge  et  toutes  les  troupes  s'empressent  d'aller  de 
l'avant.  Nous  voilà  sur  un  terniin  entièrement  découvert  et  en  face  du 
premier  pont  qui  est  jeté  sur  le  premier  bras  du  Danube  et  qui  commu- 
nique à  Tile  qui  se  trouve  sitU(V  en  face  de  (tiinzburg.  (Lafarelle.) 

(1)  Mais  Tartillerie  do  rf^nnemi  commence  à  jouer,  et  il  nous  fusille 
vigoureusement.  On  s'avance  vers  le  pont,  mais  on  reconnaît  que  les 
madriers  ont  M(S  enlevés.  Nous  faisons  avancer  quelques-unes  de  nos 
voitures  do  matériaux  pour  le  faire  réparer.  Quatre  de  nos  pièces  de 
campagne  sont  mises  aussitôt  en  batterie  pour  riposter  au  feu  de  celles 
de  l'ennemi  ;  mais  que  pouvaient-elles  contre  vingt? 

Pendant  ce  temps,  le  27*  régiment,  excité  par  la  charge  que  l'on 
continuait  à  battre,  passe  au  gué  le  premier  bras  du  Danube,  s'enfon- 
çant  dans  Teau  et  dans  la  vase  jusqu'à  la  ceinture. 

Le  colonel  Gazais  est  blessé  d'une  balle  morte  qui  l'atteint  au  cou- 
de-pied. Je  m'assure  que  sa  blessure  n'est  point  dangereuse  et  je  vais  au 
feu  ;  un  moment  après,  mon  pauvre  camarade  Boudhors  reçoit  une  balle 
morte  au  bnis.  La  douleur  qu'il  en  ressentit  fut  très  vivBé 

Nous  nous  décidâmes  aussitôt  à  passer  dans  l'île  en  gueyant  comme 
avait  fait  la  troupe  et  à  nous  assurer  de  l'état  du  serx)nd  pont  et  des 
moyens  do  lo  réparer.  (Lafarelle.) 


376  CHAPITRE  m. 

Ayant  enfin  pu  reconnaître  Timpossibilité  de  raccommoder  le 
grand  pont,  je  pris  le  parti  de  retirer  mes  troupes  et  de  me  con- 
tenter de  garder  la  lisière  du  bois.  Ces  divers  mouvements,  faits 
sous  le  feu  de  plus  de  20  pièces  d'artillerie  placées  avec  avan- 
tage, m\ont  fait  éprouver  une  perte  assez  considérable,  mais 
tout  en  ayant  à  regretter  la  perte  de  quelques  braves  (i),  cette 
action  a  donné  la  mesure  de  ce  que  Sa  Majesté  a  lieu  d'attendre 
de  son  armée  ;  chaque  corps  a  déployé  une  bravoure  et  une  fer- 
meté au  delà  de  tout  éloge  ;  nos  jeunes  militaires  n'ont  pu  être 
distingués  dans  les  rangs,  et,  à  la  vivacité  de  notre  feu,  l'ennemi, 
d'après  les  rapports  des  prisonniers,  nous  a  cru  toute  Farmée  ; 
il  nous  a  sans  doute  fait  cet  honneur,  parce  que  lui-même  y 
avait  réuni  la  plus  grande  partie  de  la  sienne. 


(1)  Arrivé  dans  Tilc  qui  devenait  le  point  de  mire  de  la  fusillade  de 
l'ennemi  et  du  feu  de  son  artillerie,  nous  ne  pouvions  pas  faire  un  pas 
(elle  est  extrêmement  fourrée  par  des  osiers)  sans  trouver  quelques-uns 
des  nôtres  morts  ou  blessés. 

Enfin,  après  des  peines  incroyables,  nous  arrivons  sur  la  lisière  de 
rile,  en  face  du  grand  bras  du  Danube.  Nous  nous  approchons  le  plus 
près  possible  de  la  culée  du  pont,  et,  malgré  l'épaisse  fumée  qu'occasion- 
nait le  feu  de  nos  gens,  nous  reconnaissons  que  deux  traTées  du  pont 
ont  été  entièrement  coupées  et  qu'à  une  troisième,  on  n'a  enlcTé  que  les 
madriers.  Mais  les  moyens  que  nous  avions  étaient  de  beaucoup  trop 
insuffisants  pour  faire  une  pareille  réparation ,  de  sorte  qu'après 
avoir  tenu  conseil,  nous  convînmes  de  venir  rendre  compte  de  ce  que 
nous  avions  vu  à  notre  colonel  et  au  général  Malher.  Nous  nous  frayons 
de  nouveau  un  chemin  au  hasard,  à  travers  l'Ile  ;  et  nous  n'y  faisons 
pas  un  pas  que  nous  n'ayons  doublement  à  redouter  la  mort,  soit  du  côté 
de  Fenncmi  qui  nous  fusillait  et  nous  mitraillait  de  la  manière  la  plus 
vivo,  soit  de  la  part  des  nôtres  qui  déchargeaient  leurs  fusils  de  l'inté- 
rieur de  l'île,  s'en  s'embarrasser  de  ceux  de  leurs  camarades  qui 
étaient  en  avant. 

Enfîn,  au  milieu  des  morts,  des  mourants  et  des  blessés,  nous  parve- 
nons sur  les  bords  du  pelit  bras  du  Danube  que  nous  passons  comme  la 
première  fois  au  gué  et  nous  nous  rendons  sur  la  lisière  du  bois.  Là ,  je 
rencontre  le  général  Marcognet,  je  demande  à  lui  parler  en  particulier, 
je  lui  fais  le  récit  de  notre  reconnaissance  et  je  le  préviens  que  laisser 
plus  longtemps  sa  troupe  dans  l'île,  c'est  exposer  du  monde  en  pore 
porte,  puisque  dans  l'état  où  se  trouvait  le  pont,  ni  nous  ni  l'ennemi  ne 
pouvions  le  passer.  (Lafanîllo.) 


9  OCTOBRE.  377 

Le  général  Marcognet  a  eu  un  cheval  tué  sous  lui,  et  son 
aide  de  camp,  le  lieutenant  Jorry,  blessé,  le  colonel  Gazais  et  le 
capitaine  du  génie  Bouzet  ont  été  légèrement  blessés.  Les  chefs 
de  bataillon  Parent,  Darné  et  Frappart,  blessés. 

A  la  gauche,  le  général  Labassée,  communiquant  son  impé- 
tuosité au  59«  régiment,  était  plus  heureux  que  nous;  malgré  le 
feu  de  trois  pièces  d'artillerie  enfilant  la  chaussée,  malgré  les 
quatre  régiments  d'infanterie  ennemie  qui,  des  hauteurs,  fai- 
saient un  feu  terrible  et  croisé  sur  lui,  il  parvint  au  pont 
dont  les  madriers  étaient  ôtés  et  le  franchit;  parvint  jus- 
qu'aux pièces  sur  lesquelles  les  canonniers  se  firent  tuer,  prit 
500  hommes,  s'empara  des  hauteurs  et  poussa  l'ennemi  jusque 
dans  la  ville  qui,  à  plusieurs  reprises,  paya  cher  l'envie  qu'il 
avait  d'en  ressortir. 

La  cavalerie  tenta  sans  succès  de  reprendre  les  hauteurs  que 
couronnait  le  59«  régiment  ;  à  six  reprises  différentes,  elle  char- 
gea jusque  sur  les  baïonnettes  ;  six  fois  elle  fut  reçue  à  moins  de 
quinze  pas,  et,  son  front  couvert  de  morts  et  de  blessés,  elle  prit 
la  sage  résolution  de  se  retirer. 

Instniit  du  succès  du  général  Labassée,  je  m'y  rendis  aussitôt 
et  y  portais  toute  ma  division.  A  la  pointe  du  jour,  j'ai  fait  cerner 
la  ville,  Tennemi  n'y  avait  laissé  que  les  blessés  au  nombre 
d'environ  300  et  environ  150  traînards  qui  ont  été  pris. 

L'action  du  59®  régiment  est  une  des  plus  glorieuses  de  l'his- 
toire militaire,  mais  ce  régiment  a  éprouvé  une  perte  bien  sen- 
sible pour  lui,  dans  la  personne  de  son  colonel,  M.  Lacuée.  Le 
lieutenant-colonel  Silbermann  en  a  aussitôt  pris  le  commande- 
ment. Je  vous  prie,  Monsieur  le  Maréchal,  d'obtenir  de  Sa 
Majesté  qu'il  soit  nommé  colonel;  il  s'est  conduit  avec  une  intel- 
ligence et  une  bravoure  dont  on  voit  peu  d'exemples.  Son 
second,  M.  Savary,  mérite  également  les  bontés  de  notre  souve- 
rain. Il  fait  la  guerre  avec  une  intelligence,  une  activité  et  une 
bravoure  dignes  des  plus  grands  éloges. 

J'aurai  l'honneur  de  vous  adresser  l'état  des  officiers  ou  sol- 
dats qui  se  sont  plus  particulièrement  distingués  et  pour  lesquels 
j'aurai  l'honneur  de  vous  prier  de  solliciter  de  l'avancement  ou 
la  décoration. 

Je  ne  dois  point  omettre.  Monsieur  le  Maréchal,  les  éloges  qui 
sont  dus  à  M.  Caron,  chef  d'escadron  commandant  mon  artillerie 


878  CHAPITRE  m. 

qui,  avec  quatre  pièces  de  canon,  a  si  bien  su  diriger  son  feu 
qu*il  faisait  tête  à  vingt. 

Je  recommande  aussi  à  vos  bontés  particulières  mon  aide  de 
camp  Deboutard,  lieutenant  depuis  huit  ans,  à  qui  Sa  Majesté 
promit  le  grade  de  capitaine  pour  cette  année  et  qui,  dans 
l'affaire  d*hier,  a  rempli  son  devoir  comme  un  brave  et  digne 
officier. 

Je  n*ai  aussi  que  des  éloges  à  donner  à  M.  de  la  Gennetière 
pour  lequel  j'aurai  Thonneur  de  vous  demander  la  décoration. 

Agréez,  Monsieur  le  Maréchal,  l'assurance  de  mon  respect  et 
de  mon  attachement. 

{A .  M.)  Halhxr. 


£xtra/t  du  «  Mémor/a/  de  campagne  »  d'Antoine  de  LAUrelle, 
capitaine  du  génie  (t). 

Je  fis  part  au  général  Malher,  qui  n'avait  point  été  précisé- 
ment blessé,  mais  qui  avait  reçu  au  bras  un  éclat  de  bois,  des 
deux  reconnaissances  que  j'avais  faites. 

Ce  rapport,  qui  était  le  seul  véritable  parmi  tous  ceux  qu'il 
avait  reçus,  ainsi  qu'il  eut  la  bonté  de  me  le  dire,  était  d*autant 
plus  important  qu'il  expliquait  le  peu  de  succès  qu'avait  eu  son 
attaque,  malgré  la  bravoure  de  sa  troupe.  Enfin,  nous  étions  à 
discourir  sur  toutes  les  circonstances  de  cette  journée,  lorsque 
le  général  Labassée  arriva  et  annonça  qu'il  s'était  emparé  d'un 
pont  qui  est  à  l'extrémité  de  Giinzburg,  et  qu'après  une  affaire 
très  chaude,  il  a  débusqué  l'ennemi  de  sa  position  formidable, 
et  qu'il  se  trouve  aux  portes  de  la  ville. 

L'on  révoque  en  doute  que  ce  soit  d'un  des  ponts  de  Gûnzburg 
qu'il  se  soit  emparé,  par  la  raison  que  la  carte  qui,  à  la  vérité, 
était  le  seul  témoignage  qu'on  pût  mettre  en  avant,  mais  qui 
avait  son  degré  d'autorité,  ne  désignait  que  l'existence  d'un 
seul  pont.  Le  général  Labassée  soutient  que  c'est  réellement 
d'un  pont  de  Gûnzburg  qu'il  s'est  emparé. 

J'affirme  de  mon  côté,  que,  durant  que  j'ai  fait  ma  seconde 


(1)  Publié  par  M.  lo.  capitaino  d<»  CazeneuTo,  dans  le  Carnet  de  la 
Sabretachc,  1902. 


9  OOTOBRX.  S79 

reconnaissance,  j'ai  effectivement  entendu  une  très  forte  fusil- 
lade à  la  gauche  de  Gûnzburg.  Enfin,  on  se  décide  à  aller  sur  les 
lieux. 

Nous  laissons  nos  ohevaux  en  arrière,  et,  à  travers  les  marais 
affreux,  nous  arrivons  au  bivouac  du  50«  régiment.  Le  général 
me  dit  de  marcher  en  tête  d'une  compagnie  et  d^aller  faire  répa- 
rer le  pont.  Je  me  mets  en  marche  et  j'arrive  au  lieu  indiqué. 
Les  sapeurs  du  régiment  avaient  commencé  l'opération,  mais 
d'une  manière  très  imparfaite.  Je  fais  ra^embler  les  planches 
dont  nous  pouvions  avoir  besoin  et  je  me  mets  à  l'œuvre.  Dans 
moins  d'une  heure  le  pont  fut  réparé.  Le  général  Malher,  accom- 
pagné du  général  Labassée,  arrive  et  nous  allons  visiter  la  posi- 
tion dont  il  s'est  emparé.  Notre  étonnemwit  s'accroit  à  chaque 
pas,  car  on  ne  conçoit  pas  comment,  avec  une  poignée  de 
monde,  il  a  pu  s'emparer  d'un  pont  où  sur  une  si  longue  étendue 
il  n'existait  que  des  longerons,  et  débusquer  l'ennemi  d'une 
hauteur  formidable  d'où,  par  un  chemin  en  ligne  directe,  il  enfi- 
lait avec  son  artillerie  le  pont  et  l'avenue  qui  y  conduit.  Ajoutes 
à  cela  que  l'ennemi  était  pourvu  de  cavalerie  et  qu'elle  a  chargé 
jusqu'à  sept  fois.  Le  o9^  régiment,  qui  s'est  immortalisé  dans 
cette  journée,  ajgule  malheur  de  perdre  son  colonel,  le  jeune  et 
intéressant  Lacuée,  l'un  des  officiers  les  plus  distingués  de 
l'armée. 

Arrivés  au  point  où  nos  troupes  n valent  pris  position,  il  n'y 
avait  plus  à  douter  que  nous  fussions  sous  les  murs  de  Gûnz- 
burg. Nous  entendions  très  distinctement  le  bruit  des  convois 
d'artillerie  et  des  bagages  qui  s'éloignaient;  enfin,  si  nous 
eussions  eu  de  la  cavalerie,  il  n'y  avait  rien  de  plus  aisé  que  de 
s'emparer  de  ce  convoi,  car  il  paraît  que  la  terreur  était  dans 
Tàme  de  nos  ennemis  et  qu'ils  avaient  perdu  la  tête.  Faute  de 
ce  moyen,  il  a  fallu  nous  résoudre  à  attendre  conseil  du  lende- 
main. 


380  CHAPITRE  III. 

A  M.  /e  général  Songis,  premier  inspecteur  général  de  rartillerie, 
commandant  celle  de  la  Grande  Armée. 

Au  quartier  général,  à  Gûnzbarg,  le  10  Tendtaiiaire  an  xxy 
(11  octobre  1805). 

Mon  Général, 

Je  n'ai  encore  reçu  sur  l'affaire  de  Gûnzburg  d'autre  rapport 
que  celui  des  tués  et  blessés.  Je  m'empresse  de  vous  les  faire 
connaître. 

M.  le  général  Malher  fait  le  plus  bel  éloge  de  la  conduite  des 
chefs  et  soldats,  et  notamment  du  chef  d'escadron  Caron,  com- 
mandant l'artillerie  de  la  division.  Les  blessures  sont  d'autant 
plus  honorables  qu'elles  sont  presque  toutes  des  coups  de  balles. 

Vous  verrez,  mon  Général,  qu'il  y  a  eu  deux  sei^cnts  de  tués 
et  un  blessé  de  manière  h  ne  plus  servir.  La  10*  compagnie^  se 
trouve  presque  sans  chefs,  et  il  est  urgent  de  lui  en  donner. 
J'écris  à  ce  sujet  au  chef  de  bataillon  Villeneuve;  s'il  ne  peut 
faire  sur-le-champ  les  remplacements  des  sous-officiers  en  sui- 
vant les  formes  légales,  je  ferai  des  nominations  provisoires  que 
j'aurai  l'honneur  de  soumettre  à  votre  approbation. 

Je  vous  prie,  mon  Général,  de  m'indiquer  uu  moyen  de  com- 
pléter les  compagnies  qui  auraient  souffert.  J'ai  sous  mes  ordres 
un  personnel  si  faible  qu'il  est  important  de  remplacer  de  suite 
les  pertes.  Le  moyen  ordinaire  de  tirer  des  dépôts  est  imprati- 
cable dans  la  position  où  nous  nous  trouvons. 

J'ai  l'honneur  de  vous  saluer  respectueusement. 

Le  général  d'artillerie, 
Sbroux. 

P,'S,  —  On  n'a  pu  retrouver  que  deux  pièces  de  7  et  un  obu- 

sier.  Les  deux  autres  (si  elles  ont  été  prises)  ont  été  jetées  dans 

le  Danube,  on  ne  sait  où.  Les  fusils  paraissent  avoir  été  tous 

brisés  et  jetés  dans  le  Danube  d'après  les  renseignements  que 

j'ai  recueillis.  Le  colonel  Riitty  va  s'occuper  de  toutes  recherches 

à  ce  sujet. 

Sbroux. 

Je  viens  de  découvrir  des  magasins  qui  renferment  167  fusils 


9   OCTOBRE.  381 

d'infanterie,  environ  6,000  cartouches  à  balle  et  une  quantité 
d'autres  objets  du  ressort  de  l'administration,  tels  que  casques, 
gibernes,  banderolles,  etc. 

# 

ÈtsA  des  officiers,  eous-officiers  et  canonniers  de  la  10^  compagnie 
du  y  régiment  d'artillerie  à  pied  qui  ont  été  tués  ou  blessés 
le  17  vendémiaire  an  XIV. 

MM.  HuOT,  lieutenant Blessé. 

QuÉRY,  sergent Tué. 

Maquet,  sergent Tué. 

BiCHAT,  sergent Une  cuisse  emportée. 

Maiigari),  canonnier Blessé. 

Bacuelot,  canonnier Blessé. 

MoROT,  canonnier Blessé. 

Leclerc,  canonnier Blessé. 

Marotte,  canonnier Blessé. 

Paquet,  canonnier Blessé. 

Parent,  canonnier Blessé. 

Bavot,  canonnier Tué. 

3®    COMPA(iiME   DU   5*    bataillon   DU   TRAIN    d'aRTILLERIR. 

Deux  soldats  blessés  dont  je  ne  connais  point  les  noms. 

chevaux  du  train. 
Un  tué  et  un  blessé. 

Ganzborg,  le  18  vendémiaire  an  xir. 
Le  chef  d'escadron  commandant  V artillerie  de  la  3*  division. 

Signé  :  Car  on. 
Poar  eopie  conforme  : 
Le  colonel  chef  de  Céiai-major  d^artille'^ie, 

P.  M.  Bicqeulley.  (A.  A.) 


38S  GHAPiTRB  m. 

Le  Général  commandant  en  chef  l'artillerie  à  M.  le  général  Songia, 
premier  inspecteur  du  corps  impérial  de  rartillerie. 

Âu  quartier  général,  à  Mèdlingen,  le  18  vendémiaire  an  xnr 
(10  octobre  1805), 

Mon  Général, 

Le  3^  division  a  fait  hier  soir  un  mouvement  et  une  attaque 
sur  Gùnzburg.  L'ennemi  Ta  évacué  ce  matin  en  se  retirant  sur 
Ulm.  Nous  avons  pris  un  général-major,  700  hommes,  3  bouches 
à  feu  (2  pièces  de  7  et  1  obusier).  L'armée  regrette  particu- 
lièrement le  colonel  Lacuée,  du  99®  régiment  d^lnfanterie,  tué 
d'une  balle.  L'artillerie  a  perdu  3  sergents  et  6  canonniers  de  la 
iO«  compagnie  du  l^""  régiment,  tués  ou  blessés.  Le  lieutenant 
Flouot  a  été  blessé  d^une  balle  au  pied.  Je  vous  ferai  plus  tard 
un  rapport  à  ce  sujet,  s'il  y  a  lieu,  lorsque  j'aurai  reçu  les 
comptes  qui  doivent  m'être  rendus. 

Des  munitions  ont  été  consommées  et  tout  annonce  une 
grande  bataille  devant  Ulm  où  l'on  en  consommera  d'autant 
plus  que  la  division  (lazan  et  celles  des  dragons  des  généraux 
Baraguey-d'llilliers  et  Bourcier  sont  réunies  sous  les  ordres  de 
M.  le  maréchal  Ney  et  demanderont  probablement  des  muni- 
tions de  remplacement. 

N'ayant  aucune  connaissance  du  lieu  de  présence  du  grand 
parc  et  de  son  itinéraire  et  n'ayant  encore  reçu  aucune  instruc- 
tion pour  le  remplacement  des  munitions  consommées,  je  vous 
prie,  mon  Général,  de  me  donner  le  plus  tôt  possible  vos  ordres 
à  ce  sujet.  11  est  d'autant  plus  urgent  que  je  les  reçoive,  qu'il 
manque  encore  quelques  caissons  au  petit  approvisionnement 
que  le  6«  corps  mène  avec  lui. 

Ignorant,  mon  Général,  le  lieu  de  votre  présence  et  craignant 
un  trop  long  délai,  j'écris  en  même  temps  à  Son  Excellence  le 
ministre  de  la  guerre  pour  lui  demander  où  se  trouve  présen- 
tement le  parc  et  quel  est  son  itinéraire  pour  y  diriger,  s'il  y  a 
lieu,  les  caissons  vides. 

J'ai  l'honneur,  mon  Général,  de  vous  saluer  respectueusement. 

Sbroux. 
Je  fais  venir  au  parc  l'artillerie  prise  sur  l'ennemi.  Je  vous 


9  OCTOBRE.  388 

prie  de  me  mander  ce  (lue  je  devrai  en  faire.  Gomme  elle  ne 
peut  qu'embarrasser  nos  mouvements,  je  voudrais  qu'elle  fût 
envoyée  sur  les  derrières  si  elle  peut  y  être  avec  sûreté. 

P,-S,  —  Il  y  a  5  bouches  à  feu  prises  au  lieu  de  3.  Je  fais 
aussi  rechercher  les  fusils  des  prisonniers  et  vous  en  rendrai 
compte.  Je  vous  prie,  mon  Général,  de  me  dire  ce  que  je  devrai 
en  faire. 
{A.  A.) 


Journal  des  opérations  de  l'artillerie  depuis  le  6  vendémiaire , 
jour  du  passage  du  Rhin,  jusqu'au  30  inclus  (27  septembre 
au  22  octobre  1805). 

Le  camp  de  Montreuil,  ayant  pris  la  dénomination  de  6®  corps 
de  la  Grande  Armée,  (luitta  sa  position  sous  Montreuil  le  12  fruc- 
tidor et,  par  une  marche  rapide,  se  porta  sur  le  Rhin.  H  arriva  le 
4  vendémiaire  à  f^auterburg  ;  sa  force  consistait  en  23  batail- 
lons d'infanterie  répartis  on  3  divisions  et  9  escadrons  de  cava- 
lerie légère,  avec  un  équipage  d'artillerie  de  30  bouches  à  feu, 
savoir:  G  canons  de  12, 18  de  8,  0  de  4,  et  0  obusiers. 

L'artillerie  était  commandée  en  chef  par  le  général  Seroux, 
inspecteur  général  d'artillerie,  le  colonel  BicqeuUey  était  chef 
d'état-major  et  le  colonel  Hutty,  directeur  du  parc. 

Les  chefs  de  bataillon  Villeneuve  et  Morial  commandaient 
l'artillerie  des  1^^^  et  "1^  divisions  et  le  chef  d'escadron  Caron 
celle  de  la  3«. 

Les  troupes  d'artillerie  étaient  : 

Les  6«,  9«,  iO«,  11«  et  12«  compagnies  du  1"  régiment  d'artil- 
lerie à  pied,  la  i""®  compagnie  du  2«  régiment  d'artillerie  à 
cheval,  1/5  de  la  4®  compagnie  d'ouvriers  ; 

Les  cinq  premières  compagnies  du  5*  bataillon  principal  du 
train  ; 

Les  4«  et  5^  du  3®  bataillon  bis. 

Le  5  vendémiaire  an  xiv.  —  A  0  heures  du  matin,  le  corps 
d'armée  a  passé  le  Rhin  sur  un  pont  de  bateaux  qui  avait  été 
construit  à  cet  effet  à  uu  (fuart  de  lieue  au-dessus  de  Lauter- 
burg,  une  partie  de  l'artillerie  fut  attachée  aux  divisions, 
chacune  eut  une  pièce  de  12,  4  pièces  de  8,  2  pièces  de  4  et 
1  obusier^ 


384  CHAPITRE  III. 

La  i^^  division  se  porta  à  Ettlingen. 

La  2®  et  la  cavalerie  à  Durlach. 

La  3«  à  Carlsruhe. 

Le  parc  d'artillerie  en  avant  du  viUage  d'Aum. 

Le  6  vendémaire  an  xiv.  —  Le  quartier  général  en  chef  à 
Carlsruhe. 

Il  séjourna  dans  ces  positions. 

Le  7  vendémiaire  an  xiv.  —  Il  continua  sa  marche  sur 
Stuttgard. 

La  1'®  division  sur  Vaihingen. 

La  2«  et  la  3®  à  Enz-Vaihingen. 

Le  quartier  général  à  Vaihingen. 

Le  parc  en  arrière  de  Pforzheim  sur  la  rive  gauche  de  la  Nagold. 

Le  8  vendémiaire  an  xiv.  —  Il  continua  sa  marche  sur  Stutt- 
gard où,  après  quelques  pourparlers,  les  i^  et  3®  divisions 
entrèrent  le  soir.  La  2«  division,  s'étant  dirigée  surLudwigsburg, 
vint  prendre  position  à  Cannstatt  et  Ësslingen. 

Le  parc  vint,  par  Vaihingen,  s'établir  en  arrière  de  ZufTen- 
hausen,  où  il  n'arriva  que  le  9,  à  6  heures  du  matin. 

Le  9  vendémiaire  an  xiv.  —  La  i""®  division  fut  répartie  à 
Stuttgard  et  Wangen. 

La  2«  resta  à  Cannstatt  et  Ësslingen. 

La  3«  fut  réunie  à  Stuttgard. 

Le  10  vendémiaire  an  xiv.  —  On  fit  aux  troupes  une  distri- 
bution de  50  cartouches  par  homme. 

Le  /  f  vendémiaire  an  xiv.  —  Trois  obusiers,  s'ervis  par  rartil- 
lerie  légère,  allèrent  joindre  à  Plôchingen  la  division  de  cavalerie. 
La  2^  division  à  Ësslingen. 
La  38  à  Iledeslingen. 
Le  parc  à  Ësslingen. 

Le  1.2  vendémiaire  an  xiv.  —  Le  corps  d'armée  était  à  la 
hauteur  de  Gôppingen. 

La  i»"®  division  à  Gross-Sùsseu. 

La  20  à  Klein-Esslingen. 

La  3<»  à  Gôppingen  et  le  quartier  général  en  chef  aussi  à 
Gôppingen. 

Le  pare  était  en  arrière  du  village  de  Faurndau. 


9   OCTOBRE.  385 

Le  i 3  vendémiaire  an  xiv.  —  Il  quitta  la  grande  route  d'Ulm 
et  marcha  sur  Giengen  par  Weissenstein  et  Heidenbeim. 

6  pièces  de  8  qui  étaient  au  parc  partirent  dans  la  nuit  du 
12  ou  13  pour  les  3  divisions,  à  raison  de  2  pour  chacune. 

Le  parc  partit  de  Faurndau  à  6  heures  du  matin  sous  Tescorte 
de  i  compagnies  d'infanterie. 

L'artillerie  éprouva,  dans  cette  longue  et  pénible  marche  de 
12  lieues,  des  difficultés  considérables.  Une  montagne  que  Ton 
rencontre  en  sortant  de  Weissenstein  Tarrêta  pendant  une 
journée.  Il  fallut  doubler  les  attelages,  elle  n'arriva  à  Giengen 
que  le  lendemain  dans  la  journée. 

Le  14  vendémiaire  an  xiv.  —  L'armée  bivouaqua  autour  de 
Giengen. 

Le  i  5  vendémiaire  an  xiv.  —  KUe  se  porta  sur  le  Danube, 
Farmée  et  le  quartier  général  à  llochstàdt. 

Le  parc  marcha  entre  la  2«  et  la  1'®  division  et  vint  s'établir 
dans  une  plaine  immense  en  arrière  de  cette  ville.  Les  3  pièces 
de  12  qui  restaient  furent  réparties  dans  les  trois  divisions  qui 
eurent  alors  chacune  11  bouches  à  feu  (et  3  avec  la  cavalerie). 

I^e  16  vendémiaire  an  xiv.  —  Vers  3  heures  du  soir,  l'armée 
fit  une  contremarche,  se  reportant  vers  Gundelfingen  et  Bur- 
berg,  le  quartier  général  et  le  parc  à  Medlingen. 

La  3«  division  se  dirigea  sur  (iùnzburg  qu'elle  devait  attaquer 
le  lendemain. 

Le  17  vendémiaire  an  xiv.  —  La  1^«  division  se  porta  sur 
Albeck  (route  d'Ulni  à  Stuttgart),  à  3  lieues  d'Ulm.  Quoique 
l'armée  ennemie  fût  réunie  à  Ulm,  et  que  la  position  d' Albeck 
fut  belle  et  importante  à  conserver,  l'ennemi  ne  la  défendit  pas. 

La  2®  division  vint  à  Langenau  et  prit  position  sur  les  hau- 
teurs en  arrière  de  ce  bourg. 

Une  pièce  de  i  et  un  obusier  de  cette  division  furent  détachés 
avec  le  6®  d'infanterie  légère  et  2  pièces  de  8  avec  le  39«  de 
ligne  pour  enlever  le  pont  que  l'ennemi  avait  sur  le  Danube  à 
Ober-Elchingen.  Le  pont  fut  enlevé  le  soir  même.  L'artillerie 
ne  prit  point  part  à  cette  attaque. 

AFFAIRE   DE   GlJNZBURG. 

La  3«  division  avait  l'ordre  de  s'emparer  de  Giinzburg,  rive 
III.  25 


386  CHAPITRB  lU. 

droite  du  Danube.  Elle  se  porta  à  travers  les  marais  en  fao«  de 
cette  place  et  voulut  passer  de  vive  force  le  pont  de  droite 
défendu  par  un  corps  considérable  d'Autrichiens  dans  leurs 
retranchements.  Ce  pont  est  coupé  en  deux  parties  par  une  île. 

Là  s'est  engagé  un  combat  sanglant  où  nos  troupes  firent  des 
prodiges  de  valeur. 

2  pièces  de  8  et  2  de  A  furent  placées  à  la  tète  du  pont,  sous 
le  commandement  du  lieutenant  Huot.  La  canonnade  Hit  vive 
et  soutenue  et  les  troupes  forcèrent  la  première  partie  du  pont 
sous  la  protection  du  feu  de  Tartillerie.  Une  pièce  de  8  les 
accompagna  dans  Tile,  Tautre  la  suivit,  mais  une  d'elles  fut 
bientôt  démontée.  On  se  battit  à  petite  portée  de  mitraille  pen- 
dant quatre  heures  et  pendant  ce  temps  Tinfanterie  cherchait  à 
rétablir  la  seconde  partie  du  pont  que  Tennemi  avait  rompu. 
Les  canonniers  furent  écrasés  par  les  balles  et  l$t  mitraille.  Le 
sergent-major  Ciaudin,  de  la  10®  compagnie  du  !•'  régiment 
d'artillerie,  homme  brave  et  sous-officier  distingué,  est  resté, 
lui  troisième,  pour  servir  la  pièce  de  8. 

M.  Huot,  qui  commandait  les  deux  pièces  de  4*,  fut  blessé, 
3  sergents  et  8  canoimiers  de  la  10®  compagnie,  1  maréchal  des 
logis  et  1  soldat  de  la  3«  compagnie  du  5«  bataillon  principal  du 
train  furent  tués  ou  blessés. 

Enfin,  à  la  nuit  close,  vers  7  h.  1/2,  le  59«  régiment,  avec 

1  pièce  de  8  et  1  obusier,  attaqua  le  pont  de  gauche;  il  culbuta 
dans  le  fleuve  une  foule  d'ennemis  qui  se  précipitaient  pour  le 
passer,  et,  à  l'aide  de  solives  qui  n'étaient  pas  coupées,  des 
soldats  gagnèrent  la  rive  droite  et  s'y  maintinrent.  Les  deux 
pièces  étiiient  placées  dans  la  direction  de  la  route  pour  l'enfiler, 
et,  tandis  que  hi  batterie  attirait  sur  elle  le  feu  de  l'ennemi,  le 
59®  défilait  des  deux  côtés  pour  aller  attaquer. 

Le  pont  fut  rétabli,  l'artillerie  passa  et  se  porta  vers  la  ville  ; 

2  pièces  de  7  et  un  obusier,  jetés  par  Tennemi  dans  les  fossés, 
furent  relevés  et  mis  en  batterie  avec  l'artillerie  firançaise. 

Le  lendemain,  Gùnzburg  devait  être  enlevé  de  vive  forée, 
mais  l'ennemi  l'évacua  pendant  la  nuit,  se  retirant  sur  Ulm* 
(A.  A.) 


9  OCTOBRE.  387 

6'  CORPS  D*ÂRMÉE. 

Emplacements  du  17  vendémiaire  an  XIV  (9  octobre  1805), 

Quartier  général  :  Medlingen. 

/'«  division  :  Albeck. 

La  division  est  établie  en  avant  d'Albeck  et  les  avant-postes 
placés  en  face  de  ceux  de  Tennemi. 

La  division  a  marché  de  Bissingen  sur  la  direction  d'Ulm  ; 
elle  a  trouvé  près  d'Albeck  le  corps  commandé  par  le  chef 
d'escadron  Crabbé,  qui  avait  été  forcé  do  se  replier  devant  des 
forces  supérieures,  après  avoir  poussé  sa  reconnaissance  jusque 
près  d'Haslach. 

L'ennemi  occupait  Albeck  ;  le  général  Dupont  prit  le  parti  de 
l'en  déloger,  quoiqu'il  fût  déjà  nuit.  A  l'approche  de  la  division, 
ce  poste  fut  évacué  précipitamment. 

£^  division  :  Langenau. 

La  division  a  pris  position  sur  les  hauteurs  en  arrière  de  Lan- 
genau, ayant  l'Ach  et  la  Slotzbach  sur  son  front  et  communi- 
quant par  sa  droite  avec  la  l'«  division. 

La  division  est  partie  de  Burberg  pour  marcher  sur  Ulm.  Elle 
a  passé  par  Stetten,  Asselfingen  et  Rammingen. 

Le  chemin  qui  conduit  de  Burberg  à  Stetten  est  très  étroit  et 
encaissé.  Il  ne  serait  pas  praticable  pour  les  voitures  dans  la  ' 
mauvaise  saison. 

3^  division  :  Riedhausen. 

La  division  a  marché  sur  trois  colonnes  pour  s'emparer  des 
ponts  de  Leipheim  et  de  Gùnzburg. 

La  colonne  de  droite,  aux  ordres  de  Tadjudant-commandant 
Lefol,  était  composée  de  6  compagnies  de  grenadiers,  3  de 
carabiniers,  3  de  voltigeurs  et  20  chasseurs  du  10«  à  cheval. 
(Elle  laisse  un  bataillon  du ^7»  de  ligne  à  Stotzingen.)  La  colonne 
se  dirigea  sur  Leipheim  à  travers  des  marais  qui  se  sont  trouvés 
inipraticables  ;  alors  elle  changea  de  direction  à  gauche  et 
repassa  en  avant  du  village  de  Riedhausen,  où  elle  arriva  vers 
minuit. 

La  colonne  du  centre,  commandée  par  le  général  Marcognet 
(où  se  trouvait  le  général  Malher),  était  composée  de  3  batail- 


388  CHAPITRE   III. 

Ions  du  25^  léger,  d*un  bataillon  du  27^,  des  deux  bataillons  du 
50®  et  de  4  pièces  d'artillerie.  Elle  marche  de  Brenz  sur  Gûnz- 
burg  par  Sontheim  et  Riedhausen.  Arrivée  au  bois  qui  $e  trouve 
à  une  petite  distance  du  Danube,  près  de  Gûnzburg,  au  débouché 
dudit  bois,  le  général  Marcognet  attaque  Tennemi  posté  en 
avant  du  pont,  le  repousse  dans  Tile.  Une  compagnie  de  volti- 
geurs, soutenue  par  deux  compagnies  de  grenadiers,  pénètre 
dans  rîle,  malgré  ie  feu  de  Tennemi,  fait  200  prisonniers,  dont 
23  officiers.  Le  25»  léger  et  les  quatre  pièces  d'artillerie  sou- 
tiennent ce  mouvement.  Le  bataillon  du  27*  étant  arrivé,  le  25« 
passe  dans  Tile.  Le  27«  suit  le  mouvement  et  le  oO«  resta  en 
réserve  derrière  le  pont.  (Noie  de  Vartillerie  :  Une  pièce  de  8  el 
une  pièce  de  \  passèrent  dans  l'île  pour  battre  sur  la  rive  droite.) 

Le  25»  régiment,  arrivant  dans  l'île,  se  porta  sur  ie  pont  du 
grand  bras  du  fleuve  et  l'aurait  emporté  malgré  le  feu  d'artillerie 
et  de  mousqueterie,  mais  le  pont  avait  été  rompu  dans  une 
étendue  considérable.  Le  général  Marcognet  ayant  reconnu  Tim- 
possibilité  de  le  réparer,  ordonna  la  retraite  qui  se  fit  en  échelons, 
et  plaça  ses  troupes  dans  le  bois,  le  oO«  couvrit  la  retraite. 

La  colonne  de  gauche  (le  59*  régiment),  aux  ordres  du  géné- 
ral Labassée,  marcha  de  Gundelflngen  en  colonne,  et  malgré  le 
feu  croisé  d'une  artillerie  considérable  et  celui  de  plusieurs  régi- 
ments d'infanterie  ennemie,  arrive  au  pont  du  Danube  que  tra- 
verse la  chaussée  de  Giinzburg  à  Dillingen,  le  passe  sur  les 
poutrelles,  les  madriers  ayant  été  enlevés,  arrive  jusqu'aux 
canons,  en  prend  trois,  fait  500  prisonniers  et  repousse  l'ennemi 
jusque  dans  la  ville. 

Le  59»  régiment  fut  ensuite  formé  en  bataille  sur  la  hauteur 
qui  est  en  arrière  et  à  droite  de  la  ville.  Là,  il  reçoit  et  repousse 
six  charges  de  trois  régiments  de  cavalerie  ennemie  qui  occu- 
paient la  plaine  et  se  maintient  toute  la  nuit  dans  sa  position. 

Dans  la  nuit,  le  général  Malher  avait  dirigé  ses  troupes  sur  la 
colonne  de  gauche.  Le  50<^  régiment  passa  le  Danube  pour  sou- 
tenir le  59®,  et  la  l'«  brigade  fut  placée  en  réserve  en  arrière  du 
pont. 

Le  18,  à  la  pointe  du  jour,  la  division  entra  dans  la  ville  d'où 
Tennemi  s'était  retiré  pendant  la  nuit,  y  fit  450  prisonniers  et 
prit  position  en  arrière  de  la  Gûnz,  la  droite  à  la  ville,  la  gauche 
se  prolongeant  parallèlement  à  la  rivière. 


9  OCTOBRE.  389 

Note  de  V artillerie  :  Une  pièce  de  8  et  un  obusier  attaquèrent 
le  pont  et  favorisèrent  le  passage  à  7  heures  du  soir. 

Cavalerie  légère  :  Albeck. 

La  cavalerie  légère  au  bivouac,  dans  les  vergers,  en  arrière 
d'Albeck. 

Division  Gazan  :  Gundelfingen. 

La  division  au  bivouac,  à  la  gauche  de  Gundelfingen,  a  relevé 
les  postes  de  la  3^  division  aux  ponts  de  Lauingen  et  de  Dil- 
lingen. 

Division  de  dragons  :  Nerenstetten. 
Au  bivouac,  en  avant  de  Nerenstetten. 

Dragons  à  pied  :  Herbrechtingen. 

A  gardé  sa  position  du  16. 

Gardant  les  deux  grandes  routes  qui  conduisent  à  Ulm  par 
Hausen  et  Dettingen. 

Gardant  aussi  les  hauteurs  sur  la  rive  droite  de  la  Brenz,  près 
de  Anhausen,  pour  conserver  sa  communication  d'Heidenheim. 


Journal  des  opérations  de  la  division  Dupont. 

Le   17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

De  Bissingen,  le  général  Dupont,  d'après  les  ordres  du  maré- 
chal Ney,  avait,  le  17,  à  la  pointe  du  jour,  envoyé  sur  Albeck  un 
bataillon  du  9«  d'infanterie  légère,  30  hussards  du  l®""  régiment 
et  une  pièce  de  1,  sous  le  commandement  du  chef  d'escadron 
Crabbé,  aide  de  camp  du  maréchal.  Cet  officier  rencontre  Tennemi 
près  de  Hausen,  le  repousse  jusque  hors  d'Albeck  et  reconnaît 
la  position  en  avant  de  ce  village  ;  il  aurait  gardé  cette  position 
jusqu'à  l'arrivée  de  la  division,  mais  la  pièce  de  i  est  démontée 
et  l'ennemi  se  présente  en  force  ;  il  se  retire  sur  les  hauteurs 
couronnées  de  bois,  en  arrière  d'Albeck,  sans  être  entamé. 

Le  l^""  de  hussards  a  eu  1  homme  tué  et  le  9«,  2  hommes  tués 
et  3  blessés. 

L'ennemi  occupait,  par  de  petits  postes,  la  plaine  qui  sépare 
Albeck  des  bois  où  s'était  retirée  la  reconnaissance  du  chef 
d'escadron  Crabbé,  lorsque  le  général  Dupont  arrive  à  la  tête  de 


390  CHAPITRE  m. 

la  division  à  6  heures  du  soir.  Le  général  fait  aussitôt  former  le 
9»  en  colonne  sur  la  route,  et  détache  sur  ses  flancs  deux  com- 
pagnies de  voltigeurs  et  deux  escadrons  de  hussards;  il  marche* 
dans  cet  ordre  vers  Albeck,  le  reste  de  la  division  suit  en  colonne 
le  mouvement  du  9®.  Les  Autrichiens,  s'apercevant  de  ces  dispo- 
sitions, se  retirèrent  avec  précipitation.  Mais  Tobscurité  ayant 
empêché  de  voir  leur  mouvement  rétrograde,  deux  pelotons  de 
voltigeurs  se  prennent  mutuellement  pour  l'ennemi  et  font  un 
feu  de  file  qui,  heureusement,  ne  blesse  personne. 

On  pénètre  dans  le  village.  La  division  bivouaque  en  avant. 
On  trouve  au  piquet  le  cheval  d'un  brigadier  autrichien  qui 
n'avait  pas  eu  le  temps  de  le  brider. 

Pendant  la  marche  de  Bissingen  sur  Albeck,  on  entendait  sur 
la  gauche  une  canonnade  très  vive  et  une  fusillade  bien  nourrie. 
C'était  le  combat  que  livrait  la  division  Malher  pour  s'emparer 
du  pont  de  Gûnzburg 


Le  prince  Murât  au  maréchal  Ney. 

An  quartier  général  de  Zosmarshausen,  le  17  vendémiaire  an  xnr 

(9  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Le  canon  s'est  fait  entendre  de  votre  côté.  L'Empereur  pense 
que  c'est  le  vôtre,  et  me  charge  de  vous  envoyer  un  officier, 
pour  être  informé  du  résultat  du  combat  que  vous  avez  dû  livrer. 

Recevez,  Monsieur  le  Maréchal,  l'assurance  de  ma  parfaite 
considération. 

{A.  M.)  MUEAT. 

Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Ney. 

DonauwOrth,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805,  à  midi). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Nous  n'avons  pas  encore  des  nouvelles  de  vous  et  nous  ne 
savons  pas  où  vous  avez  passé  la  nuit.  Vous  avez  entendu  le 
canon  du  combat  de  Wertingen  :  si  vous  aviez  fait  passer 
quelques  escadrons  au  pont  de  Dillingen,  vous  auriez  fait  beau- 
coup de  prisonniers  ;  cependant  nous  en  avons  3,000,  */  à  8  dra- 


9  OOTOBRB.  391 

peauXf  beaucoup  d'artillerie  ;  c'était  une  division  composée  de 
là  bataillons  de  grenadiers. 

Le  quartier  général  sera  ce  soir  à  Augsburg. 

Ordonnez  à  la  division  Gazan  et  à  celle  des  dragons  à  pied 
de  passer  le  Danube  et  de  se  rendre  à  Augsburg,  où  il  est  néces- 
saire qu'ils  soient  arrivés  dans  la  journée  de  demain. 

Quant  à  Ulm,  il  est  impossible  que  Tennemi  Toccupe  en 
force  :  s'il  l'occupe  avec  3,000  ou  4,000  hommes,  envoyez  une 
division  pour  l'en  chasser  ;  s'il  l'occupe  avec  des  forces  beaucoup 
plus  considérables,  portez- vous-y  avec  toute  votre  armée,  enle- 
vez le  poste  et  faites  un  bon  nombre  de  prisonniers. 

Immédiatement  après,  dirigez-vous  suivant  les  mouvements 
de  l'ennemi,  soit  sur  Augsburg,  soit  sur  Landsberg,  soit  sur 
Memmingen. 

La  division  de  dragons  du  général  Bourcier  continue  à  être 
sous  vos  ordres. 

Instruisez  sur  toutes  choses,  deux  fois  par  jour,  l'Empereur 
de  tout  ce  que  vous  faites  ;  vous  sentez  combien  cela  lui  importe 
pour  la  combinaison  générale. 

Maréchal  Bbrthibb^ 


Le  maréchal  Ney  au  maréchal  Berthier. 

Medlingen,  le  17  vendémiaire  an  xir  (9  octobre  1805). 

L'ennemi  est  phis  fort  à  Ulm  qu'on  ne  l'avait  cru;  il  a  reçu  à 
Gùnzburg  un  renfort  de  15,000  hommes. 

Le  mouvement,  dont  M.  le  Maréchal  a  rendu  compte  hier  au 
Ministre,  a  eu  lieu  ;  la  3"  division  s'est  emparé,  après  un  combat 
fort  vif,  du  pont  de  Reisensburg.  Elle  a  fait  800  à  900  prison- 
niers, parmi  lesquels  se  trouve  un  général-major,  le  baron 
d'Aspre  ;  nous  avons  eu  environ  300  hommes  tués  ou  blessés. 

Le  colonel  Lacuée  est  tué. 

Le  colonel  Gazais  et  trois  cliefs  de  bataillon  ont  été  blessés  ; 
le  général  Marcognet  a  eu  un  cheval  tué  sous  lui  ;  tout  le  monde 
s'est  conduit  avec  beaucoup  de  distinction. 

M»  le  Maréchal  a  très  peu  de  cavalerie;  il  est  important  qu'en 
cas  d'événement  il  puisse  être  soutenu. 

Les  renforts  arrivés  à  l'ennemi  viennent  de  Schaffhouse  ;  il 
paraît  qu'Ulm  formera  le  flanc  gauche  de  sa  ligne  de  bataille. 


392  CHAPITRE  III. 

La  ^  division  occupe  sa  position  de  Langenau  ;  elle  a  forcé 
Tennemi,  après  une  petite  escarmouche,  à  passer  sur  la  rive 
droite  ;  cependant,  il  est  encore  maître  des  ponts  d'Elchingen  et 
de  Leipheim. 

La  1'®  division  a  dû  constamment  repousser  Tennemi  jusqu^à 
Albeck,  excellente  position  défensive;  elle  n'a  pu  s'y  établir 
qu'à  9  heures  du  soir.  L'ennemi  s'est  replié  jusqu'à  une  demi- 
lieue  d'Ulm. 

La  division  de  dragons  du  général  Bourcier  est  arrivée  hier  à 
11  heures  du  soir  à  Nerenstetten  ;  il  a  ordre  d'y  rester  pour  cou- 
vrir les  l"*  et  2«  divisions. 

Je  rapproche  la  division  de  dragons  à  pied  qui  est  à  Her- 

brechtingen  pour  la  placer  à  Brenz,  afin  d'être  plus  à  portée  de 

passer  le  Danube. 

Nby. 


Le  général  Bourcier  au  maréchal  Berthier, 

Bolheim,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

J'ai  l'honneur  d'accuser  à  Votre  Excellence  la  réception  des 
ordres  qu'elle  m'a  fait  celui  de  m'adresser  les  14  et  15  de  ce 
mois  ;  ils  ne  me  sont  par>'enus  à  Geislingen  qu'hier  16,  à 
i\  heures  du  soir  ;  le  premier  par  un  officier  de  l'état-major  du 
général  Baraguey-d'Hilliers,  et  le  second  au  même  instant,  par 
un  maréchal  des  logis  d'ordonnance. 

D'après  celui  du  ii,  je  devais  couvrir,  jusqu'au  15  au  soir,  les 
débouchés  d'Ulm  et  servir  d'avant-garde  au  corps  du  général 
Baraguey-d'Hilliers  qui  était  en  position  à  Heidenheim  et  à  la 
division  du  général  Gazan  qui  l'était  à  Aalen. 

Votre  Excellence  m'engageait,  par  le  même  ordre,  à  faire  tirer 
quelques  coups  de  canon  sur  l'ennemi,  si  je  trouvais  une  occa- 
sion favorable,  à  l'effet  de  lui  faire  supposer  que  j'avais  un 
corps  considérable  et  de  l'infanterie.  Je  n'aurais  pu  me  confor- 
mer à  cette  disposition,  ayant  renvoyé  mon  artillerie  et  mes 
bagages,  d'après  l'ordre  de  changement  de  destination  que  je 
reçus  en  route,  lequel  m'envoyait  à  Geislingen  au  lieu  d'Heiden- 
heim.  Quant  aux  autres  dispositions  de  cet  ordre,  je  n'ai  pu  m'y 
conformer,  l'ayant  reçu  trop  tard. 

Ainsi  que  j'ai  eu  l'honneur  de  le  mander  à  Votre  Excellence 


9  OCTOBRE.  393 

par  ma  lettre  d'hier,  j'ai  envoyé  au  quartier  général  de  Son 
Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât,  rofficier  de  chevau-légers 
de  Rosenberg  que  nous  avons  fait  prisonnier  à  notre  entrée  dans 
Geislingen,  lors  de  la  petite  affaire  qui  y  a  eu  lieu,  et  dont  j'ai 
rendu  compte  à  Votre  Excellence  par  la  même  lettre. 

Hier  matin,  en  reconnaissance,  on  a  fait  un  autre  prisonnier, 
dragon  du  régiment  de  Hohenlohe  ;  un  déserteur  du  régiment 
de  Klenau,  infanterie,  a  été  reçu  aussi  hier  matin  à  mes  avant- 
postes.  Je  compte  envoyer  ces  deux  hommes  au  quartier  général 
de  M.  le  maréchal  Ney. 

Conformément  à  Tordre  de  Votre  Excellence  du  15,  reçu 
également  le  16,  à  6  heures  du  soir,  je  suis  parti  de  Geislingen 
la  nuit  dernière  me  dirigeant  sur  Nerejsheim.  En  passant  ce 
matin  à  6  heures  à  Heidenheim,  un  adjudant-commandant  m'a 
remis  une  lettre  du  chef  de  Tétat-major  de  M.  le  maréchal  Ney, 
contenant  un  ordre  de  Votre  Excellence,  qui  met  ma  division 
sous  les  ordres  de  ce  maréchal.  D'après  ceux  que  ce  dernier 
m'a  donnés  en  même  temps,  j'ai  fait  prendre  position  par  ma 
division  à  Bolheim  à  4  heures  après-midi. 

Je  reçois  en  ce  moment  Tordre  des  dispositions  de  la  marche 
du  corps  de  M.  le  maréchal  Ney.  Conformément  aux  dispositions 
de  cet  ordre  qui  me  sont  relatives,  ma  division  va  prendre  posi- 
tion aujourd'hui  à  Nerenstetten. 

C'est  avec  bien  de  la  difficulté  que  je  suis  parvenu  jusqu'à 
présent  à  procurer  les  subsistances  à  ma  division  ;  depuis 
quelques  jours,  elle  n'a  reçu  ni  pain,  ni  viande  et  des  fourrages 
qu'en  petite  quantité,  surtout  en  avoine. 

Les  villages  que  j'ai  occupés  jusqu'à  présent  ont  eu  à  ali- 
menter les  troupes  qui  m'ont  précédé  et,  par  cette  raison,  se 
trouvent  presque  sans  ressources. 

BOUKCIER. 

Le  Commissaire  ordonnateur  en  chef  à  M.  le  maréchal 
d'empire  Ney,  commandant  en  chef  le  6*  corps  de  la  Grande  Armée. 

Au  quartier  général,  à  Mcdlingen,  le  17  vendémiaire  an  xiv 
(9  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

L'ordre  du  jour  de  la  Grande  Armée  du  15  de  ce  mois  insiste 
de  nouveau  sur  la  nécessité  qu'il  y  a  d'avoir  4  jours  de  biscuit 


SM  CHAPITRE  m. 

et  4  jours  de  pain  à  Tayance,  et  tous  les  généraux  deniandent 
que  ces  4  Jours  de  pain  soient  distribués.  Je  m'étais  flatté,  pen* 
dant  quelque  temps,  de  pouvoir  maintenir  les  distributions  au 
niveau  prescrit  par  TEmpereur  ;  mais  plusieurs  circonstances, 
indépendantes  de  moi  et  des  commissaires  des  guerres,  et  qui 
vous  sont  parfaitement  connues,  ont  rendu  illusoires  les  efforts 
constants  que  nous  n'avons  cessé  de  faire.  Si,  dans  ce  moment, 
le  pain  qui  a  été  dirigé  sur  les  diverses  divisions  a  pu  y  arriver, 
le  service  des  17  et  18  est  assuré,  malgré  les  pertes  qu'on  a 
essuyées  ;  mais  je  ne  puis  faire  réunir  lés  4  jours  à  l'avance  ; 
bien  loin  de  là,  si  Tarmée  conserve  ses  positions  actuelles, 
j'ignore  comment  je  pourrai  assurer  sa  subsistance»  Tous  let 
points  qui  Tentourent  sont  occupés  parles  divisions  de  dragond^ 
celle  de  Gazan  et  le  corps  de  M.  le  maréchal  Lannes  ;  ce  n'est 
que  devant  elle  qu'elle  puisse  trouver  de  quoi  vivre.  Les  com- 
missaires des  guerres  feront  humainement  tout  ce  qui  sera 
possible  pour  arriver  à  ce  but  ;  mais  chercher  à  vous  tromper^ 
ce  serait  me  rendre  coupable  d^une  imprudence  et  d'une  pré- 
somption  dont  je  suis  incapable  ;  vous  ne  devee  donc  pas, 
Monsieur  le  Maréchal,  compter  sur  une  administration  qui  est 
sans  moyens  et  sans  ressources  et  qui  ne  peut  utiliser  oetix  des 
pays  occupés  par  l'armée  qu'avec  des  peines,  des  difficultés  et 
des  pertes  qu'il  est  impossible  de  se  peindre.  C'est  ce  que  j'ai 
eu  rhonneur  de  vous  dire  plusieurs  fois. 

Il  est  bien  pénible  et  bien  affligeant  pour  moi.  Monsieur  le 
Maréchal,  d'avoir  à  vous  présenter  de  semblables  détails  ;  mais 
dans  une  occasion  d'une  importance  aussi  majeure,  il  ne  m'est 
pas  permis  de  dissimuler  lavérité  à  quelqu'un  qui,  comme  vous, 
jouit  auprès  de  Sa  Majesté  Impériale  d'une  confiance  et  d'une 
considération  acquises  par  tous  les  services  multipliés  que  Vous 
avez  rendus  avec  une  si  haute  distinction. 

Vous  pouvez  au  surplus  être  bien  assuré  que  tous  mes  ins- 
tants se  passent  à  combiner  et  à  employer  les  moyens  que  les 
circonstances  peuvent  offrir  pour  arriver  au  but  auquel  il  est  si 
essentiel  d'atteindre. 

Veuillez    agréer,   Monsieur  le  Maréchal,    mon  respectueux 

hommace. 

Marchant. 

J'ai  envoyé  à  l'intendant  général  un  courrier  pour  lui  deman- 


9  OOTOBRB.  395 

der  de  nous  faire  envoyer  à  force,  des  derrières,  des  secours  qui 
ne  peuvent  être  dirigés  que  par  lui. 

(A.  M.) 


L'Empereur  au  maréchal  Lannea. 

Quartier  impérial,  à  Donaawôrth,  le  17  vendémiaire  an  ziv 
(9  octobre  1805). 

Mon  Cousin,  j'ai  vu  avec  plaisir,  dans  votre  rapport,  la  bonne 
conduite  des  grenadiers  d'élite.  Il  est  fâcheux  que  vous  n'ayez 
pas  eu  deux  heures  de  jour  de  plus  ;  il  n'eût  pas  échappé  un  seul 
homme  de  ce  corps.  Vous  vous  trouvez  toujours  dans  les  bonnes 
circonstances  ;  il  est  vrai  aussi  que  vous  vous  en  tirez  fort  bien. 
Vous  devez  avoir  sous  vos  ordres  les  divisions  Saint-Hilaire  et 
Suchet,  ce  qui  vous  forme  un  corps  de  25,000  hommes,  indé- 
pendamment de  la  cavalerie.  Moi-même,  je  partirai  à  10  ou 
il  heures  avec  toute  ma  Garde,  pour  me  porter  le  long  du  Lech 
sur  le  chemin  d'Augsburg.  J'espère  arriver  de  bonne  heure  à 
Mertingen  ;  j'irai  probablement  coucher  à  Augsburg. 

J'écris  au  prince  Murât  de  donner  pour  direction  à  votre 
corps,  si  de  nouvelles  circonstances  n'y  changent  rien,  de  vous 
placer  assez  près  d'Augsburg,  pour  pouvoir  vous  y  porter  demain 
de  bonne  heure  et  être  à  portée  de  concourir  aux  opérations  que 
les  circonstances  pourront  faire  juger  nécessaires. 

Mettez  à  Tordre  des  grenadiers  que  je  suis  content  de  la 
manière  dont  ils  se  sont  conduits  au  combat  de  Wertingen. 

Sur  ce,  je  prie  Dieu  qu'il  vous  ait  en  sa  sainte  et  digne  garde. 
Je  vous  embrasse  de  cœur. 

Napoléon  (1). 

Le  maréchal  Berthier  au  général  d'HautpouL 

Donauwôrth,  le  16  vendémiaire  an  xiv  (8  octobre  1805). 
à  9  h.  1/t  da  matin. 

Ordre  au  général  d'Hautpoul  de  se  mettre  en  marche  sur  la 
route  d'Augsburg  jusqu'à  Mertingen,  où  il  attendra  de  nouveaux 
ordres. 

Maréchal  Bbrthibb. 

--—     -  -  -^-- 

(i)  Correspondance  de  Napoléon,  n*  9857. 


396  CHAPITRE  III. 

Le  maréchal  Berthier  au  général  Suchet 

DonaawOrth,  le  17  veadémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

Ordre  à  la  division  du  général  Suchet  de  partir  pour  se  rendre 
à  Wertingen  sous  les  ordres  de  M.  le  maréchal  Lannes. 

Il  laisse  à  Donauwôrth  le  64«  régiment,  et  s'il  n'est  pas  arrivé, 
il  laisse  le  3«  bataillon  du  34®. 

Il  se  porte  entre  le  pont  et  la  Wômiz. 

Maréchal  Bbrthibb. 


Le  général  Suchet  au  général  Becker, 

En  rente  pour  Wertingen,  le  17  vendémiaire  an  xiy 
(0  octobre  1805),  à  midi. 

D'après  le  rapport  des  officiers  prisonniers,  il  paraît  que 
l'armée  autrichienne  continue  d'être  dans  la  position  de  Stockach. 
J'apprends  que  les  divisions  du  maréchal  Lannes  sont  parties  de 
Wertingen,  ce  qui  me  fait  présumer  que  nous  aurons  du  chemin 
à  faire  pour  les  rejoindre. 

En  conséquence,  vous  ordonnerez  une  longue  halte  en  avant 
de  Pfaffenhofen,  où  cette  dépêche  vous  sera  remise.  Les  habi- 
tants ont  promis  de  la  bière,  dont  vous  ordonnerez  la  distribu- 
tion, ainsi  que  des  rations  de  pain  qui  suivent  la  division. 
J'espère  qu'après  cette  halte  nous  serons  dans  le  cas  de  pousser 
loin  en  avant. 

Je  vous  prie  d'informer  de  ces  dispositions  le  général  Valhu- 

bert. 

Suchet. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Lannes, 

DonauwOrth,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

Les  divisions  Suchet  et  Saint-Hilaire,  qui  vous  ont  joint,  sont 
sous  vos  ordres.  Rendez-vous  avec  elles  entre  Augsburg  et  Zus- 
marshausen.  L'intention  de  l'Empereur  est  qu'en  vous  conser- 
vant le  commandement  de  toute  l'infanterie,  le  maréchal  Murât 


9  OCTOBRE.  397 

ait  le  commandement  général,  ce  qui  n'empêche  pas  que  vous 
adressiez  directement  vos  rapports  à  l'Empereur  et  que  vous 
receviez  directement  les  ordres  de  moi. 

Il  parait  que  Tennemi  se  retire  à  force. 

Le  maréchal  Soult  est  à  Aichach  où  il  a  eu  affaire  à  un  corps 
de  0,000  à  7,000  hommes  qui  se  dirigeait  sur  lui.  Avant  midi,  le 
maréchal  Soult  sera  à  Augsburg  où  TEmpereur  se  rendra  lors- 
qu'il aura  reçu  tous  les  rapports. 

La  division  du  maréchal  Davout,  qui  a  passé  à  Neuburg, 
marche  aussi  sur  Augsburg.  Toute  l'armée  va  se  trouver  entiè- 
rement réunie. 

Prévenez  le  général  d'Hautpoul  qu'il  ait  à  bien  éclairer  les 
routes,  car  l'Empereur  suivra  vraisemblablement  à  deux  heures 
derrière  lui. 

Maréchal  Brrthier. 


Le  maréchal  Lannes  au  maréchal  Berthier. 

Wei-tingen,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

J'ai  riionneur  de  rendre  compte  à  Votre  Excellence  que  nos 
patrouilles  ont  rencontré  cette  nuit  celles  du  général  Malher. 
J'ignore  encore  si  toutes  les  troupes  du  corps  d'armée  de  M.  le 
maréchal  Ney  ont  effectivement  passé  le  Danube.  Comme  les 
Autrichiens  ont  tour  à  tour  coupé  et  rétabli  le  pont  de  Gûnzburg, 
cette  disposition  de  leur  part  ferait  présumer  qu'ils  ont  l'inten- 
tion de  faire  quelques  mouvements  sur  M.  le  maréchal  Ney. 
Cependant  le  changement  fréquent  et  presque  journalier  de  leurs 
généraux  décèle  assez  l'état  d'inquiétude  où  ils  se  trouvent; 
aussi  je  ne  doute  point  qu'ils  se  replient  sur  Augsburg. 

Conformément  à  vos  ordres.  Monseigneur,  j'ai  fait  passer  à  la 
disposition  de  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât  les  deux 
régiments  de  cavalerie  légère.  Votre  Excellence  sait  que  cette 
disposition  me  réduit  à  ma  seule  division  de  grenadiers,  tandis 
que  les  autres  corps  d'armée  se  composent  de  trois  ou  quatre 
divisions.  Avec  si  peu  de  monde,  je  ne  puis  guère  entreprendre 
d'aussi  grandes  opérations  que  mes  camarades.  Toutefois, 
croyez,  Monseigneur,  que  pour  assurer  le  triomphe  des  armes  de 
l'Empereur,  je  me  porterai  avec  le  zèle  et  le  dévouement  que 


CHAPITRB  m. 

VOUS  me  connaissez  partout  où  j'entendrai  le  canon  de  Tennemi. 
Je  prie  Votre  Excellence  d'engager  Sa  Majesté  à  compléter  le 
corps  d'armée  dont  Elle  a  daigné  me  confier  le  commandement. 
J'attends  ici  vos  ordres. 

J'eus  Thonneur  d'adresser  hier  soir  à  l'Empereur  tous  les  ren- 
seignements que  j'avais  recueillis  sur  l'ennemi.  Depuis  je  n'ai 
rien  découvert  d'intéressant. 

J'ai  eu,  dans  le  combat  d'hier,  25  ou  30  grenadiers  blessés  et 
3  ou  4  de  tués. 

J'envoie  à  Votre  Excellence  1100  prisonniers  autrichiens.  Je 
la  prie  de  donner  des  ordres  à  l'officier  qui  commande  l'escorte 
de  rejoindre  au  plus  tôt  la  division  de  grenadiers. 

Agréez,  Monseigneur,  l'assurance  de  ma  haute  considération. 

Lannes. 
Le  général  Compana  au  général  Oudinot 

Wertingen,  le  17  vendémiaire  an  xir  (9  octobre  1805). 

M.  le  Maréchal  commandant  en  chef  vous  charge  de  mettre 
de  suite  en  marche  les  troupes  sous  vos  ordres  et  de  vous  diriger 
avec  elles  sur  Zusmarshausen,  point  vers  lequel  se  dirige  aussi 
le  corps  de  cavalerie  aux  ordres  do  Son  AJtesse  Sérénissime  le 
prince  Murât. 

COMPÀNS. 


Le  général  Compans  au  général  Foucher. 

Wertingen,  le  17  Tendémiaire  an  xiy  (0  octobre  1805). 

Mon  Gêné  rai  f 

Monsieur  le  Maréchal  vous  charge  de  donner  vos  ordres  pour 
((ue  le  parc  du  corps  d'armée  nous  suive  sur  Zusmarshausen  où 
nous  allons  nous  porter* 

GOMPANS. 


9  OCTOBRE.  3»9 

Le  général  Compana  au  général  Fauconnet 

Wertingen,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

Monsieur  le  Général, 

M.  le  Maréchal  coramandant  eu  chef  vous  charge  de  renvoyer 
un  escadron  de  votre  brigade  de  chasseurs  à  Binswangen  avec 
ordre  de  s'y  établir  militairement,  couvrant  la  route  de  Gùnz- 
burg.  Il  protégera  le  passage  du  parc  d'artillerie  et  des  équipages 
de  vivres  des  corps  d'armée  qui  se  dirigent  de  Donauwôrth  par 
Wertingen  sur  Zusmarshausen. 

Il  poussera  des  reconnaissances  sur  Dillingen  pour  avoir  des 
nouvelles  du  corps  d'armée  de  M.  le  maréchal  Ney,  enfin  il 
rejoindra  le  corps  d'armée  de  M.  le  maréchal  Lannes  à  Zusmar- 
shausen en  couvrant  la  marche  de  l'artillerie  et  des  vivres  qui 
passeront  probablement  dans  la  soirée. 

COMPANS. 


Le  général  Corn  pans  au  soua- lieutenant  H  i  roux, 

Wertingen ,  le  17  Tendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

Ordonne  à  M.  liiroux,  sous-lieutenant  de  carabiniers  au 
bataillon  d'élite  du  13*-  régiment  d'infanterie  légère,  de  partir  de 
suite  de  Wertingen  avec  le  détachement  à  ses  ordres,  montant 
à  43  hommes,  pour  concourir  à  l'escorte  d^une  colonne  de  pri- 
sonniers autrichiens,  d'environ  1400  hommes,  qui  seront  con- 
duits à  Donauwôrth,  où  ils  seront  remis  à  Son  Excellence  M.  le 
maréchal  Berthier,  ministre  de  la  guerre  et  major  général. 

Le  sous-lieutenant  Hiroux,  après  avoir  fait  la  remise  des  pri- 
soimiers,  retournera  à  son  corps  avec  son  détachement  et,  dans 
le  cas  où  la  division  serait  partie,  il  trouvera  ici,  chex  le  bailli, 
des  avis  sur  le  chemin  (]u'elle  aurait  pris. 

GOIIPÀNS. 


400  CHAPITRE   III. 

Le  général  Comp&ns  à  M.  Vast,  commissaire  ordonnateur. 
Neresheim,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

Le  corps  d'armée  se  dirige  sur  Zusniarshausen  où  sera  le 
quartier  général  de  M.  le  maréchal  Lannes,  commandant  en 
chef;  il  faut  vous  hâter  de  nous  rejoindre;  le  corps  d'armée 
manque  de  subsistances  et  M.  le  Maréchal  a  été  extrêmement 
surpris,  non  seulement  de  ne  pas  vous  voir,  mais  encore  de 
n'avoir  aucune  nouvelle  de  votre  marche. 

Faites  les  dispositions  les  plus  promptes  pour  faire  avancer  de 
suite,  sur  le  point  désigné  ci-dessus,  le  convoi  de  biscuit  et  tous 
les  vivres  que  vous  aurez. 

Je  joins  ici  deux  lettres  de  M.  l'intendant  général  que  M.  le 
Maréchal  a  bien  voulu  que  je  décachette  en  votre  absence  ;  il 
vous  charge  de  leur  donner  suite  et  de  tenir  la  main  à  la 
prompte  exécution  de  leur  contenu. 

COMPANS. 


5*  CORPS  d'armée. 
Rapport  du  17  au  18  vendémiaire  (9-70  octobre). 

Zusmarshausen,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

J'ai  l'honneur  de  vous  rendre  compte  que  le  corps  d'armée  a 
quitté  le  17  (i)  octobre),  sa  position  en  avant  de  Wertingen,  sur 
la  route  de  Gùnzburg,  et  s'est  dirigé  par  Villenbach,  Alten- 
mùnster,  Werlenschwang  sur  Zusmarshausen  où  il  a  pris  position 
dans  l'ordre  suivant  : 

Division  de  cavalerie, 

La  brigade  de  hussards  a  été  détachée  sous  les  ordres  de  Son 
Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât. 

La  brigade  de  chasseurs  a  été  établie  à  Gabelbach.  Un  esca- 
dron du  21^  régiment  a  été  laissé  le  matin  à  Binswangen  pour 
couvrir  Wertingen. 

Division  de  grenadiers, 

La  brigade,  aux  ordres  du  général  Laplanche  Mortières,  a 
pris  position  sur  la  route  de  Burgau,  savoir  : 


9  OCTOBRE.  401 

^  bataillons  en  première  lij^ne,  à  mi-chemin  entre  Zus- 
marshausen  et  Burgau. 

2  bataillons  en  seconde  ligne,  sur  le  sommet  de  la  hauteur 
qu'on  rencontre  en  sortant  de  Zusmarshausen. 

Cette  brigade,  sitôt  qu'elle  a  été  établie,  s'est  trouvée  déta- 
chée aux  ordres  de  Son  Altesse  Sérénissime  monseigneur  le 
prince  Murât. 

La  brigade,  aux  ordres  du  général  Dupont,  a  pris  position  en 
avant  de  Zusmarshausen,  sur  la  route  de  Steinkirch,  la  droite 
appuyée  à  cette  route,  la  gauche  s'étendant  vers  celle  d'Augs- 
burg. 

La  brigade,  aux  ordres  du  général  Ruflin,  s'est  placée  à  la 
gauche  de  la  précédente  et  a  appuyé  sa  gauche  à  la  route 
d'Augsburg. 

L'artillerie  de  la  division  et  les  sapeurs  ont  été  établis  sur  le 
plateau,  qui  est  en  avant  de  Zusmarshausen,  sur  la  route  de 
Steinkirch. 

2^  division, 

La  2^  division  continue  à  être  détachée  sous  les  ordres  du 
maréchal  iNey. 

Paix  d'artillerie  du  corps  d*armée. 
Le  parc  d'artillerie  est  arrivé  le  17  à  Donauwôrth. 

COMPANS. 

Le  maréchal  Berthier  à  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât. 

Donauworth,  le  17  veadumiaire  an  xiv  (9  octobre  1805), 
à  2  heures  du  matin. 

L'Empereur  a  appris,  par  le  major  que  vous  avez  fait  prison- 
nier, les  détails  du  combat  de  Wertingen.  Ce  major  pense  que 
les  12  bataillons  auront  tous  été  pris.  Soyez  à  la  pointe  du  jour 
vous-même  à  cheval,  afin  de  faire  courir  des  postes  et  de 
ramasser  le  plus  de  prisonniers  qu'il  vous  sera  possible. 

A  5  heures  après-midi,  le  maréchal  Soiilt  était  aux  mains 
avec  un  corps  de  10,000  hommes  à  Aichach.  Le  général  Saint- 
Hilaire  est  à  Augsburg. 

Tout  en  ramassant  les  prisonniers,  que  cela  ne  vous  empêche 
III.  Î6 


403  CHAPITRE  III. 

pas  de  remplir  le  but  de  vos  ordres  en  vous  portant  sur  Zusmars- 
hausen.  Le  maréchal  Lannes  doit  s'en  rapprocher  le  plus  qu'il 
sera  possible.  La  division  Suchet  se  rend  sous  les  ordres  du 
maréchal  Lannes.  La  division  Saint-Hilaire,  qui  est  à  Augsburg, 
ne  se  trouvera  éloignée  qu'à  trois  lieues  de  Zusmarshausen  ;  au 
moindre  événement  vous  lui  donnerez  Tordre  de  se  réunir  à 
Zusmarshausen,  pour  se  joindre  au  corps  de  M.  le  maréchal 
Lannes. 

L'Empereur  espîi^re  (|ue  M.  le  maréchal  Soult  sera  demain,  de 
bonne  heure,  avec  ses  deux  divisions  à  Augsburg  ;  il  tarde 
beaucoup  à  Sa  Majesté  de  voir  réaliser  ce  mouvement  de  Zus- 
marshausen à  Augsburg  ;  Elle  aurait  une  assez  belle  armée. 

L'Empereur  n'a  aucune  nouvelle  d'Ulm,  ni  du  général  Mar- 
mont,  ni  du  maréchal  Davoul  ;  il  attend  les  unes  et  les  autres 
avec  impatience. 

La  division  d'Hautpoul  se  mettra  en  marche  à  la  pointe  du 
jour.  Du  moment  que  vous  avez  aperçu  Tennemi,  vous  auriez 
dû  prévenir  l'Empereur  qui  ne  l'a  été  qu'à  8  heures  du  soir  ; 
eniin,  éclairez  bien  les  débouchés  sur  Ulm. 

Certainement  l'ennemi  devrait  être  en  marche  de  cotte  place 
sur  Augsburg  et,  dans  ce  cas-là,  il  faut  que  M.  le  maréchal 
Soult  soit  prévenu  et  que  ee  Maréchal  et  le  maréchal  Lannes 
soient  réunis  ensemble. 

Si  l'ennemi  est  en  force,  il  ne  faut  pas  que  M.  le  maréchal 
Lannes  engage  une  affaire  sérieuse,  qu'il  ne  soit  réuni  avec  le 
maréchal  Soult. 

Correspondez  avec  le  général  Saint-Hilaire  et  Ney, 

Faites  connaître  ces  dispositions  au  maréchal  Lannes,  auquel 
je  n'écris  pas. 

Maréchal  Berthibr. 


L'Empereur  au  prince  Murât 

Quartier  impérial,  à  DonaawôrUi,  le  17  ▼andémiaire  an  xn 
(9  octobre  1805). 

Mon  Cousin,  je  suis  extrêmement  satisfait  du  compte  que  vous 
me  rendez  de  la  bonne  conduite  de  ma  cavalerie  et  spécialement 
des  dragons  dans  la  journée  d'hier.  Ils  ont  eu  affaire  avec  douze 
bataillons  de  grenadiers  et  c'est  ce  qu'il  y  avait  de  mieux  dans 


9  OCTOBRE.  403 

l'armée  autrichienne.  Faites-le  connaître  à  Tordre.  La  division 
Sucbet  se  rend  pour  appuyer  le  corps  du  maréchal  Lannes.  J'ai 
dirigé  d'Hautpoul  sur  Mertingen,  grande  chaussée  de  Donau- 
worth  à  Augsburg.  Moi-même,  avec  toute  ma  Garde,  je  vais 
militairement  suivre  la  même  chaussée,  et  j'irai  coucher  à 
Augsburg,  où  je  compte  que  le  maréchal  Soult  est  arrivé  à 
Theure  qu'il  est.  Interceptez  la  grande  route  d'Augsburg  à  Ulm, 
et  poussez  le  général  Walther  entre  Augsburg  et  -Landsberg,  et 
placez  le  maréchal  Lannes  de  manière  que,  si  demain  à  la 
pointe  du  jour,  Augsburg  était  attaqué,  les  trois  divisions  de  ce 
Maréchal  pussent  s'y  porter.  Je  ne  partirai  pas  avant  dix  heures. 
J'attends  les  rappoi-ts  du  maréchal  Ney,  qui  me  sont  nécessaires 
avant  de  me  fixer  au  parti  que  je  viens  de  vous  faire  connaître. 
11  est  fAcheux  que  le  maréchal  Ney  n'ait  pas  jeté  hier  quatre  ou 
cinq  bataillons  par  Dillingen  ;  il  eût  été  temps  encore  cette 
nuit.  Par  ce  moyen,  peu  d'ennemis  auraient  échappé".  J'attends 
les  huit  drapeaux  et  les  prisonniers  (fue  vous  avez  faits  ;  2,000, 
c'est  bien  peu  ;  j'avais  espéré,  d'après  le  premier  rapport,  que 
la  cavalerie  serait  arrivée  à  temps  pour  empêcher  que  l'ennemi 
.  ne  se  réfugiât  dans  les  bois.  J'ai  fait  officier  de  la  Légion 
d'honneur  votre  aide  de  camp  (1),  qui  m'a  apporté  deux  dra- 
peaux. J'attends  le  rapport  pour  récompenser  oeux  qui  se  sont 
distingués  au  combat  de  Wertingen. 

NAPOLéON  (2). 


Le  général  Belliard  au  général  Beaumont 

Zasmarshansen,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

D'après  les  ordres  du  prince  Murât,  vous  irez  vous  établir 
avec  votre  division  au  village  d'Auerbach,  à  une  lieue  de  Zus- 
marshausen,  sur  la  route  d' Augsburg.  Vous  ferez  pousser  des 
reconnaissances  sur  cette  ville  pour  vous  assurer  si  l'ennemi 
l'occupe  ou  si  les  Français  s'en  sont  emparés.  Dans  ce  dernier 
cas,  vous  communiquerez  avec  eux  ;  vous  vous  établirez  mili- 
tairement, ayant  soin  de  vous  bien  éclairer  sur  les  routes  à 


(1)  Exelmuns,  chef  d'escadron. 

(2)  Correspondance  de  Napoléon,  n»  9336. 


404  CHAPITRE  III. 

Menden  (?)  et  Schwabuni(?).  La  troupe  devra  être  au  bivouac  et 
les  chevaux  sellés.  Le  quartier  général  du  Prince  sera  à  Zus- 
marshausen. 

Bklliard. 


Le  général  Belliard  au  général  Klein. 

Le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

D'après  les  ordres  du  Prince,  vous  vous  établirez  avec  votre 
division  en  arrière  du  village  de  Zusmarshausen.  Vous  aurez 
soin  de  vous  garder  militairement,  de  vous  éclairer  sur  votre 
droite  et  en  même  temps  autour  de  vous,  ayant  des  postes  sur 
les  routes  d'Augsburg,  Gimzburg  et  Mindelheim. 

Vous  êtes  prévenu  qu'un  régiment  de  hussards  est  sur  la 
route  de  Mindelheim,  au  village  de  Steinkirch,  un  autre  sur  la 
route  de  Burgau,  au  village  de  Glottwing.  La  division  de  grosse 
cavalerie  est  établie  en  arrière  du  village  de  Werlenschwang  .La 
division  Beaumont  occupe  le  village  d'Auerbach. 

La  troupe  bivoua(|uera  et  les  chevaux  resteront  sellés. 

Belliard. 


Le  général  Belliard  au  général  Nanaouty. 

Zusmarshausen,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

D'après  les  ordres  du  prince  Murât,  vous  vous  établirez  avec 
votre  division  à  Werlenschwang,  ayant  soin  de  le  garder  militai- 
rement et  de  vous  éclairer  sur  les  routes  de  Burgau  et  sur  celles 
(|ui  peuvent  aboutir  sur  vos  derrières,  au  village  que  vous  occu- 
pez. Des  régiments  sont  placés  à  une  lieue;  les  troupes  en  avant 
de  Zusmarshausen,  sur  les  routes  de  Burgau,  où  Ton  dit  que 
l'ennemi  se  trouve,  et  d'Augsburg  que  Ton  pense  être  occupé  par 
nos  troupes. 

Les  régiments  devront  bivouaquer  et  les  chevaux  rester  sellés. 

Le  quartier  général  du  Prince  sera  à  Zusmarshausen. 

Belliard. 


9  OCTOBRE.  40î> 

le  général  Belliard  au  général  Treillard, 

Le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

Le  prince  Murât  ordonne  qu'un  régiment  de  hussards  aille 
s'établir  sur  la  route  de  Burgau  au  village  de  Glottwing,  à  une 
lieue  en  avant  de  Zusmarshausen,  et  qu'il  pousse  des  recon- 
naissances sur  Burgau,  ayant  soin  de  bien  se  garder  et  de  tenir 
des  petits  postes  intermédiaires,  qui  se  retireraient  rapidement 
sur  le  régiment,  si  l'ennemi,  qu'on  dit  être  à  Burgau,  marchait 
sur  nous;  d'éckiirer  toutes  les  routes  sur  sa  droite  et  sur  sa 
gauche.  L'autre  régiment  devra  occuper  le  village  de  Steinkirch, 
à  une  lieue  de  Zusmarshausen,  sur  la  route  de  Mindelheim, 
poussant  des  reconnaissances  sur  ce  dernier  village,  et  s'éclai- 
rantde  mêmeavec  beaucoup  de  soin  sur  ses  flancs. 

Vous  établirez  votre  quartier  général  à  Glottwing. 

Ayez  soin,  mon  Général,  de  faire  connaître  au  Prince  le 
rapport  de  votre  reconnaissance. 

Belliard. 

résekve  de  cavalerie. 

Rapport  du  17  vendémiaire  an  XIV  (9  octobre  1805) 
au  28  inclus  (20  octobre  1805). 

Le  17  vendémiaire  an  xrv  (9  octobre  1805). 

Le  corps  d'armée  quitta  sa  position  de  Wertingen  sur  la 
Zusam,  à  7  heures  du  matin,  pour  marcher  sur  Zusmarshausen 
(|u'on  disait  être  occupé  par  l'ennemi. 

Il  en  était  parti  la  nuit. 

Le  corps  d'armée  prit  position.  Le  9«  de  hussards  s'établit  à 
Glottwing  sur  la  route  de  Burgau,  avec  ordre  de  pousser  des 
reconnaissances  sur  ce  point. 

Le  iO«  occupa  Steinkirc^h  sur  la  route  de  Mindelheim,  poussant 
de  même  des  reconnaissances  sur  cette  ville  et  sur  Schwabach. 

La  3e  division  de  dragons  tint  Auerbach,  route  d'Augsburg, 
communiquant  avec  les  troupes  françaises  du  corps  d'armée  de 
M.  le  maréchal  Soult,  qui  devaient  occuper  Augsburg. 

La  i"^"  division  de  dragons  eut  une  brigade  à  Wolpach,  et  la 
:2e  en  arrière  de  Zusmarshausen,  et  la  1*"^  division  de  cuirassiers 
était  à  Werlenschwang. 


406  CHAPITRE  III. 

La  division  de  grenadiers  de  M.  le  maréchal  Lannes  s'établit 
en  avant  de  Zusmarshausen,  sur  la  route  de  Steinkirch,  et  la 
division  du  général  Suchet,  qui  s>st  réunie  au  corps  d'armée, 
prit  position  à  une  lieue  en  arrière. 

Le  régiment  de  chasseurs  à  cheval  occupa  Neuenmùnster. 

Sa  Majesté  TEmpereur  et  Hoi  arriva  à  "i  heures  du  soir  avec 
le  grand  quartier  général. 

La  reconnaissance  du  9®  régiment  de  hussards  rencontra 
Tennemi  à  llosshaupten. 

A  3  heures,  on  entendit  Tattaque  de  M.  le  maréchal  Ney  sur 
Giinzburg.  Le  Prince  fit  marcher  sur  Glottwing,  où  il  se  porta 
lui-même,  une  brigade  de  grenadiers  avec  son  artillerie  qui, 
dans  la  nuit,  de  concert  avec  le  9®  régiment  de  hussards,  enleva 
le  village  de  Rosshaupten.  Une  patrouille  communiqua  par 
notre  droite  au  milieu  des  postes  ennemis  avec  les  troupes  de 
.  M.  le  maréchal  Ney  à  Dillingen. 


Marches  et  rapports  historiques  de  la  P*  division 
de  dragons  montés. 

Le  17  yendi^miaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

A  "2  heures  du  matin,  la  vodette  d'une  des  gardes  placées  la 
veille  pour  arrêter  les  partis  ennemis  égarés,  ayant  entendu  du 
bruit  dans  son  voisinage,  s'y  porta  et  reconnut  de  Tinfanterie 
autrichienne  qui  cherchait  à  s'échapper;  aussitôt  elle  donna 
Talarnie,  le  poste  monta  à  cheval;  Tofficier  qui  le  commandait, 
s'étant  dirigé  aux  cris  de  la  vcdetto,  s'empara  d'un  détachement 
ennemi,  composé  de  80  grenadiers  et  :i  officiers,  avec  un  dra- 
peau. 

La  division  s'est  mise  en  marche  à  9  heures  du  matin,  pour  se 
rendre  à  Zusmarshausen,  où  elle  a  pris  position  à  midi. 

A  "2  heures,  la  2®  brigade  a  été  s'établir  à  Wolpach. 

A  i)  heures,  le  26^  est  monté  à  cheval  pour  accompagner  Son 
Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât  dans  une  reconnaissance 
sui-  liurgau  et  n'est  l'entré  ù  son  cantonnement  qu'à  minuit. 


9  OCTOBRE.  407 

Le  maréchs^l  Soult  au  maréchal  Berthier. 

Maiabach,  le  17  vendémiaire  an  xiy  (9  octobre  1605), 
à  4  h.  1/2  du  matin. 

Je  viens  de  recevoir  la  dépêche  du  16  {8  octobre)^  dont  Votre 
Excellence  m'a  honoré  ;  elle  aura  vu  par  mon  rapport  du  même 
jour  que  les  prisonniers,  que  j'avais  faits  hier  dans  cette  partie, 
avaient  assuré  que  Tennemi,  en  se  retirant  d'Ulm,  devait  se 
porter  sur  Landsberg,  ce  (jui  annonce  une  disposition  prise 
depuis  quelques  jours. 

Je  vais  me  porter  sur  Aichach,  où  j'espère  qu'aucun  obstacle 
ne  m'empêchera  d'arriver,  et  me  dirigerai  de  suite  sur  Fried- 
berg;  cette  marche  doit  déterminer  l'ennemi,  qui  est  devant 
Augsburg,  à  se  retirer  au  plus  vite  sur  Landsberg;  dans  cette 
supposition,  je  prierai  Votre  Excellence  de  vouloir  bien  me  faire 
connaître  s'il  n'entrerait  pas  dans  les  dispositions  de  Sa  Majesté 
que  je  dirigeasse  le  4®  corps  d'armée  sur  ce  débouché  important, 
tandis  que  le  maréchal  Davout  me  remplacerait  à  Friedberg  ; 
mais,  dans  ce  cas,  je. demanderais  que  les  1'»  et  4«  divisions  du 
corps  d'armée,  qui  sont  sur  la  rive  gauche  du  Lcch,  ainsi  qu'un 
renfort  de  cavalerie,  eussent  ordre  de  me  rejoindre. 

J'ai  l'honneur 

Soult. 

P. -S.  —  Si  le  corps  d'armée  était  réuni,  je  demanderais  avec 
instance  à  Sa  Majesté  la  permission  de  le  diriger  sur  Munich 
pour  m'établir  au  centre  de  la  ligne  d'opération  de  l'armée  enne- 
mie, l'obliger  à  s'élever  jusque  dans  le  Tyrol,  passer  i'Isar  et 
être  en  position  de  battre  les  Russes  à  mesure  qu'ils  arriveraient. 


4"  CORPS  d'armée. 

Ordre, 

La  V^  division  prendra  position  en  avant  du  village  de 
Rriegshaber,  sur  la  route  d'Ulm.  Elle  portera  son  avant-garde 
en  avant  de  Steppach,  en  arrière  de  la  Schmutter.  Elle  placera 
des  postes  au  delà  de  cette  rivière. 


408  CHAPITRE  III. 

La  2«  division  prendra  position  en  arrière  du  village  de 
Gôggingen,  sur  la  route  de  Mindelheim  k  Memmingen.  Elle  por- 
tera son  avant-garde  en  avant  de  Gôgglingen,  gardera  tous  les 
ponts  de  la  Wertach  et  se  liera  par  la  droite  par  des  postes 
avec  ceux  de  la  i^^  division. 

La  3«  division  s'établira  en  arrière  du  village  d'Haunstetten, 
sur  la  route  de  Landsberg,  dirigeant  sa  droite  vers  la  gauche  de 
la  2«  division.  Elle  portera  son  avant-garde  en  avant  d'Hauns- 
tetten,  et  éclairera  la  rive  gauche  du  Lech. 

Le  8®  de  hussards  fera  Tavant-garde  de  la  1™  division; 

Le  11«  de  chasseurs,  de  la  2«  division; 

Et  le  26®  de  chasseurs,  de  la  3«  division. 

Les  chasseurs  corses  et  les  tirailleurs  du  Pô  seront  envoyés  à 
la  3®  division. 

Le  général  Saint-llilaire  enverra  un  bataillon  à  Augsburg,  où 
sera  le  quartier  général. 

{Sans  date),  Soolt'{1). 


Le  général  Salligny  au  Commissaire  ordonnateur. 

Augsbnrg,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

Monsieur  fOrdonnateur, 

D'après  votre  rapport,  il  faut,  pour  avoir  des  souliers,  faire 
donner  leur  contingent  aux  habitants  de  cette  ville.  Si  c'est  une 
mesure  absolument  indispensable  à  prendre,  il  faut  s'y  résoudre. 
Pour  cela,  je  mets  à  votre  disposition  100  hommes  d'infan- 
terie (2). 

Puisque  les  magistrats  ont  signé  l'engagement  de  fournir 
iO.OOO  rations  à  0  heures  du  soir  et  que  rien  n'est  rentré,  décla- 
rez-leur que,  si  pour  Munich  il  n'y  a  pas  10,000  rations  de 
fournies,  on  fera'  entrer  en  ville  deux  régiments.  Il  faut  encore 
requérir  40.000  rations  pour  demain. 

La  garde  doit  être  fournie. 


(1)  Lo  iiianThal  Soiilt  nVlnmc  nxw  divisionnaires  un  iHat  des  besoins 
en  souhers. 

(2)  Fournis  par  le  :^C}^. 


9   OCTOBRE.  409 

Vous  faites  tn»s  bien  de  faire  enlever  tout  ce  qui  est  fabriqué; 
c'est  le  moyen  d'avoir  quelque  chose. 

Il  est  juste  que  l'ordonnateur  Mathieu  Faviers  partage  les 
ressources  d'ici,  mais  le  Maréchal  pense  que  6,000  rations  lui 
suffisent;  insistez  pour  qu'il  n'ait  pas  d'avantage.  Les  tirailleurs 
du  Pô  doivent  avoir  des  souliers  les  premiers. 

Salligny. 


Le  maréchal  Soult  au  maréchal  Berthier. 

Augsburg,  le  17  vendéniiairo  an  xiv  (9  octobre  1805). 

J'arrivais  à  Friedberg,  et  mon  avant-garde  était  aux  portes 
d'Augsburg,  lorsque  la  lettre,  que  Votre  Excellence  m'a  écrite 
le  1()  (8  octobi'é),  à  minuit,  m'est  parvenue.  J'ai  été  vivement 
affligé  de  voir  que  Sa  Majesté  n'avait  point  approuvé  la  marche 
que  j'ai  ouverte  par  Aichah  pour  me  rendre  à  ma  destination  ;  le 
rapport  que  j'ai  eu  l'honneur  de  vous  faire  la  nuit  dernière  aura 
peut-être  justifié  les  motifs  qui  m'ont  déterminé  à  donner  cette 
direction  à  la  colonne;  j'eusse  craint  de  compromettre  ma 
gauche,  si  je  n'avais  d'abord  repoussé  le  corps  qui  la  menaçait, 
et  dont  la  force  en  cavalerie  était  supérieure  à  celle  que  je  pou- 
vais lui  opposer;  d'ailleurs  Votre  Excellence  doit  se  rappeler 
qu'elle  m'a  positivement  prescrit,  dans  son  ordre  du  16  de  ce 
n»ois,  de  marcher  sur  Aichach,  si  par  cas  l'ennemi  y  était  en 
force;  j'ai  obéi  par  devoir  et  par  nécessité;  j'ambitionne  que  Sa 
Majesté  en  soit  persuadée,  et  qu'Elle  ne  conserve  aucun  doute 
sur  renipressement  (|ue  je  mets  à  remplir  toutes  ses  intentions 
et  la  partie  de  ses  dispositions  ciu'Elle  m'a  fait  l'honneur  de  me 
confier. 

Je  vous  prie,  Monsieur  le  Maréchal  et  Ministre,  de  vouloir 
f)ien  mettre  sous  les  >eu\  de  l'Empereur  ma  justification,  et 
d'avoir  la  bonté  de  me  dire  si  Sa  Majesté  en  est  satisfaite. 

J'ai  rhonneur 

Soult. 


410  CHAPITRE  III. 

Le  maréchal  Soult  à  l'Empereur. 
AOfrsbarg,  le  17  rendémiâire  an  xiv  (9  octobrt  1805). 

Sire, 

Ce  matin,  à  la  pointe  dn  jour,  les  2«  et  3«  divisions  du  corps 
d'armée  se  sont  mises  en  mouvement  pour  se  diriger  sur  Augs- 
burg  en  passant  par  Aichach  et  Friedberg;  à  fi  heures,  Tavant- 
garde  est  entrée  à  Aichach  (Fennemi  avait  évacué  cette  ville 
depuis  deux  heures).  A  midi,  elle  était  à  Augsburg  où  elle  joint 
celle  de  la  \^-  division  et  la  division  de  dragons,  commandée  par 
le  général  Walthcr,  qui  y  entrait  en  même  temps. 

J'ai  fait  établir  la  i*^  division  en  avant  de  Kriegshaber,  sur  la 
route  d'Ulm,  la  2^  est  entre  Augsburg  et  Gôgglingen,  couyrant 
la  route  de  Mindelheim,  la  3^  entre  Gôgglingen  et  Haunstetten, 
couvrant  la  route  do  Landsberg.  J'aurais  pu  marcher  encore 
aujourd'hui,  mais  mamiuant  de  pain,  et  la  troupe  étant  fatiguée 
par  la  pluie  (prelle  a  reçue,  j*ai  cru  devoir  lui  donner  le  temps 
de  prendre  les  subsistances  que  je  fais  préparer  à  Augsburg. 
Demain,  je  marcherai  sur  Ulm  pour  remplir  les  intentions  de 
Votre  Majesté,  que  Son  Excellence  le  Ministre  de  la  guerre  m'a 
fait  connaître  par  sa  lettre  du  16  (S  octobre). 

J'ai  rendu  au  général  Waltlier  la  brigade  de  dragons  qui  a 
suivi  le  mouvement  do  la  colonne  (jue  je  conduisais,  et  cette 
division  est  établie  aujourd'hui  en  avant  de  Friedberg,  couvrant 
le  débouché  de  Munich,  conformément  aux  ordres  qu'elle  a 
reçus  de  Son  Altesse  le  prince  Murât.  J'ai  l'honneur  de  prier 
Votre  Majesté  de  vouloir  bien  me  faire  connaître  ses  intentions 
à  l'égard  de  cette  division,  si  elle  doit  suivre  mon  mouvement 
sur  Ulm. 

11  y  avait  hier  à  Aichach  deux  régiments  d'infanterie  (Prince 
Ferdinand  et  Deutschmeister)  et  deux  bataillons  de  troupes  irré- 
guliÎTCs,  le  régiment  de  uhlans  de  Merveldt  et  les  hussards  de 
Liechtonstein  ;  cette  troupe  s'est  retirée  sur  Schwabhausen,  où 
des  cuirassiers  de  l'Empereur,  ([ui  d'abord  avaient  été  dirigés 
sur  Uatisbonne,  et  d'autres  troupes  venues  de  Neuburg,  se  sont 
également  retirées;  tous  les  renseignements  portent  que  l'ennemi 
veut  défendre  ce  poste  et  y  attendre,  si  Votre  Majesté  le  lui 
permet,  l'arrivée  des  Russes.  Dans  les  environs  de  Munich,  il 


9  OCTOBRE.  411 

doit  y  avoir  dans  ce  moment  une  douzaine  de  mille  hommes 
auxquels  le  général  Rienmayer  donne  des  ordres. 

300  hussards  se  sont  retirés  ce  matin  de  Friedberg  sur  Munich. 

A  Friedberg,  les  Autrichiens  avaient  commandé  50,000  rations 
de  pain,  qui  devaient  partir  demain  pour  Ulm  ;  il  y  en  avait  déjà 
4,000  rations  de  fabriquées,  qui  ont  servi  à  Tavant-garde  ;  il  y  a 
un  magasin  de  blé  et  un  autre  d'avoine. 

Le  baron  de  Lieber,  banquier  de  la  cour  de  Vienne,  a  dit  au 
général  Lariboisicre  que,  depuis  deux  jours,  le  bruit  courait  que 
Tarchiduc  Charles  était  arrivé  à  Weissenhom,  près  Ulm,  mais 
il  ne  rassure  pas  positivement.  Le  prince  Ferdinand  et  le  général 
Mack  sont  toujours  présumés  à  Ulm. 

J'ai  Thonneur Soult, 


Le  général  Vandamme  au  maréchal  Soult 

OCgglingeOf  le  17  vendémiaire  an  xiy  (9  octobre  1805), 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'arrive  ici  et  je  suis  établi  à  la  position  que  vous  m'avez 
ordonné  d'occuper,  mes  troupe^  sont  exténuées  de  fatigue,  elles 
souffrent  surtout  beaucoup  du  manque  de  vivres  et  il  est  bien  à 
désirer  que  nous  ayons  enfin  quelques  distributions. 

Les  rapports  des  voyageurs,  postillons  et  paysans  portent  que 
Tennemi  a  encore  occupé  ce  matin  le  village  de  Sch  wabmûnchen, 
sur  le  chemin  de  Mindelheim  :  il  a  reçu  ce  matin  un  convoi  de 
40  voitures  d'artillerie,  qui  a  filé  sur  Mindelheim,  venant  de 
Munich  par  Landsberg. 

Un  déserteur,  qui  m'est  arrivé  ce  soir,  dit  que  la  majeure 
partie  des  troupes  est  encore  vers  Memmingen,  Kempten  et 
Ulm  ;  il  dit  aussi  qu'une  grande  partie  de  l'armée  ennemie  est 
déjà  défaite  par  la  fatigue,  attendu  que  les  Autrichiens  ont  pris 
de  force  beaucoup  de  jeunes  gens  qui  ne  peuvent  supporter  les 
fatigues  de  la  guerre. 

J'ai  été  très  mécontent  aujourd'hui  de  la  marche  du  bataillon 
corse. 

J'ai  l'honneur 

Vandammi. 


\M  CHAPITRE   III. 

Le  maréchal  Soult  ru  maréchal  Berthier. 

J'ai  rhonnoiir  do  rendre  ediiiple  a  Votre  Kxcellenre  de  la 
po^itidii  ijue  les  trois  premières  divisions  du  rorps  d'ariiiée  ont 
prises  en  avant  d\\uj;sbnr^,  où  elles  sont  arrivées  aiijutinl'hui 
à  une  heure,  l.a  première  division  est  en  avant  du  \  illace  d** 
Krieirshaher,  sur  la  roule  dTIm. 

La  ±'di\ision  entre  Vuirstiuri;  et  (iô^^linisen  eoii\rant  la  n»ut^ 
de  Mindellieim. 

La  .'{'*  entre  (i«i*;tflin^en  et  llaunstetten  rouvrant  la  rmite  d^ 
LandslMTf;. 

Dejuiis  liitT.  la  troupi*  mampie  de  pain,  j'esp«Te  que  re  mhî 
je  pfiurrai  lui  fu  donner  pour  deux  jours  :  a  Friedhen:.  jen  ji 
trou>è  i.(NN)  ratinus  faisant  partie  d  un  i-onvoi  <|ui  de\ait  rtrr 
l'ait  sur  l'ini  :  il  \  a  aussi,  dans  eette  ville,  un  mauasin  de  M** 
et  un  autrr  d'a\iiiue.  nuelqucs  ei»rps  imt  des  hommes  qui 
inani|urnt  de  soniitTs.  j't'ii  fais  demander  lî.tNN)  paires  a  \iiçs- 
hurt:.  Sur  n'It*'  <|uantitf,  j'rn  iddiendrai  bien  le  ti»'rs.  qui 
Nuftiniiit  aux  liesnins  nuiuus. 

L'«'nnriui  a\ait  hier  a  Aieliaeh,  en  outre  des  rèiriment^  At 
eaxalcrii'.  d^nt  j«'  \nus  ai  donné  les  noms,  les  rèciment^  d' 
l>«'utM"liniiiNti'r  ft  priiM'i*  FtTdinand.  infanterie,  ainsi  ipie  deui 
hataillniis  il«'  tnmprs  irrétrulieres.  tiette  troupe  sVst  rrlift-r  *uf 
Srliwalih.iiiNfn,  nu,  lu'assure-l-on,  il  >  a  iri.tNNl  li(inime%  d^ 
rfunis  l't  ou  1  i-niifuii  se   )»rtip«isi>  de   tenir  pisqu'a   r*irri\*'f*  d^ 

ItUNNI'N. 

\  Muiiirh.  il  liiMt  \  a\«>ir  un«*  ilnu/aine  de  mille  liomme%. 

Mf'uiain.  jf  man'hfrai  Mir  l'Iui,  en  exécution  des  dispir%iti<%iis 
(pir  Notre  Kxeelleiiii'  me  t'ait  «'nruiaitre  par  sa  lettre  du  l<^ 
s'  ..»  f'.hn'  . 

.le  la  prii-  lie  ni*'  liii'i'  M  la  dixisiim  de  draiinns.  riininiAnd>-^ 
par  I»*  L'«mral  \\allhi*i.  ilmt  suixre  mon  mouvement  et  ^i  j^  p«ii* 
lui  ilniiiifr  «les  nriln'N.  |.i>  terrain  ipo' j  ai  a  parmurir  drniâDd' 

plus  «le  ra\  alc|  |i-  4|lh'    p-   M  fil  ai. 

.)•'  Il  .11  aui-uii*'  ii<iM\*'||i-  ilu  iiiareehal  haxout.  ni  de  ses  tmupe^ 

.1  .11  rtiiiiiiK'ur  lie  \iHis|iMei\  MiuiMeur  II*  Mareclial  et  MiniUrr. 

i!i    \>>i!l-i!i  Im-ii  lu  Nhlnjurr  |f  iimiixemenl  des  oirps  qui  «rn»nt  J 

fM.i   .l!..|t.v 

.1   •.  l  'i'.im«-ur  ...  Sn*l.T. 


9  OCTOBRE.  413 

P.- S.  —  J'ai  fait  connaître  aux  divisions  les  brillants  succès 
que  le  prince  Murât  a  obtenus,  et  cette  bonne  nouvelle  leur  fait 
désirer  vivement  de  trouver  Toccasion  de  signaler  leur  courage 
et  leur  dévouement  pour  Sa  Majesté. 

(Sans  lieu  ni  date.)  Soult. 


Bulletin  historique  des  marches  de  la  division 
de  la  Garde  impériale. 

Le  17  vendémiaire,  elle  passa  le  Danube  à  Donauwôrth,  et  se 
dirigea  sur  Augsburg  en  côtoyant  le  Lech  et  en  traversant  un 
pays  de  plaine  boisé.  Elle  poussa  jusqu'à  Augsburg  (12  lieues). 

Cantonnements  à  Augsburg. 

Général  Roussel. 


Le  maréchal  Berthier  au  général  Marmont 

DonauwOrth,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805), 
à  10  heures  du  matin. 

Général, 

Les  moments  sont  précieux;  chaque  heure  perdue  nous  ôte 
une  partie  des  succès  que  notre  marche  nous  a  donnés. 

Rendez-vous  avec  votre  corps  d'armée  ce  soir  à  l'intersection 
des  routes  d'Augsburg  à  Neuburg  et  de  Munich  à  Rain,  c'est-à- 
dire  au  village  dans  les  environs  de  Gundelsdorf.  Tirez  des  vivres 
partout  où  vous  pourrez,  car  il  y  aura  bien  de  la  peine  à  vivre  à 
Augsburg. 

Le  quartier  général  sera  ce  soir  à  Augsburg. 

Je  vous  préviens  que,  dès  aujourd'hui,  votre  corps  d'armée 
ne  recevra  des  ordres  que  du  grand  quartier  général. 

Maréchal  Berthier. 


414  CHAPITRE  m. 

Le  général  Marmont  au  maréchal  Berthier. 

Neabarg,  le  17  rendémiaire  an  xiv  (0  oHobie  1805). 

J'ai  Thonncur  du  vous  rendre  compte  que  mes  troupes 
viennent  de  passer  le  J)anube.  Files  auraient  marché  immédia- 
tement et  auraient  couché  ce  soir  à  POrnbach  oix  est  la  croisée 
des  routes  de  Ffan'enhofen  et  de  Schrobenhausen,  si  la  cruelle 
disette  qu'elles  éprouvent  n'avait  pas  rendu  indispensable  de  les 
arrêter  pour  leur  distribuer  quelques  subsistances.  Elles  vont 
recevoir  un  tiers  de  ration  de  pain  et  quelque  peu  de  pommes  de 
terre;  après  quoi  elles  marcheront  et  iront,  j'espère,  à  trois 
lieues  sur  la  route  de  Pfairenhofen. 

Le  maréchal  Hernadotto  est  à  Ingolstadt;  il  passe  le  Danube 
sans  avoir  d'ennemis  en  présence.  En  conséquence,  je  ne  m'y 
rends  pas.  Le  maréchal  Davout  vient  de  partir  pour  Aichach;  je 
prends  une  position  intermédiaire. 

Je  n'ai  aucune  direction  pour  mon  mouvement  de  demain, 
mais,  à  moins  d'ordre  contraire,  je  me  rendrai  à  Schrobenhausen 
pour  être  plus  à  portée  de  soutenir  le  maréchal  Davout  et  laisser 
un  peu  de  place  au  maréchal  Hernadotte. 

Je  vous  demande  avec  les  instances  les  plus  vives,  Monsieur 
le  Maréchal,  de  prendre  en  considération  ma  position  relative- 
ment aux  subsistances  et  de  me  faire  donner  de  prompts  secours 
en  biscuit.  Mes  besoins  augmentent  parce  que  je  m*éIoigne  tou- 
jours, parce  (juc  le  passage  du  territoire  prussien  retarde  l'arri- 
vée de  mes  convois,  parce  que  le  pays  est  épuisé  et  que  le 
voisinage  des  corps  d'armée  réduit  à  rien  les  ressources  que  je 
pourrais  encore  en  tirer. 

Je  prie  Votre  Excellence Marmont. 


Note  après  avoir  communiqué  au  général  Marmont  les  ordres 
et  les  dispositions  de  Sa  Majesté, 

Nasscnfels,  le  17  vendémiairo  an  xiv  (9  octobre  1805), 
à  -1  h.  1/2  du  matin. 

Les  troupes  du  général  Marmont  sont  arrivées  le  15  (7  octobre)^ 
à  Pappenhcim,  excessivement  fatiguées.  Il  devait  marcher  le 


9  OCTOBRE.  418 

lendemain  à  Neuburg  par  Tagmersheim  et  Bergen,  route  de 
traverse  dans  laquelle  tous  les  rapports  l'ont  déconseillé  de 
s'engager;  il  a  pensé  (ju'en  partant  de  très  bonne  beure  il  aurait 
le  temps  de  prendre  à  la  hauteur  de  StafTensheim,  en  tête  des 
colonnes  de  M.  le  marécbal  Bernadette,  la  grande  route  de 
Weissenburgpar  Eicbstiidt  et  Neuburg.  Mais  la  difficulté  des 
chemins  et  la  lenteur  de  la  marche  dans  le  défilé  a  fait  que  la 
colonne  de  M.  le  Maréchal  a  été  coupée  sur  tète  et  il  en  est 
résulté  un  grand  encombrement  et  la  perte  réelle  d'une  marche 
pour  M.  le  Maréchal. 

Le  général  Marmont  s'est  trouvé  cependant  par  là,  étant 
arrivé  à  Nassenfels,  en  mesure  de  passer  le  Danube  ce  matin  17 
{9  octobre),  et,  se  portant  le  plus  tôt  qu'il  le  pourra  sur  Schro- 
benhausen,  d'appuyer  le  mouvement  et  l'attaque  de  M.  le  maré- 
chal Davout  sur  Aichach;  il  a  dû,  dès  ce  matin,  en  mettant  ses 
troupes  en  mouvement,  se  concerter  avec  lui. 

Le  général  Marmont  a  reçu  les  mêmes  avis  que  le  maréchal 
Davout  sur  les  forces  et  les  mouvements  de  Tennemi  en  Bavière, 
et  quant  à  ce  (|uî  concerne  la  Kednilz  et  la  frontière  de  Bohême, 
il  se  réfère  aux  rapports  (ju'a  dû  recevoir  et  transmettre  M.  le 
maréchal  Bernadotle. 

Mathieu  Dumas. 


Ordre  de  marche. 


Au  quartier  général,  à  Neuburg,  le  17  vendémiaire  an  xiv 
(9  octobre  1805). 

L'avant-garde  partira  à  5  h.  l/!2  du  matin  et  réglera  sa  marche 
de  manière  à  n'être  pas  au  delà  d'une  lieue  du  corps  d'armée. 
Elle  s'éclairera  très  au  loin  sur  la  route  de  Rain  à  Aichach  pour 
chercher  à  communiquer  avec  les  troupes  françaises  et  surtout 
avec  une  division  de  dragons  qui  se  porte  sur  le  même  point. 
L'avant-garde  s'éclairera  également  sur  sa  gauche  et  particuliè- 
rement sur  les  routes  (|ui  pourraient  venir  de  Schrobenbausen. 

La  1^«  division  partira  à  5  h.  1/i,  la  2®,  à  G  heures,  et  la  3«  à 
r»  h.  1/2. 

Les  divisions  ne  marcheront  qu'avec  leur  artillerie  et  laisse- 
ront les  voitures  et  bagages  en  tout  genre  qui  marcheront  à  la 


416  CHAPITRE  III. 

suite  du  parc  de  réserve  d'artillerie,  conformément  à  Tordre 
précédemment  donné. 

Chaque  division  fera  marcher  un  demi-bataillon  sur  sa  droite 
et  un  demi-bataillon  sur  sa  gauche  pour  couvrir  ses  flancs.  Ces 
demi-bataillons  seront  toujours  en  vue  de  leur  division. 

Il  est  expressément  commandé  aux  généraux  de  division, 
lorsqu'ils  seront  à  deux  ou  trois  lieues  de  leurs  positions,  d'avoir 
fréquemment  des  patrouilles  de  deux  ou  trois  hommes  de  cava- 
lerie pour  communiquer  avec  les  troupes  qui  marchent  sur  la 
route  de  Rain. 

Le  général,  chef  de  Vétat-mojor^ 

{A,  G,),  Daultanne. 


Le  maréchal  Davout  à  l'Empereur. 

Aichach,  le  17  vendéraiaii'e  an  xiv  (9  octobre  1805). 
Sire, 

J'ai  l'honneur  de  rendre  compte  à  Votre  Majesté  qu'aujour- 
d'hui, à  cinq  heures,  les  divisions  de  ce  corps  d'armée  avaient 
pris  position  à  Aichach. 

Le  général  Kienmayer  s'était  déjà  retiré  sur  Munich  avec 
précipitation  ;  d'après  les  mouvements  que  l'on  a  remarqués 
dans  ses  troupes  et  même  dans  son  quartier  général,  tout 
annonce  la  crainte,  l'incei-tilude  et  l'irrésolution,  ce  qui  attaque 
singulièrement  le  moral  du  soldat  qui  ne  paraît  pas  se  dissi- 
muler la  position  fâcheuse  dans  laquelle  se  trouve  l'armée  autri- 
chienne. 

Les  officiers,  pour  rassurer  les  esprits,  parlent  beaucoup  des 
Russes,  mais  cela  n'est  qu'un  faible  palliatif. 

Les  Autrichiens  ont  frappé  sur  la  Bavière  une  réquisition  de 
(juatre  cents  chevaux  de  selle,  propres  à  monter  des  officiers  et 
môme  des  officiers  généraux  ;  ces  chevaux  doivent  être  livrés 
tout  équipés  et  conduits  par  deux  cents  palefreniers. 

J'ai  l'honneur 

Davodt. 


9  OCTOBRE.  417 

Le  maréchal  Davout  au  maréchal  Berthier, 

Âichach,  le  17  vendémiaire  an  xrv  (9  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'ai  riionneur  de  rendre  compte  à  Votre  Excellence  que  le 
corps  d'armée  a  pris  position  à  Aichach  ce  soir,  entre  les  cinq 
et  six  heures,  Tavant-garde  s'est  portée  à  Pfaffenhofen,  à  deux 
lieues  en  avant  d'Aichach,  sur  la  route  de  Munich. 

La  cavalerie  légère  du  général  Vialannes  a  pris  position  à 
Vernes,  à  gauche  de  la  route  de  Munich. 

La  fe  division  est  établie  en  avant  d' Aichach,  sur  la  lisière 
d'un  bois,  entre  les  routes  d'Augsburg  et  de  Munich. 

La  2^  division  est  postée  dans  les  bois,  à  la  gauche  de  la 
route  de' Munich. 

La  .*{e  occupe  la  lisière  des  bois  sur  la  route  de  Neuburg  à 
Aichach. 

L'Empereur  d'Autriche  avait,  par  une  proclamation,  menacé 
de  la  peine  capitale  les  habitants  qui  protégeraient  et  recèle- 
raient les  déserteurs  de  ses  troupes  ;  malgré  ces  défenses,  les 
habitants,  stimulés  par  des  ordres  secrets  de  l'Électeur  de 
Bavière,  continuent  à  receler  des  déserteurs  autrichiens,  ce  qui 
entretient  la  désertion  dans  leur  armée  ;  il  nous  est  arrivé 
aujourd'hui  7  à  8  de  ces  déserteurs. 

Davout. 


3«  CORPS  d'armée. 
Journée  du  17  vendémiaire  an  XIV  (9  octobre  1805). 

Quartier  général  :  Aichach. 

Avant-garde  : 

Marche  sur  Aichach  et  prend  position  auprès  de  Walchshofen 
jusqu'à  ce  qu'elle  voit  arriver  la  tête  de  la  l'«  division,  alors  elle 
se  porte  en  avant  d' Aichach. 

/re  division  :  Aichach. 

Bivouaque,  la  droite  à  Seebach  (?),  la  gauche  à  Ilollenbach, 
occupant  les  villages  de  Saint-Jodoc  et  de  Affing  et  le  bois  qui 
est  en  avant  de  ces  villages. 

m.  27 


418  CHAPITB£  Ul. 

• 
2*^  division  :  Bernbaeh. 

Appuie  sa  droite  â  la  ^iiche  de  la  l'*  division  à  Holienbach, 
Ja  gauche  à  Walchsliofen,  en  occupant  les  villages  de  Bembach 
et  de  Algertshausen. 

^«  division  :  Inelieuliofen. 

En  deuxieiue  ligne  à  Inchenhufen  :  les  troupes  sont  placées 
en  avant  de  ce  village,  faisant  f:iee  a  Aichach  et  tenant  la  tête 
des  bois. 

Cavalere  légère  :  A  rallié  Tavant-garde  et  suit  son  mouvement. 

Parc:  Suit  le  mouvement  de  la  3«  division  et  parque  en 
arrière  d'inchenhofen. 


Journal  de  marche  de  la  division  Priant 

De  Zell  à  Aichmeh,  le  17  vendémiaire  an  xnr  (9  octobre  1805). 

L'avant-garde  marche  sur  Aichach;  elle  prend  une  première 
position  en  arrière  des  hauteurs  de  Walchshofen;  elle  se  porte 
en  avant  à  rarrivée  de  la  l'^  division,  appuie  sa  droite  à  la  hau- 
teur sur  laquelle  est  le  château  de  Scherneck,  sa  gauche  sur 
lIolIcnl)acli,  occupant  Saint-Jodoc  et  Afling  sur  son  front;  elle 
se  porte  une  troisième  fois  en  avant,  traverse  Aichach,  couvre 
cette;  petitf'  ville  en  se  mettant  â  cheval  sur  la  route  de  Munich, 
en  arrière  de  Kliugen,  et  la  l»"®  division  occupe  définitivement 
sa  seconde  position.  « 

La  "2^  division  appuie  sa  droite  à  llollenbach,  sa  gauche  à 
lle/hon'cn  (?)  ;  elle  occupe  Bembach  et  Algertshausen.  Son 
(|uarlier  générai  alla  à  Aichach.  Nous  étions  au  milieu  des  bois 
el  avions  ic;  Paar  sur  noire  front;  la  position  était  bonne.  La 
'A^  division  se  porta  en  seconde  ligue  derrière  nous  dans  les  bois 
et  occupa  Inchcnhofon. 

Nous  avons  eu  constamment  de  bons  chemins  malgré  le  mau- 
vais temps  et  un  bon  nombre  de  montées  et  descentes,  le  terrain 
étant  en  général  très  accidenté.  Nous  passâmes  sept  à  huit  ruis- 
seaux sur  des  ponts  en  bois  ci  trouvâmes  à  droite  et  à  gauche 
beaucoup  de  chemins  vicinaux  en  bon  état. 

Nous  suivîmes  la  route   de    Neuburg  à  Augsburg  jusqu^à 


9  OCTOBRE.  419 

Gundelsdorf,  village  sur  une  hauteur  isolée,  avec  église  et  cime- 
tière muré.  Nous  passâmes  à  Feldkirchen,  près  une  ferme  isolée, 
nommée  Kalkhofen,  à  Wagenhofen,  Rohrenfels,  traversé  par  un 
très  gros  ruisseau.  Nous  passâmes  près  de  Bairn,  d'HoUenbach, 
de  Seyboltsdorf,  à  Schônesberg,  à  Walden,  traversé  par  un 
ruisseau,  à  Gumpenberg,  à  Pôttmes,  gros  bourg  près  d'un  lac  et 
traversé  par  TAch,  très  petite  rivière,  à  Handzell,  village  avec 
château  et  situé  dans  une  espèce  d'île  formée  par  TAch  et  un  de 
ses  bras;  nous  passâmes  Tun  et  l'autre  sur  des  ponts  en  bois, 
puis  entre  deux  étangs  avant  d'arriver  à  Gundelsdorf. 


Le  général  Gautier  au  général  Gudin. 

Walchshofen,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

Mon  Général, 

La  brigade  que  j'ai  l'honneur  de  commander  est  placée  dans 
le  bois,  dit  Inchenhofen-Wald,  à  600  toises  en  arrière  de  ce 
village,  laissant  à  sa  droite  l'espace  de  deux  régiments  pour  la 
brigade  du  général  Petit  qui  aura  sa  droite  à  la  route. 

La  !2<'  division  vient  de  quitter  la  position  que  nous  occupons 
pour  aller  prendre  celle  de  la  l»"®  division  qui  doit  avoir  marché. 

L'offlcier  d'état-major,  chargé  de  m'indiquer  l'emplacement, 
n'a  pu  le  faire  après  le  départ  de  la  division  Priant.  J'ai  pris  sur 
moi  de  m'établir  à  son  lieu  et  place  et  j'ai  prié  M.  Larcilly(l) 
de  rendre  compte  à  M.  le  Maréchal  de  cette  détermination  que 
vous  approuverez  sans  doute,  mon  Général,  avec  d'autant  plus 
de  raison  que  la  nuit,  le  mauvais  temps  et  la  fatigue  ne  nous 
permettaient  plus  d'attendre  dans  la  plaine. 

Agréez  mes  hommages  respectueux* 
(A.  G*),  Gautier. 

(i)  Officier  d'état-raajor  du  corps  d'armée. 


420  CHAPITRE   III. 

A  M.  le  maréchal  Davout 
Inchenhofen,  le  17  Tendémiaire  an  xi¥  (9  octobre  1805). 

J'ai  rhonneur  de  vous  rendre  compte  que  ma  division  est 
arrivée  à  Inchenhofen  à  5  h.  i/2;  elle  allait  prendre  sa  position, 
que  j'avais  reconnue,  lorsqu'un  officier  de  Fétat-major  général 
est  venu  la  chercher  pour  la  placer  en  avant  des  bois  d'Inchen- 
hofen;  ce  changement,  qui  ne  me  rapproche  que  d'une  demi- 
lieue  d'Aichach,  est  cause  que  la  queue  de  ma  colonne  ne  sera 
pas  rendue  avant  10  heures  dans  son  bivouac,  vu  la  difficulté 
du  passage  dlnchenhofen  où  les  hommes  ont  été  obligés  de 
passer  un  à  un. 

Les  troupes  détachées  sur  les  flancs  n'ont  rien  vu  que  beau- 
coup de  pillards  de  toutes  les  divisions;  le  mal  à  cet  égard  parait 
augmenter  et  il  serait,  je  crois,  très  nécessaire  d'y  porter 
remède  ;  les  marches  forcées  y  contribuent  à  la  vérité,  mais  il 
est  dangereux  que  le  pli,  une  fois  pris,  il  ne  faille  des  exemples 
nombreux  pour  le  déraciner. 

D*après  les  renseignements  qui  m'ont  été  donnés,  le  corps  du 
général  Kienmayer  est  composé  des  régiments  des  hussards  de 
Liechtenstein  : 

1  bataillon  de  Wurtemberg: 

1  bataillon  des  grenadiers  de  Gemmingen  ; 

1  régiment  de  cuirassiers  de  Lorraine  ; 

4  bataillons  d'infanterie  du  régiment  Deutschmeister  ; 

2  bataillons  de  CoUoredo. 

Les  uhlans  de  Merveldt,  le  régiment  de  Peterwardein,  le  régi- 
ment de  Gyulay  devaient  faire  partie  de  ce  corps  d'armée. 

GUDIN. 


Le  général  de  brigade  Daultanne,  chef  de  /'état-ma/or  génértJ, 
au  général  Gudin. 

Au  quartier  génOral.  à  .\iohach,  le  17  vendémiaire  an  xnr 
(9  octobre  1S05). 

Mon  cher  Général, 

J'ai  l'honneur  de  vous  inviter  à  donner  vos  ordres  pour  qu^un 
sous- officier  par  régiment  et  un  pour  le  parc  d'artillerie  de  votre 


9  OCTOBRE.  421 

division,  ainsi  qu'un  autre  pour  le  grand  parc,  se  rendent  à 
Aichach,  avant  4  heures  du  matin,  pour  prendre  livraison  d'une 
portion  des  vivres  provenant  d'une  réquisition  frappée  sur  le 
bailliage  d'Aiebach  par  ordre  de  M.  le  Maréchal.  Ces  objets  con- 
sistent en  pain,  riz  et  eau-de-vie  dont  on  ne  peut  encore  appré- 
cier les  quantités,  attendu  que  les  rentrées  ne  sont  pas  entière- 
ment effectuées. 

Ces  sous-officiers  s'adresseront,  à  leur  arrivée,  au  commis- 
saire des  guerres  Burguet,  qui  se  tiendra  à  la  municipalité  pour 
faire  la  répartition  entre  les  divisions. 

J'ai  l'honneur  de  vous  saluer  respectueusement. 

Poar  le  Général,  chef  de  l'état-major  général  : 

L adjudant-commandant  sous-chef^ 
(A.  G,)  Hervo. 


Note, 

Marche  des  troupes  de  M.  le  maréchal  Davout. 
Beau  convoi  de  pain  et  de  biscuit  défilant  cette  nuit  par  Neu^ 
burg  ;  il  y  en  a  pour  six  jours  pour  toute  son  armée. 

M.  le  maréchal  Bernadotte  observe  que  les  régiments  d'infan- 
terie diminuent  beaucoup  par  les  malades  et  plus  encore  par  le 
nombre  d'hommes  qu'il  est  obligé  de  fournir  au  bataillon  du 
train  d'artillerie,  aux  équipages  de  l'armée  et  aux  administra- 
tions; il  prie  le  ministre  d'envoyer  des  conscrits  aux  bataillons 
du  train  ou  lui  envoyer  deux  compagnies.  Beaucoup  de  voitures 
sont  conduites  par  des  paysans. 

M.  le  maréchal  Bernadotte  et  le  général  Marmont  n'ont  pas 
de  biscuit;  on  n'en  a  pas  fabriqué  à  Wiirtzburg.  M.  le  maréchal 
Bernadotte  en  fera  faire. 

M.  le  Maréchal  a  pleine  confiance  dans  les  Bavarois  contre  les 
Autrichiens,  excepté  trois  régiments  franconiens  qu'il  surveille. 
Son  corps  français  est  hors  de  proportion  en  cas  d'isolement 
pour  combattre  les  Russes. 

M.  Dumas. 


4St  CRAPITR8  m. 

Notes  dictées  fMir  M.  le  maréchal   Bernadotte,  après  avoir  reçu 
communication  des  ordres  et  des  dispositions  de  Sa  Majesté. 

Eiehit&dt,  le  17  Tendémiairt  an  xir  (9  octobre  1805). 
à  7  heures  da  matin. 

L'Empereur  connaît  les  motifs  qui  ont  empêché  M.  le  maré- 
chal Bernadotte  d'être  à  Ingolstadt  avec  toute  son  armée,  hier  16 
(8  octobre)  ;  mais  le  général  bavarois  de  Wrède  s'est  approché 
hier  jusqu'à  une  lieue  de  cette  place  et  y  est  entré  ce  matin  avec 
environ  8,000  Bavarois. 

Le  général  Keilermann  suit  le  général  de  Wrède  à  une  heure  de 
distance  avec  deux  régiments  de  cavalerie,  une  compagnie  d'ar- 
tillerie légère  et  un  régiment  d'infanterie  légère. 

Toutes  ces  troupes  et  celles  de  la  division  du  général  Drouet, 
qui  suit  à  une  heure  de  distance  le  général  Keilermann,  passent 
le  Danube  et  se  portent  sur  les  hauteurs  de  Rothenthurm.  Ces 
généraux  envoient  des  partis  sur  la  route  de  PfafTenhofen,  où  le 
Maréchal  a  le  projet  de  porter  ces  avant-gardes  dès  aujourd'hui, 
s'il  le  peut.  La  route  de  Schrobenhausen  sera  aussi  éclairée,  et 
des  partis  seront  poussés  sur  Neustadt  pour  avoir  des  nouvelles 
du  c(Ué  de  Ratisbonne. 

M.  le  Maréchal  se  porterait  demain  avec  toute  son  armée  sur 
PfafFenhofen  s'il  ne  recevait  pas  de  nouveaux  ordres  de  Sa 
Majesté.  11  se  liera  avec  le  corps  du  général  Marmont  qui  se 
porte  aujourd'hui,  s'il  le  peut,  sur  Schrobenhausen.  11  faut 
observer  que  les  troupes  du  général  Marmont  sont  très  fatiguées 
et  que  le  reste  de  son  artillerie  n'a  pu  passer  le  défilé  d'Eichstadt 
que  la  nuit  dernière. 

11  est  parti  d'ici  (Eichstiidt),  il  y  a  cinq  jours,  un  corps  d'en- 
viron i,0(K)  hommes  pour  se  rendre  h  Amberg  et  y  attendre  une 
colonne  russe  que  le  général  Me^^'eldt  est  chargé  de  diriger  :  ces 
informations,  parvenues  à  M.  le  Maréchal  depuis  quelques  jours, 
lui  sont  confirmées  par  le  général  Deroy,  commandant  les  troupes 
bavaroises. 

M.  le  Maréchal  reçoit  à  l'instant  l'avis  que,  parmi  les  troupes 
autrichiennes  qui  sont  à  xVmbcrg,  se  trouve  le  régiment  de 
Gmùnd  (1),  un  escadron  de  uhlans  et  un  escadron  de  cavalerie. 

(i)  Ce  régiment  n'existe  pas.  Lire  :  Gemmingen. 


9  OOTOBRB.  •423 

Il  y  a  deux  jours,  il  n'y  avait  rien  sur  la  Rednitz,  rien  à  Lauf, 
sur  le  Pegnitz,  rien  à  Neumarkt. 

Le  maréchal  Bemadotte  n'a  pas  encore  reçu  la  solde  de  fruc- 
tidor; il  a  néanmoins  Favis  que  345,000  francs  ont  été  versés 
dans  la  caisse  du  receveur  à  Hanovre  :  le  reste  suivra. 

Le  Maréchal  pourvoit  à  la  solde  de  vendémiaire  par  une  con- 
tribution sur  le  pays  d'Eichstadt,  qu'on  lui  a  ordonné  de  traiter 
en  ennemi  ainsi  que  l'ordre  teutonique.  Les  rentrées  seront 
suffisantes  pour  pouvoir  donner  quinze  jours  de  solde  de  vendé- 
miaire demain  à  l'armée. 

Le  Maréchal  fera  aussi  donner  des  souliers  aux  troupes,  ainsi 
que  des  capotes,  ne  pouvant  plus  compter  sur  celles  qui  étaient 
en  confection  à  Hanovre. 

Les  troupes,  quoique  fatiguées,  ont  le  meilleur  esprit.  Elles 
ont  un  peu  souffert.  Elles  ont  été  cependant  bien  nourries  et 
très  bien  sur  le  pays  prussien,  ou  l'on  a  payé  argent  comptant. 

M.  le  Maréchal  désire  d'avoir  une  compagnie  de  sapeurs  et  un 
régiment  d'infanterie,  parce  qu'il  ne  se  trouve  pas  en  proportion 
avec  l'armée  bavaroise. 

Mathieu-Dumas. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Bernadette. 

DonaawOrth,  le  17  yendémiaire  an  xir  (9  octobre  1805), 
à  10  heures  du  matin. 

Monsieur  le  Maréchal, 

La  plus  grande  activité  est  devenue  nécessaire.  L'ennemi, 
déconcerté  dans  toutes  ses  mesures,  a  toutes  ses  colonnes  en 
mouvement  ;  dans  la  supposition  que  nous  ne  passerions  pas  le 
Danube,  une  division  ennemie  de  12  bataillons  de  grenadiers 
est  venue  se  faire  prendre  à  3  lieues  do  Donauwôrth,  ce  qui  a 
donné  lieu  au  combat  de  Wertingen. 

Je  vous  préviens  que  le  général-  Marmont  recevra  désormais 
des  ordres  directs  de  Tétat-major  général  et  je  lui  en  fais  passer. 

L'Empereur,  Monsieur  le  Maréchal,  ordonne  que  sans  perdre 
un  jour,  un  seul  instant,  vous  partiez  d'Ingolstadt  avec  12,000 


424-  CHAPITRE  lit. 

à  14,000  Français  de  votre  armée,  autant  de  Bavarois  ;  avec  ce 
corps  de  35,000  à  40,000  hommes,  vous  vous  dirigerez  droit  sur 
Munich,  à  marche  forcée,  allant  jour  et  nuit  ;  vous  vous  empa- 
rerez du  pont  de  Tlsar  et  de  tous  les  magasins  qui  se  trouvent 
dans  la  ville,  et  vous  vous  mettrez  sur-le-champ  en  bataille 
sur  la  route  de  Landsberg  et  sur  celle  de  Vienne. 

Vous  laisserez  à  Ingolstadt  un  corps  de  6,000  à  8,000  hommes, 
dont  2,000  Français  et  6,000  Bavarois,  lequel  se  retranchera  à 
Ingolstadt  et  y  tiendra  des  partis  le  long  de  TAltmûhl  et  de  la 
Rednitz. 

Éclairez  bien  les  mouvements  de  Tennemi  sur  la  rive  gauche, 
afin  de  donner  le  temps  à  T Empereur  d'envoyer  un  corps 
d'armée  pour  manœuvrer  et  agir  sur  la  rive  gauche  du  Danube, 
dans  le  cas  où  cela  deviendrait  nécessaire. 

L'Empereur  espère  que  votre  avant-garde  sera  à  Munich 
demain  au  soir  18  (/O  octobre). 

L'ennemi  ne  peut  pas  avoir  dans  cette  ville  plus  de  8,000 
à  10,000  hommes.  Vous  les  attaquerez  et  vous  les  pousserez 
vigoureusement  dans  la  journée  du  18. 

Le  quartier  général  impérial  sera  aujourd'hui  à  Augsburg, 
ainsi  que  l'armée  du  maréchal  Soult. 

Celle  du  général  Marmont  sera  en  marche  pour  s'y  rendre,  et 
enfin  celle  du  maréchal  Davout  sera  à  Aichach. 

Je  n'ai  pas  besoin  de  vous  dire,  Monsieur  le  Maréchal,  qu'il 
est  probable  que  des  régiments  isolés,  des  brigades,  des  petites 
divisions  ennemies  se  dirigent  dans  le  sens  le  plus  opposé  à  la 
guerre  ;  mais  avec  les  Bavarois,  il  vous  sera  facile  d'avoir  des 
renseignements  et  vous  tomberez  hardiment  sur  toutes  ces 
colonnes  ennemies,  afin  de  faire  le  plus  de  prisonniers  pos- 
sible. 

Vous  laisserez  le  commandement  du  corps  d'Ingolstadt  à  qui 
vous  voudrez,  même  à  un  général  bavarois  ;  mais,  dans  ce  cas, 
vous  aurez  soin  de  mettre  avec  lui  un  général  de  brigade  fran- 
çais, actif  et  intelligent. 

Recommandez  au  général  qui  commandera  à  Ingolstadt  de 
placer  un  bataillon  au  pont  du  Lech,  vis-à-vis  Rain,  et  de  me 
rendre  compte  deux  fois  par  jour,  au  quartier  général,  afin  de 
m'instruire  de  tout  ce  qui  se  passerait. 

Vous  me  ferez  connaître,  par  le  retour  de  l'officier,  le  lieu  où 


9  OCTOBRE.  425 

vous  coucherez  ce  soir,  celui  où  vous  coucherez  demafn,  dans 
le  cas  où  le  gros  de  votre  corps  ne  puisse  pas  arriver  à  Munich. 

Maréchal  Berthier. 


Le  maréchal  Bernadotte  au  maréchal  Berthier. 

Ingolstadt,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805), 
à  1 1  heures  da  soir. 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'ai  Thonneurde  vous  rendre  compte  que  j'ai  passé  le  Danube 
à  Ingolstadt  ;  le  pont  est  parfaitement  rétabli  ;  j'ai  fait  prendre 
poste  à  mon  avant-garde  en' avant  de  Reichertshofen,  en  pous- 
sant des  patrouilles  jusqu'à  Pfaffenhofen  ;  j'ai  établi  le  général 
de  Wrède  en  avant  d 'Ingolstadt,  ainsi  que  la  division  du  général 
Drouet.  Les  troupes  du  lieutenant  général  Deroy  et  la  division 
du  général  Rivaud  sont  établies,  une  partie  dans  la  ville  même, 
et  l'autre  partie  en  arrière  et  très  près  d' Ingolstadt. 

J'ai  reçu  la  lettre  que  vous  m'avez  adressée  par  M.  Figuier, 
adjoint  à  Tétat-major  ;  il  n'a  pu  me  la  remettre  qu'aujourd'hui 
à  5  heures  du  soir,  ayant  été  obligé  de  faire  la  majeure  partie 
de  la  route  à  pied  ;  j'ai  donné  de  suite  au  général  Marmont 
Tordre  de  se  porter  à  moitié  chemin  d'Augsburg,  avec  d'autant 
plus  de  raison,  (ju'en  consultant  toutes  les  cartes  et  les  gens  du 
pays,  je  me  suis  assuré  (ju'il  n'existait  point  dans  ces  contrées 
de  ville,  bourg  ni  village,  du  nom  d'Augsprug. 

Je  partirai  demain  avec  toutes  mes  troupes  ;  mon  avant-garde 
s'établira  à  Pfairenhofen  ;  je  prendrai  poste  aussi  très  près  de 
cette  ville  avec  le  premier  corps  de  la  Grande  Armée  et  les 
Bavarois  ;  je  me  porterais  bien  plus  en  avant,  si  un  avis,  auquel 
j'attache,  à  la  vérité,  peu  de  confiance,  mais  dont  l'objet  est 
beaucoup  trop  important  pour  négliger  de  savoir  à. quoi  s'en 
tenir,  ne  m'empêchait  de  trop  m'éloigner  des  bords  du  Danube; 
Ton  vient  de  nie  dire  que  la  première  colonne  des  Russes  était 
près  d'arriver  à  Ratisbonne  ;  j'ai  dépêché  de  suite  deux  courriers 
à  M.  Bâcher,  et  j'aurai  la  réponse  demain  de  bonne  heure. 

D'après  ce  que  vous  me  dites  par  votre  lettre  d'hier,  je  dois 
recevoir  de  nouveaux  ordres  au  premier  instant.  Je  suis  en 


4S6  CHAPITRB  m. 

mesure  de  les  exécuter.  En  quittant  Ingolstadt,  dois-je  y  laisser 
quelques  troupes?  Je  pense  que  vous  trouverez  bon  que  j'y 
laisse  quelques  Bavarois. 

J'ai  Thonneur 

Bbrnadottb. 


Journal  du  corps  bAvarois. 

lA  17  vendémiaire  an  znr  (9  octobre  1805). 

À  6  heures  du  matin,  Tavant-garde  passa  le  Danube  ;  pendant 
cette  marche,  elle  avait  continuellement,  sur  toute  la  longueur 
de  ses  deux  flancs,  des  chaînes  d'éclaireurs.  Son  quartier  général 
s'établit  à  Unsernherm,  une  lieue  en  avant  d'ingolstadt,  sur  la 
rive  droite  du  Danube  ;  la  position  appuyait  par  sa  gauche  à 
Schweig,  et  par  sa  droite  à  Unsemherm  en  passant  par  Rotben- 
thurm.  Des  partis  furent  détachés  jusqu'à  Kelheim,  Pfaffenhoffen 
et  Ratisbonne. 

Tous  les  rapports  disent  que  Tennemi  est  en  pleine  retraite 
vers  rinn,  excepté  Taile  gauche  qui  se  rejette  vers  Schôngau 
sur  le  Lech  et  en  Tyrol. 

Les  rapports  rentrés  le  soir  indiquèrent  que  Tennemi  se 
ralliait  vers  Tlsar,  mais  laissait  entrevoir  Tintention  de  s'abriter 
derrière  Tlnn. 


Le  général  Éblé  au  colonel  Navelet 

BichstAdt,  le  17  vendémiaire  an  ziv  (9  octobre  1805). 

Monsieur, 

D'Eichstâdt,  vous  vous  rendrez,  le  19  du  courant,  avec  votre 
parc  à  Ingoldstadt  où  je  vous  laisserai  de  nouveaux  ordres. 

Vous  donnerez  à  M.  Picart,  adjudant-major  de  votre  régi- 
ment, ainsi  qu'à  M.  Petit,  artiste  vétérinaire  en  chef,  Tordre  de 
se  rendre  le  plus  tôt  possible  au  grand  quartier  général  pour  être 
employés  à  l'état-major  d'artillerie. 

ËBLÉ. 


OOTOBRB.  427 

Au  généraf  Berthier. 
EichsUdt,  le  17  Teiidémi«ir6  an  xnr  (9  oetobre  1805). 

Mon  cher  Général, 

J'ai  Thonneur  de  vous  prévenir  que  parmi  les  30  hommes  que 
chacune  des  deux  divisions  d'infanterie  de  l'armée  a  fournis 
pour  le  train  d'artillerie,  il  s'en  trouve  la  majeure  partie 
impropre  au  service,  et  qui  au  lieu  d'atteindre  le  but  que  l'on 
s'était  proposé  ne  fait  qu'embarrasser,  et  ce  qui  est  pis  encore, 
détruire  les  chevaux  et  les  voitures.  Je  vous  prie,  en  consé- 
quence, de  donner  les  ordres  nécessaires  pour  que  ces  hommes 
soient  renvoyés  à  leurs  corps  et  remplacés  par  d'autres, 

(Suit  la  liste  par  division  et  par  corps  des  hommes  dont  il  est 
parlé  ci-dessus.) 

Voici  la  note  de  ceux  qui  existent  dans  différents  régiments, 
qui  sont  propres  au  service  du  train  et  qui  demandent  à  y  entrer. 
(Suivent  les  noms.) 

Tant  que  les  régiments  ne  seront  pas  rassemblés  pour  faire 
sortir  à  la  tète  les  hommes  qui  ont  déjà  servi  dans  le  train,  au 
lieu  de  réorganiser  ce  corps  on  le  perdra,  ainsi  que  les  chevaux, 
parce  que  les  colonels  n'exécutent  pas  les  ordres  tels  que  vous 
les  leur  transmettez. 

ÉBLÉ. 

Le  général  Êblé  au  général  Songis. 

Ingolstftdt.  le  17  Tendémitire  an  xir  (9  octobre  1805). 

La  lettre  que  vous  m'avez  fait  l'honneur  de  m'écrire  le  13  de 
ce  mois  m'est  parvenue  aujourd'hui. 

A  mon  passage  à  Wiirtzburg,  j'ai  fait  recevoir  100  chevaux 
que,  par  une  mesure  extraordinaire,  M.  le  maréchal  Bernadette 
nous  a  fait  obtenir  ;  ils  seront  à  déduire  sur  les  2,000  que 
M.  Otto  a  ordre  de  faire  fournir  ;  la  plupart  de  ces  chevaux  sont 
conduits  par  des  canonniers  chez  lesquels  la  bonne  volonté 
diminue  à  mesure  que  les  peines  augmentent  et  si  je  recevais 
un  plus  grand  nombre  de  chevaux  ils  deviendraient  inutiles, 
faute  de  soldats  du  train. 

La  2«  bataillon  employé  cinlevant  en  Hanovre  n'a  jamais  été 


428  CHAPITRE  III. 

complet  en  hommes  ;  depuis  deux  ans,  je  n'ai  pas  cessé  d'en 
demander  et,  si  Ton  m'en  eût  fourni,  le  bataillon  aurait  égale- 
ment pu  être  complété  en  chevaux. 

Vous  me  recommandez,  Général,  de  faire  harnacher  les 
chevaux  qui  seront  reçus  avec  les  harnais  de  ceux  morts  ou 
hors  de  service  ;  permettez  que  je  vous  rappelle  ici  que  le  gou- 
vernement n'a  rien  fourni  depuis  mon  arrivée  à  l'armée  de  Ha- 
novre pour  achat  de  harnais  et  que  ceux  qui  existent,  excepté  les 
selles  que  M.  le  maréchal  Bernadotte  a  fait  fournir  des  magasins 
de  Hanovre,  sont  le  produit  des  économies  faites  sur  l'entretien 
du  ferrage  et  des  harnais.  Le  bataillon  n'a  donc  pu  avoir  aucun 
approvisionnement,  mais  je  pourrais  y  pourvoir,  à  l'harnache- 
ment près  de  100  à  120  chevaux. 

Je  ne  puis  envoyer  aucun  homme  à  Pforzheim  avant  d'en 
avoir  de  disponibles,  car  indépendamment  des  canonniers  qui 
conduisent  des  voitures,  j'ai  donné  4  chevaux  à  tous  les  soldats 
en  état  de  les  conduire  et  je  n'en  ai  mis  que  deux  aux  voitures 
qui  nécessitent  6  chevaux. 

Si  j'avais  été  dans  la  possibilité  d'envoyer  des  hommes  à 
Pforzheim,  je  les  aurais  mis,  comme  vous  me  le  recommandez, 
sous  les  ordres  d'un  officier,  quoique  je  sentisse  combien  ils  sont 
essentiels  à  leurs  compagnies  qui  se  trouvent  abandonnées,  tant 
pour  la  discipline  que  pour  l'administration,  quand  le  chef  est 
absent. 

Quant  au  dépôt  de  cartouches  d'infanterie  qui  doit  s'établir  à 
Wûrtzburg,  il  est  de  mon  devoir  de  vous  observer,  Général, 
que,  pour  y  arriver,  il  faudra  que  nos  convois  traversent  la 
Prusse,  ce  qui  ne  peut  se  faire,  vu  la  neutralité  de  cette  puis- 
sance, et,  dans  le  cas  où  elle  accorderait  le  passage,  il  serait 
nécessaire  d'établir  des  routes  d'étape  qui  viendraient  aboutir 
aux  points  occupés  par  le  corps  d'armée  de  M.  le  maréchal  Ber- 
nadotte. Le  défaut  de  voitures  vous  empochera  aussi  de  faire  à 
temps  usage  de  ce  dépôt. 

Il  serait  pout-ctre  plus  avantageux  pour  l'armée  et  plus  facile 
à  obtenir  par  la  Prusse,  que  Ton  fît  partir  de  Wûrtzburg  des  car- 
touches d'infanterie  sur  des  voitures  de  roulier  pour  former  des 
dépôts  à  portée  de  l'armée.  Chacune  de  ces  voitures  portant  cinq 
à  six  fois  autant  qu'une  voiture  d'artillerie,  leur  marche  serait 
plus  rapide  et  la  dépense  qui  en  résulterait  ne  serait  peut-être 


9  OCTOBRE.  429 

pas  plus  considérable  que  celles  occasionnées  par  les  convois 
d'artillerie.  Wurtzburg  est  une  ville  assez  considérable  pour  que 
Ton  puisse  y  trouver  un  entrepreneur  qui  se  chargerait  du  trans- 
port dont  il  est  question.  Quelle  que  soit  la  mesure  que  vous 
prendrez,  Général,  j'ai  Thonneur  de  vous  prier  de  donner  des 
ordres  au  directeur  général  des  parcs  de  la  Grande  Armée  de 
s'entendre  avec  M.  Navelet,  directeur  de  celui  du  corps  d'armée 
de  M.  le  maréchal  Bernadotte,  pour  que  les  cartouches  d'infan- 
terie ne  manquent  pas. 

L'Électeur  de  Bavière  ayant  évacué  toute  son  artillerie  sur 
Wiirtzburg,  ses  munitions  l'auront  été  aussi;  je  doute,  d'aiUeurs, 
qu'elles  puissent  servir  aux  pièces  hanovriennes.  Si  on  emploie 
l'artillerie  autrichienne  qui  pourra  tomber  entre  nos  mains,  ne 
sera-t-il  pas  à  craindre  qu'elle  occasionne  de  la  confusion  en 
multipliant  les  calibres  et  les  différents  attirails,  à  moins  qu'on 
ne  puisse  au  même  instant  organiser  un  équipage  complet  d'une 
seule  espèce  d'artillerie. 

Si  vous  faites  fournir  de  l'artillerie  française,  Général,  il  faudra 
qu'elle  arrive  avec  ses  caissons,  car  ceux  que  nous  amenons 
du  Hanovre  sont  d'une  très  mauvaise  construction. 

Je  n'ai  pas  encore  pu  rassembler  toutes  les  pièces  nécessaires 
pour  former  l'état  de  situation  que  vous  m'avez  demandé  ;  nos 
marches  sont  si  longues  qu'elles  commencent  avant  le  jour,  que 
souvent  elles  durent  jusque  très  avant  dans  la  nuit,  et  que  les 
troupes  étant  toujours  au  bivouac,  il  est  impossible  aux  com- 
mandants des  convois  et  des  corps  de  s'occuper  d'écritures; 
mais,  sentant  combien  il  est  essentiel  que  vous  ayez  une  situa- 
tion exacte,  je  ne  négligerai  rien  pour  vous  la  faire  parvenir  dès 
qu'il  y  aura  un  jour  de  repos. 

Avant  de  terminer  ma  lettre,  Général,  je  dois  encore  vous 
rappeler  que  ce  n'est  qu'avec  des  peines  inouïes  que  les  officiers 
chargés  du  parc  de  réserve  sont  parvenus  à  Tameiier  à  deux 
marches  du  corps  d'armée.  Des  500  à  600  chevaux  requis  en 
Hanovre  pour  le  conduire,  il  n'en  reste  qu'un  très  petit  nombre, 
exténués  de  fatigue  et  abandonnés  par  les  propriétaires,  excepté 
douze  ou  treize  restés  au  parc.  Cet  état  de  choses  ne  peut  durer 
longtemps  et  il  ne  sera  pas  possible  d'établir  l'ordre  convenable 
dans  les  équipages  à  moins  de  quelque  séjour. 

ËBLÉ. 


430 


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432  CHAPITRE  III. 

Le  général  Andréossy  au  général  Godinot, 

DonaawOrih,  la  17  vendémiaire  an  xrv  (9  octobre  1805). 

Monsieur  le  Général, 

En  conséquence  des  ordres  de  Son  Excellence  le  ministre  de 
la  guerre,  major  général,  vous  prendrez  provisoirement  le  com- 
mandement de  Donauwôrth. 

Vous  donnerez  tous  les  ordres  et  vous  prendrez  toutes  les 
mesures  que  vous  jugerez  convenables  pour  y  maintenir  Tordre 
et  la  tranquillité;  pour  faire  rejoindre  les  soldats,  détachements 
ou  convois  allant  aux  corps  d'armée  qui  ont  passé  le  Danube,  et 
pour  renvoyer  à  leurs  corps  respectifs  ceux  qui  passeraient  à 
Donauwôrth  et  qui  n'auraient  point  d'ordres  légitimes  pour  y 
venir  ou  aller  sur  le  derrière. 

Vous  vous  concerterez  avec  M.  le  général  René,  commandant 
du  quartier  général,  jusqu'à  ce  que  le  quartier  général  ait  quitté 
Donauwôrth. 

Vous  aurez  à  votre  disposition  le  3«  bataillon  du  34®  régiment 
et  le  21®  régiment  de  dragons. 

Lorsque  les  prisonniers  de  guerre  arriveront  à  Donauwôrth, 
Tadjudant-commandant  Bourcier,  chargé  de  tout  ce  qui  y  a 
rapport,  les  comptera  en  passant  le  pont  et  en  dressera  Tétat,  en 
ayant  soin  de  désigner  les  corps. 

Vous  voudrez  bien  donner  des  ordres  pour  que  tous  les  pri- 
sonniers qui  seront  à  Donauwôrth  partent  aujourd'hui  sous 
l'escorte  de  deux  compagnies  du  34«  régiment  et  im  détachement 
du  21®  de  dragons. 

Les  troupes  françaises  seront  relevées  dans  leur  route  par  les 
bataillons  de  Wurtemberg  et  de  Baden,  qui  ont  reçu  des  ordres 
pour  fourjiir  des  détachements  sur  la  route  de  communication 
entre  Spire  et  l'armée  par  Nôrdlingen,  Bopfingen,  Ellwangen, 
Gaildorf,  Hall,  OËringen,  Heilbronn,  Eppingen  et  Bruchsal. 

Chaque  fois  que  vous  aurez  des  détachements  de  prisonniers 
de  guerre  à  faire  partir,  vous  aurez  soin  de  donner  les  ordres 
nécessaires  pour  faire  assurer  leur  subsistance  et  leur  logement 
et  pour  qu'ils  soient  gardés  avec  précaution  jusqu'au  moment 
de  leur  départ.  Les  commissaires  des  guerres  placés  sur  la  route 
•  de  Nôrdlingen   à   Spire   sont  établis   à   Boffenheim,  Gaildorf, 


9   OCTOBRE.  433 

QKhriugen  et  Eppingen.  Ils  feront  donner  les  vivres  pour  deux 
jours. 

Vous  ferez  délivrer  au  commandant  de  Tescorte  des  prison- 
niers de  guerre  un  ordre  de  route  jusqu'à  Spire. 

La  gendarmerie  d'élite  a  des  ordres  particuliers  de  ne  laisser 
sortir  personne  de  Donauwôrth  avant  que  le  maréchal  des  logis 
placé  au  pont  n'ait  constaté  que  ce  sont  des  Français  et  des  indi- 
vidus. 


Le  général  Andréossy  à  M.  le  général  René. 

Donauworth,  le  17  vendémiairo  an  xiv  (9  octobre  1805). 

Monsieur  le  Général, 

Je  vous  préviens  que  Son  Excellence  le  ministre  de  la  guerre, 
major  général,  vous  a  désigné  provisoirement  pour  commander 
le  quartier  général.  Vous  aurez  sous  vos  ordres  Tadjudant-com- 
mandant  Lomet(?),  chargé  des  logements,  et  ayant  avec  lui  pour 
le  seconder  l'adjoint  Bolesta,  Polonais.  Vous  aurez  encore  sous 
vos  ordres  l'adjudant-commandant  Bourcier,  chargé  spéciale- 
ment des  prisonniers  de  guerre.  Il  a  auprès  de  lui,  pour  le 
seconder,  l'adjoint  Tresseus.  M.  le  colonel  Wolf,  vaguemestre 
général,  se  conformera  à  ce  que  vous  prescrirez,  ainsi  que  M.  le 
colonel  commandant  la  force  armée  du  quartier  général. 
J'informe  ces  quatre  officiers  supérieurs  et  le  commissaire  des 
guerres,  attaché  au  (piarlier  général,  de  votre  nomination,  et 
Içs  invite  à  prendre  vos  ordres. 

Andréossy. 


Le  général  Andréossy  à  M.  le  général  René, 
commandant  le  quartier  général, 

Donauworth,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

Général, 

Je  vous  préviens  (|ue  3,000  à  4,000  Autrichiens  prisonniers 

viennent  d'arriver.  Vous  tâcherez  de  les  placer  dans  un  local 

hors  de  la  ville.  Son  Excellence  le  ministre  de  la  guerre,  major 

général,  a  donné   Tordre  au  3^  bataillon  du  34^  de  ligne   de 

III.  28 


434  CHAPITRE  III. 

bivouaquer  à  Tcntrée  du  pont.  11  sorvira  d'abord  pour  la  gardo 
des  prisonniers,  et  ensuite  pour  leur  escorte,  du  moment  où  on 
aura  déterminé  Tépoque  de  leur  départ.  J'écrirai  à  H.  Tlnten- 
dant  général  pour  qu'il  soit  pourvu  à  leur  subsistance- 
Faites  dresser  un  état  nominatif  exact  par  corps  de  ces  pri- 
sonniers et  faites  interroger  leurs  divers  commandants.  Ck)pie 
certifiée  de  Tinterrogatoire  sera  remise  à  Son  Excellence  le 
ministre  de  la  guerre,  major  général,  et  Tinterrogatoire,  ainsi 
(|ue  Tétat  nominatif,  seront  consignés  sur  le  registre  des  pri- 
sonniers de  guerre. 

Anoréossy. 


Le  général  Andréossy  à  M.  r Intendant  général. 

DonauwOrth,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (0  octobre  1805). 

Monsieur  l'Intendant  général. 

Le  chef  de  Tétat-major  d'artillerie  m'informe  que,  depuis  plu- 
sieurs jours,  les  canonniers  attachés  au  quartier  général  et  les 
charretiers  employés  à  la  conduite  des  fourgons,  et  Tétat-major 
même,  ne  peuvent  avoir  de  vivres.  L'intention  de  Sa  Majesté 
étant  que  toute  Tarmée  soit  approvisionnée  de  quatre  jours  de 
pain  et  de  quatre  jours  de  biscuit,  il  est  urgent  que  vous  preniez 
les  mesures  les  plus  eriicaces  pour  que  cet  ordre  reçoive  son 
exécution  et  que  Ton  ne  soit  pas  dans  le  cas  de  manquer  de 
vivres,  ainsi  que  cela  est  arrivé. 

Andréosst(I). 


Le  général  Andréossy  à  M.  l'intendant  général  Petiet 

Donauwiirth,  le  17  vendémiaire  an  xiv(9  octobre  1805). 

Monsieur  Tlntendant  général, 

Vous  savez  que  je  if  ai  pas  pu  hier  mettre  six  gendarmes  à  la 
(lis[)ositi()n  de  M.  Hartonieuf  pour  faire  rentrer  les  foins  néces- 


(i)Lc  général  Pernéty,  chef  trétat-miyor  de  rartiilorie,  eit  aviié  de 

l'oxpétlitioii  «le  rrtte  lettre. 


9  OCTOBRE.  438 

saires  à  la  subsistance  des  chevaux  du  quartier  général.  Le 
colonel  Gamo  ma  écrit  qu'il  ne  lui  restait  que  des  chevaux 
éclo|)cs;  je  ne  vois  donc  aucun  moyen  de  remettre  à  M.  Mon- 
thiéry  les  gendarmes  ou  cavaliers  nécessaires  à  la  réquisition 
des  objets  destinés  aux  hôpitaux  qui  doivent  être  établis  à 
Donauwôrth.  Je  vous  engage  à  réitérer  auprès  de  Sa  Majesté  la 
demande  d'une  force  armée  qui  restera  constamment  attachée  à 
votre  service;  tout  ce  que  je  puis  faire,  c'est  de  mettre  à  la  dis- 
position de  M.  Monthiéry  des  fusiliers  pour  les  réquisitions  dans 
Tintérieur  de  la  ville. 

Andréossy. 


Le  général  Andréossy  à  M.  Petiet 

Donauwoi-th,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

J'approuve  la  modilicution  que  vous  me  proposez,  relative- 
ment à  la  suppression  du  gîte  de  Boplingensurla  route  de  com- 
munication de  rarmée,  et  vous  pouvez  donner  vos  ordres  en 
conséquence. 

Je  vais  en  prévenir  Tadjudant-commandant  Chevalier,  à  Spire, 
ainsi  cjuc  les  généraux  commandant  à  Donauwôrth  et  Nôrd- 
lingen. 

Andréossy. 


L'adjudant- commandant  Hastrel  à  M.  l'intendant  Petiet 

DonauwOrtb,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  180&}. 

J'ai  riionneur  de  vous  prévenir  que  des  détachements  des 
IT*'  régiment  d'infanterie  légère,  4^^  {^e  qI  ^^e  ^q  ligne,  doivent 
partir  sous  deux  ou  trois  jours  de  Heilbronn  pour  aller  à  Nôrd- 
lingen,  d'où  le  général  Millet  doit  les  diriger  sur  le  4«  corps 
d'armée. 

IIastrbl. 

P.-S.  —  Ces  détachements  ont  du  arriver  à  Heilbronn  le  9  du 
courant,  |)eul-étre  sont-ils  déjà  partis. 


436  CHAPITRE  III. 

L'adjudant'Commandant  Hastrel  à  M.  Petiet 

Donaawj^rth,  le  17  vendémiairo  an  ziv  (9  octobre  1805). 

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J'ai  rUonneur  de  vous  adresser  quatre  états  indiquant  Tarrivée 
de  plusieurs  détachements,  envoyés  par  les  bataillons  de  dépôt, 
aux  réjçiments  composant  la  Grande  Armée. 

Les  détachements  portés  sur  Tétat  n<»  1,  partiront  de  Spire  le 
19  brumaire  et  marcheront  en  une  seule  colonne. 

ils  cantonneront  à  Bruchsal. 

Le  20,  à  Eppingen  ; 
Le  21,  a  Heilbronn; 
Le  22,  à  Œhringen; 
Le2;j,  à  Hall; 
Le  2i,  à  (îaildorf  ; 
Le  2r>,  à  Ellwangen  ; 

Et  le  26,  à  Nordlingen,  d'où  ils  seront  dirigés  sur  leurs  corps 
respectil's. 

Les  détachements  portés  sur  Tétat  n»  2,  partiront  de  Spire,  le 
li  frimaire,  el  suivront  la  môme  route. 

Je  ne  connais  pas  encore  Tépoque  de  l'arrivée  à  Spire  des 
détachements  portés  sur  Tétat  n"  3,  ni  sur  celui  n®  i.  J'aurai 
Thonneur  de  vous  en  instruire,  aussitôt  <|ue  je  le  saurai. 

Ces  détîichemenls  doivent  emporter  deux  paires  de  souliers 
par  homme  dans  les  havresacs  et  prendre,  en  partant  de  Spire, 
du  pain  pour  quatre  jours. 

Je  vous  prie.  Monsieur  Tlntendant  général,  de  vouloir  bien 
donner  vos  ordres  pour  assurer  les  subsistances  de  ces  troupes. 

J'ai  l'honneur  de  vous  saluer  avec  une  parfaite  considération. 

Ij  aide-moi  or  général, 
chef  de  V état-major  gânéral. 

Par  ordre  : 

L'adjudatit-commandanf, 
sous-chef  de  Vétat-yiajor  général, 

Hastrel. 


9  OCTOBRE.  437 

Le  maréchal  Moncey  à  l'Empereur. 

Paris,  le  17  vend(5miairo  an  xiv  (9  octobre  1805). 

Je  m'empresse  aussi  de  rendre  compte  à  Votre  Majesté,  qu'en 
vertu  des  ordres  que  le  ministre  de  la  guerre  m'a  transmis,  le 
12  vendémiaire,  du  quartier  général  de  Ludwigsburg,  j'ai,  sur- 
le-champ,  pris  les  mesures  nécessaires  pour  établir  le  plus 
promptement  possible,  sur  la  route  de  communication  entre 
l'armée  et  Spire,  neuf  postes  de  gendarmerie  de  16  hommes 
chaque,  y  compris  un  officier. 

Ces  détachements  sont  prélevés  sur  les  compagnies  des  19®  et 
:2o<^  légions,  et  seront  dirigés  dans  leur  service  par  le  chef 
d'escadron  Chariot,  de  la  résidence  de  Strasbourg,  qui  se  por- 
tera à  Hall,  centre  de  la  ligne  de  communication. 

Le  premier  inspecteur  général, 

{A  .  iV.,  A  F,  IV,  1155).  Maréchal  Moncey. 


M.  Bâcher  au  maréchal  Berthier. 

Le  17  vendômiairo  an  xiv  (9  octobre  1805). 

François  11  a  été  extrêmement  affecté  du  reproche  de  dupli- 
cité et  même  de  perfidie  que  contiennent  les  notes  françaises 
présentées  à  la  dicte  de  Uatishonne.  Ce  monarque  gémit  en 
secret  de  se  voir  ainsi  compromis  par  les  ministres  infidèles 
aux<|uels  il  a  abandonné  les  rênes  fiottantes  de  son  gouverne- 
ment agonisant.  11  prétend  n'avoir  aucun  traité  de  subsides  avec 
rAngleicnc  et  (pie  ses  ministres  l'ont  déshonoré  aux  yeux  de  la 
postérité  s'ils  en  ont  arrêté  un  à  son  insu. 

Cette  extrême  débilité  de  caractère  moral  et  physique  dans  un 
jeime  prince  dont  la  réputation  d'incurie  et  d'inaptitude  est 
généralement  répandue  jusque  dans  les  contrées  les  plus  recu- 
lées des  lîtats  héréditaires  de  la  maison  d'Autriche,  agit  puis- 
samment sur  tous  les  esprits,  au  moment  de  l'explosion  d'une 
nouvelle  guerre  sans  objet  et  sans  but.  Les  habitants  de  Vienne 
ne  se  dissimulent  plus  (jue  les  intrigues  et  l'or  corrupteur  de 


488  CHAPITRE  ni. 

rAngleterre,  après  avoir  fait  ravager  rMlemagne,  par  une- 
guerre  dévastatrice  qui  détruira  ses  fabriques  et  manufactures, 
finiront  par  asservir  successivement  tous  les  Etats  germaniques 
par  le  système  d'un  monopole  mercantile  qui  sera  un  véritable 
joug  de  fer. 

C'est  surtout  en  Hongrie  et  dans  les  provinces  qui  avoisinent 
l'empire  ottoman,  où  cette  lassitude  du  gouvernement  des  maires 
du  palais  de  Vienne  existe  dans  toute  sa  force.  Les  régiments 
des  frontières,  qui  en  sont  tirés,  se  ressouviennent  encore  de 
l'extrême  rigueur  avec  laquelle  on  a  fait  fusiller  un  grand 
nombre  de  leurs  compatriotes  pendant  la  dernière  guerre,  après 
avoir  fait  désarmer  les  bataillons  auxquels  ils  appartenaient. 

La  monarchie  autrichienne  n'a  Jamais  été  exposée  à  de  plus 
grands  dangers  que  dans  le  moment  actuel.  Elle  a  fait  des  efforts 
prodigieux  pour  mettre  en  campagne  tous  les  régiments  qui 
forment  sa  puissance  militaire.  Son  intérieur  est  entièrement 
dégarni,  et  une  bataille  perdue  peut  amener  des  suites  incalcu- 
lables, surtout  pour  le  crédit  public,  qui  a  déjà  éprouvé  de  si 
fortes  atteintes.  Menacées  de  la  banqueroute  et  de  la  famine,  les 
provinces  autrichiennes  sont  livrées  aux  angoisses  d'un  avenir 
d'autant  plus  inquiétant  (]u'elles  ne  voient  pas  de  terme  aux 
calamités  de  tous  les  genres  que  TAngletcrre  va  faire  fondre  sur 
tout  le  continent. 

Les  habitants  de  Vienne  ne  peuvent  pas  se  familiariser  avec 
ridée  d'une  guerre  à  outrance,  et  ils  se  flattent  encore  qu'il  se 
présentera  peut-être  un  moyen  d'arrêter  Tefl'usion  du  sang.  C'est 
le  vœu  de  leur  Empereur,  mais  on  sait  par  expérience  combien 
la  volonté  du  monarque  est  impuissante  lorsqu'elle  se  trouve  en 
opposition  avec  les  sinistres  projets  des  génies  malfaisants  qui 
dirigent  son  cabinet  secret,  et  ([ui  se  sont  emparés  plus  forte- 
ment (|ue  jamais  de  l'oxcrcicc  de  l'autorité  suprême  dans  toute 
rétendue  de  l'empire  autrichien. 


9   OCTOBRE.  439 

Le  Secrétaire  général  du  ministère  de  la  guerre 
au  général  Mathieu  Dumas,  aide-major  général,  maréchal  des  logis. 

Paris,  lo  17  vendémiaire  an  xtv  (9  octobre  1805). 

Général, 

J'ai  rhonneiir  de  vous  adresser,  conformément  aux  intentions 
du  ministre,  un  livret  de  remplacement  des  troupes  à  Tépoque 
du  1^''  vendémiaire  an  xiv. 

Son  Excellence  désire.  Général,  que  vous  lui  renvoyiez  à 
Tavenir,  tous  les  mois,  le  livret  qui  vous  aura  été  adressé  le  mois 
précédent. 

J'ai  Thonneur  de  vous  saluer. 

Dbnniée. 

P. 'S.  —  J'ai  Thonneur  de  vous  prévenir,  Général,  que  M.  le 
maréchal  a  fait  suspendre,  jusqu'à  nouvel  ordre,  l'impression  du 
livret  complet. 

Ordre  du  jour, 

Donauwftrth,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

L'Empereur  défend  expressément  qu'il  soit  tiré  des  corps 
aucun  officier  titulaire  pour  en  faire  des  officiers  de  coiTespon- 
dance,  mais  il  peut  en  être  demandé  à  prendre  parmi  les  officiers 
du  grade  de  capitaine  ou  lieutenant,  jouissant  du  traitement  de 
réforme;  le  major  général  fixera  le  nombre  qui  pourra  en  être 
accordé. 

A  l'exception  des  courriers  de  l'Empereur,  il  est  défendu  à 
tout  individu  faisant  les  fonctions  de  courrier  dans  l'armée,  d'en 
porter  l'habit  ci  la  plaque,  sans  avoir  obtenu  pour  ce  service 
une  commission  du  ministre  de  la  guerre,  d'après  la  demande 
(jui  en  aurait  été  faite  par  les  généraux  en  chef  ou  administra- 
teurs généraux. 

Tout  individu  qui  porterait  la  plaque  de  courrier  sans  être 
muni  de  cette  autorisation,  serait  arrêté  sur-le-champ  par  la 
gendarmerie  de  l'armée  ;  toute  commission  accordée  par  le  pré- 
décesseur de  Son  Excellence  le  ministre  de  la  guerre,  est  regar- 
dée comme  insuffisante,  si  elle  n'est  visée  ou  renouvelée. 

Andréossy. 


440  CHAPITRE  III. 


Supplément  à  r ordre  du  jour  du  17  vendémiaire  an  XIV, 

(Copie  d'une  lettre  du  Ministre  de  l'Administration  de  la  guerre  à  M.  Petiet, 
conseiller  dl^^at,  intendant  général  de  la  Grande  Armée.) 

Paris,  lo  9  vendémiaire  an  xiv  (P'oetobre  1805). 

En  m'informant,  par  votre  lettre  du  troisième  jour  complémen- 
taire, Monsieur,  que  les  corps  réclament  le  payement  des  sou- 
liers et  des  capotes  accordés  par  TEmpereur,  vous  demandez  si 
je  ferai  les  fonds  directement  aux  corps. 

Je  vous  préviens  (jue  .les  fonds  nécessaires  pour  le  premier 
tiers  des  redingotes  et  pour  la  première  paire  des  souliers  ont 
été  ordonnancés  au  profit  des  corps  à  la  fin  de  fructidor  dernier. 

Je  fais,  dans  ce  moment,  ordonnancer  une  somme  de  200,000 
francs  à  compter  sur  le  second  tiers  des  redingotes  et  une  autre 
de  :2i9,627  francs,  à  compter  sur  la  deuxième  paire  de  souliers. 

Quant  au  complément  du  dernier  tiers  des  redingotes  et  de  la 
deuxième  paire  de  souliers,  il  sera  ordonnancé  dans  le  courant 
de  bnunaire  prochain. 

Les  payements  él^uit  assurés  au  moyen  de  ces  dispositions, 
c'est  pour  les  corps  un  motif  de  plus  pour  hâter  les  achats  et 
confections  des  souliers  et  redingotes. 

Dejban. 


A  M.  le  prince  de  Tayllerand. 

Varsovie,  b  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

Comme  j'ai  eu  l'honneur  de  vous  le  marquer  dans  ma  lettre 
du  H,  je  m'occupe  à  des  découvertes;  mais  mes  soins,  quoique 
actifs,  n'ollrent  pour  le  moment  <|ue  de  la  stérilité  sous  le  rap- 
port d'une  connaissance  exacte  des  forces  et  des  mouvements 
militaires  des  troupes  russes. 

Un  émigré  qui  vient  d'arriver  de  Mitau  et  qui  a  par  consé- 
«juent  traversé  en  longueur  les  troupes  russes,  depuis  cette  ville 
jusiiu'ici.  m'a  assuré  (|ue  depuis  les  environs  de  Memel  jusqu'à 
Wilna  et  tout  le  long  de  la  rivière  de  Memel  justprà  Grodno,  il 
y  avait  environ  3( ),()()()  hommes,  presque  tout  infanterie,  dont 


9  OCTOBRE.  441 

partie  se  diri^eaienl  sur  Meniel  sans  qiril  fut  question  de  faire 
UH  oanip  à  Wilna,  ei  c|ue  les  |{usses  se  disaient  être  55,000 
lioinnies  :  de  (îrodno  à  Hrzcsc,  on  y  comptait  :20,()00  hommes, 
lion  r<»nipris  un  ré{j;inient  de  cuirassiers,  quatre  de  dragons  et 
deux  do  hussards.  Nous  savons  <|ue  de  Brzesc  à  Sendoniir,  il  y  a 
â  peu  prrs  7(),(M)()  hommes,  ce  (|ui  fait  monter  les  forces  russes 
dan>  une  ligne  de  plus  de  '■l'M)  lieues  â  120,000  hommes,  dont 
les  points  principaux  sont  très  éloignés  les  uns  des  autres,  de 
Memcl  a  Wilna,  Hrzesc,  Ko/.inice,  Palawy  et  Sendomir  :  on 
assure  un  corps  de  :i(),(KM)  hommes  arrivé  «i  Olmùtz,  et  qui  est 
suixi  par  un  secon<l  corps  de  même  nombre,  mais  celui-ci  s'est 
arrêté  entre  Teschen  et  Crakovie;  il  paraît  <|ue  ces  deux  corps 
sont  lt»sr'>0,(HM)  honnncs  <|ui  devaient  passer  par  Lemberg. 

Les  rapports  de  quelques  déserteurs  russes,  qui  sont  venus 
ici.  disent  qu'il  y  a  hcauciiup  de  mécontentement  parmi  le  sol- 
dat depuis  «pril  sait  qu*il  doit  faire  la  guerre  contre  la  France, 
*'  c'est,  disent-ils,  ce  qu'on  leur  avait  caché  au  fond  de  la  Russie, 
nu  on  leur  disait  qu'ils  \eiiaient  se  battre  contre  les  Prussiens, 
mais  que  depuis  qu'ils  sont  instruits  de  la  vérité,  ne  voulant  pas 
se  liattre  rontre  les  Framais,  la  désertion  â  l'intérieur  s'accroît 
tous  les  jours  et  le  méc<iiitentcmcnt  prend  de  la  consistance.  Je 
\ouN  donne  eeci  e<»mmc  propt»s  de  déserteur  :  ce  qui  est  beau- 
roup  plus  (MTtaiii,  e'est  que  les  INihmais  ne  se  soucient  pas  de 
Nv  liattn*  contre  les  Russes,  ils  les  désirent  trop  ardemment 
piMii  liMir  opposer  de  la  résistance,  même  ailleurs  qu'ici.  Je  crois 
que  |e  m'assure  tous  les  jours,  par  ce  que  J'entends,  que  dans  le 
ras  ou  la  Prus>e  se  déclarerait  contre  la  Russie,  la  Prusse  ferait 
ftirt  hien  <rempl«)}er  ailleurs  les  régiments  qui  sont  en  partie 
ei»mposés  de  Polonais. 

Kn  causant  a\ec  un  indi\idu  <|ui  vient  de  Saint-Péterslioiirg 
rt  qui  parait,  outre  ses  connaissances  personnelles,  être  assez 
instruit  sur  le  caractère  de  l'empereur  Alexandre,  sur  ses  projets 
::igantesques  autant  que  sur  l'esprit  (|ui  ri'gne  dans  le  Sénat  de 
IVtersbourg.  j'ai  puisé  dans  t<Mis  ses  raisonnements  ceux  qui 
peu\ent  n'être  pas  indill'éreiits  a  vous  transmettre. 

!.«'  S«'-nat  de  Pétershourg,  dit-il,  est  maintenant  en  rivalité 
fl  ••pinjoii  et  d'opérati«)n  a\ec  l'empereur  Alexandre;  en  remon- 
tant .1  une  époque  de  six  mois,  on  se  rappellera  que  le  Sénat 
.i|i»rs  était  contre  le  système  de  la  guerre  et  résistait  aux  vues 


44S  CHAPITRE  ni. 

d'Alexandre  qui  croyait,  en  se  déclarant  contre  la  France, 
entraîner  avec  lui  toutes  les  puissances,  et,  ne  consultant  que 
ses  jactances  ou  peut-^tre  des  vues  d'une  ambition  encore 
cachée,  il  a  voulu  lever  le  masque  malgré  l'opposition  constante 
de  la  majeure  partie  de  son  Sénat. 

Maintenant,  cet  ordre  politique  est  bien  changé  (m'a  dit  cet 
homme  venant  de  Pétersbourg),  la  résistance  qu'a  opposée  la 
Prusse  pour  entrer  dans  la  coalition  du  Nord,  ses  grands  prépa- 
ratifs pour  conserver  une  neutralité  armée,  la  réflexion  venue 
peut-être  trop  tard,  tout  cela  va,  dit-on.  arrêter  la  marche  et  les 
opérations  de  l'empereur  Alexandre;  mais  son  Sénat,  mainte- 
nant séduit  par  l'or  que  les  Anglais  prodiguent  plus  encore  à 
Pétersbourg  qu'à  Vienne,  a  changé  de  système.  Entièrement 
vendu  aux  tracasseries  anglaises,  il  est  actuellement  plus 
prononcé  pour  la  guerre  que  ne  la  désire  l'empereur  Alexandre, 
ce  qui,  nécessairement,  a  fait  naître  un  schisme  dans  les  opéra- 
tions combinées  dont  on  tire  déjà  des  conséquences  qui  ne 
devraient  être  que  des  conjectures,  mais  qui  changeraient  bien 
de  face  Tordre  actuel,  si  Alexandre  avait  réellement  les  projets 
qu'on  suppose  lui  être  suggérés  par  son  ministre,  Oartoriensky, 
qui,  loin  d'avoir  perdu  son  crédit  près  du  monarque,  en  reçoit 
de  nouveaux  témoignages  d'amitié  par  la  préférence  qu'il  donne 
dans  ce  moment-ci  au  château  de  son  père,  à  Pulawie,  où  il 
(l'Empereur)  va  s'établir  pour  longtemps,  à  en  juger  par  les 
préparatifs  qu'il  y  fait. 

On  attribue  maintenant  à  Alexandre  des  vues  différentes  à 
celles  qui  lui  ont  d'abord  fait  mouvoir  d'aussi  grandes  forces, 
on  lui  suppose  des  vues  d'ambition  sur  la  totalité  de  la  Pologne. 
Quoique  je  n'ajoute  pas  grande  croyance  à  ces  raisonnements, 
la  disposition  des  forces  peut  appuyer  les  projets,  car  jusqu'à 
présent,  où  sont  les  armées  russes  pour  faire  la  guerre  à  la 
France?  Les  Autrichiens  sont  seuls  exposés  à  soutenir  le  choc 
des  Français.  Les  Russes  qui  sont  à  Corfou,  qui  pourront  les 
aider  en  Italie,  et  la  petite  armée,  qui  n'est  encore  qu'à  Olmûtz, 
<iui  viendra  les  seconder  en  Bavière  et  en  Souabe.  Tandis  que 
par  la  position  des  forces  russes  dans  la  Pologne  autrichienne, 
Alexandre  en  est  le  propriétaire  et  non  le  gardien,  il  en  sera  de 
même  de  la  partie  prussienne,  s'il  y  met  le  pied. 

De   ces  conjectures  qui,   d'un  moment  à  Tautre,   peuvent 


9  OCTOBRE.  448 

devenir  de  la  très  grande  réalité,  je  compte  qifil  n'est  plus 
d'une  sage  politicpie  de  la  Prusse  de  temporiser  aussi  longtemps 
lorsque  la  Russie  allume  la  mèche,  et  lorsque  son  ambition 
peut,  à  chaque  instant,  mettre  à  exécution  des  projets  qui  com- 
promettraient la  sûreté  de  la  Prusse.  Celle-ci  tient  encore  le 
timon  pour  se  préserver  de  Torage,  mais  une  plus  longue  incer- 
titude dans  son  système  devient  dangereux,  même  pour  sa 
dignité.  Il  est  temps,  je  crois,  que  le  Roi  parle  clair;  la  poli- 
ti(|ue,  le  secret,  la  prudence  ou  la  finesse,  no  peuvent  plus  lui 
servir  de  rempart  contre  des  armées  ambitieuses  qui  sont  sur 
ses  frontières,  quelles  (|ue  puissent  être  les  arrière-pensées 
d'Alexandre.  C'est  un  géant  qui  fera  de  grands  pas  si  on  ne  lui 
coupe  vite  la  jambe! 

Dans  l'état  des  choses,  on  est  ici  sur  le  qui-vive  à  ne  pas 
laisser  aucun  doute  sur  l'évacuation  de  cette  ville  si  les  Russes 
avancent.  Il  est  parti  hier  et  aujourd'hui  plus  de  300  chariots 
portant  de  quoi  se  retrancher  du  côté  de  Lôwitz,  toute  l'artillerie 
est  partie,  il  ne  reste  presque  plus  de  troupes  en  ville,  et  le  bruit 
général  est  que  l'empereur  Alexandre  y  sera  dimanche,  attendu 
que,  depuis  hier,  on  dit  la  guerre  déclarée,  et  ces  on  dit  peignent 
la  joie  sur  la  figure  des  habitants  du  pays,  tout  ce  qui  tient  à  la 
Prusse  s'entend  ;  dans  tous  les  cas,  je  reste. 


Stralsund,  le  17  vendémiaire  an  xiv  (9  octobre  1805). 

La  !''«  division  des  troupes  russes  est  arrivée,  il  y  a  huit 
jours,  dans  les  environs  de  Stralsund,  et  les  autres  ont  été  suc- 
cessivement débarquées;  on  estime  ce  corps,  composé  d'élite,  à 
^2:i,00()  hommes. 

Général  commandant,  le  comte  de  Tolstoï. 
Le  comte  Woronzoft,  major  général. 
Comte  d'Ostermann. 
Prince  Schachowsky. 
Généraux  .  {  Sodwaratski. 

Werbbrbwski. 
Nkweroffski. 


444  CHAPITRE  III. 

I   Comte  LiKWBN. 
mosamskoi. 
Alexbibff. 

Aides  de  camp  du  général  commandant  : 

Prince  Biron  de  Courlande. 
Nariskin. 
Bbhhendorff. 

{Note  provenant  de  la  légation  de  France  à  Ratisbonne,) 


CHAPITRE    IV 
lO  octobre. 


Troisième  bulletin, 

Zusmurshausen,  lo  18  vendémiaire  an  xiv  (lu  octobre  1805). 

l.e  maréchal  Soiilt  a  poursuivi  la  division  autrichienne*  qui 
s'était  réfugiée  à  Aichacli,  Ta  chassée  et  est  entré  le  17,  à  midi, 
à  Augsburg,  avec  les  divisions  Vandamme,  Saint-Hilaire  et 
Logrand. 

Le  17  au  soir,  le  maréchal  Davout,  qui  a  passé  le  Danube 
à  Neuhurg,  est  arrivé  à  Aichach  avec  ses  trois  divisions. 

Le  général  Marmont,  avec  les  divisions  Boudet,  Grouchy,  et 
la  division  hafave  du  général  Dumonceau,  a  passé  le  Danube  et 
pris  position  entre  Aichach  et  Augsburg. 

Enfin,  le  corps  d'armée  du  maréchal  Bernadotte,  avec  Tarmée 
bavaroise  commandée  parles  généraux  Deroy  et  Verden,  a  pris 
position  à  Ingolstadt;  la  Garde  impériale,  commandée  par  le 
maréchal  Hessières,  s'est  rendue  à  Augsburg,  ainsi  que  la  divi- 
sion de  cuirassiers  aux  ordres  du  général  d'ilautpoul. 

Le  prince  Murât,  avec  les  divisions  de  dragons  de  Klein  et  de 
Heaumont,  et  la  division  de  carabiniers  et  de  cuirassiers  du 
général  Xansouty,  s'est  porté  en  toute  diligence  au  village  de 
Zusmarshausen,  pour  intercepter  la  route  d'UIm  à  Augsburg. 

Le  maréchal  Lannes,  avec  la  division  de  grenadiers  d'Oudinol 
et  avec  la  division  Suchet,  a  pris  poste  le  même  jour  au  village 
de  Zusmarshausen. 

L'Empereur  a    passé   en   revue   les  dragons  au  village  de 


446  CHAPITRE  IV. 

Ziismarshaiiscn  ;  il  s'est  fait  présenter  le  nommé  Marente, 
dragon  du  i«  régiment,  un  des  plus  braves  soldats  de  Tarmée, 
(|ui  au  passage  du  Loch  avait  sauvé  son  capitaine  qui,  peu  de 
jours  auparavant,  Tavait  cassé  de  son  grade  de  sous-officier.  Sa 
Majesté  lui  a  donné  Taigle  de  la  Légion  d'honneur.  Ce  brave 
soldat  a  répondu  :  «  .le  n'ai  fait  que  mon  devoir;  mon  capitaine 
m'avait  cassé  pour  (|uelque  faute  de  discipline  ;  mais  il  sait  que 
j'ai  toujours  été  un  bon  soldat. 

L'Empereur  a  ensuite  témoigné  auv  dragons  sa  satisfaction 
de  la  conduite  (piils  ont  tenue  au  combat  de  Wertingen.  Il  s'est 
fait  présenter  par  régiment  un  dragon  auquel  il  a  également 
donné  l'aigle  de  la  Légion  d'honneur. 

Sa  Majesté  a  témoigné  sa  satisfaction  aux  grenadiers  de  la 
division  Oudinot.  Il  est  impossible  de  voir  une  troupe  plus 
belle,  plus  animée  du  désir  de  se  mesurer  avec  rcnnemi,  plus 
remplie  d'honneur  et  de  cet  enthousiasme  militaire  qui  est  le 
présage  des  plus  grands  succès. 

Jusqu'à  ce  que  r(m  puisse  donner  une  relation  détaillée  du 
combat  de  Wertingen,  il  est  convenable  d'en  dire  quelques  mots 
dans  ce  bulletin. 

Le  colonel  Arrighi  a  chargé,  avec  son  régiment  de  dragons,  le 
régiment  de  cuirassiers  du  duc  Albert.  La  mêlée  a  été  très 
chaude;  le  colonel  Arrighi  a  eu  son  cheval  tué  sous  lui:  son 
régiment  a  redoublé  d'audace  pour  le  sauver.  Le  colonel  Beau- 
mont,  du  10«  de  hussards,  animé  de  cet  esprit  vraiment  français, 
a  saisi,  au  milieu  des  rangs  ennemis,  un  capitaine  de  cuirassiers, 
(ju'il  a  pris  lui-même,  après  a\uir  sabré  un  cavalier. 

Le  cohmel  Maupetit,  à  la  tcMedu  Oc  de  dragons,  a  chargé  dans 
le  village  de  Wertingen.  Blessé  mortellement  (i),  son  dernier 
mot  a  été  :  «t  Que  l'Empereur  soit  instruit  (|ue  le  î)»  de  dragons  a 
été  digne  de  sa  réputation,  et  qu'il  a  chargé  et  vaincu  aux  cris 
(le  :  «  Vive  l'Empereur!  •. 

Cette  colonne  de  grenadiers,  l'élite  de  l'armée  ennemie,  s'étant 
formée  en  carré  de  j|Uîilre  bataillons,  a  été  enfoncée  et  sabrée. 
Le  :2«  bataillon  de  dragons  a  cluirgé  dans  le  bois. 

La  division  Oudinot  frémissait  de  l'éloignement  qui  Tempc- 


(Ij  L«'  ooloncl  Mîiuprtit  n'»*st  point  mort  do  ses  blessures,  roniiue  on 
l'a  su  iifpujs. 


10  oeTOBRE.  447 

chait  encore  de  se  mefturei*  avec  rennemi,  mais  à  sa  vue  saulef 
les  Autrioiiieiis  accélérèrent  leur  retraite  :  une  seule  brigade  a 
pu  donner. 

Tous  les  canons,  tous  les  drapeaux,  presque  tous  les  officiers 
du  corps  ennemi  (jui  a  combattu  à  Wertingen  ont  été  pris  ;  un 
grand  nombre  a  été  tué  :  2  lieutenants-colonels,  6  majors, 
00  «Hiciers,  4,000  soldats  sont  restés  en  notre  pouvoir;  le  reste 
a  été  éparpillé,  et  ce  qui  a  pu  échapper  a  du  son  salut  à  un 
marais  qui  a  arrêté  une  colonne  qui  tournait  Tennemi. 

Le  chef  d  escadron  Exelmans,  aide  de  camp  de  Son  Altesse 
Sérénissime  le  prince  Murât,  a  eu  deux  chevaux  tués.  C'est  lui 
qui  a  apporté  les  drapeaux  à  TEmpereur  qui  lui  a  dit  :  a  Je  sais 
([u'on  ne  peut  être  plus  brave  que  vous;  je  vous  fais  officier  de 
la  Légion  d'honneur  ». 

Le  maréchal  Ney,  de  son  côté,  avec  les  divisions  Halher, 
Dupont  et  LoLson,  la  division  de  dragons  à  pied  du  général 
Baraguey-d'Hilliers  et  la  division  Gazan,  ont  remonté  le  Danube 
et  attaqué  rennemî  sur  sa  position  de  Giinzburg,  il  est  3  heures; 
le  canon  se  fait  entendre. 

11  pleut  beaucoup,  mais  cela  ne  ralentit  pas  les  marches  for- 
cées de  la  Grande  Armée.  L'Empereur  donne  l'exemple  ;  à  cheval 
jour  et  nuit,  il  est  toujours  au  milieu  des  troupes,  partout  où  sa 
présence  est  nécessaire.  11  a  fait  hier  14  lieues  à  cbeval;  il  a 
couché  dans  un  petit  village  sans  domestiques  et  sans  aucune 
espèce  de  bagage.  Cependant  Tévéque  d'Augsburg  avait  fait 
illuminer  son  palais  et  attendu  Sa  Majesté  une  partie  de  la  nuit. 


Ordre  de  position  pour  le  6''  corps  d'armée 
du  18  vendémiaire  an  XIV. 

La  cavalerie  légère  se  placera  en  arrière  d'Albeck  ;  50  hommes 
du  1"'  de  hussards  près  de  Bernstadt;  50  hommes  du  10*  de 
chasseurs  près  de  llorselfingen;  50  hommes  du  3^  de  hussards 
à  Witthau  et  Morizen. 

Ces  détachements  éclaireront  la  route  de  Bernstadt  à  Ulm. 

Le  l'^'  de  hussards  poussera  des  reconnaissances  sur  la  direc- 
tion de  Geislingen  et  Stuttgard. 

La   U*'  division,  aux  ordres  du  général  Dupont,  ayant  en 


448  CHAPITRE  IV. 

réserve  deux  régiments  de  dragons,  restera  à  Albeck  ;  elle  pous- 
sera son  avant-garde  aussi  près  d'Ulm  qu'il  sera  possible,  sans 
se  compromettre,  et  gardera  les  bois  sur  la  direction  d'Has- 
lach. 

Le  général  Dupont  portera  cinq  compagnies  à  Gôttingen  ou 
sur  la  direction  de  ce  village;  il  les  fera  soutenir  par  un  déta- 
chement de  cavalerie  légère;  ces  troupes  chercheront  à  s'appro- 
cher du  Danube  par  Elchingen  et  à  surprendre  le  pont  qui  doit 
s'y  trouver;  dans  le  cas  où  cela  réussirait,  on  porterait  un 
bataillon  en  soutien  à  Elchingen. 

Enfin,  la  l''^^  division  soutiendra  les  postes  de  cavalerie  à 
Witthau  et  Morizen  en  y  plaçant  des  postes  d'infanterie  légère. 

La  2^  division  restera  dans  la  position  de  Langenau;  elle 
s'éclairera  dans  la  direction  d'Elchingen  et  sur  celle  de  Rie- 
dlïeini  ;  elle  sera  à  portée  d'ctre  soutenue  par  quatre  régiments 
de  dragons  de  la  division  du  général  Bourcier. 

La  3^  division,  aux  ordres  du  général  Malher,  restera  à  gauche 
de  Gundelfmgcn. 

La  division  du  général  Bourcier  postera  deux  régiments  de 
dragons  près  d'Albeck,  eu  résene  de  la  division  Dupont.  Le 
général  Bourcier  se  dirigera  lui-même  avec  les  quatre  autres 
régiments  à  gauche  de  Langenau,  pour  soutenir  toutes  les 
divisions  indistinctement  ;  il  placera  un  escadron  à  Rammingen, 
afin  d'observer  tout  ce  (jui  se  passe  dans  la  plaine  sur  la  direc- 
tion de  Gimzburg. 

La  division  des  dragons  à  pied,  aux  ordres  du  général  Bara- 
guey-d'IIilliers,  viendra  sur-le-champ  s'établir  en  arrière  de 
Stotzingen,  adossée  au  bois;  elle  occupera  Brenz  avec  quatre 
compagnies,  Lonthal  avec  trois  compagnies  et  Sontheim  avec 
deux  compagnies.  Le  général  Baraguey-d'Hilliers  enverra  quatre 
autres  compagnies  à  Medlingeu  pour  la  garde  du  parc  et  du 
quartier  général  (1),  les  quatre  compagnies  de  grenadiers  que 
celles-ci  relèveront  rentreront  à  la  division  Gazau,  ainsi  que  le 
bataillon  qui  est  a  Brenz. 

Dans  le  cas  où  les  Autrichiens   sortiraient  d'Ulm  avec  de 


(1)  Note  «lu  gi^nt'ral  Haraguey-d'Hilliers  :  «  Comme  je  pris  mon 
quartier  pfénéral  à  Stotzingen,  j'ajoutai  à  ces  dispositions  de  placer  un 
baUiillon  en  avant  de  ce  viUage.  » 


10  OCTOBRE.  449 

grandes  forces  et  attaqueraient  la  i'«  division,  celle  du  général 
Loison  se  porterait  sur-le-champ  en  arrière  d'Albeck  et  se  place- 
rait en  arrière  de  la  l*"®  division  pour  la  soutenir. 

La  division  Gazan  s'établirait  en  arrière  du  général  Malher. 

Le  Maréchal  commandant  en  chef  donnerait  alors  les  ordres 
ultérieurs  et  prévient  seulement  les  généraux  de  division,  que  si 
l'ennemi  réussissait  dans  son  attaque,  la  retraite  devrait  s'effec- 
tuer de  la  manière  suivante  : 

La  fe  et  la  ^^  division,  sur  la  route  de  Ileidenheim  avec  le 
l^r  de  hussards  et  le  lO^^  de  chasseurs. 

La  'S^  division,  la  division  Gazan,  la  division  de  dragons  du 
général  Bourcier,  les  dragons  à  pied,  le  3«  régiment  de  hussards 
et  le  parc  de  réserve  sur  la  route  du  Danube  par  Gundelfingen. 

L'armée  est  prévenue  que  la  3«  division  s'est  emparée  des 
ponts  de  Reisensburg  et  Giinzburg  et  qu'elle  a  fait  900  prison- 
niers, dont  un  général  et  quelques  officiers. 

Le  Maréchal  commandant  en  chef, 
{A.  M.)  Signé  :  Ney. 


Le  maréchal  Ney  au  général  Loiion, 

(Non  expédiée.) 

Mon  cher  Général, 

Je  vous  transmets  l'ordre  de  mouvement  pour  le  19.  Cet  ordre 
était  rédigé  sur  l'hypothèse  de  votre  passage  à  Giinzburg, 
lorsque  votre  lettre  du  18  vendémiaire  m'a  annoncé  que  vous 
étiez  maître  du  pont  d'Elchingen.  Cette  nouvelle  m'a  déterminé 
à  faire  passer  votre  division  sur  ce  point  si  les  communications 
sont  praticables  pour  l'infanterie  et  la  cavalerie,  ce  qui  parait 
présumable,  puisqu'on  ne  jette  des  ponts  fixes  que  sur  des  com- 
munications semblables. 

Dans  tous  les  cas.  Général,  je  vous  laisse  le  choix  des  deux 
mouvements  (|ue  vous  déterminerez  sur  la  connaissance  des 
lieux.  Vous  devrez  faire  connaître  sur-le-champ,  au  général 
Bourcier,  le  parti  qu'il  doit  prendre  pour  suivre  votre  division. 

Si  vous  passez  à  Klehingen,  mon  cher  Général,  il  est  possible 
III.  29 


450  CHAPITRE  IV. 

que  VOUS  trouviez  Fennemi  entre  la  Roth  et  la  Biber;  dans  ce 
cas,  il  faudra  l'attaquer  en  le  poussant  sur  Leipheim.  Vous  me 
donnerez  le  signal  de  Fattaque  par  un  coup  de  canon  tiré  de  la 
hauteur  d'Elchingen,  afin  (|ue  je  puisse  marcher  sur  la  même 
direction  de  Leipheim  avec  la  3«  division. 

Par  ce  mouvement,  tout  ce  qui  se  trouverait  d'ennemis  entre 
la  Roth  et  la  Biber  est  à  nous. 

Si  les  Autrichiens  étaient  là  en  force  supérieure,  il  faudrait 
alors  m'en  informer  par  un  officier  de  votre  état-major  et  suivre 
votre  mouvement  par  (liinzburg. 

Veuillez  prendre  connaissance  de  Tordre  ci-joint  et  le  trans- 
mettre au  général  Bourcier. 

J'ai  Thonneur  de  vous  saluer. 

{A.  M.)  iNiY. 


Le  général  Malher  au  général  Dutaillia, 

Âu  quartier  géntTal,  le  is  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Mon  cher  Géncial, 

Je  vous  envoie  sept  déserteurs  et  neuf  travailleurs,  parmi  les- 
<|ucls  se  trouve  un  homme  qui  prétend  avoir  été  pris  pour  guide 
et  qui  pourra  vous  donner  des  renseignements  sur  la  position  de 
rennemi  ;  il  serait  peut-être  bon  que  ces  hommes  fussent  gardés 
au  quartier  général  pour  sen  ir  de  guides  lorsque  nous  marche- 
rons sur  l'Ini. 

On  a  sans  doute  fait  une  erreur  de  copie  dans  Tordre  que  vous 
m'avez  fait  envoyer,  il  est  dit  :  le  général  Malher  laissera  un 
détachtment  pour  observer  Clin  sur  la  rive  droite  du  Danube^  le 
commandant  sera  désigné  par  le  maréchal  ;  sans  doute  que  c'est 
sur  la  rive  gauche  qu'on  a  voulu  mettre,  vous  aurez  encore  le 
temps  de  rectifier  cette  erreur  avant  (|ue  je  ne  commence  mon 
mouvement. 

Agréez,  mon  cher  (îénéral,.Tassurance  de  mon  amitié. 

(A.  M.)  Malubb. 


10  OCTOBRE.  461 

Le  général  Malher  au  maréchal  Ney. 

Au  quartier  général,  à  0iiQ2barg,  le  18  vend<3iiiiaire  an  xiv 
(10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

L'ennemi  a  évacué  Gûnzburg,  je  viens  d'en  prendre  posses- 
sion, j'en  couronne  les  hauteurs  parla  division,  j'en  fais  réparer 
les  deux  ponts,  je  vais  pousser  une  reconnaissance  sur  Leipheim; 
tous  les  renseignements  portent  que  l'armée  entière  était  ici 
hier  avec  l'archiduc  Ferdinand,  le  général  Mack  et  tout  Tétat- 
major.  La  perte  de  l'ennemi  est  on  ne  peut  plus  conséquente, 
nous  avons  ramassé  une  centaine  de  traînards  ;  il  y  a  dans  la 
ville  deux  ou  trois  cents  blessés  que  je  vais  faire  évacuer  sur  les 
derrières  ;  il  y  a  aussi  des  magasins,  je  vais  les  mettre  en  sûreté 
et  m'occuper  de  vous  faire  un  rapport  détaillé.  J'ai  à  regretter 
beaucoup  de  braves  gens  ;  mais  j'ai  aussi  des  rapports  bien 
satisfaisants  à  vous  faire.  Tous  les  régiments  se  sont  couverts 
de  gloire  et  particulièrement  le  59^  régiment. 

Je  nf  empresse  de  vous  faire  parvenir  mes  renseignements,  si, 
comme  je  n'en  doute  pas,  mes  camarades  battent  l'ennemi  ;  si 
le  général  Gazan  était  ici,  nous  pourrions  avantageusement 
bombarder  ses  derrières. 

Agréez,  Monsieur  le  Maréchal,  l'assurance  de  mon  respect. 

{A.  M,)  Malhbb. 

Le  chef  d'escadron  de  Crabbé  au  maréchal  Ney. 

Albeck,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1806). 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'ai  l'honneur  de  vous  donner  connaissance  que  M.  le  général 
Loison  vient  d'écrire  à  M.  le  général  Dupont  qu'il  s'était  emparé 
du  pont  d'Klchingen,  mais  il  lui  mande  qu'il  veuille  bien  s'em- 
parer de  Thallingen  ;  cependant,  d'après  votre  instruction,  c'est 
M.  le  général  Loison  qui  doit  le  faire. 

Thalfiugeu  se  trouve  à  une  demi-lieue  en  avant  d'Elchingen, 
dans  le  fond   près  du  Danube,  chemin  direct  d'Ulm.  Si  M.  le 


45'î8  CHAPITRE  IV. 

général  Loison  s'emparait  de  Thalfingen,  je  crois  que  M.  le 
général  Dupont  pourrait  pousser  jusqu'aux  fermes  d'Haslach- 
crhof,  deux  fermes  à  cheval  sur  la  route  d'Albeck  à  Ulm,  en 
avant  de  la  pointe  du  bois,  que  défendaient  hier  les  Autrichiens, 
et  qu'ils  occupent  encore  aujourd'hui  ;  de  la  hauteur  en  avant 
de  ces  fermes,  on  découvre  tout  le  Michelsberg,  à  leur  droite  est 
Jungingcn  entre  les  deux  routes  conduisant  à  Ulm  et  passant 
près  du  Michelsberg,  celle  de  Geislingen  et  celle  d'Albeck  ;  dans 
le  fond,  en  avant  de  Jungingen,  est  une  ferme  nommée  Erlin- 
gerhof. 

M.  le  général  Loison  s'ctant  emparé  de  Thalfingen  a  en  avant 
de  lui,  dans  le  bois,  une  ferme  nommée  Bôfingenhof  ;  ce  bois 
n'est  pas  large,  mais  long  d'une  demi-lieue  ;  à  la  sortie  sont 
déjà  les  jardins  de  Ulm  ;  il  y  a  cin(|  ans  les  Autrichiens  ont,  du 
côté  d'Ulm,  abattu  beaucoup  de  bois  ;  le  Danube  coule  à  gauche, 
dans  le  fond  ;  de  ce  côté  le  terrain  est  un  peu  marécageux. 

D'Erlingerhof  on  peut  gagner  facilement  Sôflingen,  laissant 
le  Michelsberg  à  sagauclie  ;  une  partie  du  mouvement  peut  être 
couvert  par  un  petit  bois  qu'on  laisse  à  sa  gauche  ;  entre  le 
Michelsberg  on  arrive  sur  la  Blau  qu'on  passe  à  Sôflingen,  on 
a,  pour  lors,  Ziegelhiittc  à  sa  droite  et  Ulm  faisant  face  au 
Michelsberg. 

Les  Autrichiens  font  beaucoup  de  cas  du  poste  Ziegelhûtte 
(ju'ils  ont  retranché  ;  par  là,  la  route  de  (ieislingen  est  couverte. 

Pardonnez,  Monsieur  le  Maréchal,  si  je  me  permets  de  vous 
donner  des  renseignemenls  qui  étaient  à  ma  connaissance,  mais 
je  crois  <|u'il  est  de  ni(m  devoir  de  vous  rendre  compte  de  tout 
ce  que  je  vois. 

Je  n'en  ai  rien  dit  à  M.  le  général  Dupont,  ni  par  conséquent 
à  personne. 

.rai  appris  que  les  Autrichiens  faisaient  aller  des  troupes 
(llJlni  à  (jiinzburg  et  faisaient  venir  d'autres  de  Gùnzburgà  Ulm. 

Soyez  persuadé  de  mon  sincère  attachement  et  respect  avec 
le(|nel  j'ai  l'bonneur  d'élro,  xMonsieur  le  Maréchal,  votre  très 
humble  serviteur. 

(A  •  M.)  De  Cbabbé. 


10   OCTOBRE.  453 

Le  général  Dupont  au  maréchal  Ney. 

Au  quartier  général,  à  Albcck,  le  18  vendémiaire  an  xiv 
(10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

La  !'•*'  division  a  quitté  la  position  de  Dillingen  pour  marcher 
d'après  votre  ordre  sur  la  direction  d'Ulm.  J'ai  trouvé  près 
d'Albcck  le  corps  commandé  par  le  chef  d'escadron  Crabbé,  qui 
avait  été  forcé  de  se  replier  devant  des  forces  supérieures,  après 
avoir  poussé  la  reconnaissance  près  d'Ulm.  L'ennemi  occupant 
Albeck,  j'ai  pris  le  parti  de  l'en  déloger;  il  était  déjà  nuit.  A 
notre  approche,  ce  parti  a  évacué  précipitamment;  un  cheval 
a  été  pris. 

La  division  a  établi  son  camp  en  avant  d'Albeck  ;  nos  avant- 
postes  sont  placés  en  face  de  ceux  de  l'ennemi,  et  j'attends  dans 
cette  position  de  nouveaux  ordres.  M.  Crabbé,  votre  aide  de 
camp,  m'a  prévenu  de  votre  part  de  ne  rien  engager  sans  ordre 
nouveau. 

J'ai  l'honneur  de  vous  saluer.  Dupont. 

iXote  de  la  main  du  maréchal  Ney. 

Dire  (|ue  le  chef  d'escadron  avait  poussé  l'ennemi  jusque  près 
de  llaslach  sous  Ulm,  et  après  avoir  tiré  le  troisième  coup  de 
^canon,  l'aflVit  de  la  pièce  s'est  dressé;  l'ennemi  s'en  étant  aperçu, 
a  voulu  s'en  emparer,  mais  les  compagnies  d'infanterie  du  génie 
et  la  cavalerie  légère  des  3^  de  hussards  et  10^^  de  chasseurs  ont 
forcé  l'onncmi  à  rester  sur  la  défensive;  cependant  l'ennemi 
avait  fait  sortir  d'IJlm  environ  1000  hommes  de  cavalerie  et 
(jnehiues  bataillons  qui  faisaient  mine  d'envelopper  le  petit 
corps  de  M.  Crabbé  qui  s'est  déterminé  à  se  replier  en  bon  ordre 
jusqu'à  la  tctc  du  bois,  en  arrière  d'Albeck,  faisant  beaucoup  de 
mal  à  l'ennemi,  sans  jamais  se  laisser  entamer.  Enfin,  la  3°  divi- 
sion arrivait  dans  cette  direction  vers  6  heures  du  soir,  et 
l'ennemi,  appréciant  la  profondeur  delà  colonne  qui  marchait 
dans  lo  plus  grand  ordre,  se  replia,  en  battant  en  retraite, 
juscju'au  delà  de  llaslach. 

{A.  M.) 


454  CHAPITRE  IV. 

Le  général  Dupont  au  maréchal  Ney. 

Albeck,  le  18  Tendônutire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Aussitôt  la  réception  de  vos  ordres  qui  m'ont  été  remis  par 
votre  aide  de  camp,  je  me  suis  occupé  de  leur  exécution  et  je 
les  ai  communiqués  au  général  Tilly.  Les  postes  avancés  ont  été 
rapprochés  d'Ulm;  d'autres  postes  ont  été  établis  pour  éclairer 
la  route  d'Ulm  à  Stuttgard  et  pour  assurer  par  ma  gauche  ma 
communication  avec  Gùnzburg  par  Gottingen  et  Elchingen. 

Le  général  Sahuc  m'ayant  prévenu  qu'il  passait  sous  mes 
ordres  avec  une  brigade  de  dragons,  je  lui  ai  mandé  de  se  rendre 
de  suite  à  Albeck. 

M.  Crabbé,  votre  aide  de  camp,  a  dû  vous  rendre  compte  des 
renseignements  (jue  j'ai  reçus  sur  une  réunion  considérable  de 
troupes  à  Ulm.  Un  déserteur  autrichien,  qui  arrive  à  Tinstant, 
me  fait  le  rapport  semblable. 

Je  vous  prie  de  me  donner  des  ordres  et  de  me  faire  connaître 
le  mouvement  de  Tarmée,  afin  que  je  puisse  me  diriger  en  con- 
séquence dans  le  cas  où  il  arriverait  des  événements  imprévus 
et  où  je  n'aurai  pas  le  temps  de  prendre  de  nouveaux  ordres. 

J'ai  l'honneur  de  vous  saluer. 

{A.  M,)  Dupont. 

Le  général  Loison  au  maréchal  Ney. 

Au  quartier  général  d'Elchingen.  le  18  vendémiaire  an  xiv 

(10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Le  général  Dupont  me  marque  qu'il  n'a  pas  cru  devoir  s'em- 
parer du  pont  do  Thalfingen,  parce  que,  dit-il,  votre  instruction 
ne  le  lui  ordonne  point  et  que,  d'ailleurs,  il  est  trop  éloigné  de  lui. 

Votre  instruction  porte  bien  (jue  je  m'emparerai  des  deux 
ponts  (rMlchingen  et  de  Thalfingen  :  je  me  suis  emparé,  comme 
j'ai  en  rhonneur  de  vous  en  rendre  compte,  du  pontd'Elchingen, 
à  pcMi  près  à  2  heures  du  matin,  après  une  marche  pénible,  dans 
des  chemins  afircux;  je  croyais  d'autant  plus  que  celui  de  Thaï- 


10  OCTOBRE.  456 

fingen  devait  être  au  pouvoir  du  général  Dupont,  que  la  même 
instruction  portait  qu'il  devait  y  établir  un  poste,  pousser  son 
avant-garde  le  plus  près  possible  d'Ulm  et,  par  conséquent,  cou- 
vrir entièrement  ma  droite,  ce  qui  me  fit  regarder  comme  une 
erreur  de  copiste,  l'article  de  Thalfmgen,  qui  me  concernait. 
D'ailleurs,  le  pont  de  Thalfmgen  est  à  portée  du  général  Dupont 
et  est  éloigné  de  ma  position  qui  se  trouve,  eu  égard  à  celle  du 
général  Dupont  et  la  mienne,  en  avant  de  son  front. 

Le  pont  de  Leipheim  n'étant  point  au  pouvoir  du  général 
Malher,  me  fait  regarder  comme  un  peu  hasardée  la  position 
d'Elchingen  ;  malgré  cela,  je  crois  pouvoir  m'y  maintenir,  si  le 
général  Dupont  menace  l'ennemi  sur  Thalfmgen,  en  cas  qu'il 
l'attaque  vigoureusement.  Il  a  essayé  de  reprendre  le  pont, 
mais  il  a  été  si  bien  reçu  qu'il  a  abandonné  son  projet.  Les  rap- 
ports des  prisonniers  sont  qu'ils  arrivent  à  marche  forcée  du 
Tyrol  et  que  l'on  attend  sous  peu  de  jours  une  colonne  de 
0,000  Russes,  commandée  par  l'ex-général  Moreau,  que  l'un 
d'eux  dit  avoir  vu  et  parfaitement  connaître. 

Je  n'ai  aucune  nouvelle  du  général  Malher,  les  reconnais- 
sances que  j'avais  dirigées  sur  lui  ayant  rencontré  l'ennemi; 
voudricz-vous,  Mcmsieur  le  Maréchal,  me  faire  le  plaisir  de  me 
marquer  quelle  est  sa  position  actuelle. 

J'attends  vos  ordres.  Monsieur  le  Maréchal,  et  laisse  reposer 
la  troupe  qui  en  a  un  pressant  besoin. 

J'ai  l'honneur  de  vous  saluer  avec  la  considération  la  plus 
distinguée. 

(A.  M.)  LoisoN. 

Le  général  Bourcier  au  maréchal  Ney. 

A  Nerenstetten,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Conformément  aux  ordres  que  j'avais  reçus,  j'étais  en  route 
pour  me  rendre  à  Neresheim,  lorsqu'en  passant  par  Heiden- 
heim,  un  adjudant-commandant  m'a  remis  des  ordres  du  major 
général  (lue  m'a  adressés  le  général  du  Taillis;  à  ces  ordres,  je 
devais  trouver  jointes  des  instructions  de  vous;  elles  étaient 
bien  annoncées  dans  la  lettre  d'envoi,  mais  n'y  étaient  pas 


456  CHAPITRE  IV. 

jointes.  Je  vis  le  général  Baraguey-d'Hilliers  qui  m'en  donna 
connaissance  et,  conformément  à  ce  qu'elles  prescrivaient,  je 
vins  avec  ma  division  m'établir  à  Bolheim.  A  peine  y  étais-je 
arrivé  que  j'ai  reru,  à  îj  h.  30,  votre  ordre  du  17.  Je  me  suis 
mis  de  suite  en  mouvement  pour  me  rendre  à  Nerenstetten,  où 
ma  division  bivouaque  depuis  ce  matin,  1  heure,  en  avant  et 
en  arrière  du  village. 

Je  vois  avec  bien  du  plaisir,  Monsieur  le  Maréchal,  la 
4®  divisi(m  que  je  commande,  placée  sous  vos  ordres.  Veuillez 
être  persuadé  qu'il  ne  dépendra  pas  de  moi  qu'elle  ne  contribue 
fortement  pour  sa  part  au  succès  de  votre  armée. 

Depuis  plusieurs  jours,  la  division  n'a  reçu  ni  pain  ni  viande, 
et  du  fromage  (|u'cn  petite  quantité;  si  vous  n'y  voyez  pas 
d'inconvénient,  je  désirerais  que  vous  m'autorisassiez  à  faire 
occuper  Borslingen,  Sezingen  et  Wettingen;  peut-être,  trou- 
verai-je  quelques  ressources  dans  ces  villages.  Je  viens 
d'envoyer  quelques  officiers  dans  quelques  villages  sur  ma 
droite,  pour  reconnaître  s'ils  présentent  quelques  moyens  de 
subsistance  ;  mais  j'en  doute  fort,  l'armée  les  occupant  ou 
bivouaquant  en  avant  d'eux. 

L'état  de  fatigue  dans  lequel  les  marches  ont  mis  les  che- 
vaux, nie  fait  insister.  Monsieur  le  Maréchal,  pour  que  vous 
preniez  en  considération  le  besoin  où  ils  se  trouvent. 

J'ai  envoyé  une  forte  reconnaissance  sur  ma  droite,  sur  la 
roule  d'Ulm;  j'aurai  Thonneur  de  vous  rendre  compte  du 
rapport  qui  me  sera  fait  à  sa  rentrée. 

Recevez  les  expressions,  je  vous  prie,  de  la  haute  considé- 
ration et  du  sincère  attachement  avec  lesquels  j'ai  l'honneur 
d'être,  Monsieur  le  Maréchal,  votre  très  humble  et  très  obéis- 
sant senileur. 

{A.  M.)  BOURCIER. 


Rapport  à  Son  Altesse  Sérénissime  Monseigneur  le  prince  Murât. 

I^  30  vendémiairo  an  xiv  (22  octobre  1805). 

Dans  la  nuit  du  17  vendémiaire  (9  octobre),  je  reçus  de 
M.  le  maréchal  Ney  l'ordre  de  mettre  à  la  disposition  du 
général  Dupont  deux  régiments  de  ma  division.  Je  lui  envoyai 


10  OCTOBRE.  467 

les  ioe  et  17e,  commandés  par  le  général  de  brigade  Sahuc,  qui 
se  rendit  avec  eux  à  Albeck  pour  y  recevoir  de  nouveaux 
ordres. 

Le  Maréchal  me  prescrivait  aussi  de  me  rendre  à  Gùnzburg 
avec  mes  quatre  autres  régiments  et  mon  artillerie.  Je  me 
conformai  à  cet  ordre  et  j'arrivai  à  6  heures  du  matin  à 
Leipheim,  sur  la  rive  droite  du  Danube,  après  une  marche  de 
nuit  dans  des  marais  et  chemins  tellement  difficiles  que  j'y  ai 
perdu  une  vingtaine  de  chevaux  qui  s'y  sont  noyés.  Plusieurs 
hommes  auraient  également  péri  sans  le  dévouement  des 
dragons  qui,  au  péril  de  leur  vie,  les  ont  retirés  des  précipices. 
De  Leipheim,  je  fus  prendre  position  à  Holzheim  et  Steinheim 
avec  le  reste  de  ma  division. 


6«  CORPS  d'armée. 
Journée  du  18  vendémiaire  {10  octobre). 
Quartier  général  :  GùnzbuFg. 

'/••e  division  :  Albeck. 

La  division  a  gardé  sa  position  du  17. 

Les  postes  avancés  ont  été  rapprochés  d'Ulm  ;  d'autres  postes 
ont  été  établis  pour  éclairer  la  route  d'Ulm  à  Stuttgard  et  pour 
assurer,  par  la  gauche  de  la  division,  la  communication  avec 
(funzburg  par  Gôttingen  et  Unter-EIchingen. 

2^  division  :  Langenau. 

La  2e  brigade  a  gardé  sa  position  du  17. 

La  nuit  du  17  au  18,  la  1'^  brigade,  commandée  par  le 
général  Villate,  marcha  sur  Ober-Elchingen  pour  enlever  le  pont 
que  Tennemi  gardait  sur  ce  poii^t.  La  brigade  était  précédée  de 
deux  pièces  de  8  et  d'un  escadron  du  3®  régiment  de  hussards 
qui  éclairait  sa  marche. 

La  colonne  étant  arrivée  au  village  d'Unter-Elchingen,  le 
général  Loison  prit  les  dispositions  suivantes  : 

Le  39e  régiment  a  été  placé  en  réserve  sur  les  hauteurs  de 
Saint-Wolfgang. 

Le  fie  léger  a  marché  en  colonne  sur  Ober-Elchingen  pour 


458  CHAPITRE  IV. 

gagner  la  chaussée  qui  conduit  au  pont  sur  le  Danube  ;  les  deux 
compagnies  de  voltigeurs  et  celles  des  carabiniers  ont  flanqué 
la  gauche  du  régiment  et  ont  côtoyé  les  bois  et  les  marais  qui 
bordent  le  fleuve. 

L'escadron  de  hussards  s'est  dirigé  sur  un  poste  avancé  qu'il 
a  enlevé  sans  résistance,  et  se  portant  ensuite  droit  au  pont,  il 
a  pris  de  même  un  officier  et  quelques  hommes  qui  se  trou- 
vaient sur  la  rive  gauche. 

Le  pont  était  défendu  par  un  bataillon  de  Sporck,  fort  de 
()00  hommes  et  par  une  pièce  de  canon.  Cette  troupe  a  été 
effrayée  de  Tattaque  impétueuse  des  hussards,  conduits  par  le 
capitaine  Schasnier,  mais  (|\ielques  planches  ayant  été  retirées 
du  pont,  les  hussards  furent  obligés  de  se  retirer  pour  attendre 
rinfanterie  ;  alors  ils  essuyèrent  un  feu  de  mousqueterie  et  de 
mitraille. 

Les  voltigeurs  et  les  carabiniers  du  (>«  régiment  d'infanterie 
sont  arrivés  et  ont  marché  sur  le  pont  au  pas  de  charge.  Ils 
s'en  sont  emparés  malgré  le  feu  très  vif  de  l'ennemi,  qui  a  été 
obligé  de  prendre  la  fuite  et  d'abandonner  son  canon. 

Le  (Je  régiment  est  arrivé  pour  soutenir  ces  braves  compa- 
gnies et  il  a  été  témoin  de  leur  triomphe. 

Le  résultat  de  cette  affaire  est  la  prise  du  pont  d'Elchingen, 
celle  de  57  Autrichiens,  dont  un  officier  et  d'une  pièce  de 
canon,  10  à  12  tués  ou  blessés. 

3^  division  :  Gùnzburg. 

A  9  heures  du  matin,  la  division  a  quitté  sa  position  qu'elle 
avait  prise  à  la  pointe  du  jour,  en  arrière  de  la  Gùnz,  et  a 
occupé  les  cantonnements  suivants  : 

Le  2o«  léger  et  l'escadron  de  hussards  à  Leipheim. 

Le  27®  régiment  à  Bubisheim. 

Le  oO«        —      à  Reiserisburg. 

Le  59«        —       à  Giinzburg. 

Le  parc  de  la  division,  en  arrière  de  la  ville. 

Cavalerie  légère.  —  Dans  sa  position  du  17,  ayant  50  hommes 
du  !«>*  régiment  de  hussards,  près  do  Bernstadt;  50  hommes  du 
iO'^  de  chasseurs,  près  de  Horselfingen;  50  hommes  du  3«  de 
hussards,  à  Witthau  et  Morizon,  pour  éclairer  la  route  de 
Bernstadt  à  Ulm. 


10  OCTOBRE.  459 

Division  Gazan  :  Gundelfingen. 

La  V^  brigade,  en  avant  de  Gundelfingen. 
La  2«      —       ,  à  la  gauche  de  cette  ville. 

Division  de  dragons  :  Langenau. 
2  régiments  près  d'Albeck. 
4        —        à  gauche  de  Langenau. 

Division  de  dragons  à  pied.  —  La  division  en  arrière  de 
Stotzingen,  ayant  4  compagnies  à  Brenz,  2  compagnies  à  Son- 
Iheim,  3  compagnies  à  Lonthal  et  4  compagnies  à  Medlingen. 


Le  maréchal  Ney  à  l'Empereur. 

Gunzburg,  le  18  vendémiaire  an  xiv(10  octobre  1805). 

La  division  du  général  Malher  a  fait  meneille  hier.  Généraux, 
officiers  ci  soldats,  tous  se  sont  couverts  de  gloire  h  Tattaque  de 
Giinzburg.  Le  r)9«  a  ouvert  la  marche,  a  de  suite  enlevé  le  pont. 
L'cslimahle  colonel  Lacuée  à  sa  tête  a  été  tué.  L'affaire  devint 
bientôt  générale,  parce  que  les  Autrichiens  avaient  au  moins 
30,000  hommes  sur  ce  point,  commandés  en  personne  par 
Tarchiduc  Ferdinand  ;  le  maréchal  Mack  y  était  également  avec 
quatorze  généraux. 

Ce  matin,  nos  troupes  ont  définitivement  pris  position  au  delà 
de  Giinzburg,  n'ayant  jamais  abandonné  le  pont  et  la  rive  droite 
du  Danube. 

Le  résultat  de  cette  brillante  affaire  est  la  prise  de  cinq  pièces 
de  canon,  de  1200  prisonniers  et  300  à  400  blessés  restés  ici. 
11  y  a  eu  au  moins  1000  hommes  de  tués  à  l'ennemi.  Le  général 
baron  d'Aspre  que  j'envoie  à  Votre  Majesté,  pourra,  s'il  le  juge 
convenable,  lui  dire  que  Tarmée  autrichienne  était  disposée  à 
faire  un  grand  effort  sur  mon  corps  d'armée,  mais  l'attaque  de 
Giinzburg  a  tout  déjoué.  La  retraite  des  Autrichiens  s'effectue 
sur  Biberacb. 

,1e  viens  de  donner  ordre  :  au  général  Dupont,  commandant 
la  i'-  division,  de  s'approciier  d'UIm  et  d'en  faire  le  blocus  par 
la  rive  gauche  du  Danube  ;  je  lui  laisse  deux  escadrons  du 
ler  hussards  et  deux  régiments  de  dragons  de  la  division  du 


460  CHAPITRE  IV. 

général  Bourcier;  au  général  Loison,  de  partir  sur-le-champ  de 
sa  position  de  Langenau  pour  venir  s'établir  au-dessus  de 
Gùnzburg  dans  la  direction  de  Lcipheim.  Quatre  régiments  de 
dragons,  commandés  par  le  général  Bourcier,  ont  ordre  de  le 
suivre,  ainsi  que  le  3®  de  hussards  et  le  10«  régiment  de  chas- 
seurs à  cheval. 

Je  laisse  à  Stotzingen  la  division  de  dragons  à  pied,  aux  ordres 
du  général  Baraguey-d'Hilliers,  ainsi  que  la  division  Gazan  à 
Gundelfmgen,  f)our  pouvoir  se  porter  sur  la  rive  droite  du 
Danube,  soit  par  Gùnzburg,  soit  par  Lauingen  ou  Dillingen. 

J'attends  les  ordres  de  Votre  Majesté  Impériale  et  je  la  supplie 
d'agréer  le  profond  respect  de  son  plus  (idèle  sujet. 

Ney. 


Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Ney. 

ZasmarshauscD,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805), 
à  B  heures  du  soir. 

Monsieur  le  Maréchal, 

L'Empereur  vient  d'apprendre  par  le  général  Savary  les  détails 
de  voire  glorieux  combat  ;  il  reste  actuellement  à  prendre  pos- 
session d'Ulm,  ce  qui  est  important  sous  tous  les  points  de  vue. 
Sa  Majesté  vous  laisse  le  maître  de  marcher  comme  vous  l'en- 
tendrez pour  arriver  à  ce  but  :  cernez,  dans  la  journée  de 
demain,  Ulm. 

Les  dragons  à  pied  continueront  à  rester  sous  vos  ordres,  vous 
les  placerez  à  Gimzburg,  sur  l'une  et  l'autre  rive,  et  ils  seront 
en  position  de  se  porter  où  ils  pourraient  être  nécessaires. 

Immédiatement  après  qu'Ulm  sera  pris,  vous  n'attendrez  pas 
de  nouveaux  ordres  pour  agir;  vous  y  laisserez  un  officier  du 
génie  pour  achever  les  travaux  que  les  Autrichiens  ont  com- 
mencés. 

Vous  vous  dirigerez  sur  Memmingen,  ou  sur  tout  autre  point 
où  se  serait  porté  l'ennemi,  et  le  suivrez  le  plus  possible. 

Les  points  de  Mindelheim  et  de  Landsberg  seront  occupés  en 
force  :  Mindelheim,  par  le  maréchal  Lannes;  Landsberg,  parle 
maréchal  Soult;  on  se  portera,  s'il  le  faut,  sur  Kempten  ou  sur 
Fùssen;  ne  manquez  pas,  arrivé  à  Ulm,  de  m'envoyer  tous  les 


10  OCTOBRE.  461 

renseignements  possibles  sur  la  force  de  Tennemi,  le  nombre 
des  corps  et  leur  direction. 

L'Empereur  vous  recommande  de  faire  marcher  et  de  faire 
donner  vos  divisions  en  masse.  Vous  pourrez  laisser  la  division 
de  dragons  à  pied  à  Ulm  et,  selon  les  circonstances,  vous  êtes 
autorisé  à  ne  laisser  à  Ulm  (ju'une  partie  de  cette  division,  et  à 
faire  marcher  le  reste  avec  vous  pour  servir  de  réserve. 

Comme  1  Empereur  va  se  porter  à  Munich,  où  nos  troupes 
arrivent  ce  soir,  afin  d'y  attendre  les  Russes  qui  viennent  de 
déboucher,  il  laisse  le  commandement  de  toute  la  droite,  con- 
sistant dans  le  corps  du  maréchal  Lannes,  du  vôtre  et  de  la 
réserve  de  cavalerie,  au  prince  Murât. 

Adressez  vos  rapports  au  •maréchal  Murât,  ce  qui  n'empê- 
chera pas  que  vous  correspondrez  directement  avec  l'Empereur 
et  avec  moi. 

Ce  soir,  d'Augsburg,  l'Empereur  vous  écrira  quand  il  aura  lu 
votre  rapport. 

Maréchal  Berthier. 


Note. 

Zusmarshaasen,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Ordre  aux  troupes  de  M.  le  maréchal  Lannes  de  se  rendre  à 
Mindelheim  demain  19. 

Même  ordre  au  maréchal  Murât. 

L'Empereur  a  donné  le  commandement  de  sa  droite,  consis- 
tant dans  les  corps  commandés  par  les  maréchaux  Ney  et 
Lannes,  et  la  réserve  de  cavalerie,  au  prince  Murât. 

La  division  Gazan  entre  sous  les  ordres  du  maréchal  Lannes. 

Maréchal  Berthibr. 


Le  maréchal  Berthier  k  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât, 

Zusmarshauson,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 
L'intention  do  TEmpereur  est  que  la  division  Nansouty  parte 


462  CHAPITRE  IV. 

demain,  à  la  pointe  du  jour,  pour  se  rendre  à  Augsburg,  ou 
elle  recevra  des  ordres  de  Tétat-major  général. 

Vous  vous  rendrez  demain,  de  votre  personne,  à  Mindelbeim. 
Vous  aurez  les  commandements  directs  des  corps  des  maré- 
chaux Ney  et  Lannes,  formant  la  droite  de  Tarmée.  Vous  les 
dirigerez  de  manière  à  ce  qu'ils  se  secourent  mutuellement  et 
fassent  le  plus  grand  mal  possible  à  Tennemi.  Tous  les  ordres 
passeront  à  ces  géi^éraux  par  votre  état-major;  mais  ils  pour- 
ront écrire  directement  à  l'Empereur  ;  bien  entendu  qu'ils 
s'adresseront  à  vous  pour  tout  ce  qui  est  du  service. 

Marchez  avec  précaution  et  donnez  toujours  en  masse. 

A  Maréchal  Bbrthibb. 


Rapport  sur  les  marches  et  opérations  de  la  réserve  de  cavalerie. 

Le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Sa  Majesté  partit  le  matin  pour  Augsburg. 

Le  corps  d'année  marcha  sur  Burgau;  l'ennemi  qui,  la  veille, 
l'avait  occupé  avec  environ  20,000  hommes,  l'abandonna  et  se 
retira  sur  Ulm. 

La  3«  division  de  dragons  fut  envoyée  sur  la  route  de  Min- 
delbeim avec  le  10»  régiment  de  hussards. 

La  l""®  division  de  grosse  cavalerie  fut  détachée  du  corps 
d'armée  et  se  rendit  à  Augsburg. 


Marches  et  rapports  historiques  de  la  1^  division 
de  dragons  montés. 

Le  18  Tendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Le  "ii)^  régiment  est  monté  à  cheval,  à  midi,  pour  se  rendre  à 
Burgau  ;  à  1  heure,  le  4«  et  le  14^  l'y  ont  suivi  ;  le  soir,  la 
i^^  brigade  et  le  quartier  général  s'y  sont  également  rendus. 


10  OCTOBRE.  463 

Le  général  Compans  au  général  Oudinot 

Zusmarshaasco,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Général, 

M.  le  maréchal  commandant  en  chef  vous  charge  de  faire 
rentrer  Tescadron  de  chasseurs  qui  a  été  détaché  hier  à 
Binswangen,  votre  quartier  général,  et  de  lui  faire  rejoindre  sa 
brigade. 

COMPAMS. 

Le  général  Compans  au  général  Suchet 

Zusmarshauson,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Un  adjoint  de  Son  Excellence  M.  le  major  général  vient 
d'apporter  à  l'instant,  à  M.  le  maréchal  Lannes,  qui  est  absent, 
Tordre  de  faire  partir  de  suite  le  17^  régiment  d'infanterie 
légère  et  do  le  diriger  par  le  chemin  le  plus  court  sur  Burgau. 

Ce  régiment  doit  marcher  sans  artillerie  ;  je  vous  prie,  mon 
Général,  de  faire  mettre  de  suite  cet  ordre  à  exécution  et  d'en 
rendre  compte  à  M.  le  Maréchal. 

J'ai  demandé  à  la  disposition  de  qui  serait  le  17®  régiment; 
pour  le  moment  on  n'a  pu  répondre  à  cette  question.  Je  crois 
pourtant  pouvoir  vous  dire  que  Son  Altesse  Sérénissime  le 
|)rince  Murât  est  sur  le  point  de  Burgau,  qu'il  y  commande;  au 
surplus,  nous  aurons  sans  doute  la  solution  de  cette  question 
avant  Tarrivée  du  régiment  à  sa  destination. 

Uien  de  nouveau  juscju'à  présent  pour  le  reste  de  votre 
division.  Je  me  félicite,  mon  Général,  d'avoir  de  nouvelles 
occasions  de  vous  assurer  de  mes  respects. 

Compans. 

P.'S.  —  M.  le  maréchal  sera  lui-même  à  Burgau;  le  i7«  doit 
être  conduit  par  un  général  de  brigade;  M.  le  maréchal  vient 
de  me  le  faire  dire  à  l'instant. 


464  CHAPITRE  IV. 

Le  général  Compans  au  général  Suchet 
Zosmarshaaseii,  le  18  Yendémiaire  an  xnr  (10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Général, 

Je  reçois  à  Tinstant  Tordre  de  M.  le  Maréchal  commandant 
en  chef  de  révoquer  le  départ  du  !?•  régiment  d'infanterie 
légère  et  de  le  laisser  dans  sa  position.  Veuillez,  je  vous  prie. 
Monsieur  le  Général,  faire  exécuter  cette  disposition. 

M.  le  Maréchal  désire  que  vous  fassiez  manger  la  soupe  à  ce 
régiment,  d'où  j'augure  qu'il  pourra  peut-être  en  disposer  dans 
la  journée. 

Compans. 

Le  général  Compans  au  général  Suchet 
Zasmanhaaseo,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Mon  Général, 

D'après  les  ordres  de  M.  le  Maréchal  commandant  en  chef, 
veuillez  bien  donner  les  ordres  pour  que  la  division  que  vous 
commandez  se  mette  de  suite  en  marche  sur  Zusmarshausen. 

11  serait  nécessaire  que  vous  arriviez  ici  avant  votre  colonne, 
afin  de  recevoir  de  M.  le  Maréchal  les  ordres  pour  votre  marche 
ultérieure. 

Compans. 

Le  général  Compans  au  général  Suchet 

Zusmanhaasen,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

D'après  les  dispositions  arrêtées  par  M.  le  Maréchal  comman- 
dant en  chef,  la  division  à  vos  ordres  doit  partir  sur-le-champ 
de  ses  cantonnements  d'Altenmimster  et  de  Werlenschwang 
pour  se  rendre  le  plus  promptement  possible,  mais  en  prenant 
toutefois  (|uelque  repos  dans  la  nuit,  à  Mindelheim,  en  passant 
par  Zusmarshausen,  Steincnkirch ,  Dinkelscherben,  Ziemets- 
hausen  et  Kirchheim. 

Vous  prendrez,  à  votre  passage  à  Steincnkirch,  le  lO*  régi- 
ment de  hussards  qui  sera  provisoirement  sous  vos  ordres. 


10   OCTOBRE.  465 

Je  préviens  de  ces  dispositions .  le  colonel  de  ce  régiment  par 
la  lettre  ci-jointe,  qnc  je  vous  engage  à  lui  faire  remettre  assez 
tôt  pour  qu'il  soit  prêt  au  moment  où  vous  désirerez  le  mettre 
en  marche. 

M.  le  maréchal  désire  que  vous  laissiez  à  Zusmarshausen 
tous  les  bagages  et  voitures  de  vivandiers  de  la  division^  sous 
la  conduite  de  votre  vaguemestre,  qui  prendra  les  ordres  de 
l'adjoint  à  Tétat-major  Oudry,  qui  est  chargé  provisoirement 
des  fonctions  de  vaguemestre  général  du  corps  d'armée. 

M.  le  maréchal  vous  donnera  des  ordres  ultérieurs  avant  votre 
arrivée  à  Mindelheim. 

COMPANS  (1). 


Le  général  Compans  au  général  Oudinot. 

Zusmarshausen,  lo  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

D'après  les  dispositions  arrêtées  par  M.  le  maréchal  comman- 
dant en  chef,  la  division  à  vos  ordres,  à  Texccption  toutefois  de 
la  brigade  Mortier,  qui  continue  d'être  à  la  disposition  de 
Son  Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât,  doit  se  mettre  en 
marche  demain  matin  à  0  heures,  pour  se  rendre  à  Mindelheim, 
en  passant  par  Stcinenkirch,  Dinkelscherben,  Ziemetshausen 
et  Kirchheim. 

Les  deux  régiments  de  chasseurs  et  Tartillerie  doivent  suivre 
ce  mouvement.  M.  le  maréchal  désire  que  vous  laissiez  ici  tous 
les  bagages  et  voitures  de  vivandiers  de  la  division,  sous  la 
conduite  de  votre  vaguemestre,  qui  prendra  les  ordres  de 
l'adjoint  à  Tétat-major  Oudry,  qui  est  chargé  provisoirement 
des  fonctions  de  vaguemestre  général  du  corps  d'armée. 

M.  le  maréchal  vous  donnera  des  ordres  ultérieurs  avant 
votre  arrivée  à  Mindelheim. 

il  me  charge  de  vous  dire  que  Son  Altesse  Sérénissime  Mon- 
seigneur le  prince  Murât  lui  a  assuré  qu'il  vous  rendra  sans 
retard  la  brigade  Mortier. 

Compans. 


(i)  Le  ^éin'ral  Compans  réclanir  également  à  la  division   Suchct  des 
situations. 

III.  30 


466  CHAPITRE  lY. 

Le  général  Compans  au  général  Beaumont 

Zusmarshausen,  le  18  vcndt^miaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Mon  Général, 

M.  le  maréchal  commandant  en  chef  vient  de  recevoir  votre 
lettre;  il  me  charge  de  vous  mander  en  réponse  que,  d'après  les 
dispositions  qu'il  a  arrêtées,  la  division  à  vos  ordres  doit  partir 
d'Osbach  demain  matin,  à  G  heures,  pour  se  diriger  sur  Mindel- 
heim  en  passant  par  Zusmarshausen,  où  elle  prendra  son  artille- 
rie, Sleinenkirch,  Dinkelscherben,  Ziemetshauscn  et  Kirchheim. 

M.  le  Maréchal  vous  adressera  des  ordres  ultérieurs  avant  l'ar- 
rivée de  la  division  à  Mindclheim. 

Les  circonstances  lui  paraissant  commander  que  les  divisions 
soient  dégagées  de  toute  espèce  de  bagages  et  voitures  de  vivan- 
diers, il  en  a  ordonné  la  réunion  ici  pour  ce  qui  concerne  son 
corps  d'armée,  et  il  vous  engage  à  prendre  le  même  parti  pour 
jue  qui  concerne  la  division  à  vos  ordres. 

Votre  vaguemestre  pourra  prendre  les  ordres  du  capitaine  ad- 
joint Oudry,  que  M.  le  maréchal  a  désigné  pour  remplir  les 
fonctions  de  vaguemestre  général  du  corps  d'armée. 

COMPANS. 


Le  général  Gompans  au  général  Foucher. 

Zusmarshausen,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Mon  cher  Général, 

Je  vous  préviens  (|iic  le  corps  d'armée  se  mettra  en  marche 
demain  malin,  à  (»  heures,  puur  se  diriger  sur  Miudelheim  en 
passant  par  Steinenkirch ,  Dinkelscherben,  Ziemetshausea  et 
Kircliheini. 

M.  W.  maréchal  vous  charge  de  donner  des  ordres  pour  faire 
suivre  le  parc  d'artillerie  en  toute  diligence. 

Tous  les  bagages  du  corps  <rarmée  devant  être  réunis  ici  sous 
la  direction  de  M.  Oudry,  eapilainc  adjoint  à  F  état-major  général, 
chargé  provisoiremenl  des  ronctions  de  vaguemestre  général. 


10  OCTOBRE.  461 

M.  le  maréchal  ordonne  que  ceux  qui  pourraient  se  trouyer  au 
parc  de  rarlillerie  se  conforment  à  cette  disposition. 
M.  le  maréchal  montera  h  cheval  de  bonne  heure. 

G0MPAN8. 


Le  général  Compans  à  M.  Oudry,  adjoint  à  /'état-major. 
Zusmarshaluen,  le  18  Tcndémûdre  an  xrv  (10  octobre  1805). 

Monsieur, 

Je  vous  préviens  que  M.  le  maréchal  commandant  en  chef 
ayant  jugé  à  propos  de  réunir  demain,  à  Zusmarshausen,  tous 
les  bagages  du  corps  d*armée  et  voitures  de  vivandiers,  vous  a 
désigné  pour  remplir  provisoirement  les  fonctions  de  vaguemestre 
général. 

Je  préviens  de  cette  disposition  les  vaguemestres  des  divisions 
Suchet,  Oudinot  et  Beaumont  qui  doivent  prendre  vos  ordres. 

Choisissez  un  local  où  vous  puissiez  faire  parquer  en  ordre 
toutes  les  voitures  dont  la  police  et  l'ordre  de  marche  vous  sont 
confiés,  et  attendez  ici  les  ordres  que  je  vous  adresserai  ultérieu- 
rement de  la  part  de  M.  le  maréchal. 

Je  mets  à  votre  disposition  une  ordonnance  à  cheval  et  les 
gardes  que  MM.  les  généraux  de  division  laisseront  aux  bagages. 

Le  corps  d'armée  se  portera  demain  à  Mindelheim  ;  c'est  là 
où  vous  pourriez  adresser  vos  lettres  si  vous  aviez  quelques 
comptes  à  me  rendre  ou  quelques  ordres  à  prendre  de  moi. 

M.  le  maréchal  compte  sur  votre  zèle  et  votre  activité. 

GOMPANS. 


Le  général  Compans  à  M.  Vaat,  comminairo  dos  guerres, 
Ziiamarobausen,  le  18  vendémiaire  an  xir  (10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Commissaire, 

Je  vous  préviens  que  le  corps  d'armée  se  met  en  marche 
demain  matin,  à  6  heures,  pour  se  diriger  sur  Mindelheim  en 
passant  par  Steinenkirch ,  Dinkelscherben ,  Ziemetshausen  et 
Kircbheim. 


468  CHAPITRE  IV. 

Donnez  vos  ordres  pour  que  ranibuLince  suive  immédiatement 
la  division  de  grenadiers  et  que  le  convoi  de  vivres  et  de  liquides, 
qui  est  en  arrière  du  corps  d'armée,  rejoigne  le  plus  promptement 
possible  ;  employez,  pour  liAter  son  arrivée,  tous  les  moyens 
imaginables.  M.  le  marécbal  est  plus  impatient  que  je  ne  pourrai 
vous  rexprimer  de  vous  voir  arriver. 

COMPANS. 

Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Lannes. 

Augsburg,  le  IR  vcndt^miairc  an  xiv  (10  octobre  1805),  à  miDait. 

Tous  les  renseignements  que  TEmpereur  reçoit  le  portent  à 
croire  (jne  Tennemi  vient  livrer  bataille  à  Ulm  ou  un  peu  plus 
baut.  Les  renseignements,  d'ailleurs,  du  combat  de  Gûnzburg, 
ne  sont  pas  tels  que  Sa  Majesté  l'espérait.  L'Empereur  pense 
donc  que  vous  devez  passer  par  le  même  cbemin  qu'a  tenu  le 
prince  Murât,  c'est-à-dire  par  Burgau,  afin  de  vous  tenir  tou- 
jours à  portée  du  marécbal  Ney  et  que,  s'il  faut  se  battre,  vos 
deux  corps  se  battent  réunis. 

Enfin,  si  l'ennemi  file  par  Memmingen,  il  se  trouvera  arrêté 
à  Landsberg. 

Donnez  cette  nouvelle  direction  à  votre  corps  d'armée  et 
tenez-vous  toujours  prêt  à  tomber  sur  l'ennemi  avec  les  autres 
corps  d'armée.  Donnez  nouvelle  de  cela  au  prince  Murât;  d'ail- 
leurs, c'est  à  lui  à  juger,  d'après  les  circonstances,  qu'il  ne  faut 
pas  se  précipiter,  (jue  si  rennemi  était  en  grande  force  et  résolu 
à  livrer  ))ataille  devant  Ulm,  vous  devez  marcber  lentement  et 
ne  vous  battre  (jue  dans  le  cas  où  vous  seriez  parfaitement  en 
mesure. 

Marécbal  Bbrthibu. 


Le  général  Compans  au  général  Suchet. 

Zusmarshauson,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

D'après  de  nouvelles  dispositions  ordonnées  par  Sa  Majesté 
rEmpereur,  M.  le  maréchal  commandant  en  cbef  me  cliarge  de 
révcxjuer  l'ordre  donné  à  l'instant  à  votre  division  de  se  rendre  à 
Zusmarsbausen  pour  en  recevoir  de  nouveaux. 

Compans. 


10  OCTOBRE,  469 

Le  général  Compans  au  général  Fauconnet, 
commandant    la    brigade   des    chasseurs   à    cheval. 

Zusmarshauson,  le  18  veadémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Général, 

Vous  pouvez  faire  reposer  vos  chevaux  et  les  faire  débrider. 
I/cscadron  du  21^  régiment  de  chasseurs  à  cheval,  qui  avait  été 
laissé  à  Binswangen,  part  actuellement  d'ici  pour  rejoindre  son 
régiment. 

Compans. 


Le  général  Compans  à  M.  Vast,  commissaire  ordonnateur. 

Zusmarshauson,  lo  18  vcndiîmiairo  an  xiv(10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Commissaire, 

Je  connais  la  destination  d'une  ambulance;  il  me  suffit  de 
savoir  (ju'il  }  en  a  une  de  formée  dans  le  corps  d'armée,  pour 
(|ue  je  lui  transmette  les  ordres  de  M.  le  maréchal  quand  il  y 
aura  lieu. 

Compans. 


Le  général  Compans  au  général  de  brigade  Claparède, 

Zusmarshausen,  le  li  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Mon  cher  Général, 

M.  le  maréclial  Lannes,  commandant  en  chef,  désirant  vous 
mettre  à  même  de  figurer  avec  avantage  devant  Tennemi,  me 
charge  de  vous  annoncer,  en  attendant  l'organisation  définitive 
des  grenadiers,  que  son  intention  est  que  vous  alliez  prendre  le 
commandiîment  de  2,()()0  chasseurs  avec  deux  pièces  d'artillerie 
dans  la  divisicm  aux  ordres  du  général  de  division  Suchét,  fai- 
sant partie  du  Ti^  corps  de  la  Grande  Armée. 

Vous  irez  prendre  les  ordres  de  M.  le  général  Suchel,  que 
vous  trouverez  à  son  quartier  gjfenéral,  à  Zusmarshausen. 


470  CHAPITRE  IV. 

M.  le  maréchal  me  charge,  mon  cher  Général,  de  vous 
annoncer  qu'il  saisit  cette  occasion  a\'ec  plaisir  pour  vous 
prouver  combien  est  grand  Tintérêt  qu'il  vous  porte. 

G0lfPÂN9. 


5<'  CORPS  D* ARMÉE. 

Journée  du  18  vendémiaire  (10  octobre  1805). 

Division  de  cavalerie, 

La  brigade  de  hussards  continue  d*ètre  détachée  sous  les 
ordres  de  Son  Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât. 

La  brigade  de  chasseurs  n'a  pas  fait  de  mouvement.  L'esca- 
dron détaché  à  Binswangen  est  rentré  à  son  régiment. 

Division  de  grenadiers. 

Les  brigades  aux  ordres  des  généraux  Dupas  et  Ruffin  n'ont 
pas  fait  de  mouvement. 

La  brigade  aux  ordres  du  général  Laplanche-Morticres  con- 
tinue d'être  détachée  aux  ordres  de  Son  Altesse  Sérénissime  le 
prince  Murât. 

L'artillerie  et  les  sapeurs  n'ont  pas  fait  de  mouvement. 

2«  division  (général  Gazan). 

La  2«  division  continue  d'être  détachée  sous  les  ordres  de 
M.  le  maréchal  Xey.  ^ 

Division  aux  ordres  du  général  Suchet, 

Cette  division  est  passée  le  18  (/O  octobre)  sous  les  ordres  de 
M.  le  maréchal  commandant  en  clief.  Elle  occupait  les  canton- 
nements de  Wcrlcnschwang  et  de  Altenmûnster,  où  elle  était 
arrivée  dans  la  journée,  lorsqu'il  lui  donna  l'ordre  de  les  quitter 
pour  aller  bivouaquer  en  avant  de  Steinenkirch;  elle  passa  la 
nuit  dans  cette  position. 

Division  de  dragons  aux  ordres  du  général  Beaumont, 
La  division  aux  ordres  du  général  Beaumont  est  aussi  passée 


10  OCTOBRE.  471 

\g  iH  (10  octobre)  sous  ceux  de  M.  le  maréchal  commandant  en 
chef.  VAle  a  hivouaqué  ce  jour-là  à  Auerbach. 

Parc  d'artillerie. 

Le  grand  parc  d'artillerie  du  corps  d'armée  est  arrivé  le  18 

{iO  octobre)  à  Wertingen. 


RÉSERVE  DE  CAVALERIE. 

Ordre. 

Burgau,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobi*e  1805). 

Le  corps  d'armée  qui  se  trouve  à  Burgau  partira  sur-le-champ 
pour  se  diriger  sur  Weissenhorn  et,  comme  il  est  présumable 
que  ce  poste  est  occupé  par  l'ennemi,  on  devra  s'en  approcher 
avec  la  plus  grande  précaution  et  beaucoup  d'ensemble. 

On  marchera  dans  l'ordre  suivant  :  le  9«  régiment  de  hus- 
sards formera  l'avant-garde  et  éclairera  la  marche  toujours  au 
moins  à  une  lieue  en  avant  en  se  flanquant  de  droite,  devant 
communiquer  avec  les  troupes  légères  de  M.  le  maréchal  Ney  et 
s'étendant  le  long  de  la  Biber.  En  arrivant  sur  cette  rivière  ainsi 
que  sur  la  Uotli,  les  flanqueursde  gauche  communiqueront  avec 
ceux  de  droite  du  10^  régiment  de  hussards,  qui  remonte  la 
Mindel. 

Tous  les  équipages  resteront  à  Burgau. 

La  brigade  de  M.  le  général  Mortières,  précédée  d'un  régiment 
de  dragons,  marchera  ensuite  et  emmènera  avec  elle  son  artil- 
lerie. 

La  division  du  général  Klein  fermera  la  marche,  ayant  son 
artillerie  à  la  suite  de  son  premier  régiment. 

M.  le  général  Treillard  prendra  provisoirement  le  commande- 
ment de  la  cavalerie  légère  de  la  brigade  du  général  Mortières, 
comme  le  plus  ancien  général. 

Mur  AT  (1). 

(1)  Il  est  probable  qu'un  contre-ordre  de  Berthier,  que  nous  n'avons 
pu  retromcr,  a  suivi  de  près  Tonlre  daté  de  Zusmîirshausen,  18  vendé- 
miaire, et  a  dirigé  Murât  sur  Weissenhorn  au  lieu  de  Mindelhcim. 


472  CHAPITRE  IV. 

Zasmtnh&aien,  le  18  Tendémiaire  an  xrv  (10  octobre  1805). 
Ordre  au  grand  quîirtier  général  de  se  rendre  à  Augsburg(i). 

Maréchal  Berthibr. 


Le  général  AndréOBsy  au  général  Mathieu  Dumas, 

Général, 

Je  vous  préviens  que  le  quartier  général  part  aujourd'hui,  à 
A  heures,  pour  se  rendre  à  Mertingen,  d'où  il  partira  demain,  de 
très  bonne  heure,  pour  Augsburg. 

J*ai  Thonneur  de  vous  saluer. 

Pour  Vaide-major  général^  chef  de  V état-major  général  : 
L  Adjudant-commandant^ 
{Sans  date.)  Hastrbl. 


Bugeaud  à  Mf^  Phillis  de  La  Piconnerie. 

Ma  chère  Amie, 

Je  ne  suis  resté  qu'un  jour  à  Strasbourg;  nous  avons  passé  le 
Rhin  et  fait  des  marches  forcées  qui  nous  ont  beaucoup  fatigués. 
Nous  partons  tous  les  jours  de  grand  matin  et  nous  ne  nous  ar- 
rêtons que  lorsqu'il  est  nuit.  Toute  Tarmée  marche  avec  la  même 
vigueur  et  notre  petit  homme  conduit  la  barque  avec  une  vitesse 
surprenante.  Il  faut  avoir  hon  pied  pour  seconder  son  génie  actif. 
Tu  jugeras  de  la  rapidité  avec  laquelle  nous  avons  marché, 
quand  tu  sauras  qu'en  sept  jours  nous  avons  fait  80  lieues,  ce 
qui  est  beaucoup  pour  des  troupes  chargées,  car,  outre  notre  sac, 


(I)  Î/Empereur    sera  logé   h  Augsburg,   chez    l'ancien   Électeur    de 
T^^vos  (4'^  bulletin).  La  Garde  reste  à  Augsburg. 


10  OCTOBRE.  473 

nous  portons  sur  notre  dos  tous  nos  ustensiles  de  campagne, 
marmites,  bidons,  pioches,  bêches,  etc. 

Je  suis  absolument  éreinté  et  je  ne  conçois  pas  comment  le 
corps  peut  résister  à  des  fatigues  si  continuelles.  Encore  si,  en 
arrivant  au  logement,  nous  avions  un  bon  lit  ;  mais  pas  du  tout, 
nous  n'avons  qu'un  peu  de  paille,  qu'il  faut  encore  attendre  trois 
ou  quatre  heures  et,  souvent,  on  ne  peut  se  coucher  que  dehors, 
auprès  d'un  feu.  La  faim  est  encore  un  autre  tyran.  Juge  si 
iO,(K)0  liommes  arrivant  dans  un  village  peuvent  trouver  facile- 
ment chacun  de  (juoi  manger.  Ce  qui  me  cause  encore  de  la 
peine,  ce  sont  les  vexations  et  les  vols  que  Ton  fait  aux  paysans  : 
leur  volaille,  leur  bois,  leur  lard  leur  est  enlevé  de  gré  ou  par 
rapme.  Je  ne  fais  pas  ces  choses-là,  mais  quand  je  suis  bien  af- 
famé, je  t()lère  en  secret  et  je  goûte  bien  ma  part  du  vol.  Tout 
ceci  prouve  hien  que  jusqu'à  présent  je  n'avais  vu  que  des  roses. 

Ne  crois  pourtant  pas,  malgré  le  dégoût  que  je  parais  expri- 
mer, que  je  manque  de  force  et  de  courage  pour  supporter  tous 
ces  maux.  Au  contraire,  je  les  endure  avec  patience,  et  je  fais 
mes  ellorts  pour /emplir  mon  état  avec  honneur.  Je  t'assure  que 
je  mourrai  ou  (|ue  je  me  distinguerai.  Je  me  sens  le  plus  vif  désir 
de  gagner  la  croix  de  mérite  :  Une  s'agit  que  de  trouver  une  oc- 
casion. 

On  s'est  déjà  battu  et  les  avantages  ont  été  pour  nous.  Le  16, 
on  a  fait  4,000  prisonniers  que  j'ai  vu  défiler  ;  il  y  avait  beau- 
coup d'officiers  qui  avaient  fort  bonne  mine  ;  plusieurs  étaient 
couverts  de  sang. 

On  assure  que  le  général  (s2c)Murattientencore  11,000  hommes 
blocjués  à  3  lieues  d'ici  et  que,  demain,  nous  marchons  pour  dé- 
terminer plus  promptement  leur  reddition. 

No  sois  pas  étonnée  si  je  reste  longtemps  sans  t'écrire,  peut- 
otre  deux  mois. 

Adieu,  ma  chère  Sœur. 

Ton  frère, 

Thomas  (1). 


(I)  Comto  d'Ideville,  Le  maréchal  Bugeaud,  torae  I,  page  91. 


474  CHAPITRB  IV. 

Le  maréchal  Btrthier  au  maréchal  SoulL 

Augtbnrr.  le  18  Tendémialrp  an  ut  <I0  octotav  inOéy 


i  )rdrc  au  inan^clial  S(»ult  de  se  porter  de  Friedberg  sur  I 
berg,  dès  demain  matin.  Lui  annoncer  qiril  aura  la  di\»ioB  de 
dragons  du  général  Walther,  provisoirement  sous  ses  ordres  1) 

Maréchal 


Ordre  dé  mouvement. 
AoRibonr,  la  IS  ▼end^iiii*  u  inr  (i<i  oetobrt  IMM. 

Los  di\isit»ns  du  corps  d'armée  loveront  les  divers  camps 
<]u'o]|i's  ocrupent  aux  environs  dWugsburg  demain  19.  a  la  poiatr 
du  jour,  pour  so  diriger  sur  Landsberg  en  passant  par  llauoslel- 
tcn  et  Lcrhfild. 

La  .'{«  division  fttrniera  trte  de  colonne,  et  fournira  la^ant- 
gîirdo. 

La  i**  di\isi(»n  ni.irrliora  ensuite  et,  après  elle,  la  l'^. 

L'a\ant  ;:.-into  sera  l'nniposco  de  i  t>ataillons  d*infanierie  légère 
de  hi  .')'"  di\  isiiin.  de  '1  pièees  de  t  cl  du  H«  régiment  de  hussards. 

Le  2(î''de  eliasseurs  a  clio\al  marchera  avec  cette  a vanl-frarde 
Jusi]u'a  ee  que  le  H"  de  hus>ards  ait  pu  la  joindre  ;  après,  il  rea- 
trera  a  la  l»ri::a«le  de  ea\aleiîe  lé:;ère. 

Le  gêuerui  de  hrig.idf  Merle  commandera  Tavant-garde,  sous 
les  onlre>  de  M.  le  u'enriiil  Legraiid. 

La  di\isinii  de  i*:i\;ilerie  légère,  a\ec  son  artillerie,  marchera 
ininiédiiitenieiil  apn'N  l'a\ant-garde. 

La  ±  di\isiiiri  de  (IniirunN.  eiuiunandée  parle  général  Walther. 
iii.'inlieni  iiuMii-di.'iteiii«nt  apri's  |e>  brigades  de  bataille  de  la 
',\"  (li\iNi(in 

M.  le  LiriiiT.'tl  WaltliiT  xondra  bien  régler  les  mouvements  de 
n;i  ti-iiipe  do  ni:mii-rr  .i  «***  qu'elle  soit  rendue  à  liaunstetten  a 
li  lu-lires  pn'riNi>s  du  in;itiri. 

MM.  I«'s  ::. m  r.iiix  \  iiiiihiiiiuie  et  Saint-llilaire  régleronl  les 


■  1;  M.' III.    'M-   •  Miir.M  .t  .1  Wilth.r. 


10  OCTOBRE.  475 

mouvements  de  leurs  divisions  respectives,  de  manière  que  la 
tiHe  de  la  ^^  arrive  à  7  heures  à  Haunstetten  et  la  tête  de  la  i*^ 
à  8  heures,  au  même  endroit,  afin  que  la  marche  du  corps  d'ar- 
mée s'opère  sans  interruption. 

Le  parc  du  corps  d'armée  marchera  après  lai '^division  et  sera 
gardé  par  elle. 

Tous  les  équipages  des  troupes  et  des  généraux  resteront  à 
Augshurg  jusqu'à  nouvel  ordre. 

Les  chefs  de  corps  y  pourront  laisser  25  hommes  par  régiment, 
commandés  par  un  officier,  pour  veiller  à  leur  garde,  mais  ils 
auront  soin  de  choisir  pour  cet  eiïet  les  militaires  les  plus  éclopés, 
qui  auraient  de  la  peine  à  suivre.  Le  vaguemestre  général 
restera  avec  les  équipages,  veillera  à  leur  réunion,  et ^  fera 
pourvoir  des  subsistances  nécessaires  les  hommes  et  les  che- 
vaux qui  y  sont  attachés. 

La  position  des  divisions  et  le  quartier  général  de  Tarmée 
seront  indiqués  par  un  nouvel  ordre  lorsque  la  troupe  appro- 
chera de  sa  destination. 

L'eau-de-vie  sera  distribuée  demain  à  5  heures  du  matin,  et 
l'ordonnateur  en  chef  prendra  les  mesures  nécessaires  pour 
(lu'il  soit  en  même  temps  délivré  une  ration  de  pain  par 
homme,  et  le  riz  qui  existe  en  magasin.  Pour  cet  effet,  il  fera 
prendre  tout  le  pain  provenant  des  réquisitions  faites  tant  à 
Augshurg  (|ue  dans  les  communes  environnantes,  qui  sont  à  sa 
disposition  ou  chez  les  boulangers  affectés  au  corps  d'armée. 

Pa7'  ordre  de  M.  le  maréchal  Soult  : 
Sallig'ny. 


Le  général  Salligny  aux  généraux  commandants 
les  2«  et  3«  divisions,  —  Circulaire, 

Augsburg,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Général, 

Je  vous  préviens  que  votre  division  marchera  sous  peu, 
veuillez  bien  la  tenir  prête;  je  vais  vous  faire  transporter  au 
camp  tout  le  pain  dont  on  peut  disposer  ici. 


476  CHAPITRE  IV. 

L'ordonnateur  m*a  dit  que  vous  aviez  déjà  de  Tean- de-vie;  si 
cela  est,  vous  Tavez  sûrement  fait  distribuer. 

Sallignt. 


Le  général  Salligny  au  Général  commandant  d'artillerie. 

Âa^bnrg,  le  18  vendémUire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Général, 

M.  le  maréchal  commandant  en  chef  vous  invite  à  envoyer  à 
l'état-major  jrénéral  un  état  des  chevaux  nécessaires  pour  rem- 
placer ceux  qui  manquent  aux  attelages  des  équipages  des  divi- 
sion^, à  l'artillerie  léircre  et  au  parc  du  corps  d'armée,  afin  que 
les  réquisitions  en  soient  faites.  Vous  comprendrez  dans  ces 
états  les  chevaux  hors  de  service. 

Je  vous  préviens  que,  d'après  Tordre  de  M.  le  maréchal,  j'ai 
invité  le  commissaire  ordonnateur  en  chef  à  faire  délivrer  la 
viande  pour  deux  jours  h  la  compagnie  d'artillerie  sous  les 
ordres  du  général  Margaron  ;  l'ordonnateur,  à  qui  j'ai  commu- 
nic|ué  votre  lettre  relative  aux  vivres  tjui  n'ont  pas  été  délixTés  à 
rartillerie.  a  reçu  l'invitation  de  leur  faire  fournir  sans  délai. 

Salligny. 


Le  général  Salligny  au  Commissaire  ordonnateur. 

Augsburg.  lo  IS  vendémiaire  an  iiv  (10  octobre  1805). 

Mon  cher  Ordonnateur, 

Je  vous  préviens  que  les  ordres  du  maréchal  sont  que  Thôpital 
d'Hcilbronn  soit  évacué  :  (jue  les  hommes  t|ui  s'y  trouvent  soient 
dirigés  sur  leurs  corps  s'ils  "^ont  en  état  de  rejoindre  ou  dirigés 
sur  les  hôpitaux  de  Hall,  d'Ellwangen  ou  de  ceux  qui  pourraient 
être  établis  dans  les  places  (lui  se  trouvent  plus  rapprochées  de 
la  ligne  d'opération. 

D'après  cette  disposition,  les  tjfliciers  de  santé  militaire  qui 
avaient  été  chargés  de  l'hôpital  militaire  d'Heilhronn  en  seront 
retirés,  mais  M.  le  maréchal  ordonne  qu'il  soit  signifié  aux 
magistrats  de  tenir  ces  établissements  prêts  à  Mre  ouverts  si 
les  circonstances  l'exigent. 


10  OCTOBRE.  477 

Le  maréchal  vous  charge  d'écrire  aux  directeurs  des  hôpitaux 
des  places  sur  la  rive  gauche  du  Rhin  de  diriger  sur  leurs  corps 
et  par  convois  les  militaires  du  corps  d'armée  qui  y  sont  en 
traitement,  lors(|u'ils  seront  rétablis. 

Donnez  des  ordres  précis  et  rendez  compte  au  maréchal  de 
l'exécution  de  ces  dispositions. 

Salligny. 


Le  général  Salligny  aux  Commandants  des  détachements 
des  18-,  36%  43%  46'  et  88\ 

Augsburg,  lo  18  vendémiaire  an  Xiv  (10  octobre  1805). 

Monsieur, 

Vous  voudrez  bien  partir  avec  votre  détachement  le  lende- 
main de  votre  arrivée  à  Heilbronn,  pour  rejoindre  votre  régi- 
ment, en  passant  par  Hall,  Ellwangen,  Nôrdlingen  et  Donau- 
worlli,  où  vous  prendrez  des  renseignements  de  rofficier 
supérieur  (pii  y  commande,  afin  de  vous  diriger  de  suite  sur 
votre  corps. 

SAlugny. 


Le  général  Salligny  à  M.  le  chef  de  bataillon  Boy, 
commandant  à  Heilbronn. 

Augsburg,  !♦'  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Commandant, 

Vous  trouverez  ci-jointes  diverses  lettres  pour  les  comman- 
dants de  détachements  qui  doivent  arriver  successivement  à 
Heilbronn  pour  rejoindre  les  bataillons  de  guerre  des  corps  dont 
ils  font  partie;  nous  voudrez  bien  les  déposer  entre  les  mains 
d'une  personne  à  Heilbronn  en  l'invitant  à  les  faire  remettre  à 
leur  adresse  à  l'instant  de  l'arrivée  de  chaque  détachement. 

Je  pense  quv  vous  aurez  dirigé  par  HaH,  Ellwangen  et  Donau- 
\v()rth  sur  l'armée,  tous  les  détachements  (pii  seront  arrivés  à 
Heilbronn,  notamment  celui  de  150  hommes  du  88®  régiment; 
celui  de  pareille  force  du  17®  d'infanterie  légère;  celui  de 
100  hommes  du  18*^  de  ligne  et  celui  de  ()0  hommes  du  4®  régi- 


478  CHAPITRE  IV. 

ment,  les  trois  premiers  ayant  dû  s'y  rendre  le  9  et  le  quatrième 
le  10 de  ce  mois;  s'ils  s'étaient  arrêtés  à  Heilbronn,  vous  leur 
donneriez  Tordre  d'en  partir  sur-le-champ  pour  rejoindre  leurs 
corps  respectifs. 

Salliont. 


Le  général  Salligny  à  rOrdonnateur  en  chef. 

Augsburg,  lo  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Mon  cher  Ordonnateur, 

M.  le  maréchal  a  reçu  votre  lettre  de  ce  soir  relative  aux 
3(K)  paires  de  souliers  reconnues  par  l'inspecteur  de  l'habUle- 
ment  :  je  les  mets  à  la  disposition  de  M.  le  général  Legrand 
pour  les  corps  de  sa  division  qui  en  ont  le  plus  besoin.  J'écris 
au  général  Legrand  de  les  faire  prendre  chez  vous  ce  soir 
même,  je  vous  invite  à  les  faire  réunir  pour  qu'elles  soient 
remises  aux  personnes  qui  se  présenteront  pour  les  recevoir. 

SaLLIGiNY. 


Le  général  Salligny  au  Commandant  de  la  force  publique. 
Aagsburg,  le  18  vcndcmiairo  an  xiv  (10  octobre  1806). 

Commandîint, 

Vous  voudrez  biou,  conformément  aux  instructions  de  M.  le 
maréchal  commandant  en  chef,  faire  inscrire  sur  un  registre 
particulier  les  noms  de  tous  les  prisonniers  qui  seront  faits  par 
lo  corps  d'armée  ainsi  que  ceux  des  déserteurs  qui  y  arriveront. 

Ce  rctristrc  sera  divisé  en  {)  colonnes  :  la  l**  contiendra  les 
noms  et  prénoms;  la  :i«  le  lieu  de  naissance:  la  S^TAge;  la  !• 
lo  irrado  :  la  o«  lo  régiment  :  la  (»•  indi(|uera  s'ils  sont  prisonniers 
ou  déserteurs:  la  7«  le  lieu  où  ils  ont  été  pris  ou  celui  de  la 
désertion  :  la  S«  la  date  do  la  prise  ou  do  la  désertion  :  la  9«  la 
direction  qui  leur  sera  donnée. 

Vous  ferez  connaître  à  M.  lo  maréchal,  par  un  rapport  parti' 
oulior  ohaipio  fois  i|ue  la  chose  on  vaudra  la  peine,  ce  que  vous 
rooueilleroz  d'intéressant  dos  interrogatoires  que  %ous  leur  ferei 
subir  ot  vous  on  tiendrez  note  pour  y  avoir  recours  au  besoin. 


10  OCTOBRE.  479 

Je  vous  recommande  particulièrement  d'apporter  le  plus 
frrand  soin  à  la  tenue  du  registre  des  prisonniers  et  déserteurs, 
de  veiller  à  ce  que  chaque  colonne  soit  exactement  remplie, 
afin  ({ue  l'on  puisse  toujours  y  puiser  les  renseignements  dont 
on  pourrait  avoir  besoin;  cet  objet  est  d'une  importance 
majeure. 

Salligny. 


Le  général  Salligny  à  M.  le  chef  de  bataillon  Boy, 
commandant  à  HeîWronn. 

Augsburfç.  le  18  Tendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Commandant, 

Vous  voudrez  bion,  conformément  aux  ordres  de  M.  le  maré- 
chal commandant  en  chef,  faire  évacuer  de  suite  Thôpital  établi 
à  Ileilbronn  et  signifier  aux  magistrats  de  cette  ville  de  tenir  cet 
établissement  prêt  à  otre  ouvert  au  premier  ordre  qui  en  sera 
donné. 

Vous  dirigerez  par  Hall,  Ellwangen  et  Donauwôrth  les 
malades  cjui  se  trouveraient  en  état  de  rejoindre  leurs  corps  et 
vous  leur  ordonnerez  de  se  rendre  près  le  général  commandant 
à  Donauwôrth,  pour  savoir  quelle  est  la  direction  qu'ils  devront 
suivre  et  s'y  rendre  au  plus  tôt. 

Quant  a  ceux  susceptibles  d'être  évacués,  Us  le  seront  sur  les 
hôpitaux  de  Hall  et  Kllwangen  ou  sur  ceux  qui  seraient  établis 
dans  les  places  les  plus  rapprochées  de  la  ligne  d'opération; 
vous  re(|uerrez  les  moyens  de  transport  à  ce  nécessaire. 

D  après  cette  disposition,  les  officiers  de  santé  qui  avaient 
été  ciiargés  du  service  de  l'hôpital  militaire  d'Heilbronn  devront 
eu  être  retirés  ;  l'ordonnateur  en  chef  leur  adresse  des  instruc- 
tions à  ce  sujet. 

Après  l'évacuation  totale  de  l'hôpital  militaire  d'Heilbronn  qui 
devra  être  terminée  sur-le-champ,  vous  rejoindrez  de  suite  le 
(luartier  général  partout  où  il  sera,  en  suivant  la  direction  que 
je  viens  de  vous  tracer. 

Salligny. 


480  CHAPITRE  IV. 

Le  général  Schiner  au  général  Vandamme. 
Mon  Général, 

J'ai  Thonneur  de  vous  rendre  compte  que  je  ne  suis  arrivé 
ici  qu'à  9  heures,  avec  i'avant-garde  de  votre  division,  ayant 
été  entravé  dans  la  marche  par  un  mouvement  irrégulier  tant 
des  troupes  que  des  bagages  qui  la  précédaient.  Je  me  suis 
établi  dans  les  premières  granges,  en  me  gardant  militaire- 
ment, étant  d'ailleurs  couvert  par  les  !'•  et  3«  divisions. 

Il'est  impossible  de  trouver  ici  quelque  chose  en  subsistance. 
Votre  avant-garde  aurait  besoin  de  pain  et  d'eau-de-vie.  J'ai 
des  louanges  à  lui  donner  sur  sa  manière  de  marcher  et  de  se 
conduire. 

Il  y  a  ici  tous  les  généraux  des  i'«  et  3«  divisions  de  logés, 
et  comme  l'avantrgarde  n'a  été  établie  que  vers  les  9  h.  30,  je 
n'ai  pu  les  voir  aussi  tard. 

J'ai  l'honneur 

SCHINKB. 

P. -S,  —  Je  suis  logé  chez  le  curé. 


Le  général  Vandamme  au  maréchal  Soult. 

G^gglingen,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal. 

J'ai  rhonneur  de  vous  rendre  compte  que  j'ai  fait  pousser 
les  reconnaissances  jusqu'à  plus  de  trois  lieues  au-dessus 
dlnningen,  sur  la  rive  gauche  de  la  Wertach,  sans  rencontrer 
rcnnemi.  Il  résulte  des  renseignements  pris  dans  différents 
villages,  (jue  (puitre  hussards  autrichiens  ont  emmené  hier 
:2(X)  chevaux  dos  paysans  de  ces  environs-là  et  les  ont  conduits 
du  colé  de  Memmingen. 

.l'ai  l'honneur  de  vous  saluer  respectueusement. 

Vandamme. 


iO  OCTOBRE.  481 

Le  commissaire  des  guerres  Géant  au  général  Vandamme. 

Raisting,  le  18  vend(^iDiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Mon  Général, 

J'ai  eu  Thonneur  de  vous  rendre  compte,  hier,  des  difficultés 
sans  nombre  que  j'ai  éprouvées  à  Augsburg,  pour  obtenir  du 
pain  pour  un  jour.  11  n'a  pas  moins  fallu,  pour  y  réussir,  que 
passer  la  nuit  entière  à  courir  de  la  municipalité  au  magasin, 
et  du  magasin  chez  les  boulangers  de  la  ville.  Enfin,  j'en  ai 
obtenu,  et  votre  division  est  la  seule  qui  en  ait  eu.  Je  lui  ai 
procuré  aussi  de  l'eau-de  vie  pour  deux  jours. 

Mais  les  peines  que  j'ai  prises  pour  obtenir  si  peu,  me 
donnent  des  inquiétudes  sur  l'avenir.  Tout  me  fait  penser  qu'il 
me  sera  impossible  d'assurer  le  service  du  pain,  car  pour  me 
rendre  ici,  j'ai  parcouru  dix  villages,  dans  l'espoir  de  trouver  de 
(juoi  suffire  aux  besoins  du  jour,  et  ce  que  j'ai  recueilli  se  borne 
à  une  centaine  de  pains  de  trois  livres,  que  j'ai  délivrés  au 
4G<î  régiment.  Rien  n'annonce  que  demain  je  serai  plus  heu- 
reux, et  cette  position  est  affreuse. 

J'ai  essayé  d'un  moyen  qui  produira  peut-être  quelque  chose  : 
c'est  de  former  un  approvisionnement  de  farines,  que  je  ferai 
manutentionner  par  les  boulangers  attachés  à  la  division.  Mais 
il  faut  d'abord  réunir  assez  de  sacs,  et  je  n'en  ai  encore  que 
trois.  Quand  nous  aurons  eu  recours  à  cette  ressource,  il  faudra 
la  renouveler,  ce  qui  ne  pourra  se  faire  qu'avec  une  force 
armée  suffisante  pour  qu'elle  ait  lieu  sur-le-champ. 

Je  vous  prie,  mon  Général,  de  m'accorder  un  détachement 
de  20  hommes  d'infanterie  ou  au  mois  G  hommes  à  cheval; 
demain  je  courrai  le  pays  et  j'aurai  de  la  farine,  et  demain, 
dans  la  nuit,  je  ferai  cuire.  Tous  les  jours  je  ferai  de  même,  s'il 
y  a  possibilité. 

Si  mes  efforts  sont  sans  succès,  je  vous  conjure,  mon  Général, 
de  ne  point  m'en  accuser.  Mes  désirs  sont  d'accord  avec  mon 
devoir,  et  il  faut  que  je  rencontre  des  obstacles  insurmontables 
comme  ceux  ([ue  j'ai  rencontrés,  pour  ne  pas  faire  donner  à 
la  division  la  subsistance  qui  lui  est  due  et  dunt  elle  a  tant 
besoin. 

J'ai  l'honneur Gkant. 

III.  31 


48Î  CHAPITRE   IV. 

Le  maréchal  Soult  au  maréchal  Berthier. 

Augsburg,  le  18  veadémUire  an  xrv  (10  octobre  1805). 

Des  cinq  compagnies  de  sapeurs  qui  étaient  employées  au 
4«  corps  d'armée,  quatre  sont  restées  à  Boulogne  et  celle  qui 
reste  est  insuffisante  pour  les  travaux  journaliers  que  le  réta- 
blissement des  ponts  et  des  routes  nécessitent. 

Pour  y  suppléer,  j'ai  Thonneur  de  prier  Votre  Excellence  de 
vouloir  bien  demander  Tagrément  de  Sa  Majesté  pour  qu'il  soit 
attaché  quelques  autres  compagnies  de  sapeurs  au  4®  corps 
d'armée. 

D'après  les  mêmes  motifs,  je  vous  prierai  aussi,  Monsieur  le 
Maréchal  et  Ministre,  de  demander  à  l'Empereur  qu'il  soit 
également  attaché  une  portion  de  compagnie  de  pontonniers 
au  A^  corps  d'armée. 

J'ai  l'honneur 

SouLT. 

Le  maréchal  Soult  au  maréchal  Berthier. 

Âugsbarg,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal  et  Ministre, 

J'ai  eu  l'honneur  de  proposer  à  Votre  Excellence  le  chef  de 
bataillon  Boy,  pour  occuper  un  des  emplois  de  son  grade 
vacants  dans  le  34^  et  le  04'*  régiment;  mais  ma  demande 
n'ayant  point  été  accueillie,  j'ai  l'honneur  de  vous  prier  de 
vouloir  bien  faire  délivrer  <à  cet  officier  une  commission  pour 
être  employé  comme  adjoint  à  Tétat-major  du  4®  corps  de  la 
Grande  Armée. 

Le  nombre  d'oHiciers  que  Votre  Excellence  a  retiré  de  cet 
état -major  est  si  considérable,  que  ceux  qui  restent  sont  insuf- 
fisants pour  faire  le  service  ;  j'ai  donc  l'honneur  de  vous  prier 
de  nouveau,  Monsieur  le  Maréchal  et  Ministre,  de  vouloir  bien 
pounoir  à  leur  reinplacemcul. 

J'ai  rhonneur 

SouLT. 


10  OCTOBRE.  483 

Le  maréchal  Davout  à  l'Empereur. 

Aicbach,  le  18  vendémiaire  an  xit  (10  œtobre  1805). 

Sire, 

Jf  supplie  Votre  Majesté  de  vouloir  bien  me  permettre 
•d'entrer  dans  <|iiel(|ues  explications  sur  un  reproche  réitéré 
f|irKlle  \ient  do  me  faire  adresser  par  son  ministre  de  la 
;:uerre,  sur  ce  ipie  je  n'ai  pas  amené  de  Mannheim  tout  le 
matériel  de  Tartillerie  qui  était  aiïecté  au  .'$•  corps  de  la  Grande 
Armé»'. 

M  hourhes  à  feu  et  des  voitures  de  munitions,  pndonges,  etc., 
ee  qui  formait  un  total  de  "110  voilures,  ont  été  amenées  dans 
les  jounires  des  "i  et  i\  \endéuiiaire  (?7'?S  srpiemàre),  par 
iiO  chevaux  du  "1^  bataillon  du  train  d'artillerie,  et  VâH)  chevaux 
de  rri|uisition,  avec  l'ordre  de  renvoxerces  derniers  an  corps 
d'armée  du  trénéral  Marmoiit,  auquel  ils  appartenaient.  A  ce 
inémt'  nnire,  h*  premier  inspecteur  et  le  {général  Faultrier 
anniuir.'tji'ht  que  '.\M)  chexaux  d(^  réquisiiitui  alt'ectés  au  .')"  C(»rps 
d'armée  étaient  en  route  et  devaient  arriver  au  premier 
moment.  Lrs  WiH)  chevaux  de  ré(|uisiti<»n  ont  été  envoyés  au 
L'énéral  Marmont,  ctje  me  suis  mis  en  marche  avec  MHvoi- 
ture<.  dnnt  21  houches  à  feu;  J'ai  laissé  le  reste  à  Mannheim 
axt'c  des  (»fliciers  d'artillerie  et  des  eanonniers,  avec  Tordre  de 
nous  rejoindre  aussitôt  l'arrivée  des  chevaux  de  réquisition 
annoncés. 

I,e  ^'énéral  Sorbier  a  écrit  depuis,  plusieurs  fois,  pour  presser 
J'expétlitiDn  dr  ce  matériel.  J'ai  du  n'attribuer  qu*à  la  rapidité 
de  nos  Miarchcs  et  aux  mauNais  chemins  la  non-arrivée  de  ce 
qii«'  la  hfci'ssilé  m'a  obli»:é  d«*  laisser  derrière  moi  ;  et  s'il»  ne 
siint  pas  en  marche,  alors  les  avis  donnés  par  le  pnmiier  inspec- 
tfur  étaient  inexaels:  je  ne  pouvais  les  supposer  tels  et  frapper 
une  réipiisition  de  chevaux,  lorsqu'on  m'annonçait  une  quantité 
Miffi  santé. 

I.e  ministre  de  la  i:uerri>  m'a  fait  aussi,  de  la  part  de  Votre 
M.ip-st*'.  Il*  reproche  d  a\oir  n-tetiu  rartillerie  de  la  crusse  cava- 
leri«-  qui  n'i'tait  attarliee  que  momentanément  au  .'I*  curps 
d  arm«*e.  Je  vous  supplie.  Sire,  de  \ouloir  me  permettre  de  vous 
ub^erver  que   e«    reproche    est   de   la   deruière    inexactitude. 


484  CHAPITRE  IV. 

Lorsque  j'ai  eu  Tordre  d'envoyer  à  Harburg  la  division  de  cava- 
lerie du  général  Nansouty,  elle  n'avait  avec  elle  que  le  personnel 
de  son  artillerie  ;  ce  personnel  a  eu  Tordre  de  la  rejoindre  ;  les 
deux  pièces  de  8  et  Tobusier,  par  un  malentendu  arrivé  à 
OKttingen  après  le  départ  de  la  cavalerie  et  du  3«  corps  d'armée, 
sont  venus  ici,  et  le  général  Sorbier,  aussitôt  qu'il  en  a  été  ins- 
truit, a  donné  les  ordres  de  diriger  ces  pièces  sur  Danauwôrth, 
pour  de  là  rejoindre  la  division  du  général  Nansouty. 

Je  prie  Votre  Majesté  de  vouloir  bien  excuser  la  longueur  de" 
ces  explications  ;  je  ne  les  ai  données  que  parce  que  votre 
ministre  m'a  réitéré  ces  reproches  non  fondés. 

L'armée  est  bivouaquée  en  avant  de  Aichach,  ainsi  que  j'en  ai 
rendu  compte  hier  à  Votre  Majesté,  et  j'attends,  pour  en  partir, 
ses  ordres. 

Le  général  Kionmayer  s'est  retiré  sur  Munich;  il  s'est  arrêté 
hier  dans  Taprès-midi  entre  cette  place  et  Dachau;  il  a  laissé 
(|ucl(|ues  avant-postes  entre  lui  et  notre  avant-garde,  dont  les 
reconnaissances  ont  tait  ce  matin  quelques  prisonniers  à  cinq  ou 
six  lieues  d'ici. 

Les  Russes  sont  annoncés  à  Braunau  pour  le  10  octobre, 
aujourd'hui,  et  à  Munich  pour  le  iT».  Ce  qu  il  y  a  de  certain, 
c'est  que  le  (>  octobre,  il  n'y  en  avait  pas  encore  à  Braunau. 

Le  régiment  de  Gyulay  a  rejoint  ici  le  général  Kienmayer  ; 
auparavant  son  départ,  un  régiment,  également  en  route  des- 
frontières  pour  rei«>indrc  Tarmée,  a  rallié  ce  général  hier  entre 
Munich  et  Dachau.  Ce  corps  d'armée  peut  être,  depuis  ces  réu- 
nions, de  iO,0()()  à  :2(),()(M)  hommes.  Tous  les  habitants  sensés 
peignent  leur  infanterie  comme  très  découragée;  ce  qu'il  y  a  de 
certain,  c'est  la  désertion;  depuis  vingt-quatre  heures,  il  en  est 
arrivé  ici  une  trentaine.  Tous  ces  déserteurs,  bien  entendu, 
annoncent  cpiils  seront  suivis  de  beaucoup  d'autres. 

Leur  cavalerie  a  encore  un  peu  de  moral. 

Le  général  Kienmayer  a  eu  dans  la  maison  que  j'habite  deux 
terreurs  paniques,  qui  ne  sont  point  dignes  de  la  réputation  dont 
il  jouit. 

Suivant  tous  les  rapports  de  Munich,  et  entre  autres  d'un 
homme,  que  j'ai  envoyé  de  Spire  et  qui  commence  à  nie  donner 
do  ses  nouvelles,  Tarmée  de  Souabe  ne  doit  pas  élre  au  delà  de 
40, (XM.)  à  .'30,000  hommes.  Ces  rapports  dépeignent  Tannée  de 


10  OCTOBRE.  488 

rarchidiic  Charles  comme  très  nombreuse  ;  on  la  porte  de  80,000 
à  100,000  hommes. 

J'ai  rhonneur 

Davout. 


Le  maréchal  Davout  au  maréchal  Berthier, 

Aichach,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'ai  rhonneur  de  rendre  compte  à  Votre  Excellence  que  le 
corps  d'armée  à  mes  ordres  attend  ici  ceux  que  Sa  Majesté 
voudra  bien  ma  faire  adresser. 

Ce  dernier  séjour  a  fait  beaucoup  de  bien,  en  permettant  aux 
divers  parcs  et  convois  de  rejoindre  le  corps  d'armée. 

Je  vous  prie  de  me  faire  connaître  le  point  sur  lequel  les  pri- 
sonniers, ainsi  (jue  les  déserteurs,  doivent  être  dirigés,  afin  que 
je  puisse  y  faire  conduire  ceux  qui  se  trouvent  réunis  à  mon 
quartier  général  ;  en  cas  de  départ,  je  les  laisserai  sous  la 
garde  et  ^surveillance  des  autorités  locales,  qui  sont  également 
intéressées  à  ne  point  les  laisser  échapper. 

Davout. 

P. -S.  —  J'invite  Votre  Excellence  à  vouloir  bien  adresser  ses 
ordres  au  colonel  Cassive,  du  48^  régiment,  qui  vient  d'y  être 
remplacé,  pour  que  cet  officier  supérieur  puisse,  en  se  retirant, 
quitter  l'armée  avec  honneur. 


Journal  de  marche  de  la  division  Priant 

Le  18  yendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Les  deux  premières  divisions  passent  la  Parr  à  Aiebach  et 
vont  établir  leurs  bivouacs  sur  la  crête  des  hauteurs  moyennes 
et  boisées,  trois  quarts  de  lieue  en  avant  de  cette  petite  ville,  à 
la  sortie  de  laquelle  la  montée  est  assez  forte  après  le  pont. 

La  1'"-  division,  dont  la  gauche  est  aussi  à  Klingen,  a  sa 
droite  à  la  Parr,  à  Gallenbach  et  occupe  Blumenthal. 


486  CHAPITRE  IV. 


Nous  eûmes  une  fausse  alerte  causée  par  le  rapport  d*un 
officier  de^  chasseurs  à  cheval  qui  crut  voir  une  force  consi- 
dérnhle  marchant  sur  nous  dans  quelques  reconnaissances 
autrichiennes.  La  division  prend  les  armes;  le  Maréchal  monte 
à  cheval. 

D'Aichach  à  Klingen,  la  route  est  bonne;  elle  a  deux  montées 
et  deux  descentes  à  mi-distance  d'Aichach  à  Klingen.  11  y  a  un 
très  beau  moulin  sur  la  droite.  Ce  jour  et  les  précédents,  nous 
eûmes  beaucoup  de  neige  fondue  et  de  pluie. 


,'<''  CORPS  d'armée. 
Journée  du  18  vendémiaire  (10  octobre  1805). 

Quartier  général  :  Aichach. 

Avant-garde  :  quartier  général  :  Ober-Roth. 
Escarmouches  en  avant  d'Ober-Roth,  entre  le  i^'de  chasseurs 
et  les  uhlans. 

l«"e  division  :  quartier  général  :  Hlumenthal. 

La  gauche  à  la  route  de  Munich,  la  droite  à  celle  d'Augsburg, 
en  avant  d'Aichach  ;  elle  est  adossée  aux  bois,  derrière  Blu- 
menthal. 

2*^  division  :  quartier  général  :  Klingen. 

A  une  demi-lune  en  avant  d'Aichach;  la  droite  h  la  route  de 
Munich,  sur  la  lisière  des  bois,  entre  les  petits  villages  de 
Bergen  et  de  Mezenried. 

L'artillerie  de  la  division  à  Rergen. 

.*i«  division  :  ()uartier  général  :  Inchenhofen. 
Elle  reste  en  deuxième  ligne  dans  la  mènje  position  que  le 
jour  précédent. 

Cavalerie  légrro. 

Parc. 


10  OCTOBRE.  487 

Le  général  Gudin  à  M.  le  maréchal  Davout 

Le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

J'ai  l'honneur  de  vous  rendre  compte  que  ma  division  est 
dans  la  même  position  qui  a  été  indiquée  hier;  les  troupes  sont 
très  mal,  vu  le  mauvais  temps  et  l'isolement  où  se  trouve  le 
camp. 

Je  fais  mon  possible  pour  me  procurer  un  peu  de  pain  pour 
une  distribution,  mais  je  ne  pourrai  pas  y  réussir;  il  est  dû 
demain  et  même,  à  la  rigueur,  aujourd'hui.  Si  je  peux  réunir 
2,000  rations,  ce  sera  l'impossible.  Vous  voyez,  d'après  cela, 
combien  je  suis  en  déficit. 

La  situation  de  la  division  est,  pour  : 

Le  12"  réi^nment,  de 1 ,523  hommes  et  60  officiers. 

2L  —  1,736        —         56      — 

25«  —  1,691        —  59      — 

85«  —  1,538        —  61       - 

Artillerie  v.t  train 182         —  5      — 

Le  détîichement  du  12^  chasseurs.  58        —  2      — 

Totaux 6,728        —        243      — 

GUDlN. 


Le  général  de  brigade  Daultanne,  chef  de  r état-major  général, 
au  général  de  division  Gudin,  commandant  la  3*  division. 

Au  quartier  général,  à  Aichach,  le  18  vendémiaire  an  xiv, 
(10  octobre  1805). 

Mon  Général, 

M.  le  Maréchal  vient  de  décider  que  tous  les  chevaux  des 
voitures  qui  vous  ont  apporté  des  vivres  seront  mis  à  la  dispo- 
sition de  Tartillerie,  pour  en  renforcer  les  attelages  et  rem- 
placer les  chevaux  du  train  montés  ou  hors  de  service. 

Pour  régulariser  cette  mesure  et  fermer  la  porte  aux  abus, 
M.  le  Maréchal  vous  invite  à  vous  faire  rendre  compte  du 
nombre  de  chevaux  de  trait  existant  à  la  suite  de  votre  division, 
soit  qu'ils  aient  servi  au  transport  des  vivres,  soit  qu'ils  aient 
été  employés  à  celui  des  équipages  et  autres  voitures.  Ces 
chevaux  seront  remis,  par  vos  ordres,  dans  le  jour,  au  com- 


488  CHAPITRE  IV. 

mandant  de  rartillcric  de  votre  division,  qui  devra  rapporter 
procès-verbal  de  ré('e[)tion,  conjointement  avec  votre  chef 
d'état-major  et  votre  commissaire  des  guerres.  Ce  procès-verbal 
devra  faire  mention  du  nombre  de  chevaux  remis,  du  signale- 
ment de  cbacun  d'eux,  du  nom  du  propriétaire  et  lieu  de  son 
domicile;  enfin,  on  désignera  ceu\  des  chevaux  qui  auraient  été 
abandonnés  par  leurs  maîtres. 

L'officier  d'artillerie  de  votre  division  prendra  les  ordres  du 
général  d'artillerie  Sorbier,  (jui  est  prévenu  de  cette  mesure, 
pour  l'incorporation  dans  les  bataillons  du  train,  servant  à  votre 
division,  des  cbevaux  (jui  seront  nécessaires  pour  remplacer 
ceux  uni  sont  morts,  ou  renforcer  les  attelages  de  votre  artillerie 
et  lui  remettre  l'excédent  pour  servir  au  parc  de  réserve  de 
l'armée. 

M.  le  Maréchal  a  remar(|ué  avec  peine  que  le  nombre  des 
voitures  s'accumulait  à  la  suite  des  divisions;  il  me  charge  de 
vous  rappeler  les  ordres  (ju'il  a  déjà  donnés  pour  réduire  à  deux 
voitures  par  régiment  les  transports  des  équipages  des  corps  ; 
il  en  t'xig^î  la  plus  stricte  exécution;  il  donne  lui-même  le 
premier  exemple  de  la  réduction  de  ses  équipages  au  plus  strict 
nécessaire,  et  il  est  persuadé  que  MM.  les  officiers  généraux  et 
les  cohmels  s'empresseront  de  le  suivre,  en  laissant  sur  les 
derrières  et  à  la  suite  de  l'armée,  des  voitures  (|ui  ne  servent 
qu'à  on  appesantir  la  inarcbc. 

Déjà,  par  les  savantes  combinaisons  de  notre  Souverain, 
nous  nous  trouvons  sur  les  derrières  de  l'ennemi;  une  partie 
vient  de  mettre  bas  les  armes;  encore  quelques  jours  de  priva- 
ticuis  et  <le  marcbes  forcées  et  la  campagne  sera  finie.  11  ne 
nous  restera  plus  qu'à  nous  occuper  d'en  recueillir  les  résultats. 

Veuillez  bien,  mon  Général,  donner  vos  ordres  pour  que 
ceux  de  M.  le  Marécbal  reçoivent,  dès  cette  position,  leur 
entière  exécution. 

J'ai  riioiineurde  vous  saluer. 

(A.  G.)  Daultannb  (1). 

(J)  A  rt'tt»'  pitVt'  se  trouve  joint  U)  rompto  rondu  d'cxi^cution  de  la 
))np-i4l<>  (iauticr.  \a*  ^éiiiTal  Daultanne  prévient  aussi  le  général  Gudin 
qup  11'  payeur  principal  vient  iTarriver  à  Aicliarh,  et  il  Tinvitc  à  toucher 
lin  anmiptf  snr  la  soldi». 


10  OCTOBRE.  489 

Le  général  Gudin  au  général  Daultanne. 

l^e  18  vendcmiairo  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Mon  cher  Général, 

Je  viens  de  recevoir  votre  lettre  de  ce  jour,  relative  aux  inten- 
tions de  M.  le  Maréchal  pour  la  remise  à  rartillerie  de  tous  les 
chevaux  qui  ont  conduit  des  vivres. 

Je  vais  les  faire  exécuter  de  suite,  mais  elles  ne  produiront 
pas  un  ^rand  avantage  dans  ma  division,  car  j'ai  très  peu 
d'équipages. 

Aucun  officier  général  de  ma  division  n'a  de  voitures,  tous 
sont  réduits  â  un  fourgon  (fui  leur  appartient. 

Gudin. 


Le  général  Gudin  au  général  Petit  et  au  général  Gautier. 

Inchenhoreo,  le  is  Tondémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Mon  cher  Général, 

11  est  «»  h.  30,  et  je  n'ai  reçu  encore  aucun  onlre  de  mouve- 
ment. Je  pense,  d'après  cela,  qu'il  faut  faire  faire  de  suite  la 
soupe  ;  je  vais  envoyer  dos  huMifs  au  camp  pour  faire  faire  une 
distrihution  de  viande  d'un  jour. 

J'esprre  donner  aussi  ^«(MN)  kilog.  de  pain  à  chaque  régiment, 
et  il  est  nécessaire  que  le  corps  l'envoie  chercher  de  suite  avec 
les  vf»itures  qui  ont  conduit  les  hiscuits. 

J'ai  envoyé,  cette  nuit,  deux  grands  tcmneaux  de  bière  à 
chaque  réui nient. 

(iUDIN. 

P.'S.  —  iNMir  le  général  (lautier. 

Le  S.V  doit  avoir  eu  un  grand  ttmneau  de  hière  et  deux 
ninindn*s.  Si  la  distrilnition  n'était  pas  au  niveau  des  autres, 
\o\(*/  a  ht  cniiiplétiT  par  un  des  villages  à  votre  gauche. 


490  CHAPITRE  IV. 

Le  général  de  brigade  Gautier  à  M.  le  général  de  division  Gudin. 

Walchshofcn,  lo  18  vendémiaire  an  xiv  (10  oetobre  1805). 

Mon  Général, 

J'ai  donné  ordre  à  M.  le  colonel  du  25**  régiment  d'envoyer 
deux  compagnies  an\  villages  de  Kuliebach  et  de  Schônbach 
pour  y  requérir  20  sacs  de  farine  de  200  livres  chacun  et  les 
faire  conduire  le  plus  promptcment  possible  au  quartier  général 
à  Inchenhofen  ;  à  M.  le  colonel  du  85«,  d'envoyer  trois  compa- 
gnies à  Haslangkreit,  Windten  et  Stockensau  pour  s'y  faire 
fournir  20  sacs  de  farine  qui  doivent  être  dirigés  sur  le  même 
point.  Les  détachements  vont  partir  à  l'instant  ;  ils  ont  ordre 
d'être  rentrés  au  plus  tard  à  la  pointe  du  jour  demain  matin 
avec  leurs  approvisionnements. 

J'ose  à  peine  vous  entretenir  de  la  situation  des  troupes.  Vous 
sentez  aussi  vivement  que  moi  combien  leur  position  est  pénible 
et  combien  elle  le  sera  davantage  dans  la  nuit  prochaine,  si 
elles  doivent  rester  sous  la  pluie. 

Agréez/mon  Général,  l'hommage  de  mon  respect. 

{A,  G.).  Gautier. 

Le  général  de  brigade  Gautier  k  M,  le  général  de  division  Gudin. 

Walchshofen,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805), 

Mon  Général, 

Nous  n'avons  point  d'ordres  et  point  d'apparence  d'en  rece- 
voir. Les  bœufs  sont  arrivés  ici,  mais  les  bouchers  sont  encore 
en  arrière.  Je  vous  prie  de  leur  faire  donner  ordre  de  venir  de 
suite  pour  abattre  au  camp. 

Les  fourriers  du  2")®  régiment  sont  chargés  de  recevoir  les 
deux  moutons  qui  nous  sont  destinés  ;  ce  corps  n'a  point  reçu  la 
viande  délivrée  dans  la  nuit.  J'ai  ordonné  qu'on  aille  la  chercher 
à  Inchenhofen  où  elle  doit  être  restée. 

J'ai  riionneiir  de  vous  remettre  les  derniers  rapports. 

Agréez,  mon  Général,  l'assurance  de  mon  attachement  sin- 
cère. 

(A.  G.).  Gautibr. 


10  OCTOBRE.  491 

Le  général  de  brigade  Petit,  commandant  dans  la  Légion  d'honneur, 
à  M.  le  général  de  division  Gudin. 

Le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Mon  Général, 

J'ai  Thonneur  de  vous  rendre  compte  que,  conformément  à 
vos  intentions  de  ce  jour  et  à  la  réquisition  du  commissaire  des 
guerres  Thomas,  j'ai  donné  Tordre  à  une  compagnie  du  12«  régi- 
ment de  parcourir  les  communes  désignées  dans  ladite  réquisi- 
tion, afin  d'y  percevoir  les  quantités  de  farine  demandées  ou  du 
pain  en  remplacement. 

Comme  ces  communes  se  trouvent  dans  le  même  rayon,  j'ai 
cru  ne  devoir  envoyer  qu'une  compagnie. 

J'ai  l'honneur  de  vous  saluer  respectueusement. 

{A.  G,)  Pbtit. 

Le  général  Marmont  au  maréchal  Berthier. 

Pnttmes,  le  18  yendémiairc  an  xiv  (10  octobre  1805), 
à  3  h.  1/2  après  midi. 

Monsieur  le  Maréchal, 

Je  n'ai  reçu  que  ce  matin,  à  ^  heures.  Tordre  que  vous  m'avez 
fait  l'honneur  de  m'adresser  pour  me  rendre  au  point  d'intersec- 
tion des  routes  de  Munich  à  Hain  et  d'Augsburg  à  Neuburg. 
L'officier  (jui  en  a  été  porteur,  n'ayant  pu  trouver  de  moyens  de 
transport  dans  une  partie  de  la  route,  a  été  obligé  d'en  faire  le 
tiers  à  pied. 

Aussitôt  que  Tordre  m'est  parvenu,  j'ai  fait  partir  mes  troupes 
de  Lichtenau,  où  elles  étaient.  Je  viens  d'arriver  avec  elles  à 
leur  destination.  Mon  avant-garde  occupe  la  croisée  même  des 
routes.  Une  division  est  campée  à  Gundelsdorf,  une  autre  à 
llandzcll  et  la  troisième  à  Pôttmes,  ainsi  que  ma  réserve  d'artil- 
lerie. J'attendrai  dans  cette  position  de  nouveaux  ordres. 

J'ai  Thoniieur  de  rappeler  à  votre  souvenir  nos  besoins  de 
sui)sistance.  Ils  sont  extrêmes.  Ils  viennent  d'être  accrus  par  la 
conduite  scandaleuse  que  vient  de  tenir  envers  nous  le  baron 
prussien  Lietniz,  directeur  du  cercle  de  Wassertrudingen.  Ce 


492  CHAPITRE  IT. 

misérable,  auquel  j'ai  fait  donner  de  ma  poche  :2 4,000  francs  sur 
des  fournitures  dont  nous  n'avons  discuté  ni  le  prix  ni  le  mode 
de  payement,  fournitures  dont  la  quotité  n'est  pas  encore  arrê- 
tée, mais  qui  ne  doit  pas  s'élever  à  plus  de  36,000  francs,  a  eu 
l'audace  et  l'indécence  d'arrêter  et  de  garder  jusqu'à  parfait 
payement  20,000  rations  de  biscuit  qui  traversaient  son  terri- 
toire, que  je  faisais  arriver  à  grand'peine  et  à  grands  frais  et 
que  sans  cela  j'aurais  reçues  cette  nuit. 

Peut-être  trouverez-vous  qu'il  fût  désirable  qu'il  soit  puni. 

Je  prie  Votre  Excellence.  .. 

Mabhont. 


Le  maréchal  Bernadotte  au  maréchal  Berthier. 

Pfaffenhofcn,  le  18  ycndémiaire  an  xir  (10  oetobro  1805), 
à  5  hearos  après  midi. 

Monsieur  le  Marécbal, 

L'officier  que  vous  avez  chargé  de  m'apporter  votre  dépêche, 
datée  de  Donauwôrth  le  17  vendémiaire,  à  10  heures  du  matin^ 
n'a  pu  arriver  à  Ingolsladt  qu'à  3  heures  de  la  nuit;  il  a  été 
obligé  de  faire  une  partie  de  la  route  à  pied. 

Aussitôt  que  votre  lettre  m'a  été  remise,  je  me  suis  empressé 
de  remplir  les  dispositions  qu'elle  contient.  J'ai  laissé  à  Ingols- 
tadt  le  général  de  division  Hivaud,  le  51®  régiment,  fort  d*à  peu 
près  2,000  hommes,  4,000  à  5,000  Bavarois,  tant  infanterie  que 
cavalerie,  et  de  l'artillerie  en  proportion  ;  j'ai  laissé  au  général 
Rivaud  des  instructions  pour  qu'il  remplisse  le  but  que  Sa 
Majesté  se  propose;  il  doit  vous  rendre  compte  deux  fois  par 
jour.  Une  fois  ce  corps  organisé,  j'ai  fait  mettre  en  marche  mon 
corps  d'armée  et  les  Bavarois.  La  grande  pluie  qui  tombe  depuis 
ce  malin  m'empêche  d'aller  aussi  loin  que  j'aurais  voulu  ; 
cependant,  malgré  ce  très  mauvais  temps  qui  accable  nos  che- 
vaux d'artillerie,  mes  avant-gardes  vont  être  placées  à  Hohen- 
kamer  et  les  corps  d'armée  à  Heichertshausen  où  je  serai  de  ma 
personne.  Je  vais  faire  prendre  quelque  repos  aux  troupes  et 
leur  donner  le  temps  de  faire  la  soupe;  je  me  remettrai  en 
marche  dans  la  nuit  vers  1  heure,  et,  si  le  temps  ne  me  con- 


10  oOtobre.  493 

trarie  pas  trop,  je  serai  demain  à  midi,  à  Munich;  j'y  attaquerai 
l'ennemi  et  je  remplirai  ponctuellement  vos  instructions. 

Je  vous  prie,  Monsieur  le  Maréchal,  de  dire  à  Sa  Majesté 
combien  j'éprouve  de  peine  de  ne  pas  avoir  reçu  vos  ordres,  hier 
dans  la  journée;  mes  avant-gardes  auraient  été,  ce  soir,  près  de 
Munich,  et  j'y  serais  arrivé  moi-même  avec  le  reste  des  troupes 
demain,  à  4  heures. 

Veuillez  agréer Bernadotte. 


Relation  des  mouvements  du  corps  bavarois. 

i(>  vendémiaire  (8  octobre).  —  L'armée  marcha  à  Eichstiidt  ; 

17  vendémiaire  [9  octobre)^  à  Ingolstadt  ; 

18  vendémiaire  {10  octobre),  à  Pfaiïenhofen;  la  brigade  du 
général  Siebein  resta  à  Ingolstadt  avec  celle  du  général  Rivaud 
pour  observer  les  ennemis  qui  pourraient  arriver  de  la  Bohême. 
Ce  corps  marcha,  par  la  suite,  sur  Nuremberg  et  le  Haut-Palati- 
nat,  pour  arrêter  la  marche  de  l'archiduc  Ferdinand,  qui,  d'Ulm, 
se  retira  par  Nuremberg,  à  Eger;  mais  comme  on  n'atteignit  que 
Tarrière-garde,  il  n'y  eut  que  quelques  escarmouches,  dont  plu- 
sieurs furent  cependant  bien  vives,  et  auxquelles  le  4<^  régiment 
des  chevau-légers  se  distingua  beaucoup,  particulièrement  le 
major  de  IJndcnau.  Les  caporaux  Wagner  et  Pfister,  avec 
12  liornmes,  surprirent  un  piquet  de  cavalerie  de  40  chevaux, 
en  sabrèrent  10  ou  11,  (irent  0  prisonniers  et  s'emparèrent  de 
3  chevaux. 


JOURNAL  DU  CORPS  BAVAROIS. 

Marche  à  Munich. 

i  S  vendémiaire.  (10  octobre),  —  Le  Maréchal  plaça  son  corps 
(l'armée  à  l'entour  de  PfafFenhofen  :  Tavant-garde  occupa  d'abord 
pour  quehiucs  hertres  une  position  à  Ebenhausen,  une  grande 
lieue  en  avant  de  la  précédente,  ensuite  elle  se  remit  en  marche, 
traversa  Ptaflenhofen,  prit  sa  position  à  Ilohenkamer,  balaya 


494  CHAPITRE   IV. 

Um  patrouilles  ennemies  et  établit  ses  avant- postes  jusqu'à 
IJntcrhuck,  tandis  que  le  général  Kellermann  se  plaça  comme 
soutien  à  Reichertshausen. 

/  H  vendémiaire  {10  octobre),  —  Les  mouvements  tant  rapides 
de  la  firande  Armée  ayant  fait  perdre  la  tramontane  à  Fennemi, 
on  fut  obligé  d'envoyer  partout  des  patrouilles  pour  ne  pas  se 
joindre  à  Timprovistc;  une  forte  patrouille  fut  envoyée  à  Frey- 
sing  et  plusieurs  sur  la  grande  route  de  Mimich. 

Dos  prisonniers  déposèrent  qu'une  avant-garde  ennemie  avait 
pris  poste  près  Nympbenburg. 

Avant  le  dépari  à  Kbenbausen,  le  lieutenant  général  baron 
de  Wrè<le  publia  la  proclamation  suivante  : 

Proclamation.  —  «  J'instruis  Tavant-garde  que  par  un  ordre 

(»  [)ré('is  de  Sa  Ma  joslé  IKuipereur  des  Français,  Tbonneur  d'at- 

M  laquer  el  do   cbassor  les  Autrichiens  de  la  capitale  de  la 

u  na\ière,    lUi    ils    commcttont   toutes  sortes  d'atrocités,   est 

«  résorvé  à  ravaiil-gardc.  Qui  d'entre  nous  ne  désirerait  pas 

u  d'arriver  par  uiarches  forcées  à  une  deslinalion  si  honorable  ? 

«  Levez-vous,  valeureux  Bavarois  ;  domain  il  faut  vaincre  ou 

«  mourir  aux  portes  do  Munich.  » 


Ordre  de  marche  du  18  vendémiaire» 

IngoUtidi.  le  1 S  vcndémiairt'  an  xiv  \10  octobre  1S05). 

L'armée  est  prcvonue  quollo  marche  à  l'ennemi  et  qu'elle  doit 
lo  ronoontror  dans  la  journôo. 

Lo  ironôral  Rolloruiaun,  otuumandant  Tavant-ganle.  partira 
do  siiito  p«»ur  so  roudro  à  rfatTonhofon. 

1.0  lioutonant  gonoral  do  Wrèdo  suivra  la  même  route  à  un 
quart  do  liouo  on  arrière  du  go  no  rai  KoUormaBn. 

La  division  du  gonoral  Drouet  partira  à  S  h.  30  en  suivant  la 
roulo  do  PfatVouhofon. 

La  l"'  di\ish'U,  oonunandoo  pro\isoiremont  j>ar  lo  général 
PaotluuL  suixra  iiumodiatomont  la  d' division. 

Lo  iorpN  d  armoo  do  ro>or\o.  commando*  jvir  le  lieuteDant 
i:onoral  1\mo\.  suixra  le  momo  uunnomoni  à  un  quart  de  lieu« 
on  arriore. 


10   OCTOBRE.  •  498 

M.  le  général  Rivaud  reste  à  Ingolstadt,  où  il  commande 
7,000  hommes  français  et  bavarois;  il  reçoit  de  M.  le  maréchal 
une  instruction  particulière  pour  couvrir  les  derrières  .  de 
Tarmée. 

i"  CORPS  d'arméb. 
Ordre  de  marche  du  19  vendémiaire. 

Pfafrenhofcn,  le  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 

Le  corps  de  troupes  bavaroises,  aux  ordres  du  lieutenant 
général  de  Wrède,  partira  demain  19,  à  3  heures  du  matin,  de  sa 
position  en  avant  de  Hohenkamer  sur  la  rivière  de  Glon,  pour 
se  rendre  à  Munich. 

Il  s'éclairera  hcaucoup  sur  sa  gauche  pour  avoir  des  rensei- 
gnements sur  Landshut. 

Le  général  Kellcrmann  partira  demain  à  3  heures  du  matin  de 
sa  position  de  Reichertshausen  avec  la  division  d'avant-garde, 
suivra  la  morne  route  (|ue  le  lieutenant  général  de  Wrède,  à  un 
quart  do  lieue  au  plus  en  arrière  de  lui,  afin  d'être  toujours  à 
morne  de  Tappuyer  s'il  est  attaqué  par  l'ennemi  ou  s'il  l'atta- 
quait lui-mome. 

La  2e  division,  commandée  par  le  général  Drouet,  partira 
demain  à  2  heures,  se  dirigeant  sur  Munich,  toujours  par  la 
grande  route,  suivant  la  marche  du  général  Kellermann,  qui  sera 
une  lieue  en  avant  de  lui. 

Il  s'éclairera  aussi  sur  sa  gauche,  afin  d'avoir  des  nouvelles  de 
Freysing  et  de  Landshut. 

La  i^^  division,  commandée  provisoirement  par  le  général 
Pacthod,  suivra  le  mouvement  du  général  Drouet  et  partira  de 
son  camp  immédiatement  et  aussitôt  que  la  2®  division  aura 
elleclué  son  mouvement.  Elle  se  trouvera  toujours  à  200  toises 
en  arrière  afin  de  l'appuyer  s'il  est  nécessaire.  Il  enverra  des 
partis  sur  sa  gauche  pour  l'éclairer. 

Le  corps  de  troupes  bavaroises  de  réserve,  commandé  parle 
lieutenant  général  Deroy,  se  tiendra  prêt  à  se  mettre  en 
marche  à  2  h.  30  du  matin  et  efTectuera  son  mouvement  dès 
rinstant  où  la  queue  de  la  l""®  division  aura  filé. 

Il  devra  se  tenir  au  plus  à  200  toises  de  cette  division* 


496  CHAPITRE   IV. 

Le  général  Êblé  au  colonel  Navelet 
Pfaffenhofen,  le  18  yendémiaire  an  xiv  (10  otftobro  1805). 

Monsieur, 

Je  vous  préviens  que  M.  le  maréchal  Rernadotte  a  fait  requérir 
dans  le  pays  d'Eichstiidt,  100  chevaux  qu'il  destine  au  service 
de  rartillerie. 

Ces  chevaux  doivent  être  rendus  aujourd'hui  à  Ingolstadt. 

Cette  lettre  vous  sera  remise  sur  la  route  d'Eichstadt  et,  dès 
qu'elle  vous  sera  parvenue,  vous  enverrez  en  avant  le  comman- 
dant du  ^2^'  bataillon,  M.  Pinondelle  et  Tartiste  vétérinaire,  à 
l'effet  de  choisir  à  Ingolstadt  tous  cetix  de  ces  100  chevaux  pro- 
pres au  train  ;  ils  seront  de  suite  marqués  et  remplaceront  les 
bœufs,  les  chevaux  manquants  et  autant  de  chevaux  hanovriens 
(|u'i1  sera  possible  ;  bien  entendu  que  vous  ne  vous  priverez  que 
de  ceux  exténués  et  hors  de  service  et  vous  les  ferez  remettre  à 
la  disposition  du  commissaire  hanovrien  qui  suit  votre  parc  ; 
vous  m'en  enverrez  la  note. 

Si  les  chevaux  requis  dans  le  pays  d'Eichstâdt  sont  sans  har- 
nais, vous  les  ferez  garnir  avec  ceux  (|ue  vous  amènerez  à  la 
suite  du  parc. 

Dans  le  cas  où  cette  opération  ainsi  que  celle  delà  marque  ne 
pourraient  être  faites  demain  dans  la  journée,  elles  se  continue- 
raient après-demain  dans  la  matinée  et,  dès  qu'elles  seront 
terminées,  les  chevatix  partiront  pour  Pfaffcnhoffen  où  ils  devront 
arriver  sans  faute  le  même  jour  que  vous.  Si  ce  cas  a  lieu,  ce 
ne  sera  qu'à  Pfaffcnhoffen  que  vous  laisserez  libres  les  chevaux 
hanovriens  dont  vous  pourrez  vous  passer. 

Mandez-moi  ce  que  vous  aurez  pu  faire  et  combien  de  chevaux 
vous  aurez  reçus. 

Envoyez-moi  cliaque  jour  un  rapport  ;  l'ordonnance  qui  me 
l'apportera  vous  attendra  dans  le  lieu  où  elle  m'aura  trouvé  et 
vous  remettra  les  ordres  que  j'aurai  à  vous  faire  passer. 

Vous  prendrez,  près  du  général  Rivaud,  des  renseignements  à 
l'égard  de  la  sûreté  de  votre  marche  sur  Pfaffenhoffen,  et  s'il 
croit  que  Jo  parc  n'a  pas  de  dangers  à  courir,  vous  partirez 
d' Ingolstadt  le  lendemain  de  votre  arrivée  pour  vous  y  rendre, 
et,  de  là  sur  Munich. 


10  OCTOBRE.  497 

Connue  je  ne  [névois  pas  la  possibilité  que  vous  fassiez  de 
plus  fortes  journées  <|ue  Tannée,  il  faut,  au  nHiins,  faire  eu  sorte 
de  n'en  pas  reslt»r  plus  éloigné. 

Je  pense  que,  pour  la  facilité  de  vtdre  correspondance  avec 
moi  et  pour  rendre  le  service  moins  pénible,  vous  devrez  faire 
partir  votre  rapport  à  la  |>ointc  du  jour  le  lendemain  de  votre 
arrivée  a  un  gîte  <|ueleonque  ;  il  devra  être  apporté  par  deux 
hommes  (|ui  tn»u\eront  au  quartier  général  que  nous  quitterons 
une  ord(»nnaiu*e  qui  l'apportera  à  celui  que  nous  occuperons  le 
même  jour;  \os  hommes  attendront  où  ils  seront  arrêtés  le 
deuxième  rapport  qui  me  sera  apporté  directement  par  l'un 
d'eux,  l'autre  partira  en  même  temps  et  restera  a  moitié  chemin 
pour  \  reee\oir  le  lendemain  le  rapport  que  vous  enverrez; 
Tordonnanee  qui  m'aura  rejoint  restera  au  quartier  général  que 
nous  quitterons  pour  le  recevoir  et  me  l'apporter  de  suite  ;  par 
ce  moyen,  chaque  ordonnance  n'aura  à  parcourir  que  la  distance 
d'un  quartier  général  à  l'autre. 

fiBLÉ. 

Le  général  Éblé  au  colonel  Navelet 

IiiKoUUdt,  11'  18  vendémiaire  an  xiv  (10  octobre  1805). 
Monsieur, 

Le  parc  que  vous  dirigez  restera  à  Ingolstadt,  à  moins  que 
d'ici  à  demain  je  ne  vous  adresse  de  nouveaux  ordres. 

Si  \ous  \ous  arrêtez  <lans  celte  ville,  donnez  ordre  au  com- 
mandant du  2"  bataillon  du  train  de  s'occuper  de  la  répartition, 
dans  1rs  compagnies,  des  chevaux,  tant  de  réquisition  que 
d'achat,  en  liano\re;  il  }  comprendra  aussi  ceux  reçus  à 
Wurtzhurg.  Knfin,  qu'il  fasse  l'impossible  pour  mVnvoycr  un 
tableau  de  cette  répartiti<ui  qui  portera  le  nombre  de  chevaux 
qui  existait  au  1'*^  bataillon  au  i**^  fructidor,  et  les  augmenta- 
tions et  la  perte  qui  ont  eu  lieu  depuis. 

Il  se  trouxe  dans  les  di\isions  une  trentaine  de  chevaux  que 
j'en\errai  au  parc  pour  être  signalés  et  marqués  le  plus  tôt 
possible. 

Tant  que  \ous  resterez  a  Ingidstadt  ou  avant  que  d'y  arriver, 
xous  prendrez  les  ordres  du  général  Hivaud. 

ÊBlJ. 

ni.  3t 


498  CHAPITRE   IV. 

Le  général  Éblé  à  M.  LenU, 
commandant  le  2"  bataillon  principal  du  train. 

PfftffentioÉren,  lo  is  yendémiaire  an  xit  (10  octobre  1805). 

Monsieur, 

Je  vous  pn^vieiis  (|ue  M.  le  niaréch»!  accorde  iUO  capotes  au 
bataillon  que  vous  commandez  et  (pfil  fera  mettre  à  la  dis- 
|)osition  du  conseil  d'administration  une  somme  d^environ 
^^(MM)  francs  ptMir  cet  objet.  Mais  Son  Excellence  espère  que  la 
sollicitude  sera  partagée  par  les  membres  du  conseil  d'adminis- 
tration, et  (prils  mettront  tout  en  <iMiyre  pour  que  les  capotes 
soient  confectionnées  sous  p«ni  de  jours,  malgré  les  marches  de 
l'armée. 

Je  C(mipte  particulièrement  sur  votre  zèle,  Monsieur.  J^espère 
que  le  corps  (jue  vous  commandez  ne  sera  pas  le  dernier  h 
rcMnpJir  les  intenii(ms  de  M.  le  maréchal. 

J*ai  vu,  à  In^olstadt,  du  drap  dont  la  couleur  approche  de  la 
nuance  prescrite  [)ar  les  rèjrJemenis,  et  je  pense  qu'il  convient 
({ue  vous  en  fassiez  acheter  si  lo  prix  n'est  pas  exorbitant. 

Happelez-vous  que  je  tiens  beaucoup  à  ce  que  les  capotes 
soient  doublées  (rélofl'e  de  laine  jusqu'au-dessous  des  épaules. 
Des  capotes  hors  de  scnice  pourraient  être  employées  à  cet 
usa^^e. 

Votre  laillciu:  ne  pourrail-il  pas  couper  les  capotes  et  les 
envoyer  ensuite  dans  les  compagnies  où  elles  seraient  cousues 
par  les  soins  des  officiers  ?  Faites  en  cela  ce  qui  sera  le  plus 
avanta^'cux,  mais,  surtout,  ce  qui  demandera  le  moins  de 
temps. 

ËBLÂ. 


CHAPITRE  V 

Combat   d'HasIach. 


A  M.  h  mtkrM^Ï  Hey,  commandant  le  6*  oorpa  d'armée. 

Au  quartier  générU  de  ^ieder-Siôtzingen,  le  19  vendémiaire  an  xiv 

(Il  o«tobre  1805).  , 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'ai  Thonneur  de  tous  informer  qu'en  exécution  ée  re^  ordres 
en  date  d'hier,  j'ai  exéeifté  le  moinvement  qu'ih  prescmâiéiit  ; 
j'ai  értabli  tnan  qniirtier  général  à  Nieder-Stotzingen/ 

J'ai  i  compagnie  à  fiis^ingen,  3  compagnies  à  Lontlia^ 
3  bataillons  le  long  du  bois  derrière  Stôtzingen^  I  bétailloti  h 
Slôtzingen,  avec  4  pièces  d'artill«rrie,  dont  i  compagnie^  à  Asel- 
fingen,  3  compagnie»  à  Brénz,  i  compagnie  à  Sontheim,  i  heh 
taiUon  k  Medlingen'^  mon  parc  d'artillerie  à  Sontkieim  ei  le  pare 
de  la  réserve,  que  je  traîne  après  moi  par  ordre  de  8on  Altesse 
le  prince  Moraf,  en  arrière  de  Medlingen. 

Je  m'étais  rendu  hier  au  soir  à  Medlingen,  dans  l'espoir  de 
vous  y  trouver  encore  établi  et  de  poifvoir  votis  y  rendre  mes 
devoirs  ;  j'ai  appris  avec  regret  que  vo«s  vous  étiez  éloigné 
jusqu'à  Gfiïizborg. 

Les  subsistances  deviennent  de  jour  en  jour  pins  rares  et  plus 
difficiles,  les  villages  que  j'occupe  ont  beaucoup  sonfîert,  eeu^i 
que  je  viens  de  quitter  sont  épuisé»  et  la  rapidité  s«eces«îve  dé 
nos  motivememts  ne  permet  pas  de  faire  des  approvisionnements 
sur  des  points  déterminés.  Je  vous  prie  donc,  Monsieur  le  Maré-^ 
chai,  de  me  faire  eonnaHre  quels  secours  je  puis  attendre  dd 


50Ù  CHAPITRE   V. 

commissaire    ordonnateur   du    corps  d'armée  que   vous   com- 
mandez. 
Je  vous  prie,  Monsieur  le  Maréchal,  d'agréer  l'expression  de 

mon  dévouement. 

Le  Colonel-général  des  dragons^ 

(A.  M.)  Baraguey-d'Hillibrs. 


Dispositions  pour  le  6*  corps  d'armée, 
le    19    vendémiaire    an    XIV    {11    octobre   1805). 

Au  quartier  gcniTal,  à  Gunzburg,  le  18  vendémiaire  an  xiv 
(10  octobre  1805). 

La  U^  division,  aux  ordres  du  général  Dupont,  bloquera  Ulm 
sur  la  rive  gauche  du  Danube  ;  on  lui  transmettra  une  instruc- 
tion particulière;  le  le""  régiment  de  hussards  sera  réuni  et 
attaché  à  cette  division  avec  les  trois  pièces  d'artillerie  de  la 
cavalerie  légère  et  les  deux  régiments  de  dragons  de  la  division 
Hourcier. 

Les  dragons  à  pied,  aux  ordres  du  général  Baraguey-d'Hil- 
liers,  partiront  sur-le-champ  de  Stôtzingen  et  se  dirigeront  par 
Langenau  en  arrière  d'Albeck,  où  ils  soutiendront  la  division 
Dupont  ;  les  détachements  de  dragons  à  pied  rejoindront  leurs 
corps  à  Albeck. 

La  2®  division,  aux  ordres  du  général  Loison,  marchera  sur 
la  rive  droite  du  Danube  par  le  pont  de  Gûnzburg  ou,  si  cela 
est  possible,  par  celui  d'iillchingen,  avec  l'infanterie  et  la  cava- 
lerie seulement.  L'artillerie  et  les  bagages  de  cette  division  se 
rendront  à  (junzburg ,  par  Gundelfingen,  où  ils  prendront  la 
grande  chaussée. 

La  division  cantonnera  en  totalité  à  Leipheim,  si  elle  passe 
par  (iùnzburg,  à  moins  que  l'ennemi  ne  soit  en  forces  sur  la 
rive  gauche  de  la  Biber  :  dans  ce  cas,  elle  bivouaquerait  sur  les 
hauteurs  à  gauche  de  cette  ville  ;  si  elle  passe  à  Ëlchingen,  elle 
bivouaquera  sur  les  hauteurs  de  Falheim  et  suivra  les  instruc- 
tions particulières  qui  lui  seront  transmises. 

Le  général  Dourcier,  avec  ses  quatre  régiments  de  dragons, 
suivra  le  mouvement  de  la  ^«  division  et  passera  sur  la  droite  du 
Danube.    Si   le    passage   a  lieu   à   Gùnzburg,   il  s'établira   à 


COMBAT  d'HASLACH.  8(H 

Bubisheim,  avec  des  postes  à  Schneckenhofen,  communiquant 
avec  la  cavalerie  légère  sur  le  développement  de  la  Biber.  Si  le 
passage  a  lieu  à  Elcbingen,  il  s''établira  avec  deux  régiments  à 
Bûhl,  deux  régiments  à  Kûssendorf,  avec  des  postes  sur  la  route 
de  Weissenbom. 

Le  général  Tilly,  avec  le  3®  de  bussards  et  le  10*  chasseurs, 
suivra  également  le  mouvement  de  la  2®  division  et  laissera  ses 
canons  au  général  Dupont.  Les  deux  régiments  bivouaqueront 
derrière  Leipbeim,  si  le  passage  a  lieu  à  Gûnzburg.  Le  3*  de 
hussards  fournira  50  hommes  en  arrière  du  pont  de  la  Biber. 
route  d'Ulm,  et  occupera,  s*il  est  possible,  par  de  petits  postes, 
le  village  d'Echlishausen,  poussant  des  reconnaissances  sur 
Falheim  et  Strass. 

Le  iO«  de  chasseurs  fournira  50  hommes  en  arrière  de  BûM; 
ce  poste  en  établira  un  autre  de  12  bommes  en  observation  en 
arrière  de  Klein-Kûssendorf,  poussant  ses  pali^uilles  et  recon^ 
naissances  sur  Strass  et  Weissenhom. 

Si  le  passage  a  lieu  à  Elcbingen,  le  général  Tilly  placera  ses 
deux  régiments  à  Strass  et  Falheim,  avec  des  postes  sur  la 
route  d'Ulm,  au  petit  pont  de  la  Leibe  et  à  Steinheim. 

L'armée  est  prévenue  que  la  2®  division  a  emporté,  le  17,  le 
pont  d'Elchingen  sur  le  Danube,  a  fait  des  prisonniers  et  pris 
une  pièce  de  canon.  La  3®  division,  dans  Taflaire  du  17,  a  pris 
cinq  pièces  d'artillerie. 

Dispositions  supplémentaire»  (1). 

La  3«  division  partira  à  8  heures  du  matin  et  se  dirigera  sur 
Ulm,  par  Leipheim,  où  elle  recevra  de  nouveaux  ordres. 

La  2«  division  la  suivra  à  10  heures  du  matin  et  recevra  éga- 
lement de  nouveaux  ordres. 

Le  quartier  général  sera  indiqué  plus  particulièrement. 

Le  parc  s'établira  en  arrière  de  Gûnzburg,  rive  droite  du 
Danube,  près  du  pont  sur  Reisensburg. 

NtT. 


(1)  De  k  main  du  maréchal  Nej. 


502  CHAPITRB  V. 

Le  maréchRl  Ney  au  général  Baraguey-d'HIIIiers, 

Au  quartier  génértl,  à  nnozburg,  le  18  vendémiaire  an  xiv 
(10  octobre  1805). 

Mon  cher  Général, 

Je  vous  transmets  Tordre  de  marche  arriHé  pour  le  19  veadé- 
miaire. 

Lorsque  vous  serez  étahli  à  Albeck,  vous  voudrez  bien  vous 
concerter  avec  le  général  Dupont  pour  le  placement  de  votre 
division,  qui  doit  soutenir  la  sienne  dans  les  positions  du 
blocus. 

Nky  (i). 


Le  maréchal  Ney  au  général  Dupont 
Mon  cher  Général, 

Je  vous  transmets  l'ordre  de  la  marche  du  19  vendémiaire. 

Cet  ordre  a  sul)i  des  chanj^enients  par  l'arrivée  de  la  divigion 
Loison  à  Giinzburg. 

Les  ^e  et  ;je  divisions  marcheront,  demain  19,  sur  {en  blanc). 

La  r^  division  et  celle  du  jçénéral  Baraguey-d'Hilliers  reste- 
ront sur  la  rive  gauche  et  se  conformeront  à  Tordre  ci-joint. 

Conformément  à  cet  ordre,  vous  voudrez  bien,  mon  cher 
Général,  resserrer  la  place  dUIim  autant  que  vous  le  pourrez  et 
faire  une  sommation  aw  commandant,  au  nom  de  Sa  Majesté 
TKmpereur  des  Français  et  Roi  d'Italie. 

11  est  très  important  (|ue  vous  poussiez  demain  votre  droite 
jus()ue  sur  la  Blaii,  où  elle  sera  appuyée.  Vous  occuperez  les 
hauteurs  boisées  en  arrière  d'Iïaslacherhof,  etvous  vous  concer- 
terez avec  le  général  Baragucy-d'Hilliers,  colonel-général  des  dra- 
gons, sur  le  placement  le  plus  avantageux  de  ses  dragons  à  pied, 
(\m  doivent  soutenir  votre  division  et  en  former  la  réserve. 

Vous  devrez  éviter, mon  cher  Général,  de  compromettre  votre 
division  contre  des  forces  supérieures  et  do  la  trop  morceler. 
Toutes  les  communications  qui  conduisent  à  Ulm,  à  vos  postes, 

(1)  Note  du  géntral  Bnranuey-iVHilUers  :  «  Cet  ordre  n  été  reçu 
Ir  19  voiulriiiiairo,  ontn»  niiili  ot  I  heure,  nu  quartier  général  de 
Stotzinpîn,  apporté  par  M.  Hipporl,   officier  (rrtat-major  du  maréchnl 

Ney.  » 


COMBAT  D'HASLACH.  SOS 

devront  èire  fortement  gardées,  vos  postes  bien  retranchés  et 
couverts  d'abatis. 

Vous  vous  établirez  à  Haslach  et  ferez  occuper  ThaUingen, 
si  vous  le  jugez  nécessaire. 

Vous  établirez  un  rassemblement  général  des  deux  divisions, 
de  concert  avec  le  général  Baraguey-d'Hilliers,  et  me  ferez  con- 
naître le  lieu  que  vous  aurez  {\\é.  ;  après  que  vous  vous  serez 
concerté  avec  ce  général^  vous  pourrez  me  proposer  une  position 
plus  concentrée  sous  Ulm,afin  qu'en  cas  d^  événement,  vous  puissiez 
vous  soutenir  mutuellement  (1). 

Ney. 

P. -S.  —  Veuillez,  mon  cher  Général,  me  faire  envoyer,  sans 
délai,  copie  du  croquis  des  environs  d'Ulm,  qui  a  été  levé  à 
Stuttgard  par  M.  Favery  (2). 


Le  maréchal  Ney  au  général  Dupont, 

Giinsburp:,  le  19  vendémiaire  anxiv  (11  octobre  1806). 

Mon  cher  Général, 

Vous  voudrez  bien  faire  rassembler  un  bon  nombre  d'échelles 
des  voitures  du  pays,  afin  que,  si  les  circonstances  le  permettent, 
on  puisse  escalader  les  ouvrages  extérieurs  de  la  place  d'Ulm  ; 
vous  ne  tenterez  cette  entreprise  que  sur  un  ordre  formel  de  ma 
part,  parce  (|ue  cette  opération  aurait  lieu  en  même  temps  sur 
la  rive  droite  du  Danube. 

Veuillez  aussi,  mon  cher  Général,  faire  réunir  des  poutrelles, 
madriers  et  autres  pièces  de  bois,  propres  à  faciliter  le  passage 
du  fossé  d'IJlm,  dans  le  cas  où  Sa  Majesté  se  déciderait  à  faire 
atta([uer  cette  place  de  vive  force. 

Je  vous  invite,  mon  cher  Général,  à  vous  concerter  sur  cette 
opération  importante  avec  le  général  Baraguey-d'Hilliers. 

L'ennemi  est  frappé  d'une  terreur  dont  il  y  a  peu  d'exemples; 
il  se  retire  sur  ïUberach,  poiir  pouvoir  se  sauver  par  le  haut 
Tyrol,  toutes  retraites  lui  étant  coupées  sur  Kemptenet  Fiissen; 

(1)  L«'s  mots  soulij^nés  sont  do  la  main  du  maréchal  N«y. 

(2)  Capitainfi-adjoint  à  la  l'"'»  division. 


504  CHAPITRE  V. 

il  est  donc  probable  que  rarcbiduc  Ferdinand  n*aura  laissé 
qu'une  faible  garnison  à  Ulm,  avec  ordre  de  tenir  jnsqu^à  la 
dernière  extrémité  ;  mais  nos  préparatifs  et  nos  menaces  décide- 
ront sans  doute  le  commandant  à  se  rendre,  sans  courir  les 
risques  d'un  assaut. 

J'ai  Thonneur 

Net. 


A  M.  le  maréchal  Ney. 

Au  quartier  gt'^nôral,  à  Albeck.  le  19  vendémiaire  an  xnr 
(11  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal  Ney, 

J'ai  reçu  les  différents  ordres  que  m'ont  remis  MM.  Rippert  et 
Saint-Léger,  adjoints  à  l'état-major  ;  je  marche  à  l'instant  pour 
me  porter  sur  Ulm.  Aussitôt  que  le  général  Baraguey-d'IIlUiers 
sera  arrivé,  je  me  concerterai  avec  lui  et  vous  rendrai  compte 
de  ma  position. 

J'ai  l'honneur  de  vous  saluer. 

{A,  M.)  Dupont. 

Le  général  Baraguey-d^Hllliers  au  maréchal  Hey, 

Au  quartier  gém'ral  de  Niedor-Stntzingen,  le  19  vendémiaire  an  xiv 

(11  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal , 

J'ai  reçu  vos  ordres  du  IH  vendémiaire  pour  le  mouvement 
du  lî>  de  ce  mois  ci  vais  les  exécuter.  Les  troupes  sont  un  peu 
dispersées  et  arriveront  un  peu  tard  à  leurs  cantonnements; 
elles  ont  marché  ou  bivouaqué  toute  la  nuit  par  un  temps 
affreux  ;  les  chemins  sont  défoncés  et  l'artillerie  aura  beaucoup 
de  peine  à  arriver.  J'envoie  de  suite  un  de  mes  aides  de  camp 
ail  près  du  général  Dupont  pour  conférer  îivec  lui  sur  remplace- 
ment de  nos  troupes  respectives. 

J'ai  déjà  eu  l'honneur  de  vous  informer  ce  matin  que,  par 
ordre  du  prince  Murât,  je  traîne  à  ma  suite  le  parc  de  réserve  de 
son  corps  d'armée,  et  que  je  l'ai  placé  à  Medlingen  ;  comme  je 
ne  puis  pas  m'en  charger  plus  longtemps  en  étant  occupé  au 


COMBAT  d'haslach.  505 

blocus  d'Ulm,  je  \ous  prie  de  m'autoriser  à  Tenvoyer  à  Donau- 
worlh,  011  ail  moins  de  me  dire  ce  que  j'en  dois  faire. 

J'ai  l'honneur  de  vous  offrir  les  expressions  de  mon  dévoue- 
ment. 

Le  Colonel-général  des  dragons^ 

{A.  M.)  Baraguey-d'Hilliers. 


Uadjudant'Com mandant  Dembouski  au  général  Le  Suire,  à  Stetten. 

Nieder-St^tzingeo,  le  19  vendémiaire  an  xiv  (11  octobre  1805). 

Au  reçu  du  présent,  la  l'^  brigade  se  réunira  tout  entière  à 
Nerenstetten  d'où  elle  partira,  la  droite  en  tête,  pour  se  diriger 
sur  Albeck.  A  l'entrée  de  cette  ville,  elle  bivouaquera  et  attendra 
de  nouveaux  ordres. 

Le  l®*"  bataillon  du  le»*  régiment,  cantonné  à  Lonthal  et  Bis- 
singen,  se  rendra  par  le  chemin  le  plus  court  au  lieu  de  rassem- 
blement indiqué  ci-dessus. 

Les  hussards  qui  sont  auprès  de  vous  suivront  le  mouve- 
ment. 

L'état-major  de  la  division  et  les  administrations  se  rendront 
à  Albeck,  mais  n'y  feront  pas  de  logement  jusqu'à  nouvel 
ordre. 

L'exécution  de  ces  dispositions  ne  doit  souffrir  aucun  délai. 

Le  parc  d'artillerie  se  rendra  à  Langenau,  le  parc  des  vivres 
et  des  bagages  suivra  le  même  mouvement,  mais  se  rendra  à 
Albeck. 

Je  vous  salue  d'amitié. 

Demuouski. 


Louis  Dembouski,  adjudant-commandant,  chef  d'état-major 
de  la  2«  division  de  dragons,  à  M.  le  général  de  brigade  Wonderweid, 

Au  camp  de  Niedcr-Stbtzingen,  le  19  vendémiaire  an  xiv 
(11  octobre  1805). 

Au  reçu   du   présent,  la  seconde  brigade  de  la   division  se 
rendra  tout  entière    à  Nieder-Stcitzingen,  d'où  elle  pai'tira,  la 


506  CHAPITRE  V. 

droite  en  U^te,  pour  se  diriger  sur  Langenau.  A  l'entrée  de  cette 
ville,  elle  bivouaquera  et  attendra  de  nouveaux  ordres. 

L'état-major,  les  administrations  se  rendront  à  Albeck,  mais 
ne  feront  pas  le  logement  jusqu'à  nouvel  ordre. 

L'exécution  de  ces  dispositions  ne  doit  souiïrir  aucun  délai. 

Le  parc  d'artillerie  se  rendra  à  Langenau.  Le  parc  des  vivres 
et  des  bagages  suivra  le  mrmc  mouvement,  mais  se  rendra 
à  Albeck. 

T^es  hussards  (|ui  sont  avec  vous  suivront  votre  mouvement. 

Dbmboubki. 

le  général  Dupont  au  général  Baraguey-d'Hilliers. 

Albeck,  le  10  vendémiairo  an  xiy  (H  octobre  1806). 

Mon  cher  Général, 

La  division  que  je  commande  marche  sur  Ulm.  Arrivé  à 
Haslach,  je  vous  préviendrai  de  ma  position. 

M.  le  maréciial  Ney  me  marque  que  vous  suivez  mon 
mouvement. 

Ayez  la  complaisance  de  nravcrlir  de  votre  arrivée  à  Albeck. 

Mille  amitiés. 

Dupont. 

(Cette  lettre  ?ii'est  arrivée  à  Albeck,  le  iî),  lorsque,  à  5  heures 
du  soir,  j'ai  eu  ciiassé  Teunemi  de  ce  quartier  général.  Elle 
est  la  seule  que  j'aie  reçue  du  général  Dupont  dans  la  journée 
du   11). 

(iénéral  DAnAGUEY-n'HiLLiERs.) 


Journal  des  opérations  militaires  de  la  division  Dupont 

Le  19,  d'après  les  ordros  du  maréchal  Ncy,  la  division  se  met 
(Ml  marche  à  H  heures  du  matin.  PtMidant  la  marche,  le  général 
Dupont  apprend  que  rennemi  occupait  Thalfingen  sur  sa  gauche 
et  (juo  le  poste  d'KlchingtMi,  à  (pii  il  avait  donné  l'ordre  de  s'y 
porter,  n'avait  pu  y  pénétrer.  Les  reconnaissances  de  droite 
avaient  également  rencontré  des  patrouilles  autrichiennes  vers 


COMBAT  d'haslach.  507 

Domstatt.  Ces  renseignements  lui  font  juger  que  l'ennemi  s'at- 
tendait à  une  action,  et,  en  arrivant  à  Uaslach,  il  fut  confirmé 
dans  ridée  que  toutes  ses  dispositions  étaient  déjà  faites  ;  des 
officiers  autrichiens,  prisonniers  de  guerre,  ont  assuré,  depuis, 
que  leur  ordre  de  bataille  avait  été  pris  la  veille  et  que  toute 
Tarmée  avait  bivouaqué  sur  la  montagne  de  Saint-Michel. 

Le  général  avait  ordre  de  cerner  Ulm,  en  appuyant  sa  droite 
k  la  Blau,  tandis  que  les  autres  divisions  de  Farmée  se  présente- 
raient vers  la  place  sur  la  rive  droite  du  Danube  ;  mais  il  ne 
peut  exécuter  cet  ordre,  il  n'a  que  le  temps  de  se  préparer  au 
combat.  Le  mouvement  de  Tennemi  est  décidé  sur-le-champ; 
pendant  que  son  artillerie  joue  sur  le  front  de  notre  position,  il 
porte  sur  notre  droite  plusieurs  colonnes  d'infanterie  précédées 
par  un  grand  nombre  d'escadrons.  11  se  développe  également 
hors  de  ses  retranchements  sur  notre  gauche.  Le  feu  des  tirail- 
leurs était  devenu  très  vif;  nos  avant-postes  avancés  se  replient  ; 
le  dessein  et  les  forces  de  l'ennemi  étaient  entièrement  à  décou- 
vert :  déjà  il  cherchait  à  nous  déborder. 

Le  général  Ilouyer  avait  placé  le  9«  d'infanterie  légère  sur  la 
route  d'IIlm  en  avant  d'ilaslach  ;  le  général  Marchand  fait 
déployer  de  suite  le  IH^  à  gauche  et  place  le  96®  en  réserve.  Le 
ler  régiment  de  hussards  couvrait  la  gauche.  C'est  en  reconnais- 
sant la  position  de  ce  régiment  que  le  capitaine  du  génie  Des- 
clos, (lui  accompagnait  le  général  Dupont,  a  été  tué  d'un  coup 
de  canon.  La  perte  de  cet  officier  a  été  très  sensible  k  toute  la 
division. 

Les  progrès  de  l'ennemi  sur  notre  flanc  droit  obligent  le 
général  à  mettre  sur-le-champ  en  ligne  le  96«  régiment  :  il  se 
place  à  la  droite  du  9^;  mais  la  ligne  autrichienne  se  déployant 
sur  les  hauteurs  de  Jungingen  et  s'avançant  dans  la  plaine  sous 
la  protection  d'une  artillerie  nombreuse,  le  moment  était  arrivé 
de  suppléer  au  nombre  par  l'audace;  5,000  Français  arrivent  à 
combattre  ^5,000  Autrichiens,  les  deux  autres  divisions  n'atta- 
quant pas  sur  la  rive  droite  (1). 


(I)  11  existe  dos  Mémoires  mnniiscrits  du  génf^ral  Dupont,  dont  nous 
regiottons  de  n'avoir  pas  en  communication,  et  que  M.  le  colonel  Titeux 
.1  pu  consulter  pour  écrire  son  ouvrage  considérable  sur  Le  général 
Dupant.   Bien  que  ces  mémoires,  composés  longtemps  après  le»  événe- 


508  CHAPITRE   V. 

Le  général  Dupont  prévient  le  colonel  Meunier,  commandant 
le  9®  régiment,  que  son  intention  est  de  charger  cette  ligne  qui 
gagnait  du  terrain.  Aussitôt  ce  régiment  s'avance  dans  la  plaine, 


ments,  n'aient  pas  In  valeur  documcntairo  du  rapport  adressé  au  maré- 
chal Ney  apri^s  l'aflaire,  nous  pouvons  accepter  provisoirement  les 
quelques  détails  complémentaires  qu*ils  nous  donnent  sur  les  com- 
hats  livrés  autour  de  Jungingen.  M.  le  colonel  Titeux  écrit  ce  qui 
suit  (p.  2  «8)  : 

«  Le  général  Dupont,  voyant  le  mouvement  menaçant  de  Tennemi 
sur  la  droite  du  9*^  léger,  fait  immédiatement  porter  en  ligne  le 
96*  régiment,  qui  appuie  sa  gauche  au  9'  léger,  et  étend  sa  droite  le 
long  du  bois  existant  entre  Haslach  et  Jungingen.  Sentant  que,  sMl 
laisse  aux  colonnes  autrichiennes  le  temps  de  se  déployer,  il  sera  rapi- 
dement écrasé  par  leur  feu,  il  décide  de  les  charger  à  la  baïonnette 

Au  moment  où  les  Autrichiens  ouvraient  le  feu,  le  9*  léger  les  aborde 
au  pas  de  charge,  la  baïonnette  baissée,  sans  tirer  un  coup  de  fusil; 
l'intrépide  Dupont  est  il  sa  tôte.  Le  général  Marchand  conduit  de  même 
le  96*.  Le  choc  est  teirible  :  après  une  courte  mêlée,  la  première  ligne 
de  l'ennemi  jette  ses  armes  à  terre  et  se  rend;  la  seconde  bat  précipi- 

tîimment  en  retraite Le  1«"  bataillon  du  32®,  commandé  par  le  chef 

de  bataillon  Bouge,  avait  été  posté  par  le  général  Marchand  vers  Jun- 
gingen, îl  la  pointe  du  bois,  pour  empêcher  notre  droite  d'être  tournée. 
Les  prisonniers  sont  envoyés  à  Haslach,  sous  la  garde  du  colonel  Darri- 
cau,  pendant  que  la  ligne  de  bataille  se  reforme  sur  sa  position  première. 

«  L'iu'chiduc  se  hâte  de  préparer  une  attaque  nouvelle,  et  bientôt 
l'ennemi  s'avance  avec  de  plus  grandes  forces,  de  façon  à  déborder  nos 
deux  ailes  en  se  jetant  h  la  fois  sur  Jungingen  et  sur  Haslach;  il  est 
soutenu  par  une  nombreuse  artillerie  qui  couvre  de  boulets  ces  deux 
villages.  Le  général  Dupont  n'a  à  lui  opposer  i|ue  les  9*  léger  et 
96*'  «le  ligne 

«  Dans  cette  nouvelle  crise,  le  génér.d  Dupont  réitère  la  manœuvre 
(pii  lui  a  si  bien  réussi  pour  le  premier  choc.  H  donne  l'ordre  de  charger 
à  la  baïonnette,  et  ses  deux  régiments,  s'élançant  sur  les  traces  de  leur 
vaillant  général,  abordent  la  ligne  ennemie  sans  tirer  et  y  font  de  san- 
glantes trouées Les  feux  ennemis  continuent,  mais  la  vue  de  nos 

baïonnettes  opère  son  terrible  effet  au  moment  où  elles  vont  agir.  Les 
lignt^s  de  Pennemi  sont  ouvertes  sur  plusieurs  points,  nos  rangs  y 
pénètrent,  la  confusion  s'y  jette,  et  tout  alors  cède  et  se  retire*  précipi- 
tamment. Le  terrain  du  combat  est  tout  entier  à  nous;  il  n^y  a  plus 
d'ennemis  que  les  j)risonniers  restés  entre  nos  mains 

«  Mais,  pendant  cette  action,  l'enumii   s'est  établi  dans  le  village  do 


COMBAT   DHASLACH.  oO*.> 

iiiarohnnt  en  hataille,  oi  sans  tirer  va  (]r<»ii  au  corps  le  pins 
avancé.  Celle  intrépidité  ébranle  l'ennemi,  qui  fait  un  mouve- 
ment pour  s'appuyer  au  village  dclun^in^en;  le  0*  régiment 
poursuit  le  sien.  Le  \H\^  s'avance  ép:alement  au  pas  de  charge,  et 
dans  ce  premier  choc,  nous  faisons  :>,(MM)  prisonniers  de  guerre. 

La  brigade  de  dragons,  commandée  par  le  général  Sahuc, 
composée  des  lîi**  et  17®  régiments,  <jui,  la  veille  au  soir,  s*était 
réunie  à  la  division,  charge  en  même  temps  la  cavalerie  ennemie. 

Pendant  ce  temps,  le  colonel  Darricau  avec  un  bataillon  du  34'' 
tenait  la  position  d'ilaslach,  et  résistait  avec  autant  de  fermeté 
que  de  talent  à  tous  les  en'orts(|ue  faisait  l'ennemi  pour  enfoncer 
notre  gauche,  (l'est  à  la  faveur  de  cette  résistance,  que  secon- 
dait avec  une  grande  audace  le  colonel  Kouvillois,  que  Taile 
droite  a  pu  manoeuvrer  dans  la  plaine  et  décider  le  succès.  Le 
second  batailhm  du  li±^,  conunandé  par  M.  Rouge,  avait  été 
porté  par  le  général  Marchand  à  la  pointe  du  bois  qui  se  trou- 
vait sur  notre  droite,  pour  l'empêcher  d'être  tournée.  Dans  cette 
positi<»ii  essentielle,  il  remplissait  ce  but  important  en  dirigeant 
son  feu  et  ses  mouvements  à  propos. 

Cependant  l'ennemi,  revenu  de  la  première  terreur  que  lui 
avait  inspirée  ntitre  charge  brillante,  s'avance  de  nouveau  avec 


Juntrini:<*ii,  aiiqufl  rst  appuytV  nutre  <]ruite,  vt  dont  la  possi*i>8ion  nous 
t!it  in(li«>|>t:n?«ahlf.  .Ntis  bataillons  vii-torit>ii\  sr  tournent  de  et'  r6té  t't, 
a|irè>«  un  furiftix  mnibat  dans  It's  viu'^  yi  1rs  maisons,  emportent  Jun- 
^'UiL'f'n.  A  |M'iiii'  i-f  résultat  rst -il  obtenu,  qu'il  leur  faut  fain>  fao*  à  une 
nouTf'llf  h^ruf  t'nn«>niit'  qui  m'  pn'-smtv  cntiv  llnslat'h  ft  Jungin^eii. 
I.r  *.»*  It'utT  l't  \r  %•  «1»'  huni'  M»  rff«inurnt  rapidi*nii*nt  vi  s«*  pm-ipitent 
«nr  ••lit-  a  la  liaionnt'th'.  La  nirlér  ost  furirusM'.  L'enni'mi,  cinq  foi;* 
«np«-rifur  m  nombre,  fait  «lis  cflorts  fxtraonhnain'!»  pour  avoir  raison 
if*'  1.1  prodik'if'usi'  trnaritt-  ilrs  di'ux  rés:inii*nts  françiiis;  il  est  encon* 
•  uibntr-  <*t  fibiip-  «if  battre  t>n  rrtraitr.  Mais  dans  leur  mairbr  «'n  avant, 
ni»«»  trnupf**  !»iint  drbonlrt's  i>ur  Icui-s  aili'S  par  drs  batiillons  ennrmi» 
qui  i«-»  rbarct'iit  par  «Irmènr  :  «  Ils  nous  Miivairnt  de  si  pn^s,  dit  le 
^'/•néial  Uupont,  qut-,  \ainqufui-s  imi  fnmt,  il  nous  a  fallu,  faute  d«*. 
(*-iiip<.  fauv  nn<'  ronvri-^ijun   rnti«Tr  i>t   rhurpT  par   le   trfUHiènie  ranp, 

pl.d-i-  m  ti'-ti* »  l.r  \illap*  di'  Junf:in^«*n  ayant  été  rncon*  n'prin  |>ar 

|Vrin*nii,  \v  %'  s'imi  mqi.nt'  ib*  nnu\rau;  rinq  foin  b's  .Vutrirhivns 
|»arf  i<'nn«>nt  à  rurriipcr.  i-l  iU  en  ^mt  .lU^^tAt  débigé»,  nous  al»andun- 
ii.iiit  <{•'  n«inibrfu\  prioonnu'i^  ••. 


510  CHAPITRE   V. 

de  plus  grandes  forces.  Alors  î)  faut  que  les  9*  et  96*  règîmeiits 
redoublent  d'efforts  et  d'activité.  Cest  arec  ces  deux  régiments 
seuls  que  nous  avons  eu,  pendant  trois  heures,  à  disputer  le 
terrain  qui  sépare  Haslach  de  Jungingen.  Ce  dernier  village  a 
été  pris  et  repris  cinq  fois  ;  chaque  fois  nos  bataillons  y  enfer' 
maienf  Tennemi,  qui  s'y  réfugiait,  et  y  faisaient  de  nombreux 
prisonniers.  A  peine  avions-nous  mis  en  déroute  un  corps  autri- 
chien sur  la  droite  du  village  que,  sur  la  gauche,  il  s'en  présen** 
tait  un  autre  pour  nous  tourner.  (Test  en  prenant  sans  cesse  un 
nouveau  front  dans  toutes  les  directions  qne  nos  bataillon»  fai' 
saient  face  partout  avec  une  rapidité  et  une  bravoure  admi- 
rables. Plusieurs  fois,  un  corps  français  chargeant  mi  corps 
ennemi  se  trouvait  lui-même  chargé;  il  fallait  précipiter  la 
défaite  de  rennemi  que  nous  avions  devant  nous  pour  faire  face 
en  arrière  et  marcher  sur  Tautre  à  son  tour.  C'était  une  mêlée 
véritable  que  la  succession  rapide  et  terrible  de  tous  ces  ehoes, 
dont  la  division  est  enfin  sortie  victorieuse. 

Toutes  les  tentatives  qu'a  faites  la  cavalerie  autrichienne  ont 
été  infructueuses.  Des  bataillons  isolés,  des  pelotons  même  ont 
fait  tourner  la  charge  de  cette  cavalerie  en  fuHe,  et  notre  infan- 
terie a  acquis  dans  cette  journée  mie  nouvelle  confiance  dans 
son  arme  contre  les  escadrons  ennemis. 

Notre  arlillcrie,  trop  inférieure  à  celle  de  rennemi,  a  été 
dcmontce  en  partie;  plusieurs  pièces  ont  en  leurs  chevan^v  taéfs; 
la  neige  et  la  pluie,  qui  régnaient  depuis  plusieurs  jour»,  ayant 
rendu  le  terrain  extrêmement  difficile,  cette  infériorité  a  été 
encore  plus  sensible. 

Pendant  le  combat,  la  cavalerie  ennemie  s'est  portée  sur  les 
derrières,  a  enlevé  les  bagages  et  pillé  les  objets  du  pare.  Des 
partis  se  sont  même  avancés  jusqu'à  Albeck,  où  devait  arriver 
la  division  des  dragons  à  pied  du  générai  Baraguey-cl'HiUiers, 
i\in  ne  s'y  trouvait  pas. 

Nous  avons  tué  ou  blessé  à  l'ennemi  au  moins  2,000  hommes; 
nous  lui  avons  fait  4,(K)()  prisonniers  et  pris  quatre  bouches  à 
f(Mi  et  deux  drapeaux. 

^,iMX)  prisonniers,  conduits  par  un  faible  détachement,  étaient 
sur  le  point  d'être  repris  par  la  cavalerie  ennemie,  qui  s'était 
portée  sur  nos  derrières;  le  colonel  Rouvilloi»,  sans  eonsulter 
son  infériorité  en  nombre,  charge  avec  une  telle  rapidité  un  de 


COMBAT  1>'hASLACH.  541 

ces  escadroDs  qu'il  le  met  eo  pleine  déroute.  Sur-le-champ,  les 
autres  prennent  la  fuite.  Il  a  été  vaillamment  secondé,  dans  ce 
mouvement,  par  le  colonel  Darricau. 

La  nuit  étant  arrivée,  la  division  s'est  reformée  sur  le  champ 
de  baUiille,  où  elle  est  restée  jusqu'à  la  réception  de  Tordre  du 
maréchal  Ney  de  se  porter  sur  (liinzhurg,  par  Brenz,  et  de 
passer  sur  la  rive  droite. 

Dans  cette  journée  mémorable,  la  division  n'a  perdu  que 
(>00  hommes  tués  ou  blessés.  Le  colonel  Saint-Dizier,  comman- 
dant le  11^  de  draj^ons,  a  été  tué.  Le  général  Marchand  a  été 
légèrement  blessé. 

L'adjudant-commandant  Duhamel  et  le  capitaine  Caillemer, 
aide  de  camp  du  général  Marchand,  ont  eu  leurs  chevaux  taés. 

Dans  le  compte  que  le  général  Dupont  rend  de  cette  bataille, 
il  fait  le  plus  grand  éloge  des  généraux  Rouyer,  Marchand  et 
Sahiic,  des  colonels  Barrois,  Darricau,  Meunier  et  Houvillois,  de 
radjudant-eommandant  Duhamel,  et  de  tous  les  officier»  de 
Tétat-major,  qui  ont  rivalisé  d'intelligence  et  de  courage. 

Cette  bataille  est  décisive;  elle  a  démoralisé  les  Autrichiens. 
Depuis,  ils  n'ont  plus  su  que  fuir  ou  se  rendre.  Elle  met  le  sceau 
à  la  réputation  militaire  du  général  Dupont. 

11  fallait  son  audace,  son  sang-froid,  son  coup  d'œil  d'aigle 
pour  sortir  victorieux  d'une  lutte  aussi  inégale. 

Le  courage  extraordinaire  déployé  par  la  division  était  le 
résultat  de  la  sécurité  que  lui  avait  inspirée  sa  confiance  dans  les 
talents  do  sou  général  (1). 


Lettre  de  M.  le  lieutenant  général  comte  Dupont  à  M.  le  comte  D,  (î). 

Pendant  <|ue  tous  les  corps  de  Farmée  agissaient  ainsi  sur  la 
rive  droite  du  Danube,  ma  division  arrivait  à  Albeck.  Je  prends 


(1)  Le  rapport  envoyé  le  21  pîu*  Dupont  au  maréchal  Ney  est  ideii- 
ti({iie  iiu  frai^^nieiit  de  journal  que  nous  ayons  reproduit,  sauf  que  le 
griiéial  y  [Knlait  à  la  première  personne,  et  que  les  sept  derniers  para- 
frraphes  du  journal  ne  s'y  trouvaient  pas  ou  y  étaient  moins  développés. 

(2)  Brochure  repro(iuite,  avec  peu  de  modifications,  dans  le  Spectateur 
laUitairc  d<'  mars  1840. 


512  CHAPITRE  V. 

cette  position  le  H  octobre,  et  j*apprends  aussitôt  que  rarmée 
ennemie,  à  l'exception  de  ses  corps  détachés,  occupe  devant 
nous  le  Michelsherg,  près  d'Ulm.  La  circonstance  la  plus  remar- 
quable se  présente  en  ce  moment.  Napoléon,  en  pénétrant  dans 
la  Bavière,  croit  que  Tarcliiduc  Ferdinand  se  retire  sur  les  fron- 
tières de  TAutriche;  et  ce  prince,  placé  sur  la  gauche  du 
Danube,  pense  que  son  ennemi  est  sur  la  même  rive  avec  ses 
principales  forces.  Cette  méprise  mutuelle  va  rendre  les  chances 
des  opérations  plus  graves  et  précipiter  les  événements  de  la 
campagne. 

J'occupais  le  camp  d'Albeck  depuis  deux  jours,  lorsque  je 
reçois  Tordre  de  me  porter  sur  lllm,  de  bloquer  cette  place  et 
préparer  les  moyens  de  Tattaquer  de  vive  force.  Les  autres  divi- 
sions du  ()«  corps  devaient  exécuter  la  même  opération  sur  la  ^ 
rive  droite  du  Danube.  Cet  ordre  était  reifet  de  Terreur  qui 
régnait  sur  la  position  de  Teunemi,  et  son  exécution  était  évi- 
demment impossible,  puisque  des  forces  dix  fois  supérieures 
aux  miennes  couvraient  la  place  de  notre  côté.  Cette  considéra- 
tion ne  suspend  point  le  mouvement  de  ma  division;  elle  marche 
sur  Ulni  dans  la  matinée  du  11  octobre. 

En  arrivant  à  Haslacb,  nous  voyons  Texactitude  de  mes 
reconnaissances  confirmée,  et  le  spectacle  le  plus  imposant  se 
présente  à  nous.  L'armée  autrichienne,  forte  de  60,000  hommes 
et  commandée  par  Tarchiduc  en  personne,  est  sous  les  armes; 
elle  forme  ses  lignes  et  se  prépare  à  recevoir  la  bataille.  L'er- 
reur dont  j'ai  parlé  faisait  croire  à  l'ennemi  que  ma  division 
était  Tavant-garde  de  Tarméc  française  (|ui  la  suivait  et  allait 
développer  ses  forces  devant  lui.  La  guerre  offre  peu  d'exemples 
d^me  semblable  situation.  Aussitôt  (|ue  Tarchiduc  s'aperçoit  que 
notre  mouvement  est  suspendu  à  la  vue  de  son  ordre  de  bataille, 
il  détache  de  sa  position  un  grand  corps  d  infanterie  et  de  cava- 
lerie pour  nous  attaquer.  Le  moment  était  pressant.  11  fallait 
choisir  sans  délibérer  entre  la  retraite  et  le  combat  :  je  me 
détermine  pour  ce  dernier  parti.  Nos  dispositions  furent  aussi 
promptement  faites  <|ue  l'exigeait  une  telle  circonstance.  Le 
;jv)r  régiment  de  ligne,  commandé  par  le  colonel  Darricau,  et  le 
l^»*  régiment  de  hussards,  sous  les  ordres  du  colonel  Rouvillois, 
se  fornuMît  devant  Haslacb,  *|ui  sort  de  pivot  à  tous  nos  mouve- 
ments; le  î>"  régiment  d'infanterie    légère,  commandé  par  le 


COMBAT  D'HASLACH.  513 

colonel  Meunier,  et  le  96«  de  ligne,  par  le  colonel  Barois,  se 
déploient  entre  ce  village  et  Jimgingen;  une  brigade  de  dra- 
gons, formée  des  15«  et  17®  régiments,  sous  les  ordres  du  général 
Sahuc,  est  placée  en  seconde  ligne.  Les  brigades  d'infanterie 
étaient  commandées  par  les  généraux  Rouyer  et  Marchand.  En 
voyant  la  supériorité  de  Tennemi  et  la  vivacité  de  son  feu,  je 
reconnais  que  je  ne  puis  soutenir  avec  avantage  un  combat  de 
mousqueterie,  et  j'ordonne  une  charge  à  la  baïonnette.  Les  9» 
et  96^  régiments  exécutent  cette  attaque  avec  une  brillante 
audace  :  son  effet  est  décisif.  La  ligne  ennemie  est  enfoncée  et 
2,000  prisonniers  de  guerre  tombent  dans  nos  mains. 

Le  courage  de  nos  troupes,  exalté  par  ce  succès,  en  promet- 
tait de  nouveaux.  Le  corps  ennemi  que  nous  avons  à  combattre 
nous  oppose  iine  grande  supériorité  et  il  reçoit  des  renforts  qui 
réparent  successivement  ses  pertes;  mais  la  même  manœuvre, 
employée  contre  lui  dans  toutes  ses  dispositions,  est  toujours 
victorieuse  :  à  peine  une  de  ses  lignes  est  reformée  qu'elle  est 
atta<iuée  à  Tanne  blanche,  rompue  et  dispersée.  L'infanterie  n'a 
jamais  plus  agi  dans  un  combat  et  n'a  moins  brûlé  de  car- 
touches ;  elle  n'employait  son  feu  que  pour  repousser  les  charges 
de  la  cavalerie  ennemie,  qui  ont  toutes  échoué  contre  l'intrépi- 
dité de  nos  bataillons.  Nous  avons  repris  cinq  fois  le  village  de 
Jungingen,  dont  la  possession  était  importante.  Dans  l'impossi- 
bilité de  faire  face  partout  avec  des  forces  si  inférieures,  il  fal- 
lait souvent  l'abandonner  pour  fondre  sur  les  lignes  ennemies, 
et  le  reprendre  de  nouveau  lorsqu'elles  étaient  repoussées.  Le 
général  Marchand,  les  colonels  Meunier  et  Barois  et  Tadjudant- 
commandant  Duhamel,  chef  de  Tétat-major,  se  sont  particuliè- 
rement distingués  dans  ces  diflérentes  actions.  De  son  côté,  le 
3^6  régiment,  secondé  par  le  1^"*  de  hussards,  a  résisté  avec  la 
plus  grande  fermeté  aux  attaques  dirigées  contre  Haslach. 

Après  sept  heures  de  combat,  nous  restons  maîtres  du  champ 
de  bataille  :  4,000  prisonniers  de  guerre,  des  drapeaux  et  des 
canons  sont  pour  nous  le  prix  de  la  victoire. 

Telle  a  été  la  journée  d'Haslach,  dans  laquelle  une  division  de 
5,000  hommes  a  triomphé  d'un  corps  de  25,000  Autrichiens,  en 
présence  de  toute  Tarmée  ennemie.  Mais  si  l'inégalité  du  nombre 
rend  ce  combat  remarquable,  les  suites  qu'il  doit  avoir  lui  don- 
neront une  plus  haute  importance.  Une  méprise  étonnante  va 
III.  33 


514  CHAPITRB  V. 

cesser;  instruit  par  mes  rapports,  Napoléon  apprendra  bientôt  que 
l'archiduc  ne  se  retire  point  sur  Tlnn  ou  sur  le  Tyrol,  mais  qu'il 
est  resté  sur  la  rive  gauche  du  Danube,  dans  une  position  où  il 
peut  donner  une  face  nouvelle  aux  opérations  de  la  campagne. 
Je  rei^oiSi  dans  la  nuit  qui  suit  le  combat,  Tordre  de  |>a8«er 
sur  la  rive  droite  du  fleuve;  mais  de  nouvelles  dispositions  me 
prescrivent  de  garder  sa  rive  gauche,  et  je  m'établis  à  Brenc. 


Les  Otdoien  du  32^  régiment  de  ligne  à  M.  le  générmi 
de   difieon    Dupont,   grend   officier   de   la    Légion    d*hontwur. 

Le  4  bramaire  an  xrv  (26  octobre  1805). 

Monsieur  le  Général, 

Permettez^nous  de  vous  rendre  compte  de  la  conduite  distin- 
guée de  notre  colonel  de  Taile  gauche  de  la  division.  II  a 
répondu  à  notre  attente,  quoique  luttant  sans  cesse  contre  des 
forces  très  supérieures  et  nous  lui  devons  le  peu  de  succès  que 
le  régiment  a  obtenu  dans  la  journée.  Il  était  partout,  retenait 
Tardeur  des  soldats  quand  il  le  fallait,  les  lançait  à  propos  pour 
mettre  en  ftiite  Tennemi  lorsqu'il  s'approchait  trop  de  notre 
position,  et  déjouait  sans  cesse  par  ses  dispositions  les  projets 
de  Tennemi,  ciui  plusieurs  foi»  a  tenté  de  nous  envelopper. 

Ses  talents  militaires  sont  connus  depuis  longtemps.  Dans 
cette  mémorable  journée  il  s'est  surpassé  et  sa  réputation  de 
bravoure  mérite  les  plus  grands  éloges.  Nous  avons  souvent 
craint  pour  ses  jours  :  plusieurs  militaires  ont  perdu  la  vie  à 
ses  côtés  :  son  ordonnance  fut  même  emporté  d'un  boulet  au 
moment  où  il  lui  donnait  un  ordre.  Nous  rendons  grâce  à  notre 
fortune  militaire  de  nous  l'avoir  conservé;  puissions-nous 
n'avoir  jamais  à  regretter  sa  perte  que  pour  son  avancement. 
Avec  un  tel  chef,  on  ne  peut  que  vaincre.  D'une  activité  éton*^ 
nante,  il  ne  se  donne  pas  un  moment  de  repos.  Son  coup  d'œil 
est  juste.  Il  sait  affronter  les  plus  grands  dangers  pour  donner 
l'élan  à  sa  troupe,  sait  la  contenir  et  la  rallier  lorsqu*iI  est 
nécessaire.  Sans  lui,  nous  n'aurions  pas  conservé  un  seul  pri- 
sonnier. Son  audace,  ses   manœuvres  sages  et  promptes  ont 


COMBAT  D'hASLACH.  515 

inspiré  la  terreur  à  la  cavalerie  ennemie,  qui  n'a  rien  osé  tenter 
quoiqu'elle  fût  en  force  sur  nos  flancs  et  sur  nos  derrières.  Sou- 
vent il  s'est  trop  exposé  au  feu  de  Tennemi;  c'est  le  seul 
reproche  que  nous  ayons  à  lui  faire.  Nous  ne  finirions  plus  s'il 
fallait  rapporter  tous  ses  traits  de  bavoure  pendant  la  bataille. 
Sa  retraite  surtout  lui  a  fait  le  plus  grand  honneur. 

Notre  admiration  et  notre  dévouement  ne  connaissent  pas  de 
bornes  ;  il  en  aura  la  preuve  dans  cette  démarche  qui  est  un 
acte  de  justice  ;  se  taire  serait  un  crime. 

Ses  officiers  désirent  trouver  l'occasion  de  lui  prouver  qu'ils 
sauront  mourir,  s'il  le  faut,  pour  marcher  sur  ses  traces. 

Agréez  Thommage  des  sentiments  les  plus  respectueux  avec 
lesquels  nous  avons  l'honneur  d'être,  Monsieur  le  Général,  vos 
subordonnés. 


6"  CORPS  d'armée. 
Journée  du  19  vendémiaire  (11  octobre). 

Quartier  général  :  Gùnzburg. 

l^e  division  :  La  division  marche  en  avant  pour  cerner  Ulm; 
à  peine  était-elle  arrivée  à  Haslach,  l'ennemi  a  fait  jouer  l'artil- 
lerie de  ses  retranchements  sur  la  division  et  a  déployé  dans 
des  ouvrages  élevés  sur  la  montagne  du|  Spitzberg  des  forces 
considérables  estimées  de  20,000  à  25,000  hommes. 

Le  général  Dupont  fit  ses  dispositions  pour  la  bataille.  11  ne 
les  indiqne  pas  et  dit  :  «  Je  vous  rendrai  un  compte  détaillé  de 
tout  ce  qui  s'est  passé  dans  cette  importante  affaire.  Dans 
ce  premier  moment,  je  ne  puis  vous  donner  que  les  pre- 
miers détails;  nous  avons  tué  ou  blessé  à  l'ennemi  environ 
2,0(K)  hommes  et  fait  4,000  prisonniers  de  guerre,  nous  avons 
pris  un  drapeau  [et  trois  canons  {note  de  ^artillerie)],  nous 
sommes  restés  maîtres  du  champ  de  bataille,  on  s'est  battu 
jusqu'à  la  nuit  et  l'ennemi  est  rentré  dans  ses  retranchements 
(et  derrière). 

La  grande  supériorité  de  l'ennemi  lui  a  permis  de  se  répandre 
au  loin  pendant  l'action;  des  corps  à  cheval  se  sont  portés 
juscju'à  Albeck  et  sur  la  route  ils  ont  enlevé  quelques  voitures 


516  CHAPITRE  V. 

du  parc  et  des  bagages  appartenant  à  Tétat-major  et  aux 
officiers  des  corps  [tout  ce  qui  a  été  pris  appartenant  à  Fartil- 
lerie  a  été  retrouvé  à  Ulm.  {Note  de  r artillerie)]. 

Je  ne  puis  vous  exprimer  toute  Tadmiration  que  m'a  inspirée 
la  bravoure  de  nos  troupes;  le  résultat  de  la  bataille  atteste 
qu'il  n'y  en  a  pas  de  plus  audacieuses  et  de  plus  dévouées. 
5,100  hommes  ont  combattu  pendant  cinq  heures  une  armée  de 
25,000  hommes  et  Tout  battue  complètement. 

Le  général  Sahuc,  qui  a  rejoint  hier  ma  division,  a  conduit 
parfaitement  sa  brigade  de  dragons. 

"1^  division  :  La  division  a  marché  sur  Gûnzburg  où  elle,  a 
séjourné. 

3®  division  :  La  division  a  quitté  ses  cantonnements  à  9  heures 
du  matin.  La  â^  brigade  a  cantonné  dans  Leipheim  et  dans  les 
environs  de  ce  bourg.  La  l*"®  brigade  s'est  portée  à  Ober- 
Falheim  et  a  pris  position  à  la  gauche  de  ce  village  dans  la 
direction  de  Strass,  occupant  par  des  postes  ce  dernier  village 
et  Nersingen. 

Cavalerie  légère  (général  Tilly)  :  La  cavalerie  légère  a  laissé 
ses  canons  à  la  l""®  division  et  a  suivi  le  mouvement  de  la 
:i«  division  sur  la  rive  droite  du  Danube.  Elle  bivouaque,  savoir  : 

3«  hussards,  à  Ober-Falheim  ; 
10«  chasseurs,  à  Unter-Falheim. 

Division  Gazan  :  Cette  division  a  marché  sur  Weissenhom 
où  elle  est  passée  sous  les  ordres  du  maréchal  Lannes. 

Division  de  dragons  :  La  division  a  suivi  le  mouvement  de 
la  2«  division  sur  la  rive  droite  du  Danube  et  s'établit  à  Bubis- 
heim  avec  des  postes  à  Schneckenhofen,  communiquant  avec  la 
cavalerie  légère  sur  la  Roth. 

Dragons  à  pied  :  Cette  division,  partant  de  Stôtzingen,  s'est 
dirigée  sur  Langenan  où  elle  resta  au  bivouac  pour  soutenir 
la  K"  division. 


C05fBAT  D'HASLACH.  SI  7 

Le  Chef  de  bataillon  commandant  rartillerie  de  la  division 
à  M.  le  géhéral  Seroux,  commandant  en  chef  rartillerie 
du    6"   corps    d'armée. 

Bi-CDt,  !«'  ?0  vendémiaire  an  xiv  (iS  octobre  1805). 

Mon  (îtMHTal, 

Je  profite  (lu  proinior  moment  disponible  pour  vous  rendre 
compte  de  la  journée  dliier  qui,  si  elle  a  été  jrlorieuse  pour  les 
armées  françaises,  attendu  Textréme  disproportion  des  forées 
i»pposées,  n'en  est  pas  moins  infiniment  désastreuse  pour 
rartillerie,  par  les  pertes  irréparables  que  nous  avons  faites. 

Lors«|ue  la  division  est  partie  iVAlbcck  sur  les  11  heures  pour 
marrher  sur  Ulm,  j'avais  réuni  aux  dix  bouches  à  feu  que  je 
commandais  les  trois  attachées  à  la  division  de  cavalerie  et  ser- 
\ic>  par  rartillerie  léjrère. 

Arrivé  sur  le  champ  de  bataille,  toutes  les  pièces  ont  été  mises 
en  l»atterie  et  ont  exécuté  leurs  feux  pendant  bien  longtemps 
sans  changer  de  position  contre  les  troupes  et  l'artillerie  de 
l'ennemi,  (pii  était  très  nombreuse.  Plusieurs  de  nos  pièces  ont 
été  dénxmtées  et  renvoxées  comme  on  a  pu  au  parc  qui  était 
resté  en  arricre  :  à  jrauche  une  pièce  de  i  avait  été  précédem- 
ment démontée,  et  l'aflïit  de  rechange  demandé  par  moi  ne 
m'est  pas  encore  parNcnu. 

L'armée  faisant  des  progrès  sur  la  droite,  j'ai  reçu  Tordre 
d'augmenter  le  nombre  de  bouches  à  feu  de  ce  c<Mé  pour  pousser 
les  propres  \ivement  et  c*est  alors  que  nous  axons  fait 
i.(NN)  priNonniers  et  pris  .'{  pièces  de  canon  :  mais  tandis  que 
l'un  triomphait  de  ce  côté-là,  la  «rauche  de  l'armée  a  été  débordée 
par  di*s  troupes  plus  considérables  que  les  nôtres,  surtout  en  cava- 
lerie, qui  s'étant  avancées  jusqu'au  village  dWlbeck,  ont  coupé 
rt  emmené  a\ec  eux  tout  ce  qui  était  en  arrière  et  par  consé- 
ipient  le  parc  de  réserxi*  de  la  dixision.  Le  lieutenant  Kermorvan, 
qui  nc  tronxait  sur  la  gauche  axec  deux  pièces  de  K,  s>st  p«>rté 
de  ee  côte  et  après  plusieurs  déehar^es  de  mitraille,  sa  batterie 
a  été  enxelnppée  et  rnlexée  et  lui  lué  sur  ces  lieux,  à  ce  qu'on 
assure. 

L  armée  ayant  été  nbli^ée  de  rétrograder  et  les  pièces  obligées 
de  suixre  b*  i ixement  des  troupes  dans  un  terrain  coupé  et 


518  CHAPITRE  V. 

rendu  extrêmement  difficile  par  le  mauvais  temps,  il  est  arrivé 
qu'une  pièce  de  12  a  été  renversée  dans  un  fos^  qu*elle  devait 
franchir  et  dont  on  n'a  pu  la  retirer.  La  dernière  pièce  de  8  a  eu 
le  même  sort.  Enfin  la  nuit  étant  venue  et  entièrement  close,  le 
général  a  ordonné  de  se  retirer  sur  Albeck,  et  c'est  dans  ce  der- 
nier mouvement  que  la  seconde  pièce  de  12  a  été  renversée 
comme  la  première  sans  qu'on  ait  pu  la  relever  davantage  ;  en 
sorte  qu'il  ne  nous  reste  plus  que  quatre  obusiers  de  6  pouces 
et  une  pièce  de  i  démontée.  Outre  les  pertes  en  matériel,  nous 
en  avons  fait  de  grandes  en  personnel  et  surtout  dans  le  train. 
Je  ne  puis  encore  vous  donner  l'état  exact  parce  que  les  difTé- 
rents  détachements  n'ont  pu  me  le  donner  encore  eux-mêmes, 
mais  je  Taurai  demain. 

Je  vous  envoie  un  état  des  bouches  à  feu  et  voitures  existantes 
au  parc  de  la  division.  Je  ferai  dresser,  demain,  l'état  des  pertes 
et  consommations.  Ko  attendant,  je  vous  prierai,  mon  Général, 
de  vouloir  bien  ordonner  au  directeur  du  parc,  dont  j'ignore  le 
placement,  de  me  faire  passer  les  effets  et  munitions  qu'il  jugera 
convenable,  d'après  Tétat  ci-joint  (1),  et  surtout  des  cartouches 
d'infanterie. 

Je  dois  des  éloges  aux  officiers  et  aux  troupes  d'artillerie  pour 
le  zèle  et  la  bravoure  que  chacun  a  apporté  dans  l'exercice  de 
ses  fonctions. 

Le  capitaine  Noèl  a  (Hé  fait  prisonnier.  Le  chariot  de  muni- 
li(ms,  (|ui  porUiit  la  caisse  de  Marotte  contenant  environ 
7,0(K)  francs,  qui  portait  mes  effets  et  ceux  des  officiers,  est 
tombé  au  pouvoir  de  renuemi.  Nous  sommes  tous  dans  la 
détresse  et  le  dénuement. 

VlLLKNBDVK. 


A  M.  le  générRi  Songis ,  premier  inspecteur  général  de  l'artillerie, 
commandAnt  en  chef  celle  de  la  Grande  Armée. 

Au  quartior  gém'ral,  à  Kiissendorf,  le  SI  vendémiaire  an  xiv 
(l.t  octobre  1805). 
Mon  Général, 

Je  vous  adresse  avec  bien  du  regret,  par  mon  aide  de  camp 


{\)  Cet  rtat  n'a  pas  <'t(^  retrouvt^  Il  est  résumé  dans  la  pièce  fltlitanta. 


COMBAT  D*RASLÀCH.  819 

Btnitiél,  le  rapport  dé  M.  le  ehef  de  bataillon  Villeneuve,  com- 
mandant l'artillerie  de  la  i^^-  division.  Il  paraît  que  dans  la 
journée  d'Albeck  près  d'Ulm,  nous  avons  perdu  en  matériel,  le 
19  vendémiaire: 

2  pièces  de  12  (les  afTiits  sauvés)  ; 
6  pièces  de  8  ; 

1  pièce  de  4  ; 

3  caissons  de  12  ; 
10  caissons  de  8  ; 

8  caissons  d'obusiers  ; 

6  caissons  d'infanterie  ; 

1  affût  de  rechange  d'infanterie  ; 

A  chariots  de  paysans  chargés  de  cartouches  d'infanterie. 

Nous  avons  pris  à  l'ennemi  une  pièce  de  3. 

J'ai  lieu  de  craindre,  d'après  la  composition  des  attelages, 
que  nous  n'ayons  perdu  environ  80  bons  chevaux  du  train  d'ar- 
tillerie. 

La  6«  compagnie  du  l*'  régiment  à  pied  et  le  tiers  de  la  !!•, 
un  détachement  de  50  hommes  de  la  l^^  compagnie  du  2*  à 
cheval,  paraissent  avoir  beaucoup  souffert.  Je  vous  en  rendrai 
un  compte  plus  détaillé  après  avoir  reçu  le  rapport  de  M.  le  chef 
de  bataillon  Villeneuve. 

Je  vous  prie,  mon  Général,  de  vouloir  bien  pourvoir  au  rem- 
placement de  ces  pertes,  tant  en  personnel  qu'en  matériel. 

Je  presserai  le  directeur  du  parc  de  demander  à  M.  le  direc- 
teur général  500,000  cartouches  d'infanterie,  en  remplacement 
des  pertes  et  consommations.  % 

J'ai  l'honneur  de  vous  saluer  respectueusement. 

Le  Général  commandant  Vartillerie  du  6^  corps, 

Sbroux. 


6"  CORPS  d'armée. 

Journal  des  opérat/ont  de  l'artillme. 

Le  quartier  général  vint  à  Gûnzburg  et  le   parc  resta,  à 
Medlingen. 


S20  CHAPITRE  V. 

Le  parc  vint  en  arrière  de  Gûnzburg  (rive  droite  du  Danube), 

La  2®  division  à  Gûnzburg. 

La  3^  à  Leipheim. 

La  l""®  partit  d'Albeck  vers  li  heures  du  matin,  pour  aller  faire 
une  forte  reconnaissance  sur  la  route  d'Ulm  où  était  Tannée 
autrichienne  tout  entière.  Elle  emmenait  13  bouches  à  feu  dont 
3  obusiers,  servis  par  Tartillerie  légère  de  la  division  de  cava- 
lerie, cjui  furent  depuis  ce  jour  réunis  à  la  1"»  division. 

A  une  lieue  d'Albeck,  elle  rencontra  une  forte  colonne  de 
rarmée  ennemie. 

Toute  Tartillerie  fut  mise  en  batterie  et  fit  un  feu  soutenu, 
sans  changer  de  position,  contre  les  troupes  et  rartillerie  de 
Tennemi  qui  était  en  nombre  supérieur;  plusieurs  de  ces  pièces 
furent  démontées  et  renvoyées  au  parc  de  la  division  qui  était 
en  arrière. 

La  division  eut  des  succès  sur  la  droite.  Pour  les  poussser, 
le  général  fit  augmenter  le  nombre  des  bouches  à  feu  de  ce  côté, 
on  y  (it  i,0()0  prisonniers  et  on  s'empara  de  canons  ;  mais,  pen- 
dant ce  brillant  avantage,  la  gauche  fut  tournée  par  des  forces 
très  considérables,  surtout  en  cavalerie.  Ces  forces  s'avancèrent 
jusqu'au  village  d'Albeck,  coupèrent  et  emmenèrent  les  équi- 
pages et  le  |)arc  de  la  division.  Le  lieutenant  Kermorvan  qui  se 
trouvait  sur  la  gauche  avec  deux  pièces  de  8,  chercha  à  arrêter 
l'ennemi.  Après  plusieurs  décharges  à  mitraille,  sa  batterie  a  été 
enveloppée  et  prise. 

La  division  (it  sa  retraite  emmenant  ses  i,000  prisonniers. 
Ceci  est  d\iutant  plus  remarquable  qu'elle  n'était  guère  forte  de 
plus  de  i,(MM)  honinies,  mais  elle  perdit  la  majeure  partie  de  son 
artillerie.  Le  terrain  sur  lequel  elle  manœuvrait  était  si  coupé 
par  des  fossés,  si  gâté  par  le  mauvais  temps  qui  régnait  depuis 
plusieurs  jours  que  les  deux  pièces  de  1:2  furent  renversées  et  ne 
purent  être  relevées.  Klle  perdit  "1  pièces  de  12,  6  pièces  de  8, 
1  pièce  de  S  et  beaucoup  de  caissons.  Heureusement  toute  cette 
artillerie  fut  reprise  sïmis  l'im. 

Il   n\   eut   qu'un   oanonnier   tué   et   H  blessés.  :2  officiers, 
18  eanonniers  et  :20  soldats  du  train  furent  faits  prisonniers  de 
guerre.  (>0  chevaux  de  trait  furent  tués  ou  pris. 
La  division  lit  sa  retraite  jusqu'à  Brenz. 


COMBAT  D'HASLACH.  S21 

Rapport  adressé  à  Son  Altesse  Sérénissime  Monseigneur  le  prince 
Murât,  par  M.  le  général  de  division  Bourcier,  le  30  vendé- 
miaire an  XIV, 

Le  19  vendémiaire  an  xrv  (Il  octobre  1805). 

Le  général  Sahuc  reçut  ordre  le  lendemain  19  (//  octobre), 
de  se  porter  avec  ses  deux  régiments  près  d'Ulm  à  la  hauteur 
d'Haslach.  La  division  du  général  Dupont,  s'étant  formée  en 
bataille  à  cette  position,  le  15®  dragons  fut  placé  à  la  droite  de 
la  ligne  et  le  17®  à  la  gauche  ;  Taffaire  s'engagea  au  même 
instant.  Un  corps  de  uhlans  chargea  rartillerie,  qui  se  trouvait 
en  avant  du  17«  de  dragons  et  fut  vigoureusement  repoussé  par 
un  seul  escadron  de  ce  régiment.  Le  général  Dupont  donna 
Tordre  alors  de  porter  toute  la  cavalerie  sur  la  droite.  Le  général 
Sahuc,  pour  se  conformer  à  cet  ordre,  réunit  le  17®  au  15®  qu'il 
trouva  protégeant  notre  infanterie,  qui  manœuvrait  dans  la 
plaine  entre  Haslach  et  Jungingen.  Ce  régiment  se  trouvait  en 
ce  moment  sous  le  feu  de  Tennemi  dont  la  position  était  fort 
avantageuse,  étant  maître  d'un  petit  bois  en  avant  de  lui  et 
d'une  batterie  placée  entre  ce  bois  et  Jungingen.  Ce  brave  régi- 
ment, malgré  le  feu  de  la  mousqueterie  la  plus  vive  et  la 
mitraille  qui  lui  tuait  une  grande  quantité  d*hommes  et  de  che- 
vaux, n'a  quitté  sa  position  que  lorsque  le  général  Sahuc, 
jugeant  qu'elle  n'était  plus  nécessaire  à  conserver,  lui  ordonna 
d'en  prendre  une  nouvelle.  Ce  dernier  mouvement  se  fit  avec  le 
plus  grand  sang-froid,  malgré  le  feu  du  canon  qui  emportait  des 
files  entières. 

Le  17®  régiment,  c|ui  suivait  dans  la  plaine  les  mouvements 
de  l'infanterie,  resta  longtemps  exposé  à  un  feu  violent  d'ar- 
tillerie, qui  lui  fit  perdre  beaucoup  de  monde  ;  il  a  soutenu  ce 
feu  avec  une  constance  digne  des  plus  grands  éloges. 

Ce  fut  quelques  minutes  après,  que  le  général  Dupont  donna 
l'ordre  au  général  Sahuc  de  charger  la  cavalerie  ennemie,  qui 
dépassait  de  beaucoup  sa  droite.  Le  général  Sahuc  forma  la 
sienne  sur  deux  lignes,  le  15®  en  première  et  le  17®  en  seconde. 
Dans  ce  moment,  les  chevau -légers  de  Rosenberg  s'ébranlèrent 
pour  charger  un  bataillon  du  96®  régiment  d'infanterie  qui 
venait  de  passer  un  chemin  creux  ;  le  15®  régiment  les  chargea 
avec  vigueur  et  les  repoussa  loin  de  notre  infanterie  qu'ils  vou- 


oiJ  CHAPITRE  V. 

iMicnt  «Mit^iiiifr  rt   t\\\\,  (It's  ri>  luiiiiM'iit.  iif  tut   \»\u^  iii>)ii.'!- 
iiiaiN  W  r»''  ri';;iiiiriit,  l'har^r  :i  »»nu  t«Mii-  \m\i  uni-  r.ix.iltri»  n?'-- 
iiifiiiciit  sii|H'rii'iin'  fil  imiiiln'*'.  lui  nhlL'r  ilf   '»i-  iij»l:'i  -l  ■■    ' 
•»!■  ijllirr  tlrniri'r  It-    17*  t[iii   iliar^tM  ri  ii'|iiiU'*'*.i   I  if.r.f!  !!    l 

s|||MTinrilr    «In     linmlut'     v\     IIIH'    stM'iiluli'     liL'Ili-    1(111     *    «\  «".    ••. 

l'aMUil  t'iirri-  lU-  s»»  n'plii'r  Mir  It»  huis.  Ifs  ilnix  rru'umii;»  * 
rfloriiKTt'n!  «l  Iniirnimit  iiiir  mmmukIi»  cliarue  f|ui  <!o\ii.i  m» 
mi'h'c  ^:rnrr;»lt\  iiairr  (|uo  Irniit'iiii  a\ant  di'ji.isM^  leur  dp- U 
(It'iMiiN  lniiuttMn|>s,  avait  l'ait  tiler  par  U*  hoi^i  nii  ccirfi^  «le  ca\ji- 
Irrii*  <|iii  arlu'\a  <li»  1rs  oinrlnppor.  Krain-als  «'t  \Mlri'*hi«n» 
«'iilr«'n*nt  |M*|('-iiirK'  ilaiis  U*  Imis  ri  vv  in*  tnt  «iira^'r  Im.miic.m;^ 
(Ir  priiu*  ipic  W  unirnil  >aliiir  par\int  a  rallier  <|ii''|ipii*v.nn«  l>- 
si'N  rsradruiis  a  la  snrtif  i\r  w  lnns.  I.«'s  auln*H  n*\iiirfiit  rii*-iil» 
pn-iMirc  l«'iii-  raiiii  dans  la  liiinr  vi  \r  uanlrmil  )iis«|ii  .1  '.*  Iifiir>« 
du   N'»ir.    ipn-  ri'   ::rntral    rrtiil    nrdrr  di*   \frur    |ii\i*iMipirr    ' 

AilH'l'k. 

Mans  iM'Ih'  ilriiinif  iiirlt  f,  M.  Sainl-hi/HT.  i'iil<»iirl  ilu  |T" 
rt-Lniticiit  lit*  dra:;iins.  a  t'tr  tiif.  11  ttait  aiipn-sdii  i;i-ri<Tnl  Sahiir. 
unissant  cnnjnintrnM'nl  It-urs  illnrls  |)nur  rallier  ipirlipirs  i^l*- 
luns.  Imsipn»  sj-pan-s  y:\i  \v  rlmr,  |i*  ridoiicl  S.iint-lM/i<?r  ii\ 
rn\  iioiini*  il  un»'  ilnu/aiiit*  t\v  raxaljrr'»  autrirluen<«.  lia  §u?- 
i'iiiiiIm'  NiMis  le  nnuiluc  ri  «'st  ninri  n»iiini(*  il  a\.iit  wcii.  m 
lnMiinir  il  Imnni  lit' ri  rn  lua\f  hIImmit.  Il  •iiipurtr  l»s  ri'«r»'l%  f! 
I  rstiliM'  de  i-rux  ipii  l'ont  rimUM. 

I.(»s  \:\'  l'I  17"  ii'L'iini'nts.  i|:ins  n-tli*  jnurni'f.  nul  f;iit  priMn^ 
i)i>  la  plus  ::i:irid<-  )iia\iinri\  h's  rlit-l's  ri  autrr«  l'fluM'T^  t*u\ 
Mi<>tili<  , (lit. ml  ii>  >.iii.-ii  ni  «pir  d  inti'llijcni'i  il.iTis  |f«  nx  Mx^> 
nirids  tpii  SI-  siiiit  l^iijs.  Ils  mil  i-nnuxi*  ilt's  |irrtos  pr«id.ji«  u»r  « 
Miais  iri(-\  it.<hii-s.  .iv.tnt  cir  rxpnsrs  tniito  la  journiT  .m  fr  1  d  :rf 
n>>iii|irriisi'  aitilli'iir  i-l  a\ant  m  a  l'nniliattrr  .i\r<'  iiii  .%  Jrfn 
.  h.  \.ii:\    I  !.••  r.ix.il.  iir   i..|t.-   d«     J.IHNl  -i  .'(.INNI. 

.!•■  i"MiN  .1  II"  liippn'l  lit.it  «It's  prrlt*s^rssu\fr^  par  iT^  de -t 
!•  _  iiH  nls  il  .  1-1111  ilrv  ..i!i,|,.r  s,  siiiis-niiirit*rs  ««t  drauitn^  ipii  *^ 
>  1  I'  jlus  p;ii  tii-iiiti  1' !<!•  lit  distinuMii-s  et  ipii  iiiirit^nt  i'« 
_i  III  -   .|.    ^.!    M  ijiNti    .  1     ;  il'-iii.iiiiici's   p.ir  \i»lrr  .\lli*s*i».  |r  *  .• 

.•...|X    iiiM-i!   <|'l    iK    l.N    M|itl-:iifl<'l|t. 


COMBAT  D*HASLACH.  523 

J'ai  l'honneur  de  recommander  particulièrement  à  la  bien- 
veillance de  Votre  Altesse  les  chefs  d'escadron  Dautrecour  du 
17®  et  Laroche  du  15e  ;  tous  les  deux  ont  fait  preuve  de  courage, 
d'intelligence  et  de  dévouement. 

BOURGIBB. 


Le  général  Dupont  au  général  Sanson. 

Brens,  le  SI  vendémiaire  an  xr?  (13  octobre  1805)« 

Mon  cher  Général, 

J'ai  recours  à  vous;  dans  mon  affaire  d'Haslach  près  d*Ulm, 
le  19,  j'ai  perdu  mon  équipage  et  toutes  mes  cartes.  Je  ne  dois 
pas  les  regretter  puisque  le  succès  de  ma  division  a  été  très 
brillant  :  5,000  Français  ont  battu  25,000  Autrichiens.  L'im- 
mense cavalerie  ennemie  m'enveloppait  et  a  enlevé  nos  bagages. 
La  division  Baraguey-d'Hilliers,  qui  devait  couvrir  mes  commu- 
nications, n'est  pas  arrivée.  Les  autres  divisions  de  notre  corps 
d'armée  devaient  aussi  agir  sur  la  rive  droite  du  Danube  et 
cette  opération  a  été  remise,  de  manière  que  je  me  suis  trouvé 
seul.  Il  y  a  là  quelque  ressemblance  avec  mon  passage  du 
Mincio.  Du  reste,  je  ne  puis  qu'être  satisfait  des  éloges  que 
M.  le  maréchal  Ney  nous  a  donnés  et  de  la  promesse  qu'il  a 
faite  à  la  division  de  faire  valoir  auprès  de  l'Empereur  cette 
belle  journée. 

L'ennemi  s'attendait  à  être  attaqué  et  se  tenait  prêt;  aussi 
m'a-t-il  présenté  la  bataille  si  vivement  que  si  j'avais  tenté  de 
faire  retraite  j'étais  perdu.  La  victoire  en  est  plus  douce. 

Je  reviens  à  la  perte  de  nos  bagages.  Pouvez-vous  me  prêter 
quelques  cartes  ?  11  ne  m'en  reste  pas  une  seule.  J'en  ai  demandé 
à  Paris,  mais  quand  arriveront-elles?  A  peine  reçois-je  de 
France  une  lettre  après  vingt  jours  de  date.  Vous  m'obligerez 
infiniment  de  m'envoyer  quelques  lambeaux  de  topographie. 

Mille  amitiés. 

DirpONT. 


524  CHAPITRE  V, 

Le  général  Dupont  au  général  Saitsoit. 

Paris,  le  8  Juin  1806. 
Mon  cher  Général, 

Je  vous  adresse  le  plan  de  TafTaire  d'Haslach  (i)  :  ce  calque 
rend  mieux  le  terrain  que  celui  que  vous  m'avez  envoyé.  Les 
principales  circonstances  de  la  bataille  y  sont  tracées  ;  pour  les 
reproduire  toutes,  il  aurait  fallu  plusieurs  retouches,  mais  ces 
détails  suffisent  pour  donner  une  idée  de  cette  affaire,  qui  est 
peut-être  unique  dans  son  genre  ;  c'est  comme  vous  le  voyez 
une  petite  division  aux  prises  avec  une  armée  entière  et  cela 
lui  donne  le  caractère  d'une  bataille. 

Plus  de  6,000  Autrichiens  ont  mis  bas  les  armes,  mais  nous 
n'en  avons  gardé  que  4,000  ;  on  était  plus  occupé  du  soin  de 
faire  des  prisonniers  que  de  celui  de  les  conserver.  Nous  nous 
sommes  emparés  cinq  fois  du  village  de  Jungingen  :  lorsque 
nous  en  étions  maîtres,  l'ennemi  revenant  avec  des  corps  frais 
se  formait  dans  la  plaine  et  aussitôt  nous  marchions  sur  lui  à  la 
baïonnette  ;  pendant  ce  temps,  d'autres  troupes  revenaient  dans 
le  village  et  il  fallait  de  nouveau  le  reprendre.  C'est  avec  les 
quatre  bataillons  du  9«  et  du  96®  que  nous  avons  enfoncé  suc- 
cessivement toutes  les  lignes  ennemies  qui  se  sont  formées  et 
reformées  contre  nous.  Il  nous  est  arrivé  quelquefois  en  char- 
geant d'être  chargés  nous-mêmes  en  flanc  et  par  derrière; 
c'étaient  des  moments  de  crise  terribles.  A  peine  un  corps  était-il 
repoussé  qu'il  fallait  faire  un  changement  de  direction  et  quel- 
quefois demi-tour  pour  soutenir  l'effort  de  ceux  qui  nous  atta- 
quaient. 

Un  bataillon  du  32<^  m'a  été  très  utile  pour  contenir  la  cavalerie 
ennemie  entre  le  bois  qui  est  derrière  Jungingen  et  ce  village. 
L'autre  bataillon  et  les  deux  escadrons  du  !««'  de  hussards  ont 
tenu  la  position  d'Haslach  qui  formait  ma  gauche  avec  la  plus 
noble  fermeté. 

Quelques  compagnies  jetées  dans  les  petits  bois  qui  se  trou- 
vaient sur  mon  front  ont  empêché  l'ennemi  de  s'apercevoir  que 
mon  centre  était  dégarni  et  d'en  profiter.  Cette  faute  et  Tinac- 

(1)  G'pst  d'après  ce  plan  qu'a  été  établi  celui  que  nous  reproduisons. 


COMBAT  D*HASLACH.  525 

tion  de  sa  cavalerie,  après  le  pillage  de  nos  bagages,  nous  ont 
beaucoup  servi.  Cette  cavalerie  a  cependant  chargé  par  inter- 
valles et,  à  la  fin  de  la  journée,  elle  a  chargé  en  masse.  Nos 
bataillons  n'ont  jamais  été  plus  brillants  que  dans  ce  moment-là; 
le  succès  a  été  complet,  la  nuit  est  arrivée  et  nous  sommes 
restés  maîtres  du  champ  de  bataille. 

Je  me  trouve  en  ce  moment  à  Paris;  j'y  ai  été  envoyé  de 
Dùsseldorf  en  mission  par  le  prince  Joachim. 

Recevez,  etc Dupont. 

Bien  des  choses,  je  vous  prie,  à  MM.  Guilleminot  et  Gauthier. 


Le  maréchal  Ney  au  maréchal  Berthier, 

Le  tO  vendémiaire  an  xiy  (It  octobre  1805). 

J'ai  l'honneur  d'adresser  à  Votre  Excellence  le  rapport  que 
m'a  fait  le  général  Dupont  sur  la  manière  dont  il  a  exécuté  sa 
part  de  l'attaque  que  j'avais  combinée  sur  Ulm  par  les  deux 
rives  du  Danube,  ainsi  que  le  portent  les  ordres  de  mouvement 
des  18  et  19  et  les  instructions  particulières  que  j'ai  données. 
L'affaire  du  général  Dupont,  quoique  extrêmement  brillante, 
n'a  produit  qu'une  partie  des  succès  qu'elle  pouvait  procurer, 
parce  que  le  général  Baraguey-d'Hilliers,  au  lieu  de  se  rendre  à 
Albeck  pour  soutenir  le  général  Dupont,  comme  il  en  avait 
l'ordre,  a  jugé  à  propos  de  rester  à  Langenau  et  s'est  seulement 
rendu  de  sa  personne  à  Albeck  pour  y  reconnaître  son  quartier 
général.  L'ennemi  a  profité  de  cette  faute  majeure  et,  prenant 
les  communications  du  général  Dupont  à  revers,  il  a  repris 
environ  3,000  prisonniers  sur  7,000  qu'il  avait  perdus,  s'est 
emparé  de  l'ambulance  et  d'une  partie  des  bagages  des  régi- 
ments et  du  général  Dupont. 

Je  mets  sous  les  yeux  de  Votre  Excellence  l'extrait  des  dispo- 
sitions ordonnées  pour  le  0^  corps  d'armée  pour  le  19  et  expé- 
diées le  18.  Vous  y  verrez  que  le  général  Baraguey-d'Hilliers 
devait  soutenir  la  division  Dupont;  comment  a-t-il  pu  se  dis- 
penser d'un  pareil  devoir?  C'est  à  Votre  Excellence  qu'il  appar- 
tient d'apprécier  la  conduite  de  ce  général.  Je  me  bornerai  à 


536  CHAPITRE  Y. 

VOUS  dire  qu'il  est  bien  essentiel  pour  le  bien  du  service  de 
Sa  Majestér  et  la  gloire  de  ses  armes  que  Ton  n'ait  plus  de 
pareilles  plaintes  à  porter. 

Nous  prenons  aujourd'hui  possession  de  la  ligne  déterminée 
par  la  Roth  et  la  Luben  et  nous  aurons  probablement  demain 
une  bataille  sur  TUler.  Mes  troupes  se  conduisent  bien,  mais  je 
suis  fôehé  de  les  morceler  car,  en  passant  Tlller,  U  faudra  bien 
en  laisser  une  partie  sous  Ulm  pour  bloquer  les  fuyards. 

J'adresse  à  Voire  Excellence  l'extrait  de  Tordre  que  j'ai 
donné  au  général  Dupont  pour  rester  en  observation  sur  la  rive 
gauche  du  Danube,  conformément  aux  dispositions  de  Son 
Altesse  Sérénissime  le  prince  Murât. 

Je  vous  prie  de  vouloir  bien  faire  connaître  à  Sa  Majesté  la 
demande  que  je  fais  du  grade  de  colonel  pour  M.  Grabbé,  mon 
aide  de  camp,  chef  d'escadron,  officier  distingué  par  ses  talents 
militaires  et  qui  a  en  sa  faveur  un  grand  nombre  de  traits  de 
bravoure  :  je  le  regarde  comme  un  des  officiers  les  plus  propres 
à  conduire  des  troupes  légères  à  la  guerre  et  à  conunander  un 
régiment  de  hussards  avec  la  plus  haute  distinction. 

(A.  ^f.).  NiY. 

Le  général  Banaguey-d'Hillierê  k  l'Empereur 

Loipheira,  le  tt  vendémUlre  an  xrr  (U  octobre  1S05). 

Sire, 

J'ai  reçu  par  vos  ordres,  du  ministre  de  la  guerre,  une  lettre 
qui  contient  des  reproches  amers  sur  la  conduite  de  la  division 
que  je  commande;  j'ai  lieu  de  présumer  par  ce  que  m'a  dit  le 
maréchal  Ney  qu'ils  se  rapportent  tous  à  la  journée  du  19  ven- 
démiaire. Il  n'est  plus  qu'une  chose  à  laquelle  je  tienne  inflni- 
meut  et  à  laquelle  je  tiendrai  toujours,  Sire,  c'est  à  ma  réputa- 
tion et  à  l'estime  de  Votre  Majesté;  j'espère  que  d'après  le» 
pièces  que  j'ai  l'honneur  de  lui  adresser  et  que  je  la  supplie  de 
lire,  il  ne  lui  restera  plus  aucun  doute  et  que  je  cesserai  enfin 
d'Atre  auprès  d'elle  la  viclime  de  la  calomnie  ou  de  Terreur. 

Je  suis,  etc 

Haraoubt-d'Hilliebs. 


COMBAT   D'hASLACH.  5Î7 


Exposé  de  la  conduite  du  général  Baraguey^d'Hillien  et  de  /a 
division  de  dragons  à  pied  qu'il  commande,  dans  la  journée 
du  19  vendémiaire  {11  octobre), 

Liiphoini,  li*  22  vciuiémiairc  an  iiv  (14  octobre  IBOb). 

M.  \v  niarôclial  iNo)  uvailordoiiiK*,  par  ses  dispositions  du  18. 
«l'étahlir  ainsi  la  dixision  de  dra^<»iis  a  pied  : 

\  compairnies  à  Môdliiiireii: 

4  coiiipa^iiies  à  Hroiiz  : 

"2  rniii))a|;nics  à  Sontlieini; 

.*i  rompa^nies  à  Kontlial  ; 

1  bataill<»n  à  Slot/injrcn  (v.  n»  1). 

Et  le  reste  dans  les  hois  en  arrière  d^Oher-Stôtiingen.  Ces 
dispositions  étaient  ripinreuseinent  exécutées  le  US  li)  au  soir, 
malgré  le  temps  le  plus  aIVrenx  ()ui  dura  toute  la  nuit. 

Le  i\K  entre  midi  et  I  heure,  roflicier  d  etat-major  liippert 
remet  au  uénéral  liarairuev-d'Hilliers,  à  Olier-Stôtzingen  Tordre 
par  lequel  il  lui  était  onlonné  de  marcher  sur  Albeck  le  même 
jour  pour  soutenir  la  di\isi(ui  du  général  Dupont  dans  Ica  por- 
tions du  hlocus  (X.  n<*'  â  et  .'i);  en  lui  remettant  cet  ordre,  il  lui 
témoigna  de\ant  son  état-maji^r  le  regret  de  rapporter  si  tard 
et  lit  le  réeit  des  di\ers  événenu'uts  (|ui  a\aient  retardé  sa 
marche  et  dont  le  iTsuUat  était  ({u'il  s  était  égan'*!  et  que,  |Mir 
suite,  il  a\ait  apporté  au  général  Dupont  ses  «inires  trois  heures 
avniit  de  remettre  an  général  harague>-d'llilliers  les  siens.  Au 
m<»nient  même  ou  le  soussigné  les  reeut.  il  lit  appeler  son  chef 
d'état-major  et  lui  doinia  l'ordre  éerit  de  faire  rasKcmliler  muis 
délai  la  i^*  hri^a<le  a  Nerenstetten  pour  la  diriger  KUr  AlliecK, 
la  t^  a  Stiitziugen  pour  la  diriger  sur  i.angenau,  où  il  Icurarri* 
verait  de  nouveaux  ordres.  (I(*s  ordres  furent  reçus  à  i  h.  l/i 
par  le  général  Le  Suire  a  Stetten,  et  par  le  général  VondenReid 
a  Stot/ingen.  ipii  lc««  mirent  a  exécution. 

A  .'i  heures,  le  général  liara^ue>-d'llilliers  quitta  Stôtiingen 
pour  se  rfiidre  a  Mhfck  et  se  fil  précéder  par  son  aide  de  camp 


(I  )  brreur  :  <''i->t  If  |K  s.tii!«  aiirnn  dont**. 


528  CHAPITRE  V, 

avec  une  lettre  au  général  Dupont  pour  lui  demander  les  points 
sur  lesquels  il  devait  Tappuycr.  P!n  arrivant  à  4  heures  de  sa 
personne  avec  une  faible  escorte  à  Albeck,  il  trouva  la  route 
couverte  de  voitures,  de  bagages,  de  soldats  et  de  femmes 
épouvantées,  et  son  aide  de  camp  le  sabre  à  la  main  venant 
d'être  chargé  dans  la  rue  d'AIbeck  par  un  parti  de  chevau-légers 
ennemis.  Sur-le-champ,  il  ramassa  les  fuyards,  les  mit  en  ordre 
et  leur  donna  un  chef;  la  garde  de  son  quartier  général  arri- 
vant, elle  fut  peu  après  suivie  de  100  hussards  du  i^^  régiment 
et  il  fit  remonter  sur  le  plateau  qui  domine  Albeck.  L'ennemi 
fuit  et  Ton  prit  position.  C'est  là  (|u'il  reçut  la  lettre  u9  4.  A 
peine  y  était-il  établi  ((u'unc  colonne  d'infanterie  et  de  cavalerie 
pèlc-niéle,  composée  de  tous  les  débris  de  tous  les  régiments  de 
la  division  Dupont,  arriva  sur  lui  et  l'informa  que  les  15®  et 
17®  régiments  de  dragons  ayant  été  écrasés,  leurs  bataillons 
avaient  été  coupés  en  plusieurs  parties  par  une  cavalerie  très 
nombreuse  (|ui  avait  enveloppé  le  général  Dupont  lui-même  et 
avait  pris  toute  son  artillerie;  qu'ils  s'étaient  ralliés  dans  les 
l)ois  comme  ils  avaient  pu  et  marchaient  sans  but  comme  sans 
ordres,  bien  plus  ébranlés  de  leurs  rcvei*s  que  présumant  un 
succès.  Le  général  Haraguey-d'llillicrs  les  remit  en  ordre  et  en 
position,  et  aussitôt  après  il  poussa  une  reconnaissance  de  cava- 
lerie vers  le  général  Dup<uit  pour  savoir  de  ses  nouvelles,  car 
toute  conmuinicalion  avait  été  jusque-là  interceptée  par  l'en- 
nemi et  le  soussigné  n'a\ait  reçu  aucune  des  ordonnances  et  des 
lettres  (jue  le  général  Dupont  dit  lui  avoir  envoyées. 

Le  général  avait,  aussitôt  son  arrivée  à  Albeck,  envoyé  ses 
aides  de  camp  à  la  recherche  des  colonnes;  elles  arrivèrent  à 
7  heures,  harassées,  lorscpie  la  nuit  était  très  obscure  et  le 
combat  entièrement  Uni.  Sur  ces  entrefaites,  l'aide  de  camp  du 
général  Dupont  arriva  à  Albeck  et  apprit  au  soussigné  la  posi- 
tion de  son  général  qui  était  à  Ilaslach  dans  l'intention  de  tenir 
jusqu'à  ce  qu'on  eut  enlevé  ses  blessés,  et  dans  la  nuit  il  reçut 
ordre  de  se  replier  sur  Gùnzburg. 

Il  résulte  de  ces  faits  d(mt  cent  témoins  peuvent  déposer  la 
vérité  : 

i*^  Que  la  division  de  dragons  à  pied  était  dispersée  par 
bataillons  et  compagnies  isolées  sur  une  ligne  d'un  pays  mon- 
tucu\  percé  de  chemins  défoncés  par  la  pluie  et  impraticables, 


COMBAT  d'haslach.  829 

longue  de  quatre  lieues,  dont  la  compagnie  la  plus  rapprochée 
d'Albeck  était  distante  de  deux  lieues  et  demie  au  moins; 

2<^  Que  le  général  n'a  reçu  ordre  de  marcher  sur  Albeck  à 
Tappui  de  la  division  Dupont  que  le  19  à  1  heure  après-midi; 

3"  Qifil  n'a  pas  différé  d'une  minute  à  Texécuter; 

A^  Que  rien  ne  lui  a  annoncé,  avant  5  heures  du  soir  de  ce 
même  jour,  que  la  division  Dupont  dût  engager  un  combat 
sérieux. 

En  y  réfléchissant,  qui  pourra  être  étonné  que  des  troupes 
aussi  disséminées,  qui  marchaient  depuis  trente-six  heures  sans 
relâche  et  sans  subsistance,  aient  mis  cinq  heures  à  se  réunir 
et  à  faire,  les  unes  trois  lieues,  les  autres  quatre  et  demie,  par 
un  temps  pluvieux  et  des  chemins  boueux  et  remplis  de  neige? 

C'est  avec  le  sentiment  douloureux  que  cause  une  injuste 
accusation,  que  le  soussigné  a  rédigé  ces  lignes  pour  la 
repousser,  lorsque  sa  conduite  antérieure,  ses  longs,  et  il  ose  le 
dire,  ses  bons  services  devaient  Ten  garantir. 

Baragubt-d'Hillibrs. 


Le  général  Le  Suire»  employé  à  rétat-major  général, 
au  maréchal  Berthier. 

Vienae,  le  12  niyôse  (2  janvier). 
Monseigneur, 

J'ai  l'honneur  d'adresser  à  Votre  Excellence  les  notes  qu'elle 
désire,  afin  d'acquérir  une  connaissance  parfaite  sur  l'exécution 
de  l'ordre  expédié,  le  matin  du  19  vendémiaire  an  xiv,  par  M.  le 
maréchal  Ney,  au  général  commandant  la  division  des  dragons 
à  pied. 

J'ai  l'honneur,  etc 

Le  Suirb. 


34 


630  CHAPITRE  V. 

Note  du  généml  Le  Suire,  commandant  la  7**  brigade  de  la 
division  des  dragons  à  pied,  au  sujet  de  l'affaire  du  19  ¥end&-' 
miaire  an  XIV  (11  octobre  1805), 

Vienne,  le  12  nivôse  (S  janvier). 

Établissement  de  la  division  des  dragons  à  pied  le  19  vende- 
miaire  an  XIV {1  i  octobre  1805).  —  La  division  se  trouvait  la 
gauche  en  tête.  Le  quartier  du  général  qui  la  commandait  était 
à  Nieder-Stôtzingen. 

La  "-1^  brigade,  composée  des  W^  et  4^  régiments,  sous  les 
ordres  du  général  Vouderweid,  était  bivouaquée  le  long  et  en 
arrière  du  ruisseau  Stetten. 

Sa  gauclie  appuyée  à  Obcr-Stôtzingen  et  sa  droite  au  bois  de 
Stetten,  qui  se  trouvait  éclairée  par  la  1*"®  brigade. 

La  l*"^  brigade,  composée  du  i«'  bataillon  du  !•'  régiment  (à 
cette  époque  le2«  bataillon  du  l***"  régiment  était  encore  chargé 
de  faire  le  service  du  quartier  général  du  prince  Murât),  du 
2®  régiment,  et  commandée  par  le  général  Le  Suire,  occupait 
les  positions  ci-après  : 

1"  Le  !«'  bataillon  du  1^^  régiment  avait  reçu  directement  du 
général  commandant  la  division.  Tordre  de  pjacer  un  demi- 
bataillon  à  Lonthal  et  Tautre  à  Bissiugen. 

Ce  même  bataillon  de>ait  faire  des  patrouilles  toutes  les 
heures  entre  Lonthal  et  iiissingen,  comme  entre  Bissingen  et 
Stetten  ; 

!2<^  Le  !2«  régiment  était  bivouaqué  à  gauche  et  en  avant  du 
bois  de  SIeticn,  se  liant  par  sa  gauche  avec  la  i*  brigade  et 
occupant  pour  cet  ell'et  le  bois  qui  se  trouvait  entre  les  deux 
brigades. 

Kntre  midi  et  1  heure,  le  général  commandant  la  division 
reçut,  par  un  oflicier  d  etat-major,  Tordre  de  M.  la  maréchal 
Ney  de  diriger  promptement  sa  division  sur  Albeck. 

•La  iJe  brigade,  qui  se  trouvait  à  un  quart  de  lieue  du  quartier 
du  général  commandant  la  division,  reçut  aussitiM  Tordre  de  se 
porter  à  Langenau  on  passant  par  Hammingen:  là  elle  devait 
attendre  de  nouveaux  <>rdres. 

In  bataillon  du  4*^  régiment  devait,  d'après  Tordre  de  M.  le 
maréchal  Ne} ,  se  rendre  à  Modlingen  pour  garder  le  parc  du 
corps  d'armée. 


COMBAT  D'hASLACH.  BSi 

Le  général  commandant  la  !'«  brigade  reçut,  û  ^  heures 
aprèK-midi,  des  mains  d'un  brigadier  du  18*  de  dragous  ù 
cliovaL  l'ordre  dont  est  ci-joint  l'original,  n"  ÎH>1,  signé  Dem- 
bouski. 

Auft!(itAt  la  réception  de  cet  ordre,  ce  général  s'empressa 
d'expédier  au  c<donel  commandant  le  i"  bataillon  du  1"  régi- 
ment Tordre  de  réunir  au  plus  UM  Hon  bataillon  à  liissingen  cl 
de  le  porter  avec  la  plus  grande  rapidité  sur  Nerenstetten,  en  se 
munissant  de  bons  guides  et  en  passant  par  le  chemin  le  plus 
court. 

KnHuite  il  marcha  à  la  tête  de  son  "1^  régiment,  qu'il  dirigea 
Mir  le  lieu  de  rassemblement  de  sa  brigade,  où  il  n'arriva  qu*à 
la  nuit,  malgré  toute  la  diligence  imaginable  qu'il  employa  dans 
sa  marche. 

Selon  ses  înstructi<mH,  le  commandant  de  la  l*"*  brigade 
attendit  a  .Nerenstelten  le  [^^  bataillon  du  1"  K*giment,  qui  n'y 
arriva  qu'à  7  heures  du  soir,  ayant  été  retardé  dans  sa  marche 
par  les  mauvais  chemins,  par  la  (duie  qui  tomba  continuelle- 
ment et  surtout  par  Téloignement  où  se  trouvait  ce  bataillon 
lorsqu'il  reçut  Tordre  de  départ.  Il  faut  rendre  justice  aux  dra* 
gims  à  pied  :  toutes  les  fois  qu'il  a  été  question  de  marcher  à 
l'ennemi,  ces  braves  gens,  dignes  du  nom  qu'ils  portent,  ont 
généralement  manifesté  tous  les  sentiments  qui  caractérisent  le 
grenadier  français. 

Pendant  que  les  généraux  de  brigade  exécutaient  avec  xèle 
le^  onlres  de  marche  qu'ils  avaient  reçus,  le  général  comman- 
dant la  dixision  se  rendit  avec  s(ui  état-major  à  Albeck,  où  il 
arriva  h  ti  heures  du  soir. 

H  apprit  bienttU  que  le  général  Dupimt  axait  attaqué  le  même 
jour  un  ennemi  bien  supérieur  en  forces.  Il  se  porta  en  avant 
axec  un  fort  détachement  du  1^'  hussards  et  continua  h  rallier 
dexant  Mbeck  ceux  des  soldats  de  cette  division  qui  avaient  été 
forcés  de  faire  un  nuMivcnient  rétrograde,  dans  un  combat  qui 
fut  irlorieux  pour  les  armes  de  la  France. 

V*Tv  \vs  H  heuH's  du  soir,  ce  général  partit  d'Albeck  pour  se 
rendre  a  Langenau,  ou  il  trou>a  la  2"  brigade  et  ou  il  passa  la 
nuit. 

AusHÏtAt  Tarrivéc  du  l^^^  bataillon  du  1"'  régiment  à  Neren- 
stctten.  le  général  Le  Suire  le  réunit  au  "f  régiment  el  dirigea 


532  CHAPITRE  V. 

CCS  trois  bataillons  sur  Albeck  où  l'on  n'arriva  qu'à  9  heures  du 
soir,  sans  cependant  avoir  fait  une  seule  halte  de  Nerenstetten 
à  Albeck. 

En  sortant  de  Nerenstetten,  cette  brigade  rencontra  une 
colonne  de  1200  à  1500  prisonniers  de  guerre  autrichiens,  que 
la  division  du  général  Dupont  avait  faits  dans  la  journée. 

Après  avoir  établi  sa  brigade  à  gauche  et  sur  les  hauteurs 
dWlbeck,  le  général  Le  Suire  se  rendit  chez  le  général  Dupont 
pour  savoir  de  lui  où  était  son  général  de  division. 

Le  général  Dupont,  on  lui  apprenant  qu'il  était  parti  pour 
Langenau.  lui  demanda  300  dragons  pour  aller  enlever  ses 
blessés,  et  différents  détachements  pour  faire  le  service,  ce  qui 
fut  fait  sur-le-champ. 

Sur  ces  entrefaites,  un  aide  de  camp  de  M.  le  maréchal  Ney 
arriva  à  Albeck  porteur  d'un  ordre  pour  le  général  Dupont,  qui 
le  communiqua  au  général  Le  Suire. 

Cet  ordre  portait  que  Sa  Majesté  l'Empereur,  voulant  concen- 
trer ses  forces  sur  la  rive  droite  du  Danube  et  devant  la  place 
d'Ulm,  la  division  du  général  Dupont  partirait  d'Albeck  le  len- 
demain matin,  précédée  par  la  division  des  dragons  à  pied,  à 
l'effet  de  passer  le  Danube  à  Giinzburg  ou  à  Leipheim  dans  la 
même  journée. 

En  conséquence,  le  général  Le  Suire  s'empressa  d'informer 
son  général  de  division  de  son  arrivée  à  Albeck  et  de  Tordre 
que  M.  le  maréchal  Ney  venait  de  faire  parvenir,  en  lui  annon- 
rant  que  sa  brigade  arriverait  le  lendemain  matin  de  bonne 
heure  à  Langenau. 

Le  20  vendémiaire,  à  \  heures  du  matin,  le  général  Le  Suire 
se  mit  en  marche  a\ec  sa  i)rigade  qui  précédait  la  division 
Dupont. 

Il  prit  avec  lui  l'artillerie  de  la  division  des  dragons  à  pied, 
laquelle  était  arrivée  à  Albeck  la  veille  à  10  heures  du  soir. 

A  Langenau,  les  deux  divisions  Dupont  et  des  dragons  à  pied 
se  réunirent  et  exécutèrent  le  mouvement  ordonné  la  veille  par 
M.  le  miiréclial  Ney. 

Le  SuifiB. 

yota.  —  LofMeier  détat-major  chargé  de  porter  Tordre  du  19 
MU   m;itin  aux  irénéraux  Dupont  et  Baraguey-d'Hilliers  remit 


COMBAT  d'haslach.  533 

premièrement  entre  8  et  9  heures  du  matin  au  général  Dupont 
celui  d'attaquer  Tennenn. 

Après  quoi  cet  oflicier  se  dirigea  sur  Nieder-Stôtzingen  où  il 
remit  au  général  Baraguey^'Hilliers  l'ordre  qui  le  concernait. 

11  en  résulta  que  le  général  Dupont  attaqua  Tennemi  avant 
même  que  la  division  des  dragons  à  pied  eût  commencé  son 
mouvement  pour  se  porter  sur  Albeck. 

Lb  SUIRB. 


DiBîances  qui  se  trouvaient  entre  Albeck  et  lee  deux  brigadee 
de  la  division  de  dragons  à  pied  le  19  vendémiaire  au   matin. 

i^*^   BRIGADE. 

/^f  bataillon  du  /«^  régiment. 

De  Stetten.  d'où  le  général  commandant  la  brigade  expédia 
Tordre  de  départ  pour  ce  bataillon,  jusqu'à  Bissingen,  où  était 
établi  le  cobmel  qui  le  commandait,  1/:!  lieue:  de  Hissingen  à 
Lontbal,  d'où  le  deuxième  demi-bataillon  fut  rappelé,  l/!2 lieue; 
de  Lontbal  à  Hissingen,  d'où  le  bataillon  se  mit  en  marche  pour 
Nerenstetten,  1/:^  lieue:  de  Hissingen  à  Nerenstetten,  2  lieues; 
de  Nerenstetten  à  Albeck.  i  lieue  1/i.  Total  :  5  lieues  d'Alle- 
magne. 

1'**  régiment. 

De  Stetten  à  Nerenstetten,  ±  lieues:  de  Nerenstetten  à  Albeck, 
1  lieue  1/i.  Total  : .'{ lieues  1/2  d'Allemagne. 

t*"    HRKÎADI. 

Kn  passant  par  Langcnau  pour  se  rendre  à  Albeck,  cette  bri- 
gade avait  .')  lieues  i/2  d'Allemagne  à  parcourir. 


Le  général  Baraguey-d'Hilliers  à  l'Empereur. 

FariH.  le  S6  mara  1806. 
Sire. 

\\}\rv  Majesté  m'a  ren<hi  a  l'espérance  et  au  bonheur  en  me 
permettant  d'appn^fondir  1rs  griefs  que  l'on  nra  imputés  dans 
la  journée  du  t*.)  vendémiaire.  Je  n'avais  rien  tant  à  redouter 


834  CHAPITRE  V. 

(|iie  le  défaut  d'infomiationH  précises;  ainsi,  plus  elles  seront 
solennelles,  et  plus  mon  innocence  vous  sera,  j'espère,  prouYÔe; 
mais,  Sire,  l'absence  du  ministre  que  tous  voulez  charger  de 
cette  enquête,  Tincertitude  de  Tépoque  de  son  retour,  les  bruits 
qui  se  répandent  du  prochain  départ  de  Votre  Majesté  pour 
ritalie,  la  dispersion  des  témoins  que  je  dois  citer  de  mes 
actions  et  de  ceux  qu'allégueront  sans  doute  mes  accusateura, 
tout  me  fait  craindre  d'être  encore  privé  longtemps  de  Tavan- 
tage  de  me  justifier.  Je  prie  donc  Votre  Majesté  de  me  per- 
mettre de  remettre  sous  ses  yeux  un  court  exposé  des  faits  qui 
me  concernent  dans  la  journée  du  19  vendémiaire,  et  de  la  sup* 
plier  de  le  lire  en  consultant  Thuilé  ci-joint  de  la  carte  de 
Hohnenbergcr;  j'ai  indiqué,  pour  chacun  des  faits,  les  noms  des 
officiers  dont  le  témoignage  peut  être  invoqué,  de  sorte  que  si, 
après  cette  lecture.  Votre  Majesté  a  besoin  de  nouvelles 
lumières,  le  ministre  de  la  guerre,  étant  sur  les  lieux  et  au 
milieu  des  témoins,  pourra,  aidé  de  ces  renseignements  précis, 
consulter  avec  facilité  le  terrain  et  les  hommes  et  vérifier 
l'exactitude  de  mon  récit. 

J'ai  tant  de  conflance  dans  Téquité  de  mon  prince  et  dans  la 
bonté  (le  ma  cause,  que  j^affirme  qu'il  suffira  de  vouloir  l'exa- 
miner sans  prévention  pour  être  convaincu  que  je  n'ai  manqué 
à  aucun  de  mes  devoirs  dans  cette  circonstance.  Sire,  je  n'ai  de 
patrimoine  à  laissera  mes  enfants  qu'une  réputation  sans  tache. 
Je  sers  avec  honneur  depuis  vingt-deux  ans;  j'ai  toujours  été 
esclave  de  mes  devoirs  et  obéissant  jusqu'au  scrupule  en 
matière  de  service  ;  mon  dévouement  pour  la  gloire  de  Votre 
Majesté  est  sans  bornes.  P<?ut-elle  penser  que  j'aie  voulu  trahir 
on  un  jour,  par  négligence,  le  fruit  de  mes  travaux,  mon  hon- 
neur, l'avenir  do  mes  enfants,  de  vieux  principes  et  mes  plus 
clicrs  sonliments?  Non,  Sire,  je  suis  loin  d'être  ingrat  à  vos 
boutés  et  j'ai  l'honneur  de  vous  répéter,  comme  à  Schônbrunn, 
(\\w  Je  suis  victime  des  nombreux  ennemis  que  m'a  faits  mon 
zèle  à  inlroduire  une  nouvelle  tactique  dans  une  arme  qui  y 
répujrnait,  d'une  erreur  d'un  officier  d'état-major  et  d'un 
insuccès  <|ui  m'est  étranger  ci  «juil  n'a  été  en  mon  pouvoir  ni 
de  prévenir,  ni  de  réparer. 

Je  suis  avec  respect,  Siro 

Baraguey-d'Hillikrs. 


COMBAT  d'iïaslach.  B3B 


Exposé  de  la  conduite  du  général  Baraguey-d'Hilliers, 
le  19  vendémiaire  (11  octobre  1805). 

I.o  iiiart'cha]  Noy  a>ait  donin\  le  18  vond^miairo,  Tordre 
d'cmplnccmont  suivant  :  ««  I.a  division  de  drapons  h  pied  viendra 
siir-Ic-rliamp  sYtahlir  on  arriôrodc  Slôfzîngen.  adossée  au  bois; 
elle  occupera  Hren/  avec  quatre  compagnies,  Lonthal  avec 
trois  eoHi|)aj:nies,  Sonthcini  par  deux  compagnies.  Le  fr^n^ral 
enverra  quatre  autres  compagnies  à  Môdlingen,  ete »> 

Ces  dispositions  étaient  exécutées  le  19  à  1t)  heures  du 
matin,  aprrs  une  marclip  de  nuit  par  un  temps  affreux,  qui 
réduisit  les  :i,»WH)  lioninies  '1),  dont  était  alors  composée  la 
division,  en>iron  au\  deux  tiers. 

I/artillerie  resta  à  Hrenz,  à  cause  de  rimpratical)ilitë  des 
cliemins  de  traverse. 

Le  19,  entre  il  tieures  et  midi,  Torficierd'état-major  Rippert, 
du  corps  d'armée  du  maréchal  Ney,  remit,  à  Stôtzingen,  au 
général  î^'iraguey-dHilliers,  Tordre  suivant  du  maréchal  Ncy  : 
•■  Je  vous  transmets,  mon  cher  Général,  Tordre  de  marche 
arrêté  pour  le  19  vendémiaire.  Lorsque  vous  serez  établi  à 
Mbeeli,  vcmis  voudrez  bien  vous  concerter  avec  le  général 
Dupont  pour  le  placement  de  votre  division,  qui  doit  soutenir 
la  sienne  dans  les  pi»sitions  du  Idocus.  » 


Extrait  de  l'ordre  du  6*  corps  d'armée^  du  19  vendémiaire 
(11  octobre  1805). 

•*  Les  dragons  à  pied  partiront  sur-ie-champ  ci  ne  dirigeront, 
par  Langenau,  en  arrière  d'Albeclv,  ou  ils  soutiendront  la  divi- 


(I)  li  f.iilt  fihvrvi-i  i|th>,  \u\v  \.\h-iftu'v  ^\vi^  <lrtiirlii*mi'lltft  des  22',  SS**, 
fù'  *  l  il*  r*j:iiwt\\is  tli-  <lr.i;:iiii>,  furmatit  2  ri»iii|);ii;nit>»,  «>t  |Nir  celle 
ilu  2'  iMt.iiiliiii  ilii  I  ''  ii'i^iiiii-iit,  fnnii.iiit  G  riinqu^'iiiei»,  ipii  était 
•!•  t.ii-hi'  au  i|ii.irtii-i  u'<'riir.<]  du  priinr  Mur.it,  U:  général  Harapury- 
•1  Hilli«r«.  ;iu  Im-u  •!••  iS  «'<irn|ML'rii«'S.  ira\ait  ahirs  i|iic  7  bataillon» 
furmint  34  •  «iinpn^'nh  h,  stvnir  :  14  i'nm|i;i^iiii*!i  \  la  1^  bripide 
f  t  tu  k  U  r. 


536  CHAPITRE  V. 

sion  Dupont.    Les   détachements    rejoindront    leurs    corps    à 
Albeck.  » 

En  remettant  cet  ordre,  Pofficier  d'état-major  exprima  le 
regret  de  l'apporter  si  tard,  raconta  que  son  guide  Tayant  aban- 
donné, il  s'était  égaré,  de  sorte  qu'il  avait  été  près  le  général 
Dupont  avant  de  se  rendre  près  du  général  Baraguey-d'Hilllers. 
Aussitôt  que  le  soussigné  eût  lu  ses  ordres,  il  fit,  sans  une 
minute  de  délai,  expédier,  afin  d'éviter  Tencombrement  des 
routes,  au  général  Le  Suire,  l'ordre  de  réunir  au  plus  tôt  la  bri- 
gade de  droite  à  Stetten  et  de  se  diriger  sur  Albeck  par  Lin- 
denau,  Stôtzingen  et  Nerenstetten,  et  au  général  Vonderweid, 
commandant  la  brigade  de  gauche,  de  se  diriger  sur  le  même 
point  par  Langenau.  Les  ordres  expédiés,  les  ordonnances  par- 
ties et  les  premiers  mouvements  de  rassemblement  s'exécutant, 
le  général  Haragucy-d'llillicrs  se  mit  de  sa  personne  en  route 
avec  son  état-major,  GO  hommes  du  1^^  régiment  de  hussards  et 
50  dragons  à  pied,  en  se  faisant  précéder  par  un  aide  de  camp 
pour  connaître  du  général  Dupont  les  points  sur  lesquels  il 
jugeait  nécessaire  d'être  appuyé.  A  un  quart  de  lieue  d'Albeck, 
le  général  Baragney-d'lïilliers  trouva  la  route  couverte  de  voi- 
tures de  i)agages,  de  femmes  épouvantées,  de  soldats  en 
déroute,  et  son  aide  de  camp,  qui  venait  d'être  chargé  dans  les 
rues  de  ce  bourg  par  des  clievau-légers  ennemis,  et  qui  lui 
apporta  la  lettre  suivante  du  général  Dupont,  laissée  le  matin  à 
son  départ  :  u  La  division  que  je  commande  marche  sur  Ulm. 
Arrivé  à  llaslach,  je  vous  préviendrai  de  ma  position.  Le  maré- 
chal Ney  me  marque  que  vous  suivez  mon  mouvement;  ayez  la 
complaisance  de  m'avortir  de  votre  arrivée  à  Albeck.  n  Sur-le- 
champ,  le  soussigné  rassembla  les  fuyards,  les  remit  en  ordre, 
leur  donna  des  chefs,  les  emplaoa  et  lit  de  suite  réattaquer 
Albeck  par  son  escorte.  Cette  entreprise  réussit;  l'ennemi  fût 
chassé  après  quelque  résistance.  Le  plateau  repris,  les  hussards 
étaient  encore  éparpillés  à  la  poursuite  de  Tennemi,  lorsque  le 
général  Haraguey-d'Hilliers  découvrit  au  loin,  sur  la  chaussée 
dWlhcok  à  Ulm,  deux  grosses  colonnes  composées  de  toutes 
armes.  Ce  (ju'il  venait  de  trouver  l'obligeait  à  la  prudence;  il 
les  (it  reconnaître  :  la  première  était  des  prisonniers  autri- 
chiens: la  deuxième  était  formée  du  l'""  régiment  de  hussards 
et  des  débris  de  tous  les  corps  de  la  division  Dupont,  dont  les 


COMBAT  D*HASLACH.  537 

chefs  rinstruisirent  qu'à  la  gauche  les  15®  et  17®  régiments  de 
dragons  ayant  été  mis  en  pièces,  leurs  propres  bataillons  avaient 
été  coupés  en  plusieurs  parties  par  une  cavalerie  ennemie  très 
nombreuse  qui  avait  enveloppé  toute  la  division,  pris  toute 
Tartillerie  et  sans  doute  le  général  lui-même;  que,  dans  ce 
désordre,  ils  s'étaient  ralliés  comme  ils  avaient  pu  pour  rega- 
gner le  camp  et  sauver  les  débris.  Le  général  Baraguey-d'Hil- 
liers  fit  reformer  cette  troupe  harassée^  dont  le  moral  était 
ébranlé,  et  détacha  successivement,  mais  toujours  vainement, 
deux  officiers  d'état-major  avec  deux  détachements  vers  le 
général  Dupont,  pour  avoir  de  ses  nouvelles,  en  même  temps 
qu'il  envoya  d'autres  officiers  à  la  recherche  de  ses  colonnes, 
pour  hAter  leur  marche.  Les  premiers  rencontrèrent  l'ennemi 
en  force  supérieure  et  ne  purent  percer;  ceux-là  rencontrèrent 
les  colonnes,  qui  n'arrivèrent  qu'à  la  chute  du  jour.  Un  aide  de 
camp  du  général  Dupont,  étant  enfin  arrivé  vers  7  heures  du 
soir,  donna  pour  la  première  fois  de  ses  nouvelles  positives  et 
annonça  la  retraite  de  l'ennemi.  Alors  le  général  Baraguey- 
d'Hilliers  fit  prendre  position  à  la  1'®  brigade  derrière  Albeck  et 
plaça  la  2®  à  Langenau  ;  dans  cette  même  nuit  du  19  au  20,  il 
reçut  ordre  de  se  porter  par  Gùnzburg  sur  Kûssendorf,  et 
l'exécuta. 

Témoins.  .      Résumé. 

Tous  les  officiers  de  la  divi-         Il  résulte  de  rhistorique  ci-dessus  : 
sion  et  notamment  ceux  qui         jo  Que  le  19  au  matin  les  ordres  en- 
composent  l'étut-major.  ^^y^s  le  18  au  soir  par  le  maréchal  Ney 

étaient  exécutés  et  la  division  de  dragons 
à  pied  emplacée  la  droite  à  Lonthal,  le 
centre  dans  les  bois  entre  Lonthal  et 
Brenz,  la  gauche  à  Brenz  et  Môdlingen, 
malgré  une  neige  continue,  de  la  pluie 
et  un  temps  affreux,  occupant  une  ligne 
î\  vol  d'oiseau  de  3  lieues  1/2; 

.     Dembouski,  adjudant-com-  2®  Que  l'ordre  de  marcher  le  19  sur 

mandant,  chef  do  l'état-major.  Albeck  n'est  arrivé  au  général  Baraguey- 

Pinthon.  capitaine  adjoint.  d'Hilliers  que  le    même  jour  à  près  de 

Coussauil-Dullié,  (juibourg  midi,  tandis  que  Tordre  correspondant 

et  Mculan,  aides  de  camp.  est  arrivé  plus  de  trois  heures  aupara- 

Savain.  capitaine  du  génie,  vant  au  général  Dupont  (quoique  celui-ci 


S38 


CHAPITRE  V. 


Beautalier,  du  18^  dragons 
et  Carr^,  du  0"  dragons,  offi- 
ciers d'ordonnance. 

Rdal,  du  12°  dragons,  rom- 
mandant  la  garde  du  quartier 
g«5n6ral. 

L'offlricr  dVUit- major  Rip- 
pert,  porteur  des  ordres  du 
maréchal  Ney.  • 

Mêmes  témoins  quo  ci- 
di'ssus. 


MAmes  témoins  que  ci- 
dessus  et  notamment  : 

Coussaud-Dullié,  aide  de 
ramp  ; 

Réal,  du  12"  dragons,  com- 
mandant le  quartier  général  ; 

Stroli,  officier  au  17*  dra- 
gons ; 

Un  chef  d'escadron  du  l*"" 
régiment  de  hussards. 

Mêmes  ténjoins  que  ci- 
drssus. 

Rou^illois,  colonel  du  !•' 
hussards  et  tout  son  régi- 
ment, plusieurs  officicm  supé- 
rieurs de  la  division  Dupont, 
inconnus  au  général  Hara- 
guey-d'llilliors. 

Coussaud-Dullié,  aide  de 
camp. 

l'n  officier  d'état-major  du 
in.iréchal  NtîV,  inconnu. 


fût  réuni  à  Albcck)  c'est-Mire  à  moi  ht 
de  2  lieues  de  Tennemi,  tandis  que  le 
centre  et  la  droite  de  Tautre  étaient  à 

4  lieues  d*Albcck  et  sa  gauche  à  plus  de 

5  lieues  \/^),  par  Terreur  de  M.  Rippert, 
officier  d'état-major  du  maréchal  Ney, 
qui  on  était  porteur; 


3°  Que  le  général  Baraguey-d'Hilliers 
n'a  pas  mis  une  secx)nde  de  retard  dans 
l'expédition  dos  ordres  de  ce  mouvement 
et  a  pris,  au  contraire,  toutes  les  dispo- 
sitions de  détail  propres  à  l'accélérer  en 
indiquant  aux  colonnes  des  routes  diffé- 
rentes et  les  plus  courtes  ; 

À^  Qu'il  s'est  porté  le  premier  de  sa 
personne  sur  Albcck,  et  y  ayant  trouvé 
1  ennemi,  s'est  comporté  de  manière  »h 
Yen  chasser  et  î\  rétablir  Torire  parmi 
les  fuvards: 


5«  Qu'après  îi\oir  repris  le  plateau  en 
avant  d'Albeck  il  y  a  recueilli  les  débris 
do  la  division  Dupont  et  en  a  tiré  le  parti 
(prouvaient  les  circonstances: 


6®  Qu'aussitôt  après  avoir  pounii  à 
ces  événements  inattrndus  il  a  cherché 
à  communiquer  atec  le  général  Dupont, 
dont  il  n'avait  reçu  aucun  ordre  ni  avis 
de  passer  Albcck,  et  n'a  pas  pu  y  réussir; 

7°  Qu'aucune  partie  de  la  teneur  des 
ordres  n'indique  un  combat  immédiat, 
un  besoin  urgent,  ni  d'autres  disposi- 
tions que  celles  qu*il  a  prises. 


COMBAT  D  HASLACH. 


itt9 


Il  croit,  d*ap^^s  ces  données,  que  sa 
conduite  a  été  conforme  à  son  devoir  et 
la  soumet  dans  tous  ses  détails  à  l'exa- 
men lo  plus  scrupuleux. 


Reprtjches  présumés. 

Est-ce  la  dissémination  de 
la  division  entre  Lonthal  et 
MOdlingen  dans  les  l>ois  en 
arrifre  de  StOtiingen  sur  une 
ligne  de  plus  de  4  lieues? 

Est»ce  de  n'avoir  pas  mis 
asaai  da  célérité  dans  Texécu- 
tion  de  l'ordre  de  se  porter  à 
Albeck? 

Eat«re  la  lenteur  de  la 
marcha  des  troupes  ? 


E>l-c«'  de  n'avoir  pas  mar- 
ché avec  les  colonnes? 


Est-ce  iPavoir  fait  réunir 
rhai|tui  brigade  a^anl  de  la 
metUv  «*n  man'ht*  au  lieu  lie 
s*atlarhi>r  au  texte  de  Tordn* 
«  Ici  détachements  de  tlra- 
iri»ni»  à  pied  rejoindront  leurs 
corp»  à  AUieck  "  1 


OUSERVATIONS   ET   HÉPONSES. 

Elle  était  prescrite  par  Tordre  de 
M.  le  maréchal  Ney,  du  18  vendémiaire, 
il  n*j  a  rien  été  changé. 


Dix  témoins  oculaires  prouveront  qu'il 
n'a  reçu  ces  ordres  à  Stôtxingen  que 
la  19  entre  II  heures  et  midi  et  qu'il 
n*a  pas  perdu  une  seconde  pour  en  pres- 
crire l'exécution  la  plus  prompte. 

Peut-«?lle  lui  être  directement  attri- 
buée? et  d'ailleurs  doit-on  s'étonner 
que  des  soldats  qui  ont  marché  toute  la 
nuit  précédente  par  une  pluie  à  terse, 
qui  sont  exténués  de  faim  et  de  fatigue, 
qui  ont  à  parcourir  un  terrain  et  des 
chemins  détn^mpés,  remplis  de  neige, 
qui  n'ont  pu  être  mis  sous  les  armes 
qu'entre  midi  et  I  heure,  aient  employé 
les  uns  cinq  à  six  heures  pour  Csire  A  à 
5  lieues,  les  autres,  six  à  sept  à  faire  5  à 
0  lieues  ;  distances  qui  sépÂ^ent  Lonthal 
ou  Brenz  d'Albeck. 

Mais,  puisqu'elles  marchaient  par  dea 
directions  différentes  sur  le  même  point 
pour  accélérer  leur  marche,  n'étalt-ee 
[las  au  rendex-vous  qu'il  devait  les  pré- 
cédur,  d'autant  mieux  qu'il  avait  à  y 
cherciier  les  instructions  du  général 
lluiHint  sur  son  placement. 

!•  1^  teneur  de  l'ordre  annoooa- 
t-elle  un  lM>soin  de  secours  aaaei  urgent, 
un  combat  assex  immédiat  pour  en- 
tendre par  l'expression  de  détachement 
plus  de  i|uatn'  liataillons  entiers  quand 
il  n'y  en  a  que  huit  à  une  dimion?En 
effet,  il  y  avait  alors  le  2*  hataillon  dn 
1*»  régiment  détaehé  iu  i 


540  CHAPITRE  V. 

du  prince  Murât,  quatre  compagnies 
l.onthal  (le  !•'  bataillon  du  1"  régi- 
ment); quatre  compagnies  à  Brenz  (le 
l*''  bataillon  du  4*  régiment);  deux  com- 
pagnies à  Sontheim  (prises  sur  les  six  du 
2«  bataillon  du  3«  régiment);  quatre 
compagnies  h  Môdlingen  (le  2*  bataillon 
du  4*  régiment).  Il  ne  restait  donc  dans 
les  bois  derrière  Stôtzingen  que  Tingt 
compagnies  sans  artillerie.  Était-ce  ayec 
une  pareille  poignée  d'hommes  que  le 
général  Baraguey-d'Hilliers  devait  mar- 
cher pour  soutenir  le  général  Dupont 
dans  les  positions  du  blocus?  On  ne 
niera  pas,  sans  doute,  qu'à  moins  d'un 
cas  particulier,  le  premier  soin  d'un 
général  qui  marche  à  Tennemi  ne  soit 
de  réunir  tous  U»s  corps  qu*il  a  sous  son 
commandement  pour  le  maintien  de  la 
discipline,  pour  arriver  en  bon  ordre  et 
produire  sur  IVnnomi  le  plus  d*effet, 
surtout  quand  ils  sont  aussi  peu  nom- 
breux que  Tétaient  ceux  de  la  division 
de  dragons  à  pied;  et,  lorsque  ee  cas 
arrive,  ne  mérite-t-il  pas  bien  d*étre 
spécialement  expliqué  par  celui  qui 
donne  des  ordres?  Je  le  demande  :  Estril 
rien  de  moins  significatif  sous  ce  rapport 
que  l'ordre  et  la  lettre  de  M.  le  maréchal 
Ne\  du  19  vendémiaire,  rapportés  dans 
le  cours  de  cet  exposé  ? 

Est-i!e   sa   conduite  à  Al-         Pouvait-il   faire   plus  et  mieux   avec 
),0(>k?  60  dragons  à  pied  et  60  hussards?  En 

s*en  tenant  aux  ordres  qu'il  avait  reçus, 
n'était-ce  pas  ïh  qu'il  devait  s'arrêter? 
A-t-il  négligé  des  efforts  pour  avoir  des 
nouvelles  du  génénil  Dupont,  ou  lui 
donner  des  siennes?  Pouvait-il  se  con- 
duire autrement  qu'il  ne  l'a  fait  quand 
il  a  recueilli  les  débris  de  la  division 
Dupont,  soit  pour  rétablir  le  moraJ  des 
soldats,  soit  pour  prévenir  de  plus 
graves  résultats  d*un  insuccès  vraisem- 
blable? 

Peut-on  donc  lui  imputer         Non,  sans  doute,  car  sans  la  méprise 


COMBAT  D  HASLAGH.  S41 

les   révère   éprouvas   par   le     de  TofOcier  porteur  des  ordres,  le  gé- 
général  Dupont  ?  néral    Baraguey-d'Hilliere    aurait  reçu 

Tordre  de  roarrher  à  Albeck  à  9  heures 
du  matin;  le  général  Dupont  ceux  de 
marcher,  à  midi  ;  par  là,  le  général  Ba- 
raguey-d'Hilliere  serait  arrivé  à  Alheck 
à  peu  près  au  moment  où  le  général 
Dupont  en  serait  parti,  et  alore  le  con- 
cert était  complet  entre  les  deux  divi- 
sions; mais,  au  contraire,  le  général 
Dupont,  qui  était  réuni  et  à  S  lieues  de 
Tennemi,  a  reçu  à  9  heures  Tordre 
d'attaquer,  et  le  général  Baraguej-d*Hil- 
liers,  qui  était  disséminé  de  4  à  5  lieues 
en  arrière,  n'a  reçu  Tordre  de  marcher 
h  son  appui  qu*à  près  de  midi  ;  il  en  est 
résulU^  que  le  premier  a  attaqué  six  ou 
sept  heures  avant  que  le  deuxième  tùi 
arrivé.  C'est  donc  cet  intervertissement 
dans  la  remise  des  ordres  à  qui  seul,  et 
exclusivement  à  toute  autre  eircon- 
stjince,  on  doit  attribuer  Tinsiiccès  de 
cette  journée. 

Après  ces  réflexions  et  ces  éclaireit- 
sements,  le  soussigné  se  repote  pleine- 
ment sur  Téquité  de  Sa  Minette  Impé- 
riale. 

N*ayant  pu  que  soupçonner  les  repro- 
ches qu'on  lui  fait,  il  s'est  créé  des 
doutes,  des  objections  et  se  flatte  d'y 
avoir  répondu  victorieusement.  Si,  con- 
tre son  attente,  il  y  avait  quelques  nou- 
velles charges  qui  lui  fussent  tnconnnet, 
il  s'engage  à  les  réfuter  avec  le  même 
avantage  dès  qu'elles  lui  seront  coramo- 
niffuées  ;  car  sa  conscience  ne  lui  repro- 
rh«*  rien  et  il  peut  répéter  avec  aiMinnoe 
à  Sa  Majesté  qu'il  Ta  servie  avec  iNo 
dans  cette  occurrence  comme  dans  tontet 
les  autres. 

BaAAGUET«*HltUBk 


B4I  CHAPITRE  T. 

rCmpereur  ay  maréchal  Berthier. 

La  Malmaiaon,  le  5  ayril  1806. 

Mon  C!ousin,  voug  troirverei  ol-jolnt  la  justification  du  général 
Baraguey-d'Hilliers.  Je  désire  que  vous  la  lisiez  avec  attention 
et  que  vous  la  communiquiez  au  maréchal  Ney,  avec  les  noms 
des  officiers  cités  en  témoignage  ;  car  il  est  juste  que,  s'il  y  a 
eu  impossibilité  pour  le  général  Baraguey-d'Hilliers  à  se  trouver 
à  TafTaire  du  19  vendémiaire,  il  soit  entièrement  lavé  et  qu'au- 
cune ombre  de  soupçon  ne  plane  sur  sa  tète.  Faites  dresser  un 
procès-verbal  en  règle  de  Texamen  des  faits.  S'il  y  a  de  sa  faute, 
il  doit  être  puni,  mais  s'il  a  fait  son  devoir,  il  ne  doit  rester 
aucune  prévention  contre  lui. 

Napoléon  (1). 


Le  maréchal  Ncy  au  prince  de  NeufchâteL 

Memmingen,  le  13  avril  1806. 
Monsieur  le  Maréchal, 

En  m'adressant  Texposé  de  la  conduite  du  général  Baraguey- 
d'Hilliers  dans  la  journée  du  19  vendémiaire,  vous  me  prescrivez 
de  recueillir  tous  les  renseignements  possibles  sur  cette  affaire, 
d'interroger  les  officiers  cités  en  témoignage  par  ce  général,  et 
de  dresser  de  l'examen  des  faits  un  procès-verbal  qui  puisse 
fixer  l'opinion  de  l'Empereur. 

Je  suis,  Monsieur  le  Maréchal,  dans  l'impossibilité  la  plus 
absolue  de  satisfaire  à  cette  demande  :  i^  parce  que  j'ai  depuis 
longtemps  renvoyé  à  Paris  tous  les  papiers  relatifs  à  cette  cam- 
pagne, qui  ne  m'étaient  plus  d'aucune  utilité  ;  2»  parce  que 
Téloignemcnt  de  la  division  Dupont  ne  me  permet  pas  de  rece- 
voir les  témoignages  demandés. 

En  vous  exprimant  combien  je  désire  que  l'Empereur  soit 
informé  de  tous  les  détails  de  cette  affaire,  et  que  le  résultat  en  soit 
tel  que  le  général.Baraguey-d'Hilliers  conserve  les  bonnes  grâces 
de  Sa  Majesté,  je  ne  puis  m'empècher  de  vous  avouer  que  j'aurais 

(  I  )  Correspondance  de  Napoléon^  n®  10058. 


COMBAT  d'haslach.  843 

beaucoup  préféré  qu'un  autre  que  moi  eût  été  chargé  de  cotte 
espèce  d'enquête  ;  et  vous-même,  Monsieur  le  Maréchal,  jugerez 
sans  doute  que  je  dois  le  désirer,  si  vous  voulez  bien  considérer 
que  le  général  Baraguey-d'Hilliers  se  trouvait  sous  mon  com- 
mandement, que  le  général  Dupont  y  était  plus  particulièrement 
encore,  et  que  Tinterprétation  des  ordres  donnés  par  moi  parait 
être  le  premier  objet  qui  doive  (ixer  l'attention. 

Je  regarderais  comme  une  situation  très  pénible  celle  de  me 
trouver  pour  ainsi  dire  juge  et  partie. 

Je  vous  fais  part  de  ma  répugnance,  Monsieur  le  Maréchal, 
avec  d'autant  plus  de  confiance  que  je  suis  convaincu  que  dans 
une  circonstance  pareille  vous  réprouveriez  comme  moi. 

J'ai  riionneur,  etc Ney. 


Le  chef  d'escadron  Rippert  au  Maréchal. 

Memmingen,  lo  11  mai  1806. 

Monsieur  le  Maréchal, 

Ce  sera  avec  la  même  vérité  que  je  vous  fis  dans  le  temps,  et 
de  vive  voix  mon  rapport,  sur  la  mission  dent  vous  m'avez 
chargé  à  (limzhurg  le  19  vendémiaire  an  xiv;  ce  sera  sur  la 
garantie  de  ma  |)arole  d'honneur  que  je  répéterai  aujourd'hui  et 
par  écrit  ce  même  rapport. 

Deux  dépêches,  Tune  à  l'adresse  du  général  Baraguey- 
d'Hilliers  à  Stotzingen,  l'autre  à  celle  du  général  Dupont  à 
Albeck,  m*ayant  été  remises  à  Gùnzburg  le  19  vendémiaire 
an  XIV,  à  A  heures  du  matin,  je  suis  parti  sur-le-champ  pour 
Stotzingen. 

Dans  les  marais  de  Hiedheim  que  j'avais  à  traverser,  et  dont 
les  chemins  étaient  en  partie  couverts  d'eau,  j'ai  perdu  sans 
m'en  apercevoir  la  route  de  Stotzingen,  de  sorte  qu'au  jour,  me 
trouvant  en  vue  d'Albeck,  je  m'y  suis  dirigé  et  j'ai  pu  remettre 
vej's  ies  8  heures  du  matin  au  général  Dupont  la  dépêche  dont 
J'éL'iis  porteur  pour  lui  ;  il  eu  a  pris  counaissanee  devant  moi  et 
m'a  dit  qu'il  allait  ordonner  son  mouvemenrt,  que  je  devait 
l'annoncer  au  général  Baraguey-d'Hilliers*  Je  suis  donc  parti 


544  CHAPITRE   V. 

sur-le-champ  pour  Stôtzingen,  où  je  suis  arrivé  à  10  heures  du 
matin. 

Je  puis  ajouter  ici  à  mon  témoignage,  Monsieur  le  Maréchal, 
celui  de  votre  premier  aide  de  camp,  M.  le  chef  d'escadron  de 
Crabhé  ;  il  dira  que  je  le  rencontrai  à  une  portée  de  canon  de 
Stôtzingen,  et  que  je  lui  fis  part  de  ma  mission. 

M.  le  général  Baraguey-d'Hilliers  a  donc  reçu  vos  ordres  à 
10  heures  du  matin,  et  en  même  temps  Tavis  que  le  général 
Dupont  était  en  mouvement,  puisque  je  le  lui  ai  annoncé.  Je  ne 
suis  pas  reparti  sur-le-champ  de  Stôtzingen,  le  général  m'ayant 
dit  qu'il  fallait  attendre  et  qu'après  son  déjeuner,  il  me  donne- 
rait une  lettre  ;  elle  ne  me  fut  remise  qu  a  midi  et  demi.  De 
retour  à  Gimzburg  à  2  heures,  je  la  donnai,  en  votre  absence, 
à  M.  le  général  chef  de  Tétat-major. 

Daignez,- Monsieur  le  Maréchal,  agréer Rippkrt. 


Sous  Ulm,  le  S5  vendémiaire  an  xiv  (17  octobre  1805). 

Je  soussigné,  certifie  sur  ma  parole  d'honneur  qu'il  était  envi- 
ron 1  h.  30  du  matin  le  19  vendémiaire,  lorsque  je  fus,  par  ordre 
du  général  Du  Taillis,  chercher  M.  Rippert,  chef  d'escadron, 
pour  se  rendre  de  suite  chez  M.  le  maréchal. 

(A.  M.)  Talbot, 

Aide  de  eamp 
Snus  Ulm,  le  S5  vendémiaire  au  xiv  (17  octobre  1805). 

Je  soussigné,  certifie  sur  ma  parole  d'honneur  avoir  reçu 
à  Giinzburg,  le  10  vendémiaire,  à  3  heures  du  matin,  deux 
dépêches  de  M.  le  maréchal  Ney,  pour  les  porter.  Tune  à  M.  le 
général  Baraguey-d'Hilliers,  à  Stôtzingen,  l'autre  à  M.  le  général 
Djipont,  à  Alheck  ;  (piaussitot  ces  dépêches  reçues,  me  ren- 
dant auprès  de  M.  Kloss,  comnïandantdu  quartier  général,  pour 
y  prendre  un  guide,  je  rencontrai  en  chemin  M.  Barbus,  capi- 
taine adjoint  (|ui  en  revenait;  il  me  dit  y  avoir  élé  pour  le 
même  motif  et  n'en  avoir  point  trouvé  ;  nous  y  retournâmes  en- 
semble, et  il  nous  fut  impossihle  de  trouver  des  guides  ;  alors 
je  me  décidai  à  prendre  \m  paysan  du(|uel  je  me  fis  suivre  pour 


COMBAT  d'haslach.  545 

m'indifiuer  le  chemin  de  Stôtzingen  ;  le  paysan  s'étant  sauvé  en 
traversant  le  bois,  à  gauclie  de  Giinzburg,  snr  la  rive  gauche 
du  Danube,  la  nuit  étant  très  obscure,  et  ne  pouvant  le  retrou- 
ver, je  fus  obligé  de  poursuivre  ma  route  seul  ;  m'étant  égaré 
à  travers  le  marais,  j'arrivai  au  grand  jour  à  Langenau,  et  de 
là  je  fus  chez  M.  le  général  Dupont,  auquel  je  remis  sa  dépêche 
à  S  h.  30  ;  M.  le  général  Dupont  m'ayant  dit  que  c'était  un  ordre 
de  mouvement,  je  partis  de  suite  de  son  quartier  général  pour 
me  rendre  à  Stôtzingen  auprès  du  général  Baraguey-d'Hilliers 
auquel  je  remis  sa  dépèche  à  10  h.  30  du  matin. 

(A.  M.)  lllPPERT, 

Chef  d'escadron. 


Memmingen,  le  II  mai  1806. 

Je  soussigné,  certifie  sur  ma  parole  d'honneur  avoir  rencon- 
tré, le  19  vendémiaire  an  xiv,  à  10  heures  du  matin,  sur  la  grande 
route  de  Langenau  à  Stôtzingen,  et  tout  près  de  ce  dernier 
endroit,  M.  le  chef  d'escadron  Rippert,  adjoint  à  l'état-major 
général,  le(|uel  m'a  déclaré  porter  des  dépêches  à  M.  le  général 
Haraguey-d'llilliers,  et  revenir  d'Albeck  où  il  en  avait  déjà  remis 
à  M.  le  général  Dupont. 

IjC  Chef  d*  escadron  y 
aide  de  camp  de  M,  le  marf^ckal  Ney, 

De  Grabbé. 


27*   RÉGIMENT  d'infanterie  DE  LIGNE. 

Devant  Ulm,  le  25  vendémiaire  an  xiv  (17  octobre  1805). 

Nous,  ofliciers  et  sous-officiers  dudit  régiment,  faisant  partie 
des  détachements  placés  par  ordre  de  M.  le  maréchal  Ney,  le 
17  vendémiaire  courant,  au  village  de  Stôtzingen  et  à  la  garde 
du  bois,  en  avant  sur  la  route,  certifions  que  nous  avons  quitté, 
le  19  suivant,  notre  poste  et  que  nous  y  avons  été  relevés  par 
III.  35 


646  CHAI>ITRE  V. 

les  dragons  h  pied  h  midi,  heure  à  laquelle  nous  en  sommes 
partis  pour  rejoindre  notre  régiment  dans  le  m(^me  jour. 

Nocturne,      Jailliakt,      Grély,       Gassub,      Autatb. 

Cuporal.  Caporal.  LienlenanL    Sou-Ueatenuit. 

{A.  M.)  HOUTRRNE,         La  F*ONDRIBBRG. 

Caporal. 


Le  maréchal  Ney  à  Son  Altesse  Sérénissime 
le    prince    de    Neufchâtel,    ministre   de    la   guerre. 

Mommingen,  le  2  jain  180(). 

Monseigneur, 

J'ai  riionncur  d'adresser  à  Votre  Altesse  Sérénissime,  confor- 
méniont  à  Tordre  (prelle  niVu  a  donné,  un  précis  de  ce  qui  s'est 
passé  le  It)  vendémiaire  (an  xiv)  dernier  aux  divisions  Dupont 
et  Raragucy-d'Ililliers.  J'ai  dû  me  borner  à  fiver  le  véritable 
point  do  la  (|ucstion  et  m'abstenir  de  la  résoudre. 

J'ai  Thonneiu',  etc Ney. 


MomniinKen,  lo  t  juin  180(i. 

Le  maréchal  commandant  on  chef  le  0«  corps  d'armée,  se  con- 
formant à  Tordre  qu'il  a  reçu  de  Son  Altesse  Sérénissime  le 
prince  ministre  de  la  guerre,  do  recueillir  tous  les  renseigne- 
ments <iu'il  serait  on  son  pouvoir  do  si*  procurer  sur  la  conduite 
du  général  naraguey-d'Uilliers  dans  la  journée  du  lî)  vendé- 
miaire dornier,  s'est  fait  représcnlor  les  ordres  qui  ont  précédé 
cotte  allairo  et  los  ra|)porls  i\\n  l'ont  suivie. 

L'exposé  suivant  est  le  résultat  de  cet  examen  des  faits. 

Le  maréchal  commandant  en  chef  le  i\^  corps  d'armée  avait 
reçu  Tordre  (h*  s'emparer  des  ponts  du  Danube,  et  de  tenir  les 
deux  rives  de  oo  fleuve. 

Tous  los  rapports  annonçant  (|u'il  était  resté  des  forces  assez 
importantes  à  Ulm,  il  so  décida  à  faire  bloquer  la  place,  afln 
de  paralyser  uni'  partie  de  ces  forces  en  les  empêchant  de 
déboucher. 


COMBAT  d'haslach.  847 

Il  donna  en  conséquence  Tordre  de  mouvement  général  rap- 
porté ci-joint  sous  le  n^  1  (i). 

D'après  cet  ordre,  les  divisions  Dupont  et  Baraguey-d'Hilliers, 
soutenues  par  deux  régiments  de  dragons,  devaient  opérer  de 
concert  sur  la  rive  gauche,  tandis  que  par  un  mouvement  com- 
biné les  divisions  Loison,  Malher  et  Bourcier  auraient  balayé  la 
rive  droite  et  soutenu  au  besoin  les  deux  autres  divisions  par  les 
ponts  de  Leipheim,  d'Elchingen  ou  de  Thalfingen. 

Toute  cette  partie  du  mouvement  ordonné  sur  la  rive  droite 
n'eut  pas  lieu,  d'après  des  ordres  supérieurs  qu'il  est  inutile  de 
rappeler  ici. 

Cependant  le  général  Dupont,  ayant  reçu  Tordre  de  mouve- 
ment pour  le  19.  s'était  mis  en  marche  et  s'était  engagé  avec 
l'ennemi  dans  la  persuasion  qu'il  allait  être  soutenu  par  les 
dragons  à  pied,  comme  cet  ordre  le  portait  expressément.  Sa 
division  eut  à  combattre  ^5,000  hommes  depuis  1  heure  de 
Taprès-midi  jusqu'à  0  ;  elle  ne  fut  point  secondée,  et  cependant 
le  résultat  de  cette  lutte  si  inégale  fut  très  glorieux  pour  les  armes 
de  Sa  Majesté. 

Le  but  de  cet  exposé  étant  de  rechercher  quels  obstacles  ont 
pu  s'opposer  à  la  coopération  des  dragons  aux  succès  de  cette 
journée,  il  est  nécessaire  d'indiquer  les  positions  occupées  par 
les  troupes  la  veille  de  Faction,  de  rappeler  des  ordres  donnés 
et  de  constater  autant  que  possible  l'heure  de  leur  réception. 

Le  18  vendémiaire  au  soir,  la  position  des  troupes  sur  la  rive 
gauche  était  comme  il  suit  : 

La  division  Dupont  dans  l'excellente  position  d'Albeck  ; 

La  division  Haraguey-d'llilliers  avait  une  compagnie  à  Bis- 
singen  et  trois  compagnies  à  Lonthal  ; 

Trois  bataillons  le  long  du  bois  derrière  Ober-Stôtzingen  ; 

Un  bataillon  à  Stôtzingen  ; 

Trois  compagnies  à  Brenz,  une  à  Sontheim,  une  à  Asselfingen; 

Un  bataillon  à  Môdlingen,  où  Ton  avait  demandé  que  quatre 
compagnies. 

Le  général  Baraguey-d'llilliers  n'ayant  pas  fait  connaître  la 
position  de  ses  deux  autres  bataillons,  on  suppose  qu'ils  étaient 
à  iNieder-Stotzingen  avec  son  quartier  général. 

(1)  Voir  plus  haut,  page  500. 


548  CHAPITRE  V. 

L'ordre  de  mouvement  pour  le  19  vendémiaire  fût  expédié  à 
1  h.  30  du  matin  ;  le  chef  d'escadron  Rippert,  adjoint  à  Tétat- 
major,  devait  passer  d'abord  à  Stôlzingen  pour  y  remettre  la 
dépêche  adressée  au  général  Haraguey-d'Hilliers,  et  se  rendre 
ensuite  auprès  du  général  Dupont. 

Cet  officier,  parti  de  Giinzburg  pendant  la  nuit,  a  déclaré  qu'il 
s'était  égaré,  et  (jue  par  suite  de  celte  erreur  il  était  arrivé 
auprès  du  général  Dupont  avant  de  se  rendre  à  Stôtzingen. 

Il  atteste  néanmoins  avoir  remis  au  général  Baraguey-d'Hil- 
liers  l'ordre  dont  il  était  porteur  à  10  heures  du  matin;  ce  fait 
est  appuyé  parle  témoignage  de  M.  le  chef  d'escadron  Crabbé. 
Les  déclarations  de  ces  deux  officiers  se  trouvent  ci-jointes  sous 
les  n'>*  i  et  3  (1). 

Il  n'a  pas  été  possible  de  constater  d'une  manière  plus  posi- 
tive l'heure  de  la  réception  de  cet  ordre,  non  plus  que  celle  du 
départ  des  dragons  à  pied  et  de  leur  arrivée  à  Langenau. 

L'ordre  du  général  Haragucy-d'IIilliers  à  ses  brigades  est 
rapporté  ci-joint  sous  le  n"  i. 

La  comparaison  de  cet  (U'dre  avec  celui  du  maréchal  donne 
lieu  aux  (jueslions  suivantes  : 

Le  maréchal,  ))révo}ant  (pie  les  détachements  fournis  par  les 
dragons  à  pied  pourraient  retarder  la  marche  de  la  division, 
avait  ordonné  (\urlle  partirait  de  StMz'imjcn  sans  attendre  ces 
détachements^  f/ul  la  rejoindraient  à  Albeck  :  Pourquoi  les  bri- 
gades ont-elles  reçu  ordre  de  ne  (|uiller  Stôtzingen  que  quand 
elles  seraient  réunies? 

L'ordre  du  maréchal  portait  (lue  la  division  de  dragons  se 
rendrait  sur-le-champ  à  Albeck  pour  soutenir  le  général  Dupont; 
pouniuoi  Télat-major  de  cette  division  a-t-il  prescrite  ses  bri- 
gades et  à  rarlillerie  de  ne  s'avancer  que  jusqu'à  Langenau? 

On  demandera  encore  pourquoi,  tandis  que  les  troupes  et 
Tartillerie  restaient  en  arrière,  on  envoyait  à  Albeck  les  équi- 
pages et  le  parc  des  vivres,  qui  se  trouvaient  ainsi  former 
lavanl-gardc  de  la  division? 

Quoi  (|u"il  en  soit,  il  est  inutile  de  s'appesantir  davantage  sur 
des  détails  (|ui  ne  conduisent  à  aucun  résultat.  Le  véritable 
point  (le  hi  ((uestion  est  de  savoir  si,  depuis  10  heures  du  matin 


(I)  Voir  phis  hîuit,  pages  Si-i  et  545. 


COMBAT  d'haslach.  549 

jusqu'à  (>  heures  du  soir,  le  général  Baraguey-d'Hilliers,  en  exé- 
cutant Tordre  de  laisser  ses  détachements  en  arrière,  a  pu  faire 
arriver  ses  troupes  à  Albeck. 

Ce  résumé  semble  suffisant  pour  jeter  quelque  jour  sur  cette 
affaire  et  le  maréchal  peut  croire  qu'il  a  rempli  la  tâche  pénible 
qui  lui  a  été  imposée;  il  ne  lui  reste  plus  qu'à  exprimer  son 
désir  de  voir  le  général  Baraguey-d'Hilliers  faire  sortir  des  cir- 
constances où  il  s'est  trouvé  les  motifs  d'une  pleine  et  entière 
justification. 

Ney. 


Le  prince  de  Neufchâtel  à  l'Empereur. 

Munich,  le  16  juin  1806. 

Sire, 

J'ai  l'hoimeur  d'envoyer  à  Votre  Majesté  un  rapport  sur  les 
griefs  imputés  au  général  Baraguey-d'Hilliers  dans  la  journée 
du  19  vendémiaire  an  xiv  et  sur  ses  moyens  de  défense;  d'après 
mon  o|)inion,  Sire,  il  résulte  que  le  retard  que  la  division  de 
dragons  à  pied  sous  les  ordres  du  général  Baraguey-d'Hilliers  a 
mis  à  exécuter  les  ordres  du  maréchal  Ney  provient  de  la  diffi- 
culté que  Tordre  de  commandement  et  celui  de  rassemblement 
pour  son  exécution  ont  éprouvé  par  des  circonstances  impé- 
rieuses. 

Je  pense  donc  qu'on  ne  peut  établir  contre  ce  général  aucun 
reproche  de  négligence  condamnable;  le  seul  tort  qu'on  puisse 
imputer  au  général  Baraguey-d'Hilliers  est  de  ne  pas  avoir 
maintenu  une  discipline  assez  sévère  dans  sa  division,  ce  qui  a 
nécessairement  causé  de  la  longueur  dans  l'exécution  du  ras- 
semblement de  ses  troupes  ainsi  que  dans  leur  marche. 

Je  présente  à  Votre  Majesté 

Berthier. 


Rapport  sur  les  griefs  imputés  au  général  Baraguey-d'Hilliers 
dans  la  journée  du  19  vendémiaire  an  XIV  et  sur  ses  moyens 
de  défense. 

Munich,  le  16  juin  1806. 

Le   maréchal  Ney,   étant  à  Giinzburg,  envoie  dans  la  nuit 
du  IS  au  10  vendémiaire  au  général  Baraguey-d'Hilliers,  qui 


550  CHAPITRE  V. 

était  à  Nieder-Stôtzingen,  l'ordre  de  se  porter  avec  sa  division 
de  dragons  h.  pied  par  Langenau  en  arrière  d'Âlbeck,  afln  d'y 
soutenir  la  division  Dupont  qui  devait  marcher  de  ce  point  sur 
Haslach,  pour  former  le  blocus  d'Ulm,  sur  la  rive  gauche  du 
Danube. 

Le  chef  d'escadron  Rippert,  porteur  de  cet  ordre,  ainsi  que  de 
celui  relatif  au  général  Dupont,  qu'il  ne  devait  remettre  qu'après 
le  premier,  s'égare,  et  se  trouvant  au  point  du  jour  près  d'Al- 
bcck,  remet  au  général  Dupont  Tordre  (jui  le  concernait  et  qu'il 
se  met  en  mesure  d'exécuter  immédiatement,  en  chargeant 
M.  Ilippert  d'en  prévenir  le  général  Baraguey-d'Hilliers. 

Cet  officier  se  rend  aussitôt  à  Nieder-Stôtzingen  ;  il  remet  à 
10  heures  du  matin  au  général  Baraguey-d'Hilliers  son  ordre 
de  mouvement  et  le  prévient  (jue  la  division  Dupont  exécute  le 
sien. 

Le  général  Baraguey-d'Hilliers  dit  n'avoir  reçu  cet  ordre 
qu'après  11  heures.  Dans  l'un  ou  l'autre  cas  se  présentent  ces 
questions  :  1«  Ce  général  a-t-il  mis  à  l'exécuter  la  célérité 
(ju'cxigoait  la  circonstance  et  l'exactitude  à  laquelle  on  devait 
s'attendre?  2"  A  (luclle  heure  les  dragons  à  pied  sont-ils  arrivés 
auprès  d'Albcck  et  fi  (|uelle  lieure  auraient-ils  pu  y  être  rendus? 
.>  Knfin  à  (juelle  cause  peul-on  atlribuer  le  retard  du  mouve- 
meut  de  la  division  de  dragons  à  pied  et  quelles  en  ont  été  les 
suites;  car  h»s  fautes  s'aggravent  par  leurs  conséquences  mal- 
heureuses, comme  elles  s'excusent  par  des  succès. 

Si  l'on  examine  d'ahord  la  position  des  dragons  le  matin  du 
19  vendémiaire,  on  verra  qu'elle  était,  conformément  aux  ordres 
antérieurs  du  maréchal  Ney,  adossée  aux  bois  de  Lonthal  et 
qu'elle  occupait  les  villages  de  Brenz  et  de  Môdlingen,  chacun 
avec  un  bataillon  de  quatre  compagnies.  KUe  était  arrivée  la 
nuit  dans  celte  |)osition,  et  rartillerie,  attendu  la  difficulté  des 
chemins,  avait  été  laissée  à  Brenz. 

La  droite  de  cette  position  est  h  ([uatre  lieues  communes 
dAlheck  et  à  une  lieue  de  .Nieder-Stot/ingen.  Môdlingen,  à 
l'extrcme  gauche,  est  à  six  lieues  d'Albeck  et  à  deux  petites 
lieues  de  Nieder-Slotzingen. 

Le  générnl  Baraguoy-d'Ililliers,  au  reçu  de  la  dépêche  du 
maréchal  Ney,  ordonne  à  sa  brigade  de  droite  de  se  réunir  à 
Stetten  et  de  marcher  sur  Albeck  par  Lindenau,  Setzingen  et 


COMBAT  D'HASLACH.  551 

iNerenstetten  ;  à  celle  de  gaucho  de  se  rassembler  à  Nieder- 
Stôtzingen  pour  aller  bivouaquer  en  arrière  de  Langenau;  à 
rarlillerie  de  suivre  le  mouvement  de  cette  dernière  brigade. 

Cet  ordre  de  marche  sur  deux  routes  différentes  devait  favori- 
ser le  mouvement,  nuiis  Tordre  de  rassemblement  des  brigades 
eu  masse  lit  perdre  deux  heures  de  temps.» 

Le  général  liaraguey-d'Hilliers  donne  pour  motifs  de  la 
réimion  entière  de  ses  brigades  la  raison  plausible  d'arriver  à 
l'ennemi  en  masse  afin  de  produire  plus  d'effet,  et  il  ajoute  que 
n'étant  pas  prévenu  d'un  engagement  ou  d'un  danger  imminent, 
il  n'a  pu  croire  que  ces  mots  de  l'ordre  du  maréchal  Ney  «  les 
détachements  de  dragons  rejoindront  leurs  corps  à  Albeck  », 
fussent  applicables  aux  deux  bataillons  postés  à  Brenz  et  à 
iMôdlingen. 

Cependant,  prévenu  comme  l'était  le  général  Baraguey- 
d'Hilliers,  (juc  la  division  Dupont  était  en  marche  et  que  l'ordre 
relatif  aux  dragons  à  pied  se  trouvait  considérablement  retardé 
par  l'erreur  de  Tofficier,  qui  avait  été  chargé  expressément  de 
le  lui  apporter  avant  de  remettre  au  général  Dupont  le  sien,  le 
général  Haraguey-d'llilliers  aurait  pu  penser  qu'en  mettant 
immédiatement  toutes  les  troupes  adossées  au  bois  de  Lonthal 
en  mouvement,  et  réunissant  ainsi  deux  ou  trois  heures  plus  tôt 
une  brigade  et  demie  près  d'Albeck,  il  produirait  un  plus  grand 
effet  et  plus  prochainement  utile,  qu'en  portant  séparément  une 
brigade  sur  Albeck  et  une  autre  derrière  Langenau  qui  en  est 
éloigné  de  j)lus  d'une  lieue. 

Il  est  constant,  si  Tordre  a  été  remis  à  10  heures  du  matin  au 
général  haraguey-d'llilliers,  que  cinq  bataillons  composés  de 
vingt-six  compagnies  formant  environ  2,700  hommes  auraient 
pu  être  rendus  à  Albeck  à  3  heures  après-midi;  comme  il  est 
vrai  (jue  Tartillerie  et  les  deux  bataillons  de  Brenz  et  Môdlingen 
n')  pouvaient  arriver  que  deux  ou  trois  heures  plus  tard. 

Mais  on  p(Mit  observer  d'ailleurs  que  l'engagement  de  la  divi- 
sion Dupont  a\oc  Tennemi  ayant  eu  lieu  à  une  heure  au  delà  de 
Jlaslach,  les  dragons  à  pied  dans  aucun  cas,  par  le  seul  effet  de 
Tinlervcrtissi'nient  des  ordres  envoyés  aux  deux  divisions,  ne 
pouvaient  arriver  assez  à  temps  pour  produire  un  effet  avanta- 
geux. 

Le  généial  Haraguey-d'llilliers,  arrivant  de  sa  personne  à 


352  CHAPITRE  V. 

Alheck  avec  r*)()  dragons  à  pied  el  (>0  hussards,  vers  les  3  heures 
et  envoyant  un  aide  de  camp  au  général  Dupont  pour  avoir  de 
ses  nouvelles  et  se  concerter  avec  lui,  en  reçoit  un  seul  billet 
laissé  dans  ce  village,  qui  ne  lui  indique  aucune  mesure  à 
prendre  «lue  celle  de  le  prévenir  de  son  arrivée  à  Alheck.  Il  fait 
avec  son  faible  détachement  tout  ce  qu'il  y  avait  à  faire  à  Tégard 
de  Fennemi  qui  poursuivait  jusqu'à  ce  village  les  fuyards  de  la 
division  Dupont  ;  mais  il  envoie  inutilement  deux  officiers 
d'état-major  avec  de  petits  détachements  pour  tâcher  de  par- 
venir à  ce  général  qui  alors  se  trouvait  enveloppé. 

Il  j)araît,  de  Tavcu  du  général  Daraguey-d'IIilliers,  que  la 
brigade  de  droite  de  sa  division  n'est  arrivée  à  Alheck  qu'à 
7  heures  du  soir,  et  colle  de  gauche  à  la  même  heure  en  arrière 
de  Langenau. 

On  a  vu  (ju'une  brigade  et  partie  de  Tautre  auraient  pu  être 
rendues  à  Alheck  à  3  heures  ;  il  y  a  donc  eu  un  retard  de  quatre 
heures  quïl  faut  attribuer  :  1^>  au  rassemblement  général 
ordonné  ;  2^'  à  la  lenteur  de  la  marche  des  troupes  déjà  fatiguées 
par  vme  marche  do  nuit. 

IVaillours  on  a  vu  (|ue  ce  n'était  pas  ce  retard  qui  avait  eu 
des  conséquences  fàchouscs,  mais  bien  Tintorvertissement  dans 
la  remise  des  ordres  (|ui  avait  fait  marcher  la  division  Dupont 
avant  la  division  naragucy-d'IIillicrs,  tandis  que  Tinverse 
devait  avoir  lieu. 

Enfin  le  général  Barague^-d'llilliers  proteste  que  Tordre  ne 
lui  a  été  remis  (|u'à  près  do  midi,  et  dès  lors  on  ne  peut  établir 
contre  lui  aucun  reproche  do  négligence. 

Le  Major  géuéî'ai,  prince  de  Xeufchâtel  et  Valangin^ 
Heiithieu. 


Le  général  Malher  au  général  Dupont. 

Obcr-lilciche,  le  27  vcmlrmiairc  an  xiv  (19  octobre  1805). 

Mon  cher  Camarade, 

Je  vous  proviens  (juc  j'ai  trouvé,  sous  Ulm,  votre  fourgon  et 
un  caisson  (jue  je  présume  appartenir  à  votre  ambulance;  si 


COMBAT  d'haslach.  553 

vous  les  voulez  faire  prendre,  ils  sont  à  mon  quartier  général  à 
Ober-Bleiche  ou  la  Blancherie  près  Ulm  ;  je  vous  les  aurais 
envoyés,  s'il  m'avait  été  possible  de  trouver  des  chevaux. 

Agréez,  etc. 

Malher. 


Le  maréchal  Ney  aux  généraux  Dupont  et  Baraguey-d'Hilliers, 

Gûnzburg,  le  19  vendémiaire  an  xiv  (II  octobre  1805). 

En  conformité  des  nouvelles  dispositions  arrêtées  parTEmpe- 
reur,  Taile  droite,  dont  le  ()®  corps  dépend,  sera  sous  les  ordres 
de  Son  Altesse  le  prince  Murât.  Comme  son  intention  formelle 
est  de  concentrer  sur  la  rive  droite  du  Danube,  et  parallèlement 
h  riUer,  toutes  ses  forces  réunies  pour  combattre  Tennemi,  qui 
paraît  vouloir  se  défendre,  il  ne  restera  sous  Ulm,  rive  gauche 
du  Danube,  (|u'un  corps  d'observation  composé  du  l^'  bataillon 
du  i)^  léger  et  des  deux  derniers  escadrons  du  1®"^  de  hussards, 
qui  étaient  attachés  à  la  division  de  cavalerie  à  pied  du  général 
Baraguey-d'llilliers.  Ce  détachement  sera  commandé  par 
M.  Crabbé,  mou  aide  de  camp,  auquel  j'envoie  une  instruction 
particulière. 

Le  général  Dupont  quittera  en  conséquence,  sur-le-champ,  sa 
position  d'Albeck,  et  se  dirigera  avec  les  deux  premiers  esca- 
drons du  l'-'"  de  hussards  et  son  infanterie,  qui  sera  suivie  par 
les  deu\  régiments  de  dragons  aux  ordres  du  général  Sahue, 
pour  passer  sur  la  rive  droite  du  Danube,  soit  par  le  pont 
d'KIchingcn,  soit  par  celui  de  Gi'inzburg.  Si  les  marais  étaient 
impraticables,  cette  troupe  passerait  par  Gundelfingen,  et  de  là 
se  dirigerait  sur  Giinzburg.  Dans  Tun  et  l'autre  cas,  rartillerie, 
les  canons  et  les  bagages  passeront  par  Gundelfingen,  et  pren- 
dront la  tcte  de  la  marche  ((uelques  heures  avant  le  départ  de 
la  troupe. 

La  divisiim  du  général  Baraguey-d'Hilliers  précédera  les 
mouvements  des  troupes  réunies  sous  le  commandement  du 
général  Dupcmt,  et  observera  les  mêmes  dispositions  pour  la 
direction  de  ses  canons  et  bagages. 

(.4.  M.)  Ney. 


554  CHAPITRE  V. 

Instructions  pour  M.  Crabbà. 

!-«•  !'.>  T<»nd"Tii:air»»  tm  \iv  «11  oi  •■'»»•»    :«»-^ 

Lt*  tiiari.M'h;il  il  «'iiipirr  Nr\  «Irlai-lii*  M.  «Talihi-.  n..ii  ..  .i.-  i^ 
('aiii|).  >iir  ia  rivf  uaiirlir  tlii  haiiiilK'.  a\(*t*  Ji*  !'■  ii.it.cll  •!)  >:  . 
•.»'■  n'iriiiii'ii!  (rinranlirlr  li-Liiff.  h-s  :{•■  ft  i"  «-NraiIrniiN  .lu  |  *  r  j-. 
nn'iit  <lt'  liu>**ariU,  «laii^  If  Inil  iri»l»st»r\iT  \r^  iiimixtiii'  i.t'»  iV 
l'iMnii'iiii  siir  i-rllr  ri\o  Lraui-JH'. 

!,<•  l'Iii^t"  tr«*N<';!<lnnis  Oahhi*  r|i*\ra  i'\itt'r  Imit  f  nj.i.»  t.i- :  i 
a\t'i*  rfiiiit'iiii  t'I  SI'  liiiriicra  a  l'IaMir  dfs  |Mtslfs  sui  t"«it»  *  l- • 
('iiiiiiniiiiicaliiihN  |tat  nu  rriinfiiii  |MMii'rait  tltlMiiitlit'r  ^>ii  !•  rw- 
^aiirlic  (In  Maiiuhr. 

Il  i'Iii'rclii'ra  a  ciMinaitrt'  tmiN  1rs  iiiiiii\riiirii|s  tirs   Xiitru-hi- r« 
«•t  leur  t'orcr.  alin  ili*  ui'ni  iiitnniici'  sur  lt*  (*liaiii|i  .1  lïuii/tiiir. 
Si  IcniH'Uii  «liltiiufluil  sur  |i|usifurs  nilMiiiii's,  M.  i  rAi*\>*  k\'  \'^ 
Io>  fairr  ciMnxt'r  par  autaiil  ilr  |M'lil>  rnrps  dt-rlairiurs  .ju    r- r. 

(Imitt     CoMlpti'    <li'    InUs    ers    UKHIX  t'iUi'Ilts     I     ij     ||t*    {1r\  r.i     j.Ul.  '   « 

>  rlniLiiMT  «II*  la  ii\t'  Laui'lh'  «lu  l>aiiulii'.  i|ui'  ili*  luaiit'  n-  a  )-••: 
\nir  r.iiir  sa  ii'Iraitr  sui-  |.|(-|iiii::i'ii  nu  tinii/litir^.  un  si-  if-m' 
Mil  batailluii  i|.-  «lij_;oiiN  rhai'::!-  i\r  iialtlrr  Ifs  pniils  1)  Ljiliin^»':. 
\'\  iiii-iiti-  (i'Iui  lit-  llialtiiiL:i'M,  a  iintiiis  ijui*  M.  iT.iliJif  ii'-  ji^« 
i-i>ii\i'iialilr  lir  !•■  mnipii'  liii:t  a  lait.  linlMi.  sj  1  rniiriiii  f*>r{.i.t 
M.  r,i.»l»ln-  ili'  NI-  [rplii'i  liTN  l'u  aiiii-n'.  il  diru'i'rait  s.«  r»-tr.i.!- 
sur  l:iii..iii  <-t  it  |.ij[i<|i.ii(  ili-  l.i  i  arini-i*  i|Ui  uiaiiho  %u- 
Mi-iiiuiiii;.!  ri  ;  il  ^li.i  iii  «'Ml  ii>s|iiiu<laMi*i>  axt'c  un  si'i'..h.l  crj'» 
(1  «iJiNi  r\ .tli'iii  it^ti-  sui  l.i  ii\i-  ihiiitf  (lu  hanulit'.  iim  r*-rr^r! 
uiK'  iiisl|-ui-li«iri  ii<-  •-■•iiiiiiuiii«|Ui'|-  i-uaJfiMi'iit  a\rr  M  1  r.it>»i 
i|iii  <  ••iii[iiiirih|hi-i.i  .i\<r    iiini    |i;ir  li's   ninvriis  1rs    pjus    ruurts  fl 

Il    s      jlillN      Nlll    N. 
t.         1/       . 


CHAPITRE   VI 

11  octobre. 


Quatrième  bulletin  de  la  Qrande  Armée, 

Augsburg,  le  19  vendémiaire  an  xiv  (11  octobre  1805). 

Le  combat  de  Wertingen  a  été  suivi,  à  vingt-quatre  heures 
de  distance,  du  combat  de  Gùnzburg.  Le  maréchal  Ney  a  fait 
marcber  son  corps  d'armée,  la  division  Loison  sur  Langenau, 
et  ia  division  Malher  sur  Gi'mzburg.  L'ennemi,  qui  a  voulu  s'op- 
poser à  cette  marche,  a  été  culbuté  partout.  C'est  en  vain  que 
lo  prince  Ferdinand  est  accouru  en  personne  pour  défendre 
(iiinzburg.  Le  général  Malher  Ta  fait  attaquer  par  le  59«  régi- 
ment; \v  combat  est  devenu  opiniâtre,  corps  à  corps.  Le  colonel 
Lac  liée  a  été  tué  à  la  tète  de  son  régiment  qui,  malgré  la  plus 
vigoureuse  résistance,  a  emporté  le  pont  de  vive  force;  les 
pièces  de  canon  qui  le  défendaient  ont  été  enlevées  et  la  belle 
position  de  Oiinzburg  est  restée  en  notre  pouvoir.  Les  trois 
atta(|ues  de  Tennemi  sont  devenues  inutiles  ;  il  s'est  retiré  avec 
précipitation  ;  la  réser>e  du  prince  Murât  arrivait  à  Burgau  et 
coupait  Tcnnemi  dans  la  nuit. 

Les  détails  circonstanciés  du  combat,  qui  ne  peuvent  être 
donnés  que  sous  quelques  jours,  feront  connaître  les  officiers  qui 
se  sont  distingués. 

L'Empereur  a  passé  toute  la  nuit  du  i  7  au  18,  et  une  partie 
de  la  Journée  du  18,  entre  les  corps  des  maréchaux  Ney  et 
Lannes. 


5o6  CHAPITRE  VI. 

I/aclivilé  de  rarmée  française ,  rétendue  et  la  complication 
des  combinaisons  ({ui  ont  entièrement  échappé  à  rennemi,  le 
déconcertent  au  dernier  point. 

Les  conscrits  montrent  autant  de  bravoure  et  de  bonne 
volonté  que  les  vieux  soldats.  Quand  ils  ont  une  fois  été  au  feu, 
ils  perdent  le  nom  de  conscrits  ;  aussi  tous  aspirent-ils  à  Thon- 
neur  du  titre  de  soldats.  Le  temps  continue  à  être  très  mauvais 
depuis  plusieurs  jours.  11  pleut  encore  beaucoup  ;  Tannée  cepen- 
dant est  pleine  de  santé. 

L^ennomi  a  perdu  plus  de  !2,:)00  hommes  au  combat  de  Gûnz- 
burp:.  Nous  avons  fait  12(M)  prisonniers  et  pris  ()  pièces  de 
canon.  Nous  avons  eu  i(K)  hommes  tués  ou  blessés.  Le  général- 
major  d'Aspre  est  au  nombre  des  prisonniers. 

L' Empereur  est  arrivé  à  Au^sburg  le  18,  à  9  heures  du  soir. 
La  ville  est  occupée  depuis  deux  jours. 

La  communication  de  rarmée  ennemie  est  coupée  à  Augsbui^ 
et  Landsberg  et  va  rétro  à  Fiissen.  Le  prince  Murât,  avec  les. 
corps  des  maréchaux  Ney  et  Lannos,  se  met  à  sa  poursuite. 
Dix  régiments  ont  été  retirés  do  Tarméc  autrichienne  d'Italie  et 
viennent  en  poste  depuis  le  Tyrol.  Plusieurs  ont  déjà  été  pris. 
Quehjues  corps  russes,  qui  voyagent  aussi  en  poste,  s'avancent 
vers  rinn  ;  mais  les  avantages  de  notre  position  sont  tels  que 
nous  pouvons  faire  face  à  tout. 

L'Kmpereur  est  logé  a  Augsburg  chez  lancien  Electeur  de 
Trêves,  qui  a  trailé  avec  magnificence  la  suite  de  Sa  Majesté, 
pendant  le  temps  t\\ic  ses  équipages  ont  mis  à  arriver. 


Le  général  de  division  Malher  à  M.  le  maréchal  d'empire  Ney. 

Au  quartipi*  général  de  Leipheim,  lo  19  vendémiure  an  uv 
(11  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Ma  seconde  t)rlgado  est  entièrement  cantonnée  à  Leipheim  ; 
elle  n'a  resté  un  instant  à  sa  position  que  pour  attendre  la  dis- 
trihutinii  des  billets  de  logement.  J'ai  seulement  laissé  quatre 
compagnies  pour  la  g«irde  du  parc  et  des  équipages.  Lorsque 
j*amai  reiu  le  rapport  de  mes  généraux  de  brigade,  j'aurai 


11   OCTOBRE.  657 

Thonneurde  vous  rendre  un  compte  plus  exact  de  ma  marche 
et  de  ma  position. 

Agréez,  Monsieur  le  Maréchal,  Tassurancc  de  mon  respect  et 
de  mon  attachement. 

(A.  M,)  Malhbr. 


Le  général  dû  division  Malher  à  M.  le  maréc/ia/  d'empire  Ney. 

Au  quartier  général,  à  Leipheim,  le  19  TeDdémUire  an  xnr 
(Il  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'ai  l'honneur  de  vous  rendre  compte  que  j'ai  établi  ma  divi- 
sion, savoir  : 

La  brigade  du  général  Marcognet  et  les  chasseurs  à  cheval  à 
Falheim,  ayant  un  poste  à  Nersingen,  qui  doit  pousser  des 
reconnaissances  Jusqu'au  pont  d'Klchingen,  pour  s'assurer  s'il 
est  occupé  par  la  l*"*'  division  ou  par  les  dragons  à  pied.  Le 
général  Till\  ayant  placé  un  escadron  de  hussards  à  Strass,  le 
flanc  gauche  de  ce  poste  est  parfaitement  assuré. 

Afin  de  soutenir  le  général  Marcognet,  s'il  était  attaqué,  j'ai 
placé  1(*  capitaine  Bazer<[ue  avec  trois  compagnies  de  voltigeurs 
et  cinq  ctmipagnies  de  grenadiers  en  arrière  du  pont  de  la  Biber, 
la  gauche  à  Kchlishausen. 

La  brigade  du  général  Labassée  est  cantonnée  dans  Lei- 
pheim. avec  un  détachement  bivouaqué  en  arrière  pour  la 
garde  du  parc  et  des  équipages.  J'ai  fait  placer  une  garde  au 
pont  pour  observer  ce  passage.  Le  général  Tilly  ayant  aussi 
placé  un  escadron  à  Bùhl,  tout  mon  flanc  gauche  se  trouve  par- 
faitement gardé  et  nous  reposerons  très  tranquillement  jusqu*aù 
moment  que  vous  avez  ordonné  p<»ur  demain. 

Je  ne  dois  cependant  pas  vous  dissimuler.  Monsieur  le  Haré- 
chai,  qu^au  mouvement  qui  se  dispose,  je  parais  devoir  rester 
en  panne  devant  Tlm  ;  il  serait,  je  vous  l'avoue,  très  désa- 
gréable pour  ma  division  de  ne  pas  concourir  au  succès  de  la 
campagne  cl  je  compte  fortement  sur  vos  bontés  pour  qu*il  ]l*en 
fût  rien. 

Je  re«;ois  â  l'instant  le  rapport  du  général  Marcognet.  L*ea* 
nemi  occupe  le  pont  d'hlchingeu;  Tofficier  du  25*  régtmept,  qui 


858  CHAPITRE  VI. 

a  ét^  chargé  de  cette  reconnaisRancc,  s'est  approché  de  si  près 
qu'il  a  reconnu  les  ciiasseurs  du  Loup,  dont  le  feu  n'a  fait  de 
mal  à  personne. 

Veuillez  agréer,  Monsieur  le  Maréchal,  rassurance  de  mon 
respect  et  de  mon  aitacheuient.' 

(A.  M.)  "  Malhbr. 

L'ordonnateur  en  chef  Marchant  au  maréchal  Ney. 

Ofinzbarg,  lo  19  Tenâéiniairo  an  xiv  (11  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

Je  me  suis  présenté  chez  vous  ce  soir,  mais  vous  reposiez  et 
je  n'ai  pas  voulu  vous  déranger. 

Je  voulais  encore,  Monsieur  le  Maréchal,  vous  parler  de  la 
position  (le  vos  trou[)es,  sous  le  rappoii:  des  subsistances.  Il 
paraît,  d'aprcs  les  rapports  (|ui  me  sont  faits,  que  tout  le  pays 
d'ici  lllm  est  à  peu  près  hors  d'état  de  rien  fournir;  la  troisième 
division,  (|ui  est  en  avant,  se  trouve  sans  pain  pour  demain  et  je 
viens  de  lui  faire  donner  de  la  farine  avec  laquelle  on  lui  en 
fabri(iuera  cette  nuit,  dans  les  villages  (pfelle  occupe  ;  la  deuxième 
division  en  fait  fabriquer  chez  les  boulangers  de  cette  ville.  Gomme 
ces  divisions  seront  toutes  hors  d'ici  demain,  je  me  proposais 
d'y  rester  ï)ovu'  suivre  l'eilet  d'une  réquisition  que  j'ai  frappée 
et  les  alimenter  autant  bien  (|ue  les  circonstances  lo  permet- 
traiGiUt  ;  mais  Je  viens  d'apprendre  <|ue  demain  matin,  la  divi- 
sion (iazan  occupera  la  ville  ;  dès  lors,  je  ne  dois  plus  compter 
sm-  amunedes  ressources  qu'elle  présente  et  j'ai  lieu  de  croire 
(|ue  le  service  sera  totalement  compromis. 

Si  vous  voulez.  Monsieur  le  Maréchal,  parer  à  ce  cruel  incon- 
vénient. Je  vmis  prie  de  viMiloir  bien  faire  en  sorte  que  la  divi- 
sion (iazan  occupe  une  autre  position  (|ue  celle  de  Gûnzburg, 
et,  en  outre,  de  me  laisser  ici  une  compagnie  de  cavalerie  avec 
laquelle  je  pourrai  contraindre  lexécution  des  mesures  que  j'ai 
prescrites  ;  sans  ce  secours,  tous  mes  efVorts  seraient  nécessai- 
rement paralysés  et  totalement  infructueux. 

Veuillez,  M(>nsieur  le  Maréchal,  agréer  l'assurance  de  mon 
respectueux  hommage. 

\,A.  M.)  Margiiamt. 


11    OCTOBRE.  559 

L'Empereur  au  prince  Murât 

yuartior  général,  à  Au^burg,  le  19  vendémiaire  an  xiv 
(11  octobre  1805),  à  8  heui*os  da  matin. 

iMon  Cousin,  j'ai  fait  donner  cette  nuit,  au  maréchal  Lannes, 
rordic  de  passer  par  Bureau.  Je  ne  tiens  pas  encore  les  affaires 
finies  dr  voire  coté.  L'ennemi,  cerné  comme  il  est,  se  battra.  Il 
reçoit  des  renforts  du  Tyrol  et  de  Tltalie  ;  il  pourra  donc  vous 
op|)oser,  sous  peu  de  jours,  plus  de  1(),0(X)  hommes.  Il  faut 
donc  (jue  votre  réserv  e  et  les  corps  de  Ney  et  de  Lannes,  qui  font 
de  50, ()()()  à  ()0,(KK)  hommes,  marchent  le  plus  près  possible,  de 
manière  à  pouvoir  être  réunis  en  six  lieures  et  écraser  Fen- 
nemi. 

Les  Russes  viennent  en  hâte  ;  marchez  doup  sur  Fennemi  par- 
tout où  il  se  trouve,  mais  avec  précaution  et  ensemble  ;  s'il  vous 
échappe,  il  sera  arrêté  sur  le  Lech.  D'ailleurs,  dans  une  bonne 
bataille,  avec  l'esprit  (|ui  anime  les  troupes,  il  vous  en  resterait 
la  moitié. 

Napoléon  (1). 

Le  prince  Murât  à  l'Empereur. 
Sire, 

Les  reconnaissanc<'s  poussées  sur  Mindelheim  et  Weissen- 
horn  ont  rapporté  (|uc  ces  deux  postes  étaient  faiblement  occu- 
pés ;  il  paraît,  d'après  tous  les  renseignements,  que  Fennemi  a 
conceulré  ses  forces  derrière  l'Iller  et  sous  lllm. 

l)*a|)rès  les  dernières  dispositions  de  Votre  Majesté,  Sire,  le 
cor|)s  (lu  maréchal  Lannes  sera  rendu  tout  entier  demain  soir  à 
Weissenhorn,  occupant  à  sa  gauche  Bubenhausen,  Jloggenburg, 
poussant  des  postes  de  troupes  légères  sur  Krumbach,  et  sur 
tous  les  points  (jui  conduisent  à  Memmingen  et  Mindelheim;  sa 
ca^alerie  légère  couvrira  son  front,  son  parc  et  la  réserve  seront 
à  Kiissendorf. 

Les  divisions  de  dragons  à  cheval  occuperont,  à  la  droite  de 
Weissenhorn,  Altenhofen  et  Ilegelhofen. 

(1)  Currrspondance  de  NapoUon^  n^  9364. 


360  CHAPITRE  VI. 

Le  corps  du  inaréclial  Ney  sera  placé  demain  soir  de  la 
manière  suivante  :  imc  division  sur  la  rive  gauche  du  Danube  a 
Albeck,  une  à  P'alheim  et  la  troisième  à  Reinpolzhofen  ;  la  divi- 
sion de  dragons  sera  en  arrière  el  en  réserve  à  Kùssendorf,  une 
division  de  dragons  à  cheval  sur  son  front  ii  Ilolzheim. 

La  cavalerie  légère  des  deux  corps  d'armée  formera  une  pre- 
mière ligne  et  occupera  Steinlieim,  Finnigen,  Holszchwang, 
Auflieim,  Wullcnstelten,  Witzighausen  et  Ulerberg. 

Ce  soir,  mon  avant-garde  est  à  Wettcnhausen  poussant  des 
postes  jusqu'à  Inchenhauscn. 

Après-demain  {13  octobre)  à  G  lieures  du  matin,  ces  deux 
corps  d'armée  seront  réunis,  marcheront  sur  FlUer,  et  jetteront 
derrière  ce  fleuve  les  postes  avancés  de  l'ennemi  ;  une  recon- 
naissance sera  faite  inmiédiatement  après,  et  nous  tenterons  un 
passage  de  vive  force,  après  avoir  réuni  sur  un  seul  point  toute 
notre  artillerie  et  avoir  trompé  l'ennemi  par  quelques  fausses 
attaiiucs. 

J'arrive  moi-même  de  Falheim,  d'où  j'ai  distingué  les  forces 
de  Tarmée  autrichienne  derrière  i'Iller,  a>ant  beaucoup  de  cava- 
lerie en  avant  sur  la  rive  droite. 

Selon  les  rapports,  l'armée  autridiienne  a  neuf  régiments  de 
cavalerie,  et  quinze  d'infanterie,  ce  (|ui  peut  faire  environ 
;i5,(H)()  h(mimes.  Sire,  nous  comptons  tous  sur  la  victoire  et 
nous  l'obtiendrons,  nôtres  fidélité  et  notre  amour  pour  vous  en 
répondent. 

Je  n'ai  point  écrit  hier  soir  à  Votre  Majesté  parce  que  je 
n'avais  pas  de  renseignements  à  luicomnumiquer. 

J'ai  l'honneur Mubat. 


Rapport  sur  les  marches  et  opérations  de  la  réserve  de  cavalerie. 

Le  ly  vendémiaire  an  xir  (11  octobre  1805). 

Le  corps  d'année  prit  position  «à  l'embranchement  des  routes 
de  Oiinzburg  à  Weissenhorn. 

La  division  (îazan  se  réunit  au  corps  d'armée  de  M.  le  maré- 
chal Lannes  et  prit  position  à  (iimzhurg  où  fut  établi  le  quartier 
du  prince. 


11    OCTOBRE.  561 

Marches  et  rapports  historiques  de  la  1^  division 
de  dragons  montés. 

Le  19  vendémiaire  an  xiv(ll  octobre  1805). 

A  8  heures  du  malin,  la  division  s'est  réunie  en  avant  de  Bur- 
gau  et  s'est  dirigée  vers  Wettenhausen  où  s'est  établi  le  quartier 
général  avec  un  régiment  ;  les  autres  ont  occupé  les  villages  de 
Deubach,  Holszchwang  et  Ichenhausen. 


Ordre  du  jour. 


Au  quartier  général,  à  Gûnzburg,  le  19  yendémiaire  an  xir 

(11  octobre  1805). 

Son  Altesse  Sérénissime  le  prince  maréchal  de  l'empire  Murât 
s'empresse  de  faire  part  aux  troupes  composant  son  corps  d'ar- 
mée des  témoignages  de  satisfaction  que  Sa  Majesté  Impériale 
el  Royale  a  donnés  à  la  conduite  des  troupes  qui  prirent  part  à 
la  journée  du  i()  (8  octobre).  Tous  les  régiments  qui  combat- 
tirent rivalisèrent  de  gloire  dans  ce  début  éclatant  d'une  nou- 
velle guerre. 

Le  Prince  remarqua  avec  intérêt  l'enthousiasme  et  le  dévoue- 
ment des  troupes.  C'est  au  cri  répété  et  unanime  de  :  «  Vive 
l'Empereur  !  »  qu'elles  fixèrent  la  victoire,  dont  le  résultat  fut 
^,50()  prisonniers,  10  pièces  d'artillerie,  G  drapeaux.  Son  Altesse 
Sérénissime  connaît  l'intrépidité  des  régiments  qu'elle  com- 
mande ;  elle  espère  qu'ils  lui  fourniront  souvent,  dans  cette  cam- 
pagne, l'occasion  de  donner  à  leur  bravoure  les  éloges  qu'ils 
méritèrent  si  souvent. 

MURAT. 
Pour  expédition  conforme  : 

Le  Général  de  division,  chef  de  l* état-major  général^ 
Bblliard. 


m.  36 


562  CHAPITRE  VI. 

Le  maréchal  Lannes  au  maréchal  Sert/iier. 

Zasmarshausen,  le  19  yend^miaire  an  xiv  (11  octobre  1805), 
à  6  heures  du  matin. 

D'après  les  ordres  que  vous  m'avez  transmis,  de  la  part  de 
Sa  Majesté  TEmpereur,  j'ai  aussitôt  dirigé  sur  Burgau  la  marche 
de  mon  corps  d'armée,  qui  devait  d'abord  se  porter  sur  Mîndel- 
heim. 

La  division  Suchct,  qui  est  en  marche  sur  la  route  de  Steînen- 
kirch,  où  elle  a  passé  une  partie  de  la  nuit  à  Mindelheim,  reçoit 
aussi  Tordre  de  se  diriger  sur  Burgau  par  le  chemin  le  plus 
court. 

J'espère  que  Tofficier  porteur  de  mes  dépêches  pour  ce  général 
le  trouvera  avant  son  arrivée  à  Dinkelscherben. 

Lannes. 

Journée  du  19  vendémiaire  (11  octobre  7805). 

Bor^a,  le  20  TendAmiaire  an  xnr  (It  octobre  1805). 

Division  de  cavalerie  légère. 

La  brigade  de  hussards  continue  d'être  détachée  sous  les 
ordres  de  Son  Altesse  Sérénissime  Monseigneur  le  prince  Murât, 
à  l'exception  d'un  escadron  qui  est  passé  sous  les  ordres  de  M.  le 
général  Suchet. 

La  brigade  de  chasseurs  est  partie  de  son  cantonnement  à 
0  heures  du  matin,  et  s'est  dirigée  sur  Burgau,  d'où  elle  a  été 
cantonnée  dans  le  village  de  Rnôringen. 

Division  de  grenadiers. 

La  brigade  aux  ordres  de  M.  le  général  Laplanche-Mortières 
continue  d'olre  détachée  sous  les  ordres  de  Son  Altesse  Sérénis- 
sime Monseigneur  le  prince  Murai. 

Les  brigades  aux  ordres  des  généraux  Dupas  et  Ruffin  ont 
quitté  leur  bivouac  à  G  heures  du  matin,  et  se  sont  dirigées  par 
la  grande  route  sur  Burgau. 

Elles  ont  bivouaqué  en  avant  de  cette  ville,  sur  la  gauche  de 
la  route  de  Gùnzburg. 


11    OCTOBRE.  863 

L'artillerie  et  les  sapeurs  ont  bivouaqué  en  arrière  de  ces 

brigades. 

!J^-  division. 

Cette  division  continue  d'être  détacbée  sous  les  ordres  de 
M.  le  maréchal  Ney. 

Division  aux  ordres  du  générai  Suchet. 

Cette  division  a  quitté  son  bivouac  de  Steinenkirch  à  G  heures 
du  matin,  et  sest  dirigée  par  Zusmarshausen  sur  Burgau.  Elle 
a  bivouaqué  en  avant  de  cette  ville  sur  la  droite  de  la  route  de 
Gùnzburg.  L'artillerie  a  bivouaqué  en  arrière  de  la  division. 

Division  de  dragons  aux  ordres  du  général  Beaumont, 

Cette  division  est  partie  d'Auerbach  à  6  heures  du  matin,  et  a 
suivi  la  marclie  de  celle  des  grenadiers.  Elle  a  bivouaqué  en 
arrière  de  Burgau.  Son  artillerie  a  bivouaqué  en  arrière  d'elle. 

Parc  d'artillerie. 

Le  grand  parc  d'artillerie  du  corps  d'armée  est  arrivé  le  19 

(//  octobre)  à  Zusmarshausen. 


Le  général  Compans  aux  généraux  Oudinot,  Beaumont,  Gazan, 
Suchet  et  colonel  Kirgener, 

Burgau,  le  \\)  vendémûdre  an  xnr  (11  octobre  1805). 

D'après  les  dispositions  arrêtées  par  M.  le  maréchal  comman- 
dant en  chef,  la  générale  sera  battue  demain  matin  à  5  heures 
précises  au  (juartier  général,  dans  les  camps  et  dans  les  canton- 
nements du  corps  d'armée.  MM.  les  généraux  commandant  les 
divisions  donneront  leurs  ordres  en  conséquence. 

Aussitôt  la  générale  battue,  les  troupes  prendront  les  armes 
et  se  mettront  en  marche  pour  se  diriger  sur  Giinzburg  dans 
l'ordn?  suivant  : 

La  division  de  dragons  au\  ordres  de  M.  le  général  Beaumont 
et  son  artillerie  marcheront  en  tète. 

La    division    de    grenadiers   (à  l'exception    de  la    brigade 


564  CHAPITRE  VI. 

Mortières),  sa  brigade  de  chasseurs  à  cheval  et  son  artillerie 
suivront  immédiatement  la  division  de  dragons. 

M.  le  général  de  division  Oudinot  est  informé  que  la  brigade 
Mortières  recevra  des  ordres  particuliers  pour  rejoindre  sa  divi- 
sion dans  la  journée;  les  trois  compagnies  de  sapeurs  du  corps 
d'armée  suivront  la  division  de  grenadiers  jusqu'à  Gûnzburg  où 
elles  seront  réparties  à  raison  d'une  compagnie  par  division 
dans  les  divisions  aux  ordres  de  MM.  les  généraux  Oudinot, 
Suchet  et  Gazan. 

M.  le  colonel  du  génie  Kirgener,  commandant  le  génie  du 
corps  d'armée,  est  chargé  de  dcmner  des  ordres  en  conséquence. 

La  division  aux  ordres  de  M.  le  général  Suchet,  son  artillerie 
et  le  10«  régiment  de  hussards,  marcheront  immédiatement 
après  les  sapeurs. 

1/amhulance  du  corps  d'armée  marchera  après  la  division  du 
général  Suchet. 

Les  vivres  et  liquides  que  M.  le  commissaire  ordonnateur  sera 
parvenu  à  réunir  à  ïhirgau  marcheront  après  Tambulance,  el  il 
prendra  des  mesures  pour  accélérer  la  marche  du  convoi  qui  est 
resté  en  arrière. 

Le  parc  d'artillerie  du  corps  d'armée  devra  se  rendre  le  plus 
diligemment  possible  à  (iùnzburg  :  La  compagnie  d'artillerie  à 
cheval  qui  y  est  attachée  le  devancera  de  manière  à  y  arriver 
en  même  temps  (|ue  la  colonne. 

M.  le  général  Foncher,  commandant  l'artillerie  du  corps 
d'armée,  donnera  ses  ordres  en  conséquence. 

A  Giinzburg,  M.  le  maréchal  commandant  en  chef  donnera, 
pom-  la  continuai  ion  de  la  marche,  des  ordres  ultérieurs  qui 
seront  comnuins  à  la  division  commandée  par  M.  le  général 
Gazan,  si  toutefois  elle  n'en  a  déjà  reçu  de  son  Altesse  Sérénis- 
sinie  le  prince  Murât. 

Les  équipages  du  corps  d'armée  continueront  à  rester  à 
Gùnzenhausen  jusqu'à  nouvel  ordre. 

GOMPANS. 


il   OCTOBRE.    ,  S6o 

Le  général  Compana  au  général  Suohet 
Zuiroarshaaspn,  le  11)  yeDdimiaire  an  xiv  (11  octobre  1805). 

M.  le  maréchal  me  charge  de  vous  écrire  que,  d'après  de  nou- 
velles dispositions  arrêtées  par  Sa  Majesté  Impériale,  tout  son 
corps  d'année  doit  se  diriger  sur  Burgau,  et  que  son  intention 
est  que  vous  vous  y  dirigiez  par  le  chemin  le  plus  court  du  point 
où  ma  lettre  vous  trouvera. 

J'ai  fait  passer  votre  lettre  au  colonel  du  64*  ;  nous  lui  donne- 
rons ici  Tordre  de  se  diriger  sur  Burgau. 

COMPANS. 

Le  général  Compana  au  colonel  Kirgener,  commandant  /a  génio. 
Zoimanhaaieo,  le  19  yendémiaire  an  xiv  (Il  octobre  180&). 

Monsieur  le  Colonel, 

J'ai  l'honneur  de  vous  prévenir  que  M.  le  maréchal  comman- 
dant en  chef  a  décidé  qu'à  compter  de  ce  moment  et  jusqu*k 
nouvel  ordre  de  sa  part,  les  sapeurs  du  corps  d'armée  sont  sous 
vos  ordres  ;  vous  voudrez  hien  les  diriger  aujourd'hui  à  la  suite 
de  la  division  de  M.  le  général  Oudinot,  sur  la  route  de  Burgau. 

GOMPANS. 

P,-S,  —  L'ne  demi -compagnie  doit  attendre  à  Zusmars- 
liauseu  Tarrivée  du  grand  parc  d'artillerie  et  le  suivre  dans  sa 
marche. 

Le  général  Compana  au  général  Fouchor. 

ZusroarBhauM'o.  1<*  19  ▼cDdémiain'  an  xiv  (11  octobre  1S05). 

Monsieur  le  Général, 

J'ai  l'honneur  de  vous  prévenir  que  le  grand  parc  d*artillerie« 
au  lieu  de  suivre  la  destination  qu'on  lui  avait  d'abord  donnée, 
doit,  d'apn's  les  dispositions  faites  par  M.  le  maréchal,  se  diriger 
sur  Burgau  aussitôt  l'arrivée  du  parc.  Vous  voudrex  bien  oidon- 


566  CHAPITRE   VI. 

ni^r  <|iio  h's  <lon\  coiiifKiL'tiieN  darlillerio  a  chexal  «|iii  !••  ^uixi'Dt. 
le  (irNain'cnt  pour  ^f  rendre  sur  Hiirtrau  a\ec  1«»  plii*^  lio  •••■|f  r:i- 
|m>sil)lt',  aupn'.s  *lii  <|uariier  ^ém-ral  «le  M*,  le  maréchal,  «m.  rli-» 
rt'i'cN  ront  drs  nnlr^s. 

\'\\v  <lemi-«'oni|>ai;riie  dv   sajuMirs  a  nrdre  de   n-^ter   iri   pc*^^r 
serNir  dN's(M»rte  an  fiar»-. 


Le  gênerai  Compans  à  M.  VasU  commissaire  ordonnateur. 

Z.i'«:r,  irvh.i.isen.  If  II»  v«»nd*"fniftir«  .in  ttv  (l|  ortr^br»  !«»"* 

Moiisii'ur  r<  )nlnniiateiir. 

J'ai  I  honiH'ur  d«'  nmiin  |»n'M*nir  tiue  \oiis  de\e/  xnii*  din*:^" 
sin   lîiir-aii  an   lun  df   >ni\rr  la  destination   «in'on    xou^   .ixj  î 

dnliiirc. 

Tniitrs  Ifs  dispusitinns  ([«'   ma   lettre   s«»nt  inainteini*-^  .1  1  f \- 
«rptinfi  d«*  et'  ('liafi:i«*in«'nt  d«'  din'etion. 


Le  gênerai  Compans  au  colonel  Nèrin,  commandant  le  4*  re^im«f»r 

/u>'t.  .rsliiUH»-:.,  1"  r»  v»n«li«nniir*»  *n  mv  Ml  ortobr*  .*•»* 

Mi»?ivnui  l»'  <.«di»n»d. 

\iMiN  (|i-\i/  ,i\Mir  ittii  dan>  la  nnit  nue  lettre  «In  *:«u<-nî 
>U'li«-t  «MiiCTiiarit  II'  «hrmin  «pu*  d«'\ait  trnir  \v  rr^iiiient  .1  *«•* 
i'r«liiN  |iMiir  f  i;.'iii,|r.-  |.j  dixisioii.  Lrs  dispusition^  dt»  eftt''  Iftli» 
'-"lit  ili.th_»''»  .  <f  r«::niH'nt  dnit  s»*  diriuvrdu  point  <iii  mi.i  Irltr* 
Noiis  |».ii  N  iffi-ln,  siir-  hiiri^an.  par  la  n»nt«»  la  plu^  rMnn*'.  >j 
\  ..i,v  MN 1*/  il»-s  t»aL'aL'«'>.  f  n> t»\  f/drs  lei.   Ou\  de  la  dix i^»n  ^•li'h'-t 

\  •  ii^'- '  'II"!  I.i   II  <i  pthiii  i|i>  1,1  [»rt>srntr  «'t  iiif«triiir/-nM>i  J< 

I  .  \.  .iiti-'ii  il'N  i||Nj,..s,ti..ns  «{Il  rljr  n-nfcriiie. 

^.ollpA^^. 


11   OCTOBRE.  667 

Circulaire   adressée  aux  bourgmestres  de  Burdenbaoh,  Tetingen, 
Mûnsterhausen,  Wettenhausen,  Glott. 

Hurgau,  le  19  vendémiaire  an  xiv  (11  octobre  1805). 

Requiert  les  bourgmestres  de ,  d'avoir  à  fournir  avant 

0  heures  du  soir,  quatre  mille  rations  de  pain  d'une  livre  et  demie 
chaque,  qui  seront  conduites  à  Burgau  où  elles  seront  mises  à 
la  disposition  de  M.  le  commissaire  des  guerres  Vast,  faisant 
fonction  d'ordonnateur  au  5«  corps  de  la  Grande  Armée,  qui  régu- 
larisera cette  fourniture. 

COMPANS. 

Ordre  du  jour  du  19  vendémiaire  an  XIV  {11  octobre  1805), 

Le  corps  d'armée  d'avant-garde  devant  se  mettre  en  marche 
demain  à  la  pointe  du  jour,  la  brigade  aux  ordres  du  général 
Claparède  partira  à  0  heures  du  matin  de  ses  cantonnements 
pour  se  diriger  sur  Giinzburg. 

La  l'*o  brigade  d'infanterie  se  mettra  en  marche  à  7  heures 
pour  suivre  la  même  destination  (i). 

Celle  du  général  Valhubert  suivra  le  mouvement  de  la  f®. 

Le  parc  d'artillerie,  suivant  Tordre  d'hier,  marchera  avec  la 
division. 

Lo  lO'-  régiment  de  hussards  rejoindra  la  brigade  du  général 
Claparède  en  avant  de  Burgau. 

Le  niancjue  absolu  de  subsistances  engage  le  général  de  divi- 
sion à  répéter  aux  généraux  do  brigade  de  s'en  procurer,  autant 
que  possible,  dans  les  lieux  où  ils  passent. 

Le  commissaire  des  guerres  fera  délivrer  demain  la  viande 
pour  deux  Jours. 

Le  Général  commandant^ 

SUCHET. 


(\)  Cette,  brif^îule  étiiit  à  Rôsingen. 


568  CHAPITRE  VI. 

Le  général  Nansouty  au  maréchal  Berthler, 

Stadtbergen.  le  19  yendômiaire an  xiv  (Il  octobre  1805). 

J'ai  rhonneur  de  rendre  compte  à  Votre  Excellence  que,  con- 
formément aux  ordres  que  j'ai  reçus,  j'occupe  avec  la  division 
que  je  commande  les  villages  de  Steppbach,  Westheim,  Rriegs- 
haber,  Stadtbergen,  Pfersee,  Diedorf.  Willishausen  et  Leiters- 
hofcn.  J'ai  fait  placer  des  grand'gardes  en  avant  de  ces  deux 
derniers  villages,  qui  communiqueront  entre  elles,  et  celle  de 
gauche  avec  les  troupes  de  M.  le  maréchal  Soult.  J'en  aurai 
aussi  une  en  avant  de  Stepphach.  J'ai  fait  faire  des  reconnais- 
sances en  avant  de  mes  cantonnements. 

Je  me  suis  élahli  de  ma  personne  h  Stadtbergen. 

Nansouty. 

r.AKDK   IMPÉRIALE. 

Ordre. 

Augsburg,  le  19  vendémiaire  an  xiv  (11  octobre  1805). 

Tous  les  généraux  et  chefs  de  corps  de  la  Garde  enverront 
l'ordre  aux  commandants  de  leur  dépôt  à  Strasbourg  de  faire 
partir  pour  l'année  tous  les  hommes  d'infanterie  et  de  cavalerie 
disponibles. 

Ces  différents  détachements  formeront  l'escorte  des  capotes 
et  des  souliers  de  Tinfanteric.  Ils  marcheront  réunis  sous  les 
ordres  de  rofficier  le  plus  ancien  des  différentes  armes. 

Us  partiront  de  Strasbourg  de  suite  aprôs  qu'ils  en  auront 
reçu  l'ordre,  pour  se  rendre  à  Spire,  et  de  Spire  immédiatement 
à  l'armée. 

{Registre  d'ordres  des  grenadiers.) 


Le  maréchal  Berthier  au  général  Marmcnt. 

Au{;sl)urg.  le  10  vcndémiaiir  an  xiv  (U  octobre  1805), 
à  (i  heures  da  matin. 

Il  est  ordonné  au  général  Marmont  de  partir  de  Pôttmes  avec 
toutes  les  troupos  à  ses  ordres  pour  se  rendre  à  Augsburg;  U 


11    OCTOBRE.  569 

prendra  position;  il  enverra  un  des  officiers  de  son  état-major 

auprès  du  général  Dumas,  qui  lui  indiquera  les  positions  qu'il 

devra  occuper. 

Le  Major  général^ 

Maréchal  Berthier. 

Dans  toutes  les  lettres  que  m'écrit  M.  le  général  Marmont,  il 
me  parle  de  subsistances  :  je  lui  répète  que,  dans  la  guerre 
d'invasion  et  d'expédition  que  fait  l'Empereur,  il  n'y  a  point  de 
magasins;  (|ue  c'est  aux  généraux  commandant  en  chef  les 
corps  d'armée  à  se  pourvoir  de  leurs  moyens  de  subsistances 
dans  les  pays  qu'ils  parcourent.  Le  général  Marmont  a  eu  ordre 
de  se  pounoir  de  quatre  jours  de  pain  d'avance  et  de  faire  con- 
fectionner pour  quatre  jours  de  biscuit  :  il  ne  peut  donc  compter 
que  sur  les  ressources  qu'il  se  procurera  par  lui-même  ;  c'est 
ainsi  (|ue  font  tous  les  corps  de  la  Grande  Armée,  et  le  général 
Marmont  connaît  plus  que  personne  la  manière  dont  l'Empereur 
fait  la  guerre. 

Le  Major  général^ 

Maréchal  Berthier. 


Le  maréchal  Berthier  au  général  Dumas. 

Âuprsburg,  le    19  vendémiaire  an  xiv  (11  octobre  1805). 

Le  générai  Dumas  est  prévenu  que  le  corps  d'armée  du 
général  Marmont  arrive  aujourd'hui  à  Augsburg,  venant  de 
Fôttmes.  La  division  du  général  Nansouty  arrive  à  Augsburg 
venant  de  Zusmarshausen. 

L'intention  de  rKinpereur  est  que  M.  le  général  Dumas  recon- 
naisse la  position  qu'occupera  le  général  Marmont  et  le  corps 
du  générai  Nansouty  à  Augsburg;  qu'il  fasse  prévenir  les  géné- 
raux de  l'endroit  qu'il  aura  désigné  et  qu'il  les  y  fasse  conduire; 
il  rendra  compte  à  il  h.  1/2  à  l'Empereur  des  dispositions  qu'il 
aura  reconnues  pour  ces  corps. 

Berthier. 


B70  CHAPITRB  Vï. 

Note. 
position  tîu   J*'  corps  //ai7ïi»'V  sur  Atiythirff. 

I.e  corps  (rarmce  du  ^éiuTal  ManiKnit  arrivant  %iir  \ii;:^hur.- 
|iar  la  miilodr  iVittnies.  prendra  poNition  an  drli«PUi*lti*  dc^  Inm* 
dt*  LiTlilianseu. 

2di\iMons  a  la  droite  dt*  la  chanssco  t*t  la  .'r  Un  p<ii  fb 
arrirro  vi  ii  j:anrhc  de  la  rliauNséi».  Distance  nui\onu«-  :  nut 
dcnii-liono  d'Anj^shurj:. 

l.a  ^miu'Ih*  de  la  li*;iu*  est  ap|»u\i''c  an  marais  (|ai  sVU'ud  jus- 
qu'au piftl  des  liauleiirs  de  FriiMll»erg. 

La  eoniMiunicatinu  sur  le  front  est  par  la  mute  d'An^sburç  a 
Kriedheri:  el,  sur  les  derrières,  par  Miililliausen,  <|ui  tM  ,i  une 
lieue  et  demie  dWu^shur^,  et  d'où  part  un  chemin  <|ui  \i  a 
rri«'dl)er^,  eu  tournant  le  marais  par  la  gauche. 

/^(txiiinn  #/e  Ai  n'-serrr  d**  ravalme  du  yhïêral  .Vaniou/y. 

<.ett«-  di\isiiiii.  M'uant  |)ar  la  mutede  Znsniarv|iaiist*n.  canUm- 
uera  dans  Ji's  \illa^es  de  Krii-ir^iiaher.  Steppliacli.  sur  la  cliaiis«<^ 
UMMiii'  .t  IrtiJN  (juarls  de  lieue  et  une  demi-lieue  de  l.i  »ille. 

Si  «'e>  \ill:i^t>s  III*  Miriisent  piunt  et  la  position  <le  cette  di«i 
siuii  di-\aiil  se  lier  par  la  gauche  a\uc  celle  de  M.  le  marrchil 
Sniijt  «'Il  arrirrc  d<'  sa  tlriiit(\  \r  i:éneral  Nansunt)  s'rtendra  ju 
pird  et  sur  les  ri'\er>  des  hauteurs  ipii.  a  In  dist;uire  duii^ 
d<'itii-lii'ur  t't  triiis  «pi.irts  de  lieue  de  la  rixe  gauche  du  l.ech  ri 
dr  hi  \illr.  riuiiit'iil  le  IlisnIh  de  eette  ri>i«'re. 

<!tN  \iII:il:i'n  sunt  sihri'ssi\cuient,  r\\  s'êloignant  jusqu'à  iinf 
liiMi-  «I  Nu^^lmr:;  : 

Stailtlx'i'L'en.  a  une  deiiii-Ueue  ; 
l.iitershntVn.  a  trois  ijuarts  de  lieue: 
W  l'Ilcnhur::,  a  nn<'  lii-uc. 

L  Aide-major  général^ 
marrchai  y  encrai  dtê  /«'«/u. 

^>-ins  Itru  Ht  thifr  .  Mathieu  Dcmas. 


11  00T0BR8.  571 

Le  maréobul  Bûrthier  au  général  Oumaa. 

Angsburg,  le  19  Tendémiaire  an  zxr  (11  oeteiMM  1805). 

Général, 

Je  vous  envoie  ci-joint  une  note  dont  les  dispositions  vous 
sont  confiées. 

Bbbthieb. 

M.  le  général  Ddmas  fera  paraître  demain,  comme  à  l'ordi- 
naire, les  journaux  d'Âugsburg  et  y  fera  insérer  une  note  qu'il 
rédigera  dans  le  sens  des  idées  ci-après.  Faire  conndtre  les 
succès  de  Tarmée  à  Taffaire  de  Wertingen  et  à  celle  de  Qûnz- 
burg,  que  Tarmée  autrichienne  est  entièrement  eeméa;  fhire 
connaître  le  passage  de  TEmpereur  à  Stuttgard,  U  manière 
dont  il  y  a  été  reçu,  le  traité  d'alliance  offensive  et  défensive 
fait  entre  TEmpereur  et  les  Ëlecteurt  de  BaTière,  de  Wurtem- 
berg et  de  Baden;  que  le  1^  fournit  26,000  hommes,  le  S> 
8,000,  lé  3M,000; 

Que  Tarmée  française  traite  en  pays  ami  et  neutre  tout  ee 
qui  n'appartient  pas  aux  princes  de  la  maison  d'Autriche  ou  qui 
n'est  pas  connu  comme  agent  secret  de  cette  maison,  et  ceux 
qui  n'ont  point  trahi  constamment  la  constitution  de  l'Empire 
pour  élever  la  maison  d'Autriche  ; 

Que  l'Ordre  teutonique,  du  jour  où  il  a  nommé  pour  grand- 
maître  un  prince  de  la  maison  d'Autriche,  a  montré  un  carac- 
tère de  dépendance  et  de  servitude  qui  (ait  considérer  cet  ordre 
comme  ennemi;  que  s'il  avait  voulu  être  neutre  il  aurait  nommé 
pour  grand-maître  un  prince  qui,  par  ses  relations  politiques, 
devait  être  supposé  rester  neutre  dans  la  guerre  de  FAutriche 
contre  la  France. 

Le  général  Dumas  fera  traduire  an  allemand  la  note  qu'il 
aura  rédigée,  de  manière  qu'elle  paraisse  demain  dans  la 
gazette  d'Augsburg.  ^ 

Le  général  Dumas  écrira  de  ma  part  à  M.  Baeheri  à  Ratis- 
bonne,  pour  lui  faire  oonnaitre  les  résultats  des  afUree  de 
Wertingen  et  de  Gûnzburg.  U  lui  dira  que  le  priaèe  Morat, 
avec  80,000  hommes,  pousse  l'armée  ennemie  sur  le  Rhin,  où 


572  CHAPITRE  VI. 

elle  sera  prise  en  flanc  aux  débouchés  du  Tyrol  par  rarmée  de 
M.  le  maréchal  Augereau,  forte  de  35,000  hommes;  que  l'Em- 
pereur se  porte  avec  90,000  hommes  à  la  rencontre  des  Russes; 
Qu'il  doit  répandre  la  nouvelle  des  succès  des  Français  et 
faire  réimprimer  dans  tous  les  journaux  la  proclamation  de 
l'Empereur  à  Tarmée  française,  et  de  l'Empereur  à  l'armée 
bavaroise. 


Le  Bailli  de  Vellinburg  au  général  Vandamme. 

Vellinburg,  le  19  TendémUire  an  xiy(1I  octobre  1805). 

Votre  Excellence  Monseigneur  le  Général, 

Je  vous  remercie  très  humblement  de  la  grande  grâce  que 
vous  avez  eue  en  m'accordant  un  détachement  de  votre  Garde, 
dont  le  départ  je  regrette  fort,  comme  monsieur  le  charmant 
officier  et  ses  très  braves  grenadiers  se  sont  comportés  très 
aimablement  tant  en  égard  de  la  patience,  manque  des  vivres  à 
leur  arrivée,  qu'en  égard  de  ses  bons  services  et  très  belle  con- 
duite, dont  je  ferai  le  rapport  à  M^'  mon  prince,  sitôt  possible. 

J'ai  l'honneur 

Fr.  RoBOBCK, 

BaUly. 

Le  maréchal  Soult  à  l'Empereur. 

Landsberg,  le  19  vendc^miaire  an  xiv  (11  octobre  1805). 

Sire, 

J'ai  l'honneur  de  rendre  compte  à  Votre  Majesté  que  les  divi- 
sions du  4«  corps  d'armée  se  sont  rendues  aujourd'hui  à  Lands- 
berg et  occupent  les  positions  suivantes  : 

La  3«  division,  qui  formait  tête  de  colonne,  est  établie  en 
arrière  de  Holzhausen,  sur  la  route  de  Mindelheim,  et  a  son  avant- 
garde  à  Buchloë; 

La  2«  division  est  sur  la  hauteur  en  arrière  de  Landsberg,  cou- 
vrant les  routes  de  Munich  el  de  Weilheim  ; 

La  division  de  dragons  est  à  Schwifting  et  Pùrgen,  servant 
d'avant-garde  à  la  2®  division; 


11    OCTOBRE.  573 

La  1^  division  est  adossée  au  bois  d'Unter-Igling  et  porte  son 
avant-garde  sur  la  route  de  Schôngau,  à  une  lieue  à  gauche  de 
Landsberg.  Ces  positions  ofTrent  quelque  chose  d'irrégulier, 
mais  il  était  nuit  A  il  tcmihait  beaucoup  de  pluie  et  de  neige 
lorsque  les  troupes  s'}  sont  rendues;  j'ai  cru  devoir  attendre 
jusqu'à  demain  matin  pour  les  rectifier. 

En  arrivant  à  liurlach,  j*ai  été  instniit  qu'un  régiment  de  cui- 
rassiers autrichiens  était  arrivé  à  Lansberg  et  se  disposait  à  en 
partir  aujourd'hui  pour  se  rendre  à  Memmingen;  j'ai  aussitôt 
donné  ordre  au  K^  régiment  de  hussards  de  se  rendre  à  Holz- 
hausen,  sur  la  route  de  Mindelheim,  pour  l'inquiéter  à  son  pas- 
sage et  j'ai  fait  presser  la  marche  de  la  cavalerie  ;  elTectivement, 
en  arrivant  prés  de  Landsberg,  j'ai  vu  ce  régiment  en  bataille  au 
débouché  des  roules  de  Mindelheim  et  de  Schongau,  mais 
entièrement  engagé  dans  cette  dernière  et  paraissant  couvrir  la 
marche  de  plusieurs  voitures  d'équipage. 

Le  iti«  régiment  de  chasseurs  à  cheval  a  eu  ordre  de  l'atta- 
quer et  de  le  poursuivre  avec  vigtieur  sur  la  route  de  Schongau  ; 
il  a  été  soutenu  par  un  régiment  de  dragons,  tandis  que  le 
11'  régiment  do  chasseurs  a  pris  la  route  de  Mindelheim  pour 
aller  joindre  le  H"  régiment  de  hussards  ;  une  brigade  de  dra- 
gons, qui  avait  passé  le  Lech  à  Kaufering,  se  portait  en  même 
temps  par  la  rive  droite  sur  la  route  de  Weilheim. 

Le  :^i'  régiment  de  chasseurs  a  marché  avec  intrépidité  à  fen- 
nemi.  et  sans  consulter  ni  le  nombre,  ni  l'espèce  de  troupes 
qu'il  avait  à  combattre,  il  a  chargé  avec  vigueur  le  régiment  de 
cuirassiers  du  prince  Ferdinand,  fort  de  tNN)  chevaux  et  ayant 
sept  pièces  de  campagne,  et  après  lui  avoir  blessé  beaucoup  de 
ca\aliers,  lui  a  faittM)  prisonniers,  dont  un  lieutenant-colonel, 
un  capitaine  et  un  autre  onicier  :  il  lui  a  pris  aussi  60  cheraux 
et  i  pièces  de  •». 

O*  régiment,  à  la  tête  du(|uel  le  général  Margaron  se  trouvait, 
a  eu  i  hommes  tués  et  7  ou  H  blessés  ;  il  s'est  fait  dans  cette 
action  une  réputation  de  bravoure  qu*il  justifiera. 

La  brigade  de  dragons,  commandée  par  M.  le  général  Sébas- 
tiani,  qui  s'était  portée  sur  la  route  de  Weilheim,  a  enleTè 
Ml  cuirassiers  du  niénir  régiment. 

Le  régiment  de  Kerdinand-ctiirassiers  avait  potitivement 
ordre  de  se  rendre  a  Memmingen  et  de  forcer  sa  maieho;  le 


574  CHAPITRE  VI. 

8«  régiment  de  hussards,  qui  Fattendait  à  son  passage,  a  trouvé 
son  logement  et  en  a  enlevé  une  partie. 

Nous  avons  trouvé  à  Landsberg  un  magasin  de  blé,  qui  n'est 
pas  très  considérable,  et  7(K)  à  8<K)  sacs  d'avoine. 

Hier,  il  est  passé  en  cette  ville,  se  rendant  à  Memmingen,  la 
caisse  niiliiaire  et  un  é(|uipage  de  pont  de  30  bateaux;  ce  matin, 
il  est  parti  pour  Weillicim  un  convoi  d'artillerie,  composé  de 
2()  bouches  à  feu  de  divers  calibres;  j'ai  ordonné  au  général 
Sébusliani  de  se  mettre  demain,  avant  le  jour,  à  sa  poursuite  et 
j'espîTC  qu'en  peu  d'heures  il  pourra  l'attraper.  Les  deux  régi- 
inenls  de  dragons  qu'il  y  cmploiru  ont  reçu  des  ordres  en  consé- 
quence. 

Le  bruit  court  ce  soir  à  Landsberg  (|ue  ce  matin  les  troupes 
de  Votre  Majesté  sont  entrées  à  Munich,  et,  en  même  temps,  on 
m'annonce  que  les  reconnaissances  qui  ont  été  portées  sur  cette 
roule  ont  rencontré  rcnnemi  à  une  lieue  et  demie  de  Landsberg  ; 
si  cela  est,  cette  troupe  est  furieusement  compromise;  demain 
je  m'en  assurerai  et  j'aurai  Thonneur  d'en  rendre  compte  à  Votre 
Majesté. 

Je  ferai  aussi  porter  une  forte  reconnaissance  sur  Schôngau 
et  une  autre  sur  Mindclhcim. 

Un  homme  qui  arrive  de  Munich  m'assure  que  depuis  cette 
ville  jus({u'à  Landsberg,  il  n'y  avait  que  quelques  détachements 
de  troupes  autrichiennes,  et  que  le  général  kienmayer  s'était 
retiré  de  Scli>^ahliausen  et  de  Dachau,  sur  Munich  ;  son  corps 
d'armée  est  aujourd'hui  évalué  à  i(),00<)  hommes. 

Le  même  individu  affirme  de  nouveau  que  l'arrivée  des  Russes 
est  retardée  et  (|u'ils  auront  rc(;u  ordre  de  se  rendre  sur  les 
frontières  de  Hohénte  ;  il  prétend  que  depuis  huit  jours  les  voi- 
tures de  transport  étaient  commandées,  mais  qu'hier  le  contre- 
ordre  avait  élé  donné  aux  bailliages  qui  devaient  les  fournir. 

Tous  les  hôpitaux  el  autres  établissements,  que  les  Autri- 
chiens avaient  à  Munich ,  sont  évacués  depuis  hier  sur 
Ihaunau. 

Les  ambassadeurs  de  Russie  el  d'Autriche,  qui  étaient  à 
Munich,  sont  partis  aussi  hier  pour  Salzburg. 

j'ai  l'honneur..  .. 

SOULT. 


11    OCTOBRE.  875 

Le  maréchal  Souli  au  maréchal  Berthier. 

I^aiulsbrrK,  lo  10  vi'ndéniinirp  an  xiv  (Il  octobre  IHor»). 

J'ai  riioiiiiour  de  nMidro  coniptt»  à  Volrr  KxccIIcium»  de  la 
position  iurruTUpcnt  les  di>isions  d(>s  corps  d'armée  en  avant 
•le  LandshtTi;. 

I.a  .'{''  division,  qui  l'orniait  Irle  de  eolonne,  est  établie  en 
ariii're  de  FF<d/h.'inson  sur  la  route  de  Mindcllieini  et  a  son 
a\anl-.t;anle  à  liuehloé. 

La  J'dixision  isl  sur  la  hauteur  en  arrière  de  Landsbcrf;, 
fou\raiil  les  routes  de  Muiiieh  et  de  Weilheini. 

La  dixisiou  diî  drairoiis  est  à  Selixiiriintr  et  Piirjrcn,  servant 
d'a>aiit-LMrd<'  à  la  "!''  <li\ision. 

La  l"'ili>ision  est  adossée  au  bois  dTnter-l*;lin^  et  porte 
vnn  a\ant-^arde  sur  la  roule  de  Sebôn^au,  à  une  lieue  à  gauche 
de  LandsberL:.  T.es  |»nsitions  oH'rent  (|uel<|ue  chose  d'irréjçiilier, 
mais  il  étail  nuit  el  il  tombait  beaucoup  de  pluie  et  de  neige 
lorsipie  les  troupes  s'j  sont  rendues:  j'ai  cru  devoir  attendre 
justpra  demain  pnur  les  rectifier. 

Kn  arri>ant  a  Landsberi:,  nous  axons  trou\é  le  régiment  de 
enirassiers  du  prince  l'erdinand  «pii  occupait  les  routes  de 
SehoiiLMU  et  de  Mindtdheim,  mais  il  était  engagé  dans  la  i*^. 
Le  K^  réjL'iment  <li'  hussards,  «pie  j'axais  porté  à  llol/hausen  pour 
lui  enupi-r  la  relraili»,  n'a  pas  été  assr/  heureux  de  le  rencontrer, 
mais  je  'JCi*  régiment  de  chasseurs  â  chexal,  auquel  j'axais  donné 
ordrt'  de  h*  pitursuixn*  \i*:oureusenient,  a  eu  occasion  de  lui 
donner  deux  eliarp's  qui  Tunt  le  plus  grand  htmneurau  régiment 
ainsi  qu'au  général  Marnanin  qui  était  à  sa  tête.  Le  résultat  a 
éti-  qui*  120  cuirassii'rs  axée  leurs  chexaux,  et  i  pièces  de  canon 
de  lî  sniit  ri'stés  en  notre  |)ouvoir.  Les  reeonnaissanees  que  j'ai 
rnxnxées  sur  les  roules  tie  Munich  et  de  AVeilheim  n*étant  pas 
l'heure  rrntrées,  jr  uv  puis  rrndre  a  Votre  Kxcellencc  les  rensei- 
L'urmrnts  sur  irs  mouM'Hirnls  de  l'ennemi  tpi'ellps  ont  acquis. 
hfinain,  j'aurai  riioiirieiir  dr  \ous  (>n  adresser  de  positifs  en 
ini'-mi*  ti>mps  ipir  je  \nus  rn\ errai.  Monsieur  le  Maréchal  el 
Ministre,  les  noms  ijfs  oi'iieiers.  sous-oriiciers  et  chasseurs  qui 
SI'  siiut  liistiuLnii's  partieulii'rement. 


576  CHAPITRE   VI. 

Parmi  l«»s  prisonniers,  se  Irouvonl  un  lionlenanl-otilnn^l.  ur 
capitaine  mnimandant  d'eseadrun  et  »raiitn's  oflieir r^. 

hcinain.  Je  \os  adresserai  au  lîrand  FHal-Maji«r  ::f*nrral  »Ti 
\tMis  (Iniinnnt  des  renseignements  plus  rtemlus. 

SiriT. 


Le  maréchal  Soult  au  général  Vandamme. 

I.aiHlslior^'.  !•'  I<*  Ti>nilénii.'iir-  an  xiv  Ml  ■vt.-ktr*  l**  ■   . 

Monsieur  \o  <i«''nëral. 

Le  rhrC  di*  ri'lal-inajnr  m'urral  m'instruil  «pie  I  inf.inlf-n' 
tif  hatailli' de  \(dri' di\isinn  s'«>tait  etahlif  en  a\ant  du  \ill.«^*'* 
dt'  KanliTiii^  ;  aupar:i\ant  d«*  muis  \nir,  i'a\ais  t'li.ir::i'  Ir  «-h»-? 
•I»'  t»atailliiii  t.nniprri'  d'allrr  a  sa  n-neunlri'  par  rflti'  ri»Htf.  jm  ijr 
lui  r\itt'r  Ir  drtnur  lie  la  \illr,  et  il  di'\ait  \nus  dirf  ii«*  r«-laM:r 
«Ml  :i\aiit  lin  \iliai:r,  s'il  rtait  trop  tard  pnur  i|u'«'ll*'  prit  l.i  |n.%.- 
Iiiiii  <pic  I  axais  indi«|Ui''('.  \.f  rontrt'tcmps  i|ui  a  fii  Ikmi  ««t^ 
ri-païf  demain  malin,  i-ii  rcetilianl  tnntrv  |fs  ptisitinns  ilu  >  ••r|>* 
d  armrr, 

.\v  \ous  pii-xiiMiN  «|Uf  jt'  dnnui"  iinire  au  t:«'nrral  S<-|ia<«tiaDi  J- 
|MM'ti-r  demain  dr  i:rand  matin  une  ieeiinnai«>Naiie>'  tU-  Jem 
ri'::imi  iils  «If  dia;^nMs'  snr  \V«*illieim.  a  l'eMi't  d\  rnlr^^r  ii:i 
«-i>ii\ni  iraitdl<-rif  4pii  a  prisfi'tte  direetion.  Sa  niiN^ittn  rmipli^. 
il  i'r\ii-iidra  MiiiipiT  le  \illaLi'  i\r  l*uri:en. 

I.r  ::«M»i-.il  Waltlni,  aNrr  tnds  n'i:iment%.  dtnl  i-n  rii»'!H'' 
lriii|iN  |i.Mi^N,T  iim*  n-iunnaisNani'f  sur  la  n»ut»*  d»*  Munn-h.  'S 
i.Niiiii  .1  ><  hw  iilm::  ;  il  srra  ni-ct'ssaire,  MiuiNirur.  ijin*  \'ii;% 
|ii>>ti  :.'ii/  Il  iiMiiiMiiii  lit  de  ci'N  di'iix  i:i'nrran\.  en  pi-rtaiil  «^n 
.i\.iiit,  |M.iii  lis  sniiliiin.  un  hataillon  d'infanlrrh'  mit  •-ha<p2^ 
!>iil'.  <  '^  il<  ii\  l).<tadliiiis.  i|u'il  Nnl'fit  itr  f.iirr  partir  au  j<*ijr. 
!•  i.ln-ioi  t  .1  tiiiis  ri -.UNi-nts  |orsi|Uf  les  draiiiins  rf*\  ti'nilri«iit. 

.1    -•!    i    il'iIllM-lIt 

NilLT. 


11    OCTOBRE.  577 

Ordre  du  général  Andréossy  aux  deux  bataillons  de  Wurtemberg. 

Augsburg,  le  li>  vendémiaire  an  xiv  (11  octobre  1805). 

Conformément  aux  intentions  du  ministre  de  la  guerre,  major 
«général,  il  est  ordonné  aux  deux  bataillons  de  Wurtemberg, 
qui  sont  à  Donauwôrth,  d'en  partir  aujourd'hui  19. 

Ils  garderont  le  pont  militairement  en  attendant  de  nouveaux 

ordres  à  Ha  in. 

Andréossy. 


Le  général  Andréossy  aux  maréchaux   Davout,  Soult,  Bernadotte, 

Marmont. 

Augsburg,  le  11)  vendémiaire  an  xiv  (11  octobre  1805). 

Son  Excellence  le  ministre  de  la  guerre,  major  général,  me 
charge  de  vous  prévenir  que  la  route  de  communication  entre 
Spire  et  la  Grande  Armée  jusqu'à  Nôrdlingen  est  prolongée  sur 
Donauwôrth,  Maitingen  et  Augsburg. 

Je  vous  prie,  en  conséquence,  de  vouloir  bien  donner  des 
ordres  |)our  diriger  sur  Augsburg  tous  les  prisonniers  de 
guerre  (jui  seront  faits  par  le  corps  que  vous  commandez.  En 
général,  lorscjuc  le  corps  d'armée  à  vos  ordres  sera  plus  loin  de 
France  (juc  le  (|uartier  général  impérial,  les  prisonniers  de 
guerre  devront  toujours  être  dirigés  sur  le  quartier  général, 
d'où  ils  seront  envoyés  h  Spire  par  la  route  établie. 

Andréossy. 


Le  général  Andréossy  au  général  René, 

Augsburg,  le  19  vendémiaire  an  xiv  (11  octobre  1805). 

Monsieur  le  Général, 

Son  Excellence  le  ministre  de  la  guerre,  [major  général,  vous 
a  désigné  |)our  commander  provisoirement  dans  la  place  d'Augs- 
l)urg,  sans  cesser  néanmoins  d'être   commandant  du  quartier 
III.  37 


578  CHAPITRE   VI. 

général.  J'ai  prévenu  .M.    révéf|uc    d*Au»rsl)urjr .   ainsi    que  :1a 
commission  (lu  Sénat. 

Je  vous  invite  â  prendre  toutes  les  mesures  que  vous  croirez 
convenables  p(»ur  assurer  el  maintenir  la  tranquillité  et  le  bon 
ordre  dans  la  place,  en  faisant  droit  aux  justes  réclamations  qui 
vous  seraient  portées,  cl  en  donnant  les  ordres  les  plus  précis 
pour  i|ue  les  Français  <|ui  sont  dans  cette  ville  ou  qui  y  passent 
ne  commettent  aucun  désordre  et  pour  que  tous  les  militaires 
(]ui  ne  sont  pas  de  la  garnison  rejoignent  leurs  corps. 

Anoréossy. 
Le  général  Andréossy  au  Commandant  de  la  place  d'Augaburg, 

Auf^sburg,  le  VJ  vciidémiairo  an  xiv  (11  octobre  1805). 

Monsieur  le  (iénéral, 

,1c  vous  préviens  ((ue,  daprcs  Fintcntion  de  Sa  Majesté  et  les 
ordres  du  ministre  de  la  guerre,  tous  les  convois,  soit  de  che- 
vaux, soit  de  bagages,  soit  d'hommes,  le  pain,  le  biscuit,  les 
dépôts,  petits  détacrhements,  hommes  isolés,  enfin  tout  ce  qui 
vient  de  France  pour  (juchiue  corps  (|ue  ce  soit  de  Tarmée,  se 
rendra  directement  à  Augshurg,  el  Son  KAcellence  le  major 
général  donnera  les  (»rdres  de  destination  ultérieure,  d'après 
Tctat  qui  lui  sera  adresse  chaque  jour  par  le  général  comman- 
dant à  l)(mau\vorth. 

Veuillez  bien  donner  des  ordres  précis  pour  être  instruit  de 
tout  ce  (jui  entrera  dans  la  ville,  afin  de  pouvoir  exécuter  à  la 
niirnit<'  les  ordres  (|ue  vous  serez  dans  le  cas  <le  recevoir  (Toncer- 
nant    les   <*onvois   ou    (Ictachemcnts  venant    de    Donauworlh. 

Anduéossy  (1). 


(1)    Dos    ordres    sont   «loinn's   m    rniiséqiicnrc    nu    fféiUTal   (jodinot, 
rniiiiiiainl.iiit  à  l)uniiii\>()rth. 


I 1    OCTOBRE.  579 

Le  généra/  Andréossy  au  prince  Murai. 

Au»tsl)Ui%:.  le  H»  v^ndémiain'  an  xiv  (Il  ociobn*  Ihori). 

Sim  K\(i*lK*iu"i'  le  ininistiv  de  la  .;:iumit  me  charge  de  pré- 
xi'iiir  Votre  Allfsse  Srrénissinie  «m'elle  ne  doil  plus  eii>t)\t*r  an 
quartier  iréiiéral  im|n'rial  les  prisnimiers  (|iii  seront  faits, 
lor^qur  la  |)osilion  dr  son  torps  d'aniit'e  sera  pins  rapproehéo 
ili's  fronlit'ri'N  <le  l'raiiee  <pn'  rrllr  i\\i  qnartier  frénéral  impérial. 
l.i'N  prisofmirrs  <lr\ronl  rtri'  dirims,  nwv  nne  eseorte  eom- 
mandre  par  nn  oriii'ier  d'rtal-major,  par  la  ronle  de  Selion- 
dort*  snr  Stult,i:ard  ri  Spire,  on  ils  seront  rrmis  a  M.  radjndant- 
enmniandant  t;he\alier.  rt  \vs  drla<*liemenls  d'rseorte  \iendronl 
rejidndre  lenrs  eorps.  Tons  les  prisonniers  jails  snr  ['.\m  et  dans 
ertte  partie  ponrroni  rtre  rassemhirs  a  (îiin/hnri:.  l'n  ol'tirier 
di'tat-inapn'  «pu*  Votn*  Altesse  Sérénissinii'  >  plaet^ra,  les  fera 
partir  par  i'on\oi  en  les  <lirii:eanl  sm-  Spire,  soit  par  lleilhronn, 
sinl  par  Stnttuard.  La  ronte  d'Ileilhronn  doit  ètri'  préférée, 
|iaref  ipie  e'est  eelh*  i\r  l'armée  «pii  est  or^aniséi*.  Votre  Altesse 
Sérenissime  donnt"ra  si's  ordres  ponr  t\\w  l'oftieier  d'état-major 
ipii  commandera  ces  ennNois,  fasse  fonrnir  des\i\res  par  réipii- 
silion.  en  étai»liss;inl  nne  es|>ece  de  re>ue  a\ee  tes  hnur^- 
niestres. 

Andukossy  (I  . 

Le  iiencr,il  Andréossy  au  gênerai  Pernetty. 

An.kliir.  .  I>-  J!'  vcii'lcini.iirr  .m  \iv  Ml  urtolip*  Iso:>). 

Mon  elii'i-  (iriiéml. 

.If  \iiiis  in\itr  .1  Mirilnii  \\\ri\  me  proeiirer  le  plus  tnt  ipril 
\ons  sera  possildr  un  i-tat  i*\a<*t  de  silnntion  du  pi'i'snnnel  et  du 
mati-riel  dn  urand  parc  d'arlillrrie.  # 


\\)  l.«  ^»  lu  I  il  ■!  \-|ii-  '  •»  <liriL«  ««iir  Spiii  .  Il  i-oni|i.n:ni-  piir  t'jidjn- 
'S.tnl- "111111  nnlint  !hi<<>u>li  !•>,  ipn  ii-\ii  iiili.i  iii  |iii<«ti'  .iprés  l'ainir riiiihé 
•I  I  ■•iJMiJ  Mit  I  iHiirri  iiKl.mt  <  .lii  \  ilin  .  Ci-  iliMiMir  iliricrr.i  l<*  p*iiér:d 
.;  \«|.|.  .1  ...[|  m  \.  II.  t.i>t  |ii  i<«Miiiiii  1  .i\ii-  lui.  <«iii'  iiiii-  \illr  i|t*  l'iiité- 
ii>  ui .  >>ii  lU  ^1  II  Mil  ->\i-  Il  ^111  \  Il  II. lin  •■  iji^   iii|i>rili-4. 

!•    .ii'i-l    \imI|">..\    .'.lit  .•..!   .  ifi  I   m  iii.iin-  ilf  Lt  idlr,  ilunt   k 

ll'<lll    ■  «I    I  i|*>«i     t-li    |i|.MI<  . 


580 


CHAPITRE  VI. 


I/Kmporeiir  exige  un  état  général  de  l'armée  et  le   major 

général  me  le  demande  instamment.   Veuillez   donc,  je  vous 

prie,  mon  clier  (iénéral,  vous  occuper  particulièrement  de  cet 

objet. 

Andréossy. 


Le  général  Andréossy  aux  maréchaux  Ney,  LanneSy  Davout, 
Bernadotte  et  au  prince  Murât 

Augsburg,  le  10  vendémiaire  an  xiv  (11  octobre  1S05). 

Monsieur  le  Maréclïal, 

J'ai  riionneur  de  vous  prévenir  que  Sa  Majesté  exige  absolu- 
ment que  je  lui  présente,  le  21  dans  la  matinée,  un  état  de 
situation  exact  des  diflërents  corps  de  Tarmée  sous  la  date  la 
plus  récente. 


On  indi<|uera  les  détachenjcnls  arrivés  des  bataillons  de  dépôt 
et  la  date  de  Tordre  en  vertu  ducpiel  ilsonl  rejoint  les  bataillons 
de  guerre. 

Sa  Maji'slé  attache  la  plus  grande  importance  aux  étals  de 
situation  et  je  prie  Votre  Altesse  de  vouloir  bien  donner  des 
ordres  pour  (jue  ronicier  que  j'ai  Tbonneur  de  vous  adresser 
puisse  le  rapporter  et  être  de  retour  dans  la  journée. 

Andréossy. 


11    OCTOBRE.  581 


Aperçu  de  l'armée  autrichienne  sous  /et  ordres 
de  l'archiduc  Ferdinand. 

( Pofttériour  aa  10  octobre  1805.) 

INFANTERIE. 
>yMS   OKS   COhI'S.  UHSRRVATIOMS. 

An'hiiiur-HainitT. 
Frôhlich. 
Kolownith. 
Archiilur-Muximilit'n. 

Hiesi' Du  rorp«  de  Kienmayer. 

llanfri'diiii. 

Erbnrh Du  ror|>8  de  Kienmayer. 

Stuarl. 

Jus«*|»h-<lollonMtu Du  corps  diî  Kienmayer. 

Kaunitz. 

Hf*uss-]Mjiui*ii. 

Auers|KTu. 

lit* mniinK«'n Dans  le  Haut-Painlinat,  h  Amberg. 

Wurleniheri; Du  corps  de  Kienmafcr. 

JelWhirh. 

liyulay Du  corps  de  Kienmayer. 

Stiin \  Ces  quatre   régiments  avaient   fait 

D«*auli4'u r      partie  du  camp  de  Bregoni,  sot» 

KjîstT k      le     commandement    du    général 

llildhur);liausrii /      Wolfskeel. 


II«Mitschm**ist<T \  Ces  quatn*  régiment*,  qui  ne  sont 

CnMiziT-W.iraidiiis. f      entrés  en  Ilavière  que  le  6  octobre^ 

ItrofMltT i      tM*  sont  joints  le  10  au  corps  de 

3  .lutn's  r^):i^lt•nl^  fruiitirns. . . .  /      Kicnmafer,  4  Munich. 

CAVALERIE. 

^M.H•k. 

Dui-AllMTt. 
ll*riiirt'-Hn\.d-F«'nli- 

Ciiir.««>«ifni.\     naiid A  Landshut  et  environs. 

rllohfii/olli-iii. 

.\.i*is;tu. 

i  ClMrli-<«-«li-Li»rr.iin«'.     A  Landshut  et  environs. 


582  CHAPITRE  VI. 

-.  /  I.atour. 

Uni  irons    l 

.    .  1  Hohonlohi^ A  Sulzharh,  dans  le  Haut-Palatinut. 

<»t  rhovau-  <  ,^         , 

i  Rosenberif . 

^  ».  Klenau. 

!Li<'rhtrnslein. 
Hlankenstcin. 
Palatinat. 

I  Mervcidt En  Bavière. 

(SchwarzenlMTg. 

GÉNÉRAUX   DE   L'aRMÉE  AUTRICHIENNE. 


l'hlans. 


Arcliidiir  Feriunanf),  rommandant  on  chof. 
M.\<:Kf  commandant  on  sooond. 
Mayer  (l),  rhof  do  IV-tat-major. 

KlENAT  (2).  llKSSR-HOMROIlKi  (10). 

KlENMAYER   (3).  MeRVELDT  (1 1  ). 

WOI.FSKEEL  (4):  SciiWARZENBERr,  (lî). 

GOTTESHEIM  (K).  UlESE  (13). 

Stipskiz  (6).  Mer(:am>i.\(14). 

HiLLER  (7).  Hoiian  (15). 

Werneck  (8).  Caramelli  (16). 

HOHENLOnE  (y).  liYLLAT  (17). 

Comte  KicniiOLDT,  commissaire  général  civil. 


(I)  Mayor  von  HoMonfeld,  (iénéral  Quartier-Meister  Stabs  Colonel. 
(2)Klonau,  Fold  Marschall  Lieutonant. 

(3)  Kionmayor,  Fold  Marschall  Liouti«nant. 

(4)  (iénoral-Major. 

(5)  Feld  Marschall  Ijoutonant. 

(6)  Fold  Marschall  Lioutonant. 

(7)  Fold  Marschall  Lieutonant. 

(8)  Fohl  Marschall  Lioutonant. 

(9)  Hohenloho-IngolfinKon,  Fiirst  Friedrich  Feld  Marschall  Lieutenant. 

(10)  Bosson-Homburg,  Friedrich  VvU\  Marschall  Lieutenant. 

(II)  Graf,  Fold  Marschall  Lioutonnnt. 

(12)  Fiir>t  Ciirl-llofkriotrsraths,  Vico-Pn'sidont  (Feld  Marschall  Lieu- 
tenant). 

(13)  Uiesch  jnoltabloniont  (Hieso  était  i\  Palmanova),  Feld  Marschall 
Lieutonant. 

(14)  ti«''noral-Major. 

(15)  (lénéral-Major. 

(16)  (iénéral-Major. 

(17)  Feld  Marschall  Lieutonant 


il   OCTOBRE.  588 

IVnprrs  cet  aperçu,  l'armée  antricliienne,  en  Allemagne,  est 
composée  de  :ir>  réfrimenls  d'infanterie  et  15  régiments  de  cava- 
lerie. 

Les  régiments  d'infanterie  ne  sont  pas  de  force  égale,  et 
aucun  n'est  au  complet  ;  il  y  en  a  qui,  d'après  la  nouvelle  orga- 
nisation, sont  déjà  formés  sur  .*>  bataillons,  mais  la  majeure 
partie  n'est  <|ue  de  i  bataillons  ;  quelques-uns  ne  sont  même 
que  de  .'{ ;  ce  (pii  fait  iju'on  ne  peut  guère  évaluer  reffectif  de 
clia<|ue  réu'iment,  l'un  dans  l'autre,  à  plus  de  !^,80().  En  suivant 
ce  calcul,  l'infanterie  se  monterait  à  70,()00  hommes. 

Les  régiments  de  cavalerie  ne  sont  également  pas  au  complet. 
On  ne  peut  guère  estimer  à  plus  de  7(N)  hommes  les  régiments 
de  cuirassiers,  à  plus  de  8<N)  hommes  ceux  de  dragons,  et  à  plus 
de  ICMN)  ceux  de  hussards  et  ulilans.  Ce  qui  donnerait  pour  la 
cavalerie  1:2,  i(K)  hommes. 

On  ne  connaît  pas  le  nombre  des  compagnies  de  canonniers, 
bombardiers,  sapeurs,  pionniers,  etc.,  qui  sont  à  Tannée.  On 
suppose  que  l'artillerie  et  le  génie  peuvent  aller  à  4,000  hommes. 

Ce  qui  donnerait  le  total  suivant  pour  toute  Tarmée  : 

Inf.intrrir 70,000  hommes. 

C^iviihiif 12,500        — 

Artiiit-rit;  i*l  ^t'iiir 4,000         — 

Total 86,800  hommes. 

L'année  autrichienne  en  Souabc  peut  être  renforcée  à  volonté 
par  1.*i,(NN)  hommes  du  Tyrol,  suivant  que  les  cireonstanees 
l'exigeront.  Les  8  régiments  de  ligne  qui  sont  dans  le  Tyrol 
peuvent  se  porter  moitié  en  Italie  et  moitié  en  .XUemagne;  le 
corps  des  chasseurs  tyroliens  est  également  disponible.  Ces 
troupes  ne  sont  pas  nécessaires  à  la  défense  d*un  pays  dont  toas 
les  passages  sont  fortifiés,  dont  tous  les  habitants  sont  inscrits 
sur  les  registres  de  la  milice,  composée  de  3  eorpi  d*élite, 
qu'on  é\ahie  de  .'{O.tNN)  a  it^lNM)  hommes,  indépendamment 
desquels  il  existe  déjà  \  ré^riments  de  miliciens,  formés  depuis 
près  de  deux  innjs  sur  le  pied  de  Tinfanterie  de  ligne,  chacun 
de  ti  ciMiipaLMiieN. 

On  ;issnn>  qu'un  Unui*-  dans  ce  moment,  »  Pilsen  en  Bohème, 
une  aiMM'f  de  n-^nvi-  distinée  â  renforcer  Tannée  d*Allemagne, 


584  CHAPITRE  VI. 

en  cas  de  besoin.  Cette  armée  sera  composée  de  bataUloDS  et 
d'escadrons  de  réserve. 


Ordre  du  jour. 

Augsburg,  lo  19  vendémiaire  an  xiv  (11  octobre  1805). 

La  solde  sera  payée  à  Tarmée  jiis(|irau  l*""  brumaire. 

A  dater  du  l*^""  brumaire,  la  solde  du  corps  d'armée  de  M.  le 
maréchal  Bernadotle  sera  payée  par  la  caisse  de  la  Grande 
Armée. 

La  solde  du  corps  d'armée  de  M.  le  général  Marmont  conti- 
nuera à  cire  payée  par  la  Batavic. 

Tous  les  déserteurs  de  l'armée  ennemie  seront  dirigés  sur 
Piiilippsburg  par  Spire,  où  ils  seront  incorporés  dans  le  régiment 
de  Latour-d'Auvergue  :  (m  les  adressera  au  commandant  de  la 
place,  (|ui  prendra,  à  cet  égarcL  les  ordres  du  maréchal  KcUer- 
luann. 

L'Kmpereur  esi  instruit  <|ue  les  postes  d'Allemagne  sont 
désorganisées  parce  (|u'()n  se  permet  de  prendre  de  force  des 
chevaux  que  l'on  ne  renvoie  pas.  11  en  résulte  que  les  officiers 
délai-major  et  les  courriers  de  Thlmpereur  ne  peuvent  voyager, 
et  (jue  les  affaires  de  l'Etat  se  Ircuneiit  compromises  parce  que 
les  ordres  de  la  plus  haute  iin|>ortance  ne  peuvent  parvenir. 

11  est  ordonné  à  MM.  les  maréchaux  et  généraux  commandant 
en  chef  de  faire  renvoyer  tous  les  chevaux  de  postes  qui  pour- 
raient être  à  la  suite  de  leurs  corps  d'armée. 

A  mesure  (pi'ils  se  porteront  en  avant,  ils  devront  donner  des 
sauveganles  aux  maîtres  de  postes  pour  garantir  le  semée  dont 
ils  sont  chargés.  Sa  Majesté  considère  comme  ime  faute  capi- 
tale renlèvement  des  chevaux  de  postes,  ou  leur  emploi  en 
c(mlravention  du  règlement  sur  le  service  des  postes. 

Andréossy. 


11   OCTOBRE.  585 

Le  maréchal  Berthier  au  général  (PHautfiouL 

Augsborg.  lo  19  vendémiaire  an  xiv  (11  octobre  1805), 
h  7  heares  du  matin. 

Il  est  ordonné  an  général  d'Hautpoul  de  partir  sur-le-champ, 
pour  se  rendre  à  mi-chemin  dWugshurg  à  Dachau. 

Il  préviendra  de  sa  position  le  général  Marmont,  qui  sera  à 
Augshur^,  et  le  maréchal  Davout,  qui  se  rend  d'Aichach  à 
Dachau. 

Le  ;;énéral  dllautpoul  est  prévenu  que,  s'il  avait  des  ordres 
de  M.  le  maréchal  Davout,  il  devrait  les  exécuter  et  m'en  prévenir 
sur-le-champ. 

Maréchal  Berthieb. 


L'Empereur  au  maréchal  Davout 

V^uarti<»r  impi'rial.  à  Augiburg,  le  19  Tcndémiaire  an  xvr 
(II  octobre  1K05;,  à  'A  heorcs  après-midi. 

M<m  Cousin,  j'ai  reçu  votre  lettre.  Je  vois  avec  plaisir  que  ce 
n>st  pas  p<Mir  priver  la  division  .Nansouty  de  son  artillerie  que 
\ous  ave/.  ord(mné  <|u>lle  vint  à  votre  quartier  général.  Cette 
divisi<»n  vient  anjourdhui  à  .\ugshurg,  où  il  faut  diriger  cette 
artillerie.  Le  paierai  licrnadotte  a  du  ctrc  aujourd'hui,  à  midi, 
à  Miinirh;  le  inarcchal  Soult  à  Landsherg.  Veillez  à  ce  que  les 
rlie\aii\  restent  aux  postes.  Mette/.-y  mcmc  un  petit  paquet  de 
cavalerie,  pour  (]ue  les  communications  avec  Munich  soient 
très  rapides.  Je  suis  ini|uict  du  peu  d^artilleric  et  du  peu  de  car- 
touches (|ue  vous  axe/.  Knvoyez-moi  ce  soir  Tétat  de  situation 
des  ennemis  et  le  nom  <!<>  leurs  régiments  qui  ont  été  plusieurs 
jours  entre  .\ichach  et  Daeliau.  A}e/  des  postes  de  cax'alerie  au 
xilla^e  de  Hrnck,  sur  Landsherg,  et  sur  Tautrc  chemin  d'Augs- 
hurL'  a  Muiiieh.  Faites  faire  du  pain  partout  pour  vos  troupes, 
auxquelles  je  >ondrais  hien  laisser  un  jour  de  repos,  mais  les 
moments  sont  pressants,  il  faut  prendre  de  bonnes  positions. 
l/armée  du  prince  Ferdinand  est  entièrement  tournée.  Le  prince 
.Murât  le  poursuit  axec  les  divisions  des  généraux  Lannes 
et  .Ne). 

NapoUon  (I). 


(I)  Correspnndanre  //*;  N'ipoirnn,  n»9367. 


586  CHAPITRE   VI. 

Le  maréchal  Berthier  au  maréchal  Davout. 

Augsburfç,  le  li)  vendémiaire  anxiv  (Il  octobre  1805), 
à  7  heures  du  matin. 

Ordre  au  maréchal  Davout  de  se  porter  à  Dachau,  où  il  est 
nécessaire  que  son  avant-garde  arrive  aujourd'hui;  que  tout 
porte  à  croire  qu'il  n'y  a  pas  dVnnemis;  s'il  y  en  a,  il  faut  les 
attaquer  demain.  Si  tout  son  corps  ne  peut  arriver  aujourdlini 
à  Dachau,  il  le  placera  au  moins  à  la  croisée  des  chemins  de 
Dachau  à  Aichach  et  de  Dachau  à  Augshurg,  vers  Sulzemoos. 

Dans  tous  les  cas,  M.  le  maréchal  Davout  laissera  h  cette 
croisée  de  chemins  une  division,  à  moins  qu'elle  ne  lui  soit  néces- 
saire pour  attaquer  reniiemi.  11  dirigera  de  fortes  patrouilles 
sur  les  chemins  do  Landsherg  et  de  Munich  et  sur  celui  de 
Landsberg  à  Munich,  vers  le  village  de  Germcring,  à  trois  lieues 
de  Munich. 

M.  le  maréchal  Davout  est  prévenu  que  M.  le  maréchal  Ber- 
nadotte  marche  sur  Munich  avec  toute  son  armée,  que  M.  le 
maréchal  Soult  est  à  Landsberg  et  que  le  général  Marmont  est  à 
Augsburg.  Il  est  également  prévenu  (|ue  la  division  de  grosse 
cavalerie  du  général  d'IIaulpoul,  prend  position  à  mi-chemin 
dWugshurg  à  Dachau,  (|u'il  peut  se  servir  de  cette  division  sui- 
vant les  circonstances,  mais  qu'il  ne  peut  et  ne  doit  rien 
changer  à  son  organisation. 

.le  préviens  M.  le  maréchal  Davout,  (pi'il  peut  envoyer  à 
Augshurg,  au  général  Andréossy,  les  prisonniers  ou  déserteurs 
(ju'il  |)eul  avoir. 

Maréchal  Berthibk. 


Ordre  de  marche  du  19  vendémiaire  an  XIV  {11  octobre  1805), 

1/avant-garde  aux  ordres  du  général  lleudelet  se  portera  sur 
Dachau,  en  chassera  l'ennemi  et  prencha  position  sur  la  rive 
gauche  de  l'Amper,  aura  des  avant-postes  une  lieue  en  avant  ot 
enverra  de  fortes  patrouilles  sur  le  village  de  Germering,  à  trois 
lieues  (W  Munich,  sur  In  route. 

Les  If"  et  ±'-  divisions  sc^  pculeront  en  avant  crOber-Hoth,  sur 
la  rive  gauche  du  ruisseau  de  ce  nom,  et  prendront  position  :  la 
I""'-  division  à  droite  de  la  roule  d(*  Munich,  et  la  "1*'  à  la  gauche. 


11    OCTOBRE.  587 

Lfi  l"*  <ii>isinii  rlahlira  un  bataillon  sur  sa  droite,  h  Palsweis, 
i»t  la  2**  (li>iNion  sur  sa  jraiiclu»,  a  Fraiicnhofon. 

La  .'{<'  <ii>isinn  ainsi  ()iic  le  parc  de  réser>'e  prendront  position 
snr  Ir  <ilon. 

La  l""'-  <li\isi()ii  onvorra  île  tories  patrouilles  sur  la  roule  de 
LaiMlsheri:. 

La  ea>alerie  Ictrèn-  suivra  le  ni<Mivenicnt  de  l'axant-^arde  et 
sera  aux  ordres  du  général  Ileudelet. 

Les  ::i  iiéraux  de  divisicui  eux erront  de  suite  leurs  chefs  d*6tat- 
niajiir  n'ennuaiire  la  position  <|ue  les  troupes  â  leurs  ordres  doi- 
\ent  «M'euper. 

1.4'  <|n;irtiiT  i;riirral  sera  élahli  :i  Ober-Uoth. 

Les  snus-orficiers  des  rr«:iuients,  <|ui  ont  dfi  venir  chercher  le 
pain  pnur  les  ei»rps,  le  l'erout  suivre. 

Lr  G'-nrinl^  rhrfdt*  i'rlat'mujor  général, 

iA  .    a.'.  DAULTANIfl. 


Le  maréchal  Davout  au  général  de  brigade  Heudelet. 

Airh.-irh,  1<^  11)  vcndt-miairo  an  xiv  (11  r)(toltrG  18<iri) 
<ir  lierai, 

.II*  xiiiis  pn-NJens  «pir  je  \ieiis  de  vous  contier  le  conunan- 
d<-ui<-n(  lie  r.ix.'iut-L'.'inle  du  .*{''  corps  d*arnu''e,  C(»uiposéc  des: 

l.'{'  n-::inirijt  ilinrautcrii'  It'irêre, 

\i\H'  rrjiuii'ht  d'inlaut<'rie  de  li^ne, 

;î  pures  «!»•  L 

1''  «'I  {!'•  rii:iiiirijts  (le  chasseurs  â  cheval. 

Le  Lifiii  r.il  l.ppliT  rvt  attache  a  celte  avant-^arde  souh  vos 
urdres  :  I  adiudanl-rnoiinandant  Mares  est  attaché  aussi  à  votre 
a>ant*::.-inl<  .  .«liisi  «pu*  ladptiut  /adêra,  Padjudanl  du  fcénie 
Thrinlli<r  i-t  1«-^  nUirnis  d  «i.it  uiajnr  <lè(achcs  mainienHni  avec 

\v  'J.r\\t'll\\    I!|ip|r| 

{.(•rsiph*  Li  cniiif  iir  liL'rn>.  aux  nnlren  du  général  Vialaiines, 
srr.i  iiitririir<li,iiii  .i  \n|ir  ,i\;iiit  iianlc  el  au  Corps  d'nrniéc*,  elle 
ser.i  ;i  \«»n  nnjris 


388  CHAPITRE  VI. 

Vous  établirez  votre  avant-garde  en  arrière  du  Glon,  vos 
avant-postes  seront  à  Ober-Roth,  à  l'embriinciienient  des  routes 
de  Munich,  et  occuperont  le  pont  surla  Uoth.  Vous  ferez  replier, 
cette  nuit,  tous  les  postes  que  les  Autrichiens  pourraient  avoir 
entre  vous  et  TAniper  ;  vous  occuperez  Dachau  et  le  pont  qui 
est  sur  cette  rivière. 

Vous  communiai uerez  par  des  partis  avec  les  troupes  de 
M.  le  maréchal  Hernadotte,  dont  Tavant-garde  était  à  PfafFen- 
hofen  ;  vous  vous  tiendrez  toujours  en  communication  avec  ce 
corps  d'armée.  Vos  communications  ne  seront  (|ue  verbales  et 
roificier  devra  vous  donner  connaissance  du  2«  corps  d'armée, 
ainsi  (jue  des  nouvelles  de  Tennemi  que  vous  aurez. 

L'armée  autrichienne,  par  les  savantes  combinaisons  de  notre 
souverain,  a  été  surprise  avant  sa  réunion.  Aucun  plan  de 
campagne  n'existe  ;  le  moral  des  trou]»es  et  des  officiers  est 
singulièrement  attatpié  ;  il  faut,  par  des  attaifues  et  des  fausses 
alertes  de  nuit,  fatiguer  ces  troupes.  11  n'y  a  pas  de  meilleurs 
moyens  pour  maintenir  la  désertion  elles  découragements. 

Vous  enverrez  des  partis  du  coté  de  Friedberg  et  l^amlsberg 
pour  faire  en  sorte  de  cojnmuniquer  et  d'avoir  des  nouvelles  du 
corps  d'armée  du  maréchal  Soult  qui  doit  occuper  cette  position. 

Vous  chargerez  particulièrement  l'officier  du  génie  Prévôt 
(les  reconnaissances  des  routes  elchenjinsde  traverse  <|ui  seront 
sur  votre  front  et  vos  lianes.  11  adressera  les  rapports  au  chef 
de  Tétal-major  général. 

établissez  ttmjours,  entre  le  quartier  général  et  vous,  des 
postes  de  correspimdance  (jui  ne  devront  porter  que  vos 
dépêches,  les  miennes  et  celles  de  Tétat-major.  Vous  ferez 
connaître  les  points  où  \n\\s  établirez  ces  postes. 

.le  vous  invite  à  vous  occuper  des  subsistances  de  Tarmée, 
surtout  sous  le  ra{)port  du  pain  :  vous  c<mnaissez  trop  notre 
position  embarrassanle  pour  ne  pas  faire  mettre  à  exécution  les 
différentes  rétiuisitions  (jue  l'ordonnateur  enverra  au  commis- 
saire Chanteau.  Je  vous  invile  même  à  ne  pas  attendre  ses 
ré(|uisitions  pour  agir. 

V<Mis  enverre/  sans  perdre  de  tenjps  tous  les  prisonniers  et 
déserteurs  au  (juarlier  général  où  il  }  a  un  bureau  organisé 
pour  leur  interrogatoire. 

Le  corps  ennemi  (|ue  vous  avez  vis-à-vis  de  vous  est  com- 


11    OCTOBRE.  S89 

mandé  par  le  général  Kicnmayer  ;  il  a  sous  ses  ordres  les  géné- 
raux Sioukenesky  v.i  Pilalo.  Les  régiments  de  : 

iiyulay 1 ,800  hommes. 

CoUorédo 1  ,gOO  — 

DeutschmeisttT 2,000  — 

WurtrmluTp  (pivn.uiii'rs) 500  — 

<;r;i.listan<T 1 ,800  - 

BrooiliT 1 ,800  — 

IVtiTwaniriiHT 1,800  — 

(^uirassin-s  ilo  Fordiiiaml 800  — 

—         do  Nassau 800  — 

riilaiis  (le  SchwarzonlMT^ 1 ,000  — 

Hiiss^inls  ilr  Li<M'hteïist«'in i  ,000  — 

Blaiiki-iisl.'iii 1 ,600  — 

TuTAi 15,900  hommes. 

11  parait,  d'après  les  rapports  des  es|)ions,  déserteurs  et  pri- 
s<»nniers  que  le  général  Kicnmayer  occupera  les  hauteurs  de 
Urcishcrg,  en  avant  de  Munich  ;  il  n'est  point  vraisemblable 
qu'avec  1rs  mouvements  du  maréchal  Hemadotte,  il  puisse 
occuper  <-ette  position  très  longtemps;  vous  ferez  reconnaître 
quels  seraient,  dans  tous  les  cas,  les  points  par  où  Ton  pourrait 
attaquer  avec  avantage  cette  position. 

Il  y  a  une  espèce  d'hommes  dont  vous  pouvez  vous  ser\*ir 
avec  a\antage  dans  ce  pa>s,  ce  sont  ceux  employés  à  la  conser- 
vation (h's  hois  ;  ils  out  des  chers  qui  <»nt  tous  les  plans  des 
Toréts  :  ils  sont,  en  général,  attachés  à  leur  souverain  ;  ce 
seraient  d'excrllents  guides  dans  les  hois  |»our  conduire  les 
détaclK'uients  destinés  à  inquiéter  l'ennemi. 

In  hataillon  du  17*'  a  été  envoyé  hier  a  PfaflTenhofen  ;  si  le 
général  Kppler  lui  a\ait  Tait  faire  un  autre  mouvement,  vous  le 
feriez  placer  dans  cette  position,  en  prévenant  le  général  Bisson, 
boUN  les  «»rdres  de  qui  il  est. 

Davout. 


890  CHAPITRE   VI. 

Le  général  Daultanne  au  général  Gudin, 

Au  quartier  général,  h  Aichach.  le  19  vend<>niiairo  an  xiv 
(11  octobre  1805). 

Mon  cher  Oénoral, 

M.  le  niaréclial  désiro  <|uo  vous  lui  tassiez  connaître  quel 
a  pu  rtn*  \v  produit  dos  iTi(uisilions  de  pain,  <|uc  vous  avez 
laites  pour  le  eompte  de  \otre  division,  et  (jucls  villajçes  vous 
les  ont  fournies,  afin  d'éviter  que  les  réquisitions  ne  se  croisent 
et  qu'il  puisse  savoir  ee  qui  ])eut  être  dil  en  pain  à  clia<|ue  corps. 

M.  le  niaréehal  se  pnqxjse  de  faire  faire  encore  îiiijourd'hui 
auv  troupes  une  distribution  de  pain  et  dVau  de-vie,  sans  pou- 
voir absolument  déterminer  si  la  distribution  de  pain  sera  com- 
plète. Veuille/  bien  ordonner  qu'un  sous-ofdeier  et  quelques 
liommes  de  corvée  par  réj::inient  soient  envoyés  sur-le-champ  à 
Aichach  pour  recevoir  le  produit  de  ces  distributions. 

Vous  êtes  invité  à  faire  rapporter  [)ar  ces  sous-ofticiers  et 
lumimes  de  corvée  au  commissaire  ordonnateur  les  tonneaux 
((ui  ont  servi  à  transporter  rcau-de-\ie  lors  des  dernières  distri- 
butions, ces  vaisseaux  éteint  indispensables  p(nir  faire  de  nou- 
veaux envois. 

M.  le  maréchal  est  instruit,  mon  (îénéral,  que  pendant  qu'il 
est  entièrement  occupé  du  soin  de  procurer  des  subsistances  à 
rarmée,  des  militaires  se  répandent  dans  des  moulins  pour  y 
enlever  de  la  farine  et  maltraiter  les  meuniers,  qui  finiraient 
bientôt  par  abandonner  leurs  moulins.  M.  le  maréchal  vous 
invile,  mon  tiénéral.  à  envo\er  dans  les  moulins  (|ui  sont  le 
plus  à  portée  de  vt)tre  di\isi<m,  des  sau\et:ardes  de  trois  ou 
quatre  hommes  dont  un  sous-of(icier  ou  caporal.  Iles  sauve- 
irardes  auront  pour  eonsiirne  de  ne  permettre  lentréc  des 
moulins  à  aucuns  militaires  (|ui  ne  peuvent  y  avoir  aucun 
besoin,  de  veiller  à  ee  (|ue  les  moulins  aillent  continuellement 
et  à  ee  <jue  les  farines  soient  euAoxées  (idèlement  et  pronip- 
tement  à  Aiehaeh  :  pour  cet  etlet,  un  soldat  devra  toujours 
aeeompairner  les  voiluro  de  farine  Juscprà  .Viehaeh  et  tenir  la 
main  a  ee  que  les  mêmes  >oitures  rapportent  du  jrrain  aux 
iinMilins  à  leur  rentrée.  M.  le  maréchal  vtms  in>itc  à  donner, 
ilans  votre  division,  un  ordre  très  sévère  contre  le  maraudage 


11    OCTOBRE.  691 

t't  .1  itiuiuncci-  ;t  M»>  troupt's  <|ii('  si  elles  nnitiniUMit  à  se  |)ortcr 
iiiix  nirmc's  <»\(M's.  il  st»  \orra  cnntrnint  «lo  l'aire  des  rxciuples 
lV;i|»|«;mls.  Li's  lrMU|M's  (lt)i\('nt  rtn-  cniixaiiinios  (railleurs  <|iie, 
par  niir  irM»nulnil«'  sniitemie,  l'ilos  sf  pri>eraient  de  toutes  les 
ri'ssniirri's  (h)  pas  s. 

Il  a  «'((''  rendu  coniplc  a  M.  Ir  niarrclial  «pia  la  positinii  <le  la 
I'"  «liNisinu,  il  a  été  ilrmuxt-rt  un  petit  dépôt  de  sel  appaiienant 
a  reruH'ini  :  une  disfrihutitui  en  a  elé  faite  a  la  \^^  dixision.  Pour 
vu  taire  une  distrihutinn  aux  autres  divisions,  \(»us  êtes  invité, 
mon  «irnéral,  a  nous  eoncerler  a\ee  le  ^'énéral  Hisson,  afin  de 
\ous  proeurer  le  plus  proniptruient  ee  seeours. 

.l'ai  riHMUieur  d«'  nous  saluer. 

{.\.  fi.'  DVULTANNE. 


.'V    <:«)kl»S   h'.MîMftK. 

Journée  du  19  vendémiaire  {11  octobre  1805). 

Uiiirti'r  ifrurnil  :  <  H  mm- I  tôt  h. 

.t  V'ttif  iinrd'   :  harjiau. 

f.a\aiit  -artli'.  aui:rn«'nl«*e  du  H^S^'réjri nient  d'inTanterie  el  de 
tontr  la  eaxalfri*'  l«"t;rre.  passe  sous  les  ordres  du  frénêrni  de 
hrii:ad<'  lleud«'let. 

//i/'/w/i'/ //•  ;  <irnrral  llppler. 

Se  piirli"  sur  haehau.  |j*  I.'K  d'inlanterie  léjrére  à  une  lieuc 
en  axant  sur  la  mule  i\r  Munich  :  W  KM' â  Dneliau. 

f'iiiitlr,i,-  :  «Miirral  Nialannes. 

>uil  II-  ninuvriueni  di*  rinl'anti'rie.  (n  parti  de  eaxaleric 
iliai-i-  Ifs  IniNsartls  di*  Kaiser,  rn  axant  de  haeliau,  en  tue  deu\ 
i»u  liMjs,  rt  lail  une  di/aine  dt>  prisonniers. 

é  "'  ilntMtiti  :  La  !■'  division  dexait  prendre  pusition  en 
axanl  d  nhcr  iî<dh.  mais  la  dil'lieultê  des  elieniins  rt  le  temps 
altifux  ipi  il  tairait .  I  cmpt'eiM'reiit  d'arrixer. 

I.lle  liiMiuaipia  tn  ndoiint-.  sur  la  route  et  dans  les  huis  à 
drtiiti*  rt  a  ::aih'li<'  «n  ai  ritrc  d  (  )lM'r-Uotli. 

J*  ifiÊ  isiiiii  :  l!rd\v  «'l:. 

|-!ri  tMlniiiM'  NUI  la  iiMilr.  a  la  ipieue  de  la  1'**  divinion. 

!.*•  filmi  itait  pn  s  lic  la  |rte  de  la  eoltuine  et  séparait  la 
1  ''   di\is|iin  d(*  la  si-eitiidr. 


592  CHAPITRE  VI. 

,'i^-  division  :  Inchcnborcii. 

La  .*]«  division  garde  toujours  sa  position  d'inchcnhofen. 

Pa7'c  de  réserve  :  Ueste  près  de  la  3»^  division. 

i\otes  lopographiquvs  et  militaires.  —  La  position  sur  la  rive 
«gauche  de  rAnmior  est  bonne.  Elle  commande  beaucoup  la  rive 
droite  (|ui  est  une  plaine  1res  unie  et  marécageuse.  La  droite  de, 
cette  position  s'appuie  bien  au\  montagnes  et  à  TAniper-Séc  ; 
mais  sa  gaucbe  est  un  peu  en  Tair  et  peut  être  facilement  tour- 
née, ce  nesl  ([u'une  bonne  position  de  bivouac;  au  reste,  d'après 
le  système  de  guerre  actuel,  on  ne  peut  guère  en  trouver  d'autres 
et  ce  n'est  qu'en  marcbant  toujours  que  l'on  doit  attaquer  et 
dé  Tendre  un  pays. 


Le  maréchal  Davout  au  maréchal  Berthier. 

nber-Rdth,  lo  11»  vcndéini.iirf  au  xiv(ll  octobre  1805). 

Monsieur  le  Maréchal, 

J'ai  riionneur  de  rentire  compte  à  Votre  Excellence,  que  son 
ordre,  daté  du  \\)  [Il  octobre)  à  ti  lioures  du  matin,  ne  m'est 
parvenu  (|u'à  midi  et  demi  et  (|ue  de  suite  ses  dispositions  ont 
été  mises  à  exécution. 

L'avant-ganle  «pii  était  sur  le  (lion  et  (|ui  avait  ses  avant- 
postes  à  Ober-Hotb,  à  rembrancbement  des  routes  de  Dachau 
à  Augsburg  et  à  Aicbacli,  s'est  portée  à  Dachau  qu'elle  a  occupé, 
ainsi  que  tous  les  points  de  communication  qui  existent  sur 
l'Amper;  elle  a  poussé  ses  avant-postes  à  près  de  deux  lieues 
sur  la  route  de  Munich. 

L'ennemi  avait  évacué  Dachau,  on  n'y  a  trouvé  cfue  quel(|ue$ 
uhlans  escortant  une  voiture. 

D'après  les  renseignements  pris  à  Dachau  il  paraît  que  Ten- 
nemi  tient  position  en  arrière  de  Munich  et  a  encore  un  gros 
corps  en  avant  sur  .Nymphenburg  et  à  cette  hauteur.  On  estime 
à  -it»,(MMJ  hommes  le  corps  d'armée  (jue  commande  le  général 
Kienmayer  sous  Munich. 

En  se  portant  en  avant  de  Dachau,  les  avant-postes  de  l'avant- 
garde  ont  poussé  l'eunemi  et  en  ont  tué  plusieurs;  (»ii  a  fait 
4|uel(|ues  prisonnierîs. 


11    OCTOBRE.  593 

Dans  la  journée  d'hier,  les  avant-postes  do  l*avant-gardc,  en 
venant  occuper  ()l)er-Uoth,  ont  eu  un  petit  engagement  avec 
les  ulilans  de  Mencldl. 

Un  dt'tacliement  du  :i«  régiment  de  chasseurs  à  cheval  a 
soutenu  une  charge  ;  7  à  H  uhians  ont  été  blessés,  un  officier  et 
un  uhian  ont  été  Tnils  prisonniers;  nous  n*avons  eu  dans  cet 
engagement,  ni  lue,  ni  blessé. 

Les  doux  premières  divisions  de  ce  corps  d'armée  se  sont 
portées  aujourdluii  en  avant  d*()ber-Uoth  sur  la  rive  gauche  du 
ruisseau  de  ce  nom  et  ont  pris  position  à  droite  et  à  gauche  de 
la  route  de  Mimich. 

La  li^  division  et  le  parc  de  réser\e  ont  pris  position  sur  le 
lîlon. 

La  cavalerie  légère  aux  ordres  du  général  Vialannes  a  suivi 
le  mouvement  de  Tavant-garde  sur  Dachau. 

Demain  '10  {J  ?  septembre),  je  ferai  porter  Tavant-garde  avec 
la  brigade  de  cavalerie  à  Moosach  ;  elle  enverra  à  Germering,  sur 
la  route  de  Munich  â  Landsberg,  de  forts  détachements  d*infan- 
lerie  et  de  cavalerie  pour  occuper  et  défendre  les  communica- 
tions contre  tout  ce  qui  pourrait  se  présenter  venant  du  côté  de 
Munich  ou  de  Landsberg. 

Les  deux  premières  divisions  prendront  position  sur  la  rive 
gauche  de  l'Ampcr,  occupant  par  de  forts  détachements  tous  les 
ponts  (le  communication  qui  existent  sur  cette  rivière  et  parti- 
culièrement celui  «le  KnrstenfehI. 

La  :!'*  division  sera  chargée  de  ptMisser  des  |mrtis  sur  la  route 
de  l^fatVenhoft^n  p(»ur  aller  a  la  rencontre  et  reconnaître  les 
troupCN  (lu  maréchal  Bcrnadolte. 

La  .'i''  dixision  prendra  |)osition  a  Ober-Uoth  et  fera  occuper 
par  un  bataillon  le  xillage  de  Wiedenzhausen. 

Je  me  propose  d'rtablir  mon  quartier  général  à  Dachau. 

J\'ii  l'honneur  de  reprêNenter  â  Votre  Kxcellence  qu*il  devient 
d'une  nécessité  impérieuse  de  prendre  promptement  des  mesures 
extra«irdinaires  pour  mettre  un  frein  au  maraudage  et  au  pillage 
qui  sont  portés  au  dernier  excès;  les  habitants  de  ce  pays 
observent  avec  la  plus  xixe  douleur  qu*â  répo4|ue  où  leur  prince 
était  en  guerre  axec  la  France,  ils  ne  furent  jamais  aussi  mal 
traités  qu'au  moment  ou  leurs  enfants  et  leurs  parents  font  cause 
commune  avec  mms  contre  les  Autrichiens. 

m.  M 


894  CHAPITRE   VI. 

J'ai  l'honneur  de  prier  Votre  ËxceUence,  de  solliciter  de 
Sa  Majesté,  l'autorisation  de  faire  fusilier  quelques  pillards  ; 
ces  exemples  terribles  sont  nécessaires  pour  arrêter  le  mal  qui 
va  toujours  croissant. 

Pour  me  conformer  aux  instructions  de  Votre  Excellence,  je 
ne  crois  pas  devoir  entrer  demain  à  Munich,  puisque  c'est  le 
maréchal  Bernadotte  qui  doit  Toccuper. 

Dayout. 

Il  paraît  (jue  le  corps  du  général  Kienmayer  a  reçu  quelques 
troupes  <)ui  se  sont  échappées  par  Landsberg  ;  cette  nuit  nous 
aurons  de  forts  postes  sur  cette  route. 

Les  postes  de  jrauche  de  notre  avant-garde  sont  liés  avec 
ceux  du  maréchal  Bernadotte. 


Journal  de  marche  de  la  division  Friant 

I)<i  Kling^en  à  Krdweg,  le  19  vcndémiairo  an  xiv  (11  octobre  1805). 

A  i  heures  du  soir,  les  l^e  et  2«  divisions  partent  par  un 
temps  affreux  a\oc  ordre  de  s'établir  en  avant  d'Ober-Roth,  à 
cheval  sur  la  route  de  Munich,  en  ayant  la  Hoth,  gros  ruisseau, 
sur  son  front;  cette  position  était  militaire,  mais  le  temps  fut  si 
mauvais  (pie  nous  ne  pûmes  arriver  et  les  deux  divisions  durent 
l)ivoua(|uer  en  colonne  sur  la  route  et  dans  les  bois  à  droite  et  à 
gauclie;  nous  étions  un  peu  couverts  par  le  Glon.  Le  général 
Friant  établit  son  quartier  général  dans  une  grosse  ferme;  celui 
du  maréchal  élail  à  Ohcr-Koth. 

Le  chemin  monte  et  est  assez  mauvais  en  quittant  Klmgen  ; 
les  montagnes  sont  assez  fortes  et  boisées  jusqu'à  Wollemos, 
gros  village  sur  un  plateau  à  noire  gauche  et  à  (pielque  distance 
du  chemin;  plusieurs  chemins  vicinaux  assez  bons  partent  de 
la  route  et  conduisent  à  Wollemos,  Sielenbach,  Pfaiïenhofen, 
ifamclsbcrg.  Ce  dernier  village  est  sur  une  hauteur  au  pied  de 
laquelle  passe  la  route  assez  plane  depuis  vis-à-vis  PfafTea- 
hofen;  ruisseau  à  droite  et  près  la  route  30()  mètres  plus  loin 
((u'iianiclsherg;  cette  route,  devenue  meilleure,  se  continue 
dans  un  vallon,  traverse  Zeitlbach,  gros  village  partagé  en 
deux  par  une  grande  tiaque,  qui  reçoit  le  ruisseau  dont  nous 


M    OCTOBRE.  595 

venons  di»  parler,  traverse  Unler-Zeitlbach,  Klein-Berghofen, 
«|ui  sont  aussi  dans  ee  même  >anon;  elle  a  clone  peu  de  montées, 
peu  de  descentes  avant  d'arri\er  à  Krdwe^,  village  dans  un  fond 
cl  sur  la  droite  du  tJlon,  petite  rivière  de  S  à  10  métrés  de  lar- 
jreur,  assez  ra|)ide  et  peu  profonde  et  dont  le  lit  est  pierreux 


3'    COnPS   I>K   LA   GRANDE  AKMÉK   DU    RHIN. 

Ordre  de  marche  du  20  vendémiaire  (12  octobre  1805), 

Demain  20.  a  8  licurrs  du  malin,  ra\ant-f;ardc,  suivie  de  la 
hriiraded(»  eaxalerieijn  j:rn«''ral  Vialannes.  se  portera  à  Moosach, 
rouir  dr  Munich,  et  enverra  i\  (iermerinj:,  sur  la  route  de 
Munich  a  Landsheri:,  un  dctaehement  do  ïNM)  chenaux,  et 
itNt  hommes  d'infanterie  a  Pasinir  pour  en  défendre  le  pont 
contre  tout  ce  qui  |>oun-nit  se  |)résenter  venant  de  Munich  ou 
de  l.andsjjeri:. 

L'axant- Lrardc  apportera  sa  plus  irrande  attention  à  la  route 
lie  Munich  a  Lan<lsher^^  de  manière  a  Tinterceider  et  à  couper 
<*e  passade  a  l'ennemi  <)ui  >oudrait  séehapper  «le  Landshcr^  ; 
dans  le  cas  ou  ces  postes  seraient  alla(|ués,  le  f^énéral  comman- 
dant l'axant-LMnh»  les  fera  soutenir  a\ee  la  plus  grande  opi- 
niiUreté. 

Les  deux  premières  di\isions  prendront  position  sur  la  rive 
;:aucli(>  de  l'Amper.  La  1"^  dixisjnu  sera  établie  sur  les  hauteurs 
en  arrière  de  hachau.  la  L'auelie  appii)ée  a  la  grande  route  de 
Muni«'h  et  la  droite  n«>  proloriireant  vers  Kstin^  iprdle  fera 
occuper:  elle  «d»ser\era  tous  les  ponts  ipii  existent  sur  TAmper 
et  particulièrement  ctlui  (h*  l'urslenfehlhniek  où  elle  aura  un 
détachement  de  -HH)  hommes  d'infanterie  et  Ht  chevaux. 

La  '1''  diMsioii  prendra  position  sur  les  hauteurs  en  arrière  do 
Dachaii.  la  dr<»ite  appnvee  a  la  ^^ande  mute  de  Munich;  elle 
fera  (»ceu fier  les  ponts  ipii  peuvent  se  trouver  Hur  TAmper 
lusipi'a  celui  de  Mocliini:  i  \m(ier-Moeliin^). 

Le  irènéral  I- riant  en \ erra  quelques  partis  sur  la  route  de 
l*falteiihoteii  ji  Munich  pour  avoir  connaissance  de  la  marche 
des  troupes  de  M.  le  maréchal  iSernadotte. 

La  iC  division  prendra  posilimi  a  Oher-ltuth,  sa  droite  dans 


596  CHAPITRE  VI. 

les  bois  eu  arrière  du  village  et  fera  occuper  par  un  bataillon 
le  village  de  Wiedeuzhausen,  sur  la  route  de  Friedberg,  et 
poussera  des  reconnaissances  sur  la  même  roule  pour  commu- 
ni(]uer  avec  la  division  de  cavalerie  aux  ordres  du  général 
d'ilaulpoul 

Les  parcs  seront  placés  en  arrière  de  sa  division.  Le  quartier 
général  du  corps  d'armée  sera  à  Dacliau. 

Le  Général,  chef  de  V état-major  général^ 
Daultanne. 


Le  maréchal  Bernadotte  à  rEmpereur. 

Iloimhauscn,  le  10  vondi'miairo  an  xiv  (11  octobre  1805), 
à  11  h.  30  du  soir. 

Sire, 

Je  viens  de  recevoir  la  lettre  que  Votre  Majesté  m'a  fait 
riionnenr  de  m'écrire. 

J'ai  élai)li  aiijourdliui  mon  avant-garde  à  Ralteberberg  ;  elle 
est  chargée  de  pousser  des  reconnaissances  le  plus  près  possible 
de  Munich  :  je  suis  avec  le  corps  de  l)ataille  sur  les  hauteurs  de 
Maisteig  et  llcimhausen. 

J'ai  rendu  compte  déjà  au  major  général  de  l'armée,  des 
motifs  qui  m'a> aient  empêché  d'arriver  à  Munich  ;  les  pluies 
continuelles  et  abondantes  Je  peu  de  ressources  que  nous  avons 
pour  les  subsistances,  et  par-dessus  tout  l'impuissance  où  sont 
les  na>arois  di*  se  mouvoir  avec  autant  de  célérité  (pie  nous,  sont 
causes  (pic  je  n'ai  pas  été  aujourd'hui  à  temps  de  combattre 
rcnncmi  et  (rentrer  dans  Munich.  Jus(|u'à  présent,  tous  les 
rîip|M)rts  s'accordent  à  dire  (pi'il  \eut  en  disputer  Tcntrce  et 
qu'il  a  là  au  m(»ins  d!0,(M)0  hommes. 

Je  marcherai  à  rennemi  demain,  à  (»  heures  du  matin  et, 
quoi(pic  je  n'aie  (|ue  11,000  l'rancais  et  i{{\v  l'armée  bavaroise 
soit  un  |)cu  décousue,  j'espère  les  l'orcer  dans  leurs  positions. 

J'ai  (h'jà  l'ail  partir  des  détacbemenls  sur  Freising  ;  j'ai 
or(h)nné  qu'on  (M)upe  le  |)ont  sur  l'isar  ;  je  vais  envoyer  de 
iiou\ elles  reconnaissances  sur  ce  p(ûnt,  et  si  l'ennemi  venait 
à  \  manœuvrer  je  m'y  porterais  de  suite. 


11    OCTOBRE.  697 

Dans  les  instructions  que  j'ai  laissées  au  général  Rivaud,  je 
lui  ai  prescrit  de  Taire  faire,  sans  perdre  un  seul  instant,  une 
tête  de  pont  à  In^olstadt  et  de  mettre  cette  place  à  Tabri  d'un 
coup  de  ninin  ;  il  a  avec  lui  un  ofTicier  du  génie.  Je  pense  que 
si  Ton  pouvait  disposer  de  «)(K),(K)()  à  i4Nt,()00  francs  pour  le 
rétablissement  des  ouvrages,  il  ne  serait  pas  difficile  de  faire  de 
cette  pince  un  poste  militaire  avantageux.  Cependant,  Sire,  les 
officiers  du  génie  ne  sont  pas  de  mon  avis. 

Le  nombre  des  troupes  françaises  diminue  chaque  jour  par 
les  malades  ;  je  supplie  Votre  Majesté  de  me  permettre  de 
rappeler  le  .">{<'  régiment  que  j'ai  laissé  à  Ingoistadt;  j'en  ai 
d  autant  plus  besoin  que  la  première  colonne  russe  doit  arriver 
demain  ou  après  à  Munich  ;  cette  nouvelle  est  confirmée  par  le 
rapp(»rt  d'un  officier  de  Collorcdo,  qui  a  été  fait  prisonnier  ce 
s<»ir,  avec  VA)  hommes  et  10  chevaux.  Les  équipages  du  lieu- 
tenant général  Werneck  ont  aussi  été  pris. 

J'ai  l'honneur 

BlRNADOTTB. 


Le  maréchal  Bernadotte  au  maréchal  Berthier, 

Heimhausen,  le  19  vendémiaire  an  xiv  (11  octobre  1805), 
à  11  b.  30<luioir. 

Mcmsieur  le  Maréchal, 

Tous  les  avis  <iue  je  rerois  de  tous  cotés,  et  particulièrement 
de  Katisbonne,  s'acconlent  à  annoncer  que  la  première  colonne 
russe  d(»it  arriver  à  Munich  demain  ou  après;  cette  nouvelle 
m'a  été  confirmée  aujourd'hui  par  un  officier  du  régiment  de 
Collorcdo  (|ue  ncuis  avons  fait  prisonnier. 

J'ai  l'honneur,  etc. 

BiKHADOTTE. 


Journal  du  corps  bavarola. 

19  vendrminire  { 1 1  octobre).  —  Toute  ravant-garde  marcha 
avant  la  pointe  du  jour  par  Kuterbuck,  passa  TAmper  el 
occupa  en  ordre  de  bataille  les  hauteurs  de  lleimhaufien  el 
colles  de  la  maison  dite  -  t'.haussée-llaus  »,  pour  y  attendre 


5J8  CHAPTTRE  VI. 

r;irri\ro  «li»  l'arnirr.  C.p  nir-nitvjniii,  le  lioiitt'narit  ^nn-nd  I^ff-;» 
\iiil  ;i  l'ntrrbiick  t*(  lo  iii.'ircrlial  â  liriniliniiNCii. 

J  *f  rntvl' miiiiï'i'  i  H  th'tnbr*'  .  --  L'avanl-janle  n'.ix.til  j««i'.l' 
aucun  iv|niN  «Iciniis  lri»is  jours,  pendant  Ifsipii'N  ••II»*  n^^  r»»*  «lî 
aiitro  c'h<»NO  (lu'iine  (Icnii-|M>rtinn  de  pain,  (lepi'nilant.  %an«  .noir 
l'ii  le  temps  ih'  faire  la  soupe,  il  fallut  suivre  I  nrilr»  l-i  M-ir- 
elial.  «'t  partira  midi  pour  Kaltclierheru' :  t>n  dt'xait  .itt.i>pKr 
renru'mi  l't .  «iapris  la  di'^pnsition  antt'rieure.  le  rli.i-H#'r  -î- 
Munieh. 

Le  lieuli'uaiit  ui'Uiral   hamn   df  Wnde  a^ama  sur  K.dl» 'i»  r 
heri:.  a[»ri's  a\i»ir  pnussr  tie  fnrls  [larlis  mm  ilela  d»'  ^.•lilr!*h»'ii:i 
atin  de  eouxrir  I-  tlan«'  uaui'lie  «pii  paraisv;nt  fortfiiit'nt  iii<»n.if'' 
\M   «pie    haclian   élait   fm-nre   nn-iipi'   par  l'cnni-riii    i  »h  rtM*siî 
parfaiteiiieiil  a  sur[>ri*iidn'  reriniiiii  a  KaH»diiTl»T;.-.  t  .it:»ri»T  •■! 
'M\  ln'iiiiihs   furtiit    fails  pris-tntiit-rs.  |.r  lii'utt'naiit  d«-  llfrliin. 
du  il'    ri'L:iiinlil  di-    4lir\au-li':^ers.   prit  a  Srldi*îs|ii"irn    I  nhi.in  "'> 
*i  hiiNsanls.   I.r    licutrnant   Spil/i*l.   ilu  i*"^  n-L'iment  d«*  clit-x.ii 
l,.-i|s,  dilarlii-  le  Iniii;  di-  la  ri\r  ilrmli'  i\f  r\riip»'f   \ir*  Ili-  lu  * 
pniii    iriipiii  tfi    Irniifiiii.    surprit    un    piipift    île    Ihih^k  N   •!' 
I.h'i-hti'iislriii  1-1  ru  lit  prisoiMiMMs  |  raporal  et  \  liti|iiiiii<» 

l.r  liiMil.'ii.iiil  ui-rirral  rtait  sur  Ir  pniiil  d»'  si-  nndlri-  vu  ui-mj- 
\i-iii'-ul  \<'|N  Miinirh,  jnrsipi  MM  aide  de  ramp  «lu  ui.trx-^i. 
;ippiirt.i  iiiiilii-d<-  Nii^prinln-  l.i  Miarelie  de  I  a\aiit -..ir-l' .  il'i* 
Mt'lli'  .Hi  Ihvmimi-  \iN.,|.\jN  >ildeisheim,  de  liarerli  r  l  riiiiri.,. 
aul.iid  «pii-  pi'ssilili-  .1  de  parln  If  «M  \riideMiiairr,  ,  .'  ■  'vôT' 
Irhili  Mi.Mii  .1  <•  htiiiiN  prreiNt's  ihi  matin  pour  alItT  sur  MMii:**!: 


'■'..        '  ■    I  ■  ■.  .V..:       .  iir-    T.    \j\  i  !  1  .    t    ' -«  1  • 

M"ii^«iL:iM'ur. 

.1         I  i!.|.i  •  i!i   .Il    iiiàdn*   innipli'  a  Vidre  Kxeidlfiiir.  .pi  hi^f 

i>t!>      |>.ii     M      !•     rn.iirriial    Heriiadotte    df    r'-<«t^r    ) 

'.-    '-!  -M    .!\'  '    lir..   .|i\iN|i.i,  •-.imposée  de  iJMM»  lfia\.iroi%.  d'-r.l 
l'i       •  \  i;  I'    ■  1^    I  I  h'  .11    II  :.inMnl  iriiifanterio  frain-ai**»,  f..'t 

:■    ■    _iiiiiijl    li.i\.ii.iis  ^ur  les   liord«k  i|r  I  liin.  .i««s- 


11    OCTOBRE.  S99 

onln»  <lo  sr  tiardor  v\  srclairor  on  avant  depuis  P(nffenhofen, 
jiisiprà  rtMiiltoiicliiirc  (1<>  rinn.  .rai  rlahli  un  hninillon  léger 
ha>arois  depuis  Vnhhuri;  Jusqu'à  Pennin^;  (  li<")liming\  sur 
l'Altnudil,  la  li*:ne  passant  par  Saint-l.orenz.  J'ai  fait  />galemcnt 
partir  cette  nuit  un  Italaillon  Jéirer  l)avan)is  |M)ur  se  rendre  sur 
le  pnnt  de  Lech  devant  Ha  in,  avec  ordre  de  sVclaircr  sur  sa 
droite. 

On  m'avait  donné  quelques  în(|uiétudes  sur  le  grand  parc 
d'artillerie  du  l'^^eorps  «l'armée  qui  devait  arriver,  hier  soir,  à 
l'!ielist:idt.  .l'ai  t'ait  partir  p(»ur  Nassenfels  un  détachement  de 
eavalerie,  mais  il  a  battu  les  environs  sans  rencontrer  l'ennemi. 

J'ai  fait  aussi  sortir  d'inirolstadt  cinq  c(Mupagnies  du  r>i«  régi- 
ment p(»ur  aller  au-devant  du  parc  qui  doit  arriver  ce  soir  ou 
demain  a  Ingnistadt. 

Des  petits  partis  de  ea\alerie  ont  parcouru  hier  les  deux  rives 
du  Danuhe.  depuis  Ingtdstadt  Jus(|u  à  kelheim.  D'autres  partis 
lUit  reuMUilé  rMlmiilil  jusqu'à  Dietfurt  ;  aucun  n'a  tn»uvé 
rennemi,  et  n'a  pas  appris  qu'il  y  en  eut  dans  ces  contrées. 
J'ai  appris  seidement  |»ar  mes  intelligences  <ju*un  régiment 
autrichien  de  quatre  bataillons  avait  voulu  passer  de  la  rive 
uaucbe  a  la  droite  du  Danube  par  ltatisl»onne,  mais  le  passage 
lui  a>ant  été  rei'usr.  ce  régiment  a  descendu  le  Danube  et  l'a 
passé  a  Dnnaustaul':  ,|'en\i»ic  des  partis  et  des  hommes  aflidés 
\ers  le  llaut-Palatinat  :  on  m'assure  qu'il  y  a  quelques  détache- 
ments autrichiens  ;  des  que  j'en  aurai  des  nouvelles,  j'aurai 
rhnnneiir  de  les  transmettre  a  Votre  Excellence. 

J'apprends  que  les  Musses  ont  dû  arriver  hier  10  octobre, 
a  Kied  en  Autriche,  qu'ils  dcuvent  entrer  aujourd*hui  sur  la 
l(a\it  re.  et  «pi'il  a  été  commandé  I.MN)  voitures  pour  tran^ 
porter  la  première  «olonue  forte  de  ir*»,IMM»  hommes;  on  assure 
qu  il  >  a  einf|  eoinnues  et  que  le  tout  forme  en\iron  tiO^Onil 
hommes. 

Les  fnrtilications  d'lug<dstadt  ont  été  tellement  rasées  qu*a 
peine  y  en  reste-t-il  de  traces.  L*n  <imple  et  mauvais  mur, 
endommagé  en  plusieurs  «ndroits.  forme  renceinte  de  cette 
plac«'.  il  n'\  a  pas  un«'  seule  pnrte  fermée  ;  il  me  paraît  donc 
dauL'er<'H\  de  pfiiser  a  tenir  dans  la  place,  je  fais  cependant 
ii'b\ei-  h-  ninr  tl  iiarrieader  li>s  portes  pour  parer  à  une  surprise. 
On  \.i  Ir.ixailli  r  i  l.i  tétf  du   pont,  ipii  a  été  aussi  entièreoient 


600  CHAPITRE  VI. 

r;iséc.  Hm  t>ni))lni«M'a  ;i  rrs  ha\an\  li»u>  h*>  iiin\riiN.i  mi  ili^j-»- 
siti(»n,  mais  dans  la  saisnii  v[  W  iiiaii\ai«^  Ifiiip^  iin  il  f.iit.  a\,' 
un  >cnl  i»l'li('ior  dt»  ;:rnit\  sans  saprur^  v\  \iiiiLint  tii*imt*r  \  «-rt 
nuM'ai:*' nnr  caparit*' a  rtnittMiir  «Irnx  Itatailliin^  ft  hnil  j'i...-» 
«!»•  «'anon,  il  faudra  lûcii  drs  jnurs  a>aiil  iiiri'll»*  |»iiiss.'  ^i-rvir  J» 
Tais  |)ro>isi>iri'ini'n(  l'aire  ipu'ItpH'N  l'p.tulcnuMit^.  ilrrri»  rr  lr*- 
«picls  «»n  pourra  plaorr  ipiatrt*  pim's  il  ^irtilltTif  v\  ipirlipir 
inlanlrrii'.  v\  \v  l'ai^  dispnsrr  U's  niadritM*  an  p'»fit  il  unr 
luanit'ro  a  rr  ipr<»ii  pui>*>r  Irx  t'uK'M'r  racili-niciil  .  ««ii  r-»iil:[j!it.r» 
n)alL:rr  rrla.  les  Iraxaux  d«*  la  trtt*  ilu  [»i>iit. 

.Il'  prir  \iilr«*  l-.xoi-lh'Ut't*,  d'i-lrr  prrNU.id»  i  ipir  i  •inpli' r.n 
Inni  mon  /«lo  l't  mi's  mnyus  :i  rfuiphr  IHIip-t  •!»'  iiM>n  •'••lufn.ir:- 
diMnrnl  :  Ihmiumix  t\v  pnuxnir  dniint'r  par  l.i.  .1  **.i  M.«|f*ti-.  I.1 
pH'UNf  d»'  iniiU  di'\t>urnn'nl. 

.lai  riionnt'ur.  ftc. 


M.  Bâcher  au  j^énerRl  Rivaud 

K.iti<»h-^r.n»\  I'^  1'.'  v.^ndi'n.:Air''  »n  \i\  ill     rt.  •■•*■   >  ■'. 
7  ririip^  •; .  ni.i'in 

MnrisiiMir  1»*  <irnrra!. 

Vtnis  ,nir»'/  df|.i  nu.  par  ii-  rit«»ur  drs  deux  t'oiirrirr^  ipn-  »  •: 
n't'\|Mdi»"»  lin-r  ,1  >nri  Kxn-lli'm'i'  If  niari'olial  UiTiiailiitt**.  «l 
\<MiN.iiir</  .lUNsi  appris  pji  le  i'i>urrit>r  ha\aroi%  ipii  K*^  ;i\  til 
pni .  d»"»,  •ju'il  11  \  a  j».jN  di'  li'iiipis  iiutriclurnni'H  ni  ru*^f*  ■' 
ili\  II' ii<  N  .1  la  i..ndr  lie  Kaii^litiunc.  a  I  rxr«>ptiiin  di*  ipu-Lpif^ 
pi<|ii<-t^   di-    -.1   hiiiiiiiii-N   iji    rlif \au*|t'L:rrv  dont   l'un   i^t   pl.i«'r 

.»     Sfadl-.ilii-l|i"l.     \I^  a-M^    df     ll.il|N|n)nni',     pour    f|np»'i'll»T    U 

«1rs, M  tioll 

I  ■  •  .1'  il  liali'»h.-iiii'  .i  \»M«!iil»t'r^  t  ^1  lilui- :  il  n\  .1  ijur 
N-  'I  ..  -  kl  .'  i|  \  ..\..it.  il'  h.  «^  -M  /.r//r,  ,  -jm  liuninii'^  ilf  ».m\.i- 
I  i'  i'.'  \  vi'iil  |i«iil-«lr.  .lu-.. Il-  Il  II  \  a  pa^  un  Htild.it  fimt^nii 
'■  li  «II-»!'  ■■  II'  •  I:i!i  _l'li_iril'ld  l't  d«'  la  plMpi  .1  XliitH-!^  d.in* 
■    Il      '   l''!t:i-i  :•   :  •  _  iriii  i,t  .1  inlanlt'rii'  di'  iifniniii..c-n  «/ 

'  I     .■...•...'     I N      i:,a|x    li    ilrxait    ^f    inrttrr    l'ii     Ifi.iri  hr 

.     '  '   :•      '    -•     I     îl»'       •    •••    ipi  l'M  pri'Htifiir.  ^ui    Mr.i»:- 

•   •  '  •"    |i"»ii    ii>    pas  l'trr  rnupi-     11  n  \  .1 


11    OCTOBRE.  601 

au  reste,  qu'ordres  et  contre-ordres  parmi  les  Autrichiens  et  par 
conséquent  désordre  dans  tous  leurs  mouvements  ;  on  ne  peut 
donc  que  difficilement  se  procurer  des  renseignements  exacts. 

Ce  qui  me  parait  en  attendant  le  plus  vraisemblable,  c'est 
qu'il  n'y  a  dans  ce  moment  que  2,()00  à  3,000  hommes  d'infan- 
terie dans  le  Ilaut-Palalinat  et  500  à  <U)0  hommes  de  cavalerie. 
Ces  troupes  ne  peuvent  se  maintenir  dans  la  position  d'Aml)erg, 
sans  s'exposer  à  être  coupées. 

Si  elles  se  maintiennent  néanmoins  dans  le  Ilaut-Palatinat, 
cela  annoncerait  l'arrivée  d'une  colonne  de  0,000  Russes  qui 
devait  être  dirigée  vers  le  Haut-Palalinatet  qui  aurait  pu  arriver 
hier  à  Waldmunchen,  sur  l'extrême  frontière  de  la  Bohême  et 
du  Ilaut-Palatinat,  à  trois  journées  de  marche  de  Straubing  età 
quatre  de  Hatisbonne  ;  dans  ce  dernier  cas  de  l'approche  d'une 
colonne  russe,  dont  on  n'a  cependant  aucun  avis  certain,  le 
régiment  de  Gcmmingen  et  les  OCX)  hommes  de  cavalerie  se 
réuniraient  aux  Russes. 

J'ai  l'honneur Hacher. 

P. -S,  —  On  mande  de  Landshut,  sous  la  date  du  17  vendé- 
miaire, que  l'armée  autrichienne  se  retire  de  la  Souabe  par 
Dachau  et  Freising  en  hâte  et  surtout  en  grand  désordre,  et  on 
assure  qu'elle  se  dirige  en  grande  hâte  sur  l'inn,  vers  Wasser- 
burg. 

HlVAUD. 

Bulletin  de  Ratisbonne  du  19  vendémiaire  an  XIV  (11  octobre1805). 

D'après  les  renseignements  les  plus  récents,  les  troupes  autri- 
chiennes se  disposent  à  abandonner  leur  position  dans  le  Haut- 
Palatinat  de  Bavière.  Le  cordon  qui  occupait  tous  les  ponts  et 
passages  du  Danube,  depuis  l'Altmùhl  jus(|u'â  l'Inn,  a  été  levé 
hier.  Le  puiuel  de  30  hommes  de  cavalerie  autrichienne  (|ui  se 
trouvait  à  Stadt-am-IIof,  vis-à-vis  le  pont  de  Hatisbonne, 
a  (juitté  celte  station  très  à  la  hàle  et  l'on  ne  doute  pas  que 
toutes  les  provinces  bavaroises  ne  soient  incessamment  évacuées 
par  les  troupes  autrichiennes  qui  continuent  de  se  retirer  très 
à  la  hâte,  derrière  l'Inn. 


G03 


CHAPITRE  VI. 


Situation  des  troupes  qui  composent  le  prtmier  corps  de  U 
Grande  Armée  (sous  Munich),  commandé  par  Son  Excellence  le 
maréchal  Bernadette 


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